Chapitre 25. A quels yeux ?

Par dcelian
Notes de l’auteur : Bonjour bonjour !!
Me revoilà avec un chapitre assez conséquent (alléluia) et qui contient beaucoup d'hypothèses et de questionnements sur les plus grands rouages qui semblent mettre toute cette histoire en branle. Je dois avouer que je me suis fait plaisir à évoquer toutes ces possibilités et à faire autant réfléchir mes personnages, mais du coup forcément c'est un chapitre très introspectif, et donc avec très très peu d'action. J'espère que ça vous conviendra ! Quoiqu'il en soit, le prochain devrait remédier à cette tare, donc je me fais assez peu de souci :D
Bonne lecture !!!
Merci de votre lecture et patience et tout le reste.
A très vite <3
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(à lire suite à l'astérisque dans le texte)
*("La clé confiée par Jeanot") = si vous ne vous souvenez pas de cette information, pas de panique : c'est une petite modification apportée au Chapitre 11 (Mille soleils) de ma part. Si vous voulez y jeter un œil, elle se trouve dans le dernier paragraphe.

Le trajet s'est poursuivi sans encombre. Les tensions qui pesaient lourdement se sont dissipées peu à peu, et ils ont adopté un rythme de relève convenable où l'un se repose tandis que l'autre conduit – Gaëlle lui a montré comment faire, c'était plus simple que prévu. Soa s'étonne même de l'étrange légèreté qui plane maintenant sur leur véhicule, comme s'ils s'étaient créé un monde à part, un monde dans lequel il n'y aurait plus rien d'autre que cette calèche qui tangue, ces braves chevaux, les paysages qui défilent et eux deux. C'est un monde qui lui plaît bien, illuminé des couleurs ternes du ciel et de la forêt en-dessous, un monde vert et gris, boisé, silencieux.

Ils n'ont pas beaucoup parlé, suite au premier soir. Soa a dit ce qu'il avait à dire, il s'est délesté du fardeau qui le pesait, et Gaëlle semble avoir fait de même. Elle lui a conté toute leur histoire, ou du moins sa version des faits. Elle lui a parlé d'Aïag, de Gaïa, des Sanctuaires mais aussi de Simon, et surtout de Hollis à qui ils doivent la vie.

Il se dit que c'est étrange, de devoir la vie à quelqu'un qu'on ne connaît pas. Il a du mal à savoir quels sentiments adopter. C'est dans ces instants qu'il réalise à quel point les émotions sont impossibles à imiter, comme elles sont impossibles à inventer. II voudrait que son visage se teinte de la même tristesse que celle qui enveloppe Gaëlle doucement. Il voudrait ressentir quelque chose d'autre que cette sorte d'indifférence presque monstrueuse qui fait de lui un incompréhensif, un cruel qui ne connaît pas la valeur des choses, pire : qui ne connaît pas la valeur de la vie. Il voudrait se sentir redevable, plus que tout le reste, mais comment concevoir sa redevance s'il ne sait à quel visage l'adresser, à quel être la destiner ? Rien. Il se sent vide de toute émotion. Alors il se tait, il a compris l'impact que Hollis a eu sur Gaëlle, il la laisse à son deuil noir comme la nuit tout autour.

Toute cette histoire lui paraît complètement folle, en vérité, mais elle n'aurait pas pu l'inventer, alors il est forcé de la croire. Il existe donc un autre monde. Un monde relié au leur par des Sanctuaires.
La lourde voix de Ash se rappelle alors à lui.

"Sais-tu seulement où nous sommes ?
(...)
— Cet endroit est un Sanctuaire."
Voilà qui explique bien des choses.

Soa se tourne vers la cabine, derrière le siège du cocher. Il fait encore sombre, mais le ciel se teintera bientôt des couleurs de l'aube nuageuse. Il fait encore sombre, et Gaëlle dort paisiblement. Gaëlle. Elle n'est probablement pas aussi silencieuse que lui – il n'a jamais rencontré personne qui le soit –, mais elle semble également se complaire dans le calme qui enveloppe leur voyage. C'est comme si parler risquait de briser quelque chose, de briser la paix, de rompre les espoirs.

