Chapitre 4

Par Isapass

De chantiers de construction en récurages d’étables, de granges gelées en cabanes abandonnées, nos pas nous ont menés vers le sud de l’état.

La première pluie de fin d’hiver nous est tombée dessus alors qu’on avançait depuis deux jours vers un patelin du nom de Trinity. Un type chez qui on avait retapé la grange m’avait raconté qu’un pasteur évangéliste, d’une nouvelle église qu’on appelait « pentecôtiste », y avait élu domicile et s’était mis en tête de construire un immense temple.

– Il baptise tous les naïfs qui lui tombent entre les mains en les plongeant à tour de bras dans la rivière voisine, avait dit le fermier en pinçant les lèvres pour bien montrer ce qu’il en pensait, mais d’après ce qu’on dit, il possède une fortune personnelle et il paye bien. Il doit y avoir des places à prendre sur un chantier pareil, pour deux bons ouvriers comme vous.

Quand je lui ai expliqué où on allait, Walt était tout content ; on allait travailler pour le Bon Dieu. Je lui ai demandé en rigolant s’il était pentecôtiste, mais il m’a souri sans me répondre. Je crois qu’il ne savait pas ce que ça signifiait. Walt avait la foi, quel que soit le nom de l’église. Qu’il y en ait une ou non, d’ailleurs ; un arbre ou un tas de paille lui suffisaient pour prier.   

Il nous restait encore quatre ou cinq heures de marche quand les grosses gouttes ont claqué sur le coton huilé de nos vestes. En quelques secondes, elles ont crevé la neige autour de nous de milliers de trous de vers, transformant le beau tapis blanc en vieille carpette mitée. Vu la couleur du ciel, ça faisait que commencer. Si on s’abritait pas, on allait finir trempés comme des soupes. On a couru vers un bâtiment étrange qui se dressait plus loin, un cube aux murs aveugles, couvert de tôles. La végétation qui grimpait sur les poutres et les planches posées un peu partout montrait que le projet avait été laissé en plan il y a longtemps. J’aurais pas su dire ce que devait devenir cette construction, mais ça m’était égal tant que le toit était à peu près étanche. Depuis la porte, on a regardé la pluie diluer la neige et transformer le chemin en torrent de boue, puis, comme le déluge continuait, on s’est installé pour passer la nuit. C’était ce genre de confort que la route avec Walt m’avait fait découvrir : on avait de quoi manger, de quoi dormir sans avoir trop froid, rien qui obligeait à courir sous la flotte vers un lieu habité pour supplier qu’on me donne un bout de pain en échange d’un coup de balai le lendemain. Chacun de notre côté, on valait pas grand-chose, mais ensemble, c’était presque la grande vie.

Le tambour de l’averse a dû me bercer parce que j’ai dormi comme une souche. Le matin, un rayon de soleil entrait par la porte entrouverte — on fermait jamais, selon les souhaits de Walter. J’ai chaussé mes godillots alors que Big Boy remuait tout juste et je suis sorti pour pisser. On a beau le vivre chaque année, la disparition de la neige sur la campagne en quelques heures, au profit de la terre nue et noire, donne toujours l’impression que la nuit vous a transporté dans un autre pays. Du coup, les yeux fixés au loin sur les champs, j’ai pas vu la grosse flaque devant la porte. Quand l’eau glacée s’est infiltrée jusqu’à mon pied, j’ai aspiré d’un coup, et puis j’ai lâché un « Merde ! » retentissant en faisant un écart précipité. En reculant, j’ai heurté de l’épaule une énorme poutre appuyée de guingois contre le toit. Je l’ai vue glisser lentement, puis de plus en plus vite et j’ai juste eu le temps de m’écarter avant qu’elle bascule en rabattant la porte. Elle s’est immobilisée avec fracas contre un autre madrier, pile en travers du battant.

J’ai soupiré en contemplant les dégâts. Je me demandais si j’allais réussir à déloger ce machin-là sans me la faire tomber sur la bobine, quand la voix de Walt s’est élevée depuis l’intérieur :

– Sam ? Sam Carson ?

J’ai souri. Il se croyait toujours obligé de dire mon nom en entier, comme si un autre Sam pouvait traîner dans le coin.

– Oui, je suis là, Big Boy, t’inquiète pas. Mais j’ai fait une connerie, on peut pas ouvrir pour l’instant.

J’ai attrapé un tasseau avec l’idée de m’en servir de levier.

– Bouge pas, je vais essayer de faire tomber la poutre.

Je me suis décalé sur le côté, pour trouver un endroit où glisser mon bout de bois.

– Sam ? C’est tout noir…

Cette fois, j’ai perçu le tremblement dans sa voix.

– C’est pas vrai, j’ai grommelé pour moi-même, tu vas voir qu’il va me piquer une crise.

J’ai rigolé — un peu nerveusement quand même — parce que j’y croyais pas vraiment. Mais j’étais bien placé pour savoir que Walt avait ses particularités, alors j’ai continué à parler assez fort pour qu’il m’entende pendant que j’insérais le levier entre le mur et la poutre.

– Attends, je vais l’avoir.

Rien n’a bougé quand j’ai pesé dessus.

– C’est une question de minutes, j’ai dit d’une voix entrecoupée par l’effort.

Mais j’avais beau y mettre tout mon poids, c’était complètement inutile. J’ai insisté encore un peu avant d’abandonner.

– Sam Carson ?

L’appel, plus haut dans les aigus, m’a indiqué qu’à l’intérieur l’angoisse était montée d’un cran.

– Euh, désolé, Walt, j’y arrive pas. Le mieux, c’est peut-être que j’aille chercher de l’aide.

Je l’ai entendu se coller contre la porte.

– Non ! il a crié. Non, Sam, me laisse pas tout seul ! Sam ! Sam Carson !

Je pouvais sentir son angoisse à travers le bois. J’ai encore soupiré, plus lourdement cette fois : c’était clair que je pouvais pas m’éloigner. Heureusement, je venais d’avoir une idée.

