Chapitre 46

Notes de l’auteur : Bonjour ! Je publie ce chapitre en coup vent, et je n'ai malheureusement pas eu le temps de corriger tout ce que je voulais :/ Cela dit, c'est tout de même un chapitre important puisqu'il amorce un tournant vers la fin ^^ Bonne lecture !

L’ombre d’une chandelle. Le bruit du froissement des draps. Leurs jambes entremêlées.

Altaïs se serra contre le corps nu d’Alexander. En réponse, celui-ci referma ses bras autour de lui avec force, rassuré par sa présence. Ils avaient beau s’être retrouvés depuis plusieurs jours, il redoutait encore que tout cela ne soit qu’une douce illusion.

— Cesse de t’inquiéter, murmura Altaïs. J’ai fait une erreur, mais je ne la répéterai pas.

Alexander ne doutait pas de lui. Non, ce qui l’effrayait bien plus qu’il ne voulait l’admettre, c’était de savoir Elaran si proche d’eux.

— Je ne veux pas te perdre.

— Tu ne me perdras pas, affirma Altaïs d’une voix ferme.

Il redressa légèrement la tête pour ficher ses iris pâles dans ceux d’Alexander, qui soutint son regard sans ciller.

— Tu ne peux pas me l’assurer.

Altaïs hésita un instant avant de répondre.

— Non, c’est vrai. Mais je peux en revanche te promettre que je ferai tout pour que cela n’arrive pas.

Alexander posa son front contre le sien, et Altaïs sentit son cœur se serrer. Il ne l’avait jamais vu si vulnérable.

— Ne me laisse plus…

En réponse, Altaïs se blottit plus franchement contre le corps d’Alexander. Sa peau était chaude, rassurante. Alexander ferma les yeux de contentement.

— Jamais, souffla Altaïs.

Le silence et le temps s’étirèrent, les enveloppant dans un cocon chaleureux.

— Altaïs, chuchota Alexander au bout d’un moment. Crois-tu à la réincarnation ?

L’esprit embrumé par la fatigue, Altaïs mit quelques instants à répondre.

— Oui…

Alexander sentit son cœur s’emballer dans sa poitrine. La tête d’Altaïs, calée dans le creux de son épaule, s’alourdit, signe qu’il se laissait emporter par le sommeil. Alexander ferma les yeux, et ils s’endormirent lentement l’un contre l’autre.

 

***

 

Altaïs se réveilla en criant, complètement paniqué. Le drap s’accrochait à sa peau moite. Son corps le brûlait, mais il tremblait pourtant de froid. Et de peur. Un instant plus tard, Alexander l’enserrait dans ses bras.

— Je suis là, souffla-t-il. Je suis là. Tout va bien.

Mais les tremblements persistèrent.

— Je ne me souviens pas, balbutia Altaïs. Je n’y arrive pas.

— De ton cauchemar ?

Altaïs hésita. Il paraissait encore ailleurs.

— De mon passé… J’ai oublié quelque chose, et je ne parviens pas à me rappeler de quoi il s’agit…

Dans la semi-pénombre, Alexander fronça les sourcils.

— Je suppose qu’Elaran a quelque chose à voir avec ça…

Altaïs acquiesça lentement. Il semblait reprendre pied avec la réalité.

— Et si c’était faux ? S’il essayait seulement de te manipuler ? reprit Alexander.

Altaïs ne répondit pas tout de suite. Un rayon lunaire éclaira la chambre un peu plus vivement, suffisamment pour que le Protecteur voie la détresse assombrir les traits de son compagnon.

— Je ne crois pas, déclara finalement ce dernier. Je ne saurais pas t’expliquer pourquoi, mais je sais au fond de moi qu’il dit vrai. Et ça me tue.

Il ferma les yeux. Cette sensation qu’il lui manquait quelque chose depuis des années trouvait enfin une explication. Mais avoir les seuls mots d’Elaran comme preuve le rendait fou.

— Je dois me souvenir, Alex…

Alexander le contempla avec inquiétude.

— Et si ton esprit avait une bonne raison d’avoir refoulé tout cela ?

Altaïs grimaça légèrement et détourna le regard vers la fenêtre. La lune était haute dans le ciel.

— Il a certainement une très bonne raison d’avoir refoulé tout cela, admit-il. Mais l’enfant que j’étais n’est pas l’adulte que je suis devenu. Quoi qu’il se soit passé, je serai capable d’encaisser.

— Et si tu te trompes ? Est-ce que forcer ta mémoire est vraiment une solution ?

