Chapitre 3 : Rêve

Par Elora
Notes de l’auteur : Bonjour !
Voici le troisième chapitre, qui je pense, commence à devenir intéressant.
N'hésitez pas à me dire si je peux améliorer certaines choses !
Petite remarque :
Ce chapitre est assez long, alors je vous recommande de bien vous installer, car la lecture sur ordi n'est pas des plus confortables.
A part ça, je vous souhaite une bonne lecture !

<< —... avait la peau toute blanche, presque transparente ainsi que deux grandes ailes marrons qui faisaient plus de trois mètres ! J'étais là, affirma l'homme encore sous le choc de ce qu'il venait de voir. Il a volé jusqu'au volcan et s'est jeté dedans, j'ai entendu un plouf ! » 

Daïven se pencha dans son fauteuil, les yeux écarquillés et en alerte car après avoir fait ses devoirs, il s'était installé sur le canapé et avait allumé la télé, puis, dans un défilement de chaîne, il était tombé sur un sujet qui l'avait intéressé. 

L'adolescent n'était pas un fan des infos, mais le sujet avait suffi à le faire écouter.   

Des rumeurs disaient qu'une personne à la peau transparente et aux ailes marrons nommée « Ange » avait survolé la vallée des nuages, puis c'était dirigée vers le piton de la fournaise, se trouvant sur  l'île de la Réunion, une île française et avait ensuite été vue en train de plonger dans le cratère du volcan mais n'en était pas ressortie. 

Le journaliste interrogeait un réunionnais qui avait assisté à la scène, ce qui expliquait le témoignage ci-dessus, mais un de ses collègues avait protesté : 

« — Ne dit pas n'importe quoi, voyons, tu es le seul qui ai entendu ce plouf, tu as dû rêver ! » 

Beaucoup de personnes étaient de l'avis du deuxième réunionnais et un spécialiste des oiseaux déclara même qu'il n'était pas rare de voir des aigles adultes et de les prendre pour autre chose avec la lumière du soleil. 

Daïven se rangea du côté du spécialiste bien que le premier réunionnais ai fait une description de l'ange très convaincante, puis il arrêta la télé et passa le reste de la journée à chercher des informations sur ces Anges et à se balader dans le jardin. 

Vers dix-neuf heures, ses parents rentrèrent. 

Sa mère l'embrassa sur le front et lui demanda comment s'était passé sa journée. 

— Très bien, répondit-il bien qu'il ait passé l'après-midi seul. 

Giorgana lui adressa un sourire et alla se changer, puis son père lui ébouriffa ses cheveux noirs d'un geste de la main et alla poser ses affaires. 

Daïven resta seul toute la soirée jusqu'au dîner, puis quand la cloche sonna, toute la famille se réunit autour de la table et Henry, le valet, apporta la nourriture et tous se mirent à manger en écoutant d'une oreille discrète Giorgana parlait de son travail. 

Daïven saisit quelques mots seulement, perdu dans ses pensées, car cette histoire d'ange ne l'avait pas quitté de la journée et lui-même avait trouvé très étrange d'y accorder autant d'importance. 

Son père dût le remarquer car il lui demanda ce qui le perturbait à ce point. 

— Rien, assura-t-il. 

— Tu es sûr ? 

L'adolescent le regarda, hésitant à lui raconter ce qu'il avait vu car il ne voulait pas que ses parents le prennent pour un fou. 

— J'ai vu les infos aujourd'hui et... il s'arrêta, pas très sûr, mais il reprit en voyant le regard d'encouragement que lui adressa Emeric. …Ils parlaient d'un ange vu en Réunion. 

Sa mère lui adressa un regard incrédule et son père lui sourit et répondit : 

— Il ne faut pas croire tout ce que l'on voit Daïven, je croyais que ta mère et moi t'avions averti et que tu avais compris. 

— Oui je le sais bien et j'ai compris, se défendit le jeune homme, mais je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas réussi à penser à autre chose de la journée ! 

— Et bien ne penses à rien ! ajouta Giorgana, en le regardant toujours avec de grands yeux. 

Son fils se retint de lui dire qu'il avait déjà essayé mais cela ne servirait à rien, elle lui dirait de recommencer. 

Giorgana, bien qu'elle ait l'air d'une femme orgueilleuse et qui pensait avoir raison sur tout, était en fait une femme généreuse qui ne savait pas vraiment comment exprimer ses émotions. Elle préférait trouver une solution à tout très rapidement au lieu de prendre son temps. 

