Chapitre 3 : L'expérience

Par Mary
Notes de l’auteur : Version modifiée du 03/04/2020

Chapitre 3

L’expérience

 

 

 

Je passe presque toute la journée du lendemain à préparer mes affaires, avec l’aide précieuse de Miss Davies. N’ayant jamais été invitée aussi longtemps, encore moins par un membre de la haute société, je n’ai aucune idée de ce dont je pourrais avoir besoin :

— Je ne vais quand même pas prendre une tenue complète par jour ?

— Non, rit Miss Davies, mais vous devez vous assurer d’avoir au moins une tenue pour chaque moment de la journée. Je pense que, oui, quatre ensembles courants devraient suffire. Vous aurez aussi besoin de tenues habillées pour le soir. Par prudence, j’en emmènerais trois. Cela vous permettra de ne pas vous habiller deux fois de suite de la même façon. Vos chemisiers, aussi. Ah ! Prenez celui en guipure et celui en mousseline, à côté, ils vous vont à ravir !

— C’est ridicule ! J’ai l’impression d’empaqueter presque l’intégralité de ma garde-robe !

Miss Davies me regarde d’un air ennuyé :

— C’est un peu le cas, Miss. Vous n’avez que peu de vêtements comparés aux autres jeunes femmes de votre âge. Vous ne sortez guère.

Je baisse les épaules en soupirant.

— Qu’y a-t-il ? s’inquiète ma gouvernante. Vous ne souhaitez plus y aller ?

— Si, bien sûr ! Hors de question de passer à côté d’une opportunité pareille ! Je me demande simplement ce que Lord Stone me trouve. Il ne m’a vue que deux fois.

— De ce que vous m’avez raconté, il s’intéresse plus à votre intérêt pour la science qu’autre chose. Avec un peu de chance, il vous sera un atout précieux pour ce concours.

— Et si tout cela cachait quelque chose ?

Miss Davies m’attrape par les bras.

— Ce n’est qu’une invitation. Si le moindre danger se profile à l’horizon, j’ai toute autorité pour vous ramener à la maison. Vous le savez. Maintenant, si vous me disiez ce qui vous embête vraiment?

Elle me connaît trop bien.

— Si je le décevais ? Si je n’étais pas à la hauteur, si tout ce que je crois savoir n’était pas suffisant ? Si je me couvrais de ridicule ?

— Eh bien, il s’en remettra. Et s’il a un peu de jugeote, il vous apprendra ce qui vous manque. Sinon, tous ses beaux discours sur l’expertise féminine n’auront été qu’un tissu de mensonges, et alors vous n’aurez rien à regretter ! Vous êtes de loin la personne la plus courageuse que je connaisse, Miss. Vous vous en tirerez comme une reine !

Elle répond à mon sourire, avant de prendre un air de commandant militaire :

— Terminons cette malle ! Il vous manque encore votre tenue de cavalière, votre chemise de nuit, son survêtement et votre robe pour le thé.

Elle ouvre frénétiquement tous les tiroirs de ma commode, en sort un corset de rechange, trois paires de bas et des dessous, avant de réunir mon nécessaire de toilette. De mon côté, j’emporte également un gilet sans manche pour les températures douces, mon châle violet (celui à petites perles que m’a offert Euphemia), quelques bijoux et une jolie épingle à chapeau. Et mon violon, évidemment.

La malle se remplit à vue d’œil — heureusement que je n’ai pas besoin d’emmener de livres ! Une fois finie, nous ne sommes pas trop de deux pour la descendre dans l’entrée.

— Dieu merci, nous en avons terminé avec les crinolines, soupire Miss Davies, sinon nous aurions dû louer une charrette !

Nous partons en fin d’après-midi, alors que le ciel commence à rougir. Derrière nous, la cuisinière ferme les volets et verrouille la maison. Sur le trajet, je montre à Miss Davies les splendeurs du parc de Rosewood Manor dans la lumière rasante du coucher de soleil. Les arbres se dégarnissent peu à peu, bien que certaines ramures se déplument plus vite que d’autres. Un jardinier prévenant a coupé les fleurs abîmées du parterre pour laisser les dernières touches de couleur s’épanouir en paix avant que le domaine s’endorme pour l’hiver.

