Chapitre 3

Par Isapass
Notes de l’auteur : J'ai ajouté une phrase au chapitre 2 pour donner un nom à la propriétaire de la ferme, Du coup, quand vous entendrez parler de Kate dans ce chapitre-ci, ne vous étonnez pas : c'est elle :)

J’ai pas pu lâcher Walt des yeux pendant qu’il approchait. Mon corps tremblait encore des vibrations de la tornade et j’avais du mal à mettre mes idées en place. Le voir là, alors que quelques secondes plus tôt je me demandais si j’allais mourir écrasé sous la maison, ça m’a paru… pas naturel. Comme si je le rêvais.

Les petits pas de Joshua m’ont ramené à la réalité. Il s’est arrêté à côté de moi en regardant le chemin, et puis il a levé les yeux vers moi, un peu craintif.

– C’est Walt, je lui ai dit avec un sourire.

Ça a suffi à le rassurer : il a poussé un gros soupir avant de courir vers sa mère. Elle, elle tournait sur elle-même pour la dixième fois en riant. Elle marmonnait :

– Ça alors… Seigneur, quelle chance on a eue !

C’était même plus que ça : un miracle. Le toit avait bien souffert un peu, comme les pommiers, une ou deux fenêtres étaient cassées ; mais la maison et toutes les dépendances tenaient encore debout.

Kate a fini par voir le nouvel arrivant. Par habitude, elle a froncé les sourcils. Quand on vit seule dans une ferme, la méfiance est une nécessité. Les étrangers amènent l’aide ou la distraction, mais ils représentent d’abord un danger qui peut vous tomber dessus sans prévenir. Comme les tornades. Surtout s’ils sont bâtis comme Walter. Je ne sais pas si c’était calculé, mais il a commencé par me faire signe.

– Salut, Samuel Carson.

J’ai senti que Kate se détendait à l’idée qu’il me connaissait. Ce qui était pas très prudent : j’aurais pu être l’éclaireur et lui, une brute assoiffée de sang. J’avais entendu des histoires comme ça. Mais elle débordait de bonne humeur. Big Boy a ôté sa casquette en lui tendant la main.

– Suis Walter Cobb, Ma’am.

Ça a pas raté : quand elle a posé les yeux sur sa figure ouverte, elle a souri comme si elle l’attendait depuis longtemps.

– Kate Green. Soyez le bienvenu.

– Le Bon Dieu a été miséricordieux, ' jourd’hui, il a dit en regardant autour.

Il a tapoté mon épaule.

– Permettez qu’Sam Carson et moi, on vous aide a réparé les dégâts, Ma’am ?

Il perdait pas le nord, le Walter ! Se faire embaucher cinq minutes après une tornade, fallait avoir du culot !

– J’aurais bien voulu, a répondu Kate en baissant les yeux, mais je ne peux pas me permettre de prendre deux journaliers, même pour quelques jours.

Je m’apprêtais à négocier un prix correct pour tout le monde, mais la voix d’outre-tombe du géant m’a devancé :

– Oh non, Ma’am ! Juste un peu d’pain et la grange pour dormir. Ce s’rait mal de profiter d’vos malheurs, même si y sont plus p’tits qu’ça aurait pu.

Elle a ouvert la bouche, écarquillé les yeux, écarté les mains, et au bout d’un temps infini, elle a lâché :

– Merci ! C’est… c’est vraiment très généreux de votre part. J’accepte, bien sûr !

Elle le dévisageait avec le même regard qu’elle avait posé sur sa maison indemne un peu plus tôt. Comme s’il faisait partie du miracle. Au bout d’un temps, elle a secoué la tête.

– Venez à l’intérieur. Vous devez avoir soif après toute cette poussière !

J’en ai profité pour donner un coup de coude à Walt qui nous faisait perdre plusieurs jours de salaire, mais il a même pas remarqué. Tandis qu’il s’avançait vers la maison, je me suis dit qu’après tout, je pouvais bien accepter ça pour Kate et pour Joshua. En plus, j’étais bien placé pour savoir qu’elle était pas chiche sur la nourriture. Quant au petit, il avait rien à voir avec certains gamins insupportables qui traitaient les journaliers comme des animaux. Un jour, un garçon de sept ou huit ans m’avait jeté un bâton à la figure, puis m’avait ordonné de le ramasser si je ne voulais pas qu’il dise à son père de me foutre dehors. Joshua, ça m’avait fait quelque chose de le porter tout contre moi pour le protéger. Il s’était tenu si tranquille, la tête cachée dans ma chemise, si confiant…

 

On s’est mis au travail tout de suite. Walt a ratissé partout pour dégager les déchets pendant que je m’attaquais au toit. Le soir, on avait bien avancé.

Kate nous a invités à sa table, comme elle l’avait fait pour moi, la veille. Un repas poli et tranquille. Puis on est partis dormir dans la grange.