– D’accord, Walt, d’accord, je bouge pas. Écoute-moi : tu vas essayer, toi. Si tu forces autant que tu peux sur le battant, ça décoincera peut-être tout ça.

J’ai entendu un grognement d’effort.

– Allez, Walter, vas-y ! Cette saloperie de poutre va pas résister à un grand costaud comme toi ! Pousse, Big Boy ! Montre-lui que t’es le plus fort !

Je m’attendais vraiment à voir la pièce de bois basculer tandis que je lançais mes encouragements ridicules. Comme ça n’arrivait pas, je me suis demandé s’il avait bien compris ce que je voulais. Quand même, il était pas si con ! Et puis un choc sourd a ébranlé le mur accompagné d’un « Han ! » de bûcheron. Puis un autre et encore un autre.

– Te fais pas mal, Big Boy, j’ai crié quand j’ai compris qu’il se jetait contre la porte.

La poutre ne tombait toujours pas.

Les coups ont cessé, remplacés par un silence de plomb. J’allais demander s’il s’était démis l’épaule, mais je n’ai pas pu. Un hurlement dément m’a crevé les tympans.

– SAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAM !

De nouveaux chocs ont suivi, mais pas sur le battant. Je les entendais le long des murs, plus nets, tout autour de l’abri. Est-ce qu’il essayait de casser les cloisons ?

– SAAAAAAAAAAM ! LAISSE-MOI SORTIR ! SAAAAAAM !

La terreur dans sa voix m’a retourné le ventre et j’ai compris ce qui se passait : il se tapait la tête contre les murs.

– Walt ! Arrête ! j’ai crié en sentant la panique me prendre à la gorge. Te fais pas de mal, Big Boy, calme-toi !

 – C’EST NOIR ! JE VEUX PAS RESTER LÀ !

J’ai regardé frénétiquement tout autour en cherchant une nouvelle idée, mais ma tête ne fonctionnait plus.

– PAS TOUT SEUL ! SAAAAAAM !

– Je suis là, Walt ! Je te laisse pas ! On va trouver, on va trouver !

Je mentais : je pouvais pas l’aider et la torture qu’il s’infligeait continuait d’ébranler les planches entre deux appels déchirants. Vissé là, impuissant, j’allais devoir l’écouter se tuer coup après coup.

– SAM CARSOOOOOOON !

J’avais qu’une envie : me boucher les oreilles pour ne plus entendre ses hurlements.

Le silence est revenu d’un coup. Il a duré quelques secondes, puis une plainte a enflé depuis l’intérieur. Un gémissement d’enfant terrorisé, encore pire que ses beuglements précédents. Cette fois c’est moi, qui ai crié comme un perdu.

– WAAAAAAAAAAAAAAALT !

Quand je me suis tu, la sirène de Big Boy s’était éteinte. J’ai entendu un crépitement. L’air se chargeait d’électricité ou de cette tension que maintenant je connaissais. Les fourmis ont commencé leur danse sur ma peau. J’ai eu tout juste le temps de reculer : la porte a explosé en emportant la poutre et le madrier qui la coinçait. Ils ont atterri deux pas plus loin.

Le coup de boutoir subi par mes tympans m’a d’abord cloué sur place, puis j’ai couru vers la bâtisse. Dans la flaque de soleil qui jaillissait de l’ouverture, Walter se tenait recroquevillé sur le côté, mains sur la tête. Son front était couvert de bosses et d’éraflures. Il pleurait en silence avec des larmes si énormes qu’elles émettaient un clapotis en tombant sur le sol. Je me suis agenouillé devant lui sans oser le toucher.

– C’est fini Walt, regarde.

Au bout d’un long moment, il a ouvert les paupières, il a essuyé sa figure, puis il s’est levé pour attraper son paquetage. Il est sorti sans un mot, épaules voûtées, les yeux rivés au sol. Je n’ai rien dit non plus. Je crois qu’au milieu de sa peur, il avait honte ; j’en ai éprouvé une étrange déception.

 

Pendant plusieurs heures, il a marché quelques pas devant moi, le dos rond sans m’adresser une parole. De temps en temps, un grand frisson traversait sa carcasse. Sa grosse paluche montait régulièrement vers sa figure, j’étais sûr qu’il essuyait des larmes silencieuses. Il tressaillait au moindre froissement de feuilles.

Quand on s’est arrêté pour manger, il s’est assis dans l’herbe, les mains autour des genoux, les yeux contemplant le vide ou quelque chose qu’il était seul à voir. Il se balançait doucement, comme pour se bercer. J’aurais voulu trouver les mots pour le rassurer, mais sa détresse m’échappait. Sans compter qu’il aurait peut-être pas entendu ; je sentais bien qu’il était pas vraiment avec moi. Je le guettais du coin de l’œil partagé entre la tristesse et la trouille. Quand je l’avais trouvé, recroquevillé par terre, la pitié m’avait envahi. Mais maintenant, je me souvenais de quoi il était capable. Qu’est-ce qui se passerait si un bruit le faisait sursauter trop fort ? Si la peur l’emportait à nouveau vers le fond ? Qu’est-ce qui exploserait, cette fois ? Le destin m’avait mis une bombe entre les mains et je devais veiller à ce qu’elle fasse pas de dégâts. J’ai soudain pris conscience du poids que j’avais sur le dos et je me souviens d’avoir redressé les épaules pour le supporter. Le plus bizarre c’est que pas un instant l’idée de m’en débarrasser m’a effleuré.

Les heures s’écoulaient, Big Boy n’allait pas mieux. Il remuait les lèvres en se parlant à lui-même sans que je comprenne ce qu’il marmonnait. J’avais retrouvé ma langue alors je balançais tout ce qui me passait par la tête : à propos de la boue qui nous collait aux semelles, de la forme des arbres qu’on croisait, des carrioles qui nous dépassaient… Walt ne répondait pas ; il ne tournait même pas les yeux vers moi.

