Chapitre 3 - Les ailes

Par Soah
Notes de l’auteur : Bonjour à tous et à toutes, voici le chapitre trois de La Reine des Corbeaux ! J'espère qu'il vous plaira ! ^-^

Je n'arrivai pas à trouver le sommeil. Pourtant, mon lit était bien plus confortable que celui dans lequel j'avais dormi depuis toujours. Ma robe de nuit était bien plus douce aussi. Les yeux grands ouverts, rivé sur la fenêtre, je laissai filer les minutes les unes après les autres. La nuit était tombée depuis longtemps à présent et les autres jeunes filles du dortoir dormaient déjà à poings fermés. Mais, moi, je n'arrivais à m'arrêter de réfléchir, je ressassais sans cesse mes souvenirs d'enfance, mais aussi ceux des deux dernières semaines. Si je fermais les yeux, je retrouvais mon chemin jusque dans le bureau de lady Noïra. Les couleurs, les odeurs, et même le goût du thé qui nous avait été servi me revenaient en mémoire. 

 

*

 

— Tu dois avoir beaucoup de questions, mais moi aussi j'en ai quelques-unes à posées si cela ne te dérange pas, bien sûr. 

J'avais tourné la tête vers Yda, pour trouver la réponse la plus appropriée dans son regard. Mais elle semblait tout aussi perdue que moi. La dame noire se contenta de ne rien dire. Elle gardait toujours son expression souriante et sereine.

— Peut-être que je devrais te parler un peu de moi d'abord, pour te mettre en confiance. Je suis l'intendante de l'organisation. Je fais en sorte qu'administrativement tout se déroule bien, mais également que chaque Corbeau soit à son aise ici, au château. 

Je me détendis un peu, même si c'était peu de chose, avoir quelques informations sur lady Noïra la rendait moins inaccessible. L'intendante sembla remarquer ce léger changement – peut-être avais-je changé de posture, ou fait un mouvement spécifique qui m'avait trahie. Son visage délicat se plissa un peu plus sous l'impulsion d'un nouveau sourire. Elle décroisa ses mains, fouilla dans son bureau avant de sortir un vélin léger ainsi qu'une plume à la pointe métallique.

— Dis moi Nayla, quel âge as-tu ? 

— Elle vient d'avoir... commença Yda avec assurance. 

— Ce n'est pas à vous que j'ai posé cette question, je veux que ce soit elle qui me réponde, la coupa lady Noïra, le regard acéré. 

Yda se confondit en excuses avant de se cacher derrière la tasse de thé qui venait de lui être servi. Je me sentis mal pour elle. La Corbeau reporta ensuite son attention sur moi. Elle inclina légèrement la tête, m'invitant au dialogue. Je levais le nez de ma tasse fumante qui patientait sur le bureau pour plonger mon regard dans le sien. Lady Noïra avait les yeux marron. 

— J'ai eu onze ans, répondis-je, je suis née juste après la période des Grands Vents.

— Tu es un peu plus âgée que les jeunes femmes que je reçois d'ordinaire... Mais c'est vrai que dans le nord, la cérémonie de majorité est plus tardive que dans nos contrées. As-tu reçu une quelconque éducation ? Sais-tu lire, écrire et compter ?

— Non madame. Enfin, je sais compter parce que ma mère me chargeait de faire les courses, mais... Je ne suis jamais allé à l'école. 

— Aimerais-tu apprendre ? demanda-t-elle d'une voix beaucoup plus sérieuse.

 — Oui, soufflai-je immédiatement après sa question. 

— Que sais-tu des Corbeaux ? 

— Rien. Enfin, presque rien. 

Ses sourcils se plissèrent doucement dans une expression songeuse et d'un geste mesuré, elle m'invita à poursuivre ma réponse. Je marquai un petit silence, pour choisir au mieux les mots de ma réponse. J'avais le sentiment d'être sotte, ce qui ne me plaisait absolument pas. 

— Eh bien... La chamane m'a dit que j'étais la première porteuse du sang sombre dans notre village. Je suppose qu'on ne parle pas beaucoup de vous par chez nous. Mais ma mère m'a dit que c'était une grande chance parce que vous voyagiez partout dans le monde et que vous aviez des pouvoirs magiques, surtout sur les hommes.

— Tu vois que tu sais des choses. C'est quand même une description assez précise que tu as là, s'amusa tendrement l'intendante, cependant elle n'est pas tout à fait exacte. Notre organisation a un rôle vital pour le royaume : nous sommes les yeux mais aussi la voix de notre souverain partout dans le monde, nous travaillons pour que la paix demeure entre nous et nos voisins. Pour se faire, notre sororité pousse ses membres vers l'excellence. Si tu nous rejoins, tu apprendras bien plus que la lecture et l'écriture. Tu apprendras l'art de la conversation également et bien d'autres choses encore qui feront de toi une personne d'exception. 

— C'est une vraie chance, Nayla... murmura Yda qui me regardait avec des yeux grands comme des soucoupes. 

