Chapitre 3 : Une complainte du nom d'amertume - Nouvelle version

Notes de l’auteur : Version du 09/09/2022

Mais ce temps est loin encore. Continuons à dérouler le fil, au moins cela me fait revivre cet instant presque heureux de ma vie. À ce moment de mon récit, Eskandar traversait le quartier pour rejoindre notre adresse. Et d’ici à y arriver, il fallait affronter la foule. Esquiliae formait un lacis de ruelles ombragées de bleu où se pressait un torrent de tout ce que la ville peut vomir la journée. Des tuniques, des sandales qui m’écrasaient les pieds, les colporteurs, les soldats... Déjà le soleil se faisait moins dur, quelques travailleurs avaient sorti les dés aux tabernae où les chaînes reliant les amphores proposées cliquetaient. Une brise à l’odeur de marée montait du Tartare, comme si lui-même soupirait de cette journée qui n’en finissait pas. On avait disposé des tables dans la rue, les insulae sonnaient creux tandis qu’une vague d’enfants galopait dans les recoins. À la fontaine du Lion, nous dépassions trois esclaves de corvée d’eau, quand enfin, Eskandar sortit de son mutisme : 

— Penses-tu que Domitia ait perdu la tête, Vara ? Est-ce qu’elle me prend pour un sot ? Est-ce que je suis devenu fou dans l’intervalle ? 

— Elle surestime ce prisonnier. Cela pourrait même être une manipulation du Marionnettiste. On ne peut accepter de se charger d’un suspect dans l’enquête. Je suis contre. Dis-lui non. 

Il grimaça, et pas seulement parce que nous passions devant une foulerie et son amphore d’urine à l’entrée. 

— C’est sa manière de me faire payer l’échec du curateur et l’histoire du cadavre du Tartare. Elle est aussi corrompue que les autres. Dire que je me saigne pour mes affaires et que ça ne fait qu’à la conforter dans son siège de consule. 

Il cogna un tesson d’amphore du bout de ses sandales. Je ne répondis pas. Il n’y avait rien à ajouter : nous étions d’accord et notre principale adversaire n’était de toute façon pas là. J’aurais pu lui parler du chant de factieux d’Orazio, du graffiti l’insultant lui, mon maître, sur le mur extérieur de la prison et que j’avais tâché de dissimuler pendant la visite... J’aurais pu lui révéler tout cela. Mais voilà pour moi, tout lien de domination exclut la confiance, et tant qu’il me dominait, je n’aimais pas lui donner trop d’emprise en lui offrant tout ce que je savais. De plus, au risque que cela étonne, je ne souhaitais pas blesser Eskandar. Il est d’une fragilité absurde lorsque l’on veut bien s’y pencher. Il se retourna soudain vivement vers moi, interrompant le flux de mes pensées :

— Tu viendras au repas chez Tullia ? Il y aura Dillia et Lucius. 

— Je n’ai pas envie d’être seule à la maison.

Il grimaça.

— Parfait. Je préfère te garder près de moi de toute manière. Je ne veux pas y aller seul. Des coquetteries à n’en plus finir, des statères qui pourraient servir à l’empire et qui engraissent ces marchands de perruques et de soie et nos ennemis derrière... Je n’aime pas le flamand rose aux oursins ou que sais-je encore, Vara. Du pain, des olives et un verre de lait, comme nos pères et nos mères, je n’en demande pas plus. S’ils avaient autant d’honneur que de velléités à se vautrer dans leurs plaisirs... Et ce seront eux qui pleureront le jour où je les condamnerai pour leurs déviances, grâce à notre prince et son sens de la droiture. Lui a compris ce que devait être Esquiliae après la déchéance de cette guerre civile. La guerre civile avait amené la dépravation, il nous a sauvés. Lui sait que pour qu’Esquiliae perdure, nous devons être forts. Renoncer à ce sang de sauces et de teintures qui coule dans les branches les plus pourries de nos citoyens. À cette génération molle qui porte les cheveux longs, comme les pires criminels, comme cet Orazio.

Je l’avais rarement vu aussi expressif que depuis la fois où Domitia l’avait radié pendant trois jours de sa fonction de juge suite à l’exécution quelque peu expéditive d’un chevalier. Il avait la colère bavarde, et le contentement muet. Heureusement, nous parvînmes enfin au coin de notre rue, ce qui mit fin à sa diatribe. Diatribe que je n’entendais de toute façon qu’à moitié au milieu des piaillements des gosses encombrant les pavés et des bavardages de comptoir. Pour être honnête, j’ai retranscrit tout cela en empruntant des bouts de phrase à ses discours antérieurs, en remplissant les trous, et si par moment je doute de l’exacte véracité de mes inventions, cette reconstitution me semble assez convaincante de ce dont il était capable. Lorsque nous passâmes devant la popina en bas de chez nous, le tenancier aperçut mon maître :

— Eskandar ! Courrier.

Il agitait les bras par-dessus ses clients attablés sur le trottoir. Maussade, Eskandar se contenta de hausser les épaules. Je m’approchai à sa place récupérer les plis. 

— Tout va bien ? me lança le cabaretier en me tendant les tablettes ainsi qu’un petit sac. On dirait un cortège funéraire. Ton maître n’a pas l’air drôle aujourd’hui, petite. Si tu veux, on recrute ici. 

Je jetai un coup d’œil au fond de l’échoppe d’où montaient des grognements. Les tarifs étaient connus : une passe ne valait même pas le prix d’un pichet de vin correct. Je marmonnais :

— Plutôt me bouffer la langue que bosser là. 

Puis, sans attendre, talonnée par son juron, je galopai sur les pas de mon maître. Ce dernier patientait simplement à l’entrée. Je me chargeai de saluer le concierge à sa place, puis m’engageai à sa suite jusqu’à notre logement au premier étage. La porte s’ouvrir sur l’enfilade de pièces dépouillées familières : Eskandar n’avait même pas pris la peine d’ajouter de la couleur à la mosaïque noir et blanche courant au sol. Il s’effondra en un soupir à sa table tandis qu’accroupie sur un coussin, je parcourais le courrier reçu. 

— Une lettre de ton père, Eskandar. Tu la veux ? 

Il grogna. Je la mis de côté, avec les missives à jeter. Le reste n’avait guère d’intérêt, de la paperasse qu’il lut en diagonale tandis qu’une jeune esclave du chaudronnier en bas entrait avec quelques provisions et un cruchon de vin. Eskandar n’aimait pas le monde : il préférait louer les services de quelqu’un qu’il pouvait renvoyer ailleurs sitôt la corvée terminée. Sauf pour moi : moi, j’étais à part. Il ne lui fallut que quelques minutes pour parcourir les missives que j’avais triées pour lui.

— C’est pour toi, fit-il en me tendant une tablette avec le petit sac. Cadeau de Dilllia Messor. Apparemment, elle a beaucoup apprécié ce que tu lui as dit sur la rhétorique la dernière fois sur le Forum. Il y a une orange dans le sac. Pour que tu continues à étudier.

Une orange... J’aurais préféré de l’argent, mais l’orange m’allait bien. 

— Tu ne la manges pas ? me demanda Eskandar en me voyant la poser sur la table.

— Plus tard. J’ai pensé à une raison pour laquelle le Marionnettiste l’aurait attaqué lui. Le corps qu’on a retrouvé dans le Tartare...

Je mentais à moitié. La vérité était qu’une orange valait cher, et qu’elle me rapporterait un petit pécule. L’appât fonctionna, il n’en reparla pas. Et, tandis que la petite esclave terminait de dépoussiérer l’argenterie de l’entrée, nous débattîmes. Longuement. Il n’y avait aucun lien apparent avec les victimes précédentes : le cadavre était celui d’un ancien affranchi d’un clan rival de Domitia. Moi, je soutenais que le Marionnettiste choisissait ses victimes en fonction de nous. Eskandar pensait qu’il choisissait ses victimes en fonction de lui et de ses désirs. La conversation roula. J’oubliais pendant un instant qui j’étais et qui lui était. L’esclave s’éclipsa après nous avoir apporté un peu de vin. Et quand vint l’heure de partir chez Tulllia Iuncina, mon maître n’avait même pas pris le temps de se débarbouiller. 

