Chapitre 3: le refuge

Notes de l’auteur : Bonne lecture =^v^=

 

— Mademoiselle Mathilde, vous ne pouvez pas faire ça. Votre mère vous attend dans le salon.

— Eh bien qu’elle attende !

Mathilde descendait les escaliers quatre à quatre, poursuivie par le majordome hors d’haleine. Elle avait troqué sa robe tachée contre un pantalon, des bottes montantes et une veste rabattue sur une chemise à col haut. Tout en dévalant les marches, elle nouait un foulard de soie ocre autour de son cou, ses cheveux toujours parés de la broche bleue. Gustave, le majordome, tentait de la convaincre de rester, et cela depuis qu’elle est avait été raccompagnée au manoir.

Mathilde avait cherché Claudia dans toute la maisonnée, sans résultat. La gouvernante s’était absentée pour réaliser des courses urgentes : le gâte-sauce avait fini par faire brûler la dinde en voulant la dorer au chalumeau. Mathilde se retrouvait donc sans sa confidente et elle était assaillie de questions par Gustave qui refusait de la laisser en paix. C’était un petit homme grisonnant et bedonnant dont la voix tressautait en accentuant les aiguës. Il était entré au service de la famille Eth’Arken dix ans plus tôt et l’horrible caractère de la mère de Mathilde en avait fait un homme servile et craintif. Madame Eth’Arken l'utilisait souvent comme messager auprès de ses enfants et cela avait le don d’exaspérer sa fille. Elle le contourna lorsqu’il essaya, dans une pirouette maladroite, de lui bloquer le passage.

— Mademoiselle, plaida-t-il, soyez raisonnable et dites-moi au moins le résultat de votre Test, que je puisse le transmettre à Madame.

— Non Gustave ! gronda Mathilde. Je ne te dirais rien, et maintenant laisse-moi passer.

En dernier recours, le majordome s’était adossé contre la porte d’entrée, la poignée dans le dos.

— Non Mademoiselle. Votre mère est dans un état… elle ne me pardonnera pas de revenir les mains vides.

Mathilde le fusilla du regard, puis comprit que c’était inutile. Gustave avait bien trop peur des colères de sa mère pour lui céder. Elle se tourna vers la tache de lumière qui filtrait à travers les larges fenêtres du hall d’entrée. Tant pis pour Gustave, elle ne resterait pas une minute de plus seule au manoir avec sa mère pour unique compagne, surtout maintenant qu’elle était…

Positive.

Mathilde s’ébroua, prit son élan et sauta sur le rebord de la fenêtre. Avant que Gustave eût pu esquisser un geste, elle atterrissait à pied joint sur les bégonias de sa mère. Elle résista à l’envie de les piétiner, les pauvres fleurs n’avaient rien à voir avec sa colère et le jardinier en pâtirait à sa place. Au lieu de cela, elle détala en direction des écuries. L’odeur de la paille et des chevaux l’enveloppa lorsqu’elle poussa la porte, et Mathilde l’accueillit comme une embrassade réconfortante. Elle dépassa d’un pas rapide les boxes vides de Red et Kali, les chevaux de ses frères, pour s’arrêter devant une paire de naseaux gris familiers.

— Viens, Odin, on va faire un tour.

Elle sortit l’étalon de son box, et il la suivit docilement alors qu’elle allait chercher sa selle, son chanfrein zébré d’une liste blanche enfoui dans son dos. Elle poussa un escabeau pour parer à sa petite taille, puis sella et brida Odin avec difficulté. Ses doigts tremblaient tant la tempête qui bouillonnait en elle la chamboulait. Derrière eux, les pas précipités de Gustave se rapprochaient.

— Mademoiselle, s’il vous plaît !

Sans un regard en arrière, elle mit son pied à l’étrier et sauta sur le dos de son cheval. Un coup de talon plus tard, elle sortait en trombe des écuries, manquant de renverser le majordome au passage. Les sabots d’Odin sur les graviers recouvrirent un dernier « Revenez Mademoiselle ! », et elle s’enfonça au trot sur le sentier qui menait vers le bois fendant une très grande pelouse fleurie. La propriété de la famille était si étendue qu’elle englobait la forêt entière ainsi qu’une vingtaine de champs alentour. Le reste de leurs usines se trouvaient en ville, à quelques kilomètres de là. Mathilde poussa sa monture à accélérer, passant du trot au galop. Fou de joie de pouvoir enfin se dégourdir les pattes, Odin fila à travers l’air tiède de l’après-midi, longea la pelouse et s’enfonça sous les arbres, sur la route de terre. Le soleil à travers le feuillage projetait l’ombre des branches sur eux. Elles défilaient à toute vitesse sur le visage crispé de Mathilde. Penchée sur l’encolure d’Odin, elle se concentrait sur le vent sifflant à ses oreilles, les odeurs fortes d’humus et de sève, la chaleur qui montait de la terre, les mouvements puissants de l’animal sous elle. N’importe quoi d’autre que le résultat du Test.

Elle ne pouvait pas y songer sans être prise d’un haut-le-cœur. Sa vie, son projet, son avenir de musicienne venait de voler en éclat, et elle n’arrivait pas à affronter ce fait en face. Peu importe combien de fois elle chassait le mot « positive » de ses pensées, il revenait comme un écho, de plus en plus fort. Les respirations bruyantes d’Odin l’apaisaient en apparence, sans parvenir à effacer la peur qui la rongeait. Son univers s’écroulait et elle aurait beau galoper jusqu’à la côte, elle ne pourrait échapper à l’Empire. Elle n’avait pas besoin de la jubilation de sa mère, des félicitations de l’Ambassadeur ou des honneurs des Filleuls. Elle voulait voir ses frères.