Miss Davies et moi sommes accueillies par Monsieur Blackwood et Lord Stone :

— Miss Agathe, laissez-moi vous dire combien je suis ravi que vous ayez accepté mon invitation !

— Merci encore, Lord Stone. Je vous présente Miss Margaret Davies, ma gouvernante.

— Enchanté, Miss.

Miss Davies s’incline promptement. Je crois qu’elle est impressionnée. J’entends des pas sur la droite : Adrian arrive de la bibliothèque, talonné par un grand homme dégingandé en livrée de domestique. Je hoche poliment la tête :

— Monsieur Carver. Comment allez-vous ?

— On ne peut mieux, Miss Agathe, je vous remercie.

Il hésite, avant d’esquisser un geste. Je lui tends la main, et ses lèvres effleurent mon gant.

Cette timidité me surprend.

— Votre chambre est prête, annonce Lord Stone. Kenneth et Wellington, le valet d’Adrian, vont monter votre malle et vous pourrez ainsi prendre tout le temps nécessaire à votre installation. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à le faire savoir. Miss Davies, vous logerez dans la chambre annexe de celle de Miss Agathe. J’espère que vous y serez à votre aise.

— C’est trop d’honneur, Mylord.

— Je vous en prie, c’est tout naturel.

Ses yeux pétillent légèrement alors qu’il ajoute :

— Vous vous rendrez vite compte que le fonctionnement interne de Rosewood Manor est unique en son genre. Appelez-moi Stone, comme tout le monde ici. Cela vaut aussi pour vous, Miss Agathe. La maison est à vous, explorez-la tout à loisir. Par ici, suivez-moi.

Voilà qui est pour le moins inhabituel.

Nous nous dirigeons vers l’escalier. Il monte au premier avec un palier en angle droit, d’où l’on peut embrasser toute la galerie plongeante sur le vestibule et son plafond aux boiseries reluisantes. À l’étage, un couloir s’étire de chaque côté, une femme replète, âgée d’environ cinquante ans et vêtue d’un tablier immaculé sur une robe noire, trottine vers nous.

— Et voici celle sans laquelle rien ne serait possible ! s’exclame Stone. Je vous présente Martha Cherry, notre responsable des chambres.

Avec les petites rides au coin des lèvres de ceux qui ont décidé de sourire à la vie, elle ressemble effectivement à une de ces cerises d’été, toutes rebondies, qui surmontent fièrement une part de gâteau au chocolat.

— Bienvenue à Rosewood Manor, Miss. Je vais vous conduire à votre chambre.

Miss Davies et elle vont bien s’entendre ; elles ont l’enthousiasme contagieux.

— Je vous laisse entre de bonnes mains, conclut Stone. Prenez le temps qu’il vous faudra, le dîner sera servi à 18 heures 30.

Miss Cherry ouvre la deuxième porte dans le couloir de droite.

— Votre chambre, Miss.

J’en reste bouche bée. La pièce doit faire la taille de notre salon à Chester House ! Un papier peint bleu ciel recouvre les murs, rehaussé d’un liseré doré à l’angle du plafond. Un feu brûle doucement dans une cheminée d’angle, en face d’un lit à baldaquin en noyer aux rideaux bleu roi, dont le couvre-lit blanc caresse le parquet à chevrons. Un secrétaire, avec tout le nécessaire à écriture, est installé entre deux fenêtres qui donnent sur le sud, vers l’entrée du parc. Une troisième ouvre sur l’est, vers le pavillon à colonnades et plus loin, la forêt.

— Vous disposez d’un placard, indiqua Miss Cherry en pointant vers l’immense armoire à droite. La petite porte mène vers la salle de bains et la grande vers la chambre de Miss… ?

— Davies ! s’empresse de répondre ma gouvernante, des étoiles plein les yeux. Margaret Davies !

Comme prévu, elles s’adressent mutuellement un sourire sincère et chaleureux.  

Les deux valets posent la malle sur le tapis, au milieu de la pièce, puis se retirent, accompagnés de Miss Cherry.

Pantoise, je me laisse tomber sur le lit — douillet et moelleux comme un nuage. Dans la chambre annexe, j’entends les exclamations enjouées de Miss Davies. Alors que je peine à rassembler mes idées, on frappe trois coups discrets à la porte.

— Entrez !

