Chapitre 3 - Séparation

            L’orchestre jouait une symphonie entêtante. Les mélodies lentes et douces des débuts de soirées se devaient de laisser la place aux notes plus festives, afin de permettre aux invités de faire démonstration de leurs talents de danseurs sur la piste. A présents que les convives avaient échangés des politesses – sincères ou non – et s’étaient présentés, ainsi que leurs enfants en âge de se marier, aux bonnes personnes, il était grand temps d’user de ses charmes ou d’entretenir les relations importantes.

            Les serveurs devaient faire montre de leur exceptionnelle habilité pour esquiver les danseurs, notamment les dames, qui aborderaient pour l’occasion leurs robes les plus volumineuses. Cette année, la mode était au clinquant, et à l’exotisme. Des robes aux couleurs vives, décorées de pierres brillantes et de tissus aux motifs bariolés, côtoyaient des chapeaux décorés de plumes d’oiseaux rares. De tels accoutrements rendaient impossibles les danses les plus complexes, ou simplement le fait de se déplacer convenablement, ce qui obligeait les serveurs à tendre l’oreille en permanence pour guetter la moindre demande d’un noble soudain prit d’un caprice. Il leur fallait ensuite déjouer la jungle sauvage qu’était celle des convives serrés les uns aux autres pour espérer ramener à temps, et intact, l’objet de la demande des invités.

            Petit à petit, la foule se poussa davantage sur les côtés, libérant le centre de la salle, et permettant ainsi aux couples de s’en donner à cœur joie. De jeunes jouvencelles pour la plupart, qui offraient leurs mains à de possibles prétendants préalablement approuvés par leurs familles.

            Carminia regardait la salle d’un air distrait. Accoudée sur son trône de manière peu royale, elle promenait son regard sur les veines qui parcouraient le sol de marbre, puis remontait parfois le long des colonnes sculptées. La salle circulaire, de taille pourtant modeste, lui paraissait infinie, et a des lieux de là où elle était vraiment. Elle s’ennuyait profondément. Seules les étoiles, visibles par-delà le dôme de verre qui surplombait la salle, parvenaient à la distraire un court instant. Le babillage incessant des dames, et les manières faussement polies des hommes, lui avaient tapé sur les nerfs dès le début de la soirée. Aussi avait-elle regagné son trône, pour jouir d’un minimum de tranquillité. Le réconfort fût cependant de courte durée. Quelle que soit la distance, les bavardages et commérages semblaient percer le mur des invités pour se glisser jusqu’à ses oreilles.

            Mais Carminia ne devait rien laisser paraitre, et faire bonne figure et sourire lorsqu’un noble trop curieux se tournait vers elle en se demandant pourquoi la princesse ne se mélangeait pas à ses sujets.

            Celle-ci aussi se posait des questions. Pourquoi était-elle forcée de participer à ces mascarades, alors qu'elle avait une guerre à préparer ! Si elle avait été prince – ou roi en l’occurrence – le problème ne se serait même pas posé. Hélas, elle ne dirigeait pas encore totalement le royaume. Son royaume. A elle, bien plus qu’aux incapables censés gouverner en l’absence de roi. Dommage pour eux, mais Carminia n’était pas encore prête à se laisser faire.  Rester cloitrée au château avec une bande d’enfants ingrats et capricieux, au seul prétexte que les problèmes de royaume n’étaient pas affaire de femme, ne l’intéressait guère.

Elle avait besoin d’un remontant. Elle claqua des doigts à l’intention de Sergio, jusque-là immobile à côté de son trône. Le serviteur réagit au quart de tour, et revint un instant plus tard avec un verre de vin à la main, non sans en avoir renversé une partie sur sa manche. Sa maitresse ne réagit même pas.

            Pour l’heure, elle admirait une jeune femme aux cheveux blonds, qui faisait tournoyer sa robe argentée sur la piste. Celle-ci faisait ressortir ses formes parfaites, et ses beaux yeux bleus comme l’océan. Son regard croisa celui de la princesse, qui lui répondit par un sourire.

            Les femmes. L’autre raison pour laquelle elle ne voulait pas d’un mari.

            Un secret bien gardé en dehors d’elle et de ses amantes. Ce type de relations n’était plus condamné par la religion depuis plusieurs décennies, mais si la princesse épousait une femme, elle serait dans l’incapacité de donner au royaume un héritier de son sang. Elle refusait de donner au conseil un prétexte pour l’évincer de la royauté.   

            La jeune femme but une grande gorgée de vin, et tira sur le tissu de sa robe, à la recherche d’air. Elle qui était habituée au confort de ses robes légères, se retrouvait affublée de cette horreur tout en jupons et dentelles. Le lourd vêtement ne laissait que sa gorge d’exposée à l’air libre, pendant que le corset beaucoup trop séré menaçait de l’étouffer.

            Dire que tout cela était pour elle. Pour lui présenter des hommes dignes de l’épouser. Les membres du conseil n’avaient pas lésiné sur les moyens et sur le nombre d’invitations. Carminia regarda le trône vide à sa droite et soupira. Son père lui manquait.