— Après, fit-il une fois dehors, les deux ne sont pas incompatibles. Il peut le faire pour nous et pour lui. 

Toujours la même vieille conclusion. Je préférai dévier sur des questions plus terre à terre :

— Et si c’était un complot contre Domitia ? Le Marionnettiste s’obstine à choisir des victimes qui l’arrangent, elle.

— Nous n’avons aucune preuve de lien entre le Marionnettiste et des sénateurs... Tu t’emballes, Vara. Les ennemis de Domitia sont aussi nos ennemis. Le Marionnettiste peut nous viser, et non elle. Ou brouiller sa piste.

Et ça continua, encore et encore, avec la persistance du ressac. À vrai dire, nous ne savions plus à quel dieu nous vouer. Le Marionnettiste était insaisissable et ses potentielles victimes si nombreuses... La discussion ne se tarit qu’une fois près de l’enceinte de la domus de Tullia Iunicina. 

— Bon, grimaça mon maître, ce soir, on mange. On rentre tôt et on se renote tout ce qu’on a dit. Pas un mot devant Tullia. Elle déteste quand je parle du travail.

Je hochai la tête. Inutile de mentionner Orazio non plus, pas à présent qu’Eskandar avait réussi à oublier son existence. Même si je comptais payer une visite à la consule. Car comment Domitia avait-elle pu avoir la primeur de l’information à son sujet ? Une fois à l’intérieur de la domus, Eskandar confia sa serviette à un esclave, trempa ses doigts dans une eau de pétales de rose et s’en alla ruminer tout seul face à une statue de Venaphrosia. Le reste des convives arrivait peu à peu, bien qu’il était encore tôt : Tullia Iuncina n’avait même pas fait son apparition. C’était bien la seule dans tout Esquiliae, hormis peut-être le prince, à qui l’on pouvait pardonner sa négligence envers ses invités. Sa charge de magistrate en charge de l’eau de la capitale n’y était pas pour rien : les riches Esquiliens passaient tout à celle qui pouvait décider de raccorder – ou pas - leurs domus au réseau central. Je me posai sur une banquette près d’Eskandar pour souffler un peu. On n’avait pas idée de parcourir Esquiliae avec de si petites jambes. Mes cuisses me lançaient, surtout après les chevauchées des derniers jours pour rentrer sur la capitale. Je levai les yeux vers mon maître. D’un coup, il paraissait serein. Les yeux fermés, la main sur le socle, je le devinai en pleine prière en une dévoterie qui aurait pu me prêter à rire. Mais je ne ris pas. J’aimais voir son front dégagé des rides d’anxiété. Ses paupières calmes. J’aimais le voir renouer avec quelque chose de la paix avec le monde et lui-même. Les boucles blondes de la déesse tombaient avec délicatesse sur son cou de marbre. Eskandar frôla la pierre avant de se détourner, le visage dissimulé dans les ombres de l'atrium. C’était déjà le retour de l’orage. 

(Une pensée me saisit alors que j’écris. Je réalise que je n’ai jamais su si le plus grand ennemi d’Eskandar, c’était les autres ou lui-même.)

Autour, les esclaves galopaient, rougis dans leurs tuniques de lin grège. Il montait une odeur de poisson fermenté et de viande bouillie depuis la cuisine, placée à gauche du péristyle. La douzaine d'autres convives murmuraient dans l'atrium où s'enroulaient sur les murs de fabuleux jardins en trompe l'œil. Au-dessus d’eux, les masques de cire des ancêtres jetaient un regard sévère sur la foule. Leurs traits se creusaient sous l’effet de la pénombre. Une main délicate avait allumé quelques lampes à huile. Les flammes léchaient la grisaille qui menaçait le point du jour et réchauffaient quelque peu l'atmosphère. La nuit avait beau être lointaine, quelque dieu avait jeté son manteau sur le soleil et je ne pouvais m'empêcher d'y voir là un sinistre présage. 

— Est-ce que j’ai manqué un détail ? reprit Eskandar à voix basse. Quelque chose chez Orazio ou chez les autres ? Ai-je négligé mon enquête ? Comment Domitia a-t-elle pu trouver un témoin que je n’avais pas ? 

— Je pense qu’Orazio est une impasse, fis-je. Il ne sait rien, c’est une évidence pour tout le monde, je suis même étonnée que Domitia se laisse ainsi berner. Nous faisons notre possible, tu fais ton possible. Tu n’es pas un dieu, Eskandar, et je ne le suis pas non plus. 

Dans ses yeux dansaient les ombres dispensées par les lampes accrochées aux murs. J’y lisais des figures effrayantes, des visages se labourant la peau, s’écorchant les paupières et vomissant des ténèbres. J’y lisais un cortège de monstres : Orazio et ses provocations, Domitia et son dernier rival Pollonius, son père Farbod... Je n’aimais guère soutenir le regard d’Eskandar pour cette raison. Pour cette espèce de cri qui vous minait quand vous vous plongiez dans ses yeux.

— Tout va bien, Eskandar ? Tu as un teint affreux. Bonjour Vara.

Eskandar haussa un sourcil et se retourna. Absorbés par notre ressentiment, les claudications de Lucius Iuncinus nous avaient échappé. Les conversations dissimulaient de toute façon le frottement familier. Affligé des séquelles d'une paralysie infantile, le jeune homme traînait sa jambe atrophiée sur la mosaïque de l'atrium sans se soucier du regard dégoûté des invités. Peu lui importait, personne ne lui dirait rien : il était l'enfant chéri de notre hôtesse, celui qu'elle avait refusé d'abandonner malgré tous les avis. Une fois de plus, même absente, Tullia Iuncina imposait le respect. La simple présence de Lucius apaisa un instant la tempête qui menaçait Eskandar. Et moi, j’appréciais la pondération du jeune homme ainsi que la bienveillance de sa mère. Quand Eskandar m’avait parlé de Tullia pour la première fois, je me suis dit que j’aurais aimé avoir quelqu’un comme elle pour veiller sur moi, avant tout ça. 

— Je réfléchissais, grogna Eskandar. Ta mère en a encore pour longtemps ? 

Lucius sourit et se laissa tomber sur un siège curule en un râle. Le magistrat rattrapa la canne à temps, et la posa en douceur sur un coussin. Puis, Lucius plissa les yeux pour se livrer à un examen approfondi des convives. Des coiffures tressées, des toges, des calvities, des couronnes de fleurs, du fard plâtré et des parfums. Il ne dit mot, mais je connaissais toute sa verve et son habilité à se moquer d'un monde qui ne lui avait offert que mépris ou hilarité déplacée. Malgré tout, cette fois, quelque chose semblait différent. Le silence persistant de Lucius n'était pas habituel. En effet, je remarquai soudain, les regards noirs empesés de reproches ne visaient plus Lucius. Ils le visaient mon maître. Et mon maître le remarqua aussi.

D’un coup, il se pétrifia. Il ferma les paupières un instant et son visage reprit son inoxydable sérénité. Je connaissais la force de son obstination. Ni Domitia ni cette foule médiocre ne sauraient le toucher, du moins le pensait-il. Son père n'aurait par ailleurs que peu apprécié un aveu de faiblesse en public. Pour l’avoir croisé une fois, je comprends qu’Eskandar fasse son possible pour se tenir loin d’Esquiliae et de lui. Cet homme était rongé par les ombres et ses joues creusées dessinaient un paysage d’os et de ténèbres. 