Ce mutisme, c'est aussi le seul moyen qu'a trouvé Soa pour ne pas évoquer Maude. Gaëlle lui a dit le courage et la force qu'elle avait conjurés pour le sortir du sale pétrin dans lequel il s'était fourré. Elle lui a expliqué que c'est probablement à cause de ça qu'elle est dans cet état – à cause de lui, même si elle n'a pas osé le formuler de la sorte. A ces mots, son visage s'était teinté d'une immense lassitude, et ils n'ont plus reparlé.

Soa sent comme un étau l'enserrer depuis, un étau dont l'étreinte n'est jamais brutale mais toujours présente, inévitable, comme une culpabilité dont il ne pourra jamais vraiment se débarrasser. Il songe à Cléa, à Maude, à Grégor, il tente de songer à Hollis aussi et il se réalise qu'il a involontairement semé beaucoup de souffrances dans son sillon. C'est tout ce qu'il souhaitait éviter.
Et puis l'image de Yana ressurgit depuis les profondeurs de sa mémoire, pour mieux lui rappeler ses propres incohérences, ses mensonges, sa monstruosité. Il essaie de se convaincre qu'il n'a jamais voulu blesser quiconque, mais c'est faux. C'est faux parce qu'il a tué, il l'a tuée, et maintenant son souvenir ne le quitte jamais vraiment. Partout où il va, elle est aussi, et elle le ronge peu à peu, elle dévore sa façade sereine et apaisée. Pourquoi a-t-il fait ça, au juste ? Il est même incapable de se le remémorer. Il se souvient simplement de l'envie qui l'habitait, l'envie terrifiante, il se souvient avec quelle facilité il lui a cédé son corps, avec quelle facilité il a répondu à ses pulsions. Peut-être que c'est ça, le problème, peut-être que c'est lui. Peut-être qu'il est vraiment aussi monstrueux que ce que ces images veulent lui faire croire.
Pourtant, il se tait.

Et Gaëlle, dans tout ça, que peut-elle bien voir de lui ?
Il devine qu'elle lui en veut encore. Pour quoi ? Pour un peu tout, sans doute. Encore qu'elle ne sait pas, elle, elle ignore ce qui s'est produit avec Yana, ce soir maudit. Secrètement, Soa espère qu'elle ne le saura jamais. Et puis, il y a autre chose, aussi. Autre chose dont elle ne lui a pas parlé, il l'a senti à son expression, celle de quelqu'un qui hésite avant de se rétracter, celle de quelqu'un qui entrouvre sa porte pour mieux la refermer. Il ne lui en tient pas rigueur. C'est mieux ainsi. Elle a ses secrets comme il a les siens. Leur silence s'en fait le terreau fertile, ils prospèrent sous les arbres pour mieux s'évaporer dans les nuées.

Dès lors, les mots avaient fait leur travail, et ils n'avaient plus de raison de s'encombrer avec. Ils pouvaient retourner au silence, et ils l'ont fait. Tant mieux. En parler ne servirait à rien. Parler ne servirait à rien. Il suffit d'avancer. Alors ils tracent leur route, il continue à guider les chevaux sur ce sentier qui les conduit lentement vers le Sud.

Il détache un instant son regard de l'horizon pour lever la tête. Là-haut, le ciel du troisième jour depuis leur départ s'éveille peu à peu, quoique majoritairement couvert de nuages à la couleur fade, opaques, recouvrant les rayons solaires.
Sans doute est-ce dû à la traversée du désert que Gaëlle lui a racontée, mais Soa ne regrette pas la chaleur. Les nuages apportent quelque chose de doux, de plus supportable, et surtout, ils permettent aux chevaux de ne pas trop souffrir de leur marche. Grâce au système de roulements établi, ils n'ont fait que très peu de pauses. De fait, les pauvres bêtes commencent à montrer des signes de fatigue, et bientôt il leur faudra s'arrêter pour un moment.
Pas tout de suite. Encore un petit effort.

