Chapitre 24: Les adieux

Par Mary

XXIV

LES ADIEUX

 

 

 

 

Miguel tira la barque sur la berge et Hector et Killian y déposèrent le corps du Naufrageur. Alban prit soin de récupérer le carnet et de le glisser dans la poche de sa veste avant d’étendre le vieux manteau sur son propriétaire. Il obligea ses mains à ne pas trembler lorsque par petites touches, il tendit proprement le tissu brodé pour ne pas causer de faux pli.

D’un coup de sabre, Killian trancha l’amarre de fortune et poussa l’embarcation vers l’avant. Il ôta ensuite son tricorne, aussitôt imité par le timonier qui se découvrit de son sempiternel bonnet noir. Derrière eux, Miguel détacha des corolles épanouies de belle-de-nuit. Toutes en nuances rouges et jaunes, elles semblaient avoir poussé là par hasard. Il en distribua trois à chacun d’eux et Alban recueillit les siennes tels des oisillons fragiles, se demandant ce qu’il devait en faire.

La barque s’éloignait paisiblement, glissant pour son dernier voyage dans un murmure de clapotis sur les racines des palétuviers. L’Argentin s’avança vers l’eau et jeta doucement les fleurs au milieu des ridules qui suivaient la nacelle. Après le second, Alban s’approcha. Les pétales raffinés ondulèrent à la surface près des autres, s’ouvrant en étoile sur les flots sombres. Il remercia intérieurement le Naufrageur pour lui avoir sauvé la vie. Pour avoir, sans le savoir, tracé sa route vers le Lotus et ceux qu’il considérait maintenant comme sa famille. Pour avoir été l’ami de ses parents. Pour cette mystérieuse clé dont il avait emporté le secret dans la mort.

Merci pour tout cela.

Ce fut enfin au tour d’Hector de faire ses adieux. Alban s’écarta et le timonier s’approcha en mouvements lourds et gauches. Il s’accroupit, déposa précautionneusement ses belles-de-nuit, et se redressa en s’essuyant discrètement les yeux. Tous relevèrent la tête lorsqu’il entonna, d’une voix sourde et grave :

 

Prends le large, mon gars,

C’est le vent qui t’appelle.

Prends le large, mon gars,

Il est temps de partir.

Prends le large, mon gars,

C’est le vent qui t’appelle.

Hé, ho! Les gars, au vent de la mer,

Hé, ho! Les gars chantant.

 

Prends le large, mon gars,

N’aie pas peur des tempêtes.

Prends le large, ton bras,

Est plus fort que la mer.

Prends le large, mon gars,

N’aie pas peur des tempêtes.

Hé, ho! Les gars, au vent de la mer,

Hé, ho! Les gars chantant.

 

Prends le large, mon gars,

C’est la vie qui t’appelle.

Hisse toutes les voiles,

Bonne route et bon vent,

Prends le large, mon gars,

C’est la vie qui t’appelle

Hé, ho! Les gars, au vent de la mer,

Hé, ho! Les gars chantant.

 

Les yeux embués de larmes, Alban n’arrivait toutefois pas à pleurer. Les sanglots ne sortaient pas et restaient douloureusement noués autour de son cœur. Il observa l’esquif qui s’éloignait toujours plus, un courant l’emportant légèrement à bâbord. C’est alors qu’une silhouette se dessina dans le coin de son champ de vision.

            Assise sur une souche, à l’écart, Erin assistait aux funérailles de son père, aussi immobile qu’une statue. Telle qu’il la voyait, à la lumière d’un mince rayon de lune, on l’aurait dite faite de verre, menaçant de se briser au moindre mouvement. Elle dut cependant sentir le regard d’Alban, car elle se tourna vers lui. Le jeune homme eut l’impression d’être transpercé jusqu’au plus profond de son âme. Avait-il seulement le droit de partager son chagrin ?