Une jeune fille au visage constellé de taches de rousseur apparaît. Ses joues ont conservé les traits de l’enfance, des cheveux orange carotte s’échappent en fines mèches de son chignon et elle a de grands yeux noisettes absolument hypnotisants.

— Martha… je veux dire, Miss Cherry m’envoie, Miss, pour m’assurer que vous ne manquez de rien.

— Non, merci, tout est absolument parfait… ?

— Lucy, Miss. Je serais à votre service le temps de votre séjour. Avez-vous des questions ?

Elle ne ressemble pourtant pas à une domestique !

— Aurais-je besoin d’une tenue particulière pour ce soir ?

Elle secoue la tête.

— Non, ce n’est pas dans nos habitudes.

« Dans nos habitudes » ? Qu’est-ce qu’il se passe ici ?

— Dans ce cas… je verrai.

— Bien, Miss.

 Alors qu’elle referme derrière elle, Miss Davies revient dans ma chambre, ôte sa veste et remonte ses manches. Apparemment, elle tient à nous installer au plus vite pour profiter au maximum du luxe dont nous bénéficions. Je ne peux pas lui donner tort, je meurs d’envie de tout voir, tout savoir. Surtout, je repense à cette phrase de Lord Stone : « Le fonctionnement de Rosewood Manor est unique en son genre. » Il y a bien quelque chose d’étrange chez ces gens, dans cette maison. Le mystère s’épaissit.

En moins d’une heure, toutes mes affaires ont trouvé leur place dans le placard — y compris la malle elle-même tant ce dernier est spacieux. Il reste quarante minutes avant le dîner, juste le temps de me rafraîchir et de me changer. Je passe une jupe lilas et mon chemisier en mousseline :

— Splendide ! commente Miss Davies. C’est le meilleur compromis que vous puissiez faire, vu qu’on ne sait pas à quel point la soirée sera habillée. Vous pouvez même…

Elle ouvre ma boîte à bijoux, en sort le pendentif en émeraude de ma grand-mère et me l’attache autour du cou.

— Voilà, c’est parfait.

Elle vérifie que ma coiffure se tienne pendant que je redonne un peu de rose à mes lèvres et nous descendons. La maison est calme, mais des odeurs alléchantes se sont répandues dans le couloir. Une fois à table, Stone s’inquiète de nous savoir confortablement logées. Je le remercie encore lorsque Monsieur Blackwood, accompagné d’une fille de cuisine, nous sert un velouté de carottes délicieusement parfumé.

— Merci, Tillie, ponctue notre hôte.

Miss Davies me jette un regard éloquent. Peu nombreux sont les gens de son rang qui prennent la peine de rendre grâce à leurs domestiques. Cet échange silencieux ne passe malgré tout pas inaperçu et Stone sourit dans sa serviette.

— Je crois qu’il est temps, maintenant, de tomber les masques.

— Que voulez-vous dire ?

Interdite, immobile, je patiente.

— Voyez-vous, je pars du principe que la vie est bien meilleure quand les personnes qui m’entourent sont heureuses. Rosewood Manor est pour moi un refuge, et je souhaite qu’il en soit ainsi pour tous ses occupants. Cela inclut également les gens de maison. J’exècre toutes les formes d’injustice, mais je ne peux changer le monde qu’à mon échelle. Vous remarquerez que j’entretiens une familiarité pour le moins inhabituelle avec mes employés, que nous nous efforçons d’effacer en public.

C’est pour ça que le majordome a souri en l’appelant Lord Stone, la première fois !

— Prenez Kenneth, par exemple. Je le connais depuis l’enfance, nous avons fait toutes nos bêtises ensemble !

— Plus exactement, complète Monsieur Blackwood, nous avons chacun couvert les bêtises de l’autre. Quoique je m’estime être tout de même plus sage que toi. Les anciens laboratoires de Cambridge portent encore les traces de ton passage !

Les bras m’en tombent.

Les deux hommes hochent la tête de concert comme deux comploteurs. Miss Davies présente désormais tous les signes d’une attaque cérébrale et Adrian me fixe, les yeux rieurs :

— Il faut un petit temps d’adaptation, c’est certain. Voyez cela comme une expérience sociale inédite !

