Chapitre 4 : L'évidence

Par Mary

Chapitre 4

L’évidence

 

 

 

Le jour doit commencer à se lever, mais avec les nuages, la nuit joue les prolongations. La pluie menace, j’espère ne pas me prendre la rincée du siècle en allant au lycée. Le café embaume la cuisine et mon regard vagabonde, les pensées encore toutes emmêlées de sommeil, jusqu’à ce que j’entende un bruit derrière la baie vitrée.

— Miaaaaaa !

J’ouvre à Myrtille qui se frotte à mes jambes en ronronnant comme un vieux tracteur. Je m’accroupis et laisse faire : je ne sais pas qui caresse qui. La douceur de son poil tigré fait remonter mon moral en flèche. Ça devrait être une bonne journée. La matinée sera normalement tranquille, les cours pas trop mal, et je vais passer l’après-midi avec Hikaru. Allez.

La chatte miaule encore et je la prends sur mes genoux en mangeant ma brioche. La pâtisserie sent le beurre et la truffe du félin renifle ensuite mes doigts avec intérêt avant de donner un coup de langue timide et râpeux. Elle en plisse les yeux de bonheur et je trouve ça tellement mignon que je finis par la serrer contre moi pendant quelques minutes.

Il faut que je me prépare, sinon je vais être en retard. À regret, je repose Myrtille qui s’avance tout de suite vers la fenêtre, comprenant qu’il est l’heure de rentrer chez elle. Elle se glisse entre le mur et la paroi de verre dépoli qui sépare les balcons et je referme derrière elle. Mon café terminé, ma routine matinale reprend.

Le temps d’arriver au lycée, le vent a dégagé le ciel et la journée s’annonce finalement plutôt belle. Je me fraie un chemin dans les couloirs bondés et croise Rashid qui somnole à moitié dans un coin.

— Hé !

Il ouvre brusquement ses yeux cernés. Ça fait même pas deux semaines qu’on a recommencé les cours et il a déjà l’air au bout de sa vie. Je fronce les sourcils :

— Qu’est-ce que t’as ?

— Rien, juste fatigué.

— Crache le morceau.

Il soupire, se redresse, s’étire et énumère :

— Alors dans l’ordre : j’ai toujours rien dit à mes parents qui me glissent régulièrement qu’il faudrait qu’on prenne un jour pour aller visiter la fac et vérifier les journées portes ouvertes des prépas, ça marche pas avec Lisa, et figure-toi que Zoya a un copain.

Zoya, c’est sa petite sœur en seconde C. Un amour sur pattes, moins sage que son frère et pétillante comme une comète.

— Et ?

— Et elle a peur que les parents l’apprennent.

— Pourquoi ?

Il hausse les épaules avec une grimace :

— Je sais pas. Je crois que ses copines lui ont monté la tête, que les parents risqueraient de lui interdire de le revoir, ou un truc dans ce genre-là.

— Mais pourquoi ? C’est qui ?

— Le gars de sa classe, tu sais, le rouquin tout sec. Apparemment ils ont cours de science info ensemble et… voilà.

Je remets le gars, gringalet dans une chemise à carreaux, sac rouge avec un porte-clés en forme de Rubik’s Cube. 

— Plus inoffensif que lui, tu meurs. À sa place, j’aurais plutôt peur de Zoya.

Quelque chose me dérange dans ce que Rashid vient de me confier, mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. En tournant la tête, je devine Hikaru de loin, mais je ne peux pas laisser mon ami comme ça.

— Allez, mec, du nerf. Vos parents sont pas si coincés que ce que vous croyez tous les deux.

— On verra…

— Si je te le dis.

Il regarde un groupe de filles qui passe, parmi lesquelles se trouve Lisa, à la traîne parce qu’elle pianote sur son téléphone. Rashid se décolle du mur et lance :

— Je reviens !

À la bonne heure.

— À plus !

La sonnerie du début des cours retentit et je m’avance dans ma classe. Derrière moi, le gang des costards ne peut pas s’en empêcher :

— Alors, Samuel, t’as toujours pas avoué ?

— Je comprends pas que Lola lui en veuille pas plus que ça.

— Paraît qu’elle a un nouveau mec, de toute façon.

— Ah mais c’est pour ça que tu t’es fait plaqué, mon gars ? Ça explique tout !

J’ai un peu envie de les frapper, mais je ne réponds pas. Je ne tourne même pas la tête vers eux. Au lieu de ça, je vais m’asseoir à la table du fond et sors mes affaires d’anglais. Hikaru arrive enfin. Heureusement, elle n’a rien entendu de tout ça. Elle enlève son imperméable et s’installe à son tour en passant la main dans ses cheveux pour les remettre en place. Elle porte un de ces chemisiers, ou blouses, ou je ne sais pas comment ça s’appelle, tout fluide, noir et avec deux bouts de tissu accrochés au col qui donnent l’impression qu’elle a une cravate. Avec son jean serré et ses guêtres, je trouve qu’elle a beaucoup de style. Elle me sourit :

— Bonjour, Samuel ! Ça va ?

Ça me fait tellement du bien de la voir.

— Salut. Bien et toi ?

Elle hoche la tête et ouvre son cahier.

