Chapitre 4.1: Le début des gros gros ennuis?

Les vacances de Noël approchaient désormais à grands pas à mesure que les jours raccourcissaient et s’assombrissaient pour peu à peu tomber dans la douceur compassée de l’hiver. Déjà, plusieurs chutes de neige avaient été déblayées dans la ville ralentie et quelques touristes traçaient par les routes en lacet des bourgs isolés pour rejoindre les stations en altitude. C’est à cette époque qu’Amadeus réalisa que les Sorciers ne sentaient absolument pas le froid, un effet étonnant de la protection de la Nature qui préservait leur organisme. Une nouvelle routine se mit en place sitôt les choses tirées au clair avec le Inare. Le Sorcier passait depuis le plus clair de son temps sur le toit du collège à guetter le moindre danger qui pourrait menacer Na. Pour éviter l’ennui, Claude et Mehdi lui avaient offert le livre du Maître et Marguerite de Boulgakov ainsi qu’une console d’occasion avec quelques cartouches. Très vite, l’ouvrage fut délaissé au profit des jeux vidéo qu’il termina avec une telle célérité qu’il fallut lui racheter un stock au bout de quelques semaines. La mesure de surveillance avait été prise contre le consentement de Na, qui tempêta plusieurs jours si bien que les amis évitèrent la bergerie quelque temps avant l’apaisement. Une fois que Claude parvint à la calmer avec forces de biscuits, promesses et excuses, tout revint de nouveau à la normale dans la petite bande. Du moins en apparence, car la conscience aiguë de la menace invisible continuait à flotter dans leurs esprits.

 

— C’est quoi ? demanda Tanguy, penché sur l’épaule d’Amadeus. T’as le nez dessus depuis le début du cours, c’est pas très discret. 

 

— Rien de spécial, grommela le collégien, qui tenta de dissimuler l’ouvrage sous la paillasse.

 

Mais Tanguy possédait de meilleurs réflexes et s’en saisit du bout de ses gants plastiques.

 

— Montre ! fit-il. 


Amadeus tira de plus belle avant de s’exclamer, profondément énervé :

 

— Laisse-moi !

 

Leur chahut attira l’attention de la classe sur leur place. Pendant ce temps, la professeure de physique-chimie poursuivait ses explications au tableau, imperturbable. Amadeus baissa alors d’un ton, les sourcils froncés sous ses lunettes de protection plastiques rayées. Hors de question pour lui de se le faire confisquer. 

 

— Je te le prête un instant, céda-t-il, mais tu me le rends derrière. C’est sur les vampires.

 

Aussitôt son camarade l’attrapa pour le feuilleter sur ses genoux, intrigué par les gravures gothiques et les lettres calligraphiées reproduites sur le papier imprimé dans des tons artificiellement vieillis.

 

— Je ne te pensais pas porté sur l’eau de rose, gloussa Tanguy. Oh, Na, embraaasse-moi. Suce-moi… le sang.

 

Amadeus fronça les sourcils, prêt à répliquer, faussement scandalisé, mais le visage menaçant de Valentine à la paillasse de devant l’incita à calmer le jeu pour se reconcentrer sur le cours, du moins en apparence. D’un geste, elle lui fit comprendre que le sujet lui parlait et que si son ami tenait à la vie, il avait tout intérêt à baisser d’un ton.

 

— Rien à voir, c’est la copie d’un vieux livre que j’ai trouvé sur Internet, bougonna-t-il, recroquevillé sur son tabouret haut. J’étais curieux.

 

Son voisin de paillasse parcourut brièvement l’oeuvre, dubitatif, tout en lui jetant des regards en coin. Tanguy et Amadeus s’étaient rencontrés au football lors de leur premier entraînement, plusieurs années auparavant. Bien que Tanguy soit devenu meilleur que lui avec le temps, il avait déjà été repéré par des clubs malgré son jeune âge, une solide amitié s’était construite entre les deux garçons entre parties de jeux vidéos et entraînements tardifs. Amadeus le regarda tourner les pages, perdu dans les replis de sa blouse de chimie trop grande. 

 

— Je ne sais pas pour toi, dit Tanguy, mais ça m’a surtout l’air d’un tas de bêtises. Les formules magiques de Mersebourg, De Nugis Curialium…Je ne comprends pas. Tu trouves ce que tu cherches dans ce fatras, au moins ?

 

Il s’arrêta sur une image médiévale évocatrice où un démon torturé aspirait la vie d’un pestiféré aux portes de la mort. 