Je n'étais pas certaine de tout comprendre, mais rien que le fait de pouvoir lire et écrire était déjà quelque chose de précieux pour moi. Et contrairement à mon village qui m'avait rejetée, lady Noïra et son agréable sourire semblaient être prêt à me faire une place ici. Mon désir d'appartenir à quelque chose, de faire partit d'un clan pour ne pas être seule était plus fort que le reste. 

— Tu es vraiment jolie, je suis sûre que tes beaux yeux bleus te seront utiles à maintes reprises plus tard. Tu as beaucoup de potentiel. 

— Merci... répondis-je en rougissant, un peu confuse. 

Dans mon village, je recevais que très rarement des compliments. La totalité venait de ma mère, les autres adultes m'avaient toujours jugée avec une certaine froideur.

 — La cérémonie d’accueil aura lieu dés que notre reine sera revenue de voyage, dans environ deux semaines. C'est elle qui choisira si tu rejoins nos rangs. Suite à cela, si tu parviens à gagner tes ailes, tu pourras prendre le noir comme couleur officielle, tu abandonneras ton nom d'enfant et ton éducation commencera. 

— Et dans le cas contraire ? demanda Yda soudainement inquiète.

Un silence étrange retomba sur la table. Lady Noïra prit une grande inspiration et recroisa les mains devant elle, détournant son attention de sa plume et son document. Ma gorge se noua un peu ; qu'allais-je devenir si je n'étais pas choisie pour devenir une Corbeau ? 

— Les jeunes femmes qui ne sont pas choisies entrent à notre service ou au service de la couronne en tant que servante. La couronne protège tous ses sujets. L'avenir de Nayla est assuré, quoi qu'il advienne.

 

*

 

Le reste de la conversation, même si je l'avais ressassée encore et encore, m'échappait. Je me frottai les yeux avec force pour chasser la fatigue, en vain. Je me demandais comment toutes les autres arrivaient à se reposer. La veille, lady Noïra était venue nous voir toutes les cinq : le grand jour aurait lieu demain. Peu après l'aube, lorsque le voile de la nuit se serait envolé, nous rencontrerions enfin la reine des Corbeaux. Je serrai un peu plus mon oreiller contre moi, j'avais réellement envie d'être choisie. J'avais envie d'apprendre à lire et écrire pour pouvoir envoyer des lettres à ma mère régulièrement, mais je voulais aussi qu'elle soit fière de moi. Porter les ailes de l'organisation me semblait être le meilleur moyen pour l'honorer du mieux que je pouvais. Dehors, le veilleur de nuit du château annonça l'heure, quatre heures de la nuit. Je fermai les yeux, m'abandonnant à la fatigue.

Dans mes rêves, le souvenir de ma petite maison tordue et un peu trop humide me revint en mémoire, le jour devait déjà être levé là-bas ou alors, il était sur le point de se montrer. Comme toujours, ma mère irait rajouter une bûche dans le feu puis ferait chauffer de la tisane. Sa main caresserait ensuite mon front pour me réveiller en douceur, l'odeur du petit-déjeuner se chargerait de me faire sortir des couvertures...

— Nayla, debout ! C'est l'heure !

 Les rayons du soleil me piquèrent les yeux créant une myriade de points lumineux sur ma vision déjà floue. Petit à petit, le visage de Claire – une de mes compagnes de chambre, se dessina. Elle n'était pas encore apprêtée mais avait prit le soin de me réveiller. Les autres filles, elles, étaient déjà entrain de s'habiller dans un coin de la pièce. Je leur tirai la langue discrètement – ce qui fait rire ma comparse, avant de sauter hors du lit et de commencer à me préparer. 

Je passai la rapidement la robe gris clair et informe que l'on m'avait donné à mon arrivée et me servit de mes doigts comme d'un peigne. Comme on me l'avait demandé, je vérifiais mes dents, mes ongles et le blanc de mes yeux ainsi que le coin de mon regard. Dame Noïra nous avait prévenue que l'apparence était primordial en ce jour de sélection : la reine des Corbeaux appréciait tout particulièrement les physiques avenants. Je ne savais pas trop ce que ça voulait dire, mais j'appliquais ses conseils à la lettre. Une fois débarbouillée à l'eau froide, je me jugeai dans le miroir : pour quelqu'un qui n'avait pas beaucoup dormi, je n'avais pas l'air vraiment fatiguée.

Soudain, on toqua à la porte. Immédiatement, nous arrêtâmes nos activités, nos cinq paires d'yeux rivées vers l'entrée. La jeune femme qui m'avait servit le thé le jour de mon arrivée ouvrit, dévoilant la silhouette gracieuse et élégante de lady Noïra. Pour l'occasion, même ses lèvres souriantes étaient laquées de noires en parfaite coordination avec le reste de sa tenue. 

— Mesdemoiselles, êtes-vous prêtes ? demanda-t-elle d'une voix calme.

