Chapitre 3 (nouvelle version)

Par Gabhany
Notes de l’auteur : Hello à tous ! Voici le chapitre 3 de Humans, qui est un peu différent des deux premiers. C'est une immersion dans la tête de Kiaraan, il est donc rédigé à la première personne et au présent. J'espère que ce ne sera pas trop déroutant !

Courir. Courir loin et vite. Ne pas rester dans les environs du village. Ne pas y revenir tant qu’on est soumis à la Mue. Ce sont les règles. COURS !

*

La panique rythme ma course, me propulse en avant. J’accélère pour la noyer sous le grondement de mon sang, sous le bruissement des feuilles, sous le tambour de mes pattes sur le sol. J’en appelle à la puissance primitive qui m’anime. Qu’elle m’accorde la force de survivre.

*

Le feulement du vent. Le chuchotis d’un cours d’eau tout proche. L’omniprésence du vert. Des traînées vert tendre pour les feuilles, d’autres plus foncées pour les arbustes qui jalonnent ma route, le vert clair de l’herbe sous mes pattes. L’odeur lourde de l’humus et de la terre meuble sous mes griffes. L’ivresse des parfums qui assaillent mon odorat. Les fumets plus ou moins prégnants, plus ou moins alléchants, des autres animaux que je sens à des centaines de mètres. La puissance phénoménale de mes muscles d’ourse qui semble ne jamais se tarir. La vitesse et la force réunies en un grondement qui m’habite toute entière.

L’instinct de l’animal qui me fait me jeter malgré moi à la poursuite de proies immédiatement condamnées.

*

Le goût terreux du sang tapisse ma gueule. Le grondement de la faim, la férocité ont disparu. La lourdeur de mes pattes se mouvant avec lenteur. La tête basse, le nez à la recherche d’un endroit pour m’allonger. Me mettre à l’abri. Là, derrière un bosquet de saules-à-soie, au pied d’une colline.

*

La chaleur de ma fourrure chauffée par le soleil. Le réveil, alerte et aux aguets. Rien. Personne. Aucune odeur suspecte. Je repose la tête sur le sol. La torpeur me reprend. Ça dort longtemps, un ours ?

*

Un énième réveil en sursaut. Un craquement de branche. Je redresse la tête, les crocs vaguement dévoilés, prête à bondir. Le poil qui se hérisse. Une odeur me chatouille les narines. Pas celle d’un prédateur. Pas de danger. En chasse.

*

A combien d’épiques levers de soleil ai-je assisté ? Impossible de savoir. Le temps n’est rien dans cette peau. Il y a juste… un fouillis de sensations duquel je peine à émerger. Ma conscience d’humane s’y noie, la plupart du temps.

Je dors beaucoup, sans savoir quand je vais me réveiller. Parfois pendant ce qui semble être un infime instant, parfois si longtemps que je ne suis que faim au réveil.

Je dors, je chasse et je mange. Quelle vie que la mienne !

                                                                     *

Nez au vent. Où suis-je ? Coin de montagne vierge de toute présence. Les feuilles chantent dans la brise légère. Alerte. Odeur suspecte. Inconnue. Danger. Je veux me cacher mais je me dresse de toute ma hauteur contre l’ennemi. Un prédateur. Un grand loup gris qui couche les oreilles et me montre les crocs. Deux autres arrivent. Debout, la gueule grondante, les crocs dévoilés, j’attends que l’un d’eux se mette à ma portée. Je suis plus grande et plus forte. Ne m’approchez pas, pauvres bêtes.

Mais ils n’attaquent pas. La truffe en l’air, ils me hument en agitant des oreilles perplexes.

L’instinct me presse d’attaquer la première, de prendre l’avantage et d’en profiter pour fuir. Mais j’arrive à l’ignorer. Trop étonnée par leur comportement, je ne me laisse pas submerger.

Ils m’observent un moment, puis se détournent rapidement et s’enfuient.

Je reste longtemps sans bouger, essayant d’assimiler ce qui vient de se produire. Quelque chose m’échappe.