— J’ai conçu cette maison comme un espace de libre parole, poursuit Stone. Je ne me soucie pas des convenances, poser des entraves aux gens ne m’intéresse pas. Le respect marche dans les deux sens et à partir du moment où cette philosophie est appliquée, j’espère que tout peut-être dit et entendu. Même si elle travaille pour moi, chaque personne sous ce toit a le droit de me faire une remarque, tant que celle-ci est justifiée, argumentée, et respectueuse, car nous vivons tous ici parce que nous l’avons choisi.

Il marche sur la tête !

Je souffle :

— C’est… peu commun, en effet.

— J’espère ne pas vous choquer. J’ai pensé que, vous plus que quiconque, comprendriez à quel point avoir le droit à la parole est une chose précieuse.

La véracité de sa remarque me frappe en plein cœur à tel point que j’en perds mes mots.

Pourquoi pas, après tout ?

— Miss Davies ? Vous avez l’air de désapprouver, s’inquiète Stone.

Ma gouvernante revient brusquement à elle. Elle hésite, peu habituée à ce qu’on lui demande son avis :

— Eh bien, je ne suis pas convaincue de la viabilité à long terme : après tout… ils sont tout de même à vos ordres. Je suis peut-être trop vieille ; cela fait trop longtemps que je suis domestique.

— Je ne vous force pas la main, Miss.

— Si vous me permettez, Stone, intervient Kenneth. Miss Davies, nous préférons parler de symbiose plutôt que de subordination. Voyez-vous, nous mangeons ce soir exactement le même dîner que vous. Ted a toute liberté pour entretenir le jardin, ma femme Hazel décide des menus, et Martha et ses deux filles assouvissent leur passion de la décoration chaque jour que Dieu fait. Il est vrai que Stone nous héberge et nous paie, mais nous demeurons ici non pas parce que nous y travaillons, mais parce que nous y vivons. Sans compter que Stone serait de toute manière incapable d’entretenir cette maison tout seul !

— Je ne vous le fais pas dire, mon ami ! approuve l’aristocrate.

Je vais avoir besoin de temps pour m’y habituer.

— En ce qui me concerne, termine le majordome, vous êtes notre invitée au même titre que Miss Agathe ou Monsieur Adrian, gouvernante ou non.

Je décide de me lancer. Qui ne tente rien n’a rien :

— Sans compter que vous êtes bien plus qu’une gouvernante, Miss Davies ! Savez-vous, Stone, que je n’aurais jamais pu avoir accès à la London Library sans elle ? Elle dissimule toutes mes sorties et son frère me fournit les livres.

L’intéressée rougit comme une pivoine, mais notre hôte triomphe :

— Voilà donc comment vous vous y preniez ! J’ai préféré ne rien vous demander à ce sujet devant vos parents, de crainte de vous mettre dans l’embarras.

— Je vous en remercie beaucoup. L’espace d’un instant, j’ai cru ma dernière heure arrivée !

Nous restons silencieux quelques secondes, puis Stone murmure :

— Il me semble que la conversation est bien plus amusante ainsi, n’est-ce pas ?

Il a raison.

 

Cette philosophie, si l’on peut appeler cela comme ça, explique bien des choses, et en partie ma présence ici. Qu’est-ce qui a pu arriver, dans la vie de Lord Stone, pour qu’il détricote ainsi son éducation — que je suppose conservatrice — pour en ressortir cet humanisme sidérant ? Il est sans doute trop tôt pour poser la question.

Nous passons au petit salon après les pommes pochées. Comme dans la salle à manger, une porte-fenêtre dessert le jardin d’hiver, pour le moment plongé dans l’obscurité. Je distingue néanmoins des ombres noires aux contours flous, un feuillage endormi. Stone s’installe dans un fauteuil de velours rouge et me demande tout de go :

— Avez-vous réfléchi au concours ?

— J’avoue ne pas vraiment avoir eu le temps.

— Vous feriez une candidate parfaite.

Qu’adviendra-t-il quand je devrai rentrer à la maison ? 

— Je ne sais pas.

Kenneth arrive à ce moment-là avec un plateau présentant quatre verres de liqueur d’orange. L’aristocrate soupire après la première gorgée :

— Si vous n’avez pas confiance en vous, ayez au moins confiance en moi. Quand j’ai dit à votre père que vous pourriez rivaliser avec d’anciens élèves, j’étais sérieux. Je reconnais le talent quand je le vois. Je n’enseigne plus depuis des années, cela me manque cruellement, mais la vie en a décidé autrement. Si vous décidez de vous lancer dans l’aventure, je vous offre mon parrainage de bon cœur.