Quand on est arrivés en vue de Trinity, j’avais décidé qu’on ne pouvait pas entrer dans la ville, encore moins se présenter au chantier. Personne ne nous donnerait de boulot en voyant Walt comme ça. On risquait de se faire chasser ou arrêter. D’un autre côté, je ne voulais pas trop m’éloigner : nos provisions dureraient pas et j’avais l’espoir que quelques heures de repos de plus suffiraient à ramener son habituel sourire. Alors on a contourné le bourg en faisant une grande boucle par un chemin désert. J’espérais trouver une ferme où on pourrait demander un coin de grange pour passer la nuit ou, à défaut, n’importe quel abri.

Le sentier s’enfonçait entre des petites collines. Il a rejoint un ruisseau que nous avons longé en pataugeant. Le soleil qui brillait depuis le matin avait en partie asséché les flaques, mais les champs envahissaient le chemin de leur terre lourde détrempée. Walt suivait toujours en silence. Au moins, il avait cessé de marmonner tout seul.

Au bout d’un moment, je me suis arrêté en regardant autour. On était complètement paumés. On y voyait pas si loin que ça à cause des bosses du paysage, mais il m’a semblé qu’il n’y avait pas un chat à des miles à la ronde.

– Il vaudrait mieux faire demi-tour, j’ai fait en soupirant.

Mais comme j’allais m’exécuter, Walt a indiqué un point un peu plus loin, à ma surprise. Est-ce qu’il était revenu parmi les vivants ?

Ce qu’il montrait, c’était un amas rocheux qu’on voyait dépasser à une centaine de pas. Ça ferait l’affaire jusqu’au lendemain : une cavité dans une énorme pierre nous permettrait de passer la nuit au sec. On avait à peine posé nos sacs qu’un bruit d’éclaboussure a attiré nos regards vers le ruisseau. Juste en face de notre abri, une accumulation de galets affleurait la surface. Les poissons devaient sauter pour franchir l’obstacle.

Trois minutes plus tard, j’avais enlevé mes chaussures et j’essayais d’attraper notre dîner à mains nues, planté dans le courant. J’avais aucune chance d’y arriver et l’eau glaciale m’interdirait d’insister bien longtemps, mais je cherchais surtout à distraire Walt qui suivait mes tentatives. Les coins de sa bouche frémissaient comme s’ils cherchaient à reprendre leurs places, plus haut sur ses joues. Ça a encore mieux fonctionné que je l’espérais, puisque Big Boy a fini par se déchausser à son tour pour me rejoindre. Le sourire est revenu pendant qu’il scrutait l’eau pour repérer les silhouettes grises, puis, au premier poisson qui lui a glissé entre les paluches, il a éclaté de son énorme rire. On aurait dit le carillon d’une grosse cloche qui résonnait sur la campagne. Un nœud s’est défait dans mon ventre. Plus tard, pendant qu’on mangeait, Walt a posé la main sur mon épaule qu’il a serrée doucement.

 

La nuit était bien avancée quand je me suis assis sur ma couverture. J’arrivais pas à dormir. Avec ce qui s’était passé le matin, je m’attendais tellement à être réveillé en sursaut par les voix de Walt, que j’étais trop nerveux pour trouver le sommeil. Lui, par contre, il roupillait profondément.

La nuit était peinte en bleu par un clair de lune d’une intensité rare. Je contemplais les ombres qu’il étirait sur la campagne quand des éclats de voix ont troublé le murmure calme du ruisseau. Des voix graves et un timbre plus aigu. Je ne comprenais pas ce qu’elles disaient, mais la conversation semblait tout sauf amicale. Ça s’est confirmé parce que la femme a poussé un cri de protestation. Peut-être « lâchez-moi ! ». J’ai enfilé mes chaussures en vitesse et j’ai bondi hors de l’abri. J’allais me mettre à courir quand j’ai entendu le murmure de Walt :

– Attends-moi.

On a filé tous les deux dans la direction des cris, derrière un monticule qui nous masquait la vue. Quand on l’a franchi, on a eu la surprise de constater qu’on était loin d’être aussi isolés que ça. En fait, on s’était installés tout près des limites d’un domaine dont les terres étaient entourées d’une clôture en bois. À l’endroit où elle enjambait le ruisseau, une pancarte annonçait « Pierce Rock — Propriétaire : H. Wilkinson ». Au loin — trop pour que les cris qu’on avait entendus portent jusque là-bas —, on devinait une grande maison blanche à plusieurs étages avec des colonnes, des balcons et des parterres bordés par des cailloux. J’avais encore jamais vu une baraque aussi classe que celle-ci. Beaucoup plus près de nous, il y avait une petite bâtisse parée des mêmes éléments que la construction principale. De ce que j’en distinguais, autant ça donnait un air chic à la maison, autant sur cette cabane, ça semblait ridicule.

Des silhouettes se déplaçaient en direction du pavillon. À plat ventre par terre, on a attendu qu’elles soient plus près pour décider quoi faire. Elles appartenaient à des costauds. Rien à voir avec le gabarit de Big Boy, mais chacun d’eux m’aurait assommé d’une claque sans problème. Ils portaient des revolvers à la ceinture, comme des cow-boys. Le plus grand marchait avec une démarche bizarre. J’ai retenu un cri quand j’ai compris qu’il serrait contre lui quelqu’un de plus petit ; une femme vêtue d’une robe et d’un bonnet clairs se débattait entre ses bras tandis qu’il la traînait à moitié et lui couvrait le bas du visage de sa main. Leurs rires gras m’ont vrillé l’estomac.

Quand ils sont entrés dans la maison de poupée en forçant leur proie à les suivre, on a foncé vers la barrière. Walt s’est apprêté à la franchir, mais je l’ai tiré par la manche.