— Tu as fait grand bruit, fit Lucius. Arrêter et humilier publiquement un curateur d'une aussi grosse ville, pour une histoire d'esclave tué. Certains commencent à voir ton incorruptibilité comme une menace.

— Tu me vois comme une menace ?

Le jeune homme éclata d'un rire cristallin et passa la main dans ses boucles. Elles exhalaient un parfum de musc et de violettes. Malgré son teint jaunâtre et le tourment qui avait prématurément vieilli son visage, la verve de Lucius Iuncinus avait préservé la vivacité de son expression. Ses yeux brillaient et dès qu'il sortait de sa réserve, la vie reprenait ses droits avant de s'éteindre sitôt que quelque pensée triste revenait le saisir. 

— Non, fit-il d'un ton à nouveau fané. Tu me soutiens dans mon mariage avec Dillia Messor. Et il y a tout le reste. Même si tu es aussi inexpressif qu'une amphore. 

Sans même le réaliser, il frotta sa jambe malade.

— Je te conseille de quitter Esquiliae quelque temps. Caius Aburius Fulvi connaissait ce curateur. Il a promis d'obtenir justice, hors des tribunaux si nécessaire. Et le questeur Pollonius le couvre, comme il couvre tout ce qui peut amener la ruine de Domitia. 

— Je verrai ce que je peux faire. Merci pour l'avertissement. 

Lucius hocha la tête avec gravité.

— Eskandar ! 

Au son de la voix de stentor, toute l'assemblée se retourna. Vêtu de sa toge sénatoriale, maigre comme un fil et croulant sous les bijoux, Spurius Pontius Valerianus avançait à grands pas dans notre direction. Les murmures de désapprobation reprirent de plus belle. Derrière Spurius trottait sa fille, Dillia Messor, ronde et dépouillée en dehors d'une ceinture plaquée d'argent. L'inverse de son père, et cependant, tous deux partageaient cette espèce de sourire débonnaire et la plaisanterie facile, signe d'une intelligence éveillée. Nulle surprise que Lucius fût tombé dans les filets de la sensible Dillia. Je réussis à lui glisser un mot de remerciement pour l’orange. Elle me sourit avec douceur. Dillia... Ce mot me semble si lointain depuis notre cachette. Voici un nom qui brille et qui s’éteint la nuit. Tu étais là. Dillia. Cela n’aurait pas dû...

— Spurius, salua froidement Eskandar quand le sénateur les eût rejoints. Dillia. Comment vous portez-vous ? 

Dillia s'assit aux côtés de Lucius. Ce dernier cessa alors d'examiner l'assemblée pour observer ses pieds, comme s'ils renfermaient soudain le secret des dieux. Une légère rougeur au niveau de ses oreilles trahissait l'émotion de cette douce intimité. Je souriais, invisible depuis ma cachette. Spurius ne regardait guère les gens comme moi, les petits, les écrasés

— Bien ! s'amusa Spurius. Extrêmement bien, même ! As-tu réfléchi à ma proposition de la dernière fois ? Dillia serait une excellente épouse. Et tu serais un très bon gendre, ton père aussi serait ravi de cette alliance. 

Dillia grimaça comme si elle avait mordu dans un citron. Je ne voyais pas l’expression de Lucius là où je me trouvais. Mais je devinais ce qu’aurait pensé Spurius s’il apprenait leur liaison. Un Esquilien souhaitait des enfants forts et sains. Personne ne voulait qu'un malade vienne dégénérer le sang de la lignée. Spurius et ses rodomontades ne faisaient guère exception à la règle et s’il applaudissait vigoureusement l'ouverture d'esprit chez autrui, c’était pour mieux se dispenser à sacrifier lui-même à la tolérance derrière. Un lâche, et de la pire espèce. 

— Je suis occupé, se dégagea Eskandar. Je vous remercie pour votre confiance. Je n'envisage pour le moment pas de fonder une famille. 

Dillia saisit cette chance pour changer de sujet. Elle glissa la main près des hanches de Lucius, sans pour autant le frôler, ce qui échappa à son père.

—Tu es toujours sur cette affaire du Marionnettiste ? N'est-il pas à Esquiliae en ce moment même ? On dit qu’il traîne vers les arènes clandestines.

Spurius se frotta le visage, les doigts constellés de pierreries et pensif, ajouta : 

— On raconte qu'il est innocent. Que la Quinque et Domitia le persécutent, car il aurait un secret compromettant contre eux. Le peuple et le Sénat ne savent pas quoi penser à son sujet. Pollonius et les Fulvi agitent bien les sénateurs, et je ne serais pas étonné qu’ils fassent part de leur doute au prince. 

— Le prince soutient Domitia, marmonna mon maître. 

— Pour combien de temps ? Sa nouvelle femme vient des Fulvi. 

— Et l’héritière est mariée au fils de Domitia. 

Spurius secoua le doigt : 

— Une héritière, ça se change. Notre bon prince a adopté ce matin même la fille du premier mariage de sa femme. La Fulvi a l’appui de l’oreiller pour l’amadouer. 

Ce matin... Voici sans doute pourquoi Domitia s’était ainsi énervée. Même si, la connaissant, j’imaginais alors qu’elle se doutait que cela se produirait. Elle était plus brillante qu’Eskandar, car contrairement à lui, elle savait les choses du cœur humain. Et pour moi, il s’agissait là de la plus dangereuse des intelligences. 

— Domitia peut-elle encore compter sur toi ? reprit Spurius. Puis-je soutenir sa campagne pour le renouvellement de son siège consulaire ? Le Marionnettiste peut demeurer l'une de ces chimères que personne n'attrapera jamais. Et le prince veut des résultats. 

— Je l'attraperai. Soyez-en certain, vous pouvez appuyer Domitia. 

Oui, Eskandar ne pouvait laisser quelqu'un jouer impunément avec les lois et l'ordre moral. Il en allait de l'harmonie de son monde. Chaque règle était perfection. Chaque loi se devait d'apporter élégance et cohésion. Quiconque se permettait de les distordre ainsi n'était que le vecteur des germes du chaos. Et le chaos amenait la guerre, la violence et la confusion. Bafouer le droit esquilien, c'était chercher la perte de la patrie et de la civilisation. Moi qui venais de l’étranger, sa rigidité toute esquilienne m’étonnait et m’amusait. Me terrifiait aussi parfois, je dois l’avouer.

— Néanmoins, sénateur Spurius, maugréa-t-il, je vous saurai gré de respecter la consule dans vos propos. N'évoquez plus un possible échec de sa part. Elle protège l'unité de l'Empire.

Il ajouta du bout des lèvres, glacé : 

— Souhaitez-vous que je me mêle de votre famille aux choix de camp douteux pendant la guerre civile ? Je connais vos secrets, sénateur. Il serait dommage que Domitia fasse remonter l’adresse de leur cachette au prince... Il suffirait d’un murmure pour leur briser les reins. 

Spurius recula puis les rides du lion sur son visage s'épanouirent en une nouvelle hilarité. Il secoua ses bras secs, le regard pétillant avec cet étrange printemps que la moquerie faisait naître une seconde fois chez le vieil homme. 

— Vous ne changez pas, Eskandar ! Épatant, mon garçon ! J'insiste, vous devez être mon gendre. Reconsidérez ma proposition pour Dillia. Vous êtes un peu trop fidèle à Domitia pour ne pas voir ses défauts, mais cela vous rend attachant. 

Un petit cri strident perça l'indolente rumeur de l'assemblée. Au même instant, une ombre surgit de derrière une sculpture de l'impluvium pour se jeter droit sur le crâne de Spurius. Le sénateur se mit à s'agiter et à jurer avant d'attraper l’animal par le col. Enfin, en un geste rageur, il le projeta violemment dans les bras d'Eskandar sous les gloussements des invités. 