Cette nuit-là, j’ai rêvé de Walter. Il se tenait debout, bien campé sur ses grandes guiboles, tandis qu’une tornade approchait. L’énorme trompe noire aspirait tout ce qu’elle touchait avec un bruit de succion dégueulasse qui déchirait les tympans. On aurait dit un monstrueux ver descendu du ciel pour mettre à nu la terre. Et tout à coup, Walt écartait les bras en gueulant quelque chose que je ne comprenais pas. Son visage affichait la rage et le dégoût, deux sentiments qui lui allaient si mal que le moi de mon rêve a pris peur. Pourtant, je savais qu’il protégeait la ferme, et Kate, Joshua et moi, mais il avait l’air terrifiant. N’empêche, la tornade a enflé, elle s’est tordue comme si elle avait mal, puis elle a disparu complètement. Autour de nous, c’était le calme. J’ai voulu demander à Big Boy comment il s’y prenait, mais il y avait plus trace de lui. Pourtant, je l’entendais encore.

Je me suis réveillé dans le noir et j’ai compris qu’il parlait dans son sommeil. Ça m’avait pas manqué, ça !

On aurait dit un Walt plus jeune, presque un gamin qui geignait :

– C’est pas vrai, Directeur...

Puis sa voix a changé, à peine reconnaissable, tranchante :

– Bien sûr que si, Walter. Le Seigneur t’a donné à elle comme un fardeau pour expier ses pêchés. Maintenant qu’elle est morte, tu as hérité de sa faute.

– Pas là, Directeur, pas là-dedans, s’il vous plaît...

– Profites-en pour prier, Walter. Implore le pardon pour ton âme contrefaite.

Il a sangloté doucement pendant longtemps en murmurant “Non, non, non...”

De mon rêve ou de ça, je sais pas ce qui faisait le plus peur.

 

Le lendemain après-midi, Kate et Joshua sont allés acheter des vitres à la petite ville du coin, Salina. J’ai terminé le toit pendant que Walt ratissait les derniers débris aux alentours de la ferme. Quand on a fini tous les deux, je l’ai entraîné dans la grange.

– Je suis sûr que tu peux desserrer ça, Big Boy, je lui ai dit en lui montrant l’écrou récalcitrant de la moissonneuse.

Il a même pas forcé. Trois heures plus tard, on avait entièrement nettoyé et graissé l’engin avant de le remonter. Quand Kate est revenue avec ses achats, elle en croyait pas ses yeux. Elle tournait autour de la machine, les mains jointes, en soufflant des mercis à tout-va. J’étais fier de nous ; son sourire m’a rendu heureux. Pas fou de joie, hein — ça, je savais plus faire —, mais une petite bulle de bonheur au creux du ventre. C’était déjà beaucoup plus que d’habitude. Quant à Walt, il se dandinait d’un pied sur l’autre comme un gamin qui doit choisir un bonbon.

La main de Joshua s’est glissée dans la mienne et ma bulle a grandi. Je lui ai adressé un clin d’œil, puis je l’ai attrapé sous les bras en le levant aussi haut que possible.

– Baisse-toi, Walt !

J’ai posé le petit sur les épaules du géant qui s’est redressé en affichant un sourire un peu tremblant. Perché tout là-haut, Joshua s’est cramponné à ses boucles argentées, ce qui a tiré un rire à Walter. Il a attrapé les minuscules chevilles pour le stabiliser et s’est mis à marcher, lentement d’abord, puis plus vite, jusqu’à trottiner. Quelques minutes plus tard, le petit riait comme un fou en rebondissant sur le dos de sa monture.

Quand j’ai jeté un œil à Kate, j’ai vu son sourire, et puis j’ai remarqué les larmes accrochées à ses cils. J’ai pensé qu’elle non plus devait pas rigoler tous les jours.

– C’est un bon gamin, j’ai dit. Pas très bavard, mais gentil.

Sans quitter Joshua du regard, elle a haussé les épaules.

– Pas bavard, c’est sûr... Il n’a pas prononcé un mot depuis la mort de son père, il y a trois ans.

J’ai rougi jusqu’aux oreilles d’avoir mis mes pieds de boiteux dans le plat. Elle en a rien vu, les yeux agrippés à son fils.

– Il commençait tout juste à parler. Il gazouillait toute la journée. Et puis du jour au lendemain, plus rien. Je crois que je ne l’ai jamais entendu rire comme ça.

 

On est resté jusqu’au surlendemain, le temps de faucher le premier de ses champs. Pas qu’on était pas bien, au contraire, mais on voulait pas manger leurs réserves. Et puis de notre côté, il fallait qu’on gagne un peu d’argent pour passer l’hiver pendant lequel les embauches deviendraient sûrement rares.

Pendant ces deux jours-là, Joshua a pas quitté les épaules de Walter sauf quand le géant le déposait sur le dos du cheval en lui disant que c’était lui le chef. Kate venait dans les champs avec nous. Elle travaillait vite et bien. Une femme courageuse.

Elle nous a même offert de dormir dans la maison pour les dernières nuits.

– Merci, Ma’am, a répondu Walt, z'êtes un ange. Mais j’aime pas bien rester entre quat’murs depuis... Enfin, la grange, c’est très bien.

J’ai hoché la tête quand elle m’a interrogé du regard. Ça me convenait aussi : pas la peine de prendre des goûts de luxe alors qu’on partirait bientôt. Et puis, les nuits étaient douces.

