Chapitre 3 : Mélissa Narrada

Par Blacky

Chapitre 3 : Mélissa Narrada

Le tram ralentit avant de s'immobiliser dans un chuintement familier devant les passagers qui l'attendaient à l'arrêt. Dans l'air frais du matin, les portes s'ouvrirent pour laisser monter les usagers qui passèrent chacun leur intelli-montre devant la borne afin de payer leur voyage. Certains restèrent debout mais Mélissa trouva une place assise. Ce n'était pas qu'elle avait un long trajet à effectuer, mais elle n'avait aucun équilibre dans les transports en commun, ce qui était sans doute une conséquence directe des talons hauts qu'elle aimait tant porter.

Ceux d'aujourd'hui étaient d'ailleurs jaune poussin. Ils allaient avec sa robe légère d'un jaune pâle crémeux, sa veste moutarde et son sac à main tournesol. Mélissa aimait bien les couleurs claires, elle avait toujours l'impression qu'elles faisaient ressortir la teinte café au lait de sa peau. Et c'était une chose qui comptait pour elle, parce que sa couleur de peau plaisait beaucoup à Daniel. Daniel était le DRH d'Hob'Corp, l'un des hommes de confiance du grand patron, et Mélissa était sa secrétaire personnelle. Il était bel homme, avait un très bon poste et, sur son compte en banque, de quoi payer pour toutes les opérations qu'elle convoitait depuis des années. Dans ses plus beaux rêves, Mélissa se voyait lui passer la bague au doigt et, une fois le matin venu, elle se donnait les moyens de faire de ce rêve une réalité.

Perdue dans ses pensées, la jeune femme étudia le reflet de son visage dans la vitre. Ses traits d'origine étaient loin derrière elle. Elle avait fait affiner son nez, repulper ses lèvres et redessiner sa mâchoire. Cette dernière opération avait été coûteuse et très lourde, mais Mélissa en était particulièrement contente. Elle avait décidé de conserver la forme de ses yeux comme un héritage familial, mais elle en avait fait modifier la couleur, passant d'un brun foncé à un bleu devenu dernièrement des plus communs. Elle termina son inspection matinale par les cheveux : elle avait fait retoucher leur implantation et, quelques semaines auparavant, elle avait délaissé le blond qu'elle arborait depuis des années pour revenir à sa teinte naturelle. En revanche, hors de question d'arrêter de les lisser…

Alors que le tram redémarrait après avoir récupéré de nouveaux passagers, Mélissa mit soudain le doigt sur ce qui déclenchait cette impression d'avoir commis un important oubli avant de sortir de chez elle. Elle ne s'était pas maquillée. Et dire qu'elle avait croisé sa voisine sur le palier ! Cette dernière avait vraiment dû la prendre pour la pire des négligées et des asociales… Peut-être même pour une folle ! Mélissa jeta un coup d’œil autour d'elle, persuadée que tout le monde l'observait. Mais il était encore tôt et les usagers étaient plutôt plongés dans les dernières brumes de leur nuit de sommeil. C'était le moment idéal pour agir, heureusement qu'elle ne s'était pas rendu compte de son oubli plus tard dans la journée !

D'une pression sur son intelli-montre, elle fit apparaître l'holo-écran. Après quelques secondes à chercher parmi les différents programmes, elle lança celui qui contrôlait les cristaux sub-épidermiques qu'elle avait fait incruster sur tout son visage. Deux holo-écrans se déployèrent de part et d'autre de celui qui flottait déjà devant elle. Celui de gauche afficha une palette de couleurs, celui de droite une vue schématique de son visage sur laquelle elle pouvait les appliquer, et l'écran central se changea en miroir pour qu'elle puisse suivre la transformation en temps réel. D'un geste expert, elle fit défiler les couleurs jusqu'à trouver un jaune assorti à sa tenue qu'elle fit glisser sur les paupières du schéma. Dans le miroir, elle constata que les cristaux faisaient leur travail et affichaient désormais la teinte qu'elle venait de choisir dans la zone donnée. Mélissa profita du reste du trajet pour essayer différents blushs, pour recouvrir quelques rougeurs par une touche de sa carnation exacte et pour changer trois fois la couleur des cristaux sur ses lèvres.

Quand le haut-parleur du tram annonça finalement son arrêt, elle tapota son intelli-montre et, en un éclair, les holo-écrans disparurent comme ils étaient apparus. Alors qu'elle regagnait la rue, la jeune femme se félicita, comme cela lui arrivait souvent, d'avoir enfin mis le prix pour obtenir un appareil de qualité. Les modèles dépourvus d'holo-écrans étaient encore courants, mais Mélissa ne comprenait déjà plus qu'on puisse s'en satisfaire. C'était comme ces logiciels bas de gamme d'exploitation des cristaux sub-épidermiques, ils offraient peu de choix et les couleurs étaient grossières et peu nuancées, elle se demandait comment une femme saine d'esprit pouvait s'en contenter.

