Chapitre 4 (nouvelle version)

Par Gabhany
Notes de l’auteur : Où on retrouve Kiaraan et où on en apprend un peu plus sur la Mue...

A l’heure où des filaments de lumière s’entremêlaient à la nuit, le silence, à Long’Ombre,  revêtait une profondeur d’océan. Le vide des allées sombres contrastait avec l’activité qui y régnait la journée. Bientôt bruisserait le quotidien d’un jour comme un autre, mais pour le moment, les seules silhouettes que l’on distinguait étaient celles des guetteurs placés devant l’unique accès au village, tout en haut de la Clairière. Depuis la disparition de Kiaraan, chaque nuit voyait se succéder une cohorte de volontaires qui s’efforçaient de scruter les ombres en baillant de concert.

Face à la forêt sombre, les hommes frissonnaient et sursautaient au moindre craquement. Ils croyaient entrevoir des mouvements furtifs, étaient sans cesse en alerte, et observaient un silence tendu pour mieux distinguer les éventuels bruits de pas. Ils savaient néanmoins que la forêt couvrirait la moindre approche. Aussi les hommes étaient-ils particulièrement nerveux. Leur veille avait été interminablement longue, le vent s’était plu à leur jouer de mauvais tours, faisant crisser et murmurer les arbres tout autour d’eux.

Comme pour incarner leurs craintes, une étrange silhouette se matérialisa soudainement à l’orée de la forêt. Elle était bizarrement courbée, et comptait plus de bras et de jambes qu’à l’accoutumée. Les hommes empoignèrent leurs armes, prêts à défendre chèrement leur peau. Ils n’eurent pas le temps de faire un geste, l’ombre se mit à leur crier dessus.

  • Courez, bande d’imbéciles ! Je l’ai ! Vous êtes encore là ? Courez prévenir Arnen, vite ! Elle est vivante !

La silhouette s’avança jusqu’à eux, et ils purent enfin distinguer de qui il s’agissait. Pier, le chef des Chasseurs, portait une Kiaraan inconsciente, sale et ensanglantée dans ses bras.

Ce fut seulement à ce moment-là que les hommes sortirent de leur hébétude. Deux suivirent le Chasseur qui se dirigeait vers l’office du GuériSage, le dernier s’élança à toutes jambes vers la maison d’Arnen.

*

Diorann dormait encore profondément, recroquevillée sur le côté, ses cheveux bruns rayant son visage fin de traînées sombres. Le bord de ses yeux était rouge, ses joues encore humides de larmes.  Elle ne quittait son lit que pour aider aux recherches de sa sœur. Ses poings se serraient convulsivement dans son sommeil. Elle respirait fort, s’agitait, et, alors qu’un sursaut la redressait, bouche grande ouverte sur un hurlement, elle se réveilla d’un seul coup, aussi alerte que si on lui avait crié dans les oreilles.

Ses yeux noisette, si semblables à ceux de sa sœur, se portèrent immédiatement vers la porte d’entrée, une seconde à peine avant qu’on y frappe avec une vigueur qui la fit trembler sur ses gonds.

Diorann bondit. À l’étage, elle entendit le pas lourd de son oncle qui sautait de son lit, lui aussi. Arnen apparut en haut de l’escalier alors que sa nièce ouvrait la porte à la volée. Sans même qu’elle s’en rende compte, ses larmes s’étaient remises à couler. Elle craignait cette visite depuis que Kiaraan avait disparu.

Incapable d’articuler une syllabe, Diorann attendit, la main crispée sur la poignée de la porte. Elle fixait avidement le visage du Chasseur, la bouche entrouverte, les jambes flageolantes. Pourquoi ne parlait-il pas ? Qu’attendait-il ? Est-ce que cela voulait dire que…. Oh. Oh. Non. NON !

  • On l’a retrouvée. En vie. Pier l’a emmenée chez Bazil.

Le messager leur lança un regard empli de commisération, puis se détourna et s’enfuit sans demander son reste.

Arnen et sa nièce se regardèrent. Diorann paraissait sur le point de s’évanouir. Pâle comme un spectre, Arnen empoigna la jeune fille par le coude pour l’empêcher de s’effondrer. Elle se jeta dans ses bras, suffoquante de crainte.