On s’est mis en route en début d’après-midi en espérant atteindre la petite ville voisine dans la soirée. Kate nous a donné des provisions — beaucoup trop, mais elle a insisté — et on s’est dit adieu devant la maison. Elle nous a remerciés simplement. De toute façon, son sourire et ses yeux parlaient pour elle. Joshua m’a tendu la main comme un petit monsieur et j’ai joué le jeu en la lui serrant. Quand il s’est tourné vers Walter, j’ai senti des picotements sur ma peau. L’air vibrait, exactement pareil qu’au moment où la poutre était tombée sur Vanhorf. Une sueur glacée a coulé le long de mon dos en voyant la menotte du petit disparaître dans l’énorme patte de Big Boy. J’ai failli lui hurler « Fais pas ça ! Ces gens ne méritent aucun mal ! » Pourtant leurs deux mains se sont détachées et il était rien arrivé ; j’ai respiré à nouveau. On a tourné les talons sur un dernier signe.

Mes battements de cœur reprenaient tout juste un rythme normal quand on a entendu une petite voix flûtée derrière nous :

– Au’voir, au’voir !

On s’est retournés juste à temps pour voir Kate tomber à genoux en enlaçant son fils. Dans ma poitrine, c’était reparti pour un tour de galop. J’ai esquissé un salut de la main, tandis que Walt lâchait un grand rire. Puis on a repris notre marche.

Quand on a atteint la route, j’ai jeté un œil à la pancarte qui indiquait « Green grass farm ». J’ai prononcé un « merci » dans ma tête. Je sais pas trop à l’intention de qui — du ciel ? De ma flemmarde de bonne étoile ? Du Bon Dieu ? — mais ça m’est venu comme ça. Walter m’attendait avec son sourire d’enfant bien installé sur sa figure.

Cette fois, je me suis pas posé la question : on a pris la même direction.

 

Le soir, alors qu’on était en vue de la bourgade de Salina, on est passé à côté d’un chantier. Quelques hommes — trop peu — avaient entrepris la construction d’une grange, sûrement pour la ferme qu’on apercevait un peu plus loin. Des cordages disposés au sol marquaient l’emplacement, des piles de planches attendaient à quelques pas, mais c’était tout. Un groupe tentait à grand renfort de cris d’amener une énorme poutre attelée à un cheval. Au premier coup d’œil, j’ai vu que leur système de cordes ne tenait pas la route : les nœuds étaient mal fagotés. Malgré tous leurs efforts, le madrier glissait de ses attaches, labourait le sol, s’accrochait dans l’herbe et la bête s’épuisait. Dans le meilleur des cas, ils arriveraient jamais à acheminer les pièces pour finir l’ossature de leur grange. Dans le pire, un des gars se ferait broyer une jambe quand la poutre s’échapperait des cordages.

– Walt, allons voir.

Pendant qu’on s’approchait fissa, je leur ai hurlé de s’arrêter. Ils se sont immobilisés pour nous fixer, certains perplexes, d’autres mauvais, mais ils ont écouté mes explications que Walt approuvait de hochements de tête. Je comprenais bien à leurs mines agacées qu’ils accordaient guère de crédit aux conseils d’un jeune de quinze ans et d’un pauvre gars qui souriait tout le temps. Jusqu’à ce que je suggère de détendre les traits pour soulager les reins du cheval, et de faire rouler le madrier sur des rondins, à plat. Il y a eu un silence, et puis un grand barbu a hoché la tête.

– C’est pas idiot.

Sous leurs yeux interdits, Big Boy et moi, on a amené les bûches qui attendaient près de leur feu de camp pour les placer sous la poutre. J’ai défait les attaches de l’attelage pendant que Big Boy retenait le madrier pour le déposer en douceur sur les rondins — ça a bien épaté notre public, qu’il supporte ce poids tout seul. Le cheval a henni ; sa croupe est remontée d’un pouce et ses jarrets ont cessé de trembler.

– Essayez à nouveau, j’ai proposé.

Ils ont bien dû admettre que cette solution donnait de meilleurs résultats.

J’ai attendu qu’ils nous remercient, puis j’ai glissé :

– On cherche justement du travail, si vous avez besoin d’aide pour le chantier.

Le barbu a plissé les yeux sous l’effet de la réflexion.

– Le prends pas mal, gamin, mais c’est surtout ton ami qui nous intéresse.

Il s’est tourné vers Walt et, comme s’il s’adressait à un sourd, il a crié :

– Qu’en dis-tu, mon gars ? Un dollar cinquante par jour.

J’ai vu le sourire se dessiner sur la figure de Big Boy alors je lui ai pas laissé le temps d’accepter. Je me suis interposé entre les deux en ricanant.

– Vous savez très bien que c’est du vol, M’sieur. Vous embauchez la paire ou personne. Pour cinq dollars cinquante par jour.

Du coin de l’œil, j’ai vu Walt se dandiner. Je sentais qu’il était mal à l’aise, mais j’aurais le temps de lui expliquer ensuite que c’était pour son bien. C’était pour le mien aussi, mais ça, j’avais pas encore décidé si je lui avouerais ou non. Le barbu a tordu la bouche, les yeux en lames de couteau fixés sur le sourire que je m’efforçais de rendre sympathique.