 

— Pas vraiment, avoua Amadeus, sans réfléchir. C’est bien loin de la réalité.


Tanguy releva la tête, interloqué :

 

— Comment ça, de la réa… ?

 

Le collégien n’eut pas à trouver une échappatoire à sa sortie involontaire, car au tableau, la professeure se racla la gorge, semblable à celle d’une plantureuse Venus de Botticelli. 

 

— Je vous dérange, peut-être ? fit la jeune femme tout en s’approchant avec humeur de leur paillasse. Qu’avez-vous entre les mains, Tanguy ?

 

— Rien, Madame, murmura ce dernier. On n’a rien fait.

 

L’enseignante pinça les lèvres alors que son talon tapotait le sol plastifié. Entre ses doigts, le marqueur noir s’agitait d’impatience.

 

— Je vous conseille de ne pas faire retarder toute la classe, donnez-moi ce bouquin maintenant, que l’on puisse revenir au cours. 

 

Tanguy baissa ses yeux noisette, l’air désolé, avant de poser le livre sans oser croiser le regard de son voisin. La professeure Anne-Marie Fauvel avait beau débuter dans le métier, elle n’eut qu’à tendre la main pour que l’élève d’ordinaire dissipé obtempère sans oser argumenter. Elle avait gagné le respect de sa classe par sa parfaite connaissance de la situation scolaire de chacun et sa capacité à adapter son cours à la fois pour les plus rapides et les plus lents. En échange de son investissement complet, les collégiens lui rendaient une obéissance sans faille. Madame Fauvel attrapa le livre qu’elle examina, une moue tordue sur ses lèvres boudeuses :

 

— Je pensais que nous étions en classe de sciences, sa voix perdit quelques degrés. Et non dans les fantaisies fourre-tout. Vous viendrez le récupérer à la fin du cours. Maintenant, je vous demande de vous concentrer, sinon vous ne serez pas en mesure de comprendre la suite.

 

Les deux garçons opinèrent, mal à l’aise sur leurs tabourets. Devant eux, Valentine exprima un « bien fait » cinglant du bout des lèvres. Ce à quoi Amadeus lui répondit en langage des signes « qu’elle pouvait retourner à ses études fort intéressantes », quoi que de manière plus succincte et légèrement plus familière. Le cours reprit sitôt Madame Fauvel de retour sur l’estrade et Tanguy, mal à l’aise, se chargea de la totalité de l’expérience de combustion en guise d’excuses. 

 

À la fin de l’heure, lorsque la cloche retentit dans le bâtiment, Madame Fauvel frappa des mains pour garder l’attention des élèves quelques secondes de plus. Tous se figèrent, les manteaux à moitié mis et les doigts dans le sac où ils glissaient les affaires en silence pour filer au plus vite. 

 

— N’oubliez pas d’apporter vos autorisations de sortie pour l’heure de vie de classe de demain, rappela-t-elle, sans quoi, vous ne pourrez pas venir visiter la ferme avec nous. Tanguy, je t’attends pour ta punition. Je vous souhaite à tous une très bonne fin de journée.

 

Aussitôt les derniers mots prononcés, les élèves finirent de s’habiller à toute vitesse sous les néons blafards avant de s’égayer vers la sortie en prenant garde de ne pas renverser les éprouvettes propres. Valentine s’approcha d’Amadeus, la main sur la fermeture éclair de sa doudoune blanche :

 

— Alors, on se fait remarquer ? fit-elle, occupée à décoincer une maille de son pull de l’ouverture. Je t’avais dit de ne pas l’apporter à l’école.

 

Il jeta le stylo plume dans une poche au hasard de son sac avant de repousser le tabouret avec fracas. 

 

— De toute façon, il n’y a rien d’intéressant, grogna-t-il. Que de vieilles histoires incompréhensibles et des méthodes pour tuer des cadavres.

 

— Tuer des cadavres ?

 

Amadeus haussa les épaules puis rangea la blouse en boule dans son sac de sport. Tous deux sortirent de classe, une fois le gros de la foule passée pendant que de son côté, Tanguy se trouvait en pleine négociation avec l’enseignante. De ce qu’il entendit au passage, il s’expliquait avec véhémence dans une éloquence au niveau aléatoire. Il était de toute façon temps pour eux de se rendre au foot s’ils voulaient avoir l’occasion de manger un morceau dans les vestiaires. Tanguy lui apporterait le bouquin là-bas. Valentine et Amadeus adressèrent un signe discret de la main au garçon, absorbé par son échange avec Madame Fauvel, avant de s’éclipser de la salle sans un bruit. Dans le couloir, les grappes d’étudiants s’échappaient par les portes dans le froid sec de la pénombre. 