Odin ralentit lorsque la route de terre battue se transforma en sentier. Ils arrivaient au bas d’une colline, et à partir d’ici, mieux valait grimper tranquillement. Mathilde guida Odin sur le chemin en pente douce qui serpentait à travers les arbres. Il s’agissait plus d’un passage tracé par les animaux que par les hommes, et on pouvait lire des empreintes de chevreuil imprimées dans la boue, entre deux touffes d’herbe. L’air humide du couvert des arbres se rafraîchissait à mesure qu’ils s’enfonçaient dans le bois.

Plusieurs fois, ils durent se décider entre des sentiers croisés, mais Mathilde aurait pu se diriger les yeux fermés. Depuis toute petite, ses frères et son père — quand il avait le temps — se rendaient dans la cabine de chasse pour souffler un peu. C’était leur lieu de repos, leur refuge, où les responsabilités de la Cour disparaissaient. Mathilde adorait lorsque Charles et George l’emmenaient faire des randonnées, à pied ou à cheval, à travers leurs terres. Elle connaissait la forêt par cœur et l’aimait plus encore. Ces escapades mensuelles, où ils se retrouvaient entre frères et sœur dans la cabane, représentaient de véritables bouffées d’air frais dans leur vie de Nobles. Ils pouvaient être eux-mêmes sans risquer de mettre leur statut familial en péril. La boule dans la gorge de Mathilde doubla de volume et ses yeux s’humidifièrent. Elle avait l’impression de se trouver au bord d’un précipice, une lame dans le dos la poussant à sauter. Pourquoi devait-elle perdre tout cela ? Sa vie, son avenir, ses frères… tous disparaîtraient bientôt.

Odin hennit et secoua sa crinière tressée. Ils avaient enfin atteint le sommet de la colline. Là, perdu au milieu de grands hêtres, un chalet tout fait de rondin se nichait dans un coin d’enrochement. Sur le toit recouvert de mousse, la cheminée répandait dans l’air un familier fumet de résine brûlée. Un puits, aux pierres rongées par un lichen orangé, était surmonté d’un système d’engrenage, de poulies et de cordes qui le reliait à une fenêtre du chalet, ingénieuse machine inventée par George le jour où il en avait eu assez d’être de corvée d’eau. Au centre de cette petite clairière trônait un très vieux chêne, aux branches épaisses et à l’écorce craquelée. À certains endroits, le bois était poli par les innombrables escalades de la joyeuse fratrie. Un hamac pendait à l’un de ses bras. Et dans ce hamac, Charles s’étendait nonchalamment, le nez plongé dans un livre.

Le jeune homme, habituellement impeccablement apprêté, arborait une chemise ouverte et sortie de son pantalon, et croisait ses pieds nus sur la toile du hamac. De leur ascendance Ilarnaise, il n’avait pris que les yeux clairs, son teint bronzé et ses cheveux bruns rappelant ceux de sa mère. Il n’était l’aîné de Mathilde que de deux ans, mais il avait l’air plus mature que toute sa fratrie réunie, Jadice incluse. Son physique avantageux et son statut d’héritier de la fortune familiale l’avaient placé au sommet de la liste des bons partis Nimariants, et il menait régulièrement la tâche difficile de rejeter des propositions sans devenir un mufle auprès des femmes. Réputé pour son élégance et son comportement de gentilhomme, il n’y avait guère que dans cette cabane qu’il se permettait d’être aussi décontracté. Le hennissement d’Odin le sortit de sa lecture et il bondit sur ses pieds en voyant sa sœur pénétrer dans la clairière.

— George ! s’écria-t-il, Mathilde est là !

Dans le chalet, un entrechoquement de quincaillerie se fit entendre, suivi une grande détonation et enfin la porte s’ouvrit, laissant s’échapper un nuage noir charbon. Un garçon en tablier de travail jaillit du chalet, les cheveux hérissés sur la tête par la suie qui lui barbouillait le visage. Il brandissait un assemblage de métal et d’électrode complexe dont le trou au milieu dégageait encore de la fumée.

— Charles ! Combien de fois devrais-je te dire de ne pas me déranger pendant mes expériences ! Ma batterie miniature est complètement fichue ! Sais-tu combien de temps il me faudra pour…

Il s’arrêta en remarquant la cavalière qui descendait de cheval.

— Mathilde ? Je croyais que tu devais passer le Test ?

Elle alla attacher Odin sous l’auvent jouxtant le chalet, évitant les regards interdits de ses frères.

— C’est fait, marmonna-t-elle en nouant la bride autour du rondin, j’y suis allée ce matin.

— Alors tu es libre, non ? s’exclama George, souriant de toutes ses dents blanches.

Son sourire ressemblait à un croissant de lune sur sa figure noircie. Il tapa dans le dos de Charles, laissant son empreinte sur le tissu blanc.

— C’est parfait alors ! Tu n’as qu’à manger avec nous, le repas est prêt. Charles nous a eu un faisan cette fois.

L’impétuosité enthousiaste de son frère commençait à la contaminer. Ce garçon était une vraie pile électrique et plus bouillant qu’une machine à vapeur. Personne ne savait vraiment ce qu’il se passait sous son crâne, mais il en sortait toujours des machines plus fantasques, plus innovantes et plus saugrenues les unes que les autres. À dix-neuf ans, il avait déjà remporté plusieurs concours d’inventeur juniors et ses inventions encombraient tant sa chambre qu’on ne pouvait y faire un pas sans buter sur un pigeon voyageur mécanique, une paire de patins à propulsion ou une horloge dont le tic-tac jouait l’hymne impérial. Malheureusement pour lui, la carrière d’inventeur était plutôt échue aux artisans qu’aux Nobles. Si les voies d’artistes étaient méprisées, celles d’artisans étaient carrément interdites. George aurait beau faire la guerre à leur mère, aux Nobles, à la société entière, cela ne changeait rien à son avenir. Par défaut, il suivait le chemin tout tracé de Charles et rentrait à l’école militaire, mais il ne perdait pas pour autant sa passion, et Mathilde prédisait que les futurs professeurs de son frère auraient une drôle de surprise en découvrant leur flamboyant nouvel élève.