– T’es sûr, Big Boy ? Pour l’instant personne ne peut rien nous reprocher, mais dès qu’on sera passés de l’autre côté, on sera dans notre tort. Je parierais que les proprios ne raffolent pas des rôdeurs. Et puis, ils sont armés, ces gars ! Qu’est-ce qu’on va faire ?

Un hurlement d’effroi a dissipé mes doutes. Qu’est-ce que ces salauds infligeaient à cette pauvre femme ? Walt a sauté la clôture d’un seul bond pour courir vers la maisonnette où des lueurs saccadées indiquaient une ambiance agitée. Des cris nous parvenaient toujours par les fenêtres. J’ai suivi le géant de près, mais plus j’avançais, plus j’étais certain qu’on allait ramasser une balle. Qu’est-ce qu’on pouvait, à nous deux contre trois hommes armés ? Une vision du corps de Walter baignant dans une mare de sang à côté d’une femme aux vêtements déchirés a failli me couper les jambes. Et ce grand crétin qui se précipitait tête baissée ! J’accélérais pour le retenir quand j’ai senti mes mains qui picotaient. Le temps que je réalise ce que ça voulait dire, toute ma peau fourmillait. Il y a eu un claquement sec dans l’air et j’ai même cru voir un éclair. Autour du toit biscornu, ça crépitait d’étincelles bleues. Walt allait atteindre l’entrée quand on a entendu un coup de feu qui l’a arrêté net, puis plus rien.

Mes poumons et mon cœur menaçaient de se déchirer quand je l’ai rejoint. J’ai pas su lire son visage tandis qu’il fixait la porte. Il a fini par la pousser d’une main hésitante. On est entré à pas prudents. L’odeur de la poudre m’a piqué le nez, puis mon regard est tombé sur le corps d’un des hommes. Il ouvrait des yeux sidérés sur le vide, des yeux dont le blanc avait tourné au rouge. Entièrement. J’avais jamais vu ça. Du sang coulait de ses oreilles, de sa bouche et de son nez, comme si une explosion avait ravagé l’intérieur de sa tête. Je n’ai pas eu besoin de vérifier pour savoir qu’il était mort. À quelques pas, le deuxième gars était tombé sur le côté, revolver à la main. Son doigt avait dû se crisper sur la gâchette quand il était tombé. Il avait l’air aussi surpris que l’autre, les mêmes cornées sanglantes, les mêmes mares rouges qui coulaient de sa figure. Quant au troisième, il gisait sur le ventre à côté d’une banquette garnie de jolis coussins verts à franges dorées. Une flaque cramoisie grandissait sous sa tête.

Un volant de dentelle dépassait sous son corps. A moitié conscient de mes gestes, les genoux tremblants, j’ai fait rouler le type en tirant sur son bras. Dessous gisait une fille à la peau couleur de café noir. Elle avait les paupières fermées, aucune trace de sang sur le visage. J’avais du mal à lui donner un âge à cause du corsage travaillé de sa robe qui faisait très « dame », mais elle semblait pas beaucoup plus vieille que moi. Ses jupons retroussés sur les sous-vêtements déchirés ne laissaient pas de doute à propos de ce que ses agresseurs lui avaient fait subir. J’espérais qu’ils n’avaient pas eu le temps d’arriver à leurs fins.

Une main devant sa bouche m’a assuré qu’elle respirait. Elle avait sûrement pris un coup, mais elle se réveillerait bientôt.

– Elle va bien, j’ai chuchoté. On peut plus rien faire, on y va.

Au lieu de me suivre vers la porte, Walt s’est accroupi devant la fille. Il a rabattu sa jupe pour cacher ses jambes, puis il a passé un bras sous ses épaules et l’autre sous ses genoux pour la soulever.

– Qu’est-ce que tu fais ? j’ai demandé.

– Je l’emmène.

Au moment où j’allais répondre, des aboiements ont résonné dehors, venant de la grande maison.

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aranck
Posté le 22/04/2021
Alors j’ai encore tout lu sans m’arrêter, comme quoi, tu sais envoûter tes lecteurs !
Et moi qui suis claustrophobe à 150 %, je te dis pas comment j’ai étouffé avec Walt dans ce début ! Punaise, je déteste ça être enfermée, et dans le noir en plus ! C’est super bien rendu y compris l’angoisse de Walt et l’impuissance de Sam ! Bravo espèce de sadique ! Heureusement que Sam a un peu d’empathie, lui, et qu’il essaie de faire le maximum pour Walt en lui parlant et en essayant de le rassurer. Décidément, je l’aime bien ce petiot, même s’il pense beaucoup à sa pomme, ce qui se comprend vu sa situation, il a un super bon fond et il est respectueux, même si parfois c’est la trouille qui l’emporte comme dans les paragraphes suivants.
Si j’ai bien compris, il s’agit du viol d’une jeune fille de couleur, ce qui colle parfaitement avec ce qui se passait à l’époque. Et cette phrase « J’espérais qu’ils n’avaient pas eu le temps d’arriver à leurs fins. » ajoute à l’horreur de l’acte. Bref, je suis ravie de ce triple meurtre, parce que de toute façon aucun n’aurait été puni si Walt n’avait pas été dans les parages et la pauvre fille n’aurait fait que subir. C’est la justice divine façon Walt, et ça me plaît ! Il a d’ailleurs raison de vouloir l’emmener, car je ne donne pas chère de sa peau à la petite.
La partie de pêche est sympa aussi, avec le gros Walt qui se marre comme un môme et qui revient à la vie. Finalement c’est Sam, l’adulte ici, c’est lui qui prend soin de Walt, et ça, c’est super touchant. Ce qui est aussi remuant, c’est Walt, parce qu’on sent qu’il ne fait pas vraiment exprès de tuer des gens, ça semble plus fort que lui, comme s’il perdait le contrôle et qu’il regrette ensuite. Tu lui diras de ma part qu’il prend quand même d’assez bonnes décisions en ce qui me concerne. ;-)
En tout cas, j’accroche vraiment beaucoup à cette histoire, il va falloir que tu t’y remettes un peu, parce que je ne vais pas tarder d’attendre la suite.

