Chapitre 30 : Louis Le Bardelier

Par Mary

XXX
LOUIS LE BARDELIER

 

 

 

 

Louis Le Bardelier déposa sa plume sur son écritoire et fixa les flammes dans la cheminée le temps que l’encre sèche. Il poussa un long soupir. Les travaux sur le port ne lui facilitaient pas les affaires. L’Amirauté tenait des registres précis sur les allées et venues de ses navires et mettait son nez dans les ordres de mission un peu trop souvent à son goût. Les grands voyages marchands ne reprendraient pas avant le printemps, on arrivait dans la saison la plus calme de l’année. Pourtant, la paperasse s’accumulait.

            Il y avait eu aussi le retour de l’Hermès depuis Fort Royal à gérer. Énorme profit pour un si petit bâtiment, Louis s’en félicitait. Les nouvelles qu’il avait reçues de Laurens s’avéraient excellentes. D’après son dernier message, il suivait la piste du Naufrageur avec succès. Il avait bien croisé le Lotus Noir, mais Louis s’était montré clair dans ses directives. Si la fille retrouvait son père, mieux valait être prudent. Il avait donné au commandant de la Chimère toute latitude pour s’adapter aux circonstances et régler définitivement le problème.

Il n’y avait guère que ce message si étrange en provenance de François Chatenay. L’administrateur du comptoir de Fort Royal lui avait fait parvenir une lettre via l’Hermès. Apparemment, un des marins du Lotus Noir avait demandé après le Yann. Il s’en occuperait plus tard, ce n’était sans doute rien.

            Bientôt, bientôt, il dormirait sur ses deux oreilles.

            Il entendit un bruit sur la coursive. Serait-ce Basile qui revenait déjà avec sa tisane ? Un brave type ce Basile, très discret, mais un peu lent. On ne peut pas tout avoir dans la vie.

            Non, cela ne ressemblait pas à Basile. Il se releva d’un coup, pris d’un pressentiment inhabituel. Il attacha rapidement son épée d’apparat autour de sa taille. Cela pourrait toujours être utile.

            Lorsque tout un groupe de gens fit irruption dans son bureau, il ne songea même pas à appeler à l’aide. Une montée d’excitation lui procura une bouffée suave de nostalgie.  

Il reconnut Erin. Ici ? Depuis quand était-elle rentrée ? S’était-elle seulement amarrée au port ? Ses hommes installèrent la barre de sécurité en travers de la porte. Louis masqua un demi-sourire. Basile allait prévenir les gardes en trouvant porte close. Pour une fois que le passage secret du poste des veilleurs servirait à quelque chose. Ce n’était qu’une question de minutes.

Il se redressa. Alors, on y était. Contre toute attente, la soirée s’annonçait prometteuse.

Cela devait arriver, à un moment ou à un autre. À la tête qu’Erin affichait, il était de toute façon trop tard. Il ne faisait pas bon la contrarier, rien de nouveau à ça. Elle n’était pas venue seule. Par précaution, sûrement ; elle savait parfaitement que la Compagnie était un des bâtiments les plus protégés de la ville. Se trouvaient là son second — le fils désavoué — son canonnier et les deux jumeaux. Ceux-là, il les connaissait. Louis était un homme bien renseigné. Le petit jeune aux cheveux clairs, en revanche, il ne l’avait jamais vu.

Erin se précipita sur lui, rapière à la main. Lorsque la lame s’arrêta à quelques centimètres de sa poitrine, il ne bougea pas d’un pouce.

— C’est terminé, Louis. La partie est finie. Tu as perdu.

Perdu ? Certainement pas. Cela faisait bien longtemps que Louis ne perdait plus.

— Que me vaut le plaisir ? demanda-t-il avec l’air faussement affable qu’il réservait d’ordinaire à ces incapables de l’Amirauté.