— Bien bien. J’ai jeté un œil au DM de maths hier, il a pas l’air trop compliqué, on devrait rapidement le terminer.

— Cool.

— Tu n’avais rien de prévu, aujourd’hui ?

— Non, pourquoi ?

Hikaru semble ennuyée.

— Je sais pas. Je demande juste. Parce que, si ça t’embête, tu sais, t’es pas obligé de… enfin, qu’on le fasse ensemble.

— Mais non, pas du tout, ça me fait plaisir !

Merde, c’est sorti tout seul.

— Je veux dire, un DM c’est déjà chiant, si je suis avec toi, c’est plus fun.

Ferme ta gueule, Mimi.

Mais elle ne relève pas mes maladresses successives et se contente d’acquiescer. Madame Langlois arrive dans un « Hello everyone » enjoué. On passe l’heure qui suit à lire le polycopié qu’elle nous distribue et à préparer l’analyse du texte, un article de journal américain sur les relations entre le pays et le Mexique. Pour la première fois en deux semaines, Hikaru prend la parole. C’est dingue, cette fois, elle a la voix un tout petit peu plus grave en anglais. Comment elle passe d’une langue à l’autre aussi facilement ?

On enchaîne avec le cours d’histoire-géo avec Monsieur Gosselin, un trentenaire énergique, sur le Second Empire, les alliances européennes et le Paris haussmannien. La pause de onze heures sonne et juste avant que je ne sorte, le prof m’interpelle en rassemblant ses documents :

— Samuel ?

— Oui ?

— Tu as deux minutes ?

Hikaru m’interroge du regard. Je hoche la tête pour lui faire signe que tout va bien et elle s’éclipse, me laissant seul avec Monsieur Gosselin. Pourquoi j’ai le sentiment que je vais encore m’en prendre plein la tronche ?

— Tu as l’air de bien t’entendre avec notre nouvelle élève, dit-il en souriant.

— Oui, je réponds d’un ton raide.

Son regard brun s’adoucit et il se tourne face à moi :

— Ne sois pas sur la défensive comme ça. Je veux simplement te dire que je te crois quand tu affirmes que ce n’est pas toi qui as partagé la photo de Lola.

— Hein ?

— Lola n’aurait aucun intérêt à te défendre comme elle l’a fait. Je sais que certains de mes collègues pensent que tu fais pression sur elle, mais elle n’a pas l’air d’être le genre de fille à se laisser marcher sur les pieds.

— Euh… non, en effet.

Il referme sa serviette en cuir et enfile son blouson.

— En attendant, sois assuré de mon soutien, tant que cette histoire n’est pas réglée.

— Eh bien, euh… merci. Mais vu qu’on ne sait toujours pas qui a envoyé la photo…

Il soupire :

— Je sais. Quoiqu’il en soit, bon courage. J’ai cru comprendre que tes camarades te menaient la vie dure ?

— Rien d’insurmontable.

— Bon. Alors j’en ai fini.

Il ouvre la porte :

— Bonne journée, Samuel. À vendredi.

Le prof s’éloigne et je reste planté là, ahuri. Si je m’attendais à ça ! Je me laisse glisser contre le mur dans le couloir désert et ferme les yeux. J’ai l’impression qu’on m’a enlevé un poids des épaules. Un énorme poids. Fais chier, j’aurais presque envie de pleurer. Je pensais que je m’en sortirais tout seul, mais avoir un peu de soutien…

Une main se pose sur mon bras.

— Samuel ? Ça va ?

J’ouvre les yeux sur Hikaru qui me fixe de ses prunelles noires comme de l’encre :

— Ouais. Ouais ça va.

— Qu’est-ce qu’il voulait ?

Je crois qu’elle se doute qu’il se passe quelque chose de grave, mais je ne lui ai jamais tout expliqué — parce que je suis un gros trouillard.

— Juste me parler d’un truc.

Elle s’assoit par terre à côté de moi dans un effluve de savon et un autre, plus doux, peut-être son parfum. Elle n’ajoute rien et doit attendre que je lui en parle de moi-même. Elle a dû remarquer que tout le monde me fait la gueule, mais je suis à peu près certain qu’elle ne sait rien de cette histoire de photo. Sinon, pourquoi traînerait-elle encore avec moi ?

La cloche retentit que nous sommes restés tous les deux silencieux. Malgré tout, je me sens mieux. Suffisamment pour ne pas relever quand la prof de français me lance un regard mauvais en me rendant ma dissert’ sur « Andromaque ». 14/20. Je suis plutôt content de moi.

Cette journée n’a pas fini de me surprendre.

On explore la ponctuation chez Sarraute, qui se résume en une utilisation abusive des points de suspension et enfin, la matinée touche à son terme.

— Direction le New Worlds ? demande Hikaru avec un sourire alors qu’on descend les escaliers.

J’avise la porte coupe-feu et m’incline doucement pour plaisanter :

— Après vous, très chère.

Elle éclate de rire et passe la première. Je la suis dans le couloir du rez-de-chaussée et alors qu’on s’apprête à sortir pour de bon, j’aperçois Lola qui referme son casier. Ça n’a pas l’air d’aller. Je retiens Hikaru :

— Attends, tu me laisses deux minutes ? Faut que je vérifie quelque chose.