Dans quel pétrin est-ce que je suis en train de me fourrer ?

— Merci, Stone.

— Je préfère vous le dire d’emblée, ce ne sera pas chose aisée. Des centaines de jeunes gens, avides de faire leur preuves, vont présenter leur projet, eux aussi. Il n’y a rien de pire que les hommes qui se lancent dans une noble cause.

— Qu’entendez-vous par là ?

Pour la première fois, une ombre passe sur son visage, soudainement las.

— Tous les coups seront permis. Nous tâcherons de garder votre candidature secrète autant que possible. Rien ne me déplaît plus, croyez-moi, mais je pense qu’il serait sage de présenter votre projet en tant que A. Langley. Ainsi, le jury ne vous jugera pas d’emblée sur votre sexe.

Je m’y attendais, mais venant d’un universitaire, la douleur de la remarque n’en est que plus vive.

— Tout cela, sans compter notre pire ennemi.

— Qui donc ?

J’imagine mal un homme aussi doux avoir des ennemis.

— Le temps.

L’annonce tombe comme une sentence. Malgré le crépitement discret dans la petite cheminée, un frisson me parcourt le dos. Pour une raison que je ne m’explique pas, Adrian, lui aussi, a la mine sombre.

— Le temps ?

— Un projet de cette envergure demande un travail considérable…

— Le travail ne me fait pas peur.

— C’est une bonne chose, mais comprenez-moi bien. Nous nous retrouverons dans des impasses, nous affronterons des tempêtes, nous échouerons. Rajoutez à cela que nous n’aurons certainement pas le plaisir récurrent de votre compagnie, car je doute que vos parents approuvent votre participation.

Plus que le temps, j’ai tendance à croire que pour le moment, ce sont eux, mes pires ennemis. 

Je me redresse :

— Je raisonnerai de mes parents.

Autant se jeter du London Brige en espérant flotter, mais je ne veux pas donner l’impression de faire marche arrière.

— Je suis déterminée à essayer, peu importe ce que ça me coûtera. J’accepte votre parrainage avec joie, Stone.

Miss Davies en couinerait presque de bonheur. Un léger sourire éclaire le visage de Stone, qui hoche doucement la tête. Adrian lève son verre dans ma direction :

— Je vous souhaite toute la réussite possible, Agathe. 

— Merci… Adrian.

 

Une fois enveloppée dans les draps, le poids réconfortant de l’édredon sur le corps, je fais le point sur cette journée. Ma présence dans cette étrange maison et la perspective du concours m’excitent au plus haut point, mais l’affrontement inéluctable avec mes parents s’annonce corsé. Une partie de moi attend ce moment, celui où je ne baisserais plus la tête.

L’autre partie a peur.

 

 

 

 

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Elf
Posté le 23/06/2020
Bon, bah, je suis encore sous le charme <3 J'approuve tellement Stone dans sa démarche ''d'humanisme'' et je trouve bien que tu es mis un temps d'hésitation de la part d'Agathe et sa gouvernante :) J'aime hâte de découvrir comme ça se dérouler leur projet !
Et Adrian est tellement adorable avec sa légère timidité ! <3
Mary
Posté le 23/06/2020
Re !

Stone quoi <3 Pour le temps d'hésitation, oui, il va falloir un petit temps d'adaptation, même si Agathe a l'esprit ouvert XD
Adriaaaaan <3 (je n'en dirai pas plus)

À très vite et merci encore pour ton commentaire !
Elf
Posté le 24/06/2020
Tes personnages sont tellement attachants que tu veux leur faire des méga câlin 😊
Nolwenn
Posté le 20/06/2020
J'ai démarré une relecture afin d'apprécier les détails et les nuances, c'est toujours Un réel plaisir.
J'ai juste eu un arrêt sur une phrase "je raisonnerai de mes parents", n'étant pas experte en tournures de phrases du 19e siècle, c'est peut être voulu...
Un grand merci en tous les cas ;-)
Mary
Posté le 20/06/2020
Non non, c'est une faute de frappe hahaha XD Je l'ai corrigée dans mon fichier mais comme je suis une grosse feignasse, j'ai pas modifié ici !
Pandasama
Posté le 01/06/2020
Bonjour!