Son regard passa de l’un à l’autre des hommes derrière elle et s’attarda sur le gamin aux yeux gris. Il y avait quelque chose de bizarre chez lui. Que fabriquait-il ici, en premier lieu ?

— Dois-je m’inquiéter ? continua-t-il.

— Tu nous dois des explications, Louis.

« Nous » ?

Il contourna prudemment son bureau. Il guettait une attaque éclair, mais les matelots obéissaient à leur Capitaine. Ils ne bougèrent pas, sauf le jeune homme qui redressa son sabre avançant d’un pas. Il l’intriguait. Pourquoi tant d’agressivité ?

— Vraiment ? Qu’est-ce que cela va changer ? Ce qui est fait est fait. Que vas-tu faire ? Me tuer ?

— POURQUOI ? rugit Erin en brandissant son arme.  

Oh, tant de raisons.

Il aurait pu tout lui raconter. Comment il avait âprement négocié ces deux années sabbatiques avec son père contre la promesse de reprendre le flambeau de la Compagnie. Comment il avait commis sa seule erreur. Une erreur de jeunesse. Sur le moment, il avait trouvé cela drôle de ne pas mentir sur son identité, d’apposer même le sceau familial pour narguer l’autorité paternelle une bonne fois pour toutes. Un Bardelier sur un navire pirate ! Et rien de moins que le Lotus Noir, s’il vous plaît. L’affront suprême.

Cette nuit-là, il s’était saoulé comme jamais auparavant. Il avait savouré cette liberté, celle que le Naufrageur défendait bec et ongles. Il avait découvert le monde de la flibuste, tellement moins terne que la Marine Royale où il avait fait ses classes !

— Répondez ! lança le jeune homme.

Il haletait. De colère ? Tout raide, tout crispé, il ne détachait pas ses yeux de Louis.

— Qui es-tu donc, toi ?

— Pourquoi avoir fait tuer mon père, Louis ? coupa Erin. Après tout ce qu’il avait fait pour toi ! Et les autres ? Tout ça pour ta réputation ?

— Crois-moi si tu le veux bien, mais je n’ai pas fait ça de gaité de cœur.

Louis ne mentait pas. Il avait vraiment apprécié les moments passés avec le Naufrageur. Le vieux loup de mer lui avait tant appris. Il s’était pris d’affection pour cet homme aussi impitoyable avec ses adversaires que loyal avec ses matelots.

Il aurait dû comprendre que son époque était finie. Louis n’avait jamais envisagé qu’il refuserait son offre de rejoindre sa Compagnie. Il avait tout fait pour convaincre Charles que son seul moyen de préserver sa liberté passait désormais par lui. Le temps des pirates était révolu.

Il releva la tête vers Erin. Elle fulminait. Son second trépignait.         

            Louis se campa sur ses deux pieds. Malgré les apparences, la situation était tout à son avantage. Basile avait dû donner l’alerte maintenant. Le bouton de la poignée avait tourné dans le vide quelques instants auparavant. Le bout des doigts frémissant, Louis savourait son moment avec délice.

Quelque chose attira son regard. À la lueur diffuse du feu, entre les ombres, il vit le mince filet de sueur qui recouvrait le front du plus jeune. Était-ce un jeu de son esprit ou bien l’avait-il déjà croisé quelque part ? Où ?

— Oh vraiment ? continuait Erin, sarcastique. Puisque tu as tant aimé la piraterie, pourquoi ne pas être resté à bord ? Tu y aurais eu ta place !

— Et perdre ma fortune ? répondit-il en haussant un sourcil. Tout le pouvoir qui allait avec, que mon père allait me léguer de bonne grâce ? Non. Tu vois, le problème de ce cher Charles — et nous débattions longuement à ce propos — c’est qu’il possédait un pouvoir considérable sur les pirates du coin et n’avait même pas l’idée d’en faire usage. Il aurait pu faire comme ces Anglais aux Bahamas.

— Quel rapport ?

