Chapitre 33 : Le Musée

Notes de l’auteur : Bonne lecture à tous =^v^=

La semaine qui suivit ne laissa pas un instant à Mathilde pour lever le nez de ses livres de cours et s’inquiéter de sa famille. Une véritable avalanche d’examens déferla sur les Filleuls avec la force d’un raz-de-marée et les vida de toute leur énergie.

Épuisée, moulue de courbatures et de bleus, Mathilde avait la sensation de sombrer dans une cuve de goudron, toujours plus sombre et étouffante à mesure qu’elle s’enfonçait. Son violon prenait la poussière sur son étagère, abandonné pour une montagne de livres et des doigts recouverts d’encre. Parfois, elle s’arrêtait une minute pour le regarder avec envie, puis replongeait dans ses leçons.

La dernière épreuve, consacrée aux sciences naturelles, fut un calvaire. Lady Thiang leur demandait une telle précision dans leurs rédactions que Mathilde relut deux fois chaque nom de plante de peur d’y trouver une faute. Identifier les échantillons, puis réaliser une décoction de belladone fut plus facile, et lorsque la fin de l’examen sonna, elle put rendre à sa professeur un travail dont elle était satisfaite.

Lady Thiang récupéra toutes les copies et fioles puis attendit que le calme revienne dans la classe.

— Félicitation à tous, leur dit-elle, vous venez d’achever votre premier trimestre au Collegium. Vous aurez vos résultats dans quelques jours, mais vous pouvez déjà être fiers de vous pour votre assiduité. Vous avez tous beaucoup progressé.

Ils applaudirent mollement, trop sonnés de fatigue pour vraiment se réjouir. La Yolmarine sourit, un éclat rieur dans les yeux.

— Du nerf, voyons. Après tout, je vous ai préparé une surprise.

Avachie sur sa table, Mathilde releva le nez de sa chemise. Une surprise ? Au Collegium, ce n’était pas vraiment une bonne nouvelle. Qu’allait-elle encore leur annoncer ? Un autre examen ? Un concours d’escrime ? Mathilde n’avait qu’une envie, s’enrouler dans ses draps et dormir tout son saoul. Pourtant, la Tutrice avait ce sourire… comme si elle était persuadée que sa proposition allait tous les convaincre.

— Quelle surprise, Milady ? demanda poliment Luisa.

Le sourire de la Tutrice s’agrandit.

— Aujourd’hui, il est temps que je vous parle des Chimères.

En un instant, elle avait capté l’attention de tous. Ils se redressèrent, l’oreille tendue, la bouche déjà pleine de questions. Seul Rok se courba, le regard fuyant. Lady Thiang avait l’air ravie de cette concentration instantanée, et elle claqua deux fois dans ses mains.

— Eh oui, le jour est enfin arrivé. Mais pour en savoir plus, vous allez devoir me suivre.

D’un pas léger, elle quitta la salle de classe, les Filleuls sur ses talons. Revigorée par la perspective d’une révélation, Mathilde rejoignit Galis à la tête du groupe. La joie étirait un sourire éblouissant sur les traits de son cousin.

— Je n’arrive pas à croire que nous allons enfin avoir une réponse ! s’extasia-t-il. Je suis sûr qu’elle a fait exprès de retenir toute information sur les Chimères rien que pour voir notre réaction aujourd’hui.

— C’est tout à fait possible, mais ça en valait la peine. Je n’aurais pas pu rêver meilleure récompense pour avoir souffert tout ce semestre. As-tu des théories à propos des Chimères ?

— Des suppositions par-ci par-là… aucune n’est vraiment réaliste.

— Alors elles ont plus de chance de taper juste. La logique n’a pas l’air d’être appréciée au Collegium.

Il rit et hocha la tête.

— Ce n’est pas faux.

Ils traversèrent le hall et Lady Thiang s’arrêta devant l’ascenseur. Elle en ouvrit les grilles et les invita à entrer d’un geste.