 

— Vous allez à l’entraînement ? demanda Na.

 

Elle sortait de la cage d’escalier qui menait au rez-de-chaussée dans le flot d’élèves des étages supérieurs. Sa sacoche plombée de livres et de cahiers pesait sur sa frêle épaule habillée aujourd’hui d’un corset de cotonnade.

 

— Oui, dit Amadeus, adouci. Tu veux venir ?

 

La Sorcière parut se perdre un instant dans les songes, la sangle entamant sa chair déjà écarlate sous l’effet de la friction. Un élève la bouscula pour rejoindre le groupe d’études au CDI sans s’arrêter, mais elle ne broncha pas. 

 

— Je ne préfère pas, fit Na, embêté. Mais regardez ce qu’Inare m’a apporté de la part de Claude et Mehdi.

 

Camille, Valentine et Amadeus se penchèrent pendant qu’elle fouilla un instant dans la poche de son jupon bleu pâle. Un vieux Nokia noir à l’écran abîmé, tout juste bon à envoyer des textos, reposait dans la main fine de l’adolescente. Na rayonnait de bonheur alors qu’elle commença à pianoter avec enthousiasme dessus du bout du pouce.

 

— Comme ça, je vais pouvoir enregistrer vos numéros, fit-elle. On pourra se parler en dehors des cours plus facilement.

 

Valentine éclata de rire devant l’objet tout droit sorti d’un livre d’Histoire pendant que peu à peu, le brouhaha se dissipait à mesure que les élèves s’égayaient. Elle lui piqua l’antiquité des mains et commença à y entrer ses coordonnées sous l’exclamation énervée de Na

 

— C’est pas récent, pouffa-t-elle. Tu n’as pas envie d’avoir des applications ?

 

Plus délicate, Camille récupéra à son tour le mobile que Valentine lui tendit et esquissa un sourire empathique à la Sorcière.

 

— C’est déjà très bien, dit-elle. Quand tu sauras le maîtriser, tu pourras en avoir un avec un accès Internet.

 

Quand ils eurent fini d’enregistrer leurs numéros, Na consulta un instant son écran, les yeux brillants, toute colère envolée. Amadeus se surprit à sentir un léger coup au cœur sous son échappe tricotée. La voir pétiller ainsi… Ses joues hâlées rougirent un peu plus sans que personne ne s’en rende compte. Il détourna le regard pour éviter d’empirer son cas, au cas où Camille ou Valentine le surprendraient.  

 

— Enfin, tu peux m’envoyer un message, bégaya-t-il, à fixer les lacets boueux de ses baskets. Je te répondrai au retour du foot.

 

Na rangea le portable dans la poche puis ouvrit sa sacoche un bref instant afin de vérifier le confort d’Amaterasu à l’intérieur du thermos.

 

— Pas de problème, dit-elle une fois assuré de l’état de l’esprit. D’ailleurs, j’ai peut-être une piste à explorer pour Suihei. J’ai repéré des traces magiques vers les hauteurs de Piquelles. 

 

Les hauteurs de Piquelles… la montagne surplombait la ville si bien que cette dernière ne profitait de l’ensoleillement que quelques rares heures quotidiennes. Les falaises de calcaire commençaient quelques kilomètres plus loin, une fois les sous-bois puis un bref plateau herbeux traversés. Valentine se décida à présenter leur opinion commune quant à cette idée :

 

— Tu devrais peut-être nous attendre, dit-elle. Même si tu ne veux pas prévenir Inare. Tu ne connais pas la région en plus.

 

La Sorcière se renferma soudain, avant de hausser les épaules, de manière à les rassurer :

 

— Je ne comptais pas y aller de toute façon. Je vous envoie un message bientôt !

 

Ils se quittèrent à l’arrêt du car scolaire, d’où elle devait rentrer directement sur Sainte-Marie, pour se diriger vers la pelouse artificielle sous les spots blafards du stade municipal. Là, ils retrouvèrent Tanguy, tout juste sorti du vestiaire dans son maillot bleu ciel, qui en profita pour rendre le livre confisqué à Amadeus avec ses excuses. 

 

Le temps pour eux d’enfiler leurs shorts et leurs protège-tibias avant de commencer leurs tours d’échauffement, dans la douleur et les gémissements, fouettés par les coups de sifflet impitoyables de leur coach. En dehors du début difficile, l’entrainement se poursuivit sans encombre malgré la bise glacée du mois de décembre, entre jongles, feintes et tirs. Camille arrêta quelques beaux buts, Valentine en marqua, Tanguy bascula le match de fin en sa faveur et Amadeus… Amadeus survécut. Ils riaient encore du savon passé par Fabien, leur entraîneur, lorsqu’ils quittèrent les vestiaires à la douce odeur de transpiration macérée pour prendre le car. Tous les quatre chahutaient dans la nuit et les épaisses volutes de vapeur de leurs respirations brûlantes s’envolèrent dans le noir manteau étouffant. Les lampadaires orangés ponctuèrent leur chemin jusqu’à enfin arriver à l’abribus désert. 

 

— Je suis crevée, se plaignit Camille, affalée sur le banc de métal glacé. Je vais rentrer, dîner et dormir.

 

Tanguy bâilla de plus belle, sans craindre le froid malgré son short de sport et ses chaussettes basses.

 

— Ne m’en parle pas, fit-il. Et en plus, je n’ai toujours pas fait mes devoirs pour demain. 

 

Tous les quatre se regardèrent, livides, à l’idée du difficile lendemain matin qui s’annonçait. Les devoirs… Comme à la fin de chaque entraînement, ils songèrent à tâcher d’anticiper la prochaine fois pour éviter de finir de nouveau tard sur leurs cahiers. Et comme à chaque fois qu’ils se faisaient cette promesse muette, ils se maudirent de ne pas avoir su la tenir plus tôt.

 

Les phares du car illuminèrent l’obscurité de Piquelles alors que le véhicule entama le virage avec une vitesse plus ou moins rassurante, ce qui arracha un soupir de soulagement à Amadeus. Il se passa la main dans ses cheveux bouclés rendus poisseux par l’exercice. Une bonne douche chaude ne serait pas de refus.

 

C’est alors qu’un gémissement depuis les fourrés de laurier près du square les tira de leurs rêveries de calme et de chaleur. Un long ahanement de douleur qui s’éteignit dans un écœurant gargouillis animal.

 

— Qu’est-ce que…, hoqueta Tanguy. C’est…

 

Camille se précipita à la rencontre du garçon renard lorsque son poignet barbouillé de terre et de caillots bruns dépassa des feuilles dans l’espoir de les atteindre avant de retomber, inerte.

 

 

— Inare ! s’exclama-t-elle.

 

Valentine porta la main à sa bouche devant l’horrible spectacle que dessinait la pénombre. Une large plaie à son bras se vidait de vagues de sang écarlate, maculant le rebord bétonné du trottoir. Pâle comme la mort, le Sorcier tourna, empêtrés dans les branchages qui griffèrent un peu plus sa peau crayeuse en une multitude d’écorchures douloureuses.

 

— Na… 

 

Camille tenta tant bien que mal d’arrêter l’hémorragie en pressant son sweat de sport sur le bras pendant qu’Amadeus s’approcha des yeux dilatés par l’effroi du garçon. Les pupilles dorées striées s’agitèrent dans tous les sens, comme un noyé à la recherche d’un sauvetage.

 

— Qu’est-ce qu’il y a ? s’affola Amadeus. Où est Na ?

 

Tanguy laissa tomber ses affaires au sol, les genoux vacillants.

 

— Il connaît Na ? fit-il, livide. Mais pourquoi il a…

 

Valentine et lui s’approchèrent du garçon à terre, pour tenter d’aider à leur tour, pris d’une étrange fascination morbide pour le spectacle. C’est alors qu’un bruit de moteur les fit sursauter. Le dernier bus venait de leur passer sous le nez, à pleine vitesse, sans même ralentir. Ils étaient bloqués à Piquelles.

 

— Et merde, jura Tanguy, qui voyait avec s’éloigner l’espoir d’une douche chaude et d’un repas brûlant. Je vais avoir besoin d’explication, les gars.

 

Camille releva ses lunettes brouillées par le début de larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Malgré tout, sa poigne se raffermit sur la plaie béante, pendant que d’un geste assuré, elle vérifia que le corps ne présentait pas d’autres blessures qui auraient pu leur échapper. 

 

— Pas maintenant, dit-elle, autoritaire. On doit faire en sorte qu’il survive en priorité. Amadeus, appelle Claude et Mehdi !


Il leva la tête sans trop savoir où poser le regard.