– Cinq vingt-cinq, il a proposé.

Je lui ai tendu la main.

 

Dix jours plus tard, la grange était terminée. On avait fait du bon boulot. D’ailleurs, le fermier nous a remerciés en nous donnant la dernière paie. Les gens du coin s’étaient montrés accueillants, ils nous avaient pas trop pris de haut, ce qui était rare. Pour tout le monde, les journaliers, c’était le bas de l’échelle et quand on a sous la main quelqu’un de moins bien loti que soi-même, c’est tentant de se venger sur lui de ses propres tracas. Ceux qui résistaient à cette envie méritaient le respect. Et une petite bénédiction, d’après Walt ; d’ailleurs, il avait prié tous les soirs pour les gars du chantier, leur récolte, la grange…

Je m’habituais à ses bonnes intentions. J’avais d’abord fait un effort pour lui épargner les sarcasmes qui me venaient en entendant les recommandations qu’il donnait au Bon Dieu. À présent, je me disais qu’il avait raison : on rencontrait pas si souvent des gens corrects, une pensée pour eux, ça coûtait pas très cher. Et puis je savais qu’il priait pour moi, aussi, je l’entendais. Même si j’avais de sérieux doutes sur les intentions du Bon Dieu, surtout à propos des vagabonds comme nous, ça me touchait à chaque fois.

Après la grange, il y a eu un autre chantier, puis une nouvelle ferme, des récoltes tardives, des réparations, des déchargements… On avançait vers l’hiver et vers le sud sans manquer de boulot ni des quelques dollars qu’il nous fallait pour vivre. J’aurais jamais pensé que ce serait un tel avantage de tailler la route avec Walt. Quand une occasion de travail se présentait, on reproduisait à chaque fois la technique du premier chantier. Je m’arrangeais pour que les responsables aient un aperçu de ce que Big Boy pouvait faire, puis je négociais nos salaires. J’étais pas trop gourmand, mais sans pitié non plus. J’étais bien placé pour savoir à quel point Walt pouvait être précieux. Quant à moi, je prenais ma revanche sur les années à bosser au rabais.

Peut-être à cause du séjour à Green grass farm, on aimait bien travailler chez les veuves. Entre mon jeune âge et la bonne poire de Walt, ça marchait à tous les coups. On proposait nos services pour des réparations de toitures ou d’engins, des aménagements de terrain ou tout ce qui doit être fini avant l’hiver et qui réclame de la force. D’abord les femmes hésitaient — deux inconnus chez elles, même avec des mines honnêtes, ça leur foutait la trouille —, alors je leur proposais de nous mettre à l’essai tout de suite. Ça suffisait : quand on abattait le boulot de trois ou quatre hommes à nous deux en demandant pas plus que les repas, la grange ou l’appentis pour dormir et quelques cents, elles finissaient toujours par nous accueillir à bras ouverts. Du coup, on prenait nos repas dans la maison pendant deux ou trois jours, des ragoûts, des belles assiettes de haricots au lard avec des tranches de pain tout frais. Ça compensait largement les salaires.

Quand les premières pluies sont tombées, quelques-unes de ses femmes nous ont proposé de dormir à l’intérieur. Walter déclinait toujours et je me voyais pas accepter seul. Plus les températures baissaient et plus je ronchonnais à l’idée de renoncer aux édredons pour la paille humide des granges. À mesure qu’on voyageait ensemble, je devais admettre que malgré ses bizarreries, Walter était un compagnon agréable. Il me laissait décider de tout — je découvrais que j’aimais ça — et sa bonne humeur permanente désamorçait souvent mes coups de gueule contre le destin qui nous faisait pas de cadeaux. Plus aucun sarcasme ne me venait quand il s’installait pour prier ; je tendais même l’oreille pour connaître les grâces du jour. Les étranges conversations nocturnes entre le jeune Walt et l’homme à la voix tranchante me laissaient toujours une sale impression et un paquet de questions, mais la peur avait disparu.

 Mais un soir, en dépliant ma couverture alors que des trombes d’eau dégoulinaient des gouttières et suintaient jusqu’au grenier à foin où nous nous trouvions, j’ai fini par lui rentrer dedans.

– Mais merde, Walt ! On a pourtant pas si souvent l’occasion de dormir au sec, dans des vrais draps propres ! Pourquoi tu veux jamais ? C’est quoi cette histoire ?

Il a levé vers moi un regard sidéré avant de baisser le menton.

– Pardon, Sam.

– Ben explique-moi, au moins, au lieu de t’excuser !

Il a mâchouillé sa lèvre inférieure avant de se décider.

– J’supporte pas d’être enfermé.

Au cas où j’en aurais douté, un frisson a secoué sa grande carcasse. Pourtant ce qu’il a vu sur mon visage pendant que je l’observais a dû lui laisser penser que je le croyais pas, parce qu’il a ajouté :

– Quand Mère est morte, y m’ont emm’né dans un hospice. Dix ans. Avec des fous. Y m’faisaient très peur.