Personne n'ouvrit la bouche, car nous savions toutes que cette question n'attendait aucune réponse. L'aspirante qui était le plus près de la porte s'avança dignement en premier. Lady Noïra prit quelques secondes pour la regarder, puis hocha la tête en guise d'approbation. Lorsque vint mon tour, j'eus l'impression que son sourire changea légèrement, devenant plus tendre. Mais c'était sans doute mon imagination qui me poussait à croire cela. Claire fut la dernière à quitter la pièce. Lady Noïra ouvrit la marche et le cortège se terminait par la présence fantomatique de sa camériste.

Le château était encore plongé dans le sommeil le plus total, ainsi nous avançâmes en silence, sans échanger un murmure. La lumière de la lune se perdait contre les murs blancs et nos ombres semblaient danser avec elle. Nous croisâmes quelques servantes dans les couloirs, les bras chargées de fagots de bois pour les âtres des chambres. Elles nous adressèrent de timides salutations de la tête que nous leur rendîmes.

Nous arrivâmes devant la petite salle du trône, une pièce où, le roi donnait des audiences privées. De jeunes corbeaux en formation, reconnaissable à leurs robes anthracite, attendaient devant l'entrée. Lady Noïra leur fit signe et la porte s'ouvrit pour ensuite se refermer derrière nous. Des torches avaient été allumées partout dans la pièce, créant un chemin de lumière jusqu'au trône qui était, pour l'instant, vide. De somptueuses tentures aux couleurs du royaume et de la sororité des corbeaux, décoraient les murs. Un tapis moelleux aux motifs extravagants faisait presque toute la longueur de la pièce. Nous entrâmes à la suite de l'intendante et nous plaçâmes les unes à côtés des autres, comme l'intendante nous l'avait montré, lors des nombreuses répétitions qui avaient eut lieu lors des deux semaines passées. En prenant ma place, je frôlai volontairement la main de Claire de la mienne en signe d'encouragement et d'amitié.

— Nous souhaitons la bienvenue à notre reine, déclara sobrement Lady Noïra. 

Aussitôt, comme l'exigeait le protocole, nous baissâmes les yeux. J'essayai tout de même d'apercevoir cette fameuse reine des Corbeaux entre mes cils, mais je ne vis que sa robe noir aux motifs bridés d'or. Le bruissement lourd de sa tenue s'avança vers nous et je vis la pointe de ses souliers poindre sous la montagne de jupes et jupons qu'elle portait.

— Madame, je vous présente les aspirantes novices que la lune et le sang nous ont apportés. Je vous prie de bien vouloir porter votre jugement sur elles, continua l'intendante juste avant de reculer de quelques pas.

La reine ne répondit rien, mais j'entendis ses bijoux tintés : elle avait probablement tourné la tête dans notre direction. Cet examen me rappelait cruellement la nuit de la cérémonie de la majorité dans mon village. Ma gorge se serra, la tension parmi nous était palpable. Ce fut d'abord Ana, une jeune fille qui venait d'une ville plus au sud qui fut la première à être observée par la reine.

 — Oui.

Sa voix était grave, légèrement enrouée mais délicatement posée. Aussitôt, je m'imaginai une femme légèrement plus âgée que lady Noïra, aussi resplendissante que terrifiante. Mon cœur se mit à tambouriner dans ma poitrine. Elle se prononça également en faveur d'Irene. Après un long silence, elle donna également son approbation au sujet de Claire. Ma camarade ne sut pas retenir un petit glapissement étouffé de ravissement avant de faire un pas en avant comme toutes les autres sélectionnées.

Puis, se fut mon tour. La main froide de la reine se referma sur ma joue et avec douceur, elle me fit lever la tête. Nos regards se croisèrent. Elle était en tout point comme je l'avais imaginée, à quelques détails près, comme sa chevelure qui était relativement courte. Une de ses sourcils s'arqua alors que ses lèvres se pincèrent. 

— Non, lâcha-t-elle en laissant ses ongles glissés contre ma peau.

 — Pourquoi ?! 

Je plaquai mes mains sur ma bouche. Lady Noïra me regarda avec des yeux ronds comme des soucoupes, tout comme les autres prétendantes présentes. La reine des Corbeaux qui avait déjà détourné son attention, reposa ses yeux sur moi. Un sourire amusé anima la courbure délicate de ses lèvres. Mes paumes retombèrent le long de mon corps, mais mon regard lui, ne dévia pas du sien. Cet échange silencieux ne dura qu'un instant, mais pour moi, il me sembla être beaucoup plus long. C'était sans doute puérile de ma part, mais je refusai d'abdiquer face à ce refus, mais également face à celle qui me l'avait imposé. La souveraine noire décroisa les mains de devant elle, faisant grincé les os cousus sur sa robe.

— Est-ce d'elle dont tu m'as parlé, Noïra ? demanda-t-elle sans me quitter des yeux.

— Oui, majesté.