— Euh, OK. Je t’attends dehors.

Une fois qu’elle est hors de vue, je reviens sur mes pas et interpelle Lola. Quand elle se retourne, elle a les yeux rouges, comme si elle avait pleuré.

— Oh, c’est toi, Mimi.

— Hé, qu’est-ce qu’il y a ?

— C’est rien du tout, t’inquiète.

— Non, c’est pas rien.

Elle qui est si bravache, il en faut pour la faire pleurer. Elle sourit tristement :

— Si, ça va.

— C’est encore la photo ?

— Non.

— C’est ton nouveau mec ?

— Non… Je te dis, je vais bien, juste crevée avec les devoirs et tout.

Ça ne sert à rien d’insister, elle va finir par se fâcher.

— Écoute, Lola. On est peut-être plus ensemble, mais… Tu sais que si t’as besoin, je suis là, hein ?

Elle lève les yeux vers moi.

— Je sais. Merci, Mimi. Je te laisse, j’ai rendez-vous.

— OK. À plus.

— À plus.

Dubitatif, je retrouve Hikaru sous l’auvent et nous sortons par le portail de derrière. On discute de tout et de rien sur le trajet qui nous mène au café. Aujourd’hui, il y a foule, mais Mathieu nous trouve une petite table dans le fond :

— C’est pour déjeuner ?

On pose nos manteaux et il nous regarde nous installer avec bienveillance en détaillant le menu. Je commande un club sandwich et Hikaru opte pour la soupe et la tartine d’avocat. On dira ce qu’on veut, ça ressemble à un rendez-vous et à voir les œillades amusées que nous lance Mathieu, c’est comme ça qu’il envisage la situation.

Au milieu du repas, alors qu’on a parlé de tout et de rien, Hikaru s’éclaircit la voix :

— Je peux te demander quelque chose ? T’es pas obligé de répondre, mais…

J’acquiesce. Je sais où on va, mais je la laisse finir :

— Pourquoi personne t’adresse la parole, à part Rashid ?

Et voilà, on y est.

— Eh beeen…

Je lui déballe tout. Mon histoire avec Lola, la photo, le proviseur, la totale. Quand j’ai terminé, elle hoche doucement la tête :

— Je vois. Et c’est de ça dont le prof d’histoire voulait te parler ?

— Oui. Pour le moment, tous les autres profs m’ont bien montré que j’étais le dernier des salauds. Sauf Madame Langlois, son comportement a pas changé avec moi.

Elle finit sa tranche d’avocat et lâche :

— C’est nul comme situation.

— Alors tu me crois ?

Hikaru hausse les épaules :

— Évidemment. T’es pas le genre à harceler les filles. Et puis Lola et toi, vous vous entendez encore bien. Si même elle affirme que t’as rien fait, je vois pas pourquoi je la croirais pas.

Je suis un peu ému qu’elle m’accorde sa confiance de cette manière, alors je dis juste :

— Merci. Parce que si toi aussi, tu t’étais mise à plus me parler, je sais pas trop comment je ferais.

Elle me dévisage un instant avant de sourire :

— T’inquiète.

On commande des cafés que Mathieu, débordé, nous amène en quatrième vitesse. Il a dessiné des cœurs avec la mousse de lait.

Ah ben merci, mon gars, ça va m’aider, ça, tiens.

C’est peut-être bête, mais j’aime bien l’expression qu’a Hikaru quand elle déguste son café. On dirait qu’elle boit du bonheur liquide à chaque gorgée, les mains autour de la tasse comme si elle voulait se réchauffer les doigts. Je réalise que je n’ai pas commencé le mien et m’y attaque lorsqu’un couple passe la porte du New Worlds. Comme on est à côté du comptoir, on entend distinctement Mathieu soupirer. Il vient ensuite vers nous, un peu embarrassé :

— Dites, les enfants. Loin de moi l’idée de vous chasser, mais vous comptiez rester après ou je peux dire que la table va se libérer ?

Je lance un regard à Hikaru, qui n’a pas l’air de trop savoir quoi répondre. Je me retourne alors vers Mathieu :

— C’est pas grave, on va aller ailleurs. On a un DM de maths à préparer.

— Merci, Mimi, c’est sympa. La prochaine fois que vous venez, je vous offre le premier café, promet-il avec un clin d’œil.

— Vendu. Enfin, Hikaru, ça te va ?

— Ah, eeee… oui oui. Pas de problème.

— Merci, répète Mathieu, vous me sauvez la vie.

On termine nos cafés et à peine on quitte nos sièges que le couple fonce vers notre table. On paye et une fois dehors, Hikaru et moi hésitons.

— Du coup… on va où pour le DM ?

Elle réfléchit et quand elle parle, je me prends sa proposition en pleine tronche :

— Ça t’embête si on va chez toi ?

— Euh… ben…

— Désolée, je sais que j’habite plus près, mais chez moi il y aura toute ma famille et… Ils peuvent être un peu envahissants.

— Chez moi, c’est tout petit, mais si ça te gêne pas… Comme tu veux.

Ce sera surtout si différent de ce qu’elle connaît.

— Je préfèrerais, oui.