Ça m’a cloué le bec. Autant vous dire qu’avec la mâchoire pendante et les yeux dans le vague, je devais pas avoir l’air bien futé. Un hospice pour les dingos ? Je voulais bien croire que Walt était pas comme tout le monde, mais mises à part les voix, la nuit, j’aurais jamais pensé qu’il était fou. Comme je réagissais pas, il a fini par se coucher en me tournant le dos et je l’ai fixé un long moment.

Je me suis souvenu du palan qui avait écrasé le pied de Vanhorf, de la tornade... Après tout, je savais pas tout. J’allais peut-être découvrir des choses qui expliqueraient l’asile de dingues.

 

L’hiver s’est installé sur la terre au repos. Bon an, mal an, on s’en est pas si mal sortis : on a creusé des tranchées, déneigé, bâti, vidé des entrepôts pour en remplir d’autres, chargé des chariots, nettoyé des étables…

Je n’ai posé aucune question à Walter à propos de l’hospice, mais j’ai prélevé sur nos économies de quoi acheter des couvertures plus chaudes et des vestes fourrées. Celle de Walt était un peu juste, pourtant il a presque pleuré de joie en l’enfilant, la première fois. Au bout d’un moment, l’asile m’est sorti de l’esprit. Avec les nuits qui s’allongeaient, le mauvais temps, la boue sur les chemins, j’ai découvert à quel point c’était appréciable d’avoir Walter. Non seulement parce que disposer toujours de quelques sous en poche était rassurant, mais surtout parce que je n’étais plus seul. La peur, la faim, le froid des hivers précédents semblaient loin. Même la colère qui me soulevait les côtes depuis des lustres prenait moins de place. Je ne savais pas combien de temps notre association tiendrait, pourtant je n’y pensais pas trop. Je profitais de sa présence.

 

Mais ça, c’était avant Pierce Rock.

 

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Luna
Posté le 08/05/2020
Ah la la que je suis contente de retrouver Walt et Sam ensemble !

Je me demande si le pouvoir de Walter n’a pas un lien avec ce qu’il ressent. Avec Vanhorf, il était sûrement en colère contre son injustice, et face à Kate et au petit Joshua, il devait être très reconnaissant. Bref, que de mystère, ça m’intrigue, je me pose des tas de questions !!! Je me doutais qu’il devait y avoir quelque chose de douloureux dans le passé de Walt, mais je n’avais pas pensé à l’asile. Le pauvre… Pas étonnant qu’il en garde un traumatisme. Bien que Sam se sente désormais lié à lui, on a l’impression que ça l’effraie un peu tout ça quand même. Et c’est normal, nous aussi on se pose des questions !

J’étais super émue tout au long du chapitre. J’ai trouvé qu’il jouait très bien son rôle pour poser la relation entre les deux héros. Bien qu’il soit un peu plus « lent » à se dérouler, plus posé, ce n’est en rien gênant, ça permet justement de se concentrer sur la psychologie des personnages. On a déjà la sensation de voir Sam évoluer un peu quand il négocie le salaire de Walt. Et puis il y a cette fin qui nous donne une furieuse envie d’aller dévorer le chapitre suivant ! Tout ça pour dire qu’en te lisant, c’est comme si je recevais une belle leçon sur la modulation du rythme dans une histoire (tu sais que j’en ai besoin haha !). Au niveau de la voix de Sam en tant que narrateur, c’est vraiment toujours aussi vrai, aussi immersif.

Bref, je l’aime beaucoup beaucoup cette histoire !

Quelques remarques :
>> Je me suis demandée pourquoi Sam ne demandait pas à Walt sa raison d'avoir fait demi-tour. À sa place, je me serais posé la question. À moins qu'il ait "senti" le danger et que tu nous fasses percevoir ça par la suite ? Mais je me pose sans doute trop de questions ^^
>> Répétitions : je suis pénible haha je sais… j’ai encore repéré beaucoup de répétitions de « mais » dans ce chapitre.
>> « Permettez qu’Sam Carson et moi, on vous aide a réparé les dégâts, Ma’am ? » : petite coquillette « à réparer ».
>> « Au bout d’un temps, elle a secoué la tête. » : je trouve ça un peu abrupte « au bout d’un temps », en général on caractérise toujours ce « bout de temps », qu’il soit long, court, alors qu’on aura plus tendance à dire « au bout d’un moment », même si ça revient au même. C’est un ressenti sur mon expérience de lectrice, alors aussi bien je te dis des bêtises et ça s'emploie tout à fait, et puis de toute manière ça fait aussi partie de ton style, donc à toi de voir bien sûr ;)
>> « Je comprenais bien à leurs mines agacées qu’ils accordaient guère de crédit aux conseils d’un jeune de quinze ans et d’un pauvre gars qui souriait tout le temps. » : j’ai un peu tiqué à l’emploi du « qu'ils accordaient guère de crédit » ici. Je me doute bien qu’il y a une différence entre la narration et ce qu’on entend de Sam dans ses dialogues, mais je trouve que c’est une expression qui tranche trop avec son registre de langue habituel dans le sens où c’est un peu trop soutenu. Ce n’est pas tant le « crédit » que le « guère » en fait.