*

La même odeur vient chatouiller mes narines. Debout, toutes griffes et dents dehors. Cette fois, je n’y échapperai pas. Je laisse l’instinct prendre le dessus. Je pousse un rugissement qui résonne dans les montagnes alentour. La puissance de la rage qui me saisit fait tomber toutes les barrières de mon esprit. Soif. Combat et sang. Je suis prête.

Puis une autre odeur, proche mais subtilement différente de celle des loups, m’arrête net. A quelques pas derrière eux, un quatrième loup, les oreilles couchées, répand son odeur d’animal Pur entre nous.

« Les Humans sous leur forme animale ont une odeur différente de celle des animaux Purs. C’est ce qui vous permettra de les reconnaître, nous apprenait-on à l’école, pour nous préparer à la Mue. Si vous rencontrez des animaux dont l’odeur vous hérisse le poil, fuyez-les, car ils vous voudront du mal »

Ce ne sont pas de simples loups. Ce sont des Humans. Plus précisément, du clan des Lupus. Nos tous nouveaux ennemis.

*

Aucun de nous n’ose bouger. Le premier qui s’y risquera  provoquera un carnage, j’en suis sûre.

Soudain, l’un d’eux se met à hurler. Je reste un moment paralysée, parce que ce hurlement me parle. Je comprends sa signification. Le loup appelle. C’est un cri d’alarme et de ralliement.

L’instinct reprend le dessus, je bondis en avant et je me précipite entre les loups. La puissance de mon corps les éjecte du chemin et j’en profite pour fuir. La panique m’assourdit, m’empêchant d’entendre s’ils me poursuivent, mais leur odeur s’éloigne peu à peu.

Néanmoins, je cours sans m’arrêter jusqu’à ce que je trouve l’entrée d’une grotte, au bas d’une montagne, cachée par les branches ployées d’un arbre. A mon approche, trois petits rongeurs et leur mère s’enfuient. J’attrape le père et le traîne avec moi dans la grotte. Je le tue d’un claquement de mâchoire et le dévore à même le sol sombre et granuleux de mon refuge. Cette fois, le goût du sang ne m’apporte aucun réconfort, ne comble rien en moi. L’ourse n’avait pas faim. J’ai tué simplement parce que l’human avait besoin d’évacuer. Je me dégoûte.

J’entends du bruit à l’entrée de la grotte. Je me relève et m’enfonce dans l’étroit boyau qui serpente vers le cœur de la montagne. Au fur et à mesure que je descends, l’humidité se fait plus forte, me prenant à la gorge, tapissant ma langue et saturant mon odorat. Les parois du tunnel se resserrent autour de moi. Je suis obligée de me tapir au sol, bientôt de ramper. La terre suintante macule ma fourrure. Je ne peux plus respirer, presque plus bouger. Je plante mes griffes dans la terre meuble. Avancer. Le boyau me malaxe entre ses parois. Je n’y arriverai pas. Je vais mourir là, étouffée, et personne ne me retrouvera jamais.

Ma respiration s’accélère. Des ombres noires dansent devant moi. Mon sang bat frénétiquement jusque dans mes yeux. Mon cœur cogne mes côtes.

Je suffoque. Non. Non ! Je me débats encore. Diorann !

Le noir.

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Joke
Posté le 17/09/2019
Ok, ce chapitre est génial.
L'idée du passage en première personne est super, et très bien conduit, pas de souci à te faire de ce côté-là.

C'est très prenant. Tu arrives très bien à faire ressentir à la fois la partie animale et la partie humaine qui se débat, leur confrontation et leur cohabitation, sans pour autant être dans les facilités.
Y a juste la phrase "Quelle vie que la mienne" qui m'a un peu chiffonée, elle m'a semblée en trop, d'autant que celle juste avant est super forte. Mais c'est vraiment un détail.