J'aime bien l’héroïne de ton histoire et l'ambiance aussi. C'est agréable et ça se lit sans effort. Après je dois dire que j'ai toujours eu un faible pour les histoires qui se passent dans l’Angleterre du 19eme, donc le résumé ma convaincue. Je vais prendre mon temps pour lire la suite, mais je lirais sans faute!
Mary
Posté le 02/06/2020
Bonjour et bienvenue par ici !
J'ai toujours eu un faible pour l'Angleterre victorienne :D
Merci pour ton commentaire et à bientôt !
Eulalie
Posté le 09/05/2020
Coucou,
j'ai mis un peu de temps à me reconnecter mais me voici !
J'ai aimé ce chapitre, la progression des personnages vers une ouverture d'esprit inattendue et rafraîchissante est agréable. Mis à part quelques détails de forme (ci-dessous) je dirais que ce qu'il me manque principalement c'est le décors. Les échanges entre les personnages sont vivants, les réflexions d'Agathe en italiques bien cernées, mais il me manque un peu d'ambiance. Je ne suis pas très visuelle du coup j'aimerais des bruits, des odeurs, des ressentis, des mouvements un peu plus.
Je cours lire la suite !

Pinaillages :
"vous plus que quiconque" = Je comprends l'esprit, mais j'ai trouvé la formulation un peu extrême, surtout du fait qu'ils ne se connaissent pas tant que cela.
"Nous passons au petit salon après les pommes pochées. Comme dans la salle à manger, une porte-fenêtre dessert le jardin d’hiver" = Je trouve que le mot "dessert" dans ce contexte de repas (salle à manger, pommes pochées) prête à confusion. Peut-être un synonyme serait plus approprié pour la fluidité de la lecture.
"Si vous n’avez pas confiance en vous, ayez au moins confiance en moi." = Je trouve la formulation un peu lourde et répétitive.
"Ma présence dans cette étrange maison et la perspective du concours m’excitent au plus haut point, mais l’affrontement inéluctable avec mes parents s’annonce corsé." = Je suis un peu déçue par la seconde partie de cette phrase. Elle expose son sentiment d'excitation et pas celui d'inquiétude (ou pire) face à ses parents. J'aimerais avoir accès à elle au complet, ça me permettrais d'encore mieux m'identifier.
Mary
Posté le 09/05/2020
Coucou Eulalie ! merci pour ce commentaire :)
Je prends note de tes pinaillages et de tes remarques sur l'ambiance, d'autres ont abordé le sujet et il est vrai qu'il y a des petites retouches à faire.
Merci beaucoup, à bientôt pour la suite !
Sorryf
Posté le 05/04/2020
Woaah ça tourne bien pour Agathe !
J'adore cette maison et ses habitants ! belle philosophie, en avance sur leur temps !
Oust les parents xD
Je note la petite Lucy, qui m'a intriguée !