À très vite pour la suite ! ♥
Isapass
Posté le 08/05/2020
Oui, tu as bien résumé le chapitre : je voulais qu'on sente qu'un lien se créait entre les deux personnages. De la part de Sam, c'est un lien un peu intéressé (au moins au départ), mais petit à petit, il y a plus que ça. Sam se sent un peu "responsable" de Walt (tu le verras davantage au chapitre suivant). Bref, il fallait établir le contexte avant de partir sur la suite ;)
Du coup, c'est vrai que c'est un peu plus lent et un peu plus "narratif".

Sur tes remarques : tu as tout à fait raison sur le fait que Sam devrait demander à Walt comment il est arrivé là. Rachael me l'a aussi signalé d'ailleurs et c'est vraiment un oubli de ma part, je le rajouterai.
Quant à tes remarques sur la forme, je note tout pour les corrections !

Merci pour ta lecture et tes commentaires, je suis ravie que ça te plaise toujours. J'espère que ça ne sera pas trop frustrant d'attendre la suite (mais tu as encore un chapitre ;) )
Gabhany
Posté le 01/04/2020
Hello Isa ! J'ai trouvé ce chapitre à la fois hyper émouvant, surtout au début avec le petit Joshua, la tendresse chez ton narrateur, ce jeune hyper endurci, c'était super touchant. Et puis juste après, vlan, de nouvelles questions par rapport à Walt avec ce rêve, je trouve que le côté désabusé, presque indifférent de Sam est bien rendu, car après tout, Walt ne lui veut pas de mal, alors il ne veut surtout pas creuser. J'aime la relation qui se tisse entre les deux, ils se protègent l'un l'autre. Et cette dernière phrase est parfait pour mettre un grand coup de suspense ! Je vais aller lire la suite très vite !
Isapass
Posté le 01/04/2020
Oui tu as bien situé : Sam ne veut pas trop creuser pour le moment !
Et ce chapitre (et le début du suivant) avait effectivement pour but de "poser" un peu la relation entre les personnages.
Merci pour ta lecture, j'espère que la suite te plaira encore !
Liné
Posté le 27/03/2020
Tu ménages le suspens comme pas deux !

Déjà, avec ces formes de suspicion qui commencent à naître chez le narrateur, et pour lesquelles il est presque en déni (il se pose une ou deux questions, et puis passe à autre chose). Alors que les lecteurs/trices se doutent bien que sans problème, pas d'histoire... Et puis avec ce personnage de géant benêt, tout simplement, qui parle dans son sommeil et mentionne un séjour en hospice. Sans parler de la toute dernière phrase, forcément.

Il y a toujours autant de cohérence dans ton récit, on y croit vraiment. Et tu tiens toujours aussi bien la "voix" de ton personnage.

Bon, et maintenant, à quand la suite ? :-D
Isapass
Posté le 27/03/2020
Oh ben merci, ça fait plaisir tous ces compliments ! Surtout celui sur la "voix" de mon personnage. J'ai des sueurs froides à chaque chapitre : je dois me surveiller pour ne pas revenir au style beaucoup plus ampoulé des Princes liés (ce qui ne serait pas du tout à propos, ici !).
Effectivement, j'essaie de ménager le suspense, et je suis contente de voir que ça marche. Pour la dernière phrase, le procédé est un peu énorme, mais d'après vos retours, ça fait de l'effet !
Je vais essayer de me mettre à la suite ce weekend, mais j'ai un peu la pression : c'est un chapitre où il ne faut pas que je me loupe !
Merci pour ta lecture et ton adorable commentaire !
Mary
Posté le 27/03/2020
Le passage à la ferme est trooop chou, trop tendre avec le gamin, et pourtant, bien caché, il y a des choses sur Walter qui transparaissent. Les autre murs, l'air qui pique... Ca m'intrigue (je suppose que c'est fait pour). Et perso, entre le rêve et le gars taillé comme une armoire qui parle avec plusieurs voix dans son sommeil, je sais déjà ce qui me fait le plus peur !
Son côté religieux est intriguant, aussi. J'aime bien les doutes qu'émet ton héros vis-à-vis des prières de Walt - se terminant par "une pensée ça coûte pas si cher" qui est une belle marque de respect de la différence.
Quand Sam négocie le prix d'entrée pour eux d'eux...j'ai au l'impression...Je sais pas, mais je crois que j'étais un peu fière de lui. Comme s'il passait une étape. Alors je sais que c'est un gamin débrouillard et tout, mais le fait qu'il "prenne la défense" de Walter (et un peu la sienne aussi) ça m'a fait une agréable sensation dans la poitrine !

"Pas fou de joie, hein — ça, je savais plus faire —, mais une petite bulle de bonheur au creux du ventre. C’était déjà beaucoup plus que d’habitude." C'est ce genre de passage qui rendent ton perso réaliste !