Ces considérations s'évaporèrent de l'esprit de la jeune femme quand l'entrée de la tour Hob'Corp se trouva dans son champ de vision. L'arrêt du tram se trouvait à quelques pas des portes principales et, quand on quittait la voiture, il fallait renverser la tête loin en arrière pour espérer apercevoir le sommet du bâtiment. Mais Mélissa Narrada ne fut pas tentée de lever les yeux pour voir se refléter le soleil levant sur les hauteurs de la tour de verre et d'acier, car quelque chose d'inhabituel se produisait au rez-de-chaussée. Ce matin-là, contrairement aux autres jours, il n'y avait nul commercial contant fleurette à une petite secrétaire munie d'un gigantesque gobelet en polymères rempli de café. Il n'y avait pas trace des vagues de commis entrant et sortant à toute allure, les bras pleins de dossiers. Pas d'employés consultant l'heure et pressant le pas, aucun scientifique nerveux respirant un grand coup avant de passer les portes. La fourmilière qu'était le siège social d'Hob'Corp et qui débordait d'ordinaire jusque sur le trottoir semblait morte ce matin-là. On n'était pourtant pas dimanche, Mélissa en était certaine…

Pleine de curiosité, la jeune femme remonta la courte allée entre les massifs de fleurs. Elle comprit l'ampleur de l'anormalité de la situation quand les portes automatiques coulissèrent devant elle. Le hall d'entrée était saturé d'hommes élégants, de femmes aux coiffures strictes et de policiers. Un agent l'interpella d'ailleurs immédiatement et lui demanda de décliner son identité. Après avoir bipé son intelli-montre et vérifié qu'elle faisait bien partie du personnel de l'entreprise, il la laissa passer sans lui en dire plus. Trop surprise pour avoir la présence d'esprit de lui poser la moindre question, elle fit quelques pas en avant dans la chaleur causée par l’agglutinement des employés. Regardant autour d'elle les visages perplexes ou courroucés de ses collègues, Mélissa finit par repérer Daniel. Un petit sourire aux lèvres, elle se dirigea vers lui.

– C'est inadmissible ! disait-il en agrémentant ses paroles de grands gestes. Comment osent-ils nous parquer ainsi, comme de vulgaires animaux ?

Son petit auditoire de fidèles collaborateurs hocha gravement de la tête en chœur.

– Daniel ! s'exclama Mélissa en approchant.

Il releva les yeux vers elle et lui sourit quand il la reconnut. La jeune femme fut éblouie une seconde par la blancheur de ce sourire.

– Mais que se passe-t-il donc ? demanda-t-elle.

– Eh bien, figurez-vous, ma chère, que je n'en ai pas la moindre idée ! Ah ça, Albert aura de mes nouvelles dès que j'arriverai à le joindre !

Alentour, tout le monde écoutait leur conversation. Daniel était bien connu comme étant l'une des rares personnes de ce monde à pouvoir appeler M. Hoblois par son prénom. Mélissa avait même surpris quelques regards envieux dans sa direction. Elle se redressa légèrement et rejeta une mèche de cheveux par-dessus son épaule.

– Et tout ces policiers, que font-ils dans nos locaux ?

Daniel posa sa main sur son épaule.

– Ne vous en faites pas, très chère Mélissa, je ne laisserai rien vous arriver…

Soudain, alors qu'elle ouvrait la bouche pour lui répondre qu'avec lui elle se sentait parfaitement en sécurité, un policier grimpa sur le comptoir de l'accueil et prit la parole.

– Mesdames et messieurs, je vous demanderais de m'accorder votre attention quelques minutes s'il vous plaît.

Il marqua une pause, le temps que le silence se fasse. Mélissa ne savait pas qui il était, elle ne l'avait jamais vu auparavant, mais sa prestance et ce qui se dégageait de lui lui firent forte impression. Planté sur le comptoir, jambes légèrement écartées et bras croisés sur le torse, il portait la tenue bleu marine habituelle des forces de l'ordre. T-shirt et pantalon multi-poches rentré dans les rangers, il avait délaissé la veste réglementaire qui permettait à tout un chacun de connaître son grade.

Mélissa se trouvait tout près et elle le voyait bien. Il n'était jamais facile de donner un âge aux gens, mais elle pouvait affirmer sans crainte de se tromper qu'il était dans la deuxième partie de sa vie. Peut-être avait-il 50, 60 ans ? En tout cas, il lui restait encore de longues années de service avant d'atteindre 72 ans et l'âge légal de la retraite. Mais peut-être les policiers pouvaient-ils quitter leur poste avant cela étant donné leurs conditions de travail ? Mélissa n'était pas très au fait de ce genre de choses…

– Bonjour à tous, reprit-il. Je suis le commissaire Jack Ericksen. Moi et mes hommes sommes navrés de vous importuner ce matin, mais quelque chose s'est produit.