— J’ai mis du temps à comprendre que si le Lotus n’était pas avec moi, il était contre moi. Il pourrait le devenir, en tous cas. J’allais reprendre la Compagnie. Mon père et moi avions des projets d’expansion qui, comme tu le sais, ont divinement porté leurs fruits. Nous devions avant tout éliminer toute concurrence, y compris pirate.

— Assez ! Où voulez-vous en venir exactement ?! s’énerva le gamin.

— Alban, murmura Erin, laisse-le finir.

Alban ? À retenir. Louis prit une grande inspiration. Dans sa tête, il avait préparé sa tirade depuis des années. Il lui tardait de voir la réaction de la jeune femme. Oh, comme il avait attendu ! Devait-il lui dire tout, tout de suite ?

Peut-être pas. Ce serait plus drôle de la briser petit bout par petit bout.

            Il n’avait jamais aimé cette fille. Beaucoup trop de caractère.

            Il plongea ses yeux dans les siens. Autant se faire plaisir. De toute façon, ni elle ni ses compagnons ne survivraient jusqu’au matin.

— J’ai proposé un marché à Charles. Son immunité contre son entrée dans la course. Il a deviné mon plan tout de suite alors il a refusé. Tout allait tomber à l’eau. Il est revenu me voir plus tard, me disant qu’il avait de quoi ruiner la Compagnie. Je me doutais qu’il jouerait la carte de la chasse-partie, alors j’ai fait l’idiot. Le soir où il a disparu, je lui ai fait une deuxième et dernière proposition à laquelle il n’a pas pu dire non. J’avais tout prévu. Pendant qu’il signait sa lettre de course, mes exécutants affûtaient leurs outils.

            La pointe de la rapière oscillait. Le poignet de la jeune femme tremblait de rage. « On a beau se l’imaginer des centaines de fois, la réalité s’avère bien meilleure que les fantasmes » songea Louis avec délectation.  

— Tout ça pour votre réputation ? Pour que personne ne sache que vous aviez été pirate ? éructa le garçon, Alban.

Louis se tourna vers lui, circonspect. Il commençait à l’agacer, maintenant.

— Je ne vois pas en quoi cela te concerne, petit, mais puisque tu me le demandes… Oui. Cette chasse-partie aurait tout gâché, tout ça à cause d’un si petit bout de cire.

Il se concentra à nouveau sur Erin.

— Je n’avais pas le choix ! conclut-il en haussant les épaules. D’autant que j’ai récemment découvert que j’avais raté mon coup, ce soir-là. Je me suis rattrapé depuis, mais tu le sais déjà, je me trompe ?

Triomphant, il lut sa victoire dans ses yeux ambrés. Oui, cette fois, plus de doute, le Naufrageur était mort et bien mort.

— Tu as envoyé Laurens faire le sale boulot, ragea Erin. Tu les as vraiment tous tués ? Tous ceux avec qui tu as navigué quand tu étais avec nous ?

Louis perçut une légère ondulation derrière la tapisserie. Les gardes attendaient un signal. Il posa négligemment la main sur la poignée de son épée. La sensation du métal froid sous ses doigts lui déclencha un frisson purement exquis. Sa voix vibra quand il reconnut :

— Tous ceux que je n’ai pas pu acheter ou qui ont été trop bavards. Tous ceux qui, de près ou de loin, auraient pu me causer du tort. Cela évite tellement d’embarras.

En face de lui, Erin sursauta et regarda nerveusement autour d’elle :

— Quelque chose ne va pas.

— GARDES !