Trop hâte d'en savoir plus sur les Lupus!
Gabhany
Posté le 19/09/2019
Joke ! Merci pour ton commentaire trop gentil, ça me booste !!
Stella
Posté le 17/09/2019
Cette course est juste magnifique. Mêler des phrases courtes, des mots qui fussent pour le côté animal à des phrases plus longues pour le côté humain (enfin humans).
J'adhère à ce choix que j'ai plusieurs fois adopté mais pour un chat et une panthère 🙄. Bien que j'ai aussi un ours mais on entre pas dans sa tête. Bon arrête de raconter ta life.
Tu as super bien dosé le tout. On court littéralement dans la forêt à ses côtés. J'espère qu'il y aura plusieurs chapitres de ce type narratif 😁
J'ai été obligée de relire le passage sur les histoires d'odeur des loups purs et des loups lupus
Je me suis perdue entre les deux parce qu'au niveau de l'enchaînement le paragraphe "Les Humans sous leur forme animale ont une odeur différente de celle des... fuyez-les, car ils vous voudront du mal » vient tout de suite après la mention du loup pur. Peut être réorganiser les phrases ?
Le cri qui vient après c'est bien un cri d'attaque d'un lupus et pas un appel à l'aide du loup pur ? Ou le loup pur qui dit à Kiaraan de filer ?
J'aime bien que tu ais gardé des loups normaux en plus des lupus. Si ça se trouve c'est lui le chef de la bande 😂 ou alors ils allaient le croquer ?
À la fin je me suis rassurée en me répétant que si une ourse coince moi je passe à l'aise. Bonjour l'angoisse. Tes fins de chapitres sont diablement chargées en suspence.
La mort du rongeur ne m'a pas choqué c'est très bien amené. Du coup les lupus ne poursuivent pas Kiarann ?
Des bisous étoilés
Gabhany
Posté le 17/09/2019
Ooooh merci Stella, c'est adorable ce commentaire, tu as fait ma journée <3 Ahem par contre d'autres du même type ce n'est pas prévu pour l'instant, mais ça me donne envie d'en refaire un. Il était aussi chouette à écrire pour moi, qu'à lire pour toi ;)
Oui ce passage n'est pas très clair encore, malgré la réécriture…
Oui c'était bien un cri d'attaque !
Ils ne poursuivent pas Kiaraan car elle les a un peu laissés sur le carreau en fonçant sur eux. Et puis, ils n'ont aps trop envie de l'attaquer…. tu sauras pourquoi dans quelques chapitres ^^
Plein de bisous <3
Luru
Posté le 04/09/2019
Le passage à la seconde personne ne m'a pas perturbé. C'est la suite directe du chapitre précédant et c'est bien mené, car ce n'est ni trop court ni trop long. Je verse quand même une petite larme pour le pauvre petit rongeur qui n'a pas eu de chance !

La fin du chapitre se termine avec du suspense et continue à donner l'envie de tourner la page. D'ailleurs, je m'empresse d'aller lire la suite. ^^
Gabhany
Posté le 05/09/2019
Hey Luru ! Contente de te revoir par ici ! Ahah oui, il était au mauvais endroit au mauvais moment ^^ je suis heureuse que tu continues à lire ;)
Renarde
Posté le 31/07/2019
La fin est oppressante, misère...
Sinon le passage à la première personne passe tout seul. On ressent bien cette dualité homme/animal, et on comprend que certains n'aient aucune envie de revenir.  
Gabhany
Posté le 31/07/2019
AH tant mieux, jusqu'ici vous êtes unanimes sur le changement de personne, je suis contente. Qu'est-ce que tu veux dire par "on comprend que certains n'aient aucune envie de revenir ?"
Elga
Posté le 15/05/2019
Coucou!
Chouette un chapitre court. J'aime bien parce que je peux le lire et le commenter dans le peu de temps que j'ai.
Il est super bien sûr ce chapitre et ce que j'aime c'est le mélange entre ses sensations humanes et ses sensations ourses. Du coup, un passage m'a paru moins riche: " Ça dort longtemps, un ours ?" Je tente de m'expliquer: avant et après cette question, ton personnage accepte toutes les sensations ourses qui lui viennent, en acceptant qu'elle est momentanément ourse, sauf là, avec cette question . C'est juste un détail mais tu fais très bien ressentir ça (sa dualité qu'elle ne questionne pas parce que c'est comme ça) dans le passage qui suit : "Je le tue d’un claquement de mâchoire et le dévore à même le sol sombre et granuleux de mon refuge. Cette fois, le goût du sang ne m’apporte aucun réconfort, ne comble rien en moi. L’ours n’avait pas faim. J’ai tué simplement parce que l’human avait besoin d’évacuer."
C'est tout pour maintenant!
 