Égayée par la bonne humeur de ses frères, Mathilde se laissa entraîner au pied du chêne, de l’autre côté du tronc, où une table basse faite à la main attendait ses convives, entourée de quatre rondins. Alors que Mathilde s’apprêtait à aider ses frères à mettre le couvert, Charles l’arrêta d’un geste et l’obligea à s’asseoir sur l’un des rondins.

— Non non, c’est ton jour Probatio aujourd’hui. Laisse-nous dont faire.

Mathilde pinça les lèvres, mais obéit. Elle aurait préféré s’occuper les mains plutôt que de rester planter là, mais elle n’osa pas protester. Tout ce qui l’entourait lui semblait pendre au-dessus du vide, retenu par un fil très mince. Cette scène quotidienne et si réconfortante volerait en éclat au moment où elle ouvrirait la bouche et mentionnerait le Test. Elle voulait profiter de chaque minute, chaque seconde de ce temps privilégié passé au sein de son univers, pourtant la peur de le voir disparaître d’un instant à l’autre l’en empêchait. Charles apporta le couvert, George le plat. Le faisan promis était bien petit, mais doré à souhait, et embaumait l’air de son fumet. Mathilde le huma, fermant les yeux, et tenta d’imprimer l’odeur dans sa mémoire.

— Ça sent bon, n’est-ce pas ? Saliva George en découpa méticuleusement la viande, comme il aurait décortiqué une mécanique délicate. Ma recette personnelle ! Tu m’en diras des nouvelles.

Il les servit, et allait empoigner sa cuisse à pleine main quand Charles lui donna une tape à l’arrière de la tête.

— Va te laver avant ! Tu es couvert de suie.

George lui rendit la pareille, imprimant une nouvelle trace noire sur le col de son frère.

— Et à qui la faute ?

Il courut au puits et plongea la tête dans un seau d’eau que Mathilde savait glacée. Il en ressortit trempé, mais un peu moins noir qu’auparavant. Ses cheveux châtains luisaient d’humidité avec des reflets dorés tandis que ses yeux, du même brun que leur mère, pétillaient de malice. Dans un sursaut vengeur pour son invention ruinée, il se glissa dans le dos de Charles et essora ses manches gorgées d’eau dans son cou. L’intéressé sauta sur ses pieds avec un glapissement, rattrapa en deux enjambées George qui détalait et le tacla. Ils roulèrent dans les feuilles mortes, l’un mort de rire, l’autre se retenant à grand peine. Gagnée par le rire contagieux de George, Mathilde faillit s’étouffer avec un morceau de faisan. Elle était au spectacle et avait mal aux côtes à force s’esclaffer. Finalement, Charles réussit à plaquer son frère dos au sol et s’assit résolument sur son ventre.

— C’est bon, tu t’es calmé ? Parce que j’aimerais bien ne pas manger froid, si tu permets.

Il acquiesça entre deux hoquets et ils revinrent à table, George toujours plié en deux. Charles s’appliqua à l’ignorer et se tourna vers sa sœur avec un sourire.

— Alors ? Ça s’est bien passé avec l’Ambassadeur ?

Le cœur de Mathilde eut un soubresaut. Ça y est. L’instant se brisait. Incapable d’avaler son dernier morceau, elle posa ses couverts et entremêla ses doigts pour les empêcher de trembler. Elle n’allait pleurer tout de même ! Elle aurait aimé répondre comme si de rien n’était, d’un ton joyeux, ou même placide, faire comme si ce qui lui arrivait n’avait pas d’importance… Sauf que si, ça en avait, et elle n’était pas prête à en parler sans que le magma d’émotion qui lui brûlait les entrailles ne jaillisse. George s’arrêta de rire, sentant que quelque chose n’allait pas.

— Mathilde ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

Charles fronça les sourcils, soudain plus sombre.

— L’Ambassadeur s’est mal conduit avec toi ?

George écarquilla les yeux, de plus en plus rouge. Elle avait tout gagné. Maintenant, non seulement le charme était rompu, mais elle avait inquiété ses frères. Si elle ne disait pas quelque chose rapidement, George exploserait. Quant à Charles, il semblait déjà prêt à provoquer le Mauve en duel, et Dieu sait s’il était bon escrimeur ! Mathilde contracta ses organes et expulsa la phrase qui lui obstruait la gorge depuis son départ de l’Ambassade.

— Je suis positive.

Charles s’étouffa à moitié et partit dans une quinte de toux, les yeux exorbités. George lâcha ses couverts qui rebondirent avec un bruit métallique sur le bois. Il ouvrit la bouche, la referma, sans parvenir à sortir un son. Finalement ce fut Charles qui, une fois la gorge dégagée, bégaya.

— Po… Positive ? Comment c’est possible ?

Mathilde baissa les yeux sur ses doigts, leur ordonnant silencieusement d’arrêter de trembler. C’était ridicule. À la voir, on aurait cru qu’être positif au Test Impérial était synonyme d’une condamnation à mort. C’était un grand honneur, au contraire, quelque chose dont rêvait tous les habitants de l’Archipel à l’arrivé de leur Jour Probatio. Le titre de Filleul de l’Empire apportait une vie de choix à la Capitale, et surtout une solde immense versée à la famille du dit Filleul. Elle n’avait vraiment pas lieu de se plaindre.

— Je ne sais pas, mais l’Ambassadeur a dit que ça avait rapport à une capacité de mon sang.

Mathilde tut la fin de la phrase de l’Ambassadeur à ses frères. Elle ne se sentait vraiment pas d’assumer ces derniers mots qui, pour elle, n’avait strictement aucun sens. « Accueillir un Sylphe ». L’Ambassadeur avait des manières si étranges qu’elle n’était même pas sûre qu’il ne se soit pas moqué d’elle. George sortit brutalement de son mutisme et poussa un gros juron qui résonna dans la clairière. Il avait crié si fort que les chevaux s’agitèrent sous l’auvent et tirèrent sur leur longe, apeurés. Les coudes sur la table, les mains dans les cheveux, il cherchait son regard, avec une expression consternée.