QQ remarques et suggestions :

« elles ont crevé la neige autour de nous de milliers de trous de vers, transformant le beau tapis blanc en vieille carpette mitée. » Excellent !
« Chacun de notre côté, on valait pas grand-chose, mais ensemble, c’était presque la grande vie. » ça aussi c’est très chouette !
« Le coup de boutoir » Je trouve que l’expression ne colle pas, pour moi un coup de boutoir c’est vraiment un coup, c’est physique. Déflagration ? Détonation ?
Isapass
Posté le 23/04/2021
Héhé, je crois que j'ai effectivement pas mal réussi à rendre la tension de la scène d'enfermement...
C'est vrai que tu as bien vu ce que je voulais montrer à propos de Sam : il pense à sa pomme ! Du moins au début. C'est la raison pour laquelle il décide de rester avec Walt, d'ailleurs, même si petit à petit, une relation plus profonde s'installe. Et dans ce chapitre, il en arrive même à se sentir responsable de Walt.
La partie de pêche, je l'ai trouvée au dernier moment et c'est vrai que c'était pile ce qu'il fallait :)
Concernant la dernière partie, c'est vrai que Walt ne souhaite pas forcément la mort des gens (je vais d'ailleurs essayer de le faire plus apparaître, mais on s'en doute un peu vu sa personnalité)
En effet, tu n'as plus qu'un chapitre en réserve. Le problème c'est que je n'ai pas forcément de temps pour écrire en ce moment (ça me manque, d'ailleurs !)et je ne peux rien promettre pour la suite.
Merci pour ta lecture et ton commentaire !
Makara
Posté le 26/09/2020
Recoucou ! Comme d'habitude, utilise comme tu le souhaites mes remarques, c'est un point de vue subjectif !
Je suis assez mitigée à la lecture de ce dernier chapitre. J'ai adoré la première partie parce que j'ai ressenti beaucoup d'empathie et d'émotions lorsque Walt n'arrive pas à sortir de la maison. C'était très bien écrit. Tu as très bien géré l'évolution, de la surprise à la terreur. Au début, en tant que lecteur on ne pense pas qu'il va être aussi paniqué et ça nous brise le coeur aussi :/
Bon après, l'explosion de la porte avec ses pouvoirs, j'ai trouvé ça facile mais c'est parce que je fais un blocage sur le fait qu'il ait vraiment des pouvoirs. XD Le passage de pêche est très touchant !