Gabhany
Posté le 15/05/2019
Coucou Gaëlle !
Merci pour ta lecture <3 Je suis contente que le chapitre t'ait plu. Si j'ai bien compris, la phrase dont tu parles te paraît "incohérente" par rapport au reste du chapitre ?
Merci encore de m'avoir lue et à bientôt ! 
Aliceetlescrayons
Posté le 30/04/2019
Je ne trouve pas que ce soit déroutant. En fait, c'est plutôt très, intéressant de se retrouver dans la tête de Kiaraan alors qu'elle est sous sa forme animale.
Les sensations "brutes" sont bien rendues. Il y a vraiment une immersion, j'ai eu bien l'impression "d'être" un ours ^^
Par-ailleurs, ce chapitre soulève beaucoup de questions en ce qui concerne les loups. J'ai hâte d'en savoir plus.
Détail => une phrase m'a un peu perdue : "Au milieu des autres, un quatrième loup, mort, répand son odeur propre d’animal entre nous" <br />Je n'ai pas saisi d'où sortait le loup mort. C'est Kiaraan qui l'a tué? Quant à son odeur, il me parait curieux d'associer l'adjectif "propre" à un animal mort.
Voilà! :)
 
Gabhany
Posté le 30/04/2019
COucou Alice !
Merci pour ton commentaire ! Je suis contente que ça t'ait plu et que l'effet que je voulais soit atteint :)
Merci pour ta remarque, tu n'es pas la première à me le dire, il faut que je retravaille ça car même pour moi en relisant, ce n'est pas très clair ^^en fait dans ma tête, ce sont les loups qui l'ont tué pour montrer à Kiaraan qu'ils ne sont pas de simples loups.
Merci encore pour ta lecture :)
Gab 
Eulalie
Posté le 22/04/2019
Coucou !
j’ai mis un peu de temps car j’ai beaucoup (trop) de choses à faire en ce moment.
J’aime bien ce nouveau chapitre. La perspective que tu offres est très intéressante. Et ma curiosité concernant la Mue est en partie satisfaite. ;-) Mais quel suspense ! Je me demande si le clan des Lupus est vraiment aussi méchant qu’ils le prétendent chez les Ursi. J’aimerai que ce soit plus complexe que ça, … je verrai bien !
<br />
J’ai quelques remarques sur le fond, mais d’abord une grande question concernant le style. J’ai l’impression que tu n’es pas au clair avec ton style dans ce chapitre-ci. Tu fais des phrases courtes et simples, certaines n’ont pas de verbe, beaucoup sont à l’infinitif. J’y trouve un côté primaire qui accompagne bien l’animalité de l’ourse. D’un autre côté certaines phrases sont plus longues et descriptives, voire poétique. Et je trouve que ce n’est pas adapté à l’ourse ni à la situation.
Je crois que je projette en partie mon travail dans le tien parce qu’il se trouve que j’ai moi aussi un personnage qui se métamorphose en ours et que je l’ai travaillé assez différemment. Je veux bien en débattre avec toi plus longuement si tu veux.
D’autres détails :
« Courir. => pourquoi des guillemets et l’italique ? Selon moi un seul des deux aurait suffit pour signifier l’intériorisation des propos.
2- J’en appelle à la puissance primitive qui m’anime. Qu’elle m’accorde la force de survivre. => J’aime cette spiritualité proche de la Nature.
3- Le feulement du vent. => poétique mais aussi déroutant. Le feulement c’est spécifique au félin qui gronde. Pourquoi avoir utilisé ce terme là ?