La chanson d’Hector avait achevé ce qui lui restait d’aplomb, et il venait de subir le coup de grâce. Un coquillage vide. À côté de lui, Miguel, paupières closes, avait ramené ses genoux contre lui. Killian fixait un point à l’horizon et Hector, adossé à un rocher, gardait le menton sur la poitrine. Un poisson troubla la surface de l’eau en un éclaboussement sonore. Dans la forêt, les pépiements s’intensifiaient. Des oiseaux agitaient les larges feuilles des arbres en déployant leurs ailes. L’un d’eux laissa échapper un cri long et plaintif, repris par ses congénères plus loin dans la jungle. Est-ce qu’ils pleuraient, eux aussi ?

            Ils se tinrent ainsi jusqu’aux premières lueurs de l’aube, dans une inertie cruelle et fascinante, à la fois brève et interminable. La lune avait décliné et à l’est, le ciel pâlissait.

— Rentrons, souffla Killian en remettant son chapeau en place.

— Et le Capitaine ? demanda Miguel.

— Elle nous rejoindra.

Alban devait être le seul à l’avoir aperçue. Il jeta un œil vers la souche, mais il n’y avait plus personne. Il sentit le poids du carnet dans sa poche. Il le tendit à Hector.

— Dans son manteau ? supposa l’autre dans un souffle.

Alban acquiesça. Le timonier s’en saisit avec émotion et agrippa chaleureusement l’épaule d’Alban pour le remercier. Il cueillit une des grappes de fleurs blanches qui embaumaient l’air du petit matin et emprisonna la tige entre la couverture et la ficelle.

            Complètement hagard, Alban leur emboîta le pas sur le retour. Ils repassèrent devant la masure à la porte défoncée. Les gens commençaient à s’attrouper. Ils firent profil bas et gagnèrent rapidement la place principale où les premiers citadins déambulaient déjà. Le jour se levait franchement, désormais. Ils traversèrent les beaux quartiers une fois de plus et empruntèrent le même chemin qu’à l’aller. Alban suivait avec difficulté, loin derrière les autres. Son corps pesait lourd et semblait pourtant tellement creux. La piste de terre grimpait en pente douce et offrait un point de vue ouvert sur la ville qui s’éveillait, les remparts crénelés des forts, les entrepôts et les quais. Les navires amarrés dormaient encore, mâts nus et ponts déserts. Alban regardait le paysage sans le voir et se repliait un peu plus sur lui-même chaque minute. Devant lui, le groupe s’arrêta. Il vit Miguel étendre le bras vers la baie et entendit vaguement Hector marmonner avec dédain :

— Combien tu crois qu’il a payé pour marcher sur les plates-bandes de la Compagnie des Mers du Sud ?

— Laissons-les s’écharper entre eux, maugréa Killian. Pour ce que ça me concerne…

Alban se concentrait sur le chemin. Il lui fallait s’éloigner de cet endroit, avancer. Mais pour aller où ? Pour faire quoi ? Pour le moment, marcher. Malgré les premiers rayons de soleil matinaux dans son dos, il avait froid. Lorsque sa tristesse éclaterait, elle balaierait tout sur son passage. Il devait la retenir. Il n’avait pas le droit de flancher. Pas maintenant, pas ici.

Il traversa les marécages l’esprit vide, dans un mutisme complet, à peine conscient de la présence de ses compagnons. Les herbes craquèrent sous ses pieds, la poussière se déposa sur ses bottes et le bas de son pantalon. Il ne chercha pas à l’essuyer. Il dévala la dune sans prêter attention à d’éventuels obstacles.

            Les vagues s’étalaient calmement sur le sable grossier. Les rouleaux blancs d’écume cavalcadaient dans toute la crique en un chuchotement rassurant. À l’occasion, les galets polis par l’océan s’entrechoquaient les uns contre les autres, emportant avec eux des algues fines et luisantes qui, une fois sèches, couronneraient la limite de la marée.

            À quelques encablures, le Lotus Noir attendait. À mi-chemin entre le navire et la plage se trouvait Samuel, à bord de la chaloupe. Comment avait-il pu parvenir jusqu’ici aussi vite ? Le chemin qu’ils avaient pris ne longeait pas la côte.