Là, où je suis un peu déçue, c'est la dernière scène avec l'enlèvement et le viol de la jeune.
Tout est bien décrit, il n'y a aucun problème là dessus mais j'ai trouvé la scène attendue, très manichéenne. Avec Walt et Samuel qui viennent au secours de la veuve et de l'orphelin (c'était déjà un peu présent avant mais là c'est puissance 1000).
Pendant deux chapitres, tu fais croire que les femmes vivent tranquilles, sans soucis, elles ouvrent leurs portes comme ça, en confiance. Et puis, là, bam, dans ce chapitre, c'est le contraire, elles sont maltraitées, il faut aller les secourir. C'est un peu too much pour moi.
Je pense que ce qui me gène c'est cette dichotomie BIEN/MAL que tu instaures depuis le début qui me met mal-à-l'aise. Je crois que c'était assez utilisé avant (ça me rappelle vraiment trop steinbeck et ses souris et des hommes), il faudrait que tu t'en écartes plus !
Bref, c'est difficile de juger un roman comme le tien, qui a de véritables qualités, sans le lire jusqu'au bout car peut-être que tu joues avec ton lecteur (te connaissant ça m'étonnerait pas XD) et pour te faire une véritable critique constructive, il faut que j'ai tout le livre en main... Du coup, t'attends quoi ? Elle est où la suite ???
pleins de bisous volants <3
Isapass
Posté le 28/09/2020
"Avec Walt et Samuel qui viennent au secours de la veuve et de l'orphelin (c'était déjà un peu présent avant mais là c'est puissance 1000)." : ça m'embête un peu que tu aies vu ça comme ça, parce que ce n'est pas ce que j'ai voulu faire. D'abord, Sam et Walt ne viennent pas au secours de la veuve et de l'orphelin dans les chapitres précédents (enfin, pas tout à fait) : en fait c'est Walt, qui fait ça. Sam, lui, est beaucoup plus opportuniste : il va où va Walt parce qu'il découvre que c'est beaucoup plus facile de se faire embaucher avec lui, et que c'est d'autant plus facile avec les femmes seules. Et il y a une part de lui qui apprécie de rendre service, mais ce n'est pas sa motivation première. Il faudra que je renforce ça pour que ce soit plus clair. Dans cette scène, c'est également Walt qui part comme une fusée pour sauver la victime. Sam ne fait que suivre (d'autant que juste avant, j'ai essayé de montrer qu'il se sentait investi d'une sorte de responsabilité sur les actes de Walter).
Je suis un peu perplexe par rapport à ta remarque "Pendant deux chapitres, tu fais croire que les femmes vivent tranquilles, sans soucis, elles ouvrent leurs portes comme ça, en confiance. Et puis, là, bam, dans ce chapitre, c'est le contraire, elles sont maltraitées, il faut aller les secourir." : ça peut aller bien pour la plupart des femmes, mais ça n'empêche pas qu'une femme peut-être maltraitée ? Je n'ai pas généralisé, je raconte seulement des épisodes différents. Du coup je ne comprends pas que ça te "choque" à ce point.
Et enfin, par rapport à ta remarque sur le manichéisme, je t'entends mais je ne suis pas convaincue. C'est le fait que les méchants meurent qui te paraît manichéen ? Parce que pour moi, ça ne l'est pas du tout : ce sont des exécutions sommaires, sans aucune justice. Personne ne sort grandi de cette scène.
Ceci dit, je ne rejette pas complètement la notion de manichéisme : d'ailleurs l'incipit évoquait la notion d'ange. Reste à voir de quelle sorte d'ange on parle, mais il va forcément y avoir une notion de bien et de mal. Tu parles (à raison) de Steinbeck, mais la référence principale de cette histoire, c'est vraiment La ligne verte, de Stephen King. Tu l'as lu ? Il n'y a jamais aucun doute sur qui représente le bien, et qui représente le mal et pourtant, c'est un roman vraiment puissant.
Bon ceci dit, ton commentaire m'incite à renforcer les traits de personnalité de Sam : c'est pas un méchant garçon, mais au début au moins, il pense surtout à sa pomme.
Pour ce qui est de la suite, le chapitre suivant est largement entamé, mais il est un peu compliqué à écrire, et puis comme je te le disais, je suis un peu en panne globalement, en ce moment. Je vais m'y remettre, c'est sûr, mais quand... En plus, je n'ai aucun plan, j'écris au fil de la plume. Au départ, c'était pour me reposer des PL qui étaient hyper planifiés, mais finalement, je me demande si ça ne me bloque pas un peu... (oui, je me fais des nœuds au cerveau !)
Merci beaucoup pour ta lecture et tes commentaires !
Plein de bisous
Jowie
Posté le 30/08/2020
Oh là là, j’ai lu ce chapitre d’une traite sans m’arrêter ! Je ne sais pas si mon retour sera très constructif mais je vais faire de mon mieux.
Le passage où Walt reste renfermé m’a donné la chair de poule. Il est généralement si calme et souriant que je ne pensais pas qu’il puisse perdre contrôle comme ça. Et quand Walt perd le contrôle, je me suis sentie perdue, j’avais l’impression que tout pouvait arriver ! Et cette suite de cris en majuscules étaient étourdissants, (je trouve particulièrement percutant que Sam s’est aussi mis à hurler – comme quoi, la panique, c’est contagieux ! j’étais à deux doigts de me mettre à crier, moi aussi).
Dans ce chapitre, tu nous montres toutes les facettes de Walt et son côté héroïque revient à la fin ! J’ai eu vraiment peur pour la fille (j’espère qu’elle va bien s’en sortir…) Je n’envie pas le sort des agresseurs, mais c’est bien fait pour eux ! Les pouvoirs de Walt peuvent être très violents, on dirait, je me demande comment tout cela évoluera par la suite. Pour l’instant, entre les cris des propriétaires, les cadavres des hommes et la jeune fille évanouie, j’ai bien peur que Sam et Walt soient accusés à tort…
J’avoue que la jeune fille m’intrigue et je veux apprendre plein de choses sur elle ! Mais je me retiens, peut-être qu’elle ne sera qu’un personnage secondaire ?
Je savoure vraiment cette lecture, vivement la suite !
Isapass
Posté le 30/08/2020
Ah ça me fait plaisir que ce chapitre t'ait donné des émotions ! Surtout la première partie : j'ai beaucoup hésité avant de choisir les majuscules pour "écrire" la panique de Walt. Ce n'est pas très académique, mais je voulais qu'on sente vraiment l'intensité. Apparemment, ça a bien marché sur toi ;) Heureusement que tu ne t'es pas mise à crier, tes voisins n'auraient peut-être pas apprécié XD
Oui, on voit plusieurs facettes de Walt dans ce chapitre, je suis contente que tu aies vu ça. On voit aussi plusieurs facettes de Sam qui se révèle peu à peu à lui-même au contact de Walt.
Quant à la jeune fille, ne t'inquiète pas, tu en sauras plus sur elle ;)
Je suis ravie que tu aimes bien l'histoire : J'avais quelques scrupules à te l'avoir un peu "vendue" XD Mais si tu passes un bon moment, je culpabilise moins.
Bon, ben je n'ai plus qu'à me mettre à la suite ! De toute façon, ça commence à me démanger, et puis ça soignera mon petit baby-blues post PL XD
Merci pour ta lecture et tes commentaires toujours aussi encourageants !
Luna
Posté le 10/05/2020
Ce chapitre était juste génial. Je vais avoir très peu de choses constructives à dire, je te préviens xD

Je trouve vraiment ta plume incroyable dans cette histoire. Les descriptions autant que les introspections sont d’un réalisme fou, sans fioritures inutiles, mais d’une écriture finement maîtrisée. Certaines phrases fournissent à elles seules un grand nombre d’informations et d’images évocatrices, le tout en conservant la ton si distinctif de Sam. Mention spécial pour le début lorsque tu décris la pluie qui se met à tomber sans une seule fois utiliser le mot. Je suis soufflée, vraiment, c’est une belle leçon d’écriture que je reçois.

Ensuite, cette manière de croquer tes personnages est criante de réalisme. Ils sont vraiment à des années-lumières des clichés qu’on pourrait d’abord imaginer. Je dois dire que j’ai vraiment eu peur de la réaction de Walt à deux reprises dans ce chapitre. D’abord avec l’épisode de la grange, je me suis demandée si Sam n’allait pas finir blessé. Ensuite, lors de leur découverte de la jeune femme agressée par ces vilains bonhommes (bien fait pour eux, va). J’ai cru qu’avec ce qui s’était passé juste avant Walt aurait passé une sorte de cap et ne parviendrait plus à se maîtriser. Ce qui est génial, c’est que tu devances nos réactions et que finalement ils n’ont rien tous les deux. Ce qui signifie que tout ça est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît et ce qui ne veut pas dire pour autant que Walt ne franchira pas la ligne de trop la prochaine fois. Là déjà, ils sont dans de beaux draps ! Ce qui est également très intéressant, c’est qu’on réalise à quel point Walt est un personnage complexe, lui qu’on pouvait appréhender comme un simplet au tout début.

Le rythme enfin, c’était fou ! Tu parviens à nous tenir en haleine et à faire redescendre la tension quand il faut. Tu disais dans un de tes commentaires que tu avais peur, me semble-t-il, que le chapitre suivant soit moins intense. Je ne pense pas que ce soit problématique puisqu’on a eu une belle dose d’action ici, dans la mesure bien sûr où la suite découle logiquement de ce nouveau rebondissement final.