Soa sourit en songeant à la première fois qu'il a emprunté ce chemin – quoique, cette fois-là, il ne l'avait pas trouvé, et il se contentait de vaquer avec son instinct pour toute boussole. C'était il n'y a pas si longtemps. Ça paraît loin, pourtant. Son sourire s'accentue parce que, si loin que ça soit, l'image est ancrée en lui comme la promesse d'un soleil radieux. De mille soleils, même.

Là-bas, un peu plus loin, le chemin pavé semble s'arrêter enfin, et les arbres semblent s'arrêter aussi. La forêt tout entière s'achève dans quelques mètres. Il retient son souffle. Le paysage sera-t-il aussi époustouflant que la première fois ?
Ils atteignent enfin les Plaines centrales. Les souvenirs affluent aussitôt. Quelques mots seulement. Les mots d'un bonheur secret caché au plus profond de son être. Jeanot, Marise. Et toutes les couleurs, leurs couleurs. La paix d'un autre temps.

Il arrête les chevaux. Il respire.
Et puis il tait ses pensées.

Il est incapable de dire combien de minutes il se fige. Leurs instants sont précieux, c'est vrai, mais il ne pouvait pas rester de marbre face au spectacle qui s'étend en contrebas. Ces immenses plantations comme des astres lumineux entre les deux forêts, la magie qui semble émaner du sol, de l'air, partout autour, tout ça, non, il ne pouvait décidément pas l'ignorer.

Lentement – qui sait ce qu'il peut advenir s'il détache son regard du paysage –, il descend de son siège de cocher et ouvre la porte en bois de la cabine. Dedans, il fait sombre, mais la lueur du jour naissant s'y engouffre pour dévoiler cet intérieur remarquablement spacieux dans lequel reposent Gaëlle et Maude, ainsi que leurs provisions.

Les deux femmes dorment profondément et Soa hésite un instant, mais il décide finalement de réveiller sa camarade de route. Elle n'aurait pas voulu rater ça. Doucement, il murmure son prénom. Elle se réveille aussitôt, pas en sursaut mais presque, à l'affût, et son regard dit "un problème ?" Il secoue la tête avec un sourire qui se veut rassurant, et lui fait signe de le suivre à l'extérieur. Elle soupire et se redresse avec une grimace de mécontentement, la grimace du matin qui dit qu'il vaut mieux que ça vaille le coup. Soa sourit, confiant. Il sait que c'est le cas.

Gaëlle sort de l'habitacle en plaçant sa main en visière devant ses yeux plissés malgré la faible luminosité du petit jour. Elle fait quelques mètres chancelants avant d'emboîter le pas à Soa et de finalement le rejoindre pour assister à son tour au spectacle des Plaines.
Il sait qu'il a gagné son pari quand il voit ses petits yeux devenir grands et sa bouche s'entrouvrir, quoique très légèrement. Elle ne dit rien, mais ce n'est pas nécessaire.

***

Ils sont repartis après un premier repas, soit un peu avant la mi-journée si elle en croit son horloge interne, quoique sévèrement chamboulée par leur rythme décalé.
Au-dessus d'eux, autour d'eux, partout, la nature les enveloppe dans son calme habituel. Pourtant, cette fois, Gaëlle a plus de mal à se détendre. Ces plants immenses ne la rassurent pas, elle a du mal à relâcher toute son attention. Il y a quelque chose dans leur omniprésence, comme une sombre promesse qui veille, une promesse qui dit "attention..."
Gaëlle est parcourue d'un frisson. Attention à quoi ? Elle ignore combien de temps est passé depuis qu'ils ont pénétré dans ces champs, mais elle a hâte d'en sortir. Leur rumeur étrange la met mal à l'aise.