— Je n’aurais jamais cru ça possible ! Ma sœur, une Filleule ? Ça va bouleverser tous tes plans…

Charles lui donna un coup de coude. Mathilde avait changé de couleur. Déjà pâle, elle avait l’air de s’être vidée de son sang. Il s’empressa de reprendre, d’une voix beaucoup plus douce.

— Tu es la seule Filleule Nimariante de cette année ?

Elle secoua la tête et leva un doigt.

— La presse l’annoncera ce soir, mais il y en a au moins un autre. Le cocher de l’Ambassade me l’a dit.

— C’est une bonne chose, non ? Tenta-t-il, désireux de lui remonter le moral. Tu ne seras pas seule pour te rendre à la Capitale. Tu le connais ?

— Non, je ne sais pas même pas son nom. Je l’apprendrai à la radio comme tout le monde.

Comme elle gardait une mine déconfite, Charles s’assit à côté d’elle et l’entoura de son bras un peu vigoureusement.

— Allez, ce n’est pas si terrible. Tu pourras peut-être voir Jadice là-bas, qui sait ?

George s’affala sur la table, tête dans les bras, avec un grognement désabusé.

— C’est ça, marmonna-t-il, comme si la diva allait lui accorder une audience.

Il ignora le regard noir que lui lança son frère et plongea le sien dans celui de Mathilde. Elle avait le bord des paupières rougies, comme si elle se retenait de pleurer.

— Et ton festival ? Tu vas l’abandonner ?

Il se serait pris une nouvelle tape de son frère si Mathilde ne l’avait pas arrêté. C’était à elle d’être raisonnable. Bien qu’elle n’en eut pas la moindre envie, elle ne pouvait laisser ses frères endosser pour elle le chagrin qui l’habitait. Elle se força à prendre un ton indifférent.

— Pas le choix. Dès que mon nom sera prononcé à la radio, je vais pleuvoir sous les visites et les invitations de rigueur. Je n’aurais plus un moment à moi avant mon départ.

Elle laissa flotter un silence qui en disait plus long encore. Les Filleules n’avaient pas le droit d’exercer autre chose que leur nouvelle fonction. Peu importe qui on était avant d’être Filleul, bûcheron ou héritier d’un empire commercial, on devait tout abandonner pour assurer sa nouvelle charge. Le poids qui écrasait Mathilde ne venait pas d’un dégoût de ce futur doré qu’on lui offrait, mais de son désespoir de ne plus pouvoir devenir musicienne. Jamais. Rien que d’y penser, elle avait l’impression que son cœur allait se briser en morceaux. Tout ce temps, tout cet amour qu’elle avait consacrés à sa passion, tout cela pour la voir disparaître derrière l’affreuse tache bleue du Test. Sa vie se résumait maintenant à cette tache.

— Quand dois-tu partir ? reprit George, assez abruptement.

Ses mots tranchaient d’autant plus qu’il avait la gorge serrée. Mathilde inspira à fond. Ne pas pleurer.

— Dans une semaine. En caravelle, comme le veut la tradition.

— Une semaine… répéta-t-il, le nez dans sa chemise. C’est trop court. Papa ne sera jamais rentré de son voyage. Il ne devait être de retour d’Ilarna que dimanche prochain.

— Je m’en charge ! intervint brusquement Charles. Si on lui envoie un télégramme à temps, il pourra arranger ses affaires pour rentrer en urgence par le premier dirigeable.

Il se leva, et courut au chalet. En quelques minutes, il avait rassemblé ses affaires et celles George, qu’il lui lança à bout de bras.

— Tiens. On rentre. Pas question de laisser Mathilde seule au manoir avec Maman.

Tandis que son frère se chargeait déjà d’apprêter les chevaux, George ne bougeait pas d’un pouce. Ses cheveux encore humides scintillaient toujours au soleil déclinant, mais il avait l’air si triste que même ces éclats dorés ne réussissaient pas à l’égayer. Il continuait de fixer Mathilde de tous ses yeux, brûlants comme des marrons chauds.

— Maman est au courant ?

— Pas encore, soupira Mathilde. Je ne me sens pas d’affronter son exubérance aujourd’hui.

Elle desserra ses doigts et posa ses mains sur ses genoux avec la ferme intention de retrouver son calme. Elle continua en détachant les mots avec attention.

— Elle sera si contente en l’apprenant qu’elle explosera de joie, et moi si je la vois faire ça, je ne pourrais pas m’empêcher de sortir de mes gonds.

George émergea son nez de sa chemise, un sourire en coin au bout des lèvres. Lorsqu’il arborait cette expression, deux fossettes lui piquaient les coins des pommettes et lui donnaient l’air plus mutin que jamais.

— Tu veux que je lui dise ? proposa-t-il. Elle ne me fait pas peur.

Mathilde voyait déjà pétiller la malice dans son regard. Bien sûr, leur mère ne lui avait jamais fait peur, elle l’amusait tout au plus avec ses rêves de grandeurs et son amour de l’étiquette. Il ne craignait pas ses tempêtes d’émotions et prévoyait sans doute déjà la manière de lui annoncer. Probablement ferait-il une phrase si parsemée de mot d’esprit qu’il faudrait un moment à sa mère avant de le comprendre. Mathilde laissa l’idée l’amuser, et sourit.

— Je veux bien, mais pas avant ce soir. J’aimerais avoir le plus de répit possible.

George acquiesça avec un clin d’œil.

— Pas de problème, je ne lui dirais qu’après le dîner.