— Saleté de bête ! pesta-t-il toute bonne humeur envolée. Je vous le servirais au dîner ! Où est mon épée ? Où ? Dillia !

Il n'était pas difficile de savoir à qui ce macaque appartenait. Le cœur battant, l’œil pétillant, l’animal entreprit de téter un coin de la toge d’Eskandar. Tullia Iuncina ne s'avérait guère adepte des bêtes et une seule personne osait se promener avec un singe à un banquet où il n'avait été invité que du bout des lèvres. Voici donc que notre vieil ami revenait dans les mondanités, je songeais. Impossible en revanche de savoir ce qui l’avait poussé à finalement surmonter sa répugnance de la société. Eskandar serra un peu plus le macaque en un mouvement protecteur, comme il l'aurait fait avec un enfant, et hocha gravement la tête :

— Aucune loi n’interdit les singes, sénateur. Néanmoins, permettez-moi de rendre au propriétaire ce pauvre animal sans doute effrayé. 

Et là... 

Là...

Je pars. Je reste. Je quitte la domus. Non, je suis là. Là, avec Eskandar. Nous marchons vers le singe. Je claque la porte. Je jure que je dis vrai. Le papier se déchire, encore une tache d’encre. Mais je suis LÀ. JE SUIS LÀ. 

Réveille-toi, Eskandar, réveille-toi. Guéris, je t’en supplie. Guéris par amitié pour moi. Guéris. Et dis-moi, étais-je là ? Que disent tes tablettes où tu écris chacune de tes journées ? Pourquoi je me rappelle de deux choses d’un même temps à la fois ? Il faut que tu me le dises. Il faut que je le lise pour savoir que c’est vrai.  

Pour des raisons de cohérence, je raconterai les deux une version des faits. J’ai arraché un morceau du rouleau, je me permets de reprendre. Il faut que je souffle. Reprendre. Reprendre. Où en étais-je ?

Le banquet chez Tullia, oui, c’est cela. Nous nous écartions donc de la foule pour rejoindre un recoin de l’atrium, non loin du jardin. Eskandar caressait le macaque du bout des doigts, et moi je le suivais, comme une ombre. Enfin, nous discernâmes une longue tunique grise, à la fois étrange et familière. Personne d'autre à ma connaissance ne portait cette coupe évasée, aux manches larges, ces cheveux taillés à la mâchoire, trop barbares – ou dépravés pour paraphraser Eskandar - pour que les conservateurs esquiliens ne s'en méfient pas. 

— Tu as perdu ton singe, le salua Eskandar. Je ne pensais pas que tu avais regagné tes entrées chez Tullia. Je ne pensais pas non plus que tu refaisais des banquets.

Je complétai d’un hochement de tête raide, la fatigue de notre courte nuit me rattrapant peu à peu : 

— Spurius a failli l’embrocher. 

Aussitôt, le macaque se mit à gigoter et se jeta à terre pour filer droit dans la tunique de son maître. Qui ne se retourna pas, perdu dans la contemplation d'un buste de bronze. Une femme aux cheveux tressés de gladiatrice scrutait ses spectateurs d’un regard morne. L'artiste avait empreint la composition d'un mouvement semblable au vent. Au gonflement de la rage aussi. Au-delà de ses yeux blancs ouverts sur le vide, de ses pupilles noires et plates, quelque chose laissait un sentiment de mort et de néant dans le métal. Quelque chose qui sonnait creux. De vivant et de pourri en même temps. Je me serais presque attendu à sentir une odeur de charogne. Sur le cou du buste, un oiseau peint se détachait, les ailes prêtes à saisir la tempête.

— Je ne savais pas que Tullia avait un buste de Corbac, constata Eskandar. Mais je ne suis pas étonnée. Elle a toujours aimé les vieilles choses. Tandis que la foule se presse acclamer les prodiges du jour au cirque, elle conserve cette vieillerie d'il y a deux siècles.

Le murmure de Leukophaios eut la légèreté et l'inconsistance de la brume :

— Qu'est-elle devenue ?

— Elle est morte dans l'arène, fit Eskandar. Son bûcher funéraire a été public, c'est devenu une légende à Esquiliae. C'est ce que l'on raconte en tout cas. Il faudra que tu demandes à Tullia si tu veux en savoir plus. 

Le singe s'accrocha sur le socle de marbre et posé sur l'épaule de la gladiatrice, se mit à frotter le corbeau de métal en piaillant tout bas.  Encore quelque chose que j’ignorais sur Esquiliae et son histoire. J’aurais aimé qu’Eskandar entre davantage dans les détails, mais cela aurait été mal le connaître. Il retomba aussitôt dans sa dernière obsession : 

— Tu as appris quelque chose sur le Marionnettiste, Leukophaios ? Je t'attendais il y a deux jours, pourquoi tu ne m'as pas prévenu que tu ne viendrais que maintenant ? La consule est furieuse, l'enquête prend du retard. 

— Je ne suis qu'un informateur, glissa Leukophaios. Je ne peux garantir un résultat.  

Je piaffais : 

— Tu ignorais tout alors de l'existence d'Orazio ? 

Leukophaios tourna la tête vers moi avec lenteur. Et il me dit : 

— Tu n’es pas là.

Aussitôt, je perdis pied dans les brumes de ses iris. Cela ne dura guère qu'une fraction de seconde, mais les embruns d'un océan d’hiver fouettaient son visage tandis que montaient des abysses les cornes d'une mélancolie infinie. Chaque fois, cela me laissait l'impression diffuse et dérangeante que Leukophaios possédait quelques vertus mystiques qui ne me plaisaient guère. Une part qui me demeurerait à jamais incompréhensible. Je clignai des yeux et préférai fixer le singe plutôt que de se perdre dans un brouillard sans fin où s'égarait ma lucidité. 

— J'ignorai cela, répondit soudain Leukophaios à Eskandar comme si rien ne s’était passé. C'était pour autre chose, oui... 

Il se pencha pour caresser l'animal, toujours occupé à explorer du bout de ses petites mains fripées le bronze antique de Tullia. Au loin, un éclat de voix accueilli par des transports de soulagement résonna. Je reconnus le timbre de notre hôtesse, sans doute le triclinium était-il enfin prêt. 

— C'était pour quoi alors ? pressa le juge. Qu'est-ce que tu as appris ?

— Le Marionnettiste part. J’ignore où encore. Mais ce sera pour bientôt. Prépare tes bagages et ton cheval. Les mouvements de factieux complexifient la lecture des rumeurs, l'écheveau se mêle. Mais je sais que ça sera en direction du nord. 

Ce fut à ce moment que Lucius réapparut des volets menant au péristyle, le visage rosi. Il s'approcha de nous, sa jambe figée dans l'enfance, sèche comme une baguette, qui traînait presque avec langueur. 

— On parlait des factieux, bougonna Eskandar.

Le macaque sauta sur l'épaule de Leukopahios, qui se mit à glousser tout bas, les yeux courbés en un croissant rieur. Une étrange brise fit frémir la flamme des lampes à huile.

— Laisse donc ta rigidité à la porte, Eskandar, souffla Leukophaios. Mon ami Lucius est amoureux et amant. Ne mêle pas ta roide justice à cela. Respire. 

Et Leukophaios enveloppa Lucius dans son manteau gris en une vigoureuse étreinte. Ce fut comme si une mer de brume avalait un frêle esquif. 

— Dillia est repartie, indiqua Lucius à l'oeil interrogateur d'Eskandar. Elle revient sous peu, mais je crois que le sénateur Spurius a insisté pour qu'elle aille chercher quelque chose à leur domus. Une histoire de singe. 