Malgré tout, elle doit bien admettre qu'elle a rarement vu un aussi bel éclat que celui de cette nature sous le soleil. Elle en avait entendu parler, bien sûr, mais il est difficile de concevoir un tel tableau sans en être le témoin direct. Et puis, il faut dire que, comme tous les Traqueurs, sa zone d'exercice est restreinte, et la sienne s'étend sur le Nord du Comté, alors elle ne s'est jamais franchement intéressée à toute cette partie Sud qu'elle ne connaît donc qu'assez peu.

Elle est là, assise dans la cabine dont elle a ouvert les rideaux. Elle contemple ces couleurs qui défilent tandis que la calèche grince et craque, tandis qu'elle cahote pour emplir le silence.
Gaëlle jette un coup d'œil vers le ciel. Les nuages se dissipent à mesure que la journée progresse, et ils sont enveloppés dans une lourde chaleur qui n'est pas sans rappeler celle du désert, dans une moindre mesure. Ce n'est d'ailleurs pas la seule chose qui l'y fait penser, mais elle tâche de garder ces ressentis enfouis au fond d'elle, elle n'est pas certaine de vouloir déjà leur faire face.

Au fond d'elle, il n'y a pas que ça. Il y a cette masse étrange et informe de tous les secrets, ceux qu'elle n'a pas dits, ceux qu'elle ne dira pas. Leur mélodie angoissante refait surface par instants : ceux où Gaëlle croit se sentir mieux. Ils guettent depuis ses profondeurs et resurgissent pour ternir les joies passagères. Alors elle se demande, forcément. Est-ce qu'elle y a vraiment droit, à cette joie ? Est-ce que tout ça n'est pas un peu de sa faute, finalement ? Elle essaie de se persuader du contraire, elle essaie de se dire que, non, c'est impossible, elle ne peut pas être responsable de tous les malheurs.
Et pourtant.

Maude s'est évanouie de fatigue à cause de l'énergie que lui ont demandé les ouvertures du Sanctuaire, c'est vrai. Mais en réalité, c'est une fausse vérité, c'est une vérité incomplète. Si Maude s'est évanouie, ce n'est pas à cause de cette magie-là, car elle ne dormait pas à leur retour. Ce qui a causé son effondrement, c'est ce petit sort de rien du tout, cette pauvre sorcellerie ridicule qu'elle a conjurée pour l'endormir alors qu'elle était trop agitée pour y parvenir elle-même.

Que dire de Simon, ensuite ? Elle n'a parlé de lui à Soa que parce qu'il était strictement nécessaire à son récit. Et surtout, elle a omis le détail le plus troublant, elle a omis sa peau, cette couleur inimitable, cette couleur qui est aussi la sienne. Elle est déchirée entre son envie de savoir et celle de se murer dans le silence. Parce qu'elle n'est pas certaine d'être prête à faire face, faire face à tout ce que ça implique, à tous les secrets dissimulés.

Et qu'en est-il de la Déesse ? Elle ne l'a même pas mentionnée dans son histoire. Pourtant, n'était-elle pas profondément troublante, cette femme immense et tellement étrange, sa peau de nacre noir, cette femme qui les a aidés sans l'ombre d'une explication ? N'aurait-il pas été préférable d'aborder tous ces sujets, de les mettre à plat, de lever les voiles qui les couvrent ?
Qu'importe. Elle ne l'a pas fait, et elle ne se sent pas prête à le faire.
Elle se contente d'écouter ses démons en regardant par la fenêtre, peut-être pour chercher une échappatoire ? Elle ne sait pas.

Le soleil est bas, désormais, mais l'air vibre toujours de sa chaleur décroissante. La journée s'achèvera bientôt, et ils n'ont toujours pas traversé les champs. Pourtant, Soa les guide, tranquille, il semble connaître le chemin. Elle a constaté par elle-même que les sentiers qui sillonnent les Plaines forment un dédale dans lequel elle aurait été bien incapable de se retrouver, mais Soa sait visiblement guider les bêtes au creux de cette nature immense et oppressante.