  • Elle est vivante, résonna alors une voix depuis l’escalier.
  • Vivante, oui, mais dans quel état ?

Ilsa et son mari échangèrent un regard sombre, mais se turent, par égards pour Diorann qui avait repris contenance en entendant sa tante. 

Une minute plus tard, tous trois couraient sur le sentier qui descendait au village. L’envie de revoir sa sœur vivante donnait des ailes à Diorann, et elle devança sans peine son oncle et sa tante. Elle s’arrêta net, cependant, juste sur le seuil de l’office de soins de Bazil. Et si Kiaraan n’était plus la même ? Si elle était blessée, estropiée ?

Diorann savait ne pas pouvoir encaisser un autre espoir déçu. D’ailleurs, il n’y avait plus d’espoir en elle, depuis la disparition de sa mère. Il lui faisait trop mal, après. Elle tergiversait, terrifiée à l’idée de l’état dans lequel elle trouverait sa sœur, avide de savoir qu’elle allait bien.

Elle s’apprêtait à faire demi-tour, quand elle entendit un cri qui lui remua les entrailles. Celle qui criait avait mal. Affreusement mal, même. Mais c’était aussi un cri de colère, une remontrance comme elle en avait entendu des centaines. C’était le timbre de Kiaraan, c’était elle, son sang et sa chair, et sans plus accorder d’importance à l’angoisse, elle se rua à l’intérieur.

*

En entrant dans la pièce, les yeux de Diorann rencontrèrent tout de suite ceux de sa sœur. Les prunelles ambrées de Kiaraan, si familières, étaient vacillantes et affolées, voilées de souffrances, mais elles plongèrent pourtant dans celles de sa sœur avec une force et une détermination qui submergèrent son cœur de soulagement.

Leurs regards se nouèrent. Rien d’autre ne comptait en cet instant que le battement commun de leurs cœurs semblables. Cet échange qui sembla durer tant et si peu de temps leur suffit, à ce moment précis, pour se comprendre parfaitement. Diorann saisit en un éclair le traumatisme que Kiaraan avait vécu, le choc et l’hébétude, le soulagement de s’en être sortie aussi. Kiaraan comprit, sans qu’il y ait besoin de le mettre en mots, l’écrasante peur de Diorann, peur à la fois de la perdre tout de suite, et peur d’ouvrir ses barrières pour quand même la perdre, plus tard. Car si elle s’en était sortie vivante cette fois, rien ne garantissait qu’elle reviendrait, la prochaine fois. Chaque relation était ainsi condamnée à la torture de l’incertitude.

 Il y avait ceux qui s’accrochaient à leurs amours comme si l’attachement pouvait les sauver, et il y avait ceux qui refusaient toute relation sérieuse. Et il y avait Diorann, qui ne savait pas quelle stratégie lui ferait le moins mal.

Elles furent interrompues quand Arnen et Ilsa déboulèrent dans la pièce, mais dorénavant, elles n’avaient même plus besoin de se parler ou de se regarder pour se comprendre. Elles étaient les deux faces d’une même pièce, plus unies encore, s’il était possible, qu’avant la Mue de Kiaraan.

 

Les nouveaux arrivants s’avancèrent. Ilsa s’approcha du lit sans hésiter, un sourire tremblant aux lèvres. Diorann et elle se postèrent de chaque côté de Kiaraan et lui agrippèrent les mains d’un même mouvement. Arnen était resté en retrait, semblant craindre que Kiaraan disparaisse s’il s’approchait lui aussi.

L’office de soins de Bazil était une grande pièce vide et claire, meublée de lits de fougères,  dont un seul était occupé. Quelques tabourets disséminés ça et là permettaient aux visiteurs de s’asseoir à leur aise. Sur tous les murs étaient accrochés des dizaines de plantes et de feuilles d’arbres différentes. Elles répandaient un parfum acide, piquant comme la menthe sauvage qu’on cueille au petit matin. De l’herbe séchée recouvrait le sol de bois brut. Dans le fond, derrière le lit de Kiaraan, se trouvait une autre pièce, plus petite, où Bazil entreposait ses préparations.