Un bref instant, Eskandar fut tenté de sourire, j’aperçus ses lèvres bouger, mais il se contint. Le tableau s'avérait pourtant touchant : un ami amoureux, une information sur le Marionnettiste, la perspective d'un banquet tranquille malgré le scandale. Moi-même je fus saisie dans l’embrasse de Lucius et Leukophaios. Je riais de l’histoire du singe et de Spurius quand Lucius la mima à Leukophaios. Je pouffai lorsqu’il enchaîna sur l’anecdote scabreuse d’une certaine Milésienne. Je songeai à Domitia, sans doute occupée à déchiffrer d'obscurs papiers à la lueur des candélabres de bronze. À l'aube, nous retournerions la voir pour lui expliquer que la collaboration avec ce criminel d'Orazio n’avait aucun sens. Que seuls, avec les informations de Leukopahios, l'affaire serait bientôt résolue et qu’Esquiliae même servirait de décor pour le dernier acte de cette déjà trop longue tragédie. 

— J’ai faim, gloussa Lucius. On y va ? 

— On y va, fit Leukophaios. 

Moi-même je me sentais en appétit. Leukophaios et Lucius se dirigèrent vers le triclinium, où on apercevait des ragoûts dégoulinants de sauce et des pyramides d'huîtres fraîches. Alors que nous passions devant l’impluvium, on interpella Eskandar. Sans doute épuisé comme moi par la faim et cette trop longue journée, il se retourna en un mouvement agacé vers le nouveau venu toujours drapé de son manteau de l'autre côté du bassin de l'impluvium. Je le vis et déjà pressentis que le repas n’était pas pour tout de suite. Une fois encore, j’allais devoir réapprendre à jeûner.

— Une soirée tranquille, Crassus, grogna Eskandar, juste une soirée tranquille. Est-ce trop demander ? 

Le légionnaire retira son casque, l'air grave sous sa barbe drue. L'ours se trouva alors dépouillé de tout ressort comique et une sueur glacée me gagna sous ma tunique. Jamais le commandant ne m’était apparu aussi blême, et à en juger Eskandar, il partageait le même constat. Mon maître vacilla. 

— Suis-moi, Eskandar. Et pas d'esclandre. Il y a mes hommes à l'extérieur. Nous n'avons pas une minute à perdre. Orazio est là aussi. 

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Nyubinette
Posté le 19/02/2022
Bonsoiiiiiiir la pro de cliffhanger... puis aller me coucher ou est-ce surfait ? Le sommeil ? Qui en a besoin.

J'ai été choqué de comprendre que votre prologue se passait 2 siècles avant. J'avais appris à aimer notre gladiatrice. J'attends de voir quel rôle elle a pu avoir dans l'histoire et si elle a fini par tuer l'homme à la tunique bleue. En tout cas ahura mazda fait son retour, si c'est bien lui avec ses yeux gris et ses cheveux drus. J'attends de voir comme il a fait pour grandir au près de germanicus....

Encore merci. Cette fois je vais aller me reposer parce que sinon je n'aurais pas mes 12h de sommeil. Inacceptable pour un week-end.

Merci de ton partage
Alice_Lath
Posté le 24/02/2022
La pro, j'irai pas jusque là :O mais oui, dormir c'est important, j'espère que tu as pas tardé à fermer les yeux

Qui sait pour la gladiatrice, pour ahura et pour le prologue hahaha

Merci encore mille fois et surtout, n'oublie pas, dormir c'est important hein (mais jsuis vraiment enchantée que ça te fasse cet effet, merci pour ce retour, vraiment)
Louison-
Posté le 23/01/2022
Coucou ! :D
Et vlop, toute une volée de nouveaux personnages ! Je voulais te féliciter d'ailleurs pour la façon avec laquelle tu les introduis. T'en as beaucoup et ça pourrait nous perdre mais à chaque fois tu leur donnes à chacun une particularité qui fait qu'on les reconnaît aisément et qu'ils s'impriment dans nos esprits. J'irai pas jusqu'à dire que je les ai tous en tête mais ça donne un effet froufrou de nouveaux personnages dont on commence à entrevoir les buts de certains, c'est chouette :) En plus j'aime bien être embarquée dans des scènes où tout le monde cause de partout, et là comme c'est une réception je trouve que t'as bien réussi ton coup :) En plus les descriptions sont très chouettes, je m'y suis bien retrouvée (sauf au début, où j'étais un peu perdue. Mais c'est aussi parce que je connais pas tous les termes, comme par exemple à la phrase : "Comme à chaque réception, Tullia Iuncina avait tardé à donner les ordres nécessaires afin que le triclinium s'avérât prêt à temps" >> Comme je sais pas ce qu'est un triclinium, j'étais un peu perdue, mais très vite j'ai compris qu'on était à une réception donc je m'y suis vite retrouvée, mais voilà, je te laisse quand même mon ressenti ici, fais-en ce que tu veux <3 Le lecteur n'a pas nécessairement besoin d'être tout le temps sûr de où il est, de ce qu'il se passe. C'est chouette aussi les moments où les persos ont plus d'infos que lui, ça rend la chose plus immersive :))

C'est cool aussi d'avoir le pdv d'Eskandar, après qu'il se soit fait si joliment démonté. On entre dans sa psychologie et son côté buté-j'ai-ma-vision-des-choses-personne-sur-mon-chemin-non-mais, ça me plait bien hihi.

Germanicus m'a l'air d'être un chouette personnage, son côté estropié ça le rend attachant :3 Ah aussi le moment avec le singe ! Ca m'a bien fait sourire ;) Quant à ce Marionnetiste, on a des nouvelles informations, tout est très obscur toujours mais le fait que certains le disent innocent, ça a le mérite de pimenter un peu tout ça. Je sens venir les alliances et les complots, c'est chouette. Hâte de démêler tout ce mystère !

Voilà, sinon rien de particulier à redire, ton histoire m'emporte. Je regrette juste ne pas avoir un emploi du temps qui me permette de la lire plus vite <3

Bisou, à très vite ! :-)
Alice_Lath
Posté le 30/01/2022
Hello Louison et merci beaucoup pour ton passage ici !

Pour les mots en latin haha je verrai pour éventuellement ajouter des notes à un endroit. En tout cas, jsuis ravie que la petite galerie te plaise et que malgré le nombre, ça passe bien

Oui hahaha Eskandar est un poil plus subtil que ce qu'on peut imaginer sous ses airs monolithiques

Merci pour tout encore Louison, pour ce très gentil commentaire et pour les autres <3 <3
Et à nouveau, prends ton temps !

Bonne journée à toi !
Zig
Posté le 25/11/2021
J'ai dévoré les chapitres... J'essaye de m'astreindre à 5 lecture par semaine (pour ne pas m'essouffler), mais j'avoue que j'ai envie de tout finir d'une traite xD

Il y a de la maîtrise : dans l'écriture, dans la construction des personnages, dans la structure narrative, dans l'univers et ses appuis historiques ... Pour le moment tout est impeccablement cadré et géré, c'est impressionnant. On a envie de lire, d'enchainer, tout le temps. Les descriptions sont bien posées, la gestion de la focale est impeccable, et les dialogues sont vraiment très naturels.

J'adore la petite vibe Jaworski, que je retrouve dans l'univers et même un peu le style.