Charles les appela. Il était de nouveau présentable, chemise lacée, veste rouge de chasse parfaitement ajustée et les cheveux peignés. Seule la tache de suie sur le haut de son col témoignait de l’instant de détente envers l’étiquette qu’il venait de prendre. George ne prit pas cette peine. Il enfila sa veste de chasse élimée par-dessus sa chemise trempée et rejeta vaguement ses mèches dégoulinantes en arrière. Pendant qu’il allait ranger les ustensiles de cuisine et verrouiller le chalet, Charles aida Mathilde à monter sur le dos d’Odin. L’étalon était un peu grand pour Mathilde, mais par rapport aux pur-sang que montaient ses frères, il était plus adapté à sa petite taille. Une fois installé, Charles lui tendit les rênes avec un sourire encourageant.

— Je te pense tout à fait capable l’aller vivre là-bas. Je crois que la Capitale ne te tournera pas la tête, comme elle l’a fait à Jadice. Si besoin, ce sera toi qui la forceras à s’adapter.

Il monta sur Kali, sa jument palomino, et tout en enfilant ses gants de cuir, ajouta.

— Tu sais, on sera toujours là pour toi. Si un jour tu n’en peux plus, tu n’auras qu’à nous télégraphier, et George nous fabriquera un dirigeable pour aller t’enlever à la Capitale.

Il avait dit cela sur un ton très sérieux, sans la moindre once d’humour. Mathilde sentit un feu s’allumer au creux de son ventre. Très différent de l’éruption d’émotion précédente, il la réchauffa de l’intérieur, comme une bonne couverture en laine. Elle s’était crue seule, elle s’était trompée. Ses frères étaient là, ils la soutiendraient.

George attacha leurs quelques affaires restantes à la selle de Red, son alezan, qui piaffait déjà et tapait du pied, impatient de se mettre en marche. Ils partirent au pas, descendant la butte sans se presser. Ils ne discutèrent pas, et cela pendant tout le trajet jusqu’au manoir, appréciant seulement ce moment partagé. Chacun de leur côté, ils digéraient le résultat du Test, l’intégraient peu à peu dans leur esprit comme une nouvelle incommodante, mais inéluctable. Dans une semaine, ils se quitteraient, peut-être pour des mois, des années. L’inconnu surgissait dans leur vie si bien programmée, bouleversant leurs projets, leur famille. Dans leurs têtes, mille questions tournaient en rond, sans trouver de réponse, des questions qu’ils ne s’étaient jamais posées auparavant. Que faisaient les Filleuls une fois à la Capitale ? Que signifiait « avoir un sang compatible » ? Pourquoi, finalement, fallait-il absolument que toutes les personnes de l’Archipel possédant cette capacité deviennent Filleuls ? Mathilde ajoutait à cette liste une question lui paraissant plus importante encore : « Que sont réellement les Sylphes ? ». Ce volcan d’interrogation ne trouvait aucune réponse, mais en cet instant, cela n’avait pas grande importance. Ils étaient ensemble, unis même dans le silence, chevauchant dans la forêt qu’ils aimaient tant. Et c’était cela qui comptait vraiment.

En arrivant devant les murs en meulière du manoir, George retourna sa monture vers Mathilde et la fixa intensément, pointant sur elle un doigt qui se voulait menaçant.

— Je te préviens, si une fois à la Capitale, tu ne nous envoies pas de nouvelle, attends toi à me trouver devant ta porte pour te botter les fesses !

« Mon Dieu ! songea Mathilde en acquiesçant. Que ces deux idiots vont me manquer ! »

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Arod29
Posté le 10/09/2021
Hello,
Toujours aussi prenant et j'aime vraiment tes personnages. Les deux frères sont excellents et tu décris à merveille la belle relation qu'ils ont avec leur soeur.
Et Odin comme prénom pour le cheval c'est la classe! ;-)
A bientôt! :-)
Emmy Plume
Posté le 13/09/2021
Coucou Arod29 !

Merci beaucoup pour ce commentaire ! ^^
Je suis contente que les deux frères te plaisent, je les aime beaucoup moi aussi ;)
J'avoue que les relations entre personnages est ce que je préfère écrire, donc ça me fait super plaisir de savoir que celles de ce chapitre t'ont bien plu !

Encore merci et à bientôt =^v^=

Emmy
Aryell84
Posté le 30/03/2021
Me revoilà!!
Très bon chapitre, la fuite à cheval est une beau moment de poésie, et j'adore Charles et Georges (note à part, je trouve ça très drôle que Georges, Charles et Mathilde aient tous les trois un prénom assez "classique" et pas Jadice, ça montre bien la différence entre elle et les trois autres). Moment très touchant et émouvant, leur affection pour Mathilde est ouf, et on se sent comme Mathilde, rassurée de leur existence et de leur présence. J'ai hâte de voir comment Georges va annoncer la nouvelle à leur mère (j'espère que tu le racontes en direct!) Bref, les personnages sont super attachants et bien écrits (même si, comme l'a remarqué quelqu'un d'autre, y a certains moments dans les dialogues où on ne sait pas tout à fait qui parle, donc ça vaut peut-être le coup de revoir ce passage).
Quelques petites maladresses et suggestions:
- « sella et brida Odin » → ça serait plus fluide avec le seul verbe « harnacher » je pense
- « ses doigts tremblaient tant la tempête qui bouillonnait en elle la chamboulait » → y a un truc qui me chafouine dans cette phrase, trop de verbes peut-être
- « s’enfonça au trot sur le sentier qui menait vers le bois fendant une très grande pelouse » → on ne s’enfonce pas sur un sentier (car c’est une surface plane) et on a l’impression que c’est le bois qui fend la pelouse, alors que c’est le sentier non ?
- « le reste de leurs usines se trouvaient » → bizarre car tu ne parles que de champs et de bois auparavant ; et je crois que c’est « se trouvait » (car le sujet est « le reste »)
- « se dégourdir les pattes » → pour un cheval, on dit « jambes »
- «  projetait l’ombre des branches sur eux » → je mettrais « projetait sur eux l’ombre... »
- « l’apaisaient en apparence » → c’est bizarre d’utiliser « en apparence » alors que y a pas le regard de quelqu’un d’autre sur elle, peut-être un synonyme de superficiellement ou partiellement (je sais pas si je suis claire sorry ^^)
- « à partir d’ici » → de là, « ici » connote du discours direct
- « il menait régulièrement la tâche difficile » → ça me semble bizarre de mener une tâche, peut-être s’acquitter de ?
- « chemin tout tracé de Charles » → je pense que « par Charles » serait plus juste
- « laisse-nous dont faire » → donc
- « plutôt que de rester planter là » → plantée
- « la famille du dit Filleul » → dudit
- « je vais pleuvoir sous les visites... » → soit elle va ployer sous la pluie des visites et invitations, soit les visites et invitations vont pleuvoir
Bref je continue avec enthousiasme et délectation! :D
Des bisous <3
Emmy Plume
Posté le 22/04/2021
Coucou Aryell84!