une phrase m'a embrouillée :
"— Un projet de cette envergure demande un travail considérable…" -> mais ils ont pas encore le sujet de leur projet si ? comment ils en connaissent l'envergure s'ils ont pas le sujet ? aussi le concours a une date limite ! (en écrivant je me suis rendue compte que j'ai compris la phrase comme : "le projet va nous demander beaucoup de temps, qu'on aura pas forcément parce que je suis vieux et que la société est contre nous" alors qu'en fait c'était peut-être simplement "on a peu de temps car la date limite est proche" ?) Bref... cette phrase m'a confuse ! sinon tout le reste est super !
Mary
Posté le 05/04/2020
Oui, c'est la notion de date limite pour le concours qui est importante. Peu importe le sujet, un projet de recherche est toujours long à rédiger, surtout à cette époque où tu as au mieux une machine à écrire.
Merci beaucoup, je vais essayer de poster le prochain chapitre ce soir ou demain ! À très vite !
SalynaCushing-P
Posté le 05/04/2020
Une maison de progressiste. Voila qui est bien peu banale. Et qui tombe bien pour Agathe. Avec un soutient pareil, le concours lui ouvre les bras.
Toujours très agréable à lire.
Mary
Posté le 05/04/2020
Pour le moment, tout va bien, oui.
Pour le moment XD.
À très vite pour la suite et merci de tes commentaires !
Alice_Lath
Posté le 03/04/2020
Haha, c'est ça le secret de Rosewood? Tu m'étonnes qu'Agathe tombe des nues, en 1898, entendre quelque chose comme ça. Je pense même qu'une bonne partie des domestiques serait tombée en syncope avec une idée pareille. En tout cas, ça fait plaisir de voir que Stone reconnaît son potentiel à sa juste valeur. Je suis curieuse de voir le projet qu'ils vont préparer pour ce fameux concours huhu et oui, vu que c'est une fille, elle doit rendre des comptes à ses parents, ses tuteurs. C'est fou, j'avais complètement zappé cet aspect
Mary
Posté le 03/04/2020
Une fille n'est plus la propriété de ses parents qu'à partir du moment où elle devient celle de son mari, patriarcat forever.
Tu as le secret de Rosewood, oui - et pas des moindres. Restent les secrets de ses habitants... ;p
À bientôt pour la suite !
Prudence
Posté le 03/04/2020
Alors... j'ai bien aimé ce chapitre. Après je vais peut être rejoindre les deux commentaires précédents en disant qu'il manque peut être une bonne pincée de mystère et d'intrigue. En fait, je crois qu'il ne manque que ça. Pour se faire une vraie idée de ce qu'il manque ou pas, il faudrait avoir lu le roman en son intégralité, je pense.
Pour en revenir à Rosewood Manor, quelque chose me tracasse (ce n'est pas une remarque négative). Tout me paraît trop beau, trop parfait. Cette bâtisse ne cacherait-elle pas autre chose ? Et Stone ? Adrian ? Qui sont-ils ?
^^ A bientôt pour la suite !
Prudence
Posté le 03/04/2020
Et j'ai beaucoup aimé cette réplique : "— Dieu merci, nous en avons terminé avec les crinolines, soupire Miss Davies, sinon nous aurions dû louer une charrette !"
Mary
Posté le 03/04/2020
Hello ! Et pourtant, le chapitre a déjà été modifié. Malheureusement, je crois que je ne peux guère rajouter de mystère...pour le moment. Je vais tenter de remédier à ça assez vite, quitte à réorganiser les idées que j'avais pour lancer tout ça un peu plus vite. La seule chose que je peux te dire concernant la maison, et tu mets le doigts dessus, c'est que ce n'est pas tant la maison que ses habitants, le vrai mystère...
Prudence
Posté le 03/04/2020
J'ai lu un peu avant la modification et un peu après, donc... mon commentaire a rendu une "critique" des deux versions. A vrai dire, je n'ai pas été très marquée par le manque "d'action" du chapitre. Après coup, je pense que ce n'est pas l'intrigue qui manque, c'est des "bizarreries" qui la rendrait encore plus intéressante. (Ai-je été assez claire ?)
Mais je pense que ça viendra petit à petit avec la suite. Aussi, j'ai beaucoup apprécié la fin où ils parlent du concours ! :-)
Cocochoup
Posté le 02/04/2020
Coucou !
Chapitre toujours aussi bien écrit, mais plus calme.
Je rejoins isapass qui a réussit à mettre les mots sur ce que je pense.
Arrivée à la fin du chapitre il y a une petite frustrations sur le fait qu'on avance peu dans l'histoire. Mais peut être est ce dû au format de lecture. En format papier, j'aurai direct enchaîné sur le chapitre suivant
Mary
Posté le 03/04/2020
Merci pour ton retour! Je suis en train de faire quelques rectifications, je te fais signe dès que c'est prêt !
Cocochoup
Posté le 03/04/2020
Top les modifications que tu as faites et qui amène la dose de mystère et d'obstacles pour ce chapitre!
Mary
Posté le 04/04/2020