Je suis conquise, et j'espère que ça va continuer **
Alice_Lath
Posté le 25/11/2021
Yoooo
T'sais que c'est genre, je crois la première fois qu'on me dit qu'on dévore une de mes histoires mdr ? Ou du moins une histoire comme ça haha ? Du coup, jsuis vla touchée

Et pour Jaworski, c'est marrant, qqun d'autre m'a dit la même ! Du coup, j'ai récup un de ses bouquins de seconde main pour voir ce que ça donne

En tout cas, merci encore pour ce retour qui fait extrêmement chaud au coeur et qui me redonne un peu foi en ce projet <3

Merci Zig !
Aramis
Posté le 14/11/2021
Bien le bon dimanche ! Me voilà avec mes pyramides de suggestions !
Pour commencer et comme pour les chapitres précédents, l'introduction de nouveau personnage fonctionne bien et surtout, chacun des personnages est intriguant, bien caractérisé, et donne envie de les connaître. Étant quelqu'un qui s'attache beaucoup aux personnages, c'est donc très agréable à découvrir ! Je trouve aussi que l'introduction du Marionnettiste est bien menée, les fils commencent à se rejoindre même si on ne comprends pas encore tout. Je me sens un peu perdue, mais perdue au stade où je me dis que j'ai suffisamment d'informations pour commencer à comprendre et que tout va s'éclaircir, donc ce n'est pas frustrant. Je trouve aussi ça très chouette de passer du POV d'Orazio face à qui Eskandar se fait proprement démonter, à celui d'Eskandar qui du coup nous reviens un peu moins victimisé et dont on peut se rapprocher avec plaisir (j'aime beaucoup les esprits rigides tous coincés dans leur vision du monde là, courage Eskandar, la désillusion arrive je le sens)
Et formidable cliffhanger à la fin hahaha BRAVO.

Maintenant les petites suggestions que je note :

- "Le juge n'aurait eu besoin que d'un reflet, d'un unique scintillement, pour briser cette solitude dans cette immense détresse. Un éclat." Alors ici c'est super personnel, je sais que j'ai tendance à faire ça aussi et comme c'est quelque chose qu'on m'a déjà notifié ben je fais pareil hahahaha... Techniquement scintillement et éclat sont des informations relativement proches, on comprends qu'Eskandar attends un signe en gros, du coup tu appuies une information que tu nous a déjà donné sans ajouter de véritable nuance.

- "les couleurs de la déesse" : je suppose qu'ici ton but est de donner à la sculpture un aspect quasi-vivant, en notant les couleurs etc, ou est-ce que c'est une figure peinte ? Ça m'a un peu perturbée, non pas que je n'ai pas compris qu'il s'agissait d'une statue (au début cependant je n'étais pas sure,) mais les indications de ce type (tu parles aussi de ses boucles blondes,) m'a donné du mal à la représentation ; j'avais deux couches superposées, l'une d'une figure quasi-humaine, l'autre d'un marbre classique. Du coup ça m'a je crois un peu empêché de totalement me sentir dans l'ambiance à cause des bonds que faisait mon cerveau pour fixer une image.

- Je sais que je ne suis pas la seule du coup pareil, j'ai eu un peu du mal à me fixer sur l'endroit où Eskandar se trouve au début du chapitre.

- Une main délicate avait allumé quelques lampes à huile, malgré l'heure encore précoce. Les flammes léchaient la grisaille qui menaçait le point du jour et réchauffaient quelque peu l'atmosphère. : petite répétition de "quelques"

- Son père n'aurait que peu apprécié cette aveu de faiblesse. : "cet" aveu ?

- Arrêter et humilier publiquement un curateur d'une aussi grosse ville : Hum, ici pas sure... un, une, ça fait répétition, mais c'est vrai que dire "le curateur", c'est pas pareil parce que ça suppose qu'il n'y en n'a qu'un, et "l'un des curateur d'une aussi grosse ville" empêche peut-être l'effet répétition mais alourdit un peu la phrase... Donc vraiment pas certaine qu'il faille y toucher...

- Malgré son teint jaunâtre et le tourment qui avait prématurément vieilli son visage, la verve de Germanicus Iuncinus avait préservé la vivacité de son expression. Ses yeux brillaient et dès qu'il sortait de sa réserve, la vie reprenait ses droits avant de s'éteindre sitôt que quelque pensée triste revenait le saisir. : Yeeeeesss, j'adore ce genre de descriptions, ça caractérise fort le personnage en le rendant accessible j'aime beaucoup ! J'aurais même aimé être certaine d'une chose : "sitôt que quelque pensée triste revenait le saisir," en fait j'ai hésité ; est-ce qu'au repos il a toujours l'air triste et par définition, il dissimule une tristesse profonde sous un masque, ou bien simplement parfois comme tout le monde il est saisit d'une pensée triste ? ce sont deux façon très différentes de percevoir le personnage, et ta formulation m'a laissé ce doute, du coup je crois que j'aurais aimé une façon de le dire qui soit indiscutable.

— Bien ! s'amusa Spurius. Extrêmement bien, même ! Mieux si tu acceptais enfin de devenir mon gendre. As-tu réfléchi à ma proposition de la dernière fois ? Dillia serait une excellente épouse. : Alors ça je m'y attendais pas mdr j'ai eu si mal pour Germanicus ????? J'ai instantanément aimé le petit drama que ça instaure dans sa relation avec Eskandar, et dont ni l'un ni l'autre ne sont responsables. Bien joué !
J'en profite pour noter une remarque que je me suis fais à la fin du récit : le père de Dillia est donc au courant que Germanicus veut épouser sa fille (ou l'inverse) mais comme tu ne le notifies pas du tout dans la façon qu'il a d'aborder le sujet avec Eskadar, j'ai pensé qu'il ne connaissait pas l'amour partagé des deux personnages. Je crois que j'aurais eu envie de savoir quelle perception il a de Germanicus, quand il jette ça à Eskandar juste en face de son gendre en devenir, pour avoir plus de proximité avec les personnages (je sais pas si je suis claire ?)

- Sa fille se crispa et sans même croiser le regard de Germanicus, Eskandar pressentit la douleur que cette simple question avait suscitée en lui. : Le drame. J'adore. Sauvez Germanicus il n'a pas mérité (en vrai j'en sais rien mais il a l'air pipou)

- Spurius se frotta le visage, les doigts constellés de pierreries et pensif, ajouta : j'ai un peu buté sur la phrase, "de ses doigts constellés de pierreries et, pensif, ajouta" ?

- N'imaginez pas que quiconque ici ait quelque chose de dissimulé pour moi. : Idem j'ai pas eu une sensation très fluide sur cette réplique même si le sens reste clair. "Que quiconque puisse me dissimuler quoi que ce soit" ?

- Il secoua ses bras secs, le regard pétillant avec cet étrange printemps que la moquerie faisait naître une seconde fois chez le vieil homme. : J'aime beaucoup l'image ! Peut-être plutôt "de cet étrange printemps" ?

- La douce fourrure fauve du macaque réchauffait le corps du magistrat. Il sentait le petit coeur battre la chamade tandis que la créature souriait de toutes ses dents au dignitaire indigné. : j'adore l'introduction du singe, ça marche très bien sur le fait qu'on a tout de suite envie de savoir à qui il appartient et sur l'appuie de l'idée que c'est un protagoniste exubérant ou en tout cas un peu à part. Par contre j'ai l'impression que tu mets beaucoup d'informations un peu contradictoire ce qui m'a un peu bloqué sur ce que tu essayais de construire comme ambiance sur ce passage : tu as
- la douce fourrure qui réchauffe
- le coeur battant
- le sourire
(mdr listé comme ça on dirait que le macaque est en train d'essayer de pécho Eskandar bref)
En gros la situation c'est plutôt : ils sont surpris, un des personnages s'énerve, le singe se réfugie contre Eskandar, en stress, qui le protège. la douceur qui réchauffe à instaure quelque chose de contradictoire, de tendre et de doux, le coeur battant ça rejoins le stress chaotique, et le sourire on n'arrive pas à savoir si le singe est paniqué, en contrôle de l'acte qu'il vient de commettre, etc... Idem je sais pas si je suis claire, mais je crois que pour moi il aurait fallu rester du côté nerveux et brouillon de la situation, par exemple "le fourrure fauve du macaque se hérissait..."