  • Comment te sens-tu ? demanda Ilsa à Kiaraan après s’être raclé la gorge. Tu es blessée ? Pourquoi t’a-t-on amenée ici et pas chez nous ?
  • Elle était inconsciente quand on me l’a amenée, répondit Bazil avant que Kiaraan ait pu ouvrir la bouche.
  • Qui l’a trouvée ?
  • Pier, apparemment. En tout cas il est arrivé ici avec elle dans les bras.
  • Je vais aller le trouver immédiatement, intervint Arnen. Il faut que je sache où exactement on l’a récupérée.

Il avait posé un pied à l’extérieur quand la voix affaiblie de Kiaraan l’arrêta.

  • Je les ai vus, Arnen. Les Lupus.

Arnen frémit, et ses paupières, en se fermant involontairement, occultèrent un instant l’étonnement mêlé d’inquiétude qui l’avait saisi. Il tourna lentement la tête et d’un regard, vit que Bazil partageait sa surprise. Celui-ci avait plissé les yeux et observait Kiaraan avec acuité.

  • Tu en es sûre ? proféra Arnen d’une voix basse, pressante.
  • Certaine. Je les ai humés. Je les…

La voix de Kiaraan s’éteignit. Visiblement, elle avait épuisé ses forces en interpellant ainsi son oncle. Arnen revint près d’elle en deux enjambées, le visage circonspect.

  • Comment sais-tu que c’étaient des Lupus et pas des Purs ?
  • Ils ne… ils ..

Kiaraan prit une grande inspiration, ferma fort les yeux, et secoua la tête. Ses paupières frémissaient. Rouvrir les yeux lui demanda un grand effort, mais elle reprit d’une voix raffermie :

  • Ils étaient plusieurs. Ils m’ont acculée et avaient l’avantage du nombre. Ils m’auraient vaincue sans peine, mais ils ne m’ont pas attaquée. J’étais une menace pour eux, mais ils ne m’ont rien fait. Et puis cette odeur… elle était semblable à celle des autres animaux, mais différente aussi.

Arnen échangea un regard alarmé avec Bazil.

  • Si eux ne t’ont pas attaquée, d’où viennent tes blessures ? demanda ce dernier d’un air perplexe.
  • Quelles blessures ? s’inquiéta Diorann.
  • Eraflures plus ou moins profondes sur tout le corps, quelques côtes fêlées, une épaule démise et un genou écrasé, de ce que j’ai pu voir. J’étais en train de l’examiner quand vous êtes entrés.

Tous les regards se tournèrent vers Kiaraan.

Sans savoir pourquoi, celle-ci était certaine qu’elle ne devait pas raconter ce qui s’était véritablement passé dans la forêt. D’autant plus qu’elle-même n’en était pas vraiment sûre. Elle avait bien vu passer l’étonnement sur les visages d’Arnen et de Bazil quand elle avait mentionné ses souvenirs de sa rencontre avec les Lupus. Inutile d’en rajouter.

  • Je suis tombée, répondit-elle en détournant les yeux. Quand j’ai repris ma forme humane, il faisait noir, je ne voyais rien. J’ai commencé à marcher et j’ai dévalé une colline.

Kiaraan ferma les yeux et laissa un soupir s’échapper de sa poitrine. Elle percevait un certain malaise qui flottait dans l’air au-dessus d’elle, sans pouvoir s’en expliquer la raison.

  • Kiaraan, nous allons te laisser te reposer, intervint Ilsa. Tu dois être fatiguée.

Arnen fit signe à Bazil de le suivre et ils sortirent de la pièce en discutant à voix basse. Ilsa et Diorann les suivirent après une dernière caresse sur la main de Kiaraan.

*

     − Penses-tu qu’elle dit la vérité ? demanda Arnen à Bazil alors qu’ils s’éloignaient en direction de la salle du Conseil où Vikash et Pier devaient déjà les attendre.