Altaïs conserva le silence. Il était évidemment possible qu’il se trompe et qu’il ne supporte pas la réalité. Dans ce cas-là… Il ne savait pas. Mais il savait en revanche qu’il ne se pardonnerait jamais de rester soumis à ce que lui avait infligé Elaran. Il était prêt à tout pour se souvenir et retrouver la part de sa magie enfouie au plus profond de lui-même. Pour mettre un terme à cette histoire qui avait duré bien trop longtemps.

— Oui, souffla-t-il.

Les étoiles brillaient dans le ciel noir, d’une lueur froide et lointaine qu’Altaïs trouvait magnifique. Il ne lisait pas dans les astres, mais la brise qui leur parvenait à travers la fenêtre entrouverte lui parlait, murmurait à son oreille.

— Et si le prix à payer est trop élevé ? demanda Alexander, dont la voix trembla légèrement.

Altaïs se retourna vers lui. Son visage n’exprimait plus qu’une intense détermination.

— Alors je le paierai.

— Pourquoi ? chuchota Alexander. Est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle ?

Le regard d’Altaïs s’adoucit, et sembla s’éclaircir. La lumière de la lune lui donnait une étrange teinte argentée.

— Parce que je veux vivre avec toi, en paix.

Il se pencha en avant et embrassa Alexander avec douceur. Avec délicatesse, il le poussa à s’allonger sur le dos, sans interrompre le baiser. Leurs corps nus se pressèrent l’un contre l’autre, leur étreinte se fit plus torride. Alexander émit un râle de plaisir lorsque les lèvres d’Altaïs effleurèrent la naissance de son cou et que ses doigts descendirent sous sa taille. Pourtant, il inversa leur position, et coinça les cuisses de son compagnon entre ses jambes, ses mains posées de chaque côté de sa tête.

— Quoi que te révèlent tes souvenirs, je serai là.

Ni l’un ni l’autre n’eut à prononcer les mots qui sonnaient comme une évidence. Ils étaient ensemble, envers et contre tout. Sans qu’ils ne s’en rendent réellement compte, leurs magies les entourèrent, se mêlant et se déversant dans l’espace. Et la lune, témoin de ce serment silencieux, parut briller encore davantage.

 

***

 

Les yeux fermés, Altaïs ne bougea pas lorsqu’il entendit Alexander s’arrêter sur le bord du bassin et plonger une main dans l’eau.

— Eh bien, pour une fois que tu prends des bains à une température décente, je ne vais pas me priver.

La voix amusée d’Alexander fit sourire Altaïs.

— Tu n’as toujours pas oublié la rivière, constata-t-il, taquin.

Rien qu’à ce souvenir, Alexander frissonna.

— Ne gèle pas l’eau, supplia-t-il.

Altaïs haussa les épaules.

— Je ne fais pas ce genre de chose.

Alexander se laissa glisser dans l’eau chaude et lui lança un regard noir.

— Bien sûr… répliqua-t-il en grinçant des dents.

Altaïs se rapprocha de lui, et posa la tête sur son épaule. Le bassin n’était pas très profond et ils pouvaient facilement s’asseoir sans se retrouver submergés.

— Tu es levé depuis longtemps ? demanda ce dernier.

— Peut-être deux heures.

Alexander grimaça légèrement. Altaïs dormait toujours aussi peu. Au moins, aucun autre cauchemar n’était venu troubler son sommeil.

— Et tu es dans ce bain depuis quand ?

— Peut-être deux heures.

Alexander pouffa. Son compagnon était comme un poisson dans l’eau. Les minutes s’égrenèrent paisiblement, jusqu’au moment où la peau d’Alexander commença à se friper. Il estima alors qu’il était temps qu’il sorte. Altaïs le suivit, essuyant à peine ses cheveux humides. En constatant cela, Alexander posa une serviette sur sa tête.

— Tu vas tomber malade. Il fait encore frais le matin.

Altaïs leva les yeux au ciel, mais essuya tout de même les mèches ébènes qui gouttaient dans sa nuque. Une fois sec, il enfila un pantalon sombre et une tunique d’un gris lunaire, brodée de fils argentés. Alexander l’observa faire du coin de l’œil, s’attardant sur son corps finement ciselé, ignorant les cicatrices qui le parsemaient. Alors qu’il enfilait ses bottes en cuir noir, Altaïs redressa la tête vers lui, un sourire aux coins des lèvres. Il avait parfaitement conscience des iris émeraudes posés sur lui.