Un nouveau silence retomba dans la salle, je sentais mon cœur cogner avec violence à l'intérieur de ma poitrine. Son rythme augmentait à mesure que le calme s'étirait. Pourtant, mon regard ne dévia pas de celui de la reine des Corbeaux et cela en disait long sur nos deux personnalités respectives.

— Très bien. Emmenez-la, finit-elle par lâcher après avoir fait claqué sa langue.

— Mais...

Ma tentative de pourparler se vit interrompue par un simple geste de sa part et l'intensité de son regard. Ses prunelles noisette étaient aussi acérés que des griffes et ne laissaient aucunement la place à la discussion : elle avait rendu son verdict. Soudainement, ma poitrine sembla être vide, sans vie. Mes jambes devinrent molles et incapables de soulever mon propre poids. Je tombais à genoux, vaincue. Je ne prêtai pas attention à l'inspection de la dernière candidate, ni au verdict qui lui avait été soumis. J'entendis des pleurs, incapable de savoir s'il s'agissait de larmes de joie ou d'effroi.

Soudain, la main chaude de lady Noïra se posa sur mon épaule et je relevais le nez vers elle. Elle arborait un sourire étrange, sur le moment, je crus que c'était une expression compatissante à mon encontre. J'acceptai mécaniquement la main qu'elle me tendit pour me relever, puis elle me guida vers l'avant de la salle afin de passer par une petite porte dérobée. Je me tournai légèrement, apercevant du coin de l'œil les acolytes qui accompagnaient les autres filles dans le sens inverse. Dans le silence le plus complet, je la suivis dans les boyaux du château. Quelques caméristes nous croisèrent en baissant les yeux puis en prenant une mine surprise à ma vue. Elles ne s'attendaient probablement pas à ce qu'une nouvelle personne rejoigne leur rang ce soir, me dis-je en pinçant les lèvres pour m'éviter de pleurer. 

— On ne descend pas ?

Demandai-je d'une voix tendue lorsque je vis l'intendante prendre la direction des étages supérieurs plutôt que celle des cuisines. Lady Noïra se retourna vers moi, mais ne répondit pas explicitement à ma question, se contentant de me faire signe qu'il fallait avancer et de ne plus faire de bruits. Derrière un mur, un ronflement sonore perça – je devinais alors qu'elle ne pouvait décemment pas me répondre ici. Nous montâmes de multiples escaliers, circulèrent dans de nombreux couloirs dérobés pour finalement nous arrêter devant une porte. L'intendante sortit un trousseau dodue et fit basculer les clefs les unes après les autres jusqu'à trouver la bonne. Le verrou émit un cliquetis ; le bois grinça lorsqu'elle le poussa vers l'avant. 

La pièce dans laquelle nous nous trouvions était richement décorée. Des tapis moelleux s'étendaient paresseusement au sol, des tentures colorées ornaient les murs et le feu de la cheminée crépitaient, nimbant les murs blancs d'une teinte orangée. Je remarquai une étrange table, juste devant la grande fenêtre, sur laquelle était posé un plateau avec des petits objets dessus. De grandes bibliothèques léchaient les murs, juste derrière un bureau. Une porte ouverte au fond de la salle laissait deviner l'esquisse d'une chambre. 

— Où sommes-nous ? demandai-je en me retournant vers lady Noïra. 

— Dans mes quartiers, répondit une voix dans mon dos. 

Un frisson se déversa dans mon échine, je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir à qui appartenait ce timbre unique. Ma gorge se serra et mes mains devinrent légèrement moites. Je me retournai vivement et fit une révérence sans aucun doute très mal exécutée. 

— Nayla, je te présente sa majesté, lady Agn l'actuelle reine des corbeaux.

— Veux-tu boire ou manger quelques choses, petite ? demanda la reine en s'approchant d'un guéridon non loin de la cheminée.

 — Vous invitez toujours de la sorte les recalées ? 

Lady Noïra trouva le regard de lady Agn. Il y eut un silence, puis, elles se mirent à rire de bon cœur. Je sentis le rouge me monter au visage, malgré tous mes efforts pour faire refluer cette brûlure honteuse. Mon regard circulait entre les deux femmes, je ne comprenais rien à la situation. Je ne savais pas pourquoi elles riaient, ni pourquoi j'étais là. Finalement, elles reprirent le contrôle de leurs émotions et s'approchèrent de moi. L'intendante avait un sourire bienveillant sur les lèvres, mais je n'arrivai pas à lire l'expression de la reine. 

— Elle a du caractère, mais pas encore assez d'esprit, glissa la souveraine noire. 

— Pardonnez-moi de venir d'un petit village, majesté ! sifflai-je, boudeuse, en détournant le regard.

Aussitôt, je sentis les ongles de lady Agn venir s'enfoncer dans la peau de mes joues. Sans violence, elle tourna mon visage pour que je lui fasse face. Son regard aux reflets ambrés était des plus sérieux. Je sentis mon corps se tendre encore et encore sous les effets de ces pupilles sévères.