— Aller, tout le monde à l’intérieur, il y a assez de place.

Perplexes, ses élèves lui obéirent. Pourquoi descendre les escaliers pour les remonter avec l’ascenseur ? Lady Thiang était parfaitement consciente de leur confusion, et ses lèvres formaient un rictus amusé. Elle s’approcha des boutons gravés au numéro des étages, sortit de son col une clef qu’elle portait en pendentif et l’inséra dans un trou caché dans une rainure de l’habitacle. Trois tours plus tard, l’ascenseur s’ébranla et commença à s’enfoncer dans le sol.

Galis et Mathilde échangèrent un regard exalté. Il y avait donc un sous-sol au Collegium ? Même après avoir arpenté les couloirs du bâtiment pendant un mois, ils ignoraient un détail aussi important ? Leurs esprits bouillonnaient.

La descente dura quelques minutes, puis l’ascenseur s’immobilisa. Lady Thiang les scrutait attentivement, la main sur la poignée des grilles.

— Êtes-vous prêts à rencontrer les Chimères ?

Le cœur de Mathilde manqua un battement. « Rencontrer » ? C’était encore mieux que ce qu’elle pensait ! Le « Oui, Milady » qu’ils scandèrent en chœur était sans doute le plus sincère qu’ils n’aient jamais prononcé. Elle leur ouvrit les portes et les Filleuls sortirent en hâte pour leur premier face à face avec le surnaturel.

 

La pièce était gigantesque, tant que les murs ou le plafond étaient invisibles dans l’obscurité ambiante. Le groupe des Filleuls s’était d’ailleurs arrêté à seulement quelque pas de la cage d’ascenseur, qui consistait la seule voie d’accès. En face d’eux, un écriteau poussiéreux pendait de la voûte, indiquant : « Musée des Chimères » en grandes lettres stylisées.

Et derrière l’écriteau…

Mathilde se laissa tomber par terre, les jambes soufflées. Elle ôta ses lunettes, les essuya nerveusement puis les remit sur son nez, mais cela ne changea rien au spectacle qui s’étendait sous ses yeux.

Des dizaines et des dizaines d’énormes ossements se dressaient à perte de vue, rassemblés en squelettes monstrueux pleins de cornes, de griffes et de crocs. De trois mètres de haut, certains allaient jusqu’à dix mètres, et la longueur pouvait atteindre les vingt mètres. Tous différents, ils s’alignaient devant eux comme une armée de cauchemars prêts à déchirer la réalité. Ceux qui avaient assemblé les os avaient doté aux créatures des poses dynamiques, leur donnant un air plus terrifiant encore.

Tremblants, les Filleuls se tournèrent vers leur professeur, les yeux écarquillés de peur et l’assaillirent de questions tous en même temps.

— Que sont ces monstres ?

— Ce sont de vrais squelettes ?

— Comment avez-vous…

Lady Thiang leva les mains en signe d’apaisement.

— Du calme, jeunes gens. Ces Chimères sont mortes depuis longtemps, vous n’avez rien à craindre.

— Ce… ce n’est pas possible ! bredouilla Luisa en serrant ses bras contre elle-même. Ces choses ne peuvent pas… exister !

— Si, Mademoiselle, elles existent, bien qu’elles soient devenues extrêmement rares de nos jours, je vous l’accorde.

— Comment avez-vous pu cacher au monde des créatures aussi énormes ? s’exclama Kaleb.

— Nous n’avons rien caché, vous en connaissiez vous-même l’existence, n’est-ce pas ?

Mathilde songea aux contes pour enfants où les Chimères apparaissaient régulièrement comme des monstres gigantesques mettant en danger la quête du héros. Comment quiconque aurait pu croire qu’il y avait de vraies créatures derrière ces vieux récits ?

Lady Thiang caressa amoureusement la griffe d’un squelette, son rictus amusé pendu aux lèvres.

— Tout conte a sa part de vérité, et vous voyez ce dicton prendre vie aujourd’hui. À vrai dire, les Chimères ont toujours fait partie de notre folklore. Il y a plusieurs centaines d’années, elles étaient même omniprésentes dans tout l’Archipel… Mais il y a environ trois cents ans, l’Empereur a ordonné l’éradication de ces créatures, jugées trop dangereuses pour cohabiter avec l’homme.

Ses doigts courraient le long des irrégularités de la griffe comme s’ils retraçaient l’histoire de son propriétaire.

— La plupart des squelettes que vous voyez datent de cette époque, d’autres sont des trophées de chasses impériales et d’autres encore sont le résultat de fouilles archéologiques menées à travers tout l’Archipel. De nos jours, l’Empire s’assure seulement de récupérer chaque dépouille parvenant à sa connaissance, afin de préserver un minimum le secret… cela dit, il y a une île où l’existence de ces créatures n’a jamais été un mystère.

Elle fixa son regard sur Rok, qui devint immédiatement le centre d’attention du groupe. Bien sûr ! Lorsqu’Artag l’avait interrogé, le Katchynien avait dit avoir vu une Chimère. Maintenant qu’ils savaient tous ce que cela impliquait, ce détail prenait un tout autre visage. Lady Thiang croisa les bras sur sa poitrine.

— Sir Novinkov m’a fait part de votre rencontre avec un spécimen, dit-elle en pointant les squelettes exposés derrière elle. Pourriez-vous montrer à vos camarades duquel il s’agit ?

— Je ne sais pas si…

— Ne vous inquiétez pas, nous avons une très grande variété, je suis sûre que vous trouverez. Allez-y, nous vous suivons.

Mathilde devina à l’intonation de son professeur qu’il s’agissait plus d’une mise à l’épreuve de sa parole. Rok n’avait pas l’air ravi de cette mission, même s’il laissa à peine voir son hésitation. Les poings compacts, il s’engagea dans les allées ménagées entre les squelettes exposés, escorté par toute la classe bourdonnante de murmures.

Les épaules tendues, la mâchoire serrée, le géant marchait à une allure soutenue entre les terrifiants ossements. Il les regardait par à-coups, mal à l’aise. Son œil borgne l’obligeait à tourner beaucoup la tête. À chaque pas qu’il faisait entre ces créatures, il pâlissait un peu plus.

Pourtant, il n’eut aucune hésitation en pointant l’un des squelettes de trois mètres de haut. Mathilde frissonna devant le long crâne en forme de triangle, la mâchoire criblée de crocs recourbés, le corps sinueux achevé par une queue en fouet ponctué d’épines dorsales acérées. Ce monstre avait beau être l’un des plus petits du catalogue, il était tout à fait effrayant.

— Celui-ci.

Lady Thiang hocha la tête et applaudit trois fois.

— Un Aspakis ! Bravo pour avoir survécu. Aurais-tu un détail à son propos que tu pourrais partager à tes camarades ?

Cette fois-ci, Rok avait viré au gris. Il pinçait les lèvres, les mains serrées dans son dos. Mathilde ne l’avait jamais vu ainsi, quelque chose n’allait pas.

— Il… crache de l’acide.

Lady Thiang applaudit de nouveau, plus sincère. Enfin, elle le croyait. Elle se tourna vers la classe et reprit la direction du groupe qui marcha à sa suite, buvant ses paroles.

— C’est exact. L’Aspakis est en effet capable de projeter des jets d’acides à trois mètres de distance, cinq au maximum. Le liquide n’est pas toxique, mais extrêmement corrosif et brûle comme de la lave, ce qui le rend très difficile à conserver dans un récipient. L’Aspakis vit en général dans des grottes ou des souterrains et utilise l’effet de surprise pour chasser. C’est une espèce diurne qui…

Mathilde écoutait d’une oreille les explications de Lady Thiang, qui passait à présent de squelette en squelette en les régalant de nouvelles informations. Malgré l’intérêt qu’elle avait pour ces créatures, elle était distraite par la tête qu’avait faite Rok en désignant les os de l’Aspakis.

Elle se trompait peut-être, mais elle aurait juré avoir vu tressaillir sa cicatrice. Avait-elle deviné juste, il y a un mois de cela ? La Chimère était-elle bien à l’origine de la perte de son œil ? Sinon, pourquoi avait-il fait une tête pareille ? On aurait dit que la peur elle-même s’était peinte sur ses traits… elle ne l’avait jamais vu aussi expressif.

Elle se retourna, pour savoir s’il avait repris des couleurs entre temps, mais elle eut beau le chercher des yeux, elle ne le trouva pas. Il n’était ni devant avec Galis ou Hans, ni même tout seul à l’arrière, il avait disparu.

Mathilde sentit une pointe d’inquiétude lui traverser la poitrine. Où était-il passé ? Elle fit discrètement demi-tour, faussant compagnie au groupe, et revint sur ses pas. L’obscurité ambiante ne rendait pas la chose facile, et Mathilde avait beau se dresser sur la pointe des pieds, le géant était hors de vue. À mesure qu’elle s’éloignait, la voix de Lady Thiang faiblissait, comme assourdie par l’immensité des lieux.

Soudain, Mathilde trébucha sur quelque chose et manqua de s’écraser sur le carrelage. Rok était là, plié en quatre, le dos contre l’un des socles des squelettes, la tête entre les bras. Elle avait buté contre son pied, mais il n’avait pas remarqué sa présence. Tout son corps était tendu, et sa respiration était trop rapide et saccadée.

Mathilde ne l’avait jamais vu aussi… vulnérable. Elle posa sa main sur son épaule.

— Rok ?

Il sursauta et se dégagea vivement.

— Lai… Laisse-moi, haleta-t-il.

— Qu’est-ce qui t’arrive ? insista-t-elle, de plus en plus inquiète.

— Laisse-moi je te dis ! Je dois juste… reprendre mon souffle.

— Tu respires trop fort. Si tu continues, tu vas t’évanouir.

Il lui lança un regard agacé par-dessus sa manche.

— Nan, tu crois ?

Il appuyait son crâne contre ses genoux, comme si la pression allait effacer la panique qu’elle lisait dans son œil valide. Les dents serrées, il tenta de forcer sa respiration à retrouver un rythme normal. Mathilde s’éloigna un peu sans s’en aller pour autant. Son comportement était trop inhabituel pour qu’elle se sente tranquille de le laisser seul.

— Qu’est-ce qui s’est passé ?

— Tu penses vraiment qu… que j’ai envie d’en parler ?

— Je ne sais pas. Peut-être que ça te ferait du bien ?

— Aux dernières… nouvelles, nous ne sommes pas amis.

Mathilde recula d’un pas supplémentaire. Son ton tranchait plus efficacement que l’acier. S’il s’énervait pour de bon, elle ne tenait pas à être à portée de coup.

— Non, c’est vrai.

Il enfouit son visage dans veste, et après quelques longues minutes à expirer lentement, il retrouva une respiration normale. Il se leva, chancela et dut prendre appui sur le socle, la tête lourde.

— Vas-y doucement, intervint Mathilde.

S’il s’évanouissait, elle serait incapable de le porter jusqu’à l’ascenseur. Un pas après l’autre, Rok s’ébroua et récupéra son sens de l’équilibre.

— Dépêchons-nous ! Je n’ai pas envie de me faire enfermer dans ce musée.

Mathilde fit la grimace. Il était vite revenu à ses habitudes.

Ils pressèrent le pas et remontèrent l’allée en direction de l’écriteau pendant au plafond, qui indiquait la place de la sortie. Bientôt, ils aperçurent le groupe qui les attendait au pied des grilles de l’ascenseur. Mathilde se mordilla la lèvre, indécise. Posait-elle la question ? Elle ne perdait rien à essayer.

— Tout à l’heure… c’était à cause de l’Aspakis ? C’est lui qui t’a blessé, pas vrai ?

Il se retourna si brutalement qu’elle se cogna à sa veste. Le visage fermé et l’œil menaçant, il l’attrapa par le col et la souleva de terre. Tout au fond de son œil, la peur était de retour.

— Ne me parle pas de…

Le mot resta bloqué au fond de sa gorge et il ferma les yeux, parcouru d’un frisson nerveux.

— Ne me parle pas de ça, répéta-t-il en détachant les mots, tu entends ? Je ne veux pas en parler.

Réalisant seulement maintenant qu’il la tenait à près de trente centimètres au-dessus du sol, il la reposa et s’éloigna à grandes enjambées. Mathilde suivit quelques instants plus tard, secouée, mais satisfaite en un sens.

Elle avait sa réponse.

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Aryell84
Posté le 04/07/2021
Ouiiiii, chapitre très bien, on en apprend un peu plus sur l'univers et sur Rok grâce aux chimères, en espérant que cet épisode serve de jalon à l'amélioration de la relation entre Mathilde et Rok ;)
Petite coquille:
- « Il enfouit son visage dans veste » → sa veste
Des bisous et à très bientôt! ;)
Emmy Plume
Posté le 13/07/2021
Helloooo ^^

J'ai presque rattrapé tes commentaires !

Merci de ce petit boost d'enthousiasme que tu me partages à travers ce commentaire. J'aime vraiment avoir des retours sur vos ressentis.

Cet épisode marque définitivement un tournant dans leur relation, et la suite te dira de combien...
En même temps, c'est assez marquant de voir un géant qu'elle croyait imperturbable s'écrouler, ça a l'avantage de briser quelques préjugés au passage ;)

A bientôt et merci encore ! =^v^=

Emmy
Hastur
Posté le 04/07/2021
Hello :)

J'espère que les ennuis persos se sont envolés ;).

Un chapitre très chouette comme toujours, qui nous fait le plaisir de découvrir le musée d'histoire naturelle du Collegium ! :D
J'avais en tête un vieux souvenir où j'étais aller voir des squelettes de dinosaures ah ah !
Je trouve l'idée en elle-même très bonne. Elle permet d'impliquer les Filleuls davantage dans les secrets de l'Empire, donc de les faire avancer, mais surtout, toute cette visite, j'ai l'impression, va permettre de poursuivre l'évolution de la relation entre Mathilde et Rok :).
Bon ce n'est pas encore ça visiblement ah ah ! Et c'est une bonne chose, si il y avait déjà un demi-tour à 180° ça serait bizarre. Mais déjà, il y a une certitude de plus chez Mathilde, et puis Rok ne pourra pas dire que Mathilde a eu l'attitude d'une amie alors que lui-même se trouvait dans un moment de faiblesse.

Enfin bref, je divague ah ah !

Bon courage pour la suite :).

A bientôt !
Emmy Plume
Posté le 13/07/2021
Hello Hastur ^^

Les ennuis perso se sont envolés, et l'air des vacances se fait proche ;)

Merci pour ton commentaire, auquel je répond un peu tard ^^'
Le Musée du Collegium a en effet des vibes de musée d'histoire naturelle (je vois tout à fais ce dont tu parles avec les dinosaures, j'étais moi-même grande fan ^v^).

Ce chapitre a en effet une certaine importance dans l'évolution de la relation entre Mathilde et Rok. Comme tu le dis, ce n'est pas un immédiat 180°, mais rien de plus normal à mon sens. Ce serait assez irréaliste XD

Nul doute que ça aura son importance cela dit, et j'ai hâte de vous en dire plus dessus à l'avenir (leur relation est l'une des choses que préfère écrire ;)

Je te dis à bientôt et encore merci pour tes commentaires si motivants ! =^v^=

Emmy
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