4- La puissance phénoménale de mes muscles d’ours => ourse au féminin ?
5- qui semble ne jamais se tarir. => si tu emploies le mot « tarir » tu fais des muscles une source de puissance. Cette image m’étonne car un muscle peut également être au repos et dans ce cas je l’imagine mal sourdre de la puissance. D’un autre côté cette métaphore ajoute un côté incoercible à la Mue qui me plaît assez. Je suis un peu déroutée finalement.
6- La vitesse, la force, le grondement qui m’habite => habitent ?
7- L’instinct de l’animal qui me fait me jeter malgré moi à la poursuite de proies immédiatement condamnées.=> phrase un peu trop complexe à mon goût
8- Le goût terreux du sang => pour moi le sang à goût de fer, pas de terre
9- qui tapisse ma gueule. Le grondement de la faim, la férocité qui s’est effacée. La lourdeur de mes pattes qui se meuvent avec lenteur. => trop de relatif « qui » à la suite
10- La tête basse, le nez à la recherche d’un endroit pour m’allonger. Me mettre à l’abri. Là, derrière un bosquet d’arbres Sfiliers, => pourquoi la majuscule ? Sfiliers est un mot spécifique à ton univers je crois, mais est-ce un adjectif, un nom commun ou un nom propre ?
11- Ça dort longtemps, un ours ? => J’ai l’impression qu’elle n’a plus complètement le contrôle d’elle-même et qu’elle est une sorte de spectatrice interne de sa propre mue. J’aime bien ce point de vue que tu nous donnes à lire !
12- Un énième réveil en sursaut. Un craquement de branche qui casse. Je redresse la tête, les crocs vaguement dévoilés, prête à bondir. Le poil qui se hérisse. L’odeur qui me chatouille les narines. => à nouveau des relatifs « qui »
13- A combien d’épiques levers de soleil => À ? // J’ai l’impression que Kiaraan peine à garder sa conscience humaine dans cette enveloppe d’ours. L’usage de mots du registre soutenu comme « épique » me semble inopportun. Idem pour l’antéposition poétique de l’adjectif qualificatif.
14- Impossible de savoir. Le temps n’est rien dans cette peau. Il y a juste… un fouillis de sensations duquel je peine à émerger. Ma conscience d’humane s’y noie, la plupart du temps.
Je dors beaucoup, sans savoir quand je vais me réveiller. Parfois pendant ce qui semble être un infime instant, parfois si longtemps que je ne suis que faim au réveil.
Je dors, je chasse et je mange. Quelle vie que la mienne ! => J’aime cette prise de conscience, tu gardes le rythme des phrases courtes qui me donne à voir une conscience qui lutte contre l’animalité. Ça me plaît.
15- Les feuilles froissées => c’est l’automne ? J’ai du mal à voir comment les feuilles sont froissées.
16- Je veux me cacher mais je me dresse de toute ma hauteur contre l’ennemi. => pourquoi ?! Je ne comprends pas. C’est l’instinct de l’ourse qui va à l’encontre de son envie d’humane ?
17- Un prédateur. Un loup gris qui couche les oreilles et me montre les crocs. => le loup n’est pas un prédateur naturel de l’ours. Il peut arriver qu’ils se battent pour de la nourriture ou un territoire mais l’usage du mot « prédateur » ne me semble pas adapté (pas tout de suite ;-) ).