Je capitule :

— Alors allons-y. C’est par là.

Ce n’est que quand on quitte du métro et qu’on longe le bois de Vincennes que je commence à paniquer. Même Lola n’est jamais venue chez moi. C’est vraiment petit, pas si bien décoré que ça, je veux dire, c’est un appart’ de mecs, ce ne sera pas super bien rangé, et Papa doit avoir laissé ses papiers et…

— Tout va bien ?

Je me retourne vers Hikaru et bafouille, piteux :

— Ouais, je vais juste envoyer un texto à mon père pour lui dire que je rentre plus tôt que prévu.

Et pas tout seul.

— Je me demande à quoi il ressemble, ton père, lance Hikaru en laissant ses yeux se perdre dans les arbres.

— À moi en plus vieux, je dirais.

— Moi aussi, je ressemble à mon père. Bien plus que ma sœur. Et ta mère ?

— Elle est morte.

Hikaru s’arrête net :

— Pardon, je suis désolée.

Elle semble si embarrassée que je ris un peu :

— C’est pas grave, j’étais tellement petit que je m’en souviens pas. C’est rien que mon père et moi, depuis toujours. Tiens, regarde, on arrive.

On prend l’ascenseur et je dois bien reconnaître que je retiens mon souffle quand elle entre dans l’appartement. Heureusement, Papa a donné un coup de rangement et ce n’est pas trop le bazar. Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de m’excuser :

— C’est pas ce qu’il y a de plus beau, mais c’est chez nous.

Elle a les yeux qui brillent quand elle s’exclame :

— Tu rigoles ? Ça a l’air si confortable ! Tu aurais vu la maison qu’on avait à San Francisco, c’était si impersonnel. Ça va mieux, maintenant, mais… Pourquoi tu souris comme ça ?

— Pour rien.

Elle pose ses affaires sur la table de la cuisine et pointe le microscopique couloir :

— Et là, c’est ta chambre ?

J’acquiesce et suspends ma parka avant de l’accompagner. Elle passe la tête par la porte et demande :

— Je peux ?

— Après toi.

Je panique aussi fort qu’il est possible de paniquer quand elle s’avance vers mon bureau et le mur de photos à côté. Je reste paralysé pendant qu’elle les examine une à une :

— C’est… c’est toi qui les as prises ? murmure-t-elle.

— Oui.

— Elles sont incroyables.

Putain, putain, j’ai le cœur qui bat trop fort.

— Alors c’était bien toi sur Instagram. Le compte « Rivershots75 » ?

— Oui.

Elle sourit et son regard bifurque sur le bureau où j’ai oublié de ranger la pile de mes derniers tirages. Elle s’empare du cliché de nos tasses de café, la première fois qu’on est allés au New Worlds.

— Mais ça, c’est…

Du bout des doigts, elle caresse le papier brillant, puis se retourne vers moi. Je m’attends à m’en prendre une, mais elle a l’air plus émue qu’autre chose :

— Tu… Je…

Elle fixe la photo et termine enfin sa phrase :

— Je peux la garder, s’il te plaît ?

— Euh, oui. Bien sûr. Si tu la veux, elle est à toi.

— Merci, Samuel.

— Fais comme tout le monde, va. Appelle-moi Mimi.

S’il te plaît.

— Haha. D’accord, Mimi.

Elle inspire profondément et enchaîne :

— Et si on se mettait aux maths ? Qu’on en finisse ?

— Ouais, t’as raison.

À mon grand soulagement, tout redevient normal. Le moment était un peu étrange, faut avouer. Je pousse la pile de vieux dossiers de Papa et on s’installe, Hikaru et moi, sur la table de la cuisine.

On termine le DM en même pas trois heures. Hikaru se révèle bien meilleure que moi en maths. L’étude de fonction ne m’a jamais paru aussi simple. Tu m’étonnes qu’elle rêvasse en classe. Les marges de ses feuilles de cours sont couvertes de dessins d’animaux et de personnages en tous genres. Je cache ma curiosité jusqu’au point final de la copie :

— Tu prends des cours de dessins ?

— Non. J’ai tenté, une année, mais je m’ennuyais. L’option art, c’est juste pour gagner facilement des points au bac. Pourquoi ?

— Comme ça.

— C’est quoi ton animal préféré ?

— J’en sais rien. Pourquoi ?

Elle se penche et attrape un carnet aux bords élimés. Elle remonte sa manche et balance des traits au hasard en travers de la feuille. Je ne dis rien et l’observe créer un monde en quelques coups de crayon. Une mèche de ses cheveux se libère de son chignon brouillon et tombe le long de sa joue, elle n’y prête pas attention. Quand elle dessine, ses doigts se crispent un peu autour du portemine. Les muscles de son bras se tendent et ses veines se colorent. Ses bracelets ondulent sur sa peau. Je ne sais pas pourquoi, je trouve ça joli. Elle respire plus lentement, sous la concentration. Des herbes apparaissent sur le papier ainsi qu’une forme ronde qui n’est pas encore bien définie. Ce n’est que maintenant que je prends conscience du décolleté de son chemisier qui fait un V parfait malgré sa minuscule poitrine.

J’ai une fille dans mon salon.