— Je ne tolérerais pas l'insolence, Nayla... C'est le premier et dernier avertissement, articula-t-elle d'une manière détachée, précise.

 Je ne répondis rien, trop écrasée par son autorité et trop impressionnée par son charisme. Elle sembla le comprendre, me lâcha et retourna auprès de la cheminée. La reine fit glisser ses bijoux de ses bras avant de les mettre dans le coffret qu'elle avait ouvert. 

— Tu n'as pas été recalée, Nayla, m'informa l'intendante en s'avançant un peu vers moi. 

— Mais pourtant, dans la salle... 

— Je t'ai choisie pour être ma disciple. 

La voix de la reine des corbeaux s'envola juste après que son coffre à bijoux ait émit un claquement. Mon regard quitta Lady Noïra qui me souriait tendrement, pour basculer dans la direction de lady Agn. Même ses atouts d'or et d'os, sa silhouette et sa présence était incomparable. Comment cette femme pouvait-elle m'avoir choisie, moi ? Elle avait raison après tout, je n'étais pas très intelligente, je n'étais pas la plus jolie des filles qu'elle avait jugé. 

— Avant tout, tu apprendras à lire et à écrire. Mais pour côtoyer les personnages les plus importants de l'échiquier politique, ça ne sera pas suffisant. Il te faudra savoir converser, danser, parler plusieurs langues, mais aussi écouter et te souvenir. Je te transmettrais mon savoir, en échange, je ne veux qu'une seule chose : ta dévotion la plus totale.

— Ma dévotion ? 

— Je veux que tu me fasses confiance et que jamais tu ne remettes en doute mon jugement, sauf si je te le demande explicitement. Devenir une Corbeau est une chose fastidieuse. Devenir celle qui un jour portera le titre de leur reine est tout autre chose. Noïra a vu en toi quelque chose, j'ai décidé de croire en ce qu'elle a vu. 

— Je ne vous décevrais pas, j'en fais la promesse, répondis-je le cœur tremblant de fierté.

 — Nous verrons ça. Notre très chère intendante va te conduire dans tes nouveaux quartiers à présent. Nous nous reverrons bientôt. 

Elle nous congédia d'un signe de la main. Lady Noïra la salua d'une révérence que je tentais d’imiter, en vain. Le regard de la reine sombre glissa sur moi alors que je quittais la pièce. Il me sembla apercevoir, l'amorce d'un sourire satisfait alors que je refermais la porte derrière moi. Tout mon corps qui était jusqu'alors aussi tendu que la corde d'une fronde, se relâcha. Mes jambes me semblaient être aussi molles que la laine des moutons de ma mère.

Ma nouvelle chambre était à quelques mètres de celle de la reine. Elle était bien plus petite, mais elle était presque aussi vaste que ma petite maison dans mon village. Un grand lit à baldaquin m'attendait et une bûche venait d'être ajoutée dans l'âtre. Pendant un instant, je me demandai si tout ce qui s'était passé dans la salle du trône n'avait pas été une mise en scène. Cependant, je chassai bien vite cette idée : c'était impossible. Lady Noïra s'avança dans la pièce, se permettant d'ouvrir la grande armoire. À l'intérieur, il y avait plusieurs robes, toutes de couleurs foncées sans pour autant être noires. 

— Ces robes sont à ta disposition. Lorsqu'elles sont sales, tu n'auras qu'a les mettre dans le panier, près de la porte de service. Si jamais elles deviennent trop petites, fais le moi savoir, qu'on puisse les remplacer. De même, lorsque tes leçons commenceront, je ferais en sorte de répondre à tes besoins à ce sujet.

— D'accord.

— Si tu as besoin de quoi que ce soit, la clochette près de la porte est directement reliée aux cuisines pour prévenir le personnel du château. Je compte sur toi pour ne pas faire trop de caprices. 

— Oui, bien sûr, répondis-je.

Je me demandai bien qui pouvait bien faire appel aux services du personnel en pleine nuit, mais je gardai mes observations pour moi. Ce monde n'était pas le mien, je n'en connaissais pas les règles par conséquent, je ne pouvais pas me permettre de juger. Lady Noïra fit le tour de la pièce, s'assurant que je ne manquais de rien avant de revenir à mes côtés.

— Ne veilles pas trop, même si tu auras probablement beaucoup de mal à dormir, tes premières leçons commencent demain. 

— Merci lady Noïra. 

Elle ne me répondit pas, mais elle m'offrit un sourire agréable, presque complice. Une fois seule dans mon nouvel univers, je pris le soin de regarder tous les petits détails de la chambre. La décoration était jolie mais impersonnelle. À part l'armoire que l'intendante avait ouverte un peu plus tôt, le reste des meubles étaient vides. Je supposais qu'il ne tenait à présent qu'à moi de les remplir avec des affaires. Une petite annexe à la pièce servait de cabinet d'aisances et de salle de bain.