 

— Je n’ai pas leur numéro…

 

— Débrouille-toi, l’engueula Valentine. Trouve quelque chose !

 

Le collégien sortit alors immédiatement son téléphone puis déroula son répertoire à la recherche d’une idée. Le nom de sa sœur s’afficha sous sa photographie. Estelle… Estelle pouvait les prévenir. Il se leva d’un bond pour tapoter furieusement sur le clavier tactile : « Urgent : Mehdi et Claude se spécialisent dans le sauvetage de renards. On en a trouvé un au collège à Piquelles, tu peux aller leur dire avant que je ne revienne ? On a besoin de leur aide, car après il sera tard, et la bête est à l’agonie. » La réponse d’Estelle fusa une milliseconde après. Il s’était attendu à devoir négocier, à se faire engueuler, mais sûrement pas au petit « Ok » qui scintilla sur son écran. Sans perdre davantage de temps dessus, il rangea le téléphone dans sa poche puis s’accroupit voir où Camille en était.

 

L’état du garçon se détériorait de manière visible, ses cernes violacés se creusèrent à mesure que le sang s’écoulait, comme si avec lui fuyaient les couleurs de sa vie.

 

— Pas le temps… gémit Inare. On doit retrouver Na… Elle est en danger…

 

Amadeus saisit le Sorcier par le col, pris d’un frisson d’appréhension sous les exclamations scandalisées de Camille.

 

— Où est-elle ? balbutia-t-il. Où ? Dis-le-nous.

 

Inare hocha simplement la tête alors que sa voix vacilla. Les larmes salées dégoulinaient le long de ses taches de rousseur, d’autant plus visibles que sa pâleur s’accentuait. Amadeus le reposa sous la discrète impulsion de Valentine pendant que Camille s’épongea le front, laissant une traînée écarlate :

 

— J’ai fait ce que j’ai pu, dit-elle, mais je ne suis pas médecin.


C’est alors que dans une vigueur inattendue, Inare saisit de sa poigne refroidie les doigts chauds d’Amadeus, cracha un glaviot ensanglanté avant d’articuler d’une voix enrouée :

 

— Prenez ma main.

 

 Ces derniers mots semblèrent coûter un effort surhumain au blessé, des bulles vermeille giclèrent de sa bouche.

 

— Prenez-la.

 

Camille, Valentine et Amadeus se regardèrent un bref instant. Avant de se saisir des doigts déjà gelés par l’approche de la mort. De son côté, Tanguy, plus énervé que jamais, perdu, bégayant, ouvrit son manteau pour bouger à son aise et attrapa Amadeus par le bras :

 

— Gars, je vais avoir besoin…

 

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. 

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Djina
Posté le 08/04/2020
Hihi, ma spécialité les remarques et les 1-2-3 xD, donc voici:

1- " feuilleta brièvement l’ouvre" -> " feuilleta brièvement l’oeuvre"
2- " parties de jeux vidéo" -> "parties de jeux vidéos"
3- "Les falaises de calcaire commençaient quelques kilomètres plus loin une fois les sous-bois puis un bref plateau herbeux traversés" -> problème de rythme, phrase longue, on ne reprend pas son souffle, suggestion -> "Les falaises de calcaire commençaient, quelques kilomètres plus loin; une fois les sous-bois et un bref plateau herbeux traversés"
4- "Il n’eut pas eu le temps de finir sa phrase. " -> "Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. "

Oh mon dieu !!! Tant de questions!! Haha Je veux savoir la suite, je veux espérer qu'il ira mieux, je sais de par prophétie que pire m'attend en temps que lectrice et je reste là plantée , voulant déjà dévorer les mots qui ne sont pas encore parus.. Je te suis reconnaissante de ce monde fantastique… <3 Continues!!
Et ne rages face aux coquilles, quand on est dans son histoire on ne se relit pas et on ne voit pas nos erreurs, nous autres lecteurs et relecteurs sommes là pour toi, pour t'aider!!

Câlins de fan !
Alice_Lath
Posté le 08/04/2020
Oooooh, c'est trooop chouuu! Et je rage pas pour les coquilles huhu, je me sens surtout désolée pour toi, parce que je sais à quel point ça pique pendant la lecture
C'est mon nanocamp donc normalement je publierai un chapitre par jour, désolée par avance
Et gros câlin sur toi aussi!
1: Vi huhu tu as raison
2: En effet
3: En effet!
4: Huhu corrigéééé

Merci pour tout encore <3 <3
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