Sur le carnet, un lapin naît sous la pointe du crayon. Avec son œil plein de vie, il semble prêt à bondir. Hikaru termine de lui ajouter deux trois moustaches et tire sur la feuille pour la détacher des spirales. Elle me la tend avec un sourire :

— Tiens. J’avais ce dessin dans la tête depuis midi.

— Mais je…

— On a qu’à dire que c’est pour la photo.

— Merci.

Est-ce qu’elle a été émue devant nos tasses de café comme je le suis devant son lapin ?

— D’ailleurs, en parlant de ça… À part Rashid, personne au lycée ne sait que c’est moi, sur Insta. Si tu pouvais éviter de…

— Je garderais le secret, t’en fais pas.

Je reporte mon attention sur le lapin, sans trop savoir pourquoi, quand Hikaru demande :

— C’est quoi, ça ?

Elle désigne la pile de dossiers de Papa.

— Ah, ça, c’est les documents sur le « Jack of Hearts ».

— Le quoi ?

— C’est le nom d’un tableau qui a été volé il y a vingt ans, celui dont on a le poster dans l’entrée.

— Ton père enquête dessus ?

— Oui. Enfin, non, plutôt sur un autre tableau qui a été volé par le même gars, visiblement.

Elle me dévisage et j’avoue :

— Mon père et moi, on discute beaucoup de ses enquêtes.

— C’est vrai ? Il a le droit ?! s’exclame-t-elle, surprise. Ça doit être excitant !

— Euh… Non, il a pas vraiment le droit, mais c’est plutôt pas mal, oui.

Il se passe quoi, là ?

— J’adore les romans policiers, explique-t-elle. Mes préférés, c’est ceux de Yokomizo Seishi.

— Qui ?

— Je sais pas si ça existe en France, mais dans l’idée, ça ressemble à du Agatha Christie, et son enquêteur s’appelle Kindaichi Kôsuke.

De toutes les filles de l’univers, il a fallu que je tombe sur la dingue de polar ?

— Je connais pas.

Je vois bien qu’elle hésite à poursuivre sur le sujet. Faut dire que résoudre des enquêtes, ce n’est pas vraiment une occupation normale pour un ado de 16 ans. D’habitude, je n’en discute avec personne.

— Tu veux que je t’en parle ?

Son regard s’éclaire quand elle sourit :

— Tu peux ?

— Si ça t’amuse, pourquoi pas ? Faudra juste pas qu’on le crie sur tous les toits.

On va finir par avoir pas mal de secrets, non ?

— Promis.

Alors, je lui raconte tout ce que Papa m’a rapporté l’autre soir. Elle écoute attentivement, puis croise les bras et demande :

— Comment il a fait pour les détecteurs de poids ? Dans les musées, les détecteurs sont calibrés en fonction de l’œuvre, mais la galerie n’a peut-être pas été équipée.

— Il devait pas y en avoir, sinon Papa m’en aurait parlé.

— Mmm. Et on sait vraiment pas qui c’est, ce voleur ?

— Non. La presse l’a surnommé le Lémure.

— Je connais pas ce mot-là.

— Une sorte de fantôme qui date de l’époque romaine, je crois.

— OK.

Elle s’apprête à dire quelque chose quand on entend du bruit dans l’entrée. Papa ouvre la porte, son étui d’ordi pro sous le bras, tandis que je jette un œil anxieux vers la pendule. Il est 18 heures passées, je n’ai pas vu le temps filer !

— Bonsoir ! lance-t-il. Tu dois être Hikaru, je présume ?

— Oui, enchantée, Monsieur.

Papa me tapote sobrement l’épaule :

— Salut, fils. Ça bosse dur ?

— On a terminé.

Hikaru se tourne vers moi et glisse :

— Je vais peut-être y aller.

Elle remballe son carnet et ses crayons et coince soigneusement la photo dans les pages de son agenda. Je la regarde enfiler son manteau sans trop saisir comment une après-midi censée être scolaire s’est transformée en confidences artistiques et en enquête policière.

— À demain, Mimi. Merci pour tout.

— Je t’en prie. À demain.

Je l’accompagne à la porte et elle me sourit une dernière fois en appuyant sur le bouton de l’ascenseur. Je ne referme que quand j’ai entendu le ding.

— Elle a l’air gentille comme tout, déclare Papa depuis la cuisine.

— Ouais.

— Ça s’est bien passé ? Vous avez fait quoi ?

— Impec. Le… Le DM. On venait de finir quand t’es arrivé.

— C’est elle dont la mère travaille au Louvre ?

Je hoche la tête et récupère mon sac rapidement :

— Oui. On mange quand ? Il me reste deux ou trois choses à faire.

— Vers 20 heures ? Oh, et il faudra que je te dise, mais on a eu quelques avancées sur l’affaire en cours.

— D’accord.

Une fois dans l’intimité de ma chambre, je m’écroule sur mon lit.

Pourquoi je n’ai pas dit à Papa que je lui avais parlé de l’enquête ? Pourquoi je lui ai raconté qu’on n’avait fait que des maths alors que j’ai l’impression qu’on a fait tellement plus que ça ?