Alexander lui adressa un regard charmeur et termina de lacer sa tunique blanche. Altaïs s’apprêtait à dire quelque chose lorsque des coups pressés retentirent contre la porte. Il fronça légèrement les sourcils et alla ouvrir, tandis qu’Alexander finissait de s’habiller. Aliss apparut face à lui, le visage défait.

— Que se passe-t-il ? demanda-t-il avec inquiétude.

Il était rare qu’elle ait l’air aussi affolée. Elle entra et referma brutalement la porte derrière elle.

— Je suis désolée, déclara-t-elle, la voix tremblante.

Altaïs eut aussitôt un très mauvais pressentiment.

— De quoi ? murmura-t-il.

Alexander arriva dans le salon au moment où la réponse d’Aliss résonna dans la pièce, aussi tranchante qu’un couperet.

— Tout le monde sait… À propos de l’endroit où tu as été retenu pendant deux ans et de ce qu’il t’est arrivé.

Alexander se figea, animé par un mélange de fureur et d’inquiétude, et Altaïs recula d’un pas.

— Comment ça tout le monde ?

Sa voix trembla de manière incontrôlable.

— La rumeur se répand dans le palais et dans la ville comme une traînée de poudre.

Altaïs eut l’impression que son monde s’effondrait. Ce n’était pas possible… Il savait qu’il n’avait pas pu le cacher à Aliss, et Natt avait compris seul. Mais il avait espéré que cela s’arrête là. Et voilà que le royaume tout entier était sur le point de découvrir ce qui le hantait. Elaran avait finement joué son coup.

Une vague de colère l’envahit soudainement, supplantant le désespoir qui l’avait heurté de plein fouet. Aliss hésita un instant avant d’ajouter à contrecœur :

— Adhara veut te voir.

— Très bien, répondit Altaïs en serrant les dents.

Aliss et Alexander échangèrent un coup d’œil inquiet.

— Je t’accompagne, annonça ce dernier.

Altaïs s’apprêtait à protester, mais l’expression furieuse d’Alexander l’en dissuada. Il se contenta d’acquiescer et s’élança dans le couloir.

Tous les regards se tournaient vers lui, mais il les ignora la tête haute. Alexander ne put s’empêcher de ressentir une bouffée de fierté en le voyant ainsi, mais son visage s’assombrit brusquement lorsque les murmures lui parvinrent. Empreints d’un dégoût et d’un mépris sans nom. Nul doute que s’il les entendait, Altaïs aussi.

Il ne laissait rien paraître, mais Alexander le connaissait trop bien pour ne pas remarquer la légère crispation de sa mâchoire et ses poings serrés. Il savait combien cela l’affectait. Lui qui luttait sans cesse contre ce passé, voilà que tout lui revenait de plein fouet.

Arrivé devant la salle du trône, Altaïs poussa brusquement les portes. Son regard accrocha immédiatement celui d’Adhara, assis sur son trône, et il refusa de baisser la tête, le défiant avec un mélange de fureur et d’insolence. Aliss fit signe aux domestiques et aux gardes présents de sortir de la salle, et ceux-ci s’exécutèrent aussitôt, non sans une pointe de regret pour certains. Puis, elle indiqua à Alexander de s’arrêter à mi-chemin et de laisser Altaïs avancer seul. Il s’approcha lentement, et s’immobilisa à un mètre des quelques marches qui menaient au trône.

— Inutile de te rappeler que tu es censé t’agenouiller devant ton roi, lança sèchement Adhara.

— En effet, répliqua Altaïs sans bouger.

L’atmosphère était lourde, chargée de tension. Adhara se leva et fit quelques pas vers le jeune homme, le forçant à relever la tête. Il le dépassait aisément d’une dizaine de centimètres.

— Tu t’es bien moqué de moi, n’est-ce pas ? siffla-t-il. À jouer l’esclave éploré, alors que tu faisais la putain dans les bas-fonds !

Altaïs se crispa. Alexander voulut faire un pas vers lui, mais Aliss lui fit signe de ne pas bouger. Cela risquait seulement d’empirer la situation.

— C’est comme cela que vous vous êtes rencontrés ? demanda Adhara en désignant Alexander.

— Cesse ! répliqua Altaïs d’une voix glaciale. Cesse d’être si stupide !

Il ne manqua pas de voir qu’Adhara se retenait probablement de le frapper, mais il s’en moquait. Il en avait assez.

— Tu penses réellement que j’ai eu le choix ? asséna-t-il. Que j’ai voulu me faire violer tous les jours pendant deux ans ?

Son cri se répercuta dans toute la salle.

— Tu n’as aucune idée de ce qu’il s’est passé, de ce que cela fait ! Tu as perdu ton père, tu me hais parce que tu veux te persuader que je l’ai tué, parce que tu n’as personne d’autre sur qui reporter ta colère. Mais tu ignores ce que j’ai dû endurer ! Grandis !

Le visage d’Adhara se déforma sous l’effet de la fureur, mais Altaïs ne lui laissa pas le temps de répondre.

— Ton père serait mort un jour ou l’autre. Tu as eu une enfance choyée, tu as été éduqué pour devenir roi, tu étais voué à monter sur ce fichu trône !

Plus rien ne semblait contenir la rage qui animait Altaïs.

— À quatre ans, je n’avais plus de parents ! J’ai passé ma vie à me faire humilier et traîner dans la boue, à encaisser les coups et les insultes ! Pour finalement me faire enfermer dans un bordel, accusé de régicide et haï par le royaume tout entier !

Il fit un pas menaçant vers Adhara.

— Cesse de te lamenter et de te complaire là-dedans ! J’ai beau avoir peu d’espoir pour lui, ce royaume mérite mieux qu’un roi alcoolique et égocentrique !

Adhara explosa.

— Tais-toi !

Une dague apparut contre la gorge d’Altaïs et s’y appuya franchement. Le jeune homme ne cilla pas, même lorsque la lame entailla sa peau.

— Comment oses-tu me parler ainsi ? cracha Adhara. Comment oses-tu te tenir droit devant moi avec ton corps et ta magie souillés ?

La magie d’Altaïs déborda autour de lui. La dague gela et explosa.

— Je te parle comme tu le mérites !

Adhara franchit l’espace qui les séparait.

— Tu vas trop loin ! Pour cela, et pour tout le reste, je suis dans l’obligation de te condamner !

Altaïs ficha ses iris glacials dans ceux plus sombres d’Adhara.

— Essaie seulement de me toucher pour voir !

— Oh rassure-toi, je ne t’exécuterai pas…

Il prit plaisir à faire durer l’instant, et Aliss redouta le pire. À ses côtés, Alexander serra les poings, mais s’abstint de lancer un commentaire assassin.

— Non… Je te chasse au-delà des frontières d’Aeldor. Tu as trop longtemps sali ce palais et ce royaume. Je te condamne à l’exil et à la solitude.

Altaïs s’apprêtait à répondre, l’air furieux, mais Adhara l’interrompit avant qu’il n’en ait le temps.

— Quant au Protecteur, il restera ici, ou sera exécuté.

Cette fois, Alexander ne tint plus.

— Vous n’avez pas le droit !

Avant qu’il ne commette l’irréparable en attaquant le roi, Aliss le retint et ficha son regard dans celui de son frère.

— Adhara, ça suffit ! Tu vas trop loin ! Tu sais pertinemment qu’Altaïs n’a pas choisi ce qui lui est arrivé !

La magie d’Altaïs les repoussa brutalement vers l’arrière, transcendée par une colère immense. Les vitres explosèrent avec fracas et des centaines d’éclats de verre tombèrent au sol, comme une pluie tranchante. L’atmosphère se refroidit de manière drastique, et du givre recouvrit rapidement le sol, les colonnes, les murs.

— Nous séparer n’est pas en ton pouvoir, siffla-t-il.

La magie d’Adhara heurta violemment celle d’Altaïs, mais celui-ci ne bougea pas d’un pouce. Au contraire même, sa propre magie se mit à repousser lentement celle du roi.

— Altaïs ! Adhara ! hurla Aliss. Arrêtez !

Mais ni l’un ni l’autre ne lui prêtèrent attention. Adhara fit apparaître une longue épée et un bouclier.

— Cela fait trop longtemps que tu devrais être mort, rugit-il en assénant un coup vers l’avant.

Altaïs esquiva, en glissant souplement sur le côté. Un tourbillon parut soudain entourer sa main et il l’envoya violemment percuter Adhara, qui dressa son bouclier juste à temps. Il recula tout de même de plusieurs pas, et Altaïs en profita pour reprendre du terrain.

Il leva les mains et une trombe d’eau se déversa autour de lui. Alexander eut le réflexe de former une barrière contre laquelle la vague s’échoua, les protégeant Aliss et lui. Adhara n’eut pas cette chance et se retrouva submergé.

Altaïs haleta légèrement. Créer était toujours plus difficile que manipuler. Il recula d’un pas, et vit trop tard l’arme fendre le flot. Il se décala de justesse.

— Altaïs !

Il tourna la tête vers Alexander, qui paraissait prêt à abaisser son bouclier.

— Recule !

Cette seconde d’inattention lui coûta cher. L’eau qu’il maîtrisait perdit un instant de sa force et Adhara en profita pour bondir vers lui et lui asséner un puissant coup de pied en pleine poitrine. Altaïs en eut le souffle coupé et dut reculer de plusieurs pas lorsqu’Adhara se fendit en avant. Son dos heurta une colonne, et la lame d’Adhara se retrouva sous sa gorge.

— On dirait que tu as perdu…

La pointe de la lame s’appuya plus franchement contre sa peau. Altaïs lui lança un regard noir et attrapa l’épée, forçant pour l’éloigner. Il ignora la douleur dans sa main et le sang qui perla, gouttant le long de l’acier.

— Tu rêves, gronda Altaïs.

La lame explosa en une kyrielle d’éclats givrés. Adhara en fit aussitôt apparaître une nouvelle avec un rire méprisant, mais une bourrasque le repoussa. Aussi vif qu’un courant d’air, Altaïs le frappa de toute sa force. Sa main s’entoura à nouveau d’eau et celle-ci percuta le roi avec tant de violence qu’il bascula en arrière, s’étalant de tout son long sur le tapis rouge.

Altaïs fit un pas menaçant vers lui, et sa magie écrasa l’espace, écartant brutalement celle d’Adhara. Les vêtements du roi se recouvrirent de givre. Il tenta de se relever, mais le sol se mit soudainement à trembler, et d’épaisses racines en jaillirent pour l’immobiliser.

Une longue épée de glace apparut dans la main d’Altaïs, et il la tendit en direction d’Adhara.

— Qui a perdu désormais ? gronda-t-il.

Les grandes portes s’ouvrirent avec fracas pour laisser entrer Natt et Mathéis.

— Que…

Altaïs leva l’épée. Sa magie véhiculait la fureur incontrôlable qui l’animait à cet instant.

— Altaïs ! Non !

Alexander fit disparaître son bouclier et bondit en avant. Il attrapa le bras d’Altaïs avant que celui-ci n’abaisse son épée.

— Ne le tue pas !

Le regard pâle se tourna vers lui, métamorphosé par la rage.

— Je ne vais pas le tuer ! répliqua durement Altaïs.

Pourtant, il l’avait voulu, de toutes ses forces. Et lorsqu’il s’en rendit compte, la colère céda soudain sa place à la détresse. Altaïs s’effondra à genoux, au bord des larmes. Il ne supportait plus cela. Il ne supportait plus cette colère qui le faisait vivre, cette rage meurtrière qui l’envahissait. Il voulait que tout cela cesse. Il voulait…

Il ferma les yeux. Sa magie cessa d’envahir l’espace et retourna vers son possesseur.

Il voulait…

Elle l’entraîna furieusement vers les profondeurs de son esprit. Le reste n’avait plus d’importance.

Il voulait…

Elle devenait l’épée qui pourfendait les ténèbres qui l’habitaient.

Il voulait… En finir.

Les verrous qui pesaient sur son esprit se brisèrent, l’un après l’autre, et sa magie se déversa dans la salle, porteuse de tous ses souvenirs.

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petite_louve
Posté le 08/10/2021
Quel chapitre ! Il est génial ! Bravo pour l'écriture !!
Les scènes tendres entre Altaïs et Alexander sont d'une telle douceur ! Leur confidence, leur serment... Tout était parfait.
Quant au duel entre Altaïs et Adhara, on attendait que ça ! Altaïs a bien travaillé, je suis fière de lui, haha ! Adhara n'a eu que ce qu'il méritait ! La description du combat est super ! On visualise très bien la scène.
Mais tu ne pouvais pas finir comme ça ! On veut connaître la suite maintenant !
Mathilde Blue
Posté le 08/10/2021
Coucou !