            Son regard croisa alors celui de l’évêque Christian. Le Saint-Premier n’ayant pu venir, son second avait répondu présent à sa place. La princesse ne se faisait pas d’illusions : les hommes d’église ne venaient jamais dans ce genre de soirée, l’homme était ici uniquement pour la surveiller. On pouvait lire dans ses yeux toute la désapprobation qu’il avait à la voir ainsi, avachie sur son trône plutôt qu’au bras d’un homme.

            – Votre Altesse ?

            Carminia se tourna vers le duc DeSabror.

            – J’espérais que vous me feriez l’honneur d’une danse.

            La princesse s’efforça de cacher son désarroi. Elle avait évité le duc toute la soirée, heureusement, celui-ci était parfaitement reconnaissable avec sa fine moustache et ses cheveux noir plaqués, une coiffure plus du tout à la mode. Et que dire de son costume bleu marine, sur lequel étaient épinglées des rangées de médailles honorifiques visiblement lourdes et volumineuses, mais qui ne l’empêchait pas pour autant de bomber fièrement le torse. Elle hésita à l’envoyer balader lorsqu’il lui tandis sa main. Hélas, elle n’allait pas pouvoir refuser. Christian la regardait de manière insistante, et les yeux de nombreux invités étaient braqués sur eux. Si Carminia refusait, cela ferait scandale. Déjà que sa légitimité au trône était remise en cause, mais si en plus elle éconduisait tous ceux qui se présentaient à elle, la jeune femme ne donnait pas cher de sa peau. Le duc le savait très bien. Aussi l’avait-il prise en traitre devant toute l’assemblée.

            Le salaud. Tu te fiches pas mal de danser avec moi, tout ce qui t’intéresse, c’est la couronne du roi. Et comme tu es dans les petits papiers du conseil, il ne te la refusera pas.

            – Mais avec joie, répondit la princesse, le sourire plus crispé que jamais.

            Elle résista à l’envi furieuse de lui envoyer son verre au visage à la vue de la lueur de victoire dans ses yeux. Au lieu de quoi elle le posa sur un plateau tendu pile au bon moment par Sergio.  

            Le duc l’entraina vers la piste. Les musiciens entamèrent un morceau plus lent, plus proche de la danse de salon. Si au départ, il s’en tenait aux usages, DeSabror rapprocha de plus en plus son corps de celui de Carminia, au seul prétexte que le rythme de la musique l’imposait. Il resserra sa main sur sa taille, et la fit ensuite lentement descendre vers ses hanches.

            Comment osait-il ? Il se comportait avec elle comme s’ils étaient déjà mariés et qu’elle lui appartenait ! Avait-il oublié qui elle était ? La princesse serra malgré tout les dents jusqu’à la fin de la danse. Elle se permit alors le plaisir d’enfoncer profondément ses ongles dans l’épaule du duc. Surpris, il la regarda d’un air choqué, mais baissa finalement les yeux devant le regard venimeux de la princesse. Il s’éloigna alors d’elle, et effectua une brève révérence, de celles d’ordinaire réservées aux simples soupirants. Carminia ne releva pas l’insulte. Elle l’avait remis à sa place. Du moins pour un temps. D’humeur massacrante, la princesse voulu quitter la piste avant de recevoir d’autres invitations, mais un bruit de verre brisé et une pluie de cailloux frappant le sol la détourna de son but.

            Les soldats se précipitaient déjà vers la grande fenêtre, et se regroupèrent sur le balcon afin de prévenir toute autre attaque potentielle. Un autre garde s’approcha de Carminia, lui intimant de le suivre jusque dans un lieu sûr. Celle-ci l’ignora, et curieuse, s’approcha du balcon. Des cris révoltés lui parvinrent d’en bas. Elle ne pouvait cependant voir ce qui se passait, aussi exigea-t-elle à l’un des soldats de lui faire un rapport.

            – Ce sont des citoyens Votre Altesse. Ils se sont rassemblés et manifestent dans la cour du château.

            – Dans la cour ! s’exclama une duchesse. Mais comment sont-ils entrés ceux-là ? N’est-ce pas votre travail de veiller à ce qu’ils ne s’approchent pas de nous ?

            Ses invectivons faisaient claquer ses énormes bijoux en or.

            – Si... Si Ma Dame... bredouilla le soldat. Mais ils ont déjoué notre vigilance.

            – Dites plutôt que vous vous tourniez encore les pouces ! Si vous faisiez correctement votre travail, nous n’en serions pas là !

            Les autres nobles ayant assistés à l’échange virent s’insurger à leurs tours. Seul face à une armée de Magisners en colère, le pauvre soldat ne savait plus où se mettre. Il restait impassible mais semblait terrifié à l’idée que l’un d’eux n’use de ses dons pour se venger sur lui.

            Leur vacarme fut cependant arrêté par une nouvelle avalanche de pierres, qui vint s’abattre contre les boucliers des soldats. Une femme en tenue de paysanne se détacha alors de la masse des manifestants, et vint se planter sous la balustrade. Le dos légèrement courbé, elle semblait fatiguée avant même d’avoir parlé. Elle porta ses mains calleuses à sa bouche, et s’écria à l’intention des nobles :

            – Vous avez laissé mourir nos enfants !