***

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dodoreve
Posté le 11/08/2021
Wow, ce teasing de l'enfer ! Tu n'avais pas pris la peine de me prévenir, dis donc ! (Je te l'ai déjà dit mais voilà redisons-le quand même)

Ce que ressent Soa au début : <3 C'est empli de justesse et d'une forme de tristesse indifférente qui lui appartient malgré tout. Est-ce que je dois encore m'étonner de lire une émotion si précise retranscrite avec autant d'authenticité sous ta plume ? Vraiment, c'est surprenant à chaque fois, mais tu nous laisses plein de petites pépites comme ça, j'adore. C'est hyper doux à sa manière d'ailleurs, donc ça me plaît généralement doublement (tu t'en doutes).

"Leur silence s'en fait le terreau fertile, ils prospèrent sous les arbres pour mieux s'évaporer dans les nuées." Beh ? Trop joli <3 (Et puis là aussi, tu dois bien te douter que cette question de silence me plaît énormément ahah)

"Elle se réveille aussitôt, pas en sursaut mais presque, à l'affût, et son regard dit "un problème ?"" J'imagine le décès intérieur de Soa mahahah mais alors Gaëlle <3 Et surtout : Gaëlle vue par Soa <3 <3 <3

Je trouve ça bien que Soa fasse le point (lorsqu'il réfléchit aux "Et si ?"). D'une certaine manière, ça permet à la lecture de le faire avec lui, et de bien reposer les bases, même si à mon sens on ne s'y perd pas trop. C'est peut-être géographiquement parlant que tu pourrais davantage resituer les choses, en précisant plus tôt qu'ils arrivent à l'endroit où il a rencontré Jeanot et Marise ?
C'est marrant mais je n'ai pas envie de croire que Maude vient de Aïag...? Je ne l'explique pas mais bon, autant te mettre au courant x)

"ce qui n'exclue pas le mensonge" exclut*

"C'est faux." :o !! Et OUAIS la suite de ses réflexions, ça je n'en doute pas un instant ! Mais dans ce cas on arrive vraiment à un tournant essentiel de ton histoire, non ? En comprenant qui il était, ne met-il pas un terme aux enjeux et du moins questionnements de la première partie de cette histoire ? D'ailleurs, je me dis que comme c'est le chapitre de la culpabilité, ce serait bien le moment de réfléchir à ce qu'il a fait dans le second chapitre, non ?

"L'ennui c'est que, qu'il se trompe ou non, la situation reste préoccupante. S'il a raison, alors un inconnu a ri au beau milieu des bois et de la nuit : c'est préoccupant. S'il a tort, alors Gaëlle a ri seule à l'avant du véhicule qu'elle conduit, ce qui implique qu'elle a probablement perdu la tête : c'est préoccupant." ahah, j'adore

"La forêt se tait et ils se taisent à l'unisson, parce qu'il n'y a que le silence pour atténuer ces choses-là." wa, "ils se taisent à l'unisson", trop bien, j'aime beaucoup

J'avoue que je me demande ce qu'ils vont bien pouvoir faire à Rune, et ce que pense Soa de cette fin ! Parce que ça remet un peu en question leur collaboration, quand même, non ? Et pourtant ils ne pourraient pas se quitter comme ça, pas comme ils ont quitté Maude... En tout cas pour moi on est aussi sur la fin d'une partie, là (je dis aussi parce que le départ de Gaëlle pour Aïag m'avait déjà donné cette impression). Du coup je me demande, maintenant. Vont-ils partir à la recherche d'Ash ? J'imagine mal Soa présenter ses hypothèses à propos de ses origines à Gaëlle, mais je me demande aussi s'il le fera auprès de Cléa ? (dont je refuse de ne pas questionner non plus l'origine ni l'apparition "comme de par hasard" au milieu des cendres de sa maison).