Merci pour ton commentaire, ça me rassure tellement T_T Et oui ils sont tellement mimis ensemble, je les aime T_T
Haha, c'est vrai que c'était méchant de finir le chapitre comme ça, désolée x)

À bientôt :D
Gabhany
Posté le 07/10/2021
Extra ce chapitre !!! Yeay Alty good job !!!! Ahah je te raconte pas mes réflexions pendant le combat avec Adhara (en gros, ça tournait autour de "démonte lui la tête ! XD). Bravo Altychou <3 Je suis fière de toi ! <3
Bon, plus sérieusement, j'ai trouvé ce chapitre vraiment bien écrit, autant pour la scène intime où tout est suggéré en douceur (My my qu'ils sont choupi ces deux-là) que pour l'affrontement ( ENFIIIIIIIIIIIIN ) avec Adhara. La scène d'action était dynamique et les dialogues très bien selon moi. tout comme dodorêve je ne vois pas trop ce qu'il y a à corriger ;)
Et cette fin !!! Tellement envie de connaître la suite !!
Mathilde Blue
Posté le 08/10/2021
Coucou :D

Haha, j'étais à fond quand j'ai écrit ce combat, j'étais en mode "oh my God, j'ai attendu ce moment si longtemps" xD C'était tellement réjouissant qu'Altaïs lui refasse le portrait ^^
Je suis contente que le chapitre te plaise ! Ça me rassure de savoir que tu le trouves bien haha ^^ Merci beaucoup pour ton retour en tout cas <3 Et tes surnoms me tuent à chaque fois xD

À bientôt :D
dodoreve
Posté le 06/10/2021
(•_•) ( •_•)
(Moi qui me sens de trop dès qu'il y a des câlins torrides)
Ahah, je rigole. Enfin, c'est vrai, mais ils sont aussi très mimis. Alex qui ne peut pas s'empêcher d'avoir peur qu'Altaïs le chasse de nouveau, Altaïs qui le rassure, Altaïs qui veut vivre en paix avec lui. Moh. ;-;

"— Inutile de te rappeler que tu es censé t’agenouiller devant ton roi, lança sèchement Adhara.
— En effet, répliqua Altaïs sans bouger." MY BOYYYY

C'était TROP BIEN !! Altaïs qui explose et son affrontement avec Adhara, vraiment dynamique, vraiment tendu, et l'usage des armes bien géré ! Et la FIN ???? JE DOIS TENIR UNE SEMAINE ??? ACHEVEZ-MOI D:
*se calme*
Ok, en tout cas on a tout le monde pour les révélations à l'exception d'Elaran le nullos. Quelque part en moi, j'ai le sentiment qu'on va apprendre qu'Altaïs a bien tué le roi, mais pour une bonne raison ? Je laisse ma petite théorie survivre jusqu'à mercredi prochain.
Mercredi...
Prochain...
( ༎ຶ Д ༎ຶ )

Petite remarque avant de partir au fait : tu disais que ça manquait de correction mais je n'ai pas trouvé de coquille, je crois ? Ou ça se trouve j'étais trop dans l'action ahah
Par contre j'ai une petite suggestion pour "La pointe de la lame s’appuya plus franchement contre sa peau. Altaïs lui lança un regard noir et attrapa l’épée, forçant pour l’éloigner." On comprendrait mieux que c'est directement la lame qu'il attrape si tu inversais la lame et l'épée > "La pointe de l'épée s’appuya plus franchement contre sa peau. Altaïs lui lança un regard noir et attrapa la lame, forçant pour l’éloigner." (mais ce n'est rien qu'un suggestion bien sûr !)

Bisous et à très vite !
Mathilde Blue
Posté le 06/10/2021
Coucou :D

Haha oui, il y avait une micro-scène (je me suis dit que c’était important à ce moment), mais c’était surtout la scène où ils échangent leurs craintes où ils sont si mignons T_T

« C'était TROP BIEN !! Altaïs qui explose et son affrontement avec Adhara, vraiment dynamique, vraiment tendu, et l'usage des armes bien géré ! Et la FIN ???? JE DOIS TENIR UNE SEMAINE ??? ACHEVEZ-MOI D: »
Trop contente que ça te plaise :D Parce que pour répondre à ta question sur les corrections, en fait je ne pensais pas forcément aux coquilles mais plutôt aux scènes à revoir. Par exemple, je devais retravailler le dialogue entre Altaïs et Adhara pour le rendre plus crédible et réaliste, ou je voulais développer le moment avant qu’il n’atteigne la salle du trône, où il se prend plein de remarques dans la figure :)
Mais oui, tout le monde est là hehe… Par contre la mauvaise nouvelle pour toi, c’est que le chapitre des souvenirs d’Altaïs est en deux parties en réalité xD
En tout cas ton hypothèse sur la mort du roi est intéressante ^^

C’est bien noté pour ta remarque !

Merci pour ton commentaire et à très vite <3
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