Merci beaucoup ! Je continue donc sur ma lancée !
Isapass
Posté le 02/04/2020
Alors je dois dire que je suis un peu moins convaincue par ce chapitre. Je trouve qu'il manque un peu de dynamisme et d'un élément marquant. Il "ronronne" un peu trop, quoi.
Comme d'habitude, tes descriptions sont très joliment tournées, mais j'ai trouvé qu'il y en avait un peu trop (notamment celle de l'escalier et du palier, puis de la chambre qui sont très proches l'une de l'autre.
D'autre part, les indices que tu as donné précédemment m'avaient déjà plus ou moins amenée à la conclusion que Lord Stone avait fait de sa maison une sorte de coopérative :) Du coup, à mes yeux, cette information est plus une confirmation qu'une véritable révélation. Et si on enlève celle-là, il n'y en a pas dans ce chapitre.
Il n'y a pas non plus de nouvel indice qui permettrait de deviner les éventuels développements. Certes, il y a la perspective du concours et du parrainage de Stone, mais la fin du chapitre s'arrête sur une situation qui paraît aplanie : tout est sur les rails, pris en charge... Ok, Agathe se propose de convaincre elle-même ses parents mais comme on sait que Stone le fera (avec toute son influence) si elle n'y parvient pas, j'ai du mal à être inquiète. Ça sera peut-être un obstacle plus conséquent que ce qu'on croit, mais si c'est le cas, peut-être faudrait-il l'annoncer.
Bref, peut-être faudrait-il un peu plus de tension, quelque chose qui annonce de l'antagonisme. On peut en discuter, si besoin.
Ça n'enlève rien au fait que ta plume est toujours un bonheur !
Détails :
"Vous en tirerez comme une reine !" : il manque un "vous"
"Un jardinier prévenant a coupé les fleurs abîmées du parterre pour laisser les dernières touches de couleur s’épanouir en paix avant que le domaine ne s’endorme pour l’hiver." : avant que le domaine s'endorme (pas de négation)
"Il hésite, avant d’esquisser un geste. Je lui tends la main, et ses lèvres effleurent mon gant." : Alors à vérifier pour l'Angleterre, mais il me semble vraiment qu'en France, on le faisait jamais de baise-main aux demoiselles, mais seulement aux femmes mariées et aux veuves. Les demoiselles, on leur serrait la main.
"Une petite bonne au visage constellé de taches de rousseur apparaît." : c'est peut-être volontaire, mais je trouve l'expression "petite bonne" assez condescendante (pour une jeune fille qui se veut moderne, même avec son éducation).
"Dès que nous nous asseyons, Stone s’enquiert de nous savoir confortablement logées." : je ne suis pas trop sûre de la construction "s'enquérir + infinitif", mais c'est à vérifier (c'est juste que ça me fait bizarre à l'oreille, mais c'est peut-être juste moi)
"Miss Davies présente désormais tous les signes d’une attaque cérébrale" : excellent !
"Il faut un certain temps d’adaptation, c’est certain." : deux fois "certain" dans la phrase ;)
"Aussi improbable que cela soit, il a raison." : pourquoi improbable ? Elle avait déjà cette opinion depuis la première fois où elle est venue prendre le thé avec ses parents.
"Même une fois couchée, ce sentiment de paix ne me quitte pas, malgré que je m’inquiète encore de la réaction de mes parents." : je sais que "malgré que" est maintenant admis, mais à titre personnel, ça me fait un peu grincer des dents.
A très vite !
Mary
Posté le 02/04/2020
Hello ! Merci de ta franchise, je n'ai rien dit exprès, mais je ne suis pas satisfaite de ce chapitre - tu as simplement mis les mots dessus. Je trouve aussi qu'il est un trop lent, trop niais. J'ai pensé ce matin à allonger les discussions autour du concours (expliquer que ça va être une course contre la montre, les autres candidats, etc pour commencer à effleurer le problème de la tension) et enlever effectivement la phrase de Stone pour les parents parce que ça va pas être une partie de plaisir.
Plus je regarde mon plan, plus j'ai l'impression que tout va être un peu trop calme dans les deux prochains chapitres, il y a peut-être des choses à revoir >< Je vais essayer de plancher dessus, mais la motivation est dure à trouver aujourd'hui XD
Pour le baise-main, la question est épineuse. À partir du moment où un homme et une femme étaient présentés, la coutume était plutôt de se serrer la main, ou de la tenir quelques secondes s'ils s'aimaient bien. Le baise-main se faisait plus dans la discrétion et avait une connotation à la fois très française et un peu désuète. J'ai un peu extrapolé sur ce coup-là, mais ça reste plausible :D

je vais réfléchir à tout ce que tu m'as dit, merci beaucoup, comme d'habitude ! <3
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