            Alban était content de le voir. Il voulait rentrer à bord. Ce serait déjà un soulagement. Le moindre mouvement lui coûtait. Les paupières lourdes, il aurait pu s’endormir sur-le-champ s’il s’était assis. Il entendit du bruit derrière lui. Sur la crête de la dune coiffée de buissons dégarnis, le Capitaine arrivait. Elle dégringola la butte. Ses bottes s’enfonçaient dans le sable en créant de grandes avalanches dorées. Le teint pâle, les yeux rouges et fuyants, elle les rejoignit et échangea à voix basse avec Killian. Le second, visiblement touché, esquissa un geste de réconfort en souriant tristement. Hector s’approcha et confia le carnet à Erin en lui prenant les mains.

 — C’est le petit qui l’a trouvé.

Le Capitaine adressa un signe de tête reconnaissant à Alban, avant d’examiner la reliure sous toutes les coutures. Elle huma le parfum de la fleur, caressa brièvement le cuir, intriguée.

            Alban s’en voulait. À cause de lui, le pire cauchemar d’Erin s’était réalisé. Il en savait long, sur les cauchemars. Il voulut lui dire qu’il partageait sa douleur, s’excuser, n’importe quoi, mais lorsqu’il ouvrit la bouche, il ne produisit aucun son. Il tenta de forcer, mais sa gorge se serra davantage et il se mit à tousser. Le temps de se redonner une contenance, Samuel débarquait et venait vers eux d’un air enjoué :

— Tiens ? Il n’y a que vous ? Alors comment ça s’est passé ? Je viens juste de déposer Martial, c’est pour ça que j’étais déjà à l’eau…

Il s’interrompit devant leurs mines défaites et devint grave. S’il devina le résultat de leur expédition, il n’en laissa rien paraître. Une fois qu’ils furent tous montés dans la chaloupe, il commença à ramer vigoureusement jusqu’au bateau. À défaut d’apaiser sa peine, le bercement calma l’angoisse d’Alban pour un instant.

À les voir aussi bouleversés, Samuel tenta une esquive et les informa de la situation à bord. L’équipage avait passé une grande partie de la soirée à essayer de raisonner Martial, dont la position n’avait pas bougé d’un iota. Ils n’avaient rien tiré de lui et finalement, après une nuit tranquille, Samuel s’était dévoué pour le conduire à terre au matin.

— Quel fichu caractère, vraiment ! conclut-il.

Arrivés tout contre la coque du Lotus, ils grimpèrent à l’échelle de corde que les matelots avaient installée. Alban remonta en dernier et aida Samuel à amarrer la chaloupe. Le Capitaine et Hector se partageaient le récit de la nuit et il ne se sentait pas de revivre ça tout de suite. Le silence tomba sur le pont lorsqu’Erin annonça la mort du Naufrageur :

— Il a pris la mer une dernière fois sur le golfe.

Alban admira sa dignité. Jusque dans la défaite, et peu importe l’immensité de son chagrin, elle semblait inébranlable. Où trouvait-elle donc la force de faire face ? De ne pas s’effondrer ? Il repensa à cette nuit, où elle lui était apparue si vulnérable. Elle n’avait rien de fragile, au contraire. Jamais il n’avait rencontré autant de courage et de ténacité chez une seule personne.

Il tressaillit lorsque quelqu’un tapa du pied derrière lui. Il se retourna et vit La Bombarde qui, lentement, frappa le pont une nouvelle fois. Un par un, les marins le suivirent en cadence. Le Lotus Noir battait presque la mesure, lui aussi, se soulevant de haut en bas au rythme des vagues. Chaque claquement sur le bois résonnait avec la puissance d’un coup de canon, plus solennel encore que n’importe quel tambour, plus impressionnant qu’un grondement de tonnerre.

Les épaules d’Erin s’affaissèrent en un soupir ; elle dégagea la fleur blanche du carnet et la saisit délicatement entre deux doigts. Elle marcha jusqu’au bastingage et la jeta par-dessus bord. Ses hommes demeurèrent en place, dans un silence respectueux, jusqu’à ce que la porte de ses quartiers se referme sur elle.