  • Ses blessures peuvent correspondre à une grosse chute, oui…
  • Mais ces souvenirs qu’elle dit avoir …
  • Je suis aussi perplexe que toi, mais cela me paraît authentique. Elle n’a pas pu inventer l’infime changement dans les odeurs qu’elle a mentionné. Et pourquoi l’aurait-elle fait ? Nous l’avons tous vue Muer…
  • Bazil, personne ici ne peut se vanter de se rappeler quoi que ce soit de sa Mue.
  • Quelques Chasseurs parmi les plus expérimentés le peuvent, je crois.
  • Mais Kiaraan n’a même pas vingt ans… et c’est sa première Mue. Comment l’expliques-tu ?
  • Je ne l’explique pas.
  • Tu penses que cela a quelque chose à voir avec son père ?

Bazil regarda Arnen dans les yeux.

  • Sauf ton respect, Arnen, et même si je suis son successeur, je suis loin d’avoir percé tous les secrets de cet illuminé de Iarn…

 

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Tac
Posté le 26/02/2020
Ah, ça me fait bizarre qu'ils parlent de la disparition de K et pas de sa Mue ! Depuis le début, je trouve que cette affaire a un double traitement. D'un côté, c'est ultra normal, ultra naturel de se métamorphoser, c'est classique, c'est attendu, c'est presque ritualisé, et de l'autre, c'est un peu tabou, on ne parle pas des gens qui ne reviennent pas, on ne regarde pas les veuf.ve.s et orphelin.e.s en face, c'est la panique dès qu'il y a une Mue... Ce n'est pas très clair si cette panique est récente du fait des disparitions inhabituelles, ou si ça a toujours été un peu paniquant mais du coup le côté très naturel me fait bizarre, je trouve que si tu veux faire cohabiter les deux aspects, l'équilibre n'est pas tout à fait trouvé tel qu'il est équilibré maintenant. (cette phrase ne veut pas dire grand chose, n'hésite pas à me jeter des cailloux si tu ne comprends pas)
je trouve aussi que tu insistes parfois trop sur les émotions des personnages. Il y a énormément d'adjectifs pour qualifier les regards, les gestes, les expressions, ce qui ne laisse pas de marge d'imagination ou de déduction pour la lecteurice.
Sinon y a parfois des trucs soulignés et je ne suis pas certaine d'en comprendre le pourquoi, je ne sais pas si c'est volontaire, si c'est pour tes corrections, si c'est un oubli, si c'est censé être significatif dans le texte...?
ça me fait un peu bizarre, je m'attendais à être plus du pdv d'un personnage (Kiaraan) voire de deux (Diorann par exemple) mais en fait plus ça va et plus tu passes de l'un à l'autre, ce qui n'est pas gênant mis à part que je dois m'habituer à ne pas être en pdv interne, je maîtrise moins bien le commentaire de textes en pdv externes/omniscients/internes mais avec plein de persos et en troisième pers du sg.
Argh je retombe dans mes travers de ne pas souligner ce qui va ! C'est toujours fluide, je suis toujours accrochée... je ne sais pas souligner les évidences. Le début de ton chapitre est ultra poétique, j'adore.
Plein de bisous!
Gabhany
Posté le 27/02/2020
Te jeter des cailloux XD Mais non Tac, je veux garder mes lectrices en bonne santé moi ^^ alors la Mue est "naturelle" dans le sens qu'elle est inévitable, mais les Ursi en ont peur car on ne peut pas savoir si on va en revenir ou pas. Je pense que c'est ça qui t'a gênée, que ce soit à la fois une partie d'eux-mêmes et qu'ils la craignent, mais en fait la Mue est un fardeau pour les Ursi.
Oui je suis beaucoup dans le tell dans ces premiers chapitres, on m'a déjà fait la remarque, j'ai essayé d'améliorer ça dans les chapitres suivants. Les mots soulignés c'est une erreur et un oubli de ma part, ça n'a aucune signification ^^ c'est le seul chapitre je crois où j'alterne entre autant de pdv, normalement c'est du pdv Kiaraan. Merci pour toutes tes remarques intéressantes et pertinentes, c'est super et ça me suffit pour comprendre que tu aimes ;) bises !
Tac
Posté le 27/02/2020
Pour le coup, avec le recul des autres chapitres, je comprends mieux effetivement la dynamique relationnelle qu'on les ursis avec la mue. je pense tout bêtement qu'u fil de l'écriture tu as assoupli ta plume et tu es rentrée dans l'atmosphère de ton histoire, car sur les derniers chapitres cette ambivalence est bien plus claire, notamment avec la comparaison des lupus qui eux ont l'air de vivre leur mue oklm.
En reprenant un peu tes chapitres du début pour les rééquilibrer avec le niveau des suivants, je pense que ces confusions que j'avais eu à la lecture du début s'effaceront d'elles-mêmes !
Isapass
Posté le 06/02/2020
Ah, je me demandais justement pourquoi on ne savait encore rien du père de Kiaraan et Dioraan ! J'ai bien fait d'être patiente : apparemment, il y a beaucoup à en dire ! Déjà que leur mère n'était apparemment pas n'importe qui, leur père était encore plus exceptionnel ?