- Comme pour le contredire, le singe releva poussa un petit cri et fixa avec une fascination qui confinait à la fièvre les pierres précieuses qui ornaient Spurius tandis que le magistrat l'éloignait de la foule. : je crois que "releva" s'est perdu ! Et peut-être une petite virgule pour respirer après Spurius ?

- Certes, l'entrée n'avait pas été très protocolaire, mais tant qu'aucun règlement n'encadrait cela, il se voyait mal exécuter par zèle le macaque sur la mosaïque de son hôtesse. : Ici donc la phrase juste après, tu changes de sujet mais sans le préciser, ça empêche pas réellement de comprendre que du switch du singe à Eskandar, mais pour moi ça a perdu un peu de fluidité.

- Elle est morte dans l'arène, fit le juge. Après avoir renoncé une énième fois la libération offerte par l'Impératrice. : Est-ce qu'il ne manque pas un "à", "une énième fois à la libération ?" Le buste et son histoire en tout cas sont très intriguant, je ne sais pas si c'est voulu mais ça crée un bel échos avec la situation d'Orazio et ça le ramène dans le récit, indirectement, tout en présentant un épisode de background vraiment stylé.

- "Les mouvements de factieux complexifient la lecture des rumeurs, l'écheveau se mêle." Et plus loin : "C'est à ce moment que Germanicus réapparut des volets menant au péristyle, le visage coloré des nuances que peut y apposer l'amour. Il s'approcha des deux hommes, sa jambe figée dans l'enfance, sèche comme une baguette, qui traînait presque avec langueur." bon déjà juste pour dire que Germanicus est ultra chou pour le moment hahahaha
— On parlait des factieux, fit Eskandar pour détourner la conversation. Il paraît que la cinquième légion risque d'être envoyée à leur rencontre. -> Tout ça pour en arriver à ceci, dont, en fait la dernière réplique avant l'entrée de Germanicus évoque les factieux, puis Eskandar reprend sur les factieux : du coup il ne détourne pas la conversation, concrètement. Je suppose que l'idée c'était de ne pas commenter l'état de Germanicus, mais dans ces cas là peut-être que ce serait plus évident de mettre quelque chose comme "fit Eskandar désireux de ne pas attirer la conversation sur l'état de Germanicus" (cette phrase craint mais tu vois l'idée)

— Laisse donc ta rigidité à la porte, Eskandar. Mon ami Germanicus, celui qui a grandi à mes côtés, moi, un affranchi, est amoureux et est aimé. Ne mêle pas ta roide justice à cela. : Alors, j'adore l'idée qu'un boiteux et un affranchis soient amis intimes, et aient grandit ensembles, ça permet d'imaginer tout de suite un passé et une dynamique qui promet d'être super intéressante. Par contre, dans la phrase, j'ai eu la sensation que son statu d'affranchi était placé un peu de manière forcée : je crois comprendre le sous-entendu, genre, Germanicus a grandit auprès d'un affranchis qu'il a considéré comme n'importe qui d'autre ? Dans la phrase ce n'est pas forcément super clair, parce que Germanicus peut avoir grandit auprès de lui sans que cela ait pour autant déterminé quoi que ce soit entre eux, donc est-ce qu'on doit surtout comprendre que malgré son statu Germanicus l'a traité différemment ?

Voilà pour ce chapitre 3 ! Ça donne envie de voir ces personnages se développer, évoluer, de découvrir leurs relations et leur histoire et de nouer les fils entre toutes les pistes que tu poses ! Et j'ai hâte de voir Eskandar être déçu de devoir travailler avec Orazio car mdr je me doute qu'il ne va pas s'en sortir à si bon compte.
Et laisse Germanicus et Dillia se marier merci (non je déconne on veut du drame évidement.)
Alice_Lath
Posté le 16/11/2021
Helloooo Aramis ! Et navrée pour le délai, comme tu sais, ça a été un peu exotique ces derniers jours ! En tout cas, merci beaucoup pour le pavé, il me sera extrêmement précieux pour les corrections ! Jsuis contente que cela permette à Eskandar de regrimper un peu dans l'estime, jlaime bien ce p'tit père et il a davantage sous sa carcasse que ce qu'on peut imaginer

- Pour la nuance scintillement/éclat, je vais regarder comment distinguer ça, merci beaucoup !

- Pour les couleurs de la déesse, je regarderai aussi pour introduire l'information que contrairement à ce qu'on imagine, pas mal de sculptures étaient peintes haha, le tout en délicatesse. J'avais voulu l'introduire ici avec subtilité, mais ça l'était peut être trop

- Jme suis notée de fixer davantage le lieu pour le début du chapitre !

- Je gerterai aussi pas mal de "quelques"

- Pour "cette" aveu, effectivement, je sais pas parler français, un comble

- Je checkerai au sujet de l'éventuelle répétition !

- En fait, pour Germanicus, les pensées tristes, c'est un peu son lot quotidien haha donc il s'extasie puis paf, il se renferme dès que la tristesse se rappelle à lui ! Je vais voir pour éventuellement clarifier

- Nan, le père de Dillia est pas encore informé, juste qu'il est de notoriété publique qu'il ne voudrait pas de Germanicus comme gendre, personne ne veut de Germanicus comme gendre ptdr sinon, Spurius lui aurait proposé. Or il le considère même pas dans la conversation.

- Germanicus est grave pipou, mais bon, il a une daronne solide af (avec un background assez marrant haha je te le mperai un de ces quatre), mais bref, il peut compter sur elle

- Je fais un pack de trois sur les trois suggestions suivantes pour dire que je retoucherai cela en corrections, ce sont de bonnes pistes !

- Pour le singe, je le voyais comme taquin. Comme il a bondit et qu'il court et qu'en plus sa fréquence cardiaque est supérieure à la notre, tout ça donne un effet de coeur battant. L'idée était de rendre la texture et la proximité avec l'animal, ressentir le singe contre soi, moins que de le décrire physiquement (avec la fourrure hérissée par exemple)

- Effectivement, relever s'est perdu haha, merci ! Et merci aussi pour la virgule !

- Je regarderai pour le switch, histoire de gagner en fluidité, merci !

- L'écho avec l'histoire d'Orazio n'est pas voulu haha, c'est un écho plutôt avec le prologue, mais visiblement le lien est pas méga évident :') en tout cas, jsuis contente que ça plaise

- Effectivement, pour le détournement de conversation, c'est pas méga clair, je vais tâcher de clarifier tout ça

- Je vais voir pour rendre le statut d'affranchi moins forcé ! Effecitvement, c'est ptêt un peu artificiel

Et oui, Eskandar ne s'en tirera CLAIREMENT pas à si bon compte hahaha
Pour le mariage, je dis rien, bien sûr

Merci encore à toi pour ce retour hyper détaillé, c'est vraiment top et super utile !

Au plaisir
Hastur
Posté le 13/11/2021
Hello !

Je suis toujours aussi emporté par le récit ! Peut-être encore plus à mesure que l'on rencontre de nouveaux personnages, que l'univers se dévoile et les mystères s'épaississent.

Un bon tour de force ce chapitre, je trouve. Malgré un ajout important de nouveaux personnages, on ne s'y perd pas du tout dans la mesure où ils sont clairement identifiables soit par leurs objectifs, soit par une particularité physique que tu rappelles à plusieurs reprises sans que ça ne devienne éléphantesque. Félicitations pour ça, parce que pour moi c'est vraiment pas quelque chose de simple à réaliser !

Malgré le caractère tranquille de l'ensemble, il y a un rythme qui est présent via l'ensemble des enjeux, plus au moins importants que l'on découvre avec les personnages.

J'ai beaucoup aimé cette visite dans l'esprit d'Eskandar, son rapport à la loi, à laquelle y il voue un culte. Ça tend à me rappeler que dans plusieurs des bouquins que j'ai lus, les historiens mentionnaient que l'apport le plus important des romains à la civilisation a été de donner un véritable cadre juridique à la cité.