Ça y est, je trouve un peu de temps pour répondre à un commentaire (vive les partiels, yay ^~^).

Bref, merci pour ton commentaire et ton repérages des coquilles)
Je suis contente que ce passage t'ai plu, c'est un peu un moment spécial passé entre Mathilde et ses frères. Je suis une grande fan des fratries, comme tu le sais ;)

Encore merci et à bientôt dans un autre commentaire =^v^=

Emmy
Pétrichor
Posté le 01/03/2021
Ça y est. Tes personnages ont pris vie.

Je suis attaché à Mathilde et je suis si triste pour elle ! Et puis vraiment ses frères ont l'air tellement cools, j'ai envie de faire connaissance avec eux :D

Très beau chapitre, bien écrit. Je l'ai trouvé émouvant, surtout le passage ou ses frères s'activent et elle qui s'apprête à leur révéler ce qui va changer toute sa vie pour toujours.

Toujours rien à dire sur le style. J'aime beaucoup !

Bravo, vraiment !
Pétrichor
Posté le 01/03/2021
En fait je trouve ce chapitre assez déchirant, parce qu'on aimerait passer du temps dans cette cabane, dans cette vie calme que souhaite Mathilde, pleine de musique, mais on va être forcé de la suivre à la Capitale. Et que, comme elle, on ne le veut pas.
Emmy Plume
Posté le 01/03/2021
Re-bonjour Pétrichor !

Ton commentaire me touche beaucoup, je crois que tu as tout à fait saisit ce que je voulais transmettre avec ce passage, les sentiments de Mathilde face à ses frères (et ça, c'est beau ! XD ça veux dire que je fais mon travail d'écrivain ;)

Merci, donc, pour ce beau commentaire qui fait tellement du bien en début de semaine (je t'en souhaite une bonne au passage ;)

A plus tard pour la suite, si le cœur t'en dit ! =^v^=

Emmy
Lunatique16
Posté le 15/02/2021
Salut Emmy !

Déjà, bravo ! Je suis trop contente de voir que Mathilde ne s'est pas simplement effondré dans sa chambre, j'étais trop heureuse de la voir fuir ! D'ailleurs, le majordome Gustave m'a fait rire, pauvre petit homme, je le plains XD
Sinon ce fut un chapitre vraiment génial, j'ai adoré rencontrer les frères de Mathilde, ils sont vraiment géniaux et ce moment passé ensemble était magnifique. On sent très bien la complicité qu'il y a entre ces trois-là, les voir chahuter comme ils l'ont fait avant de manger m'a fait sourire, j'aurais adoré avoir des frères comme eux !

Bref, ces deux-là ne vont pas manqué qu'à Mathilde, j'espère les revoir après le départ de notre héroïne ! D'ailleurs, je me demande qui peut bien être cet autre Filleul dont a parlé Mathilde. j'espère que ce n'est pas l'une de ces filles insupportable du début...

Hâte de découvrir la suite, à bientôt ! :D
Emmy Plume
Posté le 16/02/2021
Rebonjour Lunatique 16 !

Merci pour ton retour sur ce chapitre, il m'a fait très plaisir.
Effectivement, Mathilde ne s'est pas effondrée dans sa chambre. D'ailleurs, c'est bien la dernière chose dont elle aurait eu envie, comme tu l'as anticipé dans ton précédent commentaire. Sa mère n'aurait pas manqué d'être insupportable ^^

Et oui, qui n'a pas déjà rêvé d'avoir des grands frères comme ça... J'aime beaucoup l'idée d'une fratrie unie (même si elle ne l'est pas tout à fait si on considère Jadice). Je crois que Charles et Georges ont fait l'unanimité, ça me fait trop plaisir !

Je n'en dis pas plus, il faut que je retourne à mon travail (partiels, et tout et tout), mais j'ai hâte de te voir découvrir la suite ^^

Au plaisir de te lire à nouveau =^v^=

Emmy
KatiaB
Posté le 29/01/2021
Bonsoir Emmy !
Un chapitre un peu plus descriptif il me semble, surtout sur la première moitié. Je ne sais pas si c'est voulu, mais cela donne l'impression de l'attente interminable pour Mathilde avant de rejoindre ses frères. Ce sont de belles descriptions mais du coup toute ton action consiste en l'annonce pendant le repas. C'est un chouia frustrant.
Quant à Georges et Charles... Hou, j'aime ces deux là ! Tes descriptions sont très nettes, je les visualise parfaitement. Leurs personnalités sont très nettement montrées, ce qui est chouette parce que tu n'as pas besoin de dire les choses pour qu'elles soient comprises.
La complicité de cette fratrie me touche beaucoup aussi. C'est rassurant de se dire que Mathilde peut s'appuyer sur deux soutiens aussi forts.
Bref, un joli chapitre, plus calme que le précédent.
Merci pour ce partage en tout cas !
Katia
Emmy Plume
Posté le 30/01/2021
Hello KatiaB

Merci pour ton commentaire ! J'apprécie beaucoup que tu prennes non seulement le temps de me donner un retour, mais qu'il soit constructif (les critiques constructives, on aime !).