Bon. Je le dis haut et fort : J’ADORE CETTE HISTOIRE.
J’espère que tous ces commentaires ne t’auront pas trop perturbée dans tes avancées sur les PL. Sache que peu importe quand tu publieras la suite, je serai là. Tu tiens là un début de roman merveilleux porté par une écriture vraiment magique.

Alors à bientôt ! :D (Et sûrement sur les PL tome 1 maintenant héhé !)
Isapass
Posté le 12/05/2020
Oh mais que d'éloges... Je suis ravie que ça te plaise autant !
Particulièrement, tout ce que tu me dis sur le style me touche, parce que j'essaie vraiment de travailler sur des phrases plus courtes, sans pour autant perdre la poésie et l'émotion. Ca implique de trouver des images fortes, en tenant compte du narrateur. Je dois me mettre dans sa peau, greffer mes sens sur les siens et emprunter ses mots, sinon ça ne marche pas. Ca explique pourquoi je n'avance pas très vite : au contraire des Princes liés où j'écris un peu "sur commande", là, je dois attendre d'être dans les bonnes dispositions. Mais de là à dire que c'est une leçon... j'ai quand même un doute XD
C'est aussi encourageant de voir que mes personnages "fonctionnent" bien. Ceci dit, j'avoue que pour le personnage de Walt, je ne pars pas de zéro. Je m'inspire pas mal du personnage de John Caffey dans La ligne verte, de Stephen King (que je te conseille si tu ne l'as pas lu, avec un petite avertissement quand même pour les scènes assez trash). Et bien sûr, il est plus complexe qu'il y paraît au premier abord, sinon la fiction ne porterait pas son nom ;) Enfin, le titre est sans doute provisoire, mais bon...
Tant mieux aussi pour le rythme. En principe, j'essaie de mettre un évènement assez fort dans chaque chapitre, mais ce n'est pas toujours possible. Du coup, le précédent n'en avait pas, alors celui-ci en a deux. Ce qui explique sans doute que le rythme paraisse soutenu.
Pour le chapitre suivant, je t'avoue que je ne suis pas trop dedans pour l'instant, mais j'ai commencé à l'écrire avant d'être bloquée. Peut-être qu'avec le recul, je vais trouver la solution facilement quand je reprendrai !
Tes commentaires ne m'ont pas du tout perturbée dans les PL, ne t'inquiète pas. Je crois d'ailleurs que pas grand chose ne me perturbe : je n'ai jamais avancé comme ça !
Merci beaucoup pour ta lecture et tes commentaires très encourageants !
Si tu commences les PL, j'espère que ça te plaira aussi, mais tu verras que ça n'a vraiment rien à voir !
Renarde
Posté le 17/04/2020
Coucou Isapass,

Alors cela ne m'a pas énervée de ne pas sauter directement sur le cliffhanger du chapitre précédent, mais les majuscules, à la longue. Oui. Et c'est pas si mal ! Parce que tu rentres vraiment dans la peau de Sam, qui passe de l'empathie la plus totale à l'envie de se boucher les oreilles pour ne plus l'entendre hurler.

Le contraste entre le Walt du début, qui rentre en panique totale, incapable de se raisonner, et son exécution finale froide et mécanique est hyper intéressante. Tu ne sais pas sur quel pied danser avec ce personnage. Est-ce qu'il maîtrise réellement ses pouvoirs, ou non ? Est-ce qu'il se rend compte de ses actes ? A quel point ?

Bref, toujours aussi fan de ton histoire !
Isapass
Posté le 17/04/2020
Coucou Renarde !
Oui, c'est pas très académique les majuscules, mais je voulais qu'on sente vraiment la panique, alors j'ai tenté. Apparemment ça marche, si ça donne envie de se boucher les oreilles XD
En effet, Walt est un personnage complexe, malgré l'apparente "simplicité" de son esprit. C'est en tout cas comme ça que je m'efforce de le construire. Moi, je suis dans la peau de Sam, donc je ne peux pas répondre à tes questions : Sam ne sait pas si Walt se rend compte de ses actes, de leur portée... Et j'évite volontairement de creuser ce point pour l'instant, justement pour garder le point de vue de Sam et ne pas risquer de me lancer dans de grandes analyses !
Normalement, dans le chapitre suivant, on va encore découvrir une facette de Walt. J'en ai écrit à peu près le tiers, mais je peine un peu parce qu'il s'y passe moins de choses que dans celui-ci et que je ne veux pas qu'on s'ennuie pour autant. Alors je prends mon temps !
Merci pour ta lecture et ton commentaire : ça me fait plaisir que passe de bons moments en me lisant.
Des bises !
Gabhany
Posté le 06/04/2020
Très intense ce chapitre ! Entre le moment flippant de la grange, où on sent bien que Walt n'est pas que le gars un peu benêt gentil souriant, la complicité au moment où ils pêchent, et leur intervention à la ferme, c'est plein d'actions et d'émotions, l'équilibre est parfait, bravo ! Je crois que c'est mon chapitre préféré ;) du coup Walt peut se servir de son "pouvoir" intentionnellement ? C'est bien lui qui a éliminé les deux violeurs à la fin ? C'est intrigant !
A bientôt pour la suite !
Isapass
Posté le 07/04/2020
Salut Gabhany ! Ah donc le moment où Walt est enfermé t'a convaincue ? Tu l'as trouvé flippant ? Je me demandais si je n'en avais pas fait un peu trop avec les phrases en majuscules et tout...
En effet, tout le début du chapitre avait pour but de montrer que 1) Walt et Sam se rapprochaient, 2) que Sam se sentait investi d'une sorte de responsabilité par rapport à Walt. Et qu'effectivement, Sam comprenait que Walt avait un pouvoir terrifiant. Tout ça avant que les choses sérieuses commencent ;)
Merci pour ta lecture et pour ton adorable commentaire !
Samy
Posté le 04/04/2020
Alors, je cherchais du «fantastique », mon genre préféré, quand je tombe sur cette histoire.
Résultat : 4 chapitres lus d’un trait !
C’est pour dire si ça me plaît, donc dans ma PAL direct ! :-)
Je trouve que c’est très bien écrit et que les personnages ont vraiment l’air réels… Avec un petit coup de cœur pour le gros nounours Big Bro’.
Juste une petite chose : je trouve que Samuel accepte trop facilement l’idée que Walter fasse exploser des choses (ou autre). Il n’est pas effrayé et ne se pose pas plus de question que cela.
À part ça, vivement la suite !
Isapass
Posté le 05/04/2020
Hello ! Ah ben ça fait plaisir à lire ! C'est toujours bien d'avoir de nouveaux lecteurs (lectrices ?) qui ne connaissent pas ma plume, ça permet parfois d'avoir des remarques que les autres ne font pas.
D'ailleurs, la tienne me fait bien réfléchir ! C'est vrai que je veux absolument éviter qu'il y ait trop d'introspection de mon narrateur et je voulais faire "sentir" qu'il finissait par intégrer que Walt avait bien des pouvoirs étranges. C'est le rôle du rêve où Walt contrôle la tornade, par exemple. Mais sans faire de grande introspection, je pourrais effectivement ajouter une phrase par ci-par là pour faire comprendre son cheminement à ce propos.
C'est marrant parce que tu es le premier (la première ?) à me le dire, mais peut-être que c'est parce que tu as tout lu d'un coup et pas par chapitre comme les autres.
En tout cas, merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire !
A bientôt
Sorryf
Posté le 04/04/2020
woaaah quel chapitre ! ya des trucs tellement beaux dedans <3 Entre le moment ou Walt sort de la ou il était enfermé, et quand ils pêchent, quand il lui met une main sur l'épaule du héros, tout était magique *v* et aussi super bien écrit, bravo !