Enfin bref ! On se retrouve bientôt :D
Alice_Lath
Posté le 13/11/2021
Yooo Hastur !
J'suis ravie d'entendre ça, moi qui ai peur toujours de manquer de puissance dans mon intrigue

Ouais, j'essaie de caractériser fortement mes persos :') comme j'en ai beaucoup haha, je me dis que ça peut être un moyen pour aider lae lecteurice. J'suis contente que ça marche !

Et tant mieux si le rythme demeure présent, c'est important pour moi de réussir à garder un élan narratif, merci beaucoup

Oui, Eskandar a un côté... Eh bien, un Romain idéalisé, ce que les Romains n'étaient jamais haha et oui, il y a cet aspect par rapport au cadre juridique, mais je voulais le souligner ici et ça reviendra par la suite (je pense que tu as eu l'occasion de le lire aussi) : les lois tenaient davantage du... guide de conduite haha ? Y'a qu'Eskandar pour prendre cela au pied de la lettre

Merci encore pour ton passage en tout cas, ça fait grave plaisir !

La bise
JeannieC.
Posté le 23/10/2021
Hey heyyyy ! =D
Toujours un plaisir de revenir par ici, avec cet univers si immersif - cette fois-ci celui d'une réception dans une riche domus avec ses odeurs, l'effervescence des préparatifs, puis les convives, le maquillage, les décors. Toute cette richesse de détails marche très bien avec moi <3
J'ai bien aimé aussi ce petit moment de piété d'Eskandar : ça donne un beau développement au personnage, ces réflexions sur la "recherche de quelque chose de la vie", là où il restait assez coincé et guindé dans ce qu'on a vu de lui jusqu'à présent.
La truculence de cette soirée, l'esprit débonnaire des invités ont su m'emporter, et tout le moment avec le singe aussi ahah !

J'avoue m'être un peu perdue au début, je n'ai pas calé si Eskandar était dans un temple ou déjà dans la domus de Tullia où se trouverait la statue de la déesse. Et il y a aussi pas mal de nouveaux personnages qui débarquent, mais c'est normal, c'est une scène de réception donc forcément - et je suppose que ce n'est que le temps de l'exposition et que les choses vont se mettre en place ensuite sans problème ? J'ai retenu les principaux en tout cas, et la proposition d'épousailles faite à Eskandar :3
Très intéressée aussi par ce personnage de Germanicus, avec ses séquelles invalidantes (il y aurait décidément un club des invalides anonymes à monter entre nos persos à ce stade xDD ) et sa franchise, son énergie, sa tchatche ! Il me plaît bien lui aussi. D'autant qu'il met en place les risques que commence à courir Eskandar dans son implacable impartialité, curieuse de voir dans quelles embrouilles tout ça va l'amener.

A une prochaine ! :D
Alice_Lath
Posté le 23/10/2021
Yooo Jeannie ! Eh ben, ça fait super plaisir de te voir là :')
J'suis contente que la richesse des détails marche bien haha, je t'avoue que je tâtonne un peu avec mon EXCELLENTE idée de me documenter au fil de l'avancée de l'histoire, ce qui fait que je cours après l'info en permanence
Oui, Eskandar est plus complexe qu'il n'y paraît, et ça me tenait à coeur de développer ce personnage haha surtout qu'il me donne du fil à retordre à cause de ses raisonnements tortueux, mais j'en dis pas plus pour le moment
Pour le singe, c'était pas vraiment prévu haha, mais j'sais pas, j'me suis dit : c'est le moment !

Je note pour la confusion du début et oui, pour les noms, c'est la galère... Je te rassure, ça va se décanter haha, comme tu dis, c'est un pic du fait de la réception, mais normalement (je croise les doigts), ça va bien mieux ensuite
Ouais, Germanicus aurait sa place du côté de l'hospice haha heureusement pour lui, il a le soutien d'une famille aimante. J'suis contente que tu l'apprécies

Merci encore pour ton commentaire, ça fait chaud au coeur, cimer !!
Le Saltimbanque
Posté le 13/09/2021
Encore UN personnage, et je signe une pétition pour mettre un glossaire de tous les noms à chaque début de chapitre !

Cela dit, il faut rendre à César ce qui est à la salade du même nom, c'est toujours du très bon. Tu jongles habillement entre les différents personnages et intrigues. Chacun est intéressant et bien construit. J'adore le feeling "intrigue de cour" que tu élabores soigneusement. J'aime aussi que tu ne laosses rien au hasard, que plusieurs éléments introduits dans les chaps précédents ont des conséquences ici (surtout le curateur qui a tué son esclave).

Comme (très légers) reproches, je mentionnerai le début du texte, trop lourd sur les lamentations d'Eskandar à mon goût, et le dialogue ou Germanicus liste tous ses adversaires (Flavian et machin...) qui m'a un peu mis en pilote automatique.

Voili voilouuuu
Alice_Lath
Posté le 13/09/2021
Hahahaha, ça va se calmer, promis, je te jure ! Si jamais c'est too much, tape moi sur les doigts, je tâcherai de diluer tout cela

Et je suis contente que le jonglage se passe bien ! D'ordinaire, j'aime bien mentionner les choses, puis creuser le sillon, mais ça peut perdre le lecteur, donc j'ai toujours peur de mal m'y prendre. Et comme j'adore les intrigues de cour, un peu foisonnante, avec pleins d'intérêts divergents... Bref

Je vais voir pour cuter tout cela, merci ! Je fais souvent des intros un peu lourdes dans mes chapitres je crois... Bref, merci pour tout encore, Saltimbanque !
Rienthal
Posté le 12/09/2021
Coucou.

Un chapitre encore une fois très mystérieux. Tu décris bien es interactions ce qui rend tes personnages crédibles. j'ai hate de voir comment toutes les informations que tu disséminés vont s'assembler.

D'un point de vue historique le fait que les ordres pour préparer le banquet aient du retard étonne car c'était le genre de choses qui se préparaient des jours à l'avance. Et c'était rare de plus que les triclinium bougent.

J'ai de la peine quand même pour Germinicus mais la verve d'Eskandar me rend celui-ci très sympathique.

Bref j'ai hâte de voir la suite.
Alice_Lath
Posté le 13/09/2021
Oui, j'espère que c'est pas trop mystérieux non plus, sinon c'est qu'on se perd un peu...
Les informations vont se lier en temps voulu haha, peu à peu le maillage va se resserrer

Je note pour le point historique, merci beaucoup ! Si tu en vois d'autres, n'hésite pas ! Je réfléchirai à comment les modifier pour la correction

Tant mieux si Eskandar t'apparaît comme sympa, parce qu'il risque de traîner un peu dans l'histoire haha

Merci encore, Riri !
Edouard PArle
Posté le 11/09/2021
Coucou !
Je commençais à désespérer de ce nouveau chapitre ^^
Je me remets dans ton histoire, ça fait un peu de temps que j'ai lu donc un peu dur de s'y remettre vu qu'il y a pas mal de persos. Je pense que je vais aller relire les chapitres précédents un petit coup ^^
Sur la forme je n'ai pas de remarques particulières, je n'ai pas vu de fautes.
Bien à toi !
Alice_Lath
Posté le 11/09/2021
Helloooo !
Oui, beaucoup de persos dans ce chapitre 🥲 j'avais peur que ça soit un peu dense et je crains que ça soit effectivement le cas (surtout que je suis une lectrice qui aime la densité, mais je sais que c'est pas forcément le cas de tout le monde)
Oui, pas mal de noms importants sont disséminés, tu me diras une fois que tu auras relu les chapitres précédents si certaines choses apparaissent plus claires !
Vous lisez