Un petit claquement venant de la pièce principale attira mon attention. Je ne vis personne, néanmoins, je sus qu'un ou une domestique était venue : mon petit baluchon m'attendait au pied du lit. Je considérai pendant quelques instants ma tenue, mais je décidai de ne pas me changer pour la nuit. Les couvertures lourdes et moelleuses m’accueillirent avec délice et quelques minutes plus tard, je cédais à la fatigue et au sommeil. 

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Zig
Posté le 14/04/2020
Commentaire objectif (enfin... je pense xD) : Ton premier paragraphe et les deux premières phrases de ce chapitre me semblent en deça de ce que tu as pu produire avant, et ce que tu proposes après. On sent l'écriture moins fluide et moins élégante.

Commentaire purement subjectif : Je vois la volonté de complexifier l'évolution temporelle en faisant un aller-retour entre le présent et la suite de ce qui était raconté avant, mais je trouve que ça apporte de la complexité sans forcément se montrer pertinent dans la construction du chapitre (MAIS, c'est un avis purement personnel). J'aurais plutôt eu tendance à rattacher le morceau au chapitre d'avant (ce qui aurait donné une plus grande unité), et ensuite passer vraiment complètement à autre chose, pour donner deux blocs temporels forts et moins de maladresse au début.
Après je le répète : c'est un avis TRES personnel.

Pour le reste, comme les deux autres chapitres : j'adore. Le personnage de la Reine est OUFISSIME. La trame se met bien en place, avec beaucoup de naturel, et on découvre pleinement le caractère de Nayla, qui laisse présager un personnage féminin fort et indépendant, le genre que j'aime beaucoup dans les romans !

Ce soir j'ai les yeux qui picotent trop pour continuer et donner des commentaires pertinents, mais j'ai hâte d'être à demain pour pouvoir continuer, à tête reposée **
Soah
Posté le 17/04/2020
Je pense que c'est parce qu'en général, j'écris le matin et que je mets environ 2 ou 3 jours pour boucler un chapitre. Du coup, quand il faut que je commence un chapitre un matin par réveillé, la machine à du mal à se mettre en place xD

Je note pour ton avis sur le petit passage temporel ! Un des reproches qui m'avait été fait sur Givre c'était que l'histoire était très "linéaire", tous les chapitres se suivaient, du coup, j'ai voulu essayé de faire quelque chose pour ne pas tomber dans ce piège... >-<"

Je suis ravie que les personnages te plaisent pour l'instant ! :D
Alice_Lath
Posté le 05/04/2020
Ouaaais, ça c'est de la BGette, elle a tout défoncé! N'empêche, la pauvre, on n'arrête pas de la trimballer dans tous les sens, en haut, en bas, à droite, à gauche, on la regarde, on la juge, on la triture. Pis cette reine a quand même un sacré boulard, c'est hallucinant huhu faut qu'elle descende un peu de son piédestal haha. En tout cas, je savoure toujours autant ma lecture, c'est vraiment un régal! Vivement qu'elle abatte ce patriarcat lourd as fuck!
Soah
Posté le 07/04/2020
Oui, Nayla c'est un peu une peluche qu'on pose à gauche, à droite et qu'on tripatouille sans son avis. C'est pas facile pour elle mais c'est une bonne pâte !
Lady Agn c'est un peu la madame De Fontenay du Corbeau game, faut la comprendre aussi :'> Et pour le délabrement du patriarcat, on y travaille, on y travaille ! :'D Mais ça sera long !
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 03/04/2020
Hello Soah,

Je continue tranquillement ma lecture :)

Un chapitre intriguant. Je ne sais pas trop encore à qui me fier pour le moment. L'ambiance à l'air un peu stricte, mais pas dangereuse, même si on sent que ça ne rigole pas. Insolence non tolérée, c'est bien noté ! En tout cas, à ce stade j'ai envie de poursuivre ma lecture pour en savoir plus.

En comparaison avec Givre on voit nettement une progression dans ton style d'écriture. Je te l'avais déjà dit je crois, mais je le répète :)

Bisous
Soah
Posté le 03/04/2020
Coucou Petra !
Merci beaucoup d'être encore là ! ^v^ et je suis ravie que tu apprécies et souhaite continuer ta lecture !

Je vois Givre comme un roman Young Adult, qui a besoin de moins de mise en place ou de "travail" ! Avec la Reine c'est assez différent et je me casse la tête parfois.

Des bisous ❤️
Litchie
Posté le 20/02/2020
Grou, voici la deuxième édition de commentaire, supprimé après une deconnexion sauvage (méchant PA, méchant !). Du coup désolée j'avais relevé plusieurs coquilles que j'ai perdu...