            Un silence s’ensuivit, durant lequel personne ne parla. Les Magisners toujours outrés ne comprenaient pas le motif de ce dérangement. Les soldats se tenaient toujours en posture de défense. Puis constatant le manque de réactivité des nobles, la femme répéta sa phrase, rapidement suivie par ses camarades.

            – Bon sang, mais de quoi parlent-ils ?

            Le duc DeSabror jeta un regard hautain sur la foule. Le même soldat qui avait été menacé par la comtesse intervint alors.

            – Si je puis me permettre Monsieur, je pense qu’ils protestent suite à la tempête qui a eu lieu il y a presque deux semaines. Une école située sur la rive ouest du fleuve Cahin a été emportée par le vent, alors qu’elle abritait des enfants. Ils ont tous péris… acheva-t-il dans un murmure.

            – Vos palais comptent plus que la vie de vos sujets ! entendirent-ils.

            Le duc DeSabror fit claquer sa langue d’impatience.

            – Cela suffit, jetez les dehors !

            Le soldat se tourna vers la princesse, attendant un ordre de sa part pour agir. La jeune femme observait la foule venue crier sa colère sous ses fenêtres. Des larmes avaient roulé sur le visage de la femme qui avait pris la parole.

            Des enfants. Elle avait entendu parler des victimes de la tempête, mais personne ne lui avait précisé qu’il s’agissait d’écoliers. Pourquoi le conseil ne lui avait-il pas donné plus de détails ?

            – Faites les partir, ordonna la princesse.

            Puis elle ajouta dans un souffle :

            – Dites-leur que j’enverrais quelqu’un les rencontrer.

            Le soldat opina et ordonna l’évacuation. Les gardes n’hésitèrent pas à menacer les gens avec leurs lances pour les faire avancer plus vite et taire les derniers vents de révolte. Juste avant de franchir les remparts, la femme se fit entendre une dernière fois :

            – Utilisez donc votre magie si vous l’osez ! Au lieu de vos soldats !

            Les Magisners l’ignorèrent.

En à peine un instant, le calme était revenu.

            Les Magisners reprenaient déjà les festivités. Personne ne parla de l’incident. La princesse profita de l’occasion pour filer, laissant à Sergio le bon soin de lui trouver une excuse. Elle se dirigea dans un petit salon annexe, où étaient entassés les divers manteaux des invités. Carminia ouvrit ensuite une porte fenêtre, et se réfugia sur le balcon. Elle ferma les yeux et apprécia la fraicheur du vent caressant son visage.

            La princesse n’avait jamais autant douté. Son mari, son royaume, la guerre… Elle avait l’impression de perdre le contrôle de tout. Elle qui menait son monde à la baguette, risquait bien de se retrouver hors-jeu si un mariage venait à être organisé. Elle soupira, et ramena rageusement ses cheveux derrière son oreille. La dentelle de sa manche se prit alors dans l’une de ses boucles d’oreilles. Une fois de plus, la princesse maudit ses affreux vêtements.

            Soudain, un bruit retentit derrière elle. Alarmée, la princesse se retourna. Une silhouette se découpait dans la pièce plongée dans la pénombre. Voyant qu’elle avait été repérée, celle-ci se révéla.

            – Pardonnez-moi Votre Altesse. Je cherchais quelque chose dans mes affaires, je ne voulais pas vous déranger.

            Carminia la reconnu immédiatement dans sa robe argentée qui étincelait sous le ciel nocturne. La jeune fille avec qui elle avait échangé un sourire alors qu’elle dansait. La princesse apprécia sa voix douce et presque chantante. De même que son regard fuyant, intimidée d’être en présence de sa souveraine. Cette derrière trouvait cela charmant.

            – Quel est ton nom ? demanda la princesse.

          – Je suis ElsaMontarginaud, Votre Altesse. Fille d’Hector et Caroline Montarginaud. Nous sommes une famille de marchand. Nous possédons tous les commerces de pêches du royaume, des bateaux des marins aux étals des marchands.

           La princesse ne put résister. Elle s’approcha d’Elsa et enroula une de ses mèches blondes autour de son doigt. La jeune fille se laissa faire, et se mordit timidement la lèvre.

           – Et si on quittait cette abominable soirée ?

           La jeune noble hocha la tête, et suivit Carminia à l’intérieur.

 

*

 

            La femme sanglotait. Elle s’efforçait de retenir ses larmes, et de garder la tête haute. Mais après une telle désillusion, difficile de rester maitre de ses émotions. La perte de son fils unique l’avait déjà plus qu’abattue, mais le comportement de la noblesse face à l’évènement qui avait couté tant de vies innocentes n’était rien de moins qu’un coup de grâce.

            Les voir s’amuser dans la plus parfaite insouciance, et dans l’abondance, alors que tant de gens comme elle portaient encore le deuil la rendait malade.

            Elle et les autres parents éplorés n’avaient eu d’autres choix que de venir protester directement sous les fenêtres du palais, tout cela pour se faire proprement jeter dehors par les soldats. Ceux-ci les avaient violemment menacés, et avaient continué leur harcèlement une fois hors des remparts de château. Ils avaient poursuivi l’humiliation jusqu’à suivre les manifestants en dehors des quartiers riches.

