Chapitre 5 : En suivant la roche blanche

Par Isapass

Chapitre 5 : En suivant la roche blanche

 

Hanska se faufile jusqu’à Nahele. Sans un mot, il attrape l’autre manche de Chumani et la tire vers lui. L’instant d’après, la fillette est assise sur le sentier, le dos appuyé à la paroi rocheuse. Elle attend que son cœur reprenne un rythme normal.

– Merci, souffle-t-elle.

– Désolé de vous avoir effrayées, répond Hanska.

– Pourquoi nous as-tu suivies ? interroge Nahele.

– Pour vous aider à trouver la source des saisons. Si nous descendons près du village des hommes, les chasseurs nous tueront parce qu’ils auront peur. Alors nous attaquerons en retour. La guerre continuera sans fin entre les humains et les loups. Je ne veux plus de ça. Je crois même que c’est cette rivalité qui empêche la source de couler.

– Tu as raison, dit Chumani qui tremble de froid et de fatigue. Ma grand-mère dit que la nature nous montre parfois nos erreurs. Remettons-nous en marche.

Mais lorsqu’elle essaie de se lever, une intense douleur lui traverse la cheville et lui arrache un cri.

– Je vais te porter, petite humaine, propose Hanska.

 

Pendant une heure encore, ils escaladent la face abrupte de la tête de l’ours en luttant contre la tempête. Sur le dos du grand loup noir, Chumani sombre peu à peu dans un sommeil gelé. Elle trouve à peine la force de s’accrocher pour ne pas tomber.

Tout à coup, le vent diminue et elle sent une caresse amicale. C’est Nahele qui frotte son museau sur sa joue.

– Regarde, lui dit-elle, nous sommes dans l’œil de l’ours ! Il y a deux galeries, sais-tu laquelle mène à la source ?

Chumani n’arrive pas à ouvrir les paupières. Elle entend la louve comme si elle était très loin. Elle se concentre de toutes ses forces pour se souvenir de la légende.

– Il faut... suivre... la roche blanche, murmure-t-elle.

Puis elle retombe dans le sommeil, accrochée à la fourrure noire.

– Là ! s’écrie Hanska. C’est par ici.

L’un des couloirs est parcouru par une veine de roche blanche et brillante. Les trois compagnons s’enfoncent dans les profondeurs de la montagne.

 

Le souterrain devient de plus en plus sombre. Seule la ligne claire sur la muraille émet une faible lueur.

Soudain, Nahele s’exclame :

– Il y a de la lumière !

Ils débouchent dans une salle entièrement tapissée de roche blanche. Elle brille tant que l’on y voit comme en plein jour. Malgré l’absence de vent, le froid est intense et même les bêtes frissonnent sous leur épaisse fourrure.

Sur l’une des parois, une petite cascade sort de la pierre. Pourtant, elle ne coule pas. L’eau est figée en glace. Un silence de mort règne dans la caverne.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Vous lisez