            La vie revint sur le pont. Alban prit conscience de certains visages tournés vers lui. Il n’arriverait pas à les affronter. Il voulait disparaître. Le ventre agité de ce qui n’allait pas tarder à se transformer en sanglots, il secoua la tête lorsque Maugis s’avança vers lui et se précipita vers le hauban le plus proche.  

            Les premières larmes roulèrent sur ses joues lorsque ses mains se posèrent sur la hune. Il s’adossa au mât et laissa enfin libre cours à son désespoir.

 

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Jowie
Posté le 17/05/2020
Oh là là ! Je reviens ici pour rattrapper mon retard dans ma PAL et j'en ressors toute émue xD La tempête, puis le retour de l'espoir quand Miguel annonce que oui, le Naufrageur est tout près m'a donné des frissons : Alban était si prêt de son but, de trouver la personne qui répondrait à toutes ses questions. Et là, en autrice machiavélique, tu nous balance THE retournement : le Naufrageur vient d'être assassinné ! La douleur d'Alban et d'Erin est vraiment perceptible et tu as montré subtilement qu'ils ont tous les deux une manière différente d'affronter le deuil. Je suis vraiment désolée pour eux, qui doivent être tellement attristés, frustrés et déçus ! Surtout Erin, qui après tout, voulait renouer avec lui :(( Je suis d'accord : ce meurtre ne peut pas être une coïcidence; c'est quand même fou que c'est arrivé le même jour à midi, comme si quelqu'un savait qu'ils viendraient et ne voulait pas qu'ils apprennent des choses ? Ou alors, y aurait-il un traître sur le Lotus Noir (ça m'étonnerait, quand même, mais on ne sait jamais!). Une autre possibilité est que le Naufrageur ait été impliqué dans une affaire douteuse qui s'est retournée contre lui... Je ne sais pas xD En tout cas, je suis certaine que ce petit carnet n'est pas innocent et qu'il fournira un indice ou deux (je croise les doigts pour que ce soit un journal intime hahah). Du coup, ces chapitres nous laisse avec plus de questions que de réponses: Qui a tué le Naufrageur et pourquoi ? Et que vont faire Erin et Alban maintenant ?

Moi, après tout ça, je sais ce qu'il me faut : du thé vert et du repos xD

Petit pinaillement:
Chapitre 21 : “Alban et les deux autres” → comme ça faisait un moment depuis ma dernière session de lecture, je ne savais pas exactement qui étaient ces “deux autres”


Je me réjouis de poursuivre :)
Mary
Posté le 17/05/2020
Coucou Jowie !

Que d'émotions ! Désolée pour cette fausse joie (non, j'assume à 100% mon sadisme d'autrice XD)
Je suis heureuse que tout cela t'ait plu !
Tes pistes et réflexions sont très intéressantes, mais tu te doutes bien que je ne vais pas y répondre ici, mouhahahaha. Sache seulement que tu es arrivée à peu près au moment où c'est le plus gros bazar. Là tu as touché le fond XD

Bon thé, bon repos, merci pour ton adorable commentaire et à bientôt pour la suite !
Aliceetlescrayons
Posté le 09/09/2019
C'est vraiment un chapitre extrêmement émouvant.
Je ne sais pas pourquoi mais ce paragraphe m'a particulièrement tapé dans l'oeil :
" Les vagues s’étalaient calmement sur le sable grossier. Les rouleaux blancs d’écume cavalcadaient dans toute la crique en un chuchotement rassurant. À l’occasion, les galets polis par l’océan s’entrechoquaient les uns contre les autres, emportant avec eux des algues fines et luisantes qui, une fois sèches, couronneraient la limite de la marée."
Sincèrement, je me sentais presque au bord de l'océan.