J'ai bien aimé le flottement narratif où tu étires l'ellipse temporelle tout en révélant quelques indices. Et surtout, ça installe ton duo, c'est un chapitre léger qui fait du bien surtout qu'à ta chute, on sent bien que c'est dernière fois qu'on part en ballade XD

Comme tu le vois, peu de choses à redire de mon côté, j'attends la suite !
Isapass
Posté le 27/03/2020
héhé, oui, j'ai bien vu que tu avais des gros doutes sur Walter XD No comment !
Oui, Sam est assez respectueux, mais pas toujours dans le bon sens : il est adepte du "vivre et laisser vivre", mais pas forcément altruiste. Il essaie de s'en sortir tout seul depuis longtemps alors il est un peu individualiste. Il est d'ailleurs un peu intéressé, quand il reste avec Walt : il s'aperçoit que la force de Walt peut être monnayée un bon prix et peut permettre de le faire embaucher. Il n'est pas méchant (on le voit dans le passage à la ferme), mais la vie l'oblige à être un peu opportuniste. Si Walt avait était un handicap, il ne serait pas resté avec lui. C'est du moins ce que je voulais faire ressentir. Du coup, dans mon idée, il ne prend pas vraiment la défense de Walt, c'est plutôt qu'il voit l'ouverture pour négocier alors que Walt ne le fera pas. Est-ce que c'est la vision que tu avais ? Sinon, il faudra que je modifie un peu.

Tu me rassures pour le passage plus narratif : il a soulevé moins d'enthousiasme auprès des autres plumes :) Mais je le garderai quand même, je crois, parce que je veux montrer qu'ils sont ensemble depuis déjà un moment au début du prochain chapitre.
Quant à la chute... j'ai un peu honte d'avoir utilisé un procédé aussi gros, mais il fallait relancer un grand coup après le "ronronnement" du passage narratif ;)
C'est effectivement possible que la balade soit finie...

Merci pour ta lecture et ton commentaire enthousiaste ! Pour ce qui est de la suite... je vais essayer de ne pas tarder (je vais voir si j'y arrive ce weekend, mais j'ai déjà écrit 8000 mots sur les PL cette semaine ! je ne sais pas si j'ai encore des réserves :) )
Mary
Posté le 27/03/2020
80000 mooooots ? My god.
Euh, oui, alors, pour les chutes de chapitres, n'oublie pas à qui tu parles, haha.
Ton explication sur le caractère de Sam tient la route à 100%, je pense que j'ai une vision trop "gentille" !
Rachael
Posté le 11/03/2020
J’aime toujours autant le ton de cette histoire. J’ai beaucoup aimé la première partie, avec le petit qui parle à la fin, et ces « ondes » de Walter qui en sont peut-être la cause… Le chapitre est un peu plus narratif sur la fin, mais ça ne m’a pas dérangé plus que ça, on sent qu’il prépare la suite. On en apprend aussi un peu plus sur Walter, avec ce séjour chez les fous (à l’époque ça ne devait pas être triste…). Le duo samuel/walter est impeccable, ils se complètent à merveille.
En fait c’est un chapitre qui semble préparer au développement suivant, comme l’indique la fin, qui nous laisse en apnée… que va-t-il donc se passer ?
Je me suis demandée pourquoi Walter se retrouve à la ferme alors qu’il était parti de l’autre côté. Ce qui est un peu étrange, c’est que Samuel ne lui demande pas comment ou pourquoi il s’est retrouvé là. Ce n’est qu’un détail, mais bon, je signale…

Détails
les yeux en lames de couteau : ça me fait bizarre pour des yeux.
Isapass
Posté le 11/03/2020
Hello ! Contente que ça te plaise toujours ! J'avoue que je m'amuse pas mal en écrivant cette histoire parce que je retrouve le plaisir de laisser faire ma plume :) Quand je commence un chapitre, je me dis "il doit contenir à peu près ça et finir à peu près là". Pour les chapitres 2 et 3, le point d'arrivée n'est pas celui que j'avais prévu, mais c'est pas grave. D'autant que ça vous plaît quand même apparemment ! En fait, je n'avais pas forcément prévu que Sam et Walt s'attardent autant à Green grass farm :)
Bref, rien à voir avec l'écriture des Princes liés (que j'aime aussi mais c'est plus variable selon les chapitres, et je crois que je me mets un peu plus la pression).
Oui, comme dit à Sorryf ci-dessous, c'est vrai que j'ai fait du narratif à la fin, mais j'ai quand même essayé de garder le même ton et de montrer quand même des situations que j'espère évocatrices, à défaut de scènes entières. J'espère qu'on voit bien le temps qui passe.
Du coup, j'y ai été plein pot sur le cliffhanger pour relancer après ce passage un peu plus creux : c'est un peu facile, mais en principe, ça marche pas mal. J'assume :) !
Tu as tout à fait raison : d'ailleurs je voulais inclure un passage où Sam demande à Walter comment il s'est retrouver à la ferme, mais j'ai tout simplement zappé quand j'ai eu l'idée de rendre la parole au petit ! Je le rajouterai, c'est sûr, sinon, c'est vrai que ça va manquer.
L'expression des yeux en lames de couteau m'est venue toute seule, mais je sais pourquoi : c'est Olga qui l'utilisait beaucoup dans Sang d'encre pour décrire les yeux de son héroïne. Le pire, c'est qu'en la lisant je m'étais fait la réflexion moi aussi que c'était bizarre ! Je vais y réflechir.