 

 

 

 

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Aliceetlescrayons
Posté le 22/01/2020
Génial! Personnellement, j’adore me mettre dans la peau des méchants. Ça leur donne une dimension plus humaine. Dans ce cas particulier, ça permet de justifier le déballage de Le Bardelier. Ses aveux ne font pas du tout « je raconte tout pour expliquer au lecteur », je ne sais pas si c’est très clair. Bref, super bien amené.
Juste un détail. J’aurais signalé le coup du bouton de porte qui tourne avant. Le fait que Louis dise qu’il l’avait vu bouger mais après, ça a un peu cassé la tension à mon sens.
Mary
Posté le 22/01/2020
Ce chapitre a été compliqué à écrire parce que justement je voulais pas tomber dans "je déballe tout au lecteur" façon James Bond mais en même temps il fallait bien que je vous explique plein de trucs :) Du coup, c'est Cricri qui m'a suggéré de le faire en POV Le Bardelier et ça a débloqué toute la situation.
Litchie
Posté le 17/10/2019
Ahh bah ça passe très bien comme ça, du point de vue du Bardelier ! La transition se fait très bien et on évite le trop-plein de clichés :) J'aime bien le fait qu'on sente le plaisir du triomphe de son point de vue.
Mary
Posté le 17/10/2019
Tant mieux ! La formule de Cricri met tout le monde d'accord (et ça m'arrange pour tout dire XD)
Keina
Posté le 15/10/2019
Mais il est très bien ce chapitre, tu n'avais pas à t'en faire ! On comprend bien les intentions de Louis, et ses motivations, et le changement de point de vue ne m'a pas du tout choquée. Par contre, je me demande bien comment nos héros vont se sortir de ce mauvais pas...
Mary
Posté le 15/10/2019
Vos retours sont aussi bons les uns que les autres, ça me fait plaisir !
Oui, bon, ça va pas être une promenade de santé. Je suis en train de l'écrire !
Merci, et à très vite !
Sorryf
Posté le 14/10/2019
Très bien racontée, l'histoire de Bardelier ! ça coule tout seul, on n'a pas l'impression qu'il raconte sa vie, après tes questionnements sur le forum je me demandais comment tu allais faire, et franchement bravo c'est magistral !
Les persos sont dans la merde par contre :x j'espère qu'ils vont s'en tirer sans trop de dégats j'ai assez pleuré sur FPA ces dernieres semaines pour les 6mois à venir !
Je n'ai pas commenté le chapitre précédent, mais la partie infiltration était super \o/ et j'ai aimé le passage ou Erin donne le manteau a Nora (j'aurais bien aimé que Nora reste avec le groupe, mais je comprends que ce soit impossible, en plus je pense qu'elle est plus en sécurité comme ça)
Mary
Posté le 15/10/2019
Ah, c'est malin, j'ai le coeur qui bat tout fort en te lisant ! :D
C'est effectivement pas possible d'inclure plus Nora là-dedans, mais t'en fais pas pour elle, elle est pleine de ressources !
A très très vite pour la suite et encore merci !
Gabhany
Posté le 13/10/2019
Han mais non !! Ca ne sent pas bon tout ça pour Erin et les hommes ... J'ai suiv aussi tes questionnements sur ton jdb et je trouve le méchant très réussi. C'est à la fois crédible et passionnant d'avoir son point de vue à lui.
Mary
Posté le 13/10/2019
Oh, merci Gab ! Oui, il est puant Le Bardelier... L'exercice d'écriture était vraiment chouette, mais alors se mettre dans sa peau, c'est....bwweerrk. Paradoxalement, dans cette version-ci et avec ce point de vue inversé, j'arrive à bien plus m'en détacher, mais dans les premières, j'étais vraiment mal à l'aise quand j'écrivais la fin. Je constate mes progrès avec plaisir ^^"

A très vite pour la suite !
Isapass
Posté le 12/10/2019
Impec les changements ! Bon, comme je me suis sentie investie d'une mission et que ma seconde lecture avait été un peu vite faite, j'en ai repassé une couche et j'ai encore trouvé matière à pinaillage :D Tu verras en dessous.
Et cette relecture m'a aussi permis de prendre plus de recul sur le texte au profit de l'histoire. Donc si je comprends bien, Le Bardelier a donné un rdv au Naufrageur pour signer la lettre d'ordre, mais en fait il l'a suivi chez les parents d'Alban et il a foutu le feu pour se débarrasser à la fois de Louis et de la chasse-partie, c'est ça ? Et il n'a découvert que 10 ans plus tard que Charles s'était tiré de l'incendie ?
Sans surprise, je conclurai sur : vivement la suite ! ;)