Globalement, je peine un peu depuis le début, à savoir ce qui sort de l'ordinaire ou non en ce qui concerne la mue. Je suis peut-être la seule, mais j'avoue que ça me gêne un peu pour savoir ce qui est important pour la suite de l'histoire ou pas. Par exemple : est-il habituel que les chasseurs sortent chercher ce qui sont en mue hors du village ? Ou bien est-ce que c'est parce qu'elle est partie longtemps, ou à cause des disparitions récentes ou des blessures de Lohim ? Est-ce que normalement, ils reviennent sous forme humaines ou sous forme ursi ?...
En fait, je me demande si tu n'aurais pas intérêt, dans le premier chapitre, à raconter une mue ou un retour qui se passe de manière "normale", pour qu'ensuite on puisse différencier ce qui se met à déconner dans les cas suivants (et particulièrement celui de Kiaraan). Pas raconter en entier, bien sûr, mais juste le retour. En plus, ça pourrait te permettre de mieux situer le rôle d'apprentie guérisage de Kiaraan. Je sais que ça manque peut-être d'originalité mais ça a quand même du bon d'exposer le contexte en "fonctionnement normal" de ton univers avant de faire partir l'intrigue. Surtout que ton univers est suffisamment original pour que ça accroche bien quand même.
Bon, c'est juste une idée comme ça, on pourra en reparler, si tu veux (et je suis peut-être la seule à avoir cette avis ! )
J'ai trouvé l'introspection de Dioraan pas super naturelle et un peu longue, entre le moment où elle hésite devant chez Bazil et celui ou elle échange le premier regard avec sa soeur. Je me demande si ce n'est pas un peu trop "analysé", plutôt que montré. Les phrases sur l'espoir qu'elle a peur de ressentir, etc... J'ai eu l'impression que tu le répétais plusieurs fois de manière différente, et ce serait plus touchant si tu montrais ses actions, réactions, gestes en laissant le lecteur interpréter. Show don't tell. (j'ai l'air de te faire la leçon mais je commence juste à y arriver moi aussi, hein ;) c'est juste plus facile à voir chez les autres que chez soi !).
Sinon, je suis toujours autant en haleine et impatiente de découvrir la suite !
Détails :
"Ils savaient néanmoins que la forêt couvrirait la moindre approche." : répétition de "moindre" que tu as déjà un peu plus haut
"Ses yeux noisette, si semblables à ceux de sa sœur, se portèrent immédiatement vers la porte d’entrée, une seconde à peine avant qu’on y frappe avec une vigueur qui la fit trembler sur ses gonds." : elle dort à côté de la porte d'entrée ? Sinon comment peut-elle voir la porte alors qu'elle est dans son lit ?
Gabhany
Posté le 07/02/2020
Le père de Kiaraan et Diorann était … intéressant =D on en apprendra plus sur lui au fil de l’histoire, mais il y a pas mal de choses à en dire en effet !
Alors pour la Mue, non tu n’es pas la seule à m’avoir fait la remarque, mais pour les autres lectrices ce n’était pas gênant je crois. Là les Chasseurs sont sortis de façon un peu exceptionnelles, à cause des disparitions récentes en effet, et parce que c’était la première Mue de K. Normalement ils reviennent sous forme humane, une fois qu’ils ont quitté leur peau d’ours. C’est une bonne idée de raconter une Mue « normale » en effet.
J’ai essayé de faire du show don’t tell au moment des retrouvailles des deux sœurs mais je ne suis pas super à l’aise avec cet exercice ^^ j’ai peur de ne pas faire passer ce que je veux ou qu’on interprète mal une réaction. Mais j’essaierai à la prochaine réécriture ;)
Et merci car tu as soulevé une incohérence : je dis dans le chap 2 que la chambre de Diorann et Kiaraan est à l’étage, mais là dans ce chapitre D peut voir la porte de son lit !! Je vais aller corriger ça. Merci encore pour ta lecture attentive et tes commentaires !
Stella
Posté le 19/09/2019
Coucou Gab,
Un chapitre efficace où tension et émotions se mêlent tout au long. J'aime bien le suspence autour du père à la fin. Il donne autant envie de tourner la page que les précédentes fins de chapitre plus dramatiques. J'ai une seule remarque : la description de l'office qui apparaît sous la forme d'un paragraphe à la suite de l'action m'a moins convaincue. Je pense qu'elle gagnerait à être dispatchée.
En plus il y a matière à le faire.
Voilou Voilou des bisous étoilés
Gabhany
Posté le 19/09/2019
Coucou Stella ! Merci pour ta lecture ! Je note pour le passage descriptif, on m'a déjà fait cette remarque donc je vais modifier ça !
Plein de bisous <3
Joke
Posté le 18/09/2019
" Il y avait ceux qui s’accrochaient à leurs amours comme si l’attachement pouvait les sauver, et il y avait ceux qui refusaient toute relation sérieuse. Et il y avait Diorann, qui ne savait pas quelle stratégie lui ferait le moins mal."