           A présent, Lora poursuivait sa route, seule. Les autres parents étaient rentrés chez eux, épuisés moralement, mais pas encore tout à fait vaincus. La jeune femme avait besoin de marcher. De se vider la tête. Elle longeait la berge est du port, le regard rivé sur les bateaux accostés, mais sans les voir vraiment. Son fils adorait les navires. Son rêve avait été de devenir capitaine de bateaux marchands.

             De nouvelles larmes brillèrent dans les yeux de Lora. Elle voulut se laisser aller au chagrin, mais une silhouette à quelques pas de là semblait la regarder fixement. La jeune femme essuya ses larmes, en alerte. Se voyant remarquée, l’ombre s’approcha d’elle. Elle appartenait à un jeune homme. Il s’avança près d’elle, les mains levées pour montrer qu’il n’avait rien d’une menace.

             Lora sentait une étrange aura émaner de lui. Pourtant elle resta clouée sur place et l’écouta.

              – J’ai vu ce qu’ils ont fait.

             La jeune femme opina du chef.

              – Ce qui vous est arrivé est une tragédie, reprit-il. Ils ne peuvent pas le comprendre, leurs enfants sont protégés dans leurs tours d’ivoires, là où rien ne peut les atteindre.

              La jeune femme se laissa emporter par les paroles compréhensives de l’inconnu.

            – Oui… Oui ! Ils ne savent pas de quelle manière nous vivons ! Ce n’est pas la première fois qu’une tempête cause de tord par chez nous, mais ils se soucient plus des décorations de leurs palais que de la sécurité de leurs citoyens !

              Lora avait levé les bras en un geste de révolte. Elle les agitait au fur et à mesure de sa tirade. L’homme face à elle resta impassible, peu surpris par sa réaction.

              – Je peux peut-être vous aider.

              Lora se calma, de nouveau attentive.

              – Comment ? demanda-t-elle.

              Un léger sourire étira les lèvres de l’homme. Il tendit le bras à Lora, l’invitant à le suivre.

              – Je peux vous présenter des personnes.

              La jeune femme resta dubitative, mais accepta finalement de suivre l’inconnu. Le duo retourna vers la ville, et disparu dans les ombres.

 

*

 

             L’averse rendait les chemins boueux. Si les rues pavées de la ville étaient épargnées par les désagréments du mauvais temps, il en était tout autre pour les fermes et maisons de campagnes situées à quelques kilomètres de Maranola.

            Pestant contre le mauvais temps, les bottes boueuses et le manteau par-dessus la tête, Venzio cherchait désespérément un abri du regard. Malheureusement, seuls quelques maigres arbres épars bordaient le chemin.

            – Arrête de râler, on arrive bientôt. Les flics ont dit que la maison n’était pas loin après le cours d’eau, et on l’a déjà traversé.

            – Tu ne m’aides pas là, Etel.

            Le mercenaire jura lorsque sa botte s’enfonça dans une profonde flaque de boue. Il tira de toutes ses forces et sa jambe se libéra dans un affreux bruit de succion.

            Soudain, une silhouette carrée se profila à l’horizon, au travers de la brume engendrée par la pluie. Venzio parcouru les derniers mètres en courant, avant de se réfugier sous le porche. Il essora son manteau, dont l’eau forma une flaque aux pieds du mercenaire.

            – C’est cette maison tu crois ?

            Venzio leva les yeux vers l’habitation. Les volets étaient tous fermés, aucune lumière ne filtrait vers l’extérieur, laissant penser que l’endroit était inhabité.

            – En tout cas elle correspond à la description. En pierre et bois, isolée du reste des habitations.

            Un flash lumineux aveugla soudain Venzio, suivit peu de temps après par un puissant grondement.

            – V’là que l’orage s’y met ! s’exclama Etel. Bon, comment on procède ? ajouta-t-il ensuite.

            – On entre par la porte. Avec ce temps, on ne nous entendra pas. Si tant esT qu’il y ait quelqu’un.

            La porte fût étonnamment difficile à crocheter. En entrant, Venzio vit que celle-ci était renforcée par des chainettes de métal, qu’il lui fallut également retirer. Puis il pénétra en silence dans la maison. L’intérieur était plongé dans la pénombre. Le mercenaire se fit immobile et silencieux, attentif au moindre bruit qui pourrait indiquer une présence dans l’habitat. Mais seul l’orage lui répondit.

            Venzio avait atterri dans ce qui semblait être la pièce de vie de la maison. L’endroit était meublé très sommairement. Aucune décoration ou effet personnel n’égayait la pièce, donnant un aspect peu chaleureux à l’endroit.

            Une légère odeur de renfermé planait dans l’air. Par endroit, le bois avait un peu moisi, sans doute à cause des infiltrations d’eau, puisqu’un mince filet s’écoulait depuis le plafond troué jusqu’au plancher qui s’était déformé à cause de l’humidité.

            Dans un coin, une réserve d’eau potable était stockée dans des cruches scellées. Malheureusement, l’un des cachets de cire avait sauté, et une épouvantable odeur d’eau croupie se répandit dans l’air quand Venzio souleva le couvercle. 