— Fais chier…

J’attrape mon ordinateur pour m’abrutir sur mon logiciel en traitant les photos de l’imprimerie désaffectée l’une après l’autre. La soirée aussi passe en un éclair, pour des raisons obscures. Je mange distraitement et Papa a dû remarquer qu’un truc clochait, car il a préféré reporter le compte-rendu de sa journée à demain.

En théorie, je peux tout lui dire, là n’est pas le problème ; présentement, je ne saurais pas quoi lui dire, tout simplement. Je me couche avec les yeux qui piquent devant trop d’écrans, peu avant minuit, en essayant de ne penser à rien.

Ça marche pas terrible. 

 

Le lendemain matin, Hikaru m’attend devant mon casier.

— Salut, Mimi.

— Hé, salut, Hikaru. Ça va ?

— Très bien. Tu sais… j’ai réfléchi à cette histoire d’enquête.

— Ah ?

— Je comprendrais si ça te gêne, je veux pas m’imposer, mais…

— Mais quoi ?

Elle rabat une mèche derrière son oreille et semble prendre son courage à deux mains :

— Ça me ferait plaisir de… Que tu me tiennes au courant. Qu’on y pense ensemble, parce que… J’ai vraiment passé un bon moment, hier.

J’ouvre mon casier d’une main tremblante. Je sais pourquoi je n’ai rien dit à Papa. 

Il faut se rendre à l’évidence.

Cette fille me plaît.

— T’es libre, samedi après-midi ?

 

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Gabhany
Posté le 11/01/2021
Hello Mary !
Ah là là mais il est où le chapitre suivant ? ^^ vraiment je n'ai rien à dire, j'ai juste lu avec délices les échanges entre Hikaru et Mimi, je les trouve trop mignons, à se plaire sans oser le dire <3 ton histoire est ma petite bulle de bonheur ! Je trouve que tu as un vrai talent pour retranscrire les relations, les premiers émois, c'est toujours juste et authentique, c'était déjà le cas sur Noctis, c'est assez inspirant je dois dire ;-)
A bientôt pour la suite !
Mary
Posté le 24/03/2021
Re,

Oui, ils sont tellement chous tous les deux <3 Même moi, je les adore !

Merci pour ce compliment, je me sens rougir huhu.

A bientôt !
Le Saltimbanque
Posté le 14/11/2020
Coucouuu
Ceci est une critique de tous les chapitres. Je vais un peu répéter ce qui a été dit avant : c'est super, ça se lit sans problèmes, sans temps mort, je suis à fond dans les personnages, l'univers, l'histoire...
Je ne sais pas comment tu fait. Tu prends bien ton temps, l'enquête n'intervient vraiment qu'au chapitre 3, il ne se passe rien de vraiment incroyable non plus, mais... tout sonne très juste, très naturel. Les personnages ont tous une superbe personnalité, la romance est hyper réaliste et touchante, et j'ai VRAIMENT l'impression d'être de retour au lycée, c'est troublant.

J'ai très envie d'apprendre la suite. Continue. Steuplé.
Mary
Posté le 22/11/2020
Coucou !

Ooooh c'est si gentil <3 Pas de panique, l'histoire n'est pas en pause, mais boulot oblige, la fin d'année est toujours particulièrement chargée en ce qui me concerne (je suis libraire :D)
Je posterais quand la période sera plus calme, mais encore une fois, pas de panique, j'ai tout prévu...hinhinhinhin *se frotte les mains*

À bientôt !
Rimeko
Posté le 14/11/2020
Re-bonjour Mary, me revoilà sur une autre de tes histoires :P
Surtout que je me souviens qu’on en avait parlé en MP de Jack of Hearts, et franchement le pitch me plaisait beaucoup, donc me voilà !

Coquillettes et suggestions :
Chapitre 1 :
« mais la photo des seins de Lola en plein écran » Comment ils savent que c’est Lola ?
« Il vaudrait mieux pas ne (ne pas) prendre de photos de ce genre, jeune fille »
« « Siiii. Et franco-japonaise, app… »
Il n’envoie pas la suite, j’en conclus que son cours a commencé » Et il s’est arrêté au milieu d’un mot, mais il a quand même eu le temps d’appuyer sur envoyer ?
« Je crois que j’ai vu trop de mangas » Un manga techniquement ça se regarde pas, et ça me paraît bizarre qu’il utilise pas le moment « anime » plutôt...

Chapitre 2 :
« un test ADN, dans la réalité, c’est plusieurs jours de délai avant que le labo s’en occupe » C’est pas que le labo veut pas s’en occuper, c’est plutôt que le processus pour obtenir les résultats est, en soi, très long xD
« — Je t’ai vu(e) dessiner, hier, pendant le cours de maths »
« j’ai l’impression de regarder un manga sans sous-titres. » Encore une fois, un anime :P

Chapitre 3 :
« C’est forcément le Lémure » Ça pourrait pas être un copycat ? Ou quelqu’un qui veut se faire passer pour le Lémure pour brouiller les pistes et/ou faire parler de lui ?
« Dans des moments comme celui-ci, je me sens hors du monde, comme si je faisais un pas en arrière pour m’en retirer » ET « La photo, pour moi, c’est un pas de côté en dehors du monde où je deviens spectateur de l’ordinaire » Alors, l’image du pas sur le côté / en arrière, c’est joli, mais faut pas en abuser dans le même chapitre haha