Durant la courte pause que marqua le commissaire, la jeune femme remarqua que Daniel s'était éloigné pour répondre à un appel. Elle reporta son attention vers l'orateur. Il scrutait son auditoire de son regard perçant, d'un bleu si clair qu'il semblait voir même ce que vous cachiez au fond de votre âme. Il avait quelques rides autour des yeux et sur le front, il avait probablement fait effacer les autres, et, fait plus rare encore, ses cheveux avaient encore leur couleur naturelle. Poivre et sel, ils commençaient à tirer plus franchement sur le sel qu'autre chose. Il n'avait visiblement pas eu la volonté de dissimuler ces marqueurs de son âge comme la plupart des gens. De là où elle se trouvait, Mélissa pouvait voir les muscles tendus de ses bras, elle devinait les tendons et les veines sous la peau tannée par le soleil. C'était un homme dont il fallait se méfier. L'écran de son intelli-montre – le modèle spécial de la police : massif, noir, long comme la moitié de l'avant-bras – clignotait sans qu'il s'en préoccupe.

– Plusieurs individus se sont introduits dans vos locaux cette nuit et ont malheureusement tué vos collègues qui en assuraient la garde.

Quelque part, quelqu'un poussa un petit cri et une vague de murmures choqués s'éleva de la foule des employés. Personne ne connaissait les gardiens de nuit, mais Mélissa, comme d'autres jeunes femmes, porta la main à ses lèvres pour afficher un effroi de bon ton, qu'elle était loin de ressentir aussi intensément qu'elle voulait bien qu'on le croie. Très vite, le commissaire Ericksen reprit la parole, bien conscient que l'attention de son auditoire n'était plus la même.

– Apprendre cela de cette manière ne doit pas être facile pour vous, c'est pourquoi une cellule psychologique a été mise en place pour ceux qui en ressentiront le besoin. Nous souhaitons interroger chacun d'entre vous, aussi nous vous prions de ne pas quitter le bâtiment sans en avoir reçu l'autorisation. Merci également de ne pas quitter le rez-de-chaussée, nous poursuivons l'enquête dans les étages.

Sur ces mots, il sauta du comptoir et disparut du champ de vision de la majeure partie des employés. Mais Mélissa le voyait toujours, il entretenait une discussion animée avec quelqu'un via son intelli-montre. Aussi longtemps que sa voix forte avait retenti chacun avait gardé le silence, mais, dès que le commissaire lui avait laissé la place, le brouhaha s'était installé dans le hall. Daniel revint alors vers elle et se pencha sur son oreille, de manière que personne d'autre ne puisse entendre ce qu'il s'apprêtait à lui dire.

– Albert m'a contacté, chuchota-t-il. Ne le répétez à personne ma chère, mais nos cinq gardiens de nuit n'avaient apparemment aucune chance. Quatre sont morts sans qu'il y ait de traces de combat et le corps du cinquième est en piteux état. La police a passé le bâtiment au peigne fin avant que nous arrivions et rien n'a été volé, mais le matériel de vidéo-surveillance est complètement hors service et la porte du bureau d'Albert a été forcée. Rien n'a été touché mais ils ont mis la main sur un micro espion qui se trouvait caché dans une lampe.

– La Mafia ? demanda Mélissa, soudainement beaucoup plus inquiète qu'auparavant.

– Ils n'ont aucune certitude, mais c'est très possible. En tout cas, peu importe le commanditaire, ceux qui ont fait ça sont des professionnels. Ils n'ont pas laissé une trace, pas le moindre indice…

Le bruit autour d'eux s'intensifia alors à tel point qu'ils ne s'entendirent plus. Et puis, il s'arrêta soudain. Ce fut à ce moment-là, en suivant le regard de leurs collègues, que Daniel et Mélissa remarquèrent qu'un autre homme était passé derrière le comptoir de l'accueil. Il avait beau ne pas être monté sur le bureau comme le commissaire, il les dominait grâce à l'estrade qui se trouvait là.

Celui-ci, impossible d'ignorer son identité. Ce visage anguleux, clairement déterminé, presque sévère, hantait les ondes depuis de longues années. L'absence de rides et la chevelure blonde comme les blés étaient trompeuses, mais cet homme avait le même âge que le commissaire Ericksen, il était même peut-être plus vieux. C'était dans ses yeux bleus azur, la marque de fabrique du clan Hoblois, que tout se jouait. Ils étaient les témoins des coups que la vie lui avait portés, de ce que les épreuves lui avaient enseigné ou de ce qu'elles lui avaient coûté.

– Le vieux renard ne m'avait pas dit qu'il se fendrait d'un petit discours, murmura Daniel comme pour lui-même.

– Bonjour à vous, commença Albert Hoblois sans perdre de temps. Je ne crois pas vous apprendre quoi que ce soit en vous disant que l'heure est grave. Nos bureaux ont été violés et nous avons tragiquement perdu certains des engrenages qui font d'Hob'Corp la belle machinerie que je dirige depuis des années. Mes amis, le choc est grand, je ne le nie pas…

Il marqua une pause théâtrale, serrant le poing, semblant chercher à croiser le regard de chacun de ses employés. Quand il reprit la parole, il ponctua chaque mot d'un geste.

– Le choc est grand, mais nous nous relèveront mes amis ! Je ne laisserais personne fouler au pied cette société, personne ne manquera de respect à ceux qui se donnent tant de mal à la faire tourner. Nous nous relèveront, oui, mais pas aujourd'hui… Aujourd'hui je vous demanderai d'obéir aux ordres du commissaire Ericksen et de ses hommes : répondez à leurs questions puis rentrez chez vous. Aujourd'hui est pour le choc et le chagrin, demain nous seront forts.