            Il explora ensuite un petit secrétaire jonché de papiers. Les mains du mercenaire se couvrirent aussitôt d’une épaisse poussière collante. Dégouté, il s’essuya sur son pantalon. Hélas, celui-ci étant mouillé, les saletés vinrent se coller en paquet le long de ses jambes.

            – Le propriétaire n’est pas venu depuis un moment, remarqua Etel.  

            – Mais ce n’est pas abandonné pour autant.

            Une petite cuisine se trouvait sur la droite. Les nombreux placards étaient remplis d’aliments non périssables, de quoi tenir plusieurs semaines sans sortir.

            – Ça ressemble presque à une planque, ajouta Etel.

            Un bruit retentit soudain derrière Venzio. Il constata alors que la porte menant à l’étage, jusque-là fermée, était désormais entrouverte ; il dégaina l’un de ses sabres, et s’engagea prudemment dans les escaliers. Entre-temps, la pluie avait cessé, obligeant le mercenaire à redoubler d’effort pour se faire silencieux.

            Il déboucha sur une petite chambre, elle aussi très peu meublée. Venzio inspecta le dessous du lit, sans rien découvrir. Même résultat pour les deux coffres, ceux-ci n’étaient remplis que de vêtements – de styles aussi variables qu’insolites, remarqua Venzio. Un rapide examen de la pièce ne lui révéla aucune autre cachette susceptible d’être utilisée.

            – La seule fenêtre est fermée de l’intérieur. Mets de la lumière, on y verra mieux.

            Une bougie neuve était posée sur un guéridon. Venzio s’empara de la boite d’allumettes qui se trouvait à côté, et fit naitre une flamme qui vint consumer la cire.

            – Rien. Du moins en apparence, fit Venzio.

            Il entreprit de faire le tour de la pièce – en veillant à ne jamais quitter la porte des yeux, des fois que sa possible proie en profite pour s’échapper. Il promena sa main le long des murs, cherchant une irrégularité, et appuya sur les lattes du plancher avec son pied, attentif à la moindre planche qui se plierait davantage que les autres. Son souhait fût exaucé sur le mur contre lequel était appuyé le lit. Il y avait un léger espace entre deux planches de bois. Venzio n’eut qu’à tirer légèrement pour découvrir une porte basse cachée.

            Il s’accroupit, et son visage rencontra celui d’une enfant effrayée. Recroquevillée, les bras passés autour des genoux, ses yeux bleus regardaient Venzio avec un mélange d’espoir et d’appréhension. Elle ne semblait pas avoir plus d’une dizaine d’années.

            – Salut, dit simplement Venzio tandis qu’il rangeait son arme.

            Muette, l’enfant parue toutefois se détendre un peu, et regardait le mercenaire avec curiosité. Celui-ci se décala, invitant la petite à sortir de sa cachette. Elle écarta des mèches blond-roux de son visage, examinant mieux Venzio à la recherche d’une entourloupe. Puis n’en décelant pas, finit par sortir. Elle épousseta ses vêtements plein de poussières, qui semblaient d’ailleurs trop grands pour elle.

            – Tu as pris ces vêtements dans l’un de ses coffres ? demanda Venzio.

            L’enfant lui jeta un rapide coup d’œil, puis l’ignora pour filer vers le rez-de-chaussée.

            – Hé ! Attends !

            – Elle s’enfuit ?

            – Pas sûr, mais on n’est jamais trop prudent.

            La fillette avait disparu dans les escaliers. Venzio entendait son pas léger qui frappait les marches, puis le sol dans la pièce de vie.

            – Vas-y doucement, rappelle-toi ce qu’elle a fait de la forêt, avertit Etel.

            Rejoignant à son tour la pièce principale, Venzio chercha l’enfant du regard, avant de la trouver accroupie devant le garde-manger ouvert. Elle fureta à l’intérieur, puis mit la main sur du fromage, dont elle déchira l’emballage fait de vieux papiers, avant de le dévorer goulûment. Elle s’empara ensuite de plusieurs autres aliments, qu’elle posa sur la table à manger. Elle s’installa sur une chaise et continua son repas comme si de rien n’était. Venzio la rejoignit. Prudent, il s’assit d’abord en face d’elle, puis prit lui aussi un en-cas, réalisant soudain qu’il avait faim. La fillette se leva alors sans crier gare, éparpillant des miettes sur le sol, puis trotta vers un buffet, duquel elle rapporta un verre qu’elle remplit d’eau, pour ensuite le boire d’une traite.

             – T’as vu ? Elle a l’air de bien connaitre l’endroit, remarqua Etel.

             – Elle n’a pas dû venir ici par hasard en effet. Elle y semble très à l’aise, répondit-il. Puis s’adressant à l’enfant : tu connais cet endroit ?

            Elle jeta sur lui un drôle de regard. Puis soudain celui-ci disparu quand une explosion balaya la maison. Venzio sentit son corps percuter violemment le mur, lui coupant la respiration. Ses yeux le piquèrent fortement quand il tenta de les ouvrir, à cause de la poussière et des débris. Ses poumons n’avaient pas non plus été épargnés. Le mercenaire toussa à s’en déchirer la gorge, mais il parvint à chasser tout ce qui le gênait.

            Encore groggy, il ne retrouva ses esprits que quand Etel s’exprima dans sa tête.

            – Venzio ! Ça va ?

            – Je crois… Que… qu’est-ce qui…

            – Chais pas, un genre d’explosion on dirait. Je crois que le toit y est passé.

            Venzio sentit effectivement de l’eau qui ruisselait sur ses épaules. Le mercenaire se releva en s’appuyant contre le mur, et put alors confirmer les dires de son ami.

            – Elle est où la môme ?

            Venzio la trouva sur sa gauche, dissimulée derrière un lourd canapé. L’enfant était recroquevillée et visiblement apeurée, mais ne semblait pas souffrir de blessures graves. Elle fixait quelque chose par le trou béant qui avait pris la place d’une partie du toit. Le mercenaire leva la tête, pour apercevoir, flottant dans le ciel, ce qui semblait être des hommes en armures de métal intégrales. Au nombre de trois, leurs visages lisses de métal poli fixaient les décombres, analysant froidement la situation.

            – Merde ! fit Venzio.

            – Tu l’as dit ! Des androïdes ! Des putains d’androïdes de l’armée Concordiénne ! Mais qu’est-ce qu’ils foutent ici ?

            Le duo n’eut pas le temps de chercher des réponses, l’une des machines visait Venzio, sa paume tendue face à lui. Elle s’illumina d’une lumière bleutée, qui se fit de plus en plus vive. Le mercenaire évita le rayon mortel de justesse. Il avait atterri en face de la porte d’entrée ouverte, par laquelle il vit la fillette courir à toute allure loin de la maison. Aussitôt, un autre androïde de détacha du groupe, pour se lancer à sa poursuite. Venzio suivit la cadence, et s’élança derrière l’enfant, tandis que l’androïde qui l’avait attaqué rechargeait ses batteries pour lui tirer de nouveau dessus.

            Il rattrapa la fillette, pile au moment où celle-ci trébucha, s’enfonçant la tête la première dans le sol encore boueux. Il la saisit par les aisselles, l’écartant d’un objet projeté par l’androïde qui la suivait. Une sorte de filet, fait d’arcs électriques orangés, atterrit au sol là où elle se tenait quelques instants auparavant.

            – Pourquoi elle a droit aux filets et nous aux rayons lasers ?

            – C’est elle qu’ils veulent ! comprit Venzio. La capturer ! Nous on est juste des gêneurs !

            Il prit la petite par la main, et ensemble, ils coururent pour échapper aux androïdes qui les poursuivaient.

            – Les lâches ! cracha Etel. Ils pilotent leurs engins à distance, bien à l’abri dans leurs bases militaires !

            Les fugitifs essuyèrent une nouvelle salve de tirs. Un rayon parvint à toucher Venzio, lui brûlant le bras.

La fillette avait de plus en plus de mal à suivre le rythme. Elle les ralentissait, réduisant la distance qui les séparait des androïdes qui les pourchassaient sans relâche.

            – Ils ne nous attaquent plus, ils nous courent juste après, remarqua Etel.

            – Evidemment ! J’ai la petite avec moi. Visiblement, ils la veulent vivante, alors ils ne prendront pas le risque de la blesser.

            Ils passèrent le cours d’eau. Les androïdes les suivaient d’une allure tranquille, attendant patiemment que leurs proies se séparent, pour saisir l’occasion qui les ferait s’emparer de l’enfant. La course poursuite dura encore quelques minutes, jusqu’à ce que les concordiens se lassent. Voyant que le mercenaire et l’enfant ne ralentissaient pas, ils changèrent de stratégie.

            Ils adoptèrent une formation en triangle, puis se rapprochèrent du sol et des fugitifs. A bout de souffle, Venzio ne pût que stopper sa course folle, et regarder la défaite approcher. Il pût même apercevoir le reflet de son visage terrifié se refléter dans le torse lustré de l’un des androïdes. La petite se réfugia dans le dos du mercenaire. Celui-ci sentit ses doigts s’agripper à ses vêtements, il passa alors un bras autour d’elle, dans un geste protecteur.

            C’est alors que l’un des androïdes s’approcha d’eux, levant la main dans un geste pacifique.

            – Donnez-nous l’enfant sans faire d’histoires, et nous vous laisserons partir.

            Une lumière bleu pâle pulsait sur son visage, au rythme des paroles qui sortirent du métal.

            – Je ne vous laisserais pas faire de mal à une gosse !

            – Je tiens tout de même à préciser qu’on ne la connait pas cette môme, et qu’elle est potentiellement dangereuse, répliqua sèchement Etel.

            – Ça reste une enfant, et eux ce sont l’ennemi !

            – On n’est pas de taille à lutter ! insista le démon.

            – Donnez-nous l’enfant, ordonna l’androïde.

            – La ferme ! s’écria Venzio, tant au soldat qu’à la voix dans sa tête.