Beaucoup de questions, du coup, et en même temps tu nous dis que le prochain chapitre remède à "cette tare" c'est-à-dire au manque d'action ? Mais alors qu'est-ce qui va se passer ??? (Mine de rien je trouve ça cool si au flottement de la fin de ce chapitre succède du plus concret qui va nous fixer sur la suite de cette histoire. Je verrai bien !
dcelian
Posté le 12/08/2021
Ahhhhh merci pour ton commentaire <3
Comme d'habitude avec Sklaërenn, vous savez trouver les mots justes et c'est vraiment adorable de votre part. Ce que tu dis sur le passage de Soa au début, notamment : trop génial. Trop génial si on arrive à comprendre le cheminement de ses pensées, et trop génial si en plus tu trouves ça doux d'une certaine façon. Pour la suite aussi, d'ailleurs ! J'avais hyper peur que toutes les spéculations de Soa soient trop confuses et que je sois le seul à me comprendre dans mon délire, mais si tu me dis qu'on ne s'y perd pas alors c'est absolument génial. Et je dois dire que ta suggestion me plaît beaucoup aussi ! J'y avais pas du tout pensé, mais effectivement, revenir sur le chapitre 2 me paraît être une très bonne idée, et surtout ça me paraît tout à fait logique qu'il vienne à y repenser, c'est dans la continuité de toute cette culpabilité comme tu le dis si bien. Je vais essayer de prendre le temps pour ajouter ça !

""Leur silence s'en fait le terreau fertile, ils prospèrent sous les arbres pour mieux s'évaporer dans les nuées." Beh ? Trop joli <3 (Et puis là aussi, tu dois bien te douter que cette question de silence me plaît énormément ahah)" hahaa moi aussi j'aimais bien cette phrase, trop chouette !
""Elle se réveille aussitôt, pas en sursaut mais presque, à l'affût, et son regard dit "un problème ?"" J'imagine le décès intérieur de Soa mahahah mais alors Gaëlle <3 Et surtout : Gaëlle vue par Soa <3 <3 <3" x))) c'est trop mimi vraiment j'adore leur faire des petits moments un peu plus légers et "humains" comme ça, parce que la lourdeur ça va deux minutes hein !
"C'est peut-être géographiquement parlant que tu pourrais davantage resituer les choses, en précisant plus tôt qu'ils arrivent à l'endroit où il a rencontré Jeanot et Marise ?" Oui je vois ce que tu veux dire, mais je pensais que la mention des Plaines centrales suffirait à raviver ces souvenirs. En réalité, je pense que c'est beaucoup trop complexe de s'y retrouver géographiquement parlant de toute façon quand on lit toute cette histoire sur une période aussi étendue que toi, et je m'en excuse x) Mais je pense (et j'espère surtout) qu'en ayant le manuscrit complet et en pouvant le lire à son rythme et pas pendant 6 mois on DEVRAIT y voir plus clair ? Peut-être ? J'aimerais tellement ajouter ma carte moche pour vous aider....
"C'est marrant mais je n'ai pas envie de croire que Maude vient de Aïag...? Je ne l'explique pas mais bon, autant te mettre au courant x)" hihi j'aime toujours autant lire tes théories et tes instincts. Je prends note, et la suite te donnera peut-être raison. Ou peut-être pas :)
"Et OUAIS la suite de ses réflexions, ça je n'en doute pas un instant ! Mais dans ce cas on arrive vraiment à un tournant essentiel de ton histoire, non ? En comprenant qui il était, ne met-il pas un terme aux enjeux et du moins questionnements de la première partie de cette histoire ? " Je vois très bien ce que tu veux dire, y a effectivement une sorte de "première fin" qui se concrétise un peu ici. C'est aussi pour ça que j'ai pris le temps de refaire ce MEGA point à travers les pensées de Soa et aussi de faire toutes ces spéculations (pour teaser la suite, hihi). Dans ma tête cette histoire est divisée en arcs, et pour le moment on a eu (1) l'arc de la rencontre et (2) l'arc Aïag. Là on est effectivement dans une sorte de transition entre l'arc Aïag et le suivant, d'où ton sentiment de "point essentiel" et d'une sorte de "fin" aux enjeux de la première partie. Après, faut quand même pas oublier que cette "fin des enjeux" n'est qu'une simple spéculation de Soa, et que rien n'est encore officiellement confirmé, ce qui peut encore changer beaucoup de choses héhé
Quoiqu'il en soit, tu l'as compris, le chapitre suivant sera beaucoup plus mouvementé, et je pense que sa fin en particulier te semblera être la réelle fin de cet arc (à raison). J'ai vraiment hâte de vous partager la suite !!! Merci encore pour ton commentaire, désolé pour cette réponse abusivement longue et à très vite <3
Sklaërenn
Posté le 09/08/2021
Coucou !