Des applaudissements éclatèrent de toutes parts dans le hall. Mélissa avait un peu l'impression d'assister à un meeting politique ou bien au discours d'un général devant ses troupes. La foule, de cette manière, faisait part de son soutien et de son approbation au chef qui l'avait fédérée. Très vite, Albert Hoblois leva les mains pour ramener le calme.

– Une dernière chose : gardez pour vous ce que vous pourriez apprendre ici des tragiques événements de cette nuit. Un communiqué sera fait à la presse à un moment conjointement considéré opportun par la police et la direction d'Hob'Corp.

Après quelques secondes, il salua ses employés et repassa devant le comptoir. Daniel s'élança pour tenter de l’intercepter mais la foule les sépara et, très vite, le PDG de la société s’évanouit dans la nature. Mélissa se retrouva seule quand son chef se lança à la poursuite de leur patron.

Visiblement, la police avait profité des discours pour s'organiser. Ils avaient investi les deux salles d'attente, la salle de repos du personnel et trois petits réduits de rangement dans lesquels ils avaient apporté des chaises, afin de mener leurs interrogatoires dans les meilleures conditions possibles. Mélissa se trouvait tout près de la porte de l'une des salles d'attente, aussi fut-elle interpellée par un policier qui lui fit signe d'entrer. À l'intérieur, l'un de ses collègues pianotait sur son intelli-montre. Installé sur l'une des nombreuses chaises en verre opaque, il releva vers elle deux grands yeux d'un bleu aussi limpide que celui d'un lac de montagne quand elle s'assit face à lui. Il lui adressa un sourire immaculé et la jeune femme essaya de deviner combien de fois il avait dû passer sur la table d'opération pour avoir à ce point un physique de mannequin. Elle se demanda aussi et surtout à quoi une telle plastique pouvait bien lui servir dans un métier comme celui-là.

– Bonjour, la salua-t-il, je suis l'inspecteur Travy et voici l'agent O'Mallay, mon équipier.

L'homme qui l'avait fait entrer lui adressa un bref signe de tête. Complètement à l'opposé de son collègue, il avait la peau noire comme l'ébène, de courts cheveux sombres et les yeux bruns. Il prit une chaise près de l'inspecteur et ne fit plus un geste.

– Pourriez-vous nous dire votre nom et nous laisser scanner votre intelli-montre ?

– Je m'appelle Mélissa Narrada, répondit la jeune femme en détachant fébrilement le bracelet de son poignet.

Elle avait un modèle sophistiqué qui s'adaptait à la couleur de sa tenue. Aujourd'hui bien entendu, l'appareil était jaune. Elle le tendit au policier.

– Ce n'est qu'un simple contrôle d'identité, rien d'inhabituel ne vous en faites pas, précisa-t-il quand il remarqua qu'elle suivait anxieusement des yeux chacun de ses gestes.

L'homme se servit de sa propre intelli-montre de police pour effectuer le contrôle. Il garda le silence une seconde, lisant un résultat sur son écran, avant de rendre l'objet à la jeune femme.

– Vous allez bien ? lui demanda-t-il alors.

La question parut incongrue à Mélissa. Elle était intimidée, après tout c'était la première fois qu'elle avait à faire aux forces de l'ordre, jamais elle n'avait rencontré de policiers auparavant… Et elle ne s'était pas attendue à autant de prévenance. Elle avait toujours cru que les hommes qui s'engageaient dans cette voie étaient des criminels en puissance dont on avait réussi à canaliser l'énergie destructrice pour qu'ils agissent du côté du bien. De grosses brutes domestiquées, en somme. Visiblement, soit elle s'était trompée, soit celui-ci était différent. Car il venait de mettre toute la douceur et toute la gentillesse du monde dans sa question. La jeune femme hocha la tête et il lui sourit de nouveau. Il appuya sur son intelli-montre et prit une grande respiration avant de commencer.

– Mademoiselle Narrada, avant toute chose, je suis dans l'obligation de vous informer que cet entretien va être enregistré. Il tiendra lieu de déposition dans l'affaire qui nous concerne aujourd'hui auprès des services centraux de police et de renseignements. Êtes-vous prête à coopérer et à répondre en toute franchise à nos questions ?

Les yeux un peu écarquillés, elle hocha de la tête. L'inspecteur lui désigna son intelli-montre du doigt et lui fit signe d'exprimer sa réponse à haute voix. Ah, oui, bien sûr, l'enregistrement… Elle n'y pensait déjà plus.

– Euh… Oui, oui ! dit-elle.

– Très bien. Pourriez-vous nous dire où vous vous trouviez cette nuit ?

– J'étais chez moi, je dormais. Je ne sors jamais quand je travaille le lendemain.

– Y a-t-il quelqu'un pour le prouver ou étiez-vous seule ?

– J'étais seule… Mais il vous suffit de vérifier dans les systèmes de la porte de mon immeuble : elle ne s'ouvre qu'en présence d'une intelli-montre, donc elle aura enregistré les entrées et les sorties de tout le monde durant la nuit !