            Lassé d’attendre, l’androïde attaqua. Il se rua sur le mercenaire, qui ne pût l’éviter à temps et mordit la poussière. Pendant ce temps, un autre avait agi et récupéré l’enfant, qu’il maintenait fermement. Venzio l’entendait l’appeler au secours. Cela lui brisait le cœur de ne pouvoir agir, mais comment l’aider ? Il sentait le poids de la main de métal sur sa nuque, et la chaleur du tir en train de s’enclencher. L’un des androïdes donna l’ordre de l’éliminer.

            Puis un hurlement retentit. Aigu, puissant. L’enfant criait à s’en rompre les cordes vocales. Venzio fût alors aveuglé par une puissante lumière orangée. Il sentit que le sol vibrait sous son corps. La panique s’empara alors de lui. Il se remémora l’aspect de la Forêt Brune après que l’enfant se soit déchainée, et craignit d’achever sa vie en étant brûlé vif. Le mercenaire enfonça profondément ses doigts dans la terre, à s’en faire blanchir les phalanges, lorsque la vague de magie s’échappant à la fillette s’approcha de lui à une vitesse folle.

            Elle ne le toucha cependant pas. Elle se contenta de le traverser. Ce fut à peine si le mercenaire sentit sa peau frissonner. Un bruit de ferraille résonna à côté de lui, juste au moment où il se sentit délesté d’un poids sur la nuque. L’androïde était tombé sur le sol. Son visage d’acier affichait une phrase, clignotant d’une lumière bleue.

 

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            Venzio observa un moment la chose de métal à ses côtés. La peur avait laissé place à une réelle et profonde fascination, pour cette créature inerte, qui pour lui, semblait venir d’un autre monde. Il se surprit même à tendre la main, et frôla la surface métallique de ses doigts. Celle-ci était étonnamment chaude.

            Des pleurs le ramenèrent à la réalité. Il se redressa lentement, s’assurant au passage qu’il ne souffrait d’aucunes blessures. Il aperçut alors les deux autres androïdes, également couchés sur le sol. La fillette était juste à côté. Les bras passés autour de ses jambes, elle sanglotait, visiblement encore secouée par l’attaque.

            Venzio s’approcha d’elle, et lui passa une main dans les cheveux pour la rassurer.

            – C’est fini, lui dit-il.

            Le geste calma aussitôt l’enfant, qui lui sourit alors faiblement.

            – Reste là.

            Le mercenaire se leva, et s’approcha de l’un des androïdes. Il se saisit de l’une de ses armes, et fit le geste de la planter dans la tête d’acier. Malheureusement, le métal surpassait celui de ses sabres, pourtant d’excellente facture, et il ne parvint qu’à faire rebondir sa lame sur la surface.

            – Merde, jura-t-il.

            Renonçant à détruire les androïdes, Venzio rangea son arme. Il ne put cependant résister à l’envi de donner un coup de pied dans la machine, qui clignotait toujours désespérément, quoique cela veuille dire.

 

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            Au moins en étaient-ils débarrassés. Venzio jeta un coup d’œil à l’enfant, toujours immobile sur le sol.

            – Tu vois Etel, elle n’est pas si dangereuse finalement, elle n’a ciblé que les machines.

            Silence.

            – Etel ?

            Toujours rien. La vois était muette. Venzio sentit la panique s’emparer de lui.

            – Etel ! Etel ! Répond bon sang !

            Le mercenaire criait dans le vide, laissant son appel se perdre dans le lointain. Quelque chose n’allait pas. Il le sentait. Etel ne se taisait pas par choix, comme lorsqu’il décidait de bouder dans son coin.

            Il n’était plus là.

            – C’est quoi ce bord… !

            La voix de Venzio se brisa.

            Il se força à se calmer. Céder à la panique n’était pas dans ses habitudes, et cela n’y changerait rien.

            Etel avait disparu. Ou du moins ne pouvait plus lui parler.

            Peut-être était-ce temporaire. Il le fallait.

            C’est donc ça la solitude ? La vraie ?

            Le visage dans ses mains, Venzio ne vit pas de suite ce qui tirait la manche de son manteau. Le mercenaire releva la tête, et croisa le regard azur de la petite. Ses boucles blondes étaient sales et trempées, de même que ses vêtements. Elle s’efforçait de le cacher, mais Venzio voyait qu’elle grelotait de froid. Il retria alors son manteau, et lui passa sur les épaules. Il trainait par terre, mais au moins ne sentirait-elle plus la morsure du vent. Son sourire reconnaissant valait bien de sacrifier son vêtement.

            Elle n’avait pas eu l’air surprise de le voir parler seul. Ou du moins ne semblait-elle pas effrayée outre mesure.

            – Il faut qu’on se mette à l’abri avant que ces machins-là ne se réveillent, dit Venzio en désignant les androïdes. On va aller à Maranola.

            L’enfant le regarda d’un air méfiant. La perspective de se retrouver en ville ne l’enchantait visiblement guère.

            – Ne t’inquiète pas. Je vais t’emmener dans ma chambre à l’auberge, tu y seras en sécurité.

            La fillette finit par céder, et prit la main que le mercenaire lui tendait. Le duo abandonna là les corps des androïdes, à la merci de l’averse.

