Chapitre 3

Notes de l’auteur : Sur PA je n'ai pas le choix des polices. Je suis désolée par avance si l'italique est un peu discret. Je conseille de lire sur PC et en plein écran.

    I gripped my handbag as if it was a lifebuoy, unable to answer, barely able to glimpse Sir Perfecto through the fog of my headache. It’s only when the debilitating pain disappeared again that I finally gathered some of the pieces up.

    He was a telepath.

    I kicked his knee with all my strength and ran to the other side of my sofa, my hand desperately searching my bag.
    — Bougez pas ! Grondai-je en levant mon arme, luttant contre la migraine qui remontait lentement.
    Je n’aurais jamais cru devoir me servir de mon arme contre un télépathe, mais ma cartouche obi-wan n’était pas nominative. Je penchai la tête pour aligner mon oeil gauche.
    — Je sais pas ce que vous me voulez, mais je suis prête à voir si ma balle vous atteint avant que votre migraine ne m’achève.
    Monsieur Perfecto s’immobilisa, me jaugea du regard un instant puis leva lentement les mains. Je dus me concentrer pour ne pas me mettre à trembler du canon de soulagement quand la migraine cessa.
    — On se calme, dit-il posément, les mains maintenant bien en évidence devant lui.
    — Je suis calme, lançais-je, pour quelqu’un qui se fait agresser chez lui par un magicien. Sortez de chez moi immédiatement et je vous laisse quinze minutes avant d’appeller la police.
    Le télépathe fronça les sourcils et fit un effort pour ne pas relever l’insulte.
    — Je ne vous ferai pas de mal. Baissez votre arme. Attendez.
    Sans me quitter du regard, le télépathe glissa une main à l’intérieur de son perfecto et en sortit un portefeuille, qu’il lança sur le clic-clac.     
    — Vous pouvez appeler la police, mais ils savent que je suis là. Je suis du département télépathe de la préfecture de police.
    Je le regardai bêtement sans bouger, le canon toujours bien en ligne avec sa tête, sans trop savoir si je devais le croire ou rire qu’il puisse penser que je me laisse berner aussi facilement.
    — Soyez pas con, par pitié, baissez cette arme.
    — C’est ça. Et ensuite vous aurez le champ libre pour me griller le cerveau.
    Il soupira et glissa à nouveau la main dans une poche et en sortit un truc bleu avec des bandes réfléchissantes.
    — Tenez. Si vous ne me croyez pas mettez ça. On s’en sert pour empêcher les télépathes qu’on attrape de nous faire mal ou de communiquer vers l’extérieur. Ca protège aussi le porteur des attaques.
    Le bonnet bleu atterrit avec un bruit mou près du portefeuille. J’aurai définitivement ri si je ne passais pas une partie de mes nuits assise dans une voiture de patrouille où l’on gardait précieusement un bonnet de ce type au cas où un xavier aurait eu l’idée saugrenue d’aller se faire coincer par des humains au milieu de la nuit à Egly. Mon téléphone vibrait dans ma poche, mais je l’ignorai.
    — Ne bougez pas, dis-je à nouveau.
    Je me penchai sans le quitter des yeux, attrapai le bonnet et le glissai sur ma tête. Voilà. J’avais probablement l’air ridicule, mais l’espèce de silence soudain dans mon esprit sembla confirmer les dires de Monsieur Perfecto. Puis je me penchai à nouveau et dépliai le portefeuille d’une main. Il y avait bien une carte de police.
    — Vous voulez bien ranger cette arme maintenant ? D’ailleurs, vous savez que c’est illégal de se promener avec une arme ?
    Je coinçai mon pistolet à ma ceinture en ignorant sa moue désapprobatrice et déchiffrai vaguement un nom de famille sur la carte de service.
    — C’est aussi illégal d’agresser quelqu’un sur son palier il me semble. Qu’est-ce que vous me voulez monsieur Culusxan ?
    Je ne pus m’empêcher de penser que ça sonnait comme le nom d’un laxatif.
    — Ça se prononce « ou », pas « u ». Vos papiers, pour commencer.
    Je tirai mon propre portefeuille de ma poche et lui tendis ma carte d’identité, ignorant un second appel sur vibreur.
    — Victoire Quess-Bellamy. Humaine ?
    — Vous êtes sûr que vous êtes policier ? C’est écrit sur ma CNI.
    — Sauf que c’est manifestement faux. Les humains ne sont pas réceptifs à la télépathie. Donc soit vous me prenez pour un idiot, soit vous êtes la victime de quelqu’un qui vous a fait une très vilaine farce et il faut qu’on vous soigne. Si je vous demande de me suivre au poste, vous AIEEUH …!
    Culusxan ou peu importe son nom se pencha pour dégrafer Sushi de son mollet, sans précipitation, une patte après l’autre, et souleva un chat anormalement coopératif a bout de bras à hauteur de visage. Sushi feula pour le principe, se laissa reposer au sol et courut se frotter à mes pieds.
    J’ouvrai et fermai la bouche plusieurs fois, les mots pour formuler la question qui s’imposait ne me venant que dans un méli-mélo franco-anglais sans ordre.
    — Approchez-vous, s’il vous plait. Je vais vous passer aux fichiers. Ensuite on ira au poste.
    — J’ai le choix ?
    — Pas vraiment. Vous êtes une télépathe qui prétend être humaine. Soyez contente de ne pas être déjà menottée dans ma voiture. Tenez, posez votre index sur le logo rouge.
    Il me tendit la tablette de prise d’empreinte. Je posai mon doigt dessus avec la boule au ventre. Ce type était tellement sûr de lui que je commençai presque à le croire.
    — Gardez le doigt dessus jusqu’à ce que ça passe au vert, ensuite recommencez avec le pouce.
    — Je sais, grommelai-je machinalement avant de me sentir le besoin de me justifier. Je suis lieutenante de gendarmerie de réserve dans le 91.
    Un logo vert s’alluma et je plaquai mon pouce sur le dessin d’empreinte. Puis je profitai qu’il pianote sur son téléphone pour vérifier les fichiers pour sortir sa carte de police et la regarder sous toutes les coutures. Si c’était une fausse, c’était vraiment bien fait. Le Ergis Culusxan sur la photo avait clairement plus l’air d’un télépathe que celui qui se tenait devant moi, mais c’était le même menton carré et le même sourcil droit biscornu.
    J’eus soudain peur que mon dossier ne fasse surface dans les fichiers. J’étais victime, ça ne restait pas au casier, mais je me souvenais clairement que la législation était différente pour les télépathes. Je guettais un coup d’oeil surpris, plein de pitié, ou dégoûté, mais rien ne vint.
    Il me tendit son téléphone de service.
    — Ne cliquez sur rien. C’est bien vous ?
    Je saisis le téléphone et passai en revue la multitude de cases en grande partie vides et la mention du pistolet dans la case « armes déclarées » avec un soulagement certain.
    — Oui, je suis bien moi.
    L’alcool était déjà bien loin, il était tard, et je n’allais manifestement pas me faire tuer pour l’instant, par conséquent j’ignorai sciemment le geste apaisant de me passer son téléphone pour que je vérifie par moi-même si quelque chose semblait louche.
    — Prenez de quoi vous changer. Vous n’êtes pas en garde à vue mais je ne peux pas vous garantir de vous ramener bientôt. Quelqu’un peut s’occuper de votre chat ?
    J’opinai. La voisine savait que je partais, si ça trainait je pourrais toujours l’appeler et lui dire de passer aussi demain. Je m’attardai sur ma valise à moitié faite.
    — Et je suppose que vous ne pouvez pas juste me convoquer demain matin à huit heures ?
    — Non. Et laissez votre arme ici, si vous ne voulez pas que je vous la confisque.
    Je tirai l’arme de la ceinture et dégageai souplement ma cartouche obi-wan engagée, posai le premier dans le tiroir de l’entrée et la seconde dans la boite en bois ouvragée que Béné m’avait ramenée de vacances.
    — Vous voulez me fouiller, pour être sûr que je n’aie rien d’autre ?
    — Non merci, dit-il avec un air presque dégouté.
    Je grommelai un « poussez-vous ! » que j’espérais imposant, et me glissai dans mon dressing pour en sortir ma robe pour le mariage de Steve et mes chaussures les plus sortables, et passai la main dans ma minuscule salle d’eau pour récupérer ma brosse à dents et mon dentifrice.
    — Euh. Le commissariat, ce n’est pas le club med, vous savez.
    — Je suis censée être dans un avion pour Genève demain à 22 h 15. Il est hors de question qu’à cause de votre soudaine curiosité pour mon identité je loupe le mariage de mon frère.
    Je débranchai le chargeur de mon téléphone et le fourrai dans mon sac à main, puis tapotai mes poches en cochant mentalement « téléphone » et « clés », qu’évidemment j’avais toujours puisque je n’avais même pas eu l’opportunité d’enlever ma veste.
    — Je vous suis.