Mon avis général sur ce chapitre : en y réfléchissant, j'aurais deux reproches à lui faire : la découverte de la reine est, je pense, amoindrie par la présentation de Lady Noïra au chapitre précédent. Celle-ci a déjà une aura mystérieuse, de reine et d'autorité, et du coup je trouve que la "vraie" perd en impact. Le deuxième reproche, qui n'en est pas vraiment un, c'est juste histoire que tu le saches, c'est que le refus de la reine en milieu de chapitre, en tant que lectrice, j'ai tout de suite su que ça en était pas vraiment un. Disons que je m'attendais à ce qu'il y ait un truc qui fait que Nayla finisse tout de même sous son apprentissage, etc. donc du coup le suspens n'y était pas vraiment. Mais ce n'est pas grave du tout ! Ce n'est pas l'objectif du chapitre.

Pour les petites remarques :

— "Tu es vraiment jolie, je suis sûre que tes beaux yeux bleus te seront utiles à maintes reprises plus tard. Tu as beaucoup de potentiel. " J'aime bien le fait que tu donnes des éléments de description sur la protagoniste-narratrice comme ça, à travers un dialogue :D

— "j'eus l'impression que son sourire changea légèrement, devenant plus tendre. Mais c'était sans doute mon imagination qui me poussait à croire cela." je trouve que ce passage ne marche pas, car le doute est "faux" dans le sens où le lecteur ne partage pas le doute. C'est à dire que moi, lectrice du vrai monde qui ait déjà lu plein de bouquins, je me doute qu'elle lui a vraiment souri. Donc je n'ai pas "d'empathie" avec Nayla à ce moment. Si tu connais le concept du show vs tell, je trouve en fait ce moment très "tell" : ça serait je pense plus intéressant que tu partages directement les doutes de Nayla avec le lecteur, peut-être sous forme de questions, ou d'attitude (par exemple Nayla peut la dévisager ou bien elle peut froncer les sourcils, etc. etc.)

— Comment la reine a fait pour se rendre dans ses quartiers avant Nayla et Lady Noïra ? XD

— "Mes jambes me semblaient être aussi molles que la laine des moutons de ma mère." --> je trouve l'expression à la fois surprenante et bien trouvée :'D

— "Je me demandai bien qui pouvait bien faire appel aux services du personnel en pleine nuit" il n'y a que ça qui l'étonne ? Elle a vécu dans un petit village, sans savoir lire ni écrire, et elle ne s'étonne pas tout simplement du fait qu'il existe du personnel ? Que des gens se fassent servir ?

Et enfin, nos préférées, les coquillettes :

 Les yeux grands ouverts, rivé sur la fenêtre --> rivés
 Je ne suis jamais allé à l'école. --> allée
 Les autres filles, elles, étaient déjà entrain de s'habiller dans un coin de la pièce. --> en train
 je ne vis que sa robe noir --> noire
 j'entendis ses bijoux tintés --> tinter
 Ma tentative de pourparler --> pourparlers
Soah
Posté le 27/02/2020
Oupsie, heureusement qu'il y a les petites notifs pour voir quand on a des commentaires sans réponse TT--TT désolééééééée...

Du coup, je comprends ce que tu veux dire, j'ai essayé de faire une monté de tension en mode "ah est-ce que c'est Noïra la reine des Corbeaux?!" mais du coup, l'arrivée de Agn perd un peu en puissance. Il faudrait peut-être que je rende son arrivée plus... Plus enfaite.
Les raisons pour lesquelles l'admissions de Nayla sont "faciles" sont dévoilées plus tard dans le récit ! c:

Pour les remarques :
-> Merci ! C'est difficile de décrire le physique d'un personnage à la première personne, surtout que j'ai tendance à me dire que si un personnage emploi des qualificatifs mélioratifs, il va passer pour un gros égocentrique. v-v"

--> Je note ta remarque et je suis d'accord avec toi ! Je retravaillerais cet endroit pour que ça soit plus dans ce sens c:

--> Lady Agn a des patins à roulettes sous sa robe ! :D :D :D
Les couloirs de services sont tortueux et moins direct que les escaliers ! xD

--> Petite pensée pour le pokemon mouton trop mimi de Shield/Sword !

--> J'avoue qu'il faudrait qu'elle s'étonne de plus de choses. J'avais peur de la rendre trop... niaise ? :/

Merci pour les coquillettes ! Même si je préfères les farfale ! :D
Des bisous <3
Carvage
Posté le 06/10/2019
Cela fait longtemps que je n'avais pas poursuivis la lecture de ton roman, mais j'ai facilement repris le fil de l'intrigue.

J'ai cru un instant en un rebondissement avec le "non", qui devient finalement un "super" oui ; j'ai cru que l'histoire allait prendre un tournant inattendu. Une petite déception que ce ne soit pas le cas, mais ce passage à le mérite de maintenir en halène le lecteur.