Ceci étant, je dois avouer que même en lisant ce chapitre avec beaucoup de plaisir, je me suis fait un peu la même réflexion qu'Isapass. Pour moi, que ceux qui le connaissaient soient tristes de la mort du Naufrageur, c'est normal mais l'émotion d'Alban se place ailleurs : sur sa quête avortée. Pourtant, je n'ai pas vraiment envie que tu changes quoi que ce soit parce que c'est vraiment trop beau... :D
Mary
Posté le 09/09/2019
Oh c'est trop gentil ! Comme je le disais à Isapass, l'important pour moi dans ce chapitre est de montrer le choc d'Alban. Il ne parle pas, c'est juste une boule d'émotion qui se retrouve assaillie par la tristesse des autres autour de lui. Ce qui concerne Alban vient après :)
Elia
Posté le 08/09/2019
Je m'apprêtais encore à passer mais voilà que FPA me signale que je suis arrivée au bout de ma lecture !
Globalement, je trouve peu de choses à redire. J'ai beaucoup aimé même si tu es sadique le revirement de situation auprès du naufrageur. Je me demande qui a pu le tuer et j'ai même commencé à soupçonner Martial mais visiblement Samuel l'a déposé à terre après le meurtre et puis c'est vrai qu'il n'a pas de motif apparent.
Ces aventures m'ont permis de mieux connaître la capitaine que j'apprécie beaucoup. Elle est humaine, badass, charismatique, elle est très réussie !
Pour les funérailles du Naufrageur, j'ai été moins émue qu'au moment de la découverte de son corps, je ne sais pas trop pourquoi. C'est bien écrit, y a une certaine émotion mais je l'ai lu plus vite que les autres pour être honnête.
Je me pose aussi beaucoup de questions sur Martial ! Que nous cache-t-il ?
J'attends la suite avec impatience !
Mary
Posté le 08/09/2019
Aaah oui, là, c'est la vacherie XD Effectivement, ce n'est pas Martial. Promis, une fois, que le Lotus sera terminé, je vous ferai un historique des versions parce que ce passage a été modifié pas mal de fois.
Mais tu as raison, ce n'est pas Martial qui a tué le Naufrageur.
J'aime beaucoup le personnage du Capitaine, moi aussi. Elle est très "rigide" à écrire, elle ne laisse rien paraître, mais je trouve qu'elle a la classe :D
Merci pour tous tes commentaires !
Isapass
Posté le 28/08/2019
Bon, je vais être un peu dure, mais ce chapitre m'a un peu laissée sur ma faim. Il est vraiment très beau et très bien écrit (y compris les chansons !) et me connaissant, je suis sûre que j'aurais versé ma larme s'il parlait de la mort d'un personnage qu'on connaît.
Oui mais voilà, finalement, le Naufrageur, on ne l'a jamais rencontré. Moi je n'avais aucune image de lui à part le manteau. Je n'arrive pas à pleurer pour la mort de quelqu'un que je ne connais pas. Or, j'ai un peu l'impression que ce chapitre a pour objectif de créer de l'émotion. Ce n'est pas un reproche (j'adore avoir des émotions, autant de la tristesse que du rire ou de la peur) mais pour moi, ça n'a pas vraiment marché.
Le Naufrageur, pour moi, c'est un enjeu pour Alban (et pour Erin, mais l'histoire n'est pas racontée de son pov), un peu comme un objet désiré, mais il n'a pas vraiment pris corps dans l'histoire. A tel point que je ne trouve pas que ce soit justifié de consacrer tout un chapitre à ses funérailles.
Je pense que j'aurais plus ressenti la tristesse de sa mort si tu insistais plus sur ce qu'elle signifie pour Alban. Certes, on devine bien que s'il est si triste, c'est parce que ça marque la fin avortée de sa quête (et peut-être par empathie pour Erin ?), mais ce n'est pas vraiment dit. Depuis le début de l'histoire, et pour lui depuis des années, il ne vit que pour rencontrer cet homme qui l'aidera à SAVOIR. Et là, tout d'un coup tous ses espoirs, tout ce qui le fait avancer depuis toujours, est ruiné. Moi je trouve ça plus triste, ce vide qu'il doit sentir sous ses pieds, que la disparition du Naufrageur.
Bref, c'est tout à fait personnel (j'ai cru voir que les autres comm étaient enthousiastes) mais pour moi il manque un peu de développement sur le ressenti d'Alban (et pourquoi pas d'Erin) pour que ce chapitre soit encore plus émouvant. Car cette mort n'a d'intérêt que pour les personnages qu'on suit et qu'on aime (tellement !), mais pas par elle-même. Bon, c'est un peu violent, parce qu'évidemment elle a aussi une valeur narrative, mais je parle de l'émotion.
A ta dispo pour en reparler (mais si ce n'est que moi, bien sûr, laisse tomber !)
Mary
Posté le 28/08/2019
Ce que tu dis est tout à fait vrai, en soi, le Naufrageur, pardon mais on s'en foutrait royal si:
- on aimait pas les persos
- et surtout si TOUT le plan d'Alban reposait pas sur lui.