18- Je reste longtemps sans bouger, essayant d’assimiler ce qui vient de se produire. Quelque chose m’échappe. => Moi j’entrevois la suite. J’aime bien quand je peux avoir un peu d’avance sur les personnages.
19- Puis une autre odeur, proche mais subtilement différente de celle des loups, m’arrête net. Au milieu des autres, un quatrième loup, mort, répand son odeur propre d’animal entre nous. => Moi aussi je m’arrête net. Elle a tué un loup ? Ils étaient revenus à trois. Le paragraphe précédent m’avait permis de comprendre que des loups étaient revenus mais pas combien ils étaient ni même s’ils se sont vraiment battus.
20- « Les Humans sous leur forme animale ont une odeur différente de celle des animaux Purs, => point ?
21- c’est ce qui vous permettra de les reconnaître, nous apprenait-on à l’école, pour nous préparer à la Mue. Si vous rencontrez de tels animaux, fuyez-les, car ils vous voudront du mal » => Je n’ai pas compris lesquels voudront du mal, les Purs ou les Humans ?
22-Nos tous nouveaux ennemis. => hélas la triste facilité qu’à l’espèce humaine à tirer des conclusions hâtives dans la panique… Cela dit, c’est un bon outil pour un auteur !
23- A mon approche, => À ?
24- J’ai tué simplement parce que l’human avait besoin d’évacuer. => je trouve que le mot « évacuer » n’est pas dans le bon registre de langue.
25- Je suis obligée de me tapir au sol, bientôt de ramper. => se tapir c’est se cacher. Pour moi cela exclu toute forme de mouvement ensuite.
26- rougie par ma vision affaiblie. => ce n’est pas clair pour moi.
27- Avancer. Le boyau me malaxe entre ses parois. => On dirait que la terre la digère. C’est une image inquiétante qui ajoute au sentiment d’oppression. Bravo.
28- Je suffoque. Non. Ahhhhhhhh. Je me débats encore. Diorann ! => J’aime cet ultime cri. J’aime beaucoup moins le « ahhhhhhh » juste avant.
<br />
C’est la fin de la tartine. J’ai un peu plus écrit que je ne le pensais. Heureusement que bébé dormait ;-) ! Merci encore pour ton histoire qui me transporte, j’ai hâte de lire la suite.
Eulalie
Gabhany
Posté le 22/04/2019
Hello Eulalie ! 
Me voilà revenue de vacances pour me pencher sur ton commentaire très précis et instructif comme toujours ;)
Haha alors pour les loups, on en apprendra plus dans les chapitres suivants, mais je peux déjà te dire que ce sera en effet plus complexe que cela ;)  
pour la question du style, en fait j'ai cherché à rendre d'un côté l'animalité, les sensations pures et immédiates, sans réfléxion aucune au début, et par la suite, les phrases plus longues et recherchées correspondent à l'émergence de la conscience d'humane de Kiaraan au milieu de ses instincts animaux. Visiblement, le côté "instinct" et "sensations" est bien ressenti, mais peut-être que le côté "conscient" n'est pas assez clair. Est-ce que ça répond à tes questions ? Je voulais montrer en fait que, avec le temps qui passe, elle parvient mieux à maîtriser ses instincts et que l'humane  reprend parfois le dessus sur l'animal en elle.
Merci encore pour ton intérêt et tes retours toujours intéressants ! Je te fais un mail pour le reste des corrections ;)
A bientôt,
Gab  
 