Détails et pinaillages :

"Se trouvaient là son second —le fils désavoué— son canonnier et les deux jumeaux." : il manque des espaces autour de "le fils désavoué" et la virgule après le second tiret cadratin.

"Il n’y avait le petit jeune aux cheveux clairs." : il manque un "que"

"Il avait découvert le monde de la flibuste, tellement moins terne que la Marine Royale !" : pourquoi comparer à la Marine Royale ? Il y a servi ? Son père voulait qu'il y rentre ? Il faudrait peut-être contextualiser cette comparaison.
"c’est qu’il possédait un pouvoir considérable sur les pirates du coin et refusait d’en faire usage" : une remarque (genre pinaillage level 100), je me demande si ça ne serait pas plus conforme au personnage de mettre que le Naufrageur ne pensait même pas à se servir de son pouvoir, plutôt qu'il refusait. Je m'explique : d'abord si Charles avait vraiment refusé, Louis aurait eu moins de pression. Alors que s'il s'était dit qu'il n'avait pas encore réalisé le pouvoir qu'il avait, mais que ce n'était qu'une question de temps, ça serait plus flippant pour lui. Ensuite, vu sa personnalité à lui, il doit avoir du mal à concevoir que quelqu'un puisse avoir autant de pouvoir sous la main et ne pas s'en servir. Il ne doit même pas comprendre que c'est possible, non ? Donc même si dans la réalité, Charles a vraiment dit qu'il refusait, là tu es dans un pov Louis, et il peut interpréter différemment (n'hésite pas à me dire si je ne suis pas claire)

" Il n’avait jamais aimé cette fille." : pourquoi ?

"La sensation du métal froid sous ses doigts lui déclencha un frisson d’anticipation purement exquis." : c'est bizarre ce frisson d'anticipation... C'est pas plutôt "lui déclencha un frisson d'excitation anticipé" ou "par anticipation" ?
Mary
Posté le 13/10/2019
Yes !! Merci pour le complément de détails. Pour le moment, je laisse comme ça, là, je vais avancer. Tu as tout compris, à ceci près qu'il n'a pas suivi le Naufrageur, il l'a fait suivre :p Il lui a donné rendez-vous pour signer une première fois, le Naufrageur a refusé, alors il a retenté sa chance avec des arguments plus persuasifs, et le Naufrageur a signé à contrecoeur , pensant qu'il aurait moyen de rattraper le coup.
Renarde
Posté le 12/10/2019
Et bien Mary ! J'ai suivi toutes tes interrogations concernant ce passage, ta crainte d'en faire un grand méchant à la James Bond (sans le chat sur les genoux). Tu as opté pour la solution de Cricri et je dois dire que le rendu est top !
Franchement, c'est génial de voir le résultat de tes doutes et de ton travail. Cela ne fait ni artificiel, ni mal amené. Cela coule tout seul et on ressent bien cette espèce de mépris teinté de supériorité qu'il affiche tout du long.
Après tout, il n’allait pas tout perdre pour une bête erreur de jeunesse, non ?

Par contre, ils sont mal barrés l'équipe, là...
Mary
Posté le 12/10/2019
Oh la la merci Renarde ! :D voilà une belle façon de commencer ma journée ! Je suis heureuse et soulagée de voir que ca ne fait pas ni emprunté ni cliché ( le chat sur les genoux XD ) .

Ah oui par contre ils sont CARRÉMENT mal barrés! La suite au prochain épisode !
Merci beaucoup pour ton commentaire !
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