La fin est beaucoup moins belle... forcément T.T Bien fait pour ces sales porcs ! J'espère juste que Walt et Sam auront pas trop d'emmerdes... et que la pauvre fille n'a rien subi, meme si comme Sam j'ai peu d'espoir.

Ce duo (peut-être futur trio ?) est hyper attachant, j'espère du fond du coeur que ça va aller pour eux ! A mon avis maintenant ils devraient quitter la ville en vitesse, tant que personne les a vus, le sort doit pas être cool pour des voyageurs comme eux.
Isapass
Posté le 04/04/2020
J'avais un peu peur que ça énerve que je n'embraye pas tout de suite sur le cliffhanger du chapitre précédent, mais apparemment, ça ne t'a pas énervée :) Je voulais encore approfondir un peu les relations entre Sam et Walt et les "souder" un peu plus avant de... de les plonger dans les embrouilles ! Contente que ça t'ait plu et que tu les trouves attachants !
En tout cas jusqu'à la seconde partie du chapitre, bien sûr. Mais le but était de rendre ça stressant plutôt que joli. J'attends les autres commentaires mais jusque là, ça parait fonctionner.
En effet, ils n'ont pas intérêt à s'attarder, je vais les faire déguerpir ! A deux ou à trois, c'est la question qui ouvrira le prochain chapitre ;)
Merci pour ta lecture et ton retour !
Mary
Posté le 30/03/2020
J'ai dévoré ce chapitre !
On savait déjà que Walter était claustrophobe, mais à ce point-là, je sens poindre le traumatisme bien plus violent qu'une mauvaise expérience.
Je t'avais dit que je le soupçonnais de pas être tout à fait blanc comme neige, m'est avis que ce n'est pas première qu'il tue des gens comme ça - même involontairement. Il est même fichu de s'en vouloir un peu après.
Le passage où il se remet de l'épisode de l'enfermement est très touchant, très pudique, de la part de Sam comme de Walter. Ils ont vraiment trouvé un fonctionnement à deux qui marche bien. Quand tu les fais attraper les poissons, on retrouve le caractère "enfantin" de Walter. J'ai l'impression que c'est ça qui le fait revenir et cette dualité le rend plus attendrissant qu'inqiuétant malgré tout. Tu as très bien géré cet aspect-là de sa personnalité !
Par contre, je donne pas nécessairement cher de leur peau après ce chapitre, ils se sont pas attirés des ennuis, ils ont plongé la tête direct dedans !

À bientôt !
Isapass
Posté le 30/03/2020
Ah tant mieux ! C'est toujours pareil : comme je veux quand même développer la relation entre Sam et Walt, j'ai pris le risque de rajouter un rebondissement avant de raconter le fameux Pierce Rock annoncé en cliffhanger du chapitre précédent. Du coup, j'avais un peu peur que les lecteurs crient à l'arnaque XD Du coup, j'ai essayé de rendre quand même la digression un peu haletante avec la "crise" de Walt.
Pour ce qui est du traumatisme, on a une petite piste dans le chapitre précédent, quand Walt parle dans son sommeil, mais c'est vrai que c'est pas très clair (volontairement ;) )
Et puis je voulais montrer que Sam se sent investi d'une espèce de mission de protection envers Walt.
Je crois que parmi les plumes qui ont commencé à suivre, tu es celle qui trouve Walt le plus inquiétant :) C'est toujours marrant de voir les différentes réactions !
Pour ce qui est des ennuis dans lesquels ils ont plongé la tête, évidemment je ne dis rien ;) Mais la suite ne devrait pas tarder !
Merci pour ta lecture et ton retour !
Mary
Posté le 30/03/2020
Inquiétant mais surtout inconstant - et c'est typiquement quelque chose que je trouve inquiétant dans la vraie vie. Mais je l'aime bien quand même, je pense que c'est un bon gars, au fond, mais qui a un passé et une personnalités (voire de multiples personnalités) très encombrants.
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