– Ce n'est qu'une question de routine mademoiselle, je ne pense pas que nous ayons besoin de faire cette vérification.

Travy passa une main dans ses cheveux blonds, échangea un regard avec son collègue, puis reprit :

– Connaissiez-vous personnellement l'une ou plusieurs des victimes ?

– Non, monsieur. Je ne connais ni leurs noms ni leurs visages.

– Je vois… Quel est votre poste dans l'entreprise ?

– Je suis la première secrétaire et l'assistante du directeur des ressources humaines, Daniel Jacobs.

– Et vous n'avez jamais vu passer la photo ou le nom de l'un de ces hommes ?

Il n'y avait aucune accusation dans la voix de l'inspecteur, juste de la surprise, mais Mélissa ne put s'empêcher de ressentir de la honte face à cette constatation.

– Non, répondit-elle en baissant les yeux. Je m'occupe du bon fonctionnement de notre service et du secrétariat personnel de monsieur Jacobs. Je ne suis pas particulièrement en contact avec les employés ou leurs dossiers.

C'était une demi-vérité. Mélissa était l'une des très rares personnes à avoir accès à la totalité des dossiers des employés, qui étaient protégés par un système de haute sécurité. La direction tenait à ce qu'on ne puisse pas accéder trop facilement aux données personnelles de ceux qui travaillaient pour elle. Mais Mélissa avait beau brasser ça quotidiennement, elle n'en retenait rien, parce qu'au fond elle n'était jamais totalement à ce qu'elle faisait. À peine la porte du bureau franchie et elle en oubliait tout, elle préférait penser à des choses bien plus intéressantes. Daniel était la seule chose liée au bureau qu'elle n'effaçait pas totalement de son esprit en rentrant chez elle.

– Bien, d'accord… Aviez-vous remarquer quoi que ce soit d'étrange ou d'inhabituel hier ou durant les jours précédents ?

Mélissa fit un effort de mémoire.

– Non, tout m'avait semblé très normal.

Les deux policiers échangèrent de nouveau un regard.

– Parfait, nous avons tout ce qu'il nous fallait. Quelque chose à ajouter ? N'importe quoi que vous souhaiteriez porter à notre attention ?

– Il n'y a rien d'autre.

– Très bien, alors nous pouvons vous libérer. Merci de votre coopération. N'hésitez pas à consulter le service d'aide psychologique qui a été mis en place et à nous contacter si quoi que se soit vous revenait en mémoire.

La jeune femme acquiesça tout en sachant très bien qu'elle ne ferait ni l'un ni l'autre. L'agent O'Mallay la reconduisit à la porte après que l'inspecteur, à la suite d'un salut et d'un sourire affable, se soit désintéressé d'elle.

– Bonne journée mademoiselle, dit-il en lui tenant la porte.

Il fit signe à quelqu'un d'autre d'entrer et Mélissa se retrouva seule au milieu de la foule. Elle restait assez perplexe après cet interrogatoire, ça lui avait fait prendre conscience de la gravité de ce qui s'était passé durant la nuit précédente. Elle avait du mal à réaliser que cinq êtres humains avaient perdu la vie, mais elle mettait étrangement beaucoup mieux en perspective le danger qu'elle-même avait potentiellement couru. Elle remarqua alors Daniel qui se frayait un chemin jusqu'à elle.

– Ah, vous êtes là ma chère ! s'exclama-t-il.

Et il lui mit d'autorité un gobelet plein de café dans la main. Il poussa ensuite un long soupir et passa la main dans ses cheveux.

– Que d'histoires ma chère, que d'histoires… Faut-il être fou, faut-il être détraqué, pour faire subir ce genre de choses à ses congénères !

Daniel s’interrompit pour boire une gorgée de café, mais Mélissa ne profita pas de la pause pour ajouter son grain de sel à la conversation. Parce qu'elle connaissait assez bien Daniel pour savoir qu'il avait beau s'adresser à elle, il s'agissait bien plus d'un monologue que d'un réel échange.

– Enfin… Nous y avons gagné un jour de congé, n'est-ce pas ? Heureusement que vous aviez terminé de traiter ces problèmes de fiches de paies, nous pourrons clore ce dossier demain à la première heure en s'offrant même le luxe d'être dans les temps !

Il s'esclaffa mais Mélissa ne rejoignit pas son hilarité. Une vague d'horreur venait de descendre sur elle. Elle avait menti à Daniel le jour précédent en prétendant avoir terminé de tout régler, uniquement pour qu'il soit impressionné par sa vitesse d’exécution. Elle avait prévu de tout finir ce matin-là, en catimini…

– Qu'avez-vous, ma chère ? demanda Daniel. Vous êtes bien pâle…

Mélissa se ressaisit comme elle put et débita la première excuse qui lui vint à l'esprit.

– Rien, je… Je suis juste un peu ébranlée.

– Oh. – Daniel prit soudain un air grave – Je vois… C'est bien normal, ma chère ! Et moi qui vous abreuve de détails sordides…

Il fut interrompu par la porte de la salle d'attente qui se rouvrit près d'eux. L'agent O'Mallay appela au suivant, mais personne ne se porta volontaire. Il désigna alors Daniel et lui demanda de le suivre.

– Rentrez vous reposer, ma chère, déclara le DRH en posant la main sur l'épaule de sa secrétaire. Nous en reparlerons demain.

Il s'éloigna sans se retourner et elle le perdit de vue quand il entra dans la pièce. Avant même qu'elle y pense vraiment, un plan s'était élaboré dans sa tête. Son bureau se trouvait au septième étage, si elle parvenait à s'y rendre elle pourrait transférer sur son intelli-montre les fichiers nécessaires et achever son travail dans l'après-midi. Ainsi, Daniel ne saurait jamais qu'elle avait menti… Elle se mit en marche, évoluant au sein de la foule aussi naturellement que possible, son gobelet de café toujours en main. Elle constata très vite que les ascenseurs étaient gardés. De toutes les manières, c'était une solution bien trop peu discrète. Échangeant de petits signes de tête et des sourires polis avec les gens qu'il lui semblait reconnaître, Mélissa finit par se retrouver sans en avoir l'air face à la double porte menant à l'escalier de service. Il n'y avait pas le moindre uniforme à l'horizon, la voie semblait libre. À toute vitesse, la jeune femme tira le battant et se glissa dans l'interstice.

Le passage du hall clair et bruyant au palier exigu et sombre fut brutal. Les voix de ses nombreux collèges n'arrivaient plus aux oreilles de Mélissa qu'étouffées par l'épaisse porte coupe-feu. Sa soudaine solitude aussi bien que la fraîcheur la firent frissonner. Elle repensa à ce qui était arrivé aux gardiens de nuit. Elle avait l'impression d'être dans un mauvais film d'horreur où la blonde, stupide et sublime, se sépare du groupe malgré le danger et finit sauvagement assassinée sous les yeux des spectateurs, qui avaient pourtant bien essayé de la prévenir. Sauf qu'on n'était pas dans un film. Et qu'elle avait une bonne raison de s'éloigner du groupe, d'autant qu'il n'y avait aucun risque puisque la police quadrillait le bâtiment… En plus, elle n'était ni blonde ni idiote. À la rigueur, et en toute modestie, sublime, ça, oui. Mais c'était bien le seul point commun qu'elle était prête à concéder.

Ce fut accompagnée par cette discussion intérieure que Mélissa gravit les quatre premiers étages. Des bruis de pas et des éclats de voix la prirent par surprise. Complètement paniquée, elle chercha des yeux une cachette. Meurtriers ou flics, mieux valait que personne ne la trouve là. Le seul recoin qu'elle avisa se trouvait sous un casier en métal qui abritait des commandes manuelles pour le système de lutte contre l'incendie. Elle se précipita dans la tranchée verticale qui accueillait la boite métallique afin que personne ne s'y cogne par mégarde. Ainsi accroupie, marchant à demi sur son sac à main et serrant ridiculement son café contre elle, elle ferma les yeux et cessa presque de respirer quand on passa près d'elle sans s'arrêter. Quand elle reprit sa progression, frôlant les murs dans une parodie involontaire de tous les films d'espionnage qu'elle avait vus dans sa vie, sa respiration était tremblante.

Il n'y avait absolument personne au septième étage. Mélissa n'empruntait jamais les escaliers de secours, aussi fut-elle naïvement surprise de ne pas déboucher au même endroit que d'ordinaire avec l'ascenseur. Quelques secondes d'observation lui permirent de comprendre qu'elle se trouvait plus proche de son bureau qu'elle ne le croyait. Elle navigua dans les couloirs en parfaite habituée, jusqu'à se trouver face à sa porte. Déverrouiller fut l'affaire de quelques secondes et elle se retrouva derrière son ordinateur en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

C'était peut-être bête ou ridicule, mais une sensation de puissance l'envahit. Allégresse de faire quelque chose qui lui était interdit, d'être là alors qu'elle n'aurait pas dû… Elle ne se souvenait pas de la dernière fois qu'elle avait enfreint une règle. De la dernière fois que l'adrénaline avait coulé de la sorte dans ses veines.

Mélissa abandonna son café et son sac à main sur le bureau, se laissa tomber sur son fauteuil puis elle alluma sa machine. Elle releva alors les yeux vers la porte et sursauta violemment en laissant échapper un petit cri. Un homme et une femme en tenues immaculées d'agent d'entretien se tenaient sur le seuil, un chariot plein de produits de ménage dans le couloir derrière eux.

– Bonté divine ! Mais que faites-vous ici ? L'accès aux étages est totalement interdit au personnel aujourd'hui, vous ne le saviez pas ? s'exclama Mélissa.

– Alors que faites-vous ici ? lui répondit la femme dans l'encadrement de la porte.

Elle était plus petite que son compagnon, et ses cheveux roux foncés et ondulés arrachèrent un froncement de nez à Mélissa. Maintenant qu'elle avait noté ce détail, elle réalisa qu'il y avait quelque chose de dérangeant chez eux, sans qu'elle sache précisément de quoi il s'agissait… Elle se leva de son siège pour tenter de paraître plus impressionnante quand elle leur ordonnerait de s'en aller. Mais c'était peine perdue car, en deux enjambées, l'homme fut sur elle. Il était très grand et il dégageait quelque chose de froid et de dur qui réduisit Mélissa au silence.

– Il… Il faut que vous sortiez d'ici, bégaya-t-elle faiblement.

Il ne sembla même pas l'entendre. Soudainement, et de nulle part sembla-t-il, il dégaina un couteau. Avant même qu'elle ait le temps de réagir, il attrapa la main de Mélissa, glissa la lame le long de son poignet et brisa le bracelet de son intelli-montre en entaillant sa peau dans le même mouvement. Elle glapit de douleur. L'appareil tomba au sol et l'homme le brisa en petits morceaux d'un coup de talon.

– Mais qu'est ce que vous faites ?

Sa voix frisait l'hystérie tandis qu'elle tirait de toutes ses forces sur sa main pour la récupérer. Elle venait de réaliser qu'il lui avait supprimé son seul moyen d'appeler à l'aide. Il la relâcha brusquement et elle perdit l'équilibre, cogna dans son bureau et son fauteuil, renversa ainsi son café sur son sac, puis s'étala par-terre. Sa tête rebondit violemment et elle se sentit à moitié assommée. Mais Mélissa avait encore les idées assez claires pour comprendre que la femme rousse était passée derrière elle et que, dans sa chute, elle lui avait envoyé son siège droit dessus. Elle l'entendit grogner lorsque l'accoudoir percuta son genou.

Tout se passa ensuite très vite, Mélissa voulut se relever mais elle en fut empêchée par le poids du brun qui venait de se jeter sur elle. Elle distingua très nettement dans son regard une lueur rouge qui, en cet instant, incarna le sang, la mort et la violence même. Mélissa eut vaguement l'impression que c'était le borborygme de douleur de sa compagne qui avait été le déclencheur de cet état, mais elle n'eut jamais l'occasion de se pencher un peu plus sur la question car il commença à l'étrangler.

La jeune femme se débattit de toutes ses forces, griffa les bras qui tentaient de lui ôter la vie. Mais ses efforts, aussi bien pour se libérer que pour respirer, furent vains. Alors que la perte de connaissance la guettait de plus en plus, elle parvint à fixer assez longtemps son regard sur le visage de son agresseur pour comprendre enfin ce qu'elle y avait trouvé dérangeant. Et elle réalisa que cela aurait dû lui sembler bien plus évident. Partout, que vous vous promeniez dans la rue, que vous soyez dans le tram, à une soirée mondaine ou bien que vous regardiez la télévision, il vous semblait croiser continuellement les mêmes personnes. Pas parce que c'était réellement le cas, mais plutôt parce que, à force de chirurgie, tout le monde se ressemblait un peu. Sauf que ces deux-là ne ressemblaient à personne. Face à eux, Mélissa ne pouvait pas se raccrocher à la sensation rassurante de familiarité qui l'étreignait d'ordinaire lorsqu'elle croisait un visage. Ils la déboussolaient et ça ne faisait que rendre tout cela encore plus effrayant…

Ses sens s'émoussaient et elle se sentait partir. Elle entendit une voix sans comprendre ce qu'elle disait, comme si elle avait eu la tête plongée dans l'eau. Elle se fit la réflexion que c'était aussi ce qu'elle ressentait au niveau visuel, parce que tout était flou, et au niveau respiratoire, car l'oxygène n'atteignait plus ses poumons. Mélissa crut que ce serait sa dernière pensée cohérente, mais en vérité ce ne fut pas le cas. Son agresseur la relâcha brièvement et elle réunit toute la puissance qui lui restait pour tenter de se dégager. Elle rua et le déstabilisa pendant une seconde, mais il avait plus de présence d'esprit et beaucoup plus de force qu'elle, aussi réussit-il à la maîtriser de nouveau sans problème.

Mélissa sentit qu'on traçait dans son cou une ligne froide et puissamment douloureuse. Elle suffoqua de nouveau sans même, cette fois, qu'il ait besoin d'appuyer sur sa gorge. Au travers du brouillard qui était désormais le sien, elle l'observa. Il avait du sang sur le visage, et plus une once d'humanité au fond des yeux. On aurait dit une bête sauvage, un démon. Mélissa entendit une voix féminine qui chantonnait un air mélancolique, puis elle n'entendit plus rien. Elle ne bougea plus.

Le sang avait giclé en une multitude de gouttelettes qui, dans le tissu délicat de sa robe jaune, s'épanouirent comme autant de petites fleurs vermeilles. C'était vraiment déplaisant : les vêtements à motifs n'étaient pas de bon ton à Elmadina.

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Seja Administratrice
Posté le 19/05/2014
Moralité de l'histoire - le travail, c'est nocif. Moralité bis - quand ton patron te dit de prendre une journée de congé, prends la xD
Que c'est bon de revenir vers cette histoire, de vivre pendant un petit moment la vie de cette femme et de se demander quand et comment elle va bien pouvoir claquer :P Et en plus, la brave petiote était en environnement sécurisé, elle aurait presque pu survivre si elle n'avait pas menti à son supérieur. Mentir, c'est maaaal.
Bon, vu la bête, sa mort m'a clairement moins percutée que celle du gardien de nuit. Elle, c'est plutôt le genre de personne antipathique qu'on supplie l'auteur de tuer. Donc bah, t'as répondu à mes souhaits, tout va bien :P
Joli chapitre ! J'en veux encore <3 
Blacky
Posté le 19/05/2014
J'aime bien tes petites moralités Sej xD Ce sont de bonnes règles de vie auxquelles se tenir ^^ (Des commandements pour une futur religion grenouillesque ?)
Même si je n'avais pas particulièrement fait en sorte que Mélissa soit adorable et adorée par le lecteur, je ne pensais pas non plus qu'elle serait haïssable au point qu'on puisse vouloir sa mort ^^ Enfin, ce n'est pas vraiment grâce, comme tu l'as bien vu elle n'a pas fait long feu de toute manière !
Vraiment, je suis contente si tout ça continue de te plaire. Je vais essayer de faire en sorte que la suite n'arrive pas dans trop longtemps :)
Des bisous ♥
Jowie
Posté le 17/05/2014
Oh là là, j'étais sûre qu'elle ne mourrait pas, Mélissa, mais je tombée en plein dans le panneau !<br />Je ne sais pas comment tu fais, mais en quelques paragraphes, on a l'impression de bien connaître le nouveau personnages, on se fond dans son point de vue, on a l'impression de le connaître à fond...et après il meurt XD Mais cette Mélissa, même si elle était habillée en jaune poussin, et même si c'était un peu une pimbêche etc, je l'ai trouvée intéressante, et elle m'a mené du bout du nez du début à la fin. J'en reviens pas : j'aurais pu mettre ma main au feu, j'étais si sûre qu'elle ne mourrait pas ! <br /><br />Petites remarques :<br /><br />Aviez-vous remarquer → remarqué<br /><br />Sinon, j'ai juste été étonnée que Mélissa ait pu trouver un moyen d'accèder aux étages supérieurs alors qu'il y avait des policiers partout, mais pas aux escaliers de service ?<br /><br />Changer les points de vue à chaque chapitre marche vraiment bien comme dynamique. En présentant un nouveau personnage, tu dévoiles à chaque fois un peu plus de ton monde, comme cette obsession pour la chirurgie, l'importance du maquillage, les gadgets, les cristaux sous la peau (j'ai particulièrement aimé cette idée)...<br /><br />Quand à Tim et Eli, nos chers petits mafieux eh bien... frissons garantis O.O  ! Le fait de l'étrangler à moitié, puis finir le boulot en lui tranchant la gorge...! Et ta dernière phrase, quelle ironie !!<br /><br />Bref, en deux mots : j'adore ! Et j'ai hâte de me replonger dans ton univers à nouveau ^^<br />
Blacky
Posté le 17/05/2014
Coucou Jowie !
Ça me fait très plaisir de te retrouver au rendez-vous alors que j'ai tant tardé à revenir poster la suite ^^'
Je suis agréablement étonnée d'avoir réussi à te surprendre autant concernant la mort de Mélissa :D D'ailleurs, tout ce que tu me dis à propos du fait qu'on arrive vraiment à suivre le personnage et à se faire à son point de vue avant de le voir disparaitre, c'est le plus beau compliment que tu pouvais me faire ! J'ai toujours peur qu'en un seul chapitre ce ne soit pas assez, que ça ne passe pas et que ça paraisse simplement anecdotique, du coup : ça me rassure vraiment de lire que ce n'est pas le cas pour toi :)
Tout comme ça me rassure de savoir que tu penses que changer de point de vue reste intéressant ! C'est vrai que j'aime bien pouvoir explorer différentes parties de cette société en passant par des gens très différents, qui ont donc une façon différente d'aborder les choses, qui ont des centres d'intérêt qui ne sont pas les mêmes et qui ont accès à des niveaux qu'on a pas encore vu avec les autres... D'ailleurs, c'est chouette pour moi de voir que tu as relevé les cristaux sous la peau, j'aimais bien cette idée là moi aussi et j'étais contente de pouvoir la caser xD
Concernant les escaliers, c'est vrai que ça peut sembler un peu facile. Il faudrait que je vois à ajouter quelques phrases pour que ce le soit moins... En faite, dans mon esprit, les policiers étaient dans les étages en train de garder les portes mais du côté couloir, pas du côté cage d'escalier... Et puis, comme Eli et Tim sont dans le bâtiment, ils auront aussi fait un peu de ménage sur leur passage ;) Ils t'ont fait frissonner ? ^^ Ça aussi je ne peux que le prendre comme un super compliment ! :D Oh, et je suis ravie que tu soulèves la dernière phrase, je me demandais si un peu d'humour noir passerait ou non xD
Merci infiniement pour ton si gentil commentaire Jowie ! Je vais vraiment tout faire pour que le prochain chapitre arrive plus vite que celui-ci :)
A bientôt
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