L'écriture reste très agréable à lire, avec un vocabulaire riche sans en devenir étouffant.
Une petite faute de frappe: "Je passai la rapidement la robe gris"
Il me semble aussi que la concordance des temps n'est pas toujours impeccable ; un exercice que je sais particulièrement difficile, surtout entre le passé simple et l'imparfait à la première personne.
Soah
Posté le 11/10/2019
Coucou, je suis désolée pour ma réponse tardive ! Une IRL chargée m'a empêchée de passer par ici pendant pas mal de temps !
Je suis contente que ça t'ai plus :) Merci beaucoup.
Je me demande si je ne devrais pas changer mon approche pour que le refus de Nayla en tant que Corbeau ne soit pas une étape importante, qu'elle gagne sa place... Mais j'avais peur de rajouter beaucoup de chapitres, dans un texte qui sera déjà dense... :/

>< Désolée pour les fautes qui traînent, il faut vraiment que je prenne le temps de tout corriger ! Quant à la concordance des temps, si jamais tu vois des grosses carabistouilles, n'hésite surtout pas ! Je suis un peu tête en l'air comme personne et je n'ai pas une capacité de relecture folle... é-è"

Merci d'être passé en tout cas ! Ca me fait toujours très plaisir :D
AudreyLys
Posté le 24/07/2019
Coucou^^
Encore un bon chapitre^^ je l'ai bien aimé, mais je trouve quand même que c'est le moins bon pour l'instant. Ça tient à plusieurs chose, mais la plus immportante, je pense, c'est qu'on sait bien que Nayla va être choisie, donc le suspens tombe un peu à plat.
Ce qui me dérange le plus dans ce chapitre, c'est que je n'ai pas vraiment ressenti la "différence" de Nayla et pourquoi on l'a choisie pour devenir reine. Elle m'a eu l'air aussi paumée et effrayée que les autres filles, et le moment où elle se rebiffe fait assez artificiel. C'est l'héroïne donc elle est différente, mais je n'ai pas vraiment ressenti cet aspect. Je n'ai pas compris pourquoi elle tant tapé dans l'œil de Noïra. Pour rendre ce choix un peu plus logique et réaliste, je pense qu'il faudrait le préparer bien en amont, et montrer que Nayla n'est pas comme les autres. Il faudrait qu'on voit ses prédispositions.
Autre choses, d'un point de vue purement personnel (mais je pense que tu ne pourras/voudras pas changer et je ne te le demande pas, je te le dis juste) je trouve que c'est un peu dommage qu'elle soit choisie directement pour devenir reine. Ç'aurait été intéressant qu'elle soit prise comme n'importe quel apprentie et qu'elle doive grimper les échelons. 
Voilà, j'ai vu quelques coquilles que je te montrerai sur ton JdB. J'espère que je n'ai pas été trop dure, la bise. 
Soah
Posté le 05/09/2019
>< Je suis désolée, avec la refonte de FPA, je n'avais pas du tout vu ton commentaire !

Quant au pourquoi Nayla est choisie, c'est purement physique. Je n'insiste peut-être pas assez là-dessus, mais le Royaume des Os, ça serait l'équivalent des pays nordiques chez nous. Nayla étant matte de peau, avec les yeux très bleus et les cheveux noirs, elle a un physique assez remarquable, ce qui fait d'elle une sorte de rareté - pas très bien accueilli dans son village natale, beaucoup plus fascinant pour la capitale.

Ensuite comme tu as pus le voir, la seule différence entre elle et les autres filles, en terme d'apprentissage est pour l'instant très minime - et surtout, elle peut tout de même se faire répudier si jamais elle n'est pas à la hauteur. Cela dit, lorsque je ferais une passe de correction/réécriture, je devrais peut-être changer la scène avec la première apparition de la reine.

N'hésite jamais à me donner ton opinion sincère, il m'aide a avancer dans mon travail ! :D Je te remercie beaucoup de tes retours en tout cas !
AudreyLys
Posté le 05/09/2019
Ah d'accord je n'avais pas compris que c'était physique. Mais je comprends pas trop, ils choisissent juste leur reine comme ça ? Il faudrait pas qu'elle soit intelligente et qu'elle ait de capacités pour diriger ?
Alors le fait que ça se passe dans l'équivalent des pays du nord je le sais parce que tu l'as dit, mis je ne l'ai pas ressenti dans le texte. J'ai compris que Nayla était différente des gens de son villages, mais pas forcément du plus tout entier et qu'ils étaient majoritairement blonds (tu vas me dire c'est logique puisque tu as dit que Nayla était brune mais chuis un peu bête parfois).
Oui je pinaille...
^^
Sorryf
Posté le 11/07/2019
Je me disais bien qu'elle allait pas se faire recaler comme ça !
Chapitre sympa, rien à dire ! j'ai hate de découvrir en quoi va consister la nouvelle vie de l'héroïne, pour le moment je trouve que ça démarre bien pour elle !! 
Soah
Posté le 11/07/2019
Coucou :D <br />Bien sûr qu'elle ne peut pas se faire recaler comme ça voyons, héhé :p <br />Je suis contente que ça t'ait plut ! J'espère que les prochains chapitre seront à la mesure de tes attentes !
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