J'adore cette phrase.

C'est toujours aussi prenant, je continue ma lecture tout de suite!
Gabhany
Posté le 19/09/2019
Oh merci :) je suis contente que Humans te plaise toujours !
Luru
Posté le 04/09/2019
C'est le chapitre que je préfère et de loin jusqu'à présent. Même s'il n'y a pas d'action, la tension dramatique est présente tout le long !

On apprend un peu plus sur l'univers et sur cette histoire de Mue. On a pas encore assez d'information pour tout appréhender, mais il doit y avoir un lien direct ou indirect, avec le clan des Lupus. Ours contre loups... ça m'évoque une histoire de territoire. ^^

J'aurais juste une question, pourquoi le mot alarmé est-il souligné dans le texte ? :p
Gabhany
Posté le 05/09/2019
Ah merci ! Ton comm me rassure par rapport à ce chapitre où il ne se passe en effet pas grand chose ! Hihi, tu as peut-être raison … ou pas =D
Le mot souligné c'est parce que je voulais le modifier donc je l'avais souligné dans mon fichier et j'ai oublié de corriger en faisant le copier/coller pour oublier ^^ je vais aller supprimer ça
Aliceetlescrayons
Posté le 18/05/2019
Je le trouve très bien ce chapitre! On retrouve Kiaraan sans savoir ce qui lui est arrivé exactement, ça créé un suspens assez passionnant. Encore plus avec la petite allusion finale à son père à la fin!
Par-rapport à la Mue, j'ai une réflexion. Le peuple de Kiaraan vit très proche de la nature. Pourtant, la Mue est vécue comme une malédiction. J'ai un peu de mal à formuler ce que ça m'inspire mais je pense qu'il y aurait peut-être quelque chose à développer en ce sens. Dans ton résumé, tu parles de "tribut" à payer à la Mère. Tu penses aprofondir cette idée plus loin? Parce que je trouve que cette approche est vraiment intéressante ^^
Gabhany
Posté le 18/05/2019
Hello Alice !
Merci de ton passage <3 je suis contente que le chapitre t'ait plu !
Oui je vais approfondir le côte "malédiction" de la Mue dans les prochains chapitres je pense. En fait, la Mue est mal vécue car elle est à l'origine de nombreuses souffrances et inquiétudes, et j'ai l'impression que je n'ai pas assez insisté sur ce point-là. Après, sur le côté "tribut", je n'ai pas encore réfléchi à fond là-dessus, mais je compte développer plus le rapport à la Mère et les origines de la Mue par la suite. Je suis heureuse que tu trouves ça intéressant, si tu as d'autres réflexions à ce sujet n'hésite pas !
 