Chapitre 4 :
« Ah mais c’est pour ça que tu t’es fait plaqué (plaquer), mon gars ? »
« Pourquoi je n’ai pas dit à Papa que je lui avais parlé de l’enquête ? » P’têt parce que c’est censé être un secret et qu’il aimerait pas forcément que t’en aies parlé à quelqu’un que t’as rencontré y a une semaine ? xD

J’aime encore plus ta plume dans cette nouvelle histoire que dans Noctis (et c’est pas peu dire !), ça coule tout naturellement, et comment tu écris les dialogues (particulièrement entre Mimi et Hikaru), ça sonne très vrai, bravo ^^ Franchement j’ai pas vu passer ces quatre chapitres ! (Surtout en sachant que j’étais partie pour n’en lire que trois, parce que marathon des HO, toussa)
L’enchaînement des actions est très bien géré, d’un côté on a le temps de s’attacher à Mimi, d’en apprendre plus sur lui aussi (par exemple avec son rituel de réveil, et surtout sa passion pour la photo !), de s’intéresser à ses proches / amis, de l’autre on a la relation avec Hikaru qui prend rapidement de la place (mow, cette réalisation à la fin du chapitre <3 ), et l’enquête en parallèle... Ah, juste, sur la relation avec Hikaru, j’aime bien comment tu justifies leur rapprochement, on sent qu’ils ont des intérêts en commun, et il n’y a pas besoin que tu nous écrives qu’elle intéresse Mimi pour qu’on le sente / le comprenne, donc pour de la romance c’est vraiment très cool !
J’admire aussi la façon dont tu représentes super bien les cours actuels, le nouveau programme et tout, t’as un.e référent.e ou t’as fait des recherches ? xD
Voilà voilà, je file continuer ma lecture autre part, mais cet arrêt par chez toi était encore une fois très plaisant !
Mary
Posté le 22/11/2020
Hello Rimeko, quel commentaire ! Désolée du délai de réponse, c'est un peu la folie par chez moi :)

Je note précieusement toutes tes coquilles et remarques pour un futur retravail. Quant à tes hypothèses sur le Lémure...mouhahahaha *rire sadique*

Merci également pour les retours si encourageant, je suis contente que tout cela paraisse crédible - surtout la romance où c'est vite fait de mettre les pieds dans le plat XD Pour les cours actuels, j'ai lâchement demandé à Flammy de me filer des références sur les nouveaux programmes haha (Flammy, si tu passes par là, merci, merci <3) que j'ai mélangé avec mes propres souvenirs de lycée pour le quotidien.

À bientôt et encore merci :D
Hinata
Posté le 21/10/2020
Awwww j'ai adoré !!!
Le début avec le chat est trop cool !
Les malheurs un peu mystérieux de Rashid et Lola sont très bien abordés, on sent bien l'inquiétude sincère de Mimi malgré le fait qu'il garde ses précautions, toujours dans le souci de ne pas blesser/importuner autrui :)
Ah HA ! J'étais sûre que Hikaru allait débarquer sans tarder chez Mimi hihihihi ! C'était très très cool, bravo ^^ J'adore leurs dialogues, ils sont très naturels !
(ah, petite remarque un peu délicate : quand Hikaru lui demande pour sa mère et que Mimi répond "Elle est morte." je trouve ça un peu abrupt. Je crois que c'est pas le genre de réponses qu'il donnerait justement si ce n'est pas vraiment un souvenir douloureux pour lui. Surtout que vu que ça fait longtemps, il doit avoir l'habitude de répondre à cette question : j'aurais vu une réponse plus explicative, plus bienveillante : ) Et aussi, le fait que Hikaru s'arrête sur place est un peu fort je trouve. Déjà arrêter de parler, ça montre le choc. (je te parle en connaissance de causes, malheureusement j'ai déjà du recevoir ce genre d'info de la part d'ami.e.s )

La fin du chapitre est juste trop bien, j'adore tout ce que fais Mimi et tout ce qui lui passe par la tête et la manière dont tu l'écris <3

Bon courage pour mettre au monde la suite de ce premier jet, je serai au rendez-vous ;)
Bisous !
Mary
Posté le 14/11/2020
Mais dis donc, il était temps que je te réponde !

Merci beaucoup pour ton commentaire constructif (comme toujours) et je prends bonne note de la déclaration de Mimi concernant sa mère et la réaction d'Hikaru.

Merci et à bientôt !
Flammy
Posté le 17/10/2020
Coucou !

Un chapitre extrêmement dense <3 C'est pas un reproche hein, c'est juste que je me faisait la réflexion en relisant, ce chapitre là est quand même ultra dense (je vais revenir dessus), avec pas mal de trucs marquants/importants, alors que le précédent était plus tranquille, plus pépère.