 

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arno_01
Posté le 20/07/2020
Woauh ...
Tu nous emmènes là où je me m'y attendais pas. Les penchants de la reine, des androïds (carrément, avec des rayons lasers ! la classe on se croirait dans Stars Wars), et Etel qui disparait. (ça c'est trop bien comme idée.)
et le [connexion perdue] dont à ce stade on se demande si il s'agit de la connexion des android, ou d'Etel.

J'ai vu une toute petite coquille : mais ils se soucis plus des décorations de leurs palais => Ils se soucient.

Et j'avais oublié sur le paragraphe d'avant, le coup de la maison, dont le garde reconnait la description me parait un peu trop tirée par les cheveux vu la description : une maison en pierre, près de l'eau. ce qui reste très commun, en campagne, les gens s'installant près des points d'eau. Peut-être peux-tu mettre des éléments plus spécifique.
(d'ailleurs le fait qu'il y ait deux étages est déjà très spécifique, et cela peut suffire. Les maisons était rarement avec des étages à la campagne)
Benebooks
Posté le 21/07/2020
Merci pour ce super commentaire et cette remarque. Toutefois, il est dans l’intérêt du propriétaire de la maison quelle reste commune... Il s'agit d'une planque. mais je note quand même ta remarque, je vais réfléchir à une solution
Filenze
Posté le 14/07/2020
Bonjour Benebooks,

Si j’ai bien compris, c’est le dernier chapitre que tu veux reprendre plus tard avec ton style actuel c’est cela ? Du coup je réserve ma relecture plus attentive pour le chapitre suivant.

Ah ! La princesse est un personnage complexe et vraiment intéressant, pétri de contraste ! J’aime le fait qu’on la découvre un peu plus à chaque chapitre ! Très sympa la scène du balcon. Elle navigue au mieux dans les intrigues de cours pour l’instant. Je me demande comment sa ferveur religieuse va la faire réagir face aux revendications du peuple. Cette religion qu’elle adule justifie un ordre social profondément inégalitaire face auquel elle se questionne. Vraiment un perso intéressant.

La révolte des paysans, je l’ai trouvé un peu douce. Dans la description de la ville, j’ai eu la sensation qu’il n’y avait aucun dialogue social entre les deux castes, mais avec le mot « manifestation » on a l’impression que c’est une démocratie. Je pense que quelques arrestations musclées pourraient rééquilibrer la scène plus que le simple fait de dissiper la foule. Après je fais cette suggestion sans connaitre la suite… (peut-être veux-tu garder un peu de marge et faire escalader les violences à Pont Rouge… ?).
« Elle et les autres parents éplorés n’avaient eu d’autres choix que de venir protester directement sous les fenêtres du palais, tout cela pour se faire proprement jeter dehors par les soldats » J’ai l’impression qu’ils sont étonnés de ne pas être reçus et écoutés par les nobles après avoir jeté des pierres dans leurs fenêtres. je m’étonne de leur étonnement. Tu vois ce que je veux dire ?

La scène avec l’inconnu sur le port laisse deviner une instrumentalisation de la colère du peuple. Je me demande quel tour cette affaire va prendre !

Ces androides étaient une sacrée surprise. Ils me glacent le sang, j’ai l’impression que c’est comme les pays riches qui envoient leurs drones militaires mégamoderne faire la guerre à leur place. J’étais étonnée de trouver le mot « androide » dans la bouche de Etel, cela signifie qu’il les connait déjà ? C’est une technologie connue ? (ça me fait bien rire qu’ils s’appellent les concordiens et qu’ils fassent la guerre).
Je me demande qui a fait la première attaque dans la forêt. Je me demande aussi si on aura des explications sur le ressort scénaristique qui a fait que Venzio a vu la maison en rêve.

Ah !! autre rebondissement à la fin très bien amené. Si on devine ce qui va se passer entre la petite fille et les androides, en revanche, je m’attendais pas a ce qui arrive avec Etel ! (même si le titre du chapitre donne un indice).

La dernière phrase n'augure rien de bon pour les pauvres fuyards!


Pour être honnête, je m’étais installée dans un petit confort d’héroic fantasy que tu as secoué. j’ai beaucoup aimé ! Tu es forte pour le mélange des genres, déjà dans Bienvenu à l’Autre monde, entre la réalité et le merveilleux et là entre la SciFI des androides et l’héroic fantasy. Je vais lire la suite avec intérêt 😊. Et j’espère que mes commentaires ne t’importunent pas (sinon dit le moi, je serais moins reloue !).
Benebooks
Posté le 14/07/2020
Merci encore pour ce commentaire ! Pour répondre à tes questions :
-le chapitre 4 fait encore parti de ceux à retravailler
-concernant la "manifestation", oui je vois ce que tu veux dire :), et cette fameuse escalade de la violence dont tu parles... Tu me diras ce que tu en penses, mais il s'agit probablement d'une facette du récit qui sera à revoir...
-pour ce qui est des androïdes, etel connait ce mot car quand venzio était soldat, il en a déjà affronté ou au moins aperçu sur le champs de bataille
-concernant le rêve, il y aura une explication, bien que tardive (et peut-être maladroite ?)
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