Chapitre 35 - A l'attaque !

— Aube, attends !

— Mais je te dis que mon père est en danger !

— Et alors ? s’emporta Noémie. Qu’est-ce que tu peux faire ?

— Je veux juste savoir ce qui le menace, répondit Aube. Papa dit qu’il faut des preuves.

— Comment est-ce que tu vas trouver des preuves ?

— Je ne sais pas moi ! Je veux voir ce qui se cache dans la tour GigaCom. Je sais que Gordon est complice avec les gens de la ville. Je peux les surprendre pour savoir ce qu’ils manigancent.

— Mais si tu te fais prendre ?

— Éfflam sera là.

— Oh ! gémit son amie. J’ai trop peur.

— Je sais, s’énerva la conspiratrice. Mais quand on s’inquiète trop, après on ne fait plus rien. Et tu sais très bien qu’Éfflam est capable de nous protéger.

Noémie frissonna au souvenir de sa fuite avec l’enfant-chat dans le jardin des Desmarets.

— Et Max ? demanda-t-elle. Est-ce qu’il vient ?

— Non, soupira Aube. Je ne veux pas lui en parler.

— Pourquoi ?

— Il ne voudra pas m’accompagner et il est capable d’essayer de m’en empêcher.

— Qu’est-ce que tu en sais ? demanda Noémie.

— Je sais ce qu’il pense.

— Tu peux essayer de le convaincre.

— Aucune chance. Il pense qu’on ne doit plus désobéir à maman et que papa trouvera tout seul une solution.

— Il a peut-être raison.

— Non ! s’emporta la fillette déterminée. Éfflam est d’accord avec moi. C’est grave et c’est urgent. Il faut y aller maintenant.

— Pourquoi est-ce que tu essaies de me convaincre, moi ?

— Parce que tu me crois, toi. Puis parce que tu es comme moi.

Noémie blêmit.

— Oh, je suis désolée. Je ne peux pas. Comprends-moi.

Aube baissa la tête et serra les dents.

— Tant pis, j’irai seule.

Elle avança vers la classe. Son amie bouscula d’autres élèves pour la rejoindre.

— Pour les preuves, il te faut un appareil photo.

— Je n’en ai pas.

— Tu peux prendre le téléphone de ma mère.

Noémie sortit l’appareil de sa poche. Aube fit volte-face et se planta devant elle. Cela ressemblait à une dispute entre deux camarades dans la cour de l’école. Mais son geste cachait aussi le mobile aux yeux des autres élèves.

— Comment est-ce que... ? balbutia la fillette ébahie.

— C’est ma mère, la coupa son amie. Elle me l’a donné après l’excursion. Elle dit qu’elle se sent plus rassurée. Puis elle en a acheté un nouveau pour elle.

— C’est interdit, rappela Aube.

— Je sais, c’est pour ça que je le laisse tout le temps éteint.

Une larme roula sur sa joue quand elle pensa : « Et pour que tu ne le saches pas ».

Elle se frotta les yeux et fourra le téléphone dans la main de son amie. Aube la regardait sans rien dire.

— Prends-le ! De toute façon, je n’en ai pas besoin, continua Noémie. Il suffit de le rallumer pour avoir accès à l’option photo. C’est facile.

Autour d’elles, quelques élèves curieux s’étaient retournés. Certains essayaient d’apercevoir ce que Aube tenait à présent en main.

— Allez ! Range-ça, conseilla Noémie.

Son amie, trop abasourdie pour réfléchir, lui obéit et glissa le mobile dans sa poche.

— Comment est-ce que tu vas aller en ville ? demanda la fillette effrayée.

— À vélo.

— Tu sais rouler maintenant ?

— J’ai appris grâce à Max.

— Mais où est ton vélo ?

— À la maison. Je compte rentrer pour le récupérer.

— Tu vas perdre trop de temps. Prends le mien. Il est rangé devant l’école.

Aube dévisagea son amie.

— Ça veut dire que tu ne m’accompagnes pas ? C’est ça ?

Noémie avait les lèvres qui tremblaient.

— Je ne pourrais pas.

Elle serra fort les poignets de sa camarade.

— Mais je ne te quitterai pas d’une semelle en pensée. Je peux le faire. Avec l’aide d’Éfflam, on communiquera à distance. Comme ça, il ne pourra rien vous arriver.

Les rangs se formaient pour entrer en classe.

— Qu’est-ce qu’on dit à Madame Claire ?

— Je voulais juste demander pour aller aux toilettes.

— Ce n’est pas génial. Elle va vite se rendre compte que ça cloche.

« Ne t’inquiète pas » ajouta Noémie, complice, en testant ses capacités à communiquer par la pensée. « Je lui dirai que Monsieur Pierre a eu besoin de toi. »

« Merci ! »

Aube se faufila vers la sortie.

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