Le chapitre prend plus le temps de poser les choses, ça permet de suivre vraiment le quotidien normal que Mimi. J'aime d'ailleurs beaucoup la référence à l'urbex, c'est vraiment un truc qui me fascine depuis que j'en ai entendu parler la première fois, même si clairement, j'oserai jamais pratiquer x) Et le fait d'en apprendre plus sur le Lémure, c'est cool. Je me rappelle que au début, tu avais peur qu'on comprenne pas trop où tu veuilles aller, je trouve au contraire que, même si ce sont des fausses pistes, le lecteur a clairement des trucs à quoi se raccrocher. Hikaru, les photos de Lola, l'enquête... Pas de quoi s'ennuyer côté lecteur ;)

D'ailleurs pour l'enquête, je me faisais la réflexion, certes, ya la carte, mais est-ce que c'est vraiment la même personne ? Parce que mine de rien, 20 ans de silence, c'est pas rien, surtout dans un domaine aussi... exigence où les matériels/protocoles de sécurité évoluent vite, faut suivre la cadence quoi ! Et vu qu'on est dans un roman, j'ai pas pu m'empêcher de me demander si c'était une coïncidence le retour des vols avec l'arrivée de la famille d'Hikaru, on verra bien ^^

Pour ce chapitre, énormément de chose. C'est très drôle de voir Mimi être confronté à l'évidence mais ne pas le voir tout de suite. Côté lecteur, on comprend très vite, mais le voir se débattre comme ça, c'est tout choupi sucré, c'est agréable à lire <3

Pas mal de nouvelles infos, surtout avec le nouveau copain de Lola, où ça fait se poser des questions (HEIN). J'aime aussi beaucoup la façon dont la relation avec Hikaru se met en place. Je ne trouve pas ça du tout artificiel, tout se met en place naturellement et c'est vraiment mignon à suivre, c'est très agréable <3 Et c'est très drôle aussi de les imaginer en mode détectives comme dans les mangas xD Je me demande ce que ça va donner dans la suite !

Bref, j'apprécie vraiment cette histoire qui donne du baume au coeur je trouve <3
Mary
Posté le 18/10/2020
Coucou ! Le suivant sera normalement plus tranquille, mais là, il fallait que je commence à boucler ma première partie :D Ca me rassure, du coup, ce que tu me dis, j'avais effectivement peur que les gens s'ennuient ou ne voient pas où je voulais en venir.

Ah bah pour le moment, le père de Samuel semble croire que c'est lui, mais techniquement, il n'en est pas sûr, hein. Hikaru (ou Mimi en fonction de comment évolue le dialogue) devrait souligner ce problème ;) Quant au reste, je ne peux rien dire, évidemment !

Ah la la, si on m'avait dit que je finirais pas écrire des histoires d'amour choupi-sucré...^^" En attendant, ça me fait super plaisir ! Je crois que le coup du "baume au coeur", c'est le plus joli compliment qu'on puisse me faire, j'en suis toute émue.

Merci, Flammy <3
Pluma Atramenta
Posté le 07/10/2020
Coucoucou Mamary !

Encore un chapitre entraînant et sans la moindre coquille ! (je n'ai peut-être pas l'œil assez avisé) Donc OUI, comme d'habitude, j'ai passé un excellent moment de lecture. Au fur et à mesure de tes paragraphes, alors que je me tords de rire devant les pensées de Mimi, dans ma tête c'est : "Nom d'une soupière, comment Mary arrive-t-elle à rendre cette histoire aussi fluide, intéressante et merveilleusement amusante à la fois ?" J'aimerais décidément bien connaître la recette x)
J'ai néanmoins quelques petites remarques (parce qu'un roman ne peut pas être parfait du premier coup) :

- Au tout début, avec Myrtille, j'aurais bien aimé que tu insistes plus sur l'ambiance chaleureuse et agréable qui embaume la maison. Caresser un chat, ça peut facilement faire naître une superbe atmosphère... J'ai donc été assez déçue que tu ne saisisses pas cette occasion pour accentuer la douceur de la scène. Côté stratégique, tu pourrais même te servir de ça pour après, quand Mimi arrive au lycée, pour créer un contraste d'ambiance bien sympathique :)

- Je trouve aussi que tes dialogues s'enchaînent peut-être un peu trop vite. Pourquoi ne pas prendre plus le temps de décrire les expressions, quelques fois ?

Voilà-voilà ! Sinon, j'aime beaucoup la relation qu'entretiennent Mimi et Hikaru elle est très "mimi" (jeu de mots douteux) Cette phrase elle-aussi m'a bouleversé : "On dirait qu’elle boit du bonheur liquide à chaque gorgée". Le moment où Samuel décrit le poignet de Hikaru, avec les veines, est également très réussi ;)

Et ces dernières lignes :

" Il faut se rendre à l’évidence.

Cette fille me plaît.

— T’es libre, samedi après-midi ?"

Haha, bien joué ! On dirait que l'intrigue ne va pas tarder à se ramifier, bravo pour la magnificence de ton texte !!!!

Que l'inspiration soit avec toi !
Pluma.
Mary
Posté le 18/10/2020
Coucou !

Désolée pour ma réponse tardive, je cours un peu après le temps en ce moment.

Merci beaucoup pour tous ces compliments, ça me va droit au coeur !
Je note tes remarques, notamment concernant le passage avec Myrtille, c'est vrai que ce serait encore plus mimi (voilà, voilààà...) d'en rajouter un peu ;)

Merci beaucoup, Pluma et à bientôt !
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