La famille Enwisth finit de manger en silence et tous retournèrent à leurs occupations. 

Daïven remonta dans sa chambre et s'allongea sur son lit, son téléphone à la main, le visage éclairé par la lumière de l'écran qui gagnait en intensité à la descente de la nuit qui s'installait doucement et silencieusement. 

Il se prépara pour aller se coucher et souhaita une bonne nuit à ses parents en se glissant sous les couvertures. 

Regardant le plafond, les yeux grands ouverts et restant ainsi, sans bouger ni ciller, il pensait à ce qui l'attendrait demain, où il irait en cour et subirait la haine de ses camarades qui lui lanceraient des regards noirs de reproches. 

Le jeune homme repensa à l'injustice du monde, et la haine revint en lui. 

C'était une haine puissante, qui ne s'était jamais éteinte et qui continuait à se consumer, et s'il l'avait pu, il se serait sûrement enflammé tellement la colère était forte en lui. 

Daïven s'obligea à fermer les yeux et à se calmer, respira profondément et sentit le calme revenir en lui, puis s'efforça de ne penser à rien, ni au monde, ni aux anges et ni aux gens. 

Il sentit le sommeil s'emparer de lui et ne lui résista pas, oublia tout et laissa son esprit voyager librement, flottant longtemps nulle part, dans le monde du sommeil sans rêves mais un point bleu attira son attention. 

Se dirigeant vers lui, il remarqua que c'était une sphère, une sphère bleue, dans laquelle se trouvaient du marron et du vert faisant des figures insensées. 

La Terre. 

Sans le vouloir, il se dirigea vers la terre, et y pénétra, fonçant à toute allure à travers la matière marron. 

Soudain, une vaste grotte qui aurait pu contenir New-York tout entière l'entoura, et il regarda avec ébahissement le spectacle qui s'offrait à lui. 

La grotte était immense, le plafond tellement haut qu'il se confondait avec l'obscurité et sur un de ses murs se trouvaient des alcôves qui le recouvraient entièrement. 

Il se dirigea vers la plus grande, qui se trouvait au centre et y pénétra, voyant ainsi des hommes et des femmes regroupés autour d'un trône de pierre. 

S'il l'avait pu, il aurait ouvert de grands yeux ébahit. 

Daïven regarda les personnes agenouillaient et regroupaient autour du trône, remarquant qu'elles avaient toutes des ailes dans le dos. 

Certaines en avaient des marrons, comme l'avait dit le réunionnais, d'autre en avait des argentés et des blanches mais une grande partie avaient des ailes de deux couleurs. 

Ils avaient tous la peau blanche, presque transparente. 

L'adolescent passa devant eux, mais ils ne semblaient pas le voir car ils regardaient tous le même point. 

Alors il se tourna vers la cause de toute cette attention et ouvrit la bouche, juste pour l'ouvrir car il n'était pas vraiment étonné, comme s’il s'y attendait. 

Un homme se tenait assis sur le trône, un homme à la peau noir comme les ténèbres, bien plus noirs que tous ce que Daïven avait pu voir de sa vie. 

Son visage arborait une expression cruelle et sa bouche dessinait un sourire, le sourire le pus malveillant que Daïven ai jamais vu. 

Il avait l'impression que ce sourire était presque un rictus, un rictus qui se moquait d'une chose, le malheur des gens et du monde. 

Il n'aurait pu dire comment il le savait, mais cet homme dégageait comme une aura dans laquelle était écrite : 

" je souris quand vous avez mal, et je rigole quand on vous torture. Je m'amuse de vos malheurs et de vos tristesses." 

Le malheur et la cruauté brillaient dans ses yeux bleus qui était étrangement clair et brillant, et la couleur sombre de sa peau les faisaient encore plus ressortir ainsi que ses cheveux blancs comme la neige, qui étaient coupés court et rasés sur les côtés. 

Il faisait étrangement jeune et vieux, comme si son corps était celui d'un adolescent ce qui était vrai quand on le regardait et que son âme était aussi vieille que le monde, ce dont Daïven ne doutait pas, bien que ce soit absurde. 

C'était très étrange, car malgré sa malveillance, ses cheveux blancs et sa peau de ténèbres, l'homme n'était pas laid, il avait une beauté propre à lui seul. 