Ce chapitre est en effet plus calme que le précédent. Mathilde doit un peu digérer ce qui lui arrive, et ça lui permet d’intérioriser un peu les changements qui vont surgir dans sa vie. Pour répondre à ta question, oui, l'attente et l'impatience de rencontrer ses frères créées par les descriptions sont intentionnelles ;)
Donc, oui, il n'y a pas beaucoup ''d'action'' dans ce chapitre. ^v^'

Je suis contente aussi que ses frères te plaise, ils me sont très cher, et tu dois l'avoir compris: j'aime les fratries ;) Je suis quelqu'un de très visuel de manière général (d'où les nombreux dessins qui accompagnent mes carnets d'écritures ^v^') et ça me touche d'autant plus lorsque tu me dit que mes descriptions sont "très nettes" !

J'ai hâte de savoir ton avis sur mes autres chapitres (en espérant que tu auras toujours une expérience de lecture agréable). Bonne continuation !

Emmy
Mélissa D. NUIT
Posté le 29/01/2021
Bonjour Emmy,

Ce chapitre creuse un peu plus le fossé entre les désirs de Mathilde et les choses qu'on attend d'elle !

D'un côté ses rêves de musicienne et de l'autre les nouvelles charges qui vont avec le titre de Filleule.
Emmy Plume
Posté le 30/01/2021
Bonjour Mélissa,

Merci de ton commentaire !
Oui, Mathilde va se retrouver confronté à une route allant à l'opposé de ce qu'elle avait prévu, ce qui n'est pas sans la contrarier. La transition risque de ne pas être très agréable ;)

J'espère que la lecture plus avant continuera à te plaire. Bonne continuation !

Emmy
Acantha
Posté le 29/01/2021
Chère Emmy,

Que de rebondissements ! Je suis charmé par cette fratrie, le rythme était absolument parfait pour se passage là ! Bravo !
Je suis sous le charmes des deux frères, ils sont bien présentés, rapidement et de façon fluide. Tu as le don de rendre tes personnages horriblement attachant, et cette art du suspens en est presque criminel !
J'ai adoré le passage à cheval avec Odin, réellement il était très bien écrit et très agréable à lire, je suis emportée !

Vite vite la suite !

Acantha
Emmy Plume
Posté le 30/01/2021
Chère Acantha,

Que de compliments !
C'est malin, maintenant je ne sais plus quoi dire. Merci ? ça paraît un peu trop plat pour le plaisir que m'a apporté ton commentaire.
Je te sais exigeante (dans un bon sens ) et tes mots n'en ont que plus de force. MERCI (voilà, en gras c'est mieux xD)

Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que mes deux frères te plairaient. Je suis contente que mon écriture t'emporte et que tu trouves mes personnages "horriblement attachants"... Oui, j'en suis fière, ne m'en veut pas ;)

Quant au suspens... Je dois probablement m'excuser d'avance parce que ce que tu appelles un "art du suspens presque criminel" n'est pas prêt de s'améliorer ^~^

Merci encore pour ce retour aussi chaleureux, j'ai hâte d'en savoir plus sur ce que tu penseras de la suite !
Bonne continuation !

Emmy
Blanche Koltien
Posté le 15/01/2021
Coucou Emmy!

J'aime beaucoup ce chapitre! Non seulement parce qu'on voit Mathilde s'affirmer un peu plus, en s'échappant comme ça de chez elle, et on la devine plus téméraire et affirmée qu'on n'aurait pu le penser au début! Et pourtant ta plume à le don de faire en sorte qu'elle garde toute la fraîcheur qui la caractérise, et un part de sa timidité! Franchement, bravo!

A part ça, j'aime beaucoup les personnages des deux frères! L'aîné, que l'on sent un chouïa plus raisonnable et responsable que le cadet, même s'il se prête volontiers au jeu. Et l'affection qu'il porte à leur sœur est vraiment chouette!

On a hâte de savoir ce que sont les Sylphes, tout comme Mathilde! Être apte à en porter, ça n'augure rien de bon... En tout cas, j'espère que même si Mathilde va partir pour la Capitale on aura encore l'occasion d'avoir des passages avec ses frères, qui sont vraiment des personnages très bien fait je trouve!

Bon courage pour la suite qu'il me tarde de découvrir!
Emmy Plume
Posté le 15/01/2021
Merci beaucoup pour ton commentaire!
ça me réchauffe le cœur de voir quelqu'un qui apprécie ce que j'invente (comme tout écrivain, je crois).

La fratrie Eth'Arken est vraiment importante à mes yeux, je crois que ça se sent, et surtout aux yeux de Mathilde. Peut-être est-ce parce que j'aime beaucoup l'idée d'une famille unie (même imparfaite ^v^' ). Charles et George sont des personnages que j'ai beaucoup aimé écrire, et je suis contente qu'ils t'ai plu.

De la même manière, cela me réjouit de voir que le personnage de Mathilde te plaise autant, et j'ai donc hâte de t'en faire découvrir plus à son propos (donc, oui, je devrais me remettre au travail ^^).

En attendant, bonne lecture de la suite, =^v^=

Emmy
Blanche Koltien
Posté le 15/01/2021
Oui ça fait du bien à tout écrivain d'avoir des retours positifs!^^
C'est vraiment chouette tout ce travail autour de la famille Eth'Arken! On ne survole pas les différends membres, ils ont tous une vraie personnalité!
Prudence
Posté le 15/12/2020
Coucou !