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elinamrtn
Posté le 18/12/2022
Encore un très bon chapitre. Le coup de la comparaison au laxatif m'a fait beaucoup rire ! Vic me semble avoir un caractère bien trempé et ça me plaît ! Je suis vraiment sous le charme pour le moment et j'ai l'impression que ce n'est que le début !
Camille Octavie
Posté le 18/12/2022
Bonjour ! Tu lis vite :D Je suis contente que ça te plaise !
Par curiosité, as-tu compris la référence "obi-wan" ? ^^
Camille Octavie
Posté le 18/12/2022
Je viens de voir que tu aimes la psychologie ! Je suis d'autant plus intéressée par tes retours :) Merci infiniment de lire mon histoire !
elinamrtn
Posté le 18/12/2022
Je t'avoue que j'ai fait mes recherches sur internet concernant "obi-wan" et j'ai cru comprendre que ça venait de Star Wars ? Si c'est le cas, je n'ai pas la référence exacte, n'ayant pas regardé le moindre film de cette saga ^^'
Je ne suis donc pas contre le fait que tu éclaire mes lanternes, à moins que ça ne soit plus précisément expliqué dans la suite de l'histoire haha !
Et oui la psychologie m'a toujours beaucoup attirée, je me lance justement dans des études dans ce domaine en septembre prochain (si parcoursup le veut bien haha)
Je t'en prie, c'est un réel plaisir pour moi ;)
Camille Octavie
Posté le 18/12/2022
Haha ! Je savais qu'avec cette référence, c'était "quitte ou double", donc je pose la question justement pour voir si le choix était pertinent ou si, en réécriture, je vais devoir trouver autre chose :) En l'occurence, dans la saga, au début, la Princesse Leia envoie un message à Obi-Wan, en lui disant "Au secours, Obi-Wan Kenobi. Vous êtes mon seul espoir." / "Help me, Obi-Wan Kenobi, you're my only hope. "
elinamrtn
Posté le 18/12/2022
D'accord ! Je comprends mieux maintenant, merci !
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