Elga
Posté le 22/05/2019
Coucou !
Alors si tu veux bien, je te fais des commentaires au fil de ma lecture en y mêlant les coquilles relevées.
D’abord j’aime beaucoup ce début, son rythme, tout en suspens ; ça fonctionne bien à mon avis. Quand même un remarque sur la 1ère phrase :
A l’heure où des filaments de lumière s’entremêlent à la nuit, le silence revêtait une profondeur d’océan à Long’Ombre > Pour une question de rythme, je verrai peut-être « à Long’ombre » au début ?
les seules silhouettes que l’on distinguait étaient celles des Guetteurs placés devant le seul accès au village,  > répétition de « seul »
Aussi les hommes étaient particulièrement nerveux. > je crois qu’avec « aussi », il faut redoubler le sujet avec le pronom « aussi les hommes étaient-ils… »
Sur un regard empli de pitié, le messager se détourna et s’enfuit sans demander son reste. > le « sur » me gêne, « avec » peut-être ou « après » ?
Elle se jeta dans ses bras, suffoquée de crainte > suffoquant ?
Il faisait trop mal, après. > la virgule me semble de trop.
J’ai un peu de mal avec la visite du Chasseur à la famille, avec le fait qu’il ne dise pas qu’elle est en vie. J’ai du mal à croire qu’il ne le dise pas, surtout, qu’en tant que lecteur, on le sait déjà vu ta 1ère partie de chapitre. Ce ne sont que des détails à mon avis que tu pourrais modifier ; peut-être en axant plus sur des questionnements sur son état comme tu le fais un peu.
le traumatisme de ce que Kiaraan avait vécu, > le traumatisme que Kiaraan…
« Chaque relation était ainsi condamnée à la torture de l’incertitude. Il y avait ceux qui s’accrochaient à leurs amours comme si l’attachement pouvait les sauver, et il y avait ceux qui refusaient toute relation sérieuse. Et il y avait Diorann, qui entrait dans les deux catégories, sans bien savoir laquelle des deux stratégies lui ferait le moins mal.
Elles furent interrompues quand Arnen et Ilsa déboulèrent dans la pièce, mais dorénavant, elles n’avaient même plus besoin de se parler ou de se regarder pour se comprendre. Elles étaient les deux faces d’une même pièce, plus unies encore s’il était possible qu’avant la Mue de Kiaraan. » j’ai un peu de mal avec ce passage, notamment avec le traitement des sentiments de Diorann ; il me semble qu’elle entre dans la catégorie de celles qui ne renonceront pas à leur amour si elle est tellement attachée à sa sœur ?
« Les nouveaux arrivants s’approchèrent. Ilsa s’approcha du lit sans hésiter, un sourire tremblant aux lèvres. Diorann et elle se postèrent de chaque côté du lit et agrippèrent les mains de Kiaraan d’un même mouvement. Arnen était resté en retrait, semblant craindre que Kiaraan disparaisse s’il s’approchait lui aussi.
L’office de soins de Bazil était composé d’une grande pièce vide et claire, meublée de quelques lits dont un seul était occupé. Quelques tabourets disséminés ça et là permettaient aux visiteurs de s’asseoir à leur aise. Sur tous les murs étaient accrochés des dizaines de plantes et d’essences d’arbres différentes. Elles répandaient un parfum acide, piquant comme la menthe sauvage qu’on cueille au petit matin. De l’herbe séchée recouvrait le sol de bois brut. Dans le fond, derrière le lit de Kiaraan, se trouvait une autre pièce plus petite, où Bazil entreposait ses préparations. » Suggestion pour ce passage descriptif. Je me demande si tu ne pourrais pas mêler les gestes des perso, leur avancée avec la description pour la rendre plus vivante ?
Super ce dialogue final avec du mystère, du suspense tout ça tout ça. Remarque finale : est-ce qu’ils ne devraient pas s’étonner plus tôt, durant le dialogue avec elle, de ce qu’elle a des souvenirs ? Quitte à y revenir en fin de chapitre ?
Bravo en tout cas !
Bisous,
Gaëlle/Elga
Gabhany
Posté le 22/05/2019
Hello Gaelle !
Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi, je n'avais pas été notifiée de ton commentaire !
Tu verrais "à Long'Ombre" avant "le silence" ou au tout début de la phrase ? 
Sur un regard empli de pitié, le messager se détourna et s’enfuit sans demander son reste. > le « sur » me gêne, « avec » peut-être ou « après » ? =>  oui c'est mieux ! merci ! 
J’ai un peu de mal avec la visite du Chasseur à la famille, avec le fait qu’il ne dise pas qu’elle est en vie. J’ai du mal à croire qu’il ne le dise pas, surtout, qu’en tant que lecteur, on le sait déjà vu ta 1ère partie de chapitre. Ce ne sont que des détails à mon avis que tu pourrais modifier ; peut-être en axant plus sur des questionnements sur son état comme tu le fais un peu. => en fait il ne dit rien parce que Kiaraan est blessée, qu'il l'a vue inconsciente dans les bras de Pier. Il sait qu'elle est vivante mais ne sait pas dans quel état elle est. Donc il ne veut pas leur donner de faux espoirs. Est-ce que ça te parait plus cohérent ?
Elles furent interrompues quand Arnen et Ilsa déboulèrent dans la pièce, mais dorénavant, elles n’avaient même plus besoin de se parler ou de se regarder pour se comprendre. Elles étaient les deux faces d’une même pièce, plus unies encore s’il était possible qu’avant la Mue de Kiaraan. » j’ai un peu de mal avec ce passage, notamment avec le traitement des sentiments de Diorann ; il me semble qu’elle entre dans la catégorie de celles qui ne renonceront pas à leur amour si elle est tellement attachée à sa sœur ? => elle lui est très attachée mais elle a peur aussi de cet attachement car Kiaraan peut disparaître et donc elle se protège.
  Suggestion pour ce passage descriptif. Je me demande si tu ne pourrais pas mêler les gestes des perso, leur avancée avec la description pour la rendre plus vivante ? => c'est une bonne idée, merci !
 Super ce dialogue final avec du mystère, du suspense tout ça tout ça. Remarque finale : est-ce qu’ils ne devraient pas s’étonner plus tôt, durant le dialogue avec elle, de ce qu’elle a des souvenirs ? Quitte à y revenir en fin de chapitre ? => merci =D en fait Arnen et Bazil s'étonnent mais n'en montrent rien car ils ne veulent pas éveiller les soupçons.
Merci encore pour ta lecture et ton commentaire <3
Bises 
 