Merci pour ta lecture et ton retour !
Sorryf
Posté le 10/03/2020
"on vous aide a réparé les dégâts, Ma’am" -> réparer
J'aime pas trop ce ma'am, qui sonne américain. Je sais que tes persos sormnt américains, mais comme le texte est en français je trouve que ca fait bizarre. Tu as essayer de tenter m'dame?

J'ai adoré le debut, surtout le moment ou le petit parle awwwwwwww c'etait trop beau !
Apres, je trouvais que tu passais un peu vite sur les événements, c'est plus descriptif que narratif, mais j'imagine que le but est de montrer que le temps passe, et ca fait le boulot. Surtout avec le petit sursaut a la fin !

Walter me fait penser un peu au Macédonien ! Il a l'air d'avoir un sale passé.
Isapass
Posté le 11/03/2020
Euh... je prends note pour le Ma'am et pour l'affreuse coquille.
Comme d'habitude, je n'avais pas forcément prévu que le séjour avec Kate et Joshua s'éternise autant (pas chronologiquement dans l'histoire mais en termes de nombre de mots).
Ce qui explique peut-être que tu aies trouvé la seconde partie de chapitre un peu rapide. D'un autre côté, je me connais, si je fais une succession de scènes, ça va encore me prendre 4 chapitres (tu vois ce que ça donne pour le chantier de la grange !). Donc, oui, j'ai pris le partie de raconté plutôt que de montrer précisément. Mais j'ai quand même essayé de raconter des situations, à défaut des scènes elles-mêmes. D'après ce que tu dis, ça fait quand même un changement trop net par rapport au début ?
Ceci dit, je veux qu'on entre dans le dur au prochain chapitre et il fallait que je montre que Sam et Walt s'habituent à leur vie tous les deux avant d'y foutre le bordel... XD (il n'y aura PAS de cheval mort, promis).
Ceci dit, je sais bien que ce chapitre n'est pas aussi fort en émotion que les deux précédents, mais ça me choque pas qu'il y ait un creux à ce moment. J'espère juste que les deux premiers chapitres ont assez accroché le lecteur pour qu'il passe sur celui-ci.
Du coup, il me fallait une fin bien racoleuse XD

Walter/le macédonien ? Alors là, j'avoue que je n'y avais pas pensé ! Pour moi l'association Walt/John Coffey (La ligne verte) était plus évidente, même si Walt est blanc. Mais je pense que tu as fait l'association à cause du prologue sur les anges, non ?
Merci pour ta lecture et ton comm !
Sorryf
Posté le 11/03/2020
Nan mais c'etait pas chiant hein ! Un peu rapide, mais c'est normal de pas s'attarder si ya rien a dire et le racolage de fin marche du feu de dieu !

J'ai pensé au macedonien quand walter rêve. J'imagine qu'ils ont du vivre des choses qui se ressemblent
Renarde
Posté le 07/03/2020
Coucou Isapass,

Sérieusement ? Une fin pareille, ça devrait être interdit...

Le duo Samuel/Walter fonctionne toujours aussi bien. La tête d'un côté, les bras et les jambes de l'autre pour caricaturer.

J'ai trouvé particulièrement étrange le moment où Walter serre la main de Joshua et que Samuel se mette à paniquer. Big Boy a beau être particulièrement gentil, les phénomènes mystérieux qui l'entourent ne sont pas anodins. Pourquoi ce même sentiment qu'au moment de l'accident (air qui vibre, crépitement) ? J'avoue que je ne sais pas trop pourquoi cela apparaît également à ce moment-là. Et du coup ça m'intrigue.

Je me demande également si d'autres personnes que Samuel perçoivent ces signes où si c'est le seul.

Je me disais justement en lisant ton chapitre que les gens étaient pour l'instant bien gentil et qu'ils ne s'en sortaient pas si mal. La dernière phrase me montre que la partie facile est terminée...
Isapass
Posté le 09/03/2020
Ah tant mieux si ça fonctionne bien. Pour l'instant, en effet, c'est un peu la tête et les jambes, en tout cas du point de vue de Sam (même s'il admet qu'il aime bien la présence de Walt). Pour Sam, c'est lui qui contrôle la situation et qui "commande" leur duo. Ce n'est peut-être pas si vrai que ça...
Les vibrations, la peau qui picote quand Walt serre la main du petit Joshua... Sam sent confusément qu'il y a quelque chose de magique autour de Walt (même s'il ne veut pas le formuler car c'est un garçon assez cartésien). Et en plus, c'est une magie assez effrayante (le pied écrasé, la tornade...). Comme il sent les mêmes signes, il a peur qu'il se passe un truc terrible. Il est vite soulagé, mais il y a quand même quelque chose de remarquable juste après (que tu n'a peut-être pas noté ou associé à ça) : le petit Joshua se met à parler.
Quand à savoir si seul Sam ressent ces signes... tant qu'il ne se pose pas lui-même la question, on ne saura pas puisque c'est lui raconte ;)
Oui, tu as bien vu : les choses sérieuses devraient commencer dans le chapitre suivant.
Merci pour ta lecture si rapide et ton retour !
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