Daïven dévisagea longuement l'homme, qui après un long silence parla enfin : 

— Mes chers amis, déclara-t-il à l'assemblée, je vous ai réunis aujourd'hui car une grande fête se prépare. 

Il déclara ça sans joie, mais toujours avec son horrible sourire. 

— Nous allons ainsi devoir préparer les festivités et accueillir des invités. 

Les anges se regardèrent avec incrédulité, il était vraiment très rare que leur maître invite quelqu'un chez lui. 

— Pour accueillir mes invités, continua-t-il, je devrai me rendre sur l'Île. 

Une personne dans la foule gémit et une autre murmura "Ne nous quittez pas maître, je vous en prie ne nous quittez pas...". Sa phrase se répercuta sur les murs permettant de l'entendre distinctement, et l'homme lui adressa un sourire qui se voulait sûrement attendrit mais qui resta glacé. 

Le silence se réinstalla et le maître reprit : 

— Je devrais malheureusement vous laissez, bien malgré moi, et y rester pendant quelques temps. Je veux que vous continuiez à me rapporter tous ce que vous jugez intéressant. Un seul d'entre vous viendra me faire un compte-rendu. 

Les anges se lancèrent des regards noirs, défiant quiconque de proposer sa candidature au risque de se retrouver plus tard avec des plumes en moins. 

Leur maître ne rajouta rien, attendant sûrement un volontaire mais personne ne se leva, car c'était très difficile de choisir entre le maître et ses plumes, puisque leurs ailes étaient sûrement la chose qui comptaient le plus pour les Anges mais le maître occupait la même position, il fallait choisir entre les deux. 

Un ange aux ailes argentés se leva, s'attirant les regards meurtriés de ses congénères, mais il ne chercha pas à se dérober, leur rendit leurs regards et se dirigea vers le maître. 

Il posa un genou à terre et leva la tête vers son maître, provoquant un long silence pendant lequel il se regardèrent longtemps puis le maître sourit froidement, l'incita à se lever et le fit attendre debout à ses côtés. 

— L'affaire est réglée. 

Ce fut les seuls mots qu'il prononça puis il s'inclina devant son public avec un sourire sarcastique, montrant deux grandes ailes noirs, traversées par des bandes rouges. 

Il se releva et Daïven crut qu'il allait partir mais il se tourna dans sa direction et, l'humain ne s'y trompa pas, il le regarda, car il ne pouvait regarder que lui, bien qu'il soit entouré d'anges puisque le regard de l'homme était à un mètre au-dessus de ses sujets. 

Il sourit férocement à Daïven et une sorte de barrière se dressa entre eux 

— Alors c'est toi, dit-il simplement. 

Une sorte de vent invisible le poussa avec force et il s'enfonça plus profondément sous terre, pour finalement déboucher de nouveau dans une caverne, bien plus petite, de la taille d'une chambre. 

Allongé sur le sol, un enfant dormait, qui avait l'air d'avoir huit ans. 

En s'approchant, Daïven se demanda ce que pouvait bien faire un enfant de cet âge dans cet endroit, mais alors qu'il se trouvait à un mètre de lui, une force invisible le repoussa. 

Sûrement la même que tout à l'heure. 

Il essaya une nouvelle fois mais rien ne se manifesta, puis il se pencha vers l'enfant et tomba en arrière. 

Une force, différente cette fois, l'avait fait reculer. 

Une force sombre et maléfique, pire que l'homme des ténèbres, l'avait traversé, ravivant la haine qu'il avait réussi à calmer dans sa chambre. 

Sa haine, sa colère contre le monde était revenue mais en bien pire, il en avait presque mal. 

Il avait envie de frapper quelqu'un, de faire sauter le monde et tous ses malheurs, mais son regard tomba sur l'enfant endormi et il résista à l'envie de le frapper. 

Un dégoût pur et simple naissait en lui contre cet enfant, pour une raison qui lui était inconnu. 

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Debout la Nuit
Posté le 22/10/2020
Bonjour Elora.
J'apprécie la manière dont tu amènes le rêve graduellement. Le passage du monde réel au monde du sommeil, la transition que tu fais est intéressante.
Elora
Posté le 27/10/2020
Bonjour !
J'ai fait la transition par étape, sans ça, je ne voyais pas comment je pouvais faire pour bien passer de l'état réveillé au sommeil.
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