Encore un super chapitre. J'adore la présence de la forêt et de la nature, et les rêves de musicienne de Mathilde. Ça amène de la profondeur au récit et une atmosphère particulière. Ta plume est toujours aussi fluide et m'emporte facilement. Les questionnements de Mathilde sont très intéressants et le fait qu'elle soit différente vis-à-vis du résultat du Test donne envie de savoir comment elle va réagir par la suite ^^

J'ai bien aimé l'interaction entre les deux frères et Mathilde. Après, j'ai eu du mal à les différencier. Au départ, j'ai bien compris qu'ils étaient totalement différents. Mais j'ai trouvé (et c'est très subjectif) que parfois l'un disait une réplique qui, je pense, aurait mieux correspondu à l'autre et vice versa. Ça m'a un peu déboussolée parce que j'étais persuadée que c'était George qui parlait alors que c'était Charles XD (ou l'inverse). Du coup, ça m'a donnée l'impression qu'ils étaient une seule et même personne. Bref... Je ne sais pas si ce que je raconte est très clair, haha. En revanche, je les trouve absolument charmants et ils m'ont fait rire ;-)

J'ai hâte d'en savoir plus !
Emmy Plume
Posté le 15/12/2020
Merci pour ton commentaire <3
je suis contente que ce chapitre te plaise. j'essaie toujours de prendre soin des pensées de mon personnages, et du décor (mais bon, ce n'est pas toujours parfait ^^')
Pour ce qui est des deux frères, je m'excuse si tu les confonds un peu, même si je m’efforce de les différencier autant su papier qu'ils le sont dans mon esprit, le passage jusqu'à mes doigts est parfois un peu ardu ^^'
J'espère qu'à l'avenir tu arriveras mieux à saisir leur caractère (et moi à l'écrire).
merci encore pour tes remarques constructives ^v^

A bientôt pour la suite ;)

Emmy
Brétie
Posté le 13/12/2020
Emmy, tu nous emmènes dans la course folle de Mathilde qui a besoin de décompresser après la nouvelle de sa positivité, et quel plaisir de se poser au refuge!
Une pause avant le découvrir pourquoi cette nouvelle cela semble si terrible... A suivre...
Emmy Plume
Posté le 14/12/2020
merci Brétie ^^
Oui, le refuge porte bien son nom! Être positif au Test n'est pas considéré comme négatif en soi dans l'Archipel, c'est même une très bonne nouvelle. Ce qui déchire Mathilde, c'est de devoir quitter ses frères et sa famille, et son ambition de musicienne. ;)
A bientôt pour la suite XD
Hastur
Posté le 11/12/2020
Hier j'avais eu la notification d'un nouveau chapitre, et puis pouf il avait disparu. Quelle ne fut pas ma joie ce matin lorsqu'il a reparu :).

J'apprécie toujours autant cette histoire. C'est une très belle relation entre frères et sœur que nous propose ici. C'est beau et triste à la fois, car on ne sait pas quand ils se reverront après son départ. Peut-être même jamais. Je suspecte que la relation avec sa sœur aînée ne sera pas du même acabit ! ^^
En tout cas, lorsque je lis, j'ai mon p'tit cœur qui s'anime devant les émotions de Mathilde. C'est le véritable voyage :).

Je te mets mes petites notes dessous :

"Elle résista à l’envie de les piétiner,"
Dommage ! Je l'aurais fait :D

"tout fait de rondin"
rondins

"Elle était au spectacle et avait mal aux côtes à force s’esclaffer."
J'ai du mal avec la première partie de la phrase.

"Elle n’allait pleurer tout de même"
pas pleurer

"l’aller vivre là-bas"
d'aller

A très vite :).
Emmy Plume
Posté le 11/12/2020
Merci pour ton commentaire !
Oui, j'ai fait une petite erreur de manip hier, et mon chapitre est apparu... pour disparaître après (je dois encore me faire à cette méthode de publication ^^' )
Merci pour les coquilles que tu as relevé, ça m'aide beaucoup. A force de relire sans arrêt les même texte, on ne voit plus les erreurs ^^'
Bref, je suis contente que ma petite fratrie te plaise.
A très vite pour la suite ;)

Emmy
Linoue
Posté le 11/12/2020
Ce tout nouveau chapitre est à la hauteur de mes espérances après les révélations du chapitre précédent, il nous part vraiment de digéré les informations et de comprendre pourquoi Mathilde est si dévastée à l'idée d'être positive. Dans ce chapitre ton talent pour le développement des personnages secondaires de révèle vraiment et j'ai hâte de voir ce que ça va donner par la suite!
Et d'un point de vue tout à fait personnel tu parles à mon âme en décrivant une fratrie soudée (malgré la folie des grandeurs de Janice). Mathilde a bien de la chance d'avoir des frères qui l'aiment tant que qui sont prêts à la défendre quoi qu'il en coûte!
Tes descriptions sont toujours aussi parlantes et on a vraiment envie d'avoir un "refuge" comme celui de Mathilde et de sa famille, ça a vraiment l'air d'être un petit paradis sur terre! On comprend bien pourquoi ce lieu est si spécial et ta façon de le décrire nous rend nostalgique avec Mathilde.
D'une manière générale tes descriptions nous permettent vraiment de bien comprendre ton univers et nous permettent aussi d'être en coeur à coeur avec ton personnage principal dans tout ce qu'elle vit.
Bref tout ça pour te dire Bravo! Et j'ai hâte de lire la suite et d'en découvrir plus sur le mystère qui entoure les filleuls de l'Empire ;)
Bonne continuation !
Emmy Plume
Posté le 11/12/2020
Merci Linoue pour ton commentaire !
c'est vrai qu'une fratrie unie est une chose qui me tien beaucoup à cœur. ^^ je suis contente que mes personnages te plaisent. On aimerait tous avoir un refuge comme ça (en tout cas moi oui ;)
merci pour touts ces encouragements et à bientôt pour la suite ^^
Vous lisez