Makara
Posté le 23/06/2019
Coucou :) me voilà de retour <3 (je profite de mes 50 min de rer) 
Alors ce chapitre se lit très bien, je l'ai dévoré. Je suis contente de voir que kiarann va bien. Pourquoi ment-elle aux habitants sur l'origine de ses blessures ? (il me semble qu'elle a tué des lupus, non ?) 
 Ah, j'ai hâte d'en savoir plus sur le pere de kiarann, c'est vrai que pour l'instant on ne sait rien de lui !! Je suis sure qu'il est tjs vivant. 
Petit pinaillage :
Dans cette phrase je remplacerai mais par lorsque, je ne sais pas pourquoi mais cela m'a gênée à la lecture. 
Elle s'apprêtait a faire demi-tour mais elle entendit un cri qui lui remua les entrailles. 
Voilà sinon c'était super, je m'en vais lire la suite ! 
Bisous volants 
Gabhany
Posté le 23/06/2019
Coucou Makara !
Désolée je suis en retard dans mes réponses de commentaires ! Merciiiii beaucoup de ta lecture <3
Hum, Kiaraan ment sur l'origine de ses blessures à cause des circonstances de sa Mue. je t'explique plus en détail sur ton jdb car je ne veux pas spoiler ici ;)
Hihi le père de Kiaraan est un homme plein de mystères XD
Bisous <3 
Makara
Posté le 07/09/2019
Re coucou ! Ce chapitre est tjs aussi bien, pour moi il ne me posait pas de problèmes avant ;)
Qu'as-tu changé dans ces chapitres !? Ma memoire me fait un peu defaut ;)
Makara
Posté le 07/09/2019
Dans ce chapitre je veux dire
Gabhany
Posté le 08/09/2019
Dans celui-ci quasiment rien. C'étaient surtout les suivants (le 6 et le 7 notamment) qui posaient souci pour l'évolution de Kiaraan. Merci pour ta relecture <3
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