J'ai beaucoup aimé le passage sur l'indifférence de Soa vis a vis de la "mort" de Hollis et le deuil de Gaëlle. On sent bien le contraste entre les deux malgré le fait que nous soyons centré sur Soa et que Gaëlle est absente ( partie se reposer ) de ce passage "physiquement parlant". C'est vrai que ça décrit assez bien ce que peuvent ressentir des gens n'ayant pas de lien avec les disparus.

Le passage sur la culpabilité qu'il ressent est franchement bien écrit aussi. Là encore, ça me parle totalement.

"Elle soupire et se redresse avec une grimace de mécontentement, la grimace du matin qui dit qu'il vaut mieux que ça vaille le coup." Ahah, je la comprends tellement ! Et en même temps, je comprends que Soa ait envie de lui partager la vue d'un tel paysage.

"Elle est déchirée entre son envie de savoir et celle de se murer dans le silence. Parce qu'elle n'est pas certaine d'être prête à faire face, faire face à tout ce que ça implique, à tous les secrets dissimulés." Oh que je comprends son ressenti. Ce tiraillement est horrible >.>

". Il aurait bien aimé recroiser Jeanot et Marise, mais il a eu beau guetter, leurs ombres riantes sont restées introuvables. Il espère sincèrement qu'ils vont bien." Oh que c'est choupi d'en reparler. Je pensais justement à eux :3 j'espère aussi qu'ils vont bien !

"Or Soa ne parvient pas à comprendre quel équilibre peut naître d'un tel dérèglement." De quel équilibre ? J'ai l'impression qu'il manque un mot ici.

" Il n'est pas seul. Et il a de bonnes raisons de continuer à avancer." J'ai été emportée avec lui par tout son flot de conclusion et ce petit passage a permis de tellement faire baisser la tension ahah.

"Un Traqueur d'ici serait allé jusqu'à s'allier aux créatures de l'Ombre..." Bigre. Si le traqueur en question est plus fort qu'elle on est pas sorti des ronces !

"Et puis elle sourit en se disant que, finalement, s'allier aux Ombres, c'est peut-être aussi ce qu'elle est en train de faire." Pas faux !

"S'il a raison, alors un inconnu a ri au beau milieu des bois et de la nuit : c'est préoccupant. S'il a tort, alors Gaëlle a ri seule à l'avant du véhicule qu'elle conduit, ce qui implique qu'elle a probablement perdu la tête : c'est préoccupant. " Ahah j'adore ce passage ! J'imaginerai presque sa tête à cet instant x)

""profondément dérangeant" " Je valide plus ça qu'inquiétant :)

"— J'allais dire : "j'espère que je ne vous ai pas fait trop peur", mais au vu de vos têtes, j'espère plutôt ne pas vous avoir traumatisés à vie !" Quelle idée aussi Agnès ! Non mais tu veux leur faire faire une crise cardiaque ou quoi x) ?