Makara
Posté le 05/05/2019
Recoucou :) Me voilà pour le dernier chapitre en ligne !
Il était super !!!! J'ai adoré. Je trouve que le passage au présent donne vraiment une vision instantanée, montre bien le changement entre l'humain et la bête ! Bravo pour cette astuce. En plus, cettes superposition de phrases courtes rend vraiment bien, on est dans la tête de l'ours c'est super ! La rencontre avec les loups est très sympa aussi, je me suis doutée rapidement qu'il ne s'agissait pas de loups normaux. 
Je sens que cela va avoir des conséquences le fait qu'elle ait tué des lupus, ils vont pas être contents...
Mais du coup, est-ce que tous les habitants du village de Kiarann muent ? 
J'ai relevé seulement quelques répétitions  :
Des traînées vert tendre pour les feuilles, d'autres plus foncées pour les arbustes qui jalonnent ma route, le vert clair de l'herbe sous mes pattes.
Des ombres noires dansent devant mes yeux. Mon sang bat frénétiquement jusque dans mes yeux.
Bon elle est où la suite ??? :p
Pleins de bisous volants <3 
 
Gabhany
Posté le 05/05/2019
Recoucou ma petite makara !
Merci je suis contente que ça t'ait plu !! Je suis soulagée de voir que l'effet voulu est atteint ^^
Hum alors Kiaraan n'a pas tué de Lupus... il faut vraiment que je retravaille ce passage car le loup mort est un loup normal, un loup Pur ;) amené par les Lupus pour montrer à Kiaraan que justement ils ne sont pas des loups normaux. Je suis claire ou pas ? Mais en revanche tu m'as donné une idée pour la suite du texte haha =D
Et oui, tous les habitants du village de Kiaraan muent, à un moment donné dans leur vie... ;)
On en reparle sur mon jdb si ce n'est pas clair !
Bisous bisous <3 
Makara
Posté le 07/09/2019
C'est toujours un super chapitre et tes changements montrent bien que kiarann ne tue pas de lupus ;)
Gabhany
Posté le 08/09/2019
Ah parfait ;) merci !
GueuleDeLoup
Posté le 19/06/2019
Hey me voilà directement sur la suite. j'ai beaucoup aimé ce chapitre dans la tête de Kiaraan l'ours
Donc si j'ai bien compris, le clan de kiaraan se transforme en ours et celui des lupus en loup. ce sont tous de shumans. Les animaux (et les humains ?)qui ne se transforment pas sont des "purs".
Du coup on a envie d'en savoir un peu plus sur comment se déroulent ce genre de transformation: est-ce que c'est la première fois pour Kiaraan? Est-ce que des fois les membres du clan l'utilisent de façon volontaire?
J'ai juste une remarque à propos du clan des loups. J'ai finalement compris que ce nom était lié au nom latin du loup, mais pour d'instinct j'entend Dr House dire : "C'est un lupus" du coup ça m'évoque au premier abord... une mlaadie auto-immune. Si je suis la seule que ça perturbe, je pense que ça n'a pas d'importance, mais si d'autres te font la remarque, ça vaut peut-être le coup de changer ce nom? 
voilààà, je te dis à bientôt!
Gabhany
Posté le 19/06/2019
Hey Loup ! 
Je suis contente de te revoir par ici et que ce chapitre t'ait plu ! Tu as tout bien compris, juste il n'y a pas d'humans "purs". Ils sont tous soumis à la Mue. Pour Kiaraan c'était sa première Mue (je le précise dans le chap suivant), et quant à savoir si certains peuvent l'utiliser volontairement, eh bien, je dirais que en général, ce n'est pas possible =D
XD pour le nom des Lupus ! Je n'avais même pas remarqué, mais tu as raison ^^ j'ai cette image dans la tête maintenant XD cela étant comme personne ne m'a encore fait la remarque, je vais le garder pour le moment, mais je vais quand même réfléchir à un autre au cas où =D
 
Arabella
Posté le 02/07/2019
Recoucou (le dernier ! pour l’instant), ils se transforment tous en ours ? J’aime beaucoup l’idée de l’ours : c’est un animal très noble, sauvage, mais en même temps ce n’est pas le loup (souvent utilisé). Il y a quelque chose de pataud, émouvant ! D’ailleurs à travers ton écriture on est complètement dans la peau d’un ours, je trouve cela intéressant puisque finalement l’esprit « humain » de Kiaraan n’apparaît que ponctuellement, et ce sont les instincts qui dominent. Je ne sais pas si tu as regardé beaucoup de documentaires animaliers pour réaliser ce chapitre, mais ça marche bien hihi !
 
Ce que j’aime dans ce chapitre, et ce que je pressens, c’est que Kiaraan est vraiment spéciale ! Elle se distingue et elle a l’air d’avoir du caractère, tout en étant nuancé. J’aime beaucoup son personnage.
 
Merci pour cette lecture, hâte de découvrir la suite !
Gabhany
Posté le 02/07/2019
Hey ! 
Alors non, ils ne se transforment pas tous en ours hihi. Ah je suis contente parce que je cherchais vraiment à travers ce chapitre à faire ressentir les instincts de Kiaraan dans sa peau d'ours, m^ême si je n'ai regardé aucun documentaire XD
Oui Kiaraan est spéciale, tu en sauras plus sur elle par la suite, et je suis super heureuse que son personnage te plaise, j'essaie de faire très attention à ses réactions et d'en montrer la complexité, alors je suis ravie que ça fonctionne !
Merci énorménement à toi de m'avoir lue ! 
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