Chapitre 4

Trente minutes de route dans un bus dont le confort et l’odeur laissaient à désirer... Enola et son frère (trop occupé à relire « 100 trucs à savoir pour ne plus jamais se faire traiter de noob ou de Bambi ») ne lâchèrent pas un mot.

On les déposa dans un petit village.

« Terminus ! »

Enola secoua son frère et ils descendirent. Un petit bonhomme à l’air fébrile attendait à l’arrêt. Il portait un habit qui commençait à être trop étroit pour sa panse (un bouton de sa chemise semblait attendre le moment propice pour craquer), des yeux verts et un nez en trompette.

 « Bonjour, les jeunes ! les salua-t-il. Bienvenue dans le petit hameau de St Yeutiene.

- Bonjour ! lança James, avant de demander : Vous avez la télé ?

- Oui, j’ai une télévision.

- Et vous avez une play ou une YBox ? »

L’interpellé sourit, puis finit par s'esclaffer de bon cœur avant d’expliquer au jeune garçon qu'il ne savait pas grand-chose de tous ces machins-là. James rit jaune, visiblement dépité. « Bon. Et si nous allions manger ? »

Un velouté de soupe à la tomate était un repas très convenable pour Enola, qui avait absorbé des conserves à presque chaque repas, des mois durant, son père ne voulant ou pouvant pas cuisiner, rapport à son état de santé.

Elle se coucha tôt.

*

Le lendemain, elle se réveilla en sursaut, secouée par un grand cri, qui continuait, encore et encore.

Un cri aigu, inhumain. Animal.

Elle se leva et regarda par la fenêtre. C’était la voiture noire qu’elle avait déjà vue près de chez elle. Un homme opulent tenait un gros sac sur son épaule, sac qu’il déposa dans son coffre en murmurant des choses qu’Enola n’entendit pas.

S’échappant de sa chambre, elle tomba sur son frère qui s’apprêtait à prendre son petit-déjeuner.

« Tu as bien dormi ?

- Comme d’habitude. Tonton m’a montré une vieille Game-Girl de son enfance, et il y a un jeu Mission Impossible et Battlfield dessus. »

Enola secoua la tête. Son frère ne changerait jamais… Ces addictions- ne se soignaient donc pas ?

*

Enola souhaitait cependant en savoir plus sur cet homme, ces cris. Elle quitta son pyjama pour un habit chaud, sortit, et se retrouva nez à nez avec une jeune fille qui faisait à peu près sa taille. « Salut ! », lança cette dernière. Enola la salua furtivement, puis passa son chemin. Elle atteignit bientôt la voiture qu’elle avait observée depuis sa fenêtre. 

Elle en inspecta le coffre, laissé ouvert.

Le sac était là.

Et il en sortait toujours de petits gémissements.

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Le chat botté
Posté le 14/04/2021
J'attends avec impatience la suite, Hugo ! Je me doute que tu es très occupé, mais j'ai vraiment hâte de lire les chapitres suivants et d'en venir au fait. Au regard de ta note de présentation, je suis persuadé que nous touchons enfin à la question de la maltraitance animale.
Hugo Melmoth
Posté le 15/04/2021
Chat botté, ton impatience me va droit au cœur ! La suite est en cours d'écriture, rassure-toi !
Merci, en tous cas, pour ton commentaire sympathique ! :)
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