"Une réalité qui dirait plutôt, confiez-moi ma sœur mourante, je voudrais assister à ses derniers instants." Snif naonnn ! Vous ne pouvez pas la condamner alors qu'Agnès n'a rien tenté encore ;-;

Nya j'ai hâte de lire la suite. De savoir ce qui les attends là-bas. De savoir si Maude va revenir vers eux ou si c'est Agnès qui prendra leur place. De revoir Cléa ( ou pas ), tellement de choses *^*
dcelian
Posté le 09/08/2021
Coucou !!!
Ton commentaire m'a fait super plaisir, comme d'habitude, merci <3
C'est génial quand tu me dis qu'un passage te parle ou que tu comprends le personnage et ce qu'il ressent, ça me fait tellement plaisir parce que c'est les émotions qui m'intéressent le plus dans ce projet (celles de mes personnages mais aussi celles qu'on peut éprouver en les lisant), et vraiment, savoir que parfois je fais mouche c'est tellement gratifiant !

"". Il aurait bien aimé recroiser Jeanot et Marise, mais il a eu beau guetter, leurs ombres riantes sont restées introuvables. Il espère sincèrement qu'ils vont bien." Oh que c'est choupi d'en reparler. Je pensais justement à eux :3 j'espère aussi qu'ils vont bien !"
Hahaha je ne dis rien, je ne dis rien...
Mais c'est vrai que moi aussi ils me manquent !

""Or Soa ne parvient pas à comprendre quel équilibre peut naître d'un tel dérèglement." De quel équilibre ? J'ai l'impression qu'il manque un mot ici."
Hmmm non je crois que tout va bien avec cette phrase. La structure est un peu étrange, mais le "de" qu'il te manque vient avant "tel dérèglement" ! Enfin merci quand même de me le signaler, peut-être que c'est pas très clair, je vais voir ce que je fais avec ça :D

""S'il a raison, alors un inconnu a ri au beau milieu des bois et de la nuit : c'est préoccupant. S'il a tort, alors Gaëlle a ri seule à l'avant du véhicule qu'elle conduit, ce qui implique qu'elle a probablement perdu la tête : c'est préoccupant. " Ahah j'adore ce passage ! J'imaginerai presque sa tête à cet instant x)"
Hahaha j'avoue que ça en l'écrivant je me suis fait plaisir mais bon c'était pour dédramatiser un peu parce que c'est vrai que l'ambiance générale peut parfois être un peu lourde à porter. Tant mieux si t'as bien aimé x)

""— J'allais dire : "j'espère que je ne vous ai pas fait trop peur", mais au vu de vos têtes, j'espère plutôt ne pas vous avoir traumatisés à vie !" Quelle idée aussi Agnès ! Non mais tu veux leur faire faire une crise cardiaque ou quoi x) ?"
C'est l'imprévisibilité qui fait son charme ;)

""Une réalité qui dirait plutôt, confiez-moi ma sœur mourante, je voudrais assister à ses derniers instants." Snif naonnn ! Vous ne pouvez pas la condamner alors qu'Agnès n'a rien tenté encore ;-;"
;-;-;-;-;-;--;-;-;

Moi aussi, j'ai trop hâte de lire la suite ! Oh wait, il faut que je l'écrive d'abord ? snif
Non en vrai je te dis ça mais j'adore l'écrire cette histoire ! J'ai juste un peu peur de la rentrée, parce qu'en termes de temps je vais quand même être beaucoup plus restreint... j'espère sincèrement pouvoir continuer à publier ces chapitres, au moins de temps en temps !! J'ai encore beaucoup trop de choses à vous raconter pour m'arrêter là :D
Sklaërenn
Posté le 09/08/2021
Je comprends totalement ton ressenti. Prends le temps qu'il faut. Je serais toujours là quand la suite sortira quoi qu'il arrive ;)
dcelian
Posté le 10/08/2021
C'est adorable, merci du fond du cœur <3<3<3
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