Ce que j'ai essayé de faire passer dans ce chapitre, c'est l'état de choc d'Alban. C'est entre autres pour ça qu'il ne parle pas, il n'y arrive tout simplement pas. Il reste en retrait et essaie de se protéger, mais se prends quand même la tristesse de ses compagnons en plein tronche.
Pour lui, c'est tellement dramatique, ce qu'il vient de se passer et les conséquences, qu'il est en black-out complet.
Ses sentiments d'échec, de vide, etc, arrivent en début du prochain chapitre, une fois qu'il s'autorise à pleurer pour de bon et qu'il est tout seul pour réfléchir.
Erin y passera aussi...à sa manière - comme tu le dis, l'histoire n'est pas racontée de son point de vue.
Pareil, on en reparle quand tu veux !
Litchie
Posté le 28/08/2019
J'aime beauuucoup ce chapitre, plus que le précédent ! Il est très émouvant (je trouve que tu t'en tires trèèès bien d'ailleurs, quand il s'agit de faire pleurer :p). La première scène des funérailles est très chouette.

J'ai juste noté deux petites choses :

La première c'est "on l’aurait dite faite de verre, capable de se briser au moindre mouvement. " le mot capable me gêne car pour moi "capable" indique une idée de volonté et quelque chose de positif (genre je suis capable de parler anglais, il est capable de sauter très haut...) mais dans le cas de la phrase si elle se casse ce n'est pas de sa volonté propre. Je sais pas si je suis claire !

L'autre chose c'est qu'il y a beaucoup d'adverbes en -ment sur ce chapitre, surtout sur le paragraphe qui commence par "complètement hagard" (suivi de rapidement, franchement, vaguement). Ce n'est pas HYPER gênant mais vu que je l'ai noté je préfère te le faire remarquer :D
Mary
Posté le 28/08/2019
Hahaha désolée si j'ai causé quelques larmes ! C'est moi ou tu aimes souffrir haha?
Oui, c'est vrai, sorti de son contexte, le "capable" détonne un peu. Je vais essayer de trouver mieux.

Ah les adverbes...j'ai une passion pour les adverbes. Je vais essayer de me limiter un peu, merci ><
Litchie
Posté le 28/08/2019
Peut-être xD j'aime bien les histoires tristes.

Moi aussi... je trouve ça cool les adverbes, mais on m'a déjà fait la remarque du coup je les cherche maintenant ;;
Sorryf
Posté le 27/08/2019
Chapitre très beau et triste, très emouvant.
Erin et Killian sont trop mignons ensemble <3
Alban est un peu en retrait dans ce chapitre et je trouve ça très bien.
J'ai été hyper ému par le passage ou il le remercie dans sa tete de lui avoir sauvé la vie, d'avoir été l'ami de ses parents.
Effectivement, Qu'est-ce qu'ils vont faire maintenant? Ou est-ce qu'ils vont aller? J'ai hate de le savoir !
Mary
Posté le 27/08/2019
Merciii !
Oui, j'ai surnommé ce chapitre le chapitre "silence" vu qu'Alban est totalement muet XD
On arrive à la dernière partie, là. Tu vas avoir tes réponses, il reste environ 10 chapitres, peut-être un peu plus, ça va dépendre du découpage, je vais m'atteler à sa préparation cet après-midi.
Dan Administratrice
Posté le 27/08/2019
Vraