Chapitre 33 : Après la pluie...

Par Mary
Notes de l’auteur : Ancien chapitre 33+34 (cf notes de corrections au chapitre précédent)

XXXIII

APRÈS LA PLUIE…

 

 

 

 

      Ils arrivèrent sur les quais sans croiser âme qui vive. La Chimère s’était amarrée juste derrière le Lotus Noir. Au pied de la passerelle, Laurens faisait face à Boris ; la discussion paraissait houleuse. À côté, Alban distingua Roger et Milo. 

— Bon sang, mais qu’est-ce qui vous est arrivé ?!

Maugis se précipitait vers eux, une lampe à la main, suivi d’Hector et de John qui, de loin, avait dû reconnaître la claudication caractéristique de ses futurs patients.

— Martial ? s’étonna Hector.

— Longue histoire, soupira Erin. John, on va avoir besoin de toi.

Le médecin écarquilla les yeux devant l’état du maître d’équipage.

— L’est passé à travers une fenêtre, expliqua La Bombarde, debout sur un seul pied.

— Sinon nous ça va à peu près, fit Thibault

— Philippe ! appela John. Va me chercher de l’eau fraîche à la fontaine sur la petite place, là-bas !

Le gabier récupéra un seau et fila pendant que les autres montaient à bord.

            Roger, qui s’était aperçu de leur retour, arrivait vers Alban.

— Alors, mon gars ? Regarde-toi un peu ! Quelques mois en mer et te voilà devenu un homme !

Avant qu’il ne réponde, Erin s’avança derrière lui.

— Encore merci, cela nous a sauvé la mise.

Roger souleva très élégamment son feutre.

— Pardonnez-moi, ajouta-t-elle, il me reste une dernière chose à faire.

Incrédule, Alban la regarda rejoindre Laurens à grandes enjambées.

— Capitaine ?

Erin envoya une gifle retentissante à Laurens qui en perdit son tricorne. Avant même qu’il n’ait pu esquisser un geste pour se défendre, elle l’attrapa par la chemise, le tira au bord du quai et le balança à l’eau, près de la passerelle de son propre navire.

Elle s’accroupit alors que l’autre grelottait dans l’eau glacée, sous les moqueries des marins du Lotus Noir.

— Et maintenant, Laurens, comprends bien ceci, car je ne le répèterai pas. La prochaine fois que tu tenteras de détruire mon navire ou de t’en prendre à un seul de mes hommes, je t’envoie par le fond sans retenir mes canons.

Piteux, le capitaine de la Chimère s’agrippa à un anneau d’amarrage. Erin remonta à bord sans se retourner. Alban entendit les rires et les applaudissements de ses compagnons.

— Je te laisse là pour l’instant, déclara Roger en lui tapotant affectueusement la joue. Si tu veux, viens me voir demain, un peu avant l’aube. Nous serons tranquilles. Au fait, ne t’en fais pas pour Nora. Elle est bien rentrée chez elle.

Alban le remercia d’un mouvement de tête. En franchissant la passerelle du Lotus, il se rappela combien elle lui avait paru instable la première fois. Il se sentait tout aussi fébrile ce soir, mais pour une raison bien différente.

Hector et les autres avaient illuminé le pont en disséminant des lanternes un peu partout. Enroulés dans leurs couvertures, un verre à la main, certains avaient déjà commencé les réjouissances.

Alban tomba sur Killian qui pointa l’escalier vers la cuisine pour répondre à son interrogation muette. Au bas des marches, il trouva John et Martial assis à la table. Le médecin nettoyait les blessures du maître d’équipage à l’aide d’eau fraîche et de rhum. Il marmonnait quelques remontrances en anglais, tout à fait incompréhensibles. Quand il entendit le pas d’Alban, il s’interrompit :

— Toi aussi ?

— Non. Tu peux nous laisser, s’il te plaît ?

John haussa les sourcils, mais se leva néanmoins. Alban se mit en face de Martial. Yann. De son oncle. Il le dévisagea, la mine plus grave qu’il ne l’aurait souhaité.

— Je suis vraiment désolé, Alban.

Après un silence, le jeune homme répondit :

— Non, tu ne l’es pas. Pourquoi tu m’as laissé ? Tu as gardé la maison, pourquoi ne pas m’avoir gardé, moi ?

— La maison, ça s’est fait comme ça. Je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas revendue.

— Tu aurais pu venir me chercher, continua Alban. M’expliquer que tu ne pouvais pas t’occuper de moi, juste pour que je sache que tu ne m’avais pas abandonné. Tu ne m’as rien dit non plus au Tonneau Brûlé. Tout aurait été tellement plus simple !

Martial tourna la tête et scruta les lignes de bois de la coque du Lotus. Il articula quelque chose, si faiblement qu’Alban n’entendit pas la moindre syllabe.

— Quoi ?

— J’ai mis tellement de temps et de cœur à disparaître, à oublier cette partie de ma vie. Je suis allé à l’auberge, ce soir-là. J’ai vu Erin à travers la fenêtre et j’ai su que je ne pourrais pas la tuer. Pour la première fois, j’ai eu honte de qui j’étais. Tu ne sais pas ce que c’est. Je tiens à ce navire, à son équipage. J’ai plus de respect pour le Capitaine que je n’en ai jamais eu pour qui que ce soit. Comment aurait-elle pu me garder à bord en sachant que j’avais eu ordre de la tuer ? Que Louis avait tenté de faire de moi son espion sur le Lotus ? Ça aurait tout gâché. C’est pour ça que je ne lui ai rien dit à ton propos. Elle aurait forcément posé des questions. En recoupant les évènements, elle m’aurait demandé où j’étais cette nuit-là. Je n’aurais pas pu lui mentir.

— Tu me sembles être un excellent menteur, au contraire.

— Je suis dé…

— Garde tes excuses !

Alban le toisa. Il n’avait pas besoin d’un homme pareil dans sa vie. Sa sentence tomba comme un couperet.

— T’es qu’un lâche. Un lâche et un égoïste.

— Alban…

— Faut que j’aille prendre l’air.

Il grimpa précipitamment les marches et se retrouva nez à nez avec Maugis :

— J’ai appris pour Martial. Tu sais, des fois, les liens du sang, ça fait pas tout.

Alban poussa un soupir discret puis ouvrit les bras, les passa autour des épaules du maître gabier et le serra contre lui.      

— Je sais, Maugis.

D’abord surpris puis légèrement embarrassé, celui-ci finit par poser ses mains rugueuses et tapoter sobrement les omoplates d’Alban.

— T’es un bon petit gars, va.

Les yeux du gabier brillaient un peu quand Alban se redressa.

— Je vais aller faire un tour, je crois. J’ai besoin de réfléchir.

Maugis secoua la tête. 

— Y’a un temps pour tout, fiston. Un temps pour réfléchir, un temps pour se réjouir. Là, tout de suite, reste ici et réjouis-toi. Tu réfléchiras demain.

Derrière lui, le cercle des marins s’était agrandi autour des lampes. Des éclats de rire, des boutades, le tintement des bouteilles. Le Capitaine l’invita d’un léger signe de la main. Alban capitula et partit s’assoir avec les autres. Paul lui jeta une couverture, Thibault lui servit un verre : 

— Tiens ! On l’a pas volé, celui-là !

Ils trinquèrent. Le rhum lui réchauffa le ventre, ses compagnons lui réchauffèrent le cœur. Il oublia tout, ses doutes, ses craintes, même ses cicatrices. Il profita.

La fête dura toute la nuit. De la proue à la poupe, du pont à la cale, du gouvernail jusqu’aux vergues des perroquets, le Lotus Noir célébrait sa victoire. Les hommes riaient et le vent d’hiver parcourait la baie en répandant une rumeur d’allégresse. Les hommes chantaient et le froid cristallisait leurs voix. Enfin, les hommes s’endormirent et la brume les enveloppa.

Alban ne ferma pas l’œil, ou presque. Alors que le ciel était encore sombre, il renfila sa veste en la boutonnant jusqu’au col. Il quitta discrètement le navire puis s’enfonça dans les ombres de la ville, frissonnant sous l’air vif et mordant.

Il marcha pour se réchauffer, arpenta les rues pour penser librement, longea la cathédrale, traversa l’esplanade vide du marché. Dire qu’il y a à peine quelques heures, il se trouvait dans le bureau de Le Bardelier, un couteau sous sa gorge. Jamais il ne se serait cru capable d’une chose pareille. Pas plus que de rejoindre un équipage corsaire, en vérité. La vie réserve bien des surprises.

Tous les chemins s’ouvraient à lui.

Après quelques détours, il arriva sur une place, discerna les silhouettes des arbres dégarnis et devina le murmure à moitié gelé de la fontaine. L’obscurité s’était imperceptiblement dissipée lorsqu’Alban poussa la lourde porte de l’Hermine et la Herse

Il trouva Roger en train de raviver les braises de la grande cheminée. L’auberge, encore vide, n’avait pas changé d’un pouce. Une odeur de pomme, de cidre, de légumes cuits et de céréales se mélangeait à celle du petit bois qui commençait à se répandre depuis l’âtre.

— Ah ! Te voilà ! s’exclama Roger. Je savais pas si je te verrai, la nuit a dû être courte, non ?

— Un peu, oui, confirma Alban en ôtant sa veste constellée de gouttelettes déposées par la brume.

— C’est beau la jeunesse ! Donne-moi un moment, je reviens. Installe-toi à cette table, là, qu’on veille à ce que le feu prenne bien.

L’aubergiste revint un peu plus tard avec un immense plateau garni de deux bols de soupe fumants, du pain noir tout frais et des lamelles de jambon séché.

— Roger, il ne fallait pas…

— Pas de ça avec moi petit ! Depuis quand t’as pas vu la couleur de légumes frais, dis-moi ? Un mois, au moins ?

Alban rendit les armes avec un sourire amusé. Avec bonheur, il mordit dans le pain, encore tiède et tout moelleux. Il savoura le parfum des carottes, la douceur des poireaux, la tendreté des navets et la finesse du chou qui le réchauffèrent jusqu’aux os. Au dernier morceau de jambon, il en soupira d’aise.

— Haha ! rit Roger, voilà qui fait bien plaisir à voir ! Alors, raconte ! Comment c’est la vie à bord ? Tu es allé dans des endroits intéressants ? Ton oncle, tu l’as finalement trouvé ou pas ? Et cet autre homme que tu cherchais ?

En choisissant prudemment ses mots, Alban lui résuma les mois passés à bord, les escales en Martinique et au Venezuela. Il ne parla pas de l’équipage du Lotus, mais expliqua tout ce qu’il avait appris sur le Naufrageur, sa relation avec ses parents, comment il avait retrouvé son oncle. Il se doutait que l’aubergiste lui poserait des questions en rapport avec la nuit précédente.

— Nora avait raison, la dernière fois. Il y avait bien quelque chose de bizarre avec l’ordre de mission de la Chimère. Laurens devait éliminer le Naufrageur une bonne fois pour toutes et nous avec, si besoin.

En face de lui, l’aubergiste croisa les bras en se laissant aller contre le dossier de la chaise.

— Ce ne sont encore que des murmures, mais on dit que la Grande Compagnie est tombée cette nuit. Je suppose que tu ne m’en diras pas plus ?

Alban secoua la tête.                                     

— Par ailleurs, continua Roger, sacré capitaine que tu as là !

Voyant que le jeune homme allait lui demander de garder ça pour lui, il l’interrompit d’un geste.

— Je suis pas stupide, pas plus que Milo ou Boris. Je sais quand il est dans mon intérêt de tenir ma langue ou non, ne t’inquiète pas. Juré.

            Ils entendirent du bruit derrière la porte qui s’ouvrit sur la serveuse brune emmitouflée sa capeline. Roger se retourna.

— Madenn ma fille, tu tombes bien ! Peux-tu te rendre chez Fanzig ? La pauvre enfant doit se faire un sang d’encre !

Madenn laissa retomber ses épaules, manifestement peu motivée à l’idée de ressortir. Elle jeta un coup d’œil à Alban puis acquiesça avant de repartir dans le froid.

            Le jeune homme s’empara ce qui restait de son pain.

— Je vous ai dit tout ce que je savais, mais si je me souviens bien, vous aussi avez quelques explications à fournir. On raconte de drôles de choses vous concernant, sur les navires.

Roger éclata de rire.

— Les matelots sont de véritables commères ! Chose promise, chose due. Ton Père Louis devait avoir de bonnes raisons de t’envoyer vers moi, c’est ce que je me suis dit quand tu es arrivé à la fin de l’été. Satanée Grenouille ! Maintenant, avec tout ça, je comprends mieux. Il devait se douter que cette histoire était bien plus compliquée qu’elle n’y paraissait.

— Comment aurait-il pu ? s’étonna Alban.

— Il a le don pour ces trucs-là. Vois-tu, ton innocent Père Louis est en réalité le chef de notre petite organisation.

Un morceau de pain suspendu entre son bol et sa bouche, Alban s’immobilisa.

— Pardon ?

— Hé oui ! Jeunes, on avait déjà la mauvaise habitude d’écouter tout ce qui se passait autour de nous, sans compter que je m’occupais déjà de l’auberge. Autant te dire que le reste s’est fait tout seul. Cette histoire de citadelle, avec le Roi et son architecte, ça a été très compliqué. Quand les corsaires se sont installés, que les Compagnies se sont montées, tous ces gens qui venaient de Paris ont commencé à dire qu’il faudrait détruire ceci, instaurer cela. Les gens ont pris peur. Le changement, c’est pas dans leurs habitudes. C’est pour ça qu’on fait ce qu’on fait, pour que tout le monde puisse vivre en paix. L’espionnage et tout ça, c’est pas très beau, mais des fois, y’a des trucs vraiment moches qui se passent. Si on peut en empêcher un peu, c’est toujours ça de pris.

Alban était mal placé pour juger. Il demanda :

— Si le Père Louis est le chef, pourquoi est-il parti à Combourg ?

— Tout allait bien jusqu’à il y a onze ans où la Grenouille a eu des ennuis avec un type qui lui confiait des informations erronées. Il s’est méfié et il a bien fait, car ce gars travaillait pour le compte des armateurs. Tout aurait pu capoter. Comme il était plus ou moins compromis, la Grenouille a demandé au clergé de l’envoyer à la campagne se mettre au vert pour que les armateurs croient qu’ils avaient réussi leur coup. Il attendait sa nouvelle affectation quand on t’a déposé chez les sœurs. Pour une fois, le hasard a bien fait les choses !

— Donc… cela n’a rien à voir avec mes parents ?

— Non. Pas vraiment, en tout cas.

— Que voulez-vous dire ?

L’aubergiste prit un air grave.

— Je faisais partie de ceux qui ont aidé à éteindre l’incendie, ce soir-là. Je crois que j’oublierais jamais cette nuit. Je connaissais pas tes parents, j’avais pas les moyens d’aller chez un tailleur de renom. Ils avaient très bonne réputation, tu sais. Des gens bien. Personne mérite de mourir comme ça.

Alban considéra Roger avec émotion.

— Merci, murmura-t-il.

Un homme toqua à la fenêtre. Roger s’excusa auprès d’Alban et partit dans la cuisine.

            La porte d’entrée s’ouvrit à nouveau et Madenn reparut. Elle accrocha son vêtement à une patère puis fila directement à la cuisine. Roger revint, un paquet enveloppé dans un linge. Il sortit le donner à l’homme qui attendait dehors. Lorsqu’il rentra, l’aubergiste grommela :

— Une bonne chose de faite ! Ça va petit ?

— Oui. Je veux dire, oui, ça va vraiment.

C’était vrai. Roger s’approcha.

— Ça m’a fait bien plaisir que tu passes me voir. En attendant, j’ai à faire. Toi aussi, d’ailleurs.

Roger montra la fenêtre derrière Alban, qui se retourna, surpris. Le soleil se devinait au-dessus des toits.

— Je crois que tu as rendez-vous.

Soudain, Alban entendit la voix d’Erin la veille au soir, s’adressant à une petite silhouette encapuchonnée : «Rentre chez toi et n’en ressors que lorsque le soleil sera totalement levé».

Alban se leva d’un bond et renfila sa veste à la va-vite. Avant de partir, il regarda une dernière fois Roger qui le gratifia d’un sourire chaleureux.

            Il esquiva les passants, se faufila entre les groupes chargés de paniers plein de nourriture. Le vent tourbillonnait lorsqu’il arriva sur la plage, auréolée de nuages encore ourlés de rose pâle loin vers l’horizon. Seule au milieu de l’étendue claire, Nora l’attendait. Elle courut dans sa direction avant même qu’il ne touche le sable. Le cœur battant, Alban réceptionna la jeune fille qui le serra à lui en faire mal aux côtes.

— J’ai eu si peur ! Je n’ai pas dormi de la nuit !

Elle relâcha son étreinte. Alban en profita pour détailler son visage à la lumière du matin. Il caressa sa joue et sa main se perdit dans ses cheveux quand ils se rapprochèrent de nouveau l’un de l’autre, plus timidement cette fois. Alban l’attira à lui. Elle trouva ses lèvres, il trouva les siennes, encore plus soyeuses que dans son souvenir. Elle passa ses bras sous sa veste, il devina la chaleur de ses doigts à travers le tissu de sa chemise.

            Le vent d’hiver devint doux et tiède, la brume protectrice ; le murmure de la mer à marée haute se mua en petites célébrations feutrées. Alban sentit son corps se libérer, comme s’il n’avait jamais vraiment respiré de toute sa vie. Comme si tout ce qui était arrivé de laid s’envolait avec les mouettes qui se réjouissaient au-dessus d’eux.

            Le baiser prit fin. Alban enlaça Nora pendant de longues minutes. Il s’enivra de son odeur dont il avait tant rêvé et cela lui embrouilla le reste des sens jusqu’à ce qu’il finisse par rompre le silence :

— Tu m’as manqué.

Nora s’écarta légèrement, sans toutefois le lâcher, en plongeant ses yeux dans les siens avec un sourire ravi.

— Tu as changé, constata-t-elle de nouveau. Où est passé mon timide Alban ?

Il rit doucement.

— Perdu en mer, je crois bien.

— Oh, je vois. Auriez-vous donc quelque aventure à me raconter, Monsieur ?

Elle l’entraîna entre deux gros rochers qui les protégeaient du vent et se lova contre Alban en étendant sa cape autour d’eux pour les garder au chaud.

            Il lui fit le récit de son périple, la navigation, les voiles, Fort-Royal, Maracaibo. À elle, il ne cacha rien. Il lui présenta ses compagnons un par un, lui parla longuement de Maugis, de ce que le maître-gabier lui avait appris, des jumeaux, de Miguel et des autres. Le dîner sur la plage, le marché, les veillées. Il lui expliqua comment ils étaient rentrés pour se venger de Louis, qui avait causé la mort de ses parents et du Naufrageur, comment ils avaient retrouvé son oncle. Il lui raconta tout sur Killian et surtout sur le Capitaine qui, sans surprise, avait fait forte impression sur la jeune fille. Il relata la soirée de la veille sans rien omettre, jusqu’à la visite à Roger ce matin.

— C’est Madenn qui est venue te chercher, non ? demanda Alban.

— Oui. Au début, j’ai cru qu’il était arrivé quelque chose, mais quand elle m’a dit que tu étais là…

— Qui est Fanzig ?

— Ma mère.

Elle se redressa, prit ses mains dans les siennes et le tira vers elle.

— Comment tu vas faire, pour ton oncle ?

— Il n’y a pas grand-chose à faire. J’ai vécu toute ma vie sans lui, je peux continuer. Je ne suis plus seul, maintenant.

— Et… pour le reste ? Tu veux rester à bord ? Rentrer à Combourg ?

Allez, c’est le moment d’avoir du cran. Alban attrapa la jeune fille par la taille avec un air malicieux.

— J’ai bien une idée, mais…

— J’ai quelque chose à te demander, coupa-t-elle d’un ton abrupt.  

— Oui ?

— Voudrais-tu venir manger à la maison, demain midi ? Rassure-toi, tu ne seras pas tout seul, il y aura aussi Oncle Roger et Milo.

— Avec plaisir, répondit-il avec une pointe d’appréhension.

Il allait devoir rencontrer ses parents !

— Mais pourquoi spécialement demain ?

Un sourire illumina le visage de Nora.

— Alban, demain, c’est Noël !

Il se pencha lentement vers elle et l’embrassa de nouveau.

Oui.

Nora promettait une aventure encore plus folle que toutes les autres.

           

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Aliceetlescrayons
Posté le 22/01/2020
J’ai un souci avec le début du chapitre : alors que le précédent se termine sur un évènement hyper fort, « pouf », ils se retrouvent sans transition dans le souterrain.
Autre problème : tu as assez répété que la Compagnie était un bâtiment bourré de gardes dans tous les coins, dehors comme dedans. Là, on a deux bonhommes qui explosent une fenêtre (et pas n’importe laquelle, celle du grand patron) et qui s’écrasent dans la cour et personne ne bouge pendant qu’ils retournent au souterrain, sortent, vont voir les corps? Il faudrait que les gardes soient bloqués d’une façon ou d’une autre…
Pour moi, la scène avec Maugis est dix fois plus émouvante que celle avec Martial/Yann. Ce n’est pas un problème, par-contre, en lisant ton échange avec Isapass, je me suis dit que ça valait peut-être le coup d’accentuer le côté « pauvre type » du tonton. Si je me réfère aux sautes d’humeur qu’il a eu sur le Lotus Noir, il pourrait être plus dans l’agressivité et la mauvaise foi vis-à-vis d’Alban, lui présenter l’affaire comme s’il avait voulu le protéger et qu’Alban n’était qu’un petit ingrat.
Mary
Posté le 22/01/2020
Voilà, en fait, mes corrections sur Martial, c'est juste que je vais le transformer en con - y'a pas d'autre mot. Il en a rien à foutre d'Alban, c'est un lâche qui veut juste préserver sa petite vie. Il se trouve que ça passe par se débarasser de Le Bardelier, mais ça d'arrête là.? Le passage où Alban lui dit qu'il n'est qu'un lâche est déjà prêt :D
Le Bardelier tombe dans la rue, je vais repréciser. De toute façon, je devais insister plus sur la scène de sa mort.
Litchie
Posté le 02/12/2019
Je reprends ma lecture ! :) En le lisant, je me suis fait la réflexion qu'on voit beaucoup l'évolution dans ton écriture. Tu as toujours bien écrit, mais je trouve que ce chapitre l'est particulièrement, tu as beaucoup évolué (et Alban aussi !).
En revanche, je suis assez d'accord avec la remarque d'Isapass concernant le cliffhanger un peu "artificiel" et le fait que finalement la mort du Bardelier paraît assez anecdotique .
Mary
Posté le 03/12/2019
Oh merci <3
Pour le cliffhanger, c'est qu'il retombe un peu comme un soufflé parce que je passe rapidement sur la mort de Le Bardelier, ou est-ce que quelque chose d'autre te dérange?
Litchie
Posté le 03/12/2019
Merde mon commentaire est passé à la trappe ! Je disais que la scène est trop rapide à mon goût, elle manque d'impact sur les personnages (ce qu'ils font, comment ils réagissent...)
Mary
Posté le 03/12/2019
Noté !
Isapass
Posté le 05/11/2019
Je t'avoue que je ne sais pas trop quoi dire sur ce chapitre. J'attends de voir ce qui se passe dans le chapitre suivant, mais pour moi, on est déjà un peu dans l'épilogue. Du coup, je suis surprise qu'il reste un autre chapitre ET l'épilogue.
D'autre part, je trouve surprenant que tu aies fait le choix de finir sur la "traversée de fenêtre" au chapitre précédent et de réserver la découverte de la mort de Louis au début de celui-ci. Ça fait un cliffhanger un peu artificiel, dans la mesure où tu le désamorces dès les premières lignes. Surtout que tu ne fais que constater que Louis est mort, tu ne racontes pas. Encore une fois, j'attends de voir la suite, mais je me demande si ça ne vaudrait pas le coup de faire aller le chapitre 32 jusqu'à la mort de Louis. Ça mettrait l’événement plus en valeur. Parce que là, tu passes quand même assez vite dessus alors que c'est un peu tout l'enjeu du livre, non ?
Quant à la discussion entre Martial et Alban, j'ai peur qu'elle ne m'ait pas plus convaincue que la précédente : je trouve toujours que le comportement de Martial est plus que lâche : il est carrément je-m'en-foutiste ! Même la lâcheté ne suffit pas à expliquer pourquoi il ne s'est pas manifester, à mon avis...
Bon je suis désolée, je ne suis pas très encourageante...
Mais bien sûr, j'irai très vite lire la suite et on pourra en discuter.
Détails :
"Au pied de la passerelle, celui qui devait répondre au nom de Laurens faisait face à Boris" : euh, c'est qui Boris, déjà ?
"Quand j’ai eu vent de ce qu’on racontait sur le Naufrageur" : je pense que ça manque de précision. A quoi fais-tu référence ? Pourquoi ne pas l'écrire ?
A très vite
Mary
Posté le 06/11/2019
Merci pour ton retour ! Tu vois, je n'avais pas vraiment songé à un éventuel souci de découpage. Il y a peut-être des choses à revoir de ce côté là pour articuler la fin. Tu as raison quand tu dis que je ne raconte pas la mort de Louis. C'est vrai qu'il faudrait que je m'attarde un peu plus dessus, au moins la façon dont Alban le ressent sur le moment - c'est ce qui marque vraiment la fin de sa vengeance.
Pour Martial, malheureusement, je vais laisser comme ça. Ce n'est pas quelqu'un de bien, c'était prévu dès le départ. C'est quelqu'un d'égoïste, qui a du mal à l'admettre, et qui baisse vite les bras. C'est moche, mais il y a des gens comme ça - je parle d'expérience, malheureusement. Ce qui a fait réagir Martial c'est la présence d'Alban, qui le confrontait à ses erreurs, c'est plus ça qu'il a pas supporté que cette histoire de Naufrageur vivant.
Boris, c'est celui qui organise le travail au port ;)

On en rediscute quand tu veux !
A très vite !
Isapass
Posté le 06/11/2019
Ah mais d'accord ! Je n'avais pas vraiment compris ça, que tu voulais qu'on reste sur une mauvaise impression de Martial. Ça change tout ! Mais je crois que ce n'est pas si évident parce que Martial est plutôt sympa au début. Et ensuite, ses motivations pour la fausse mutinerie sont assez obscures. Du coup, moi je lui avais carrément laissé le bénéfice du doute. Je me demande si une petite interprétation n'éclaircirait pas les choses. Pourquoi ne pas mieux le montrer à travers le pov d'Alban ? Soit en ajoutant une réplique avant qu'il sorte sur le pont (genre "Je ne sais pas si j'arriverai à te pardonner ton égoïsme" ou un truc comme ça), ou au contraire une remarque par rapport à Maugis, par exemple (genre "Ce n'était pas son oncle mais il se sentait beaucoup plus proche de lui qu'il ne le serait jamais de Yan"). Pour orienter un peu, quoi.
Quant au découpage, je t'en reparle après avoir lu la fin.
Sorryf
Posté le 31/10/2019
Ouf! Tout se finit bien!
Tres émouvant ce chapitre ou ils soufflent apres la tempête.
J'espere que entre Alban et Martial ca s'arrangera, qu'ils pourront etre une famille, ils sont tout ce qu'il leur reste (meme si Alban a une famille maintenant, avec le lotus. Et peut etre une autre sur la terre ferme).
Je trouve un peu malpoli que Alban demande au doc de les laisser seuls. C'est le doc quand même et il est en train de soigner! Ca se fait pas de se pointer et lui demander de les laisser seuls ! Faudrait que ce soit Martial qui demande ca, ou alors que john sente qu'il dérange, ou encore qu'il ne soit pas en train de soigner quand alban lui demande de les laisser

J'aime beaucoup l'ambiance de ce chapitre qui sent un peu la fin... Reste une intrigue, celle de Nora. Je suis impatiente de voir leurs retrouvailles et avec qui Alban va choisir de rester!
Mary
Posté le 31/10/2019
Oui, c'était pas gagné hein (même pour moi XD)
Martial est pas à l'article de la mort non plus hein, puis c'est certainement pas lui qui va demander à parler avec Alban. Pour le coup, je crois que je vais laisser comme ça, désolée. Au moins il dit "s'il te plaît" XD
Héhé il reste un chapitre et l'épilogue, tu verras bien :p Si tout va bien, le Lotus est terminé dimanche....maximum. (Mon dieuuuuuuuu)
A très vite !
Keina
Posté le 29/10/2019
On sent que c'est bientôt la fin... le méchant a été battu, les secrets ont été révélés, et j'ai comme l'impression qu'Alban a bien grandi !
Chouette chapitre en tout cas, j'admire ta capacité à instaurer les ambiances en quelques mots. Tout est très fluide, très clair, on visualise en un clin d’œil chaque situation... Bravo !
Puisque tu poses la question sur le titre dans ton jdb, c'est vrai qu'il est métaphorique, on peut lui prêter plein de significations. Pour moi il évoque le fait qu'Alban est maintenant marin aguerri, mais ce n'est sans doute pas de base le sens que tu voulais lui donner. En tout cas je n'ai pas eu l'impression de ne pas comprendre Alban dans ce chapitre, au contraire, on le sent plus mûr, plus adulte... et j'ai comme l'impression qu'il pourrait bien reprendre la mer...
Mary
Posté le 29/10/2019
Ah ça me soulage, je dois dire ! Je crois que j'ai tourné un peu trop ce chapitre dans ma tête XD Oui, Alban a bien changé, en mieux, je crois.
Nous verrons...à l'épilogue (oui je suis encore versatile à ce sujet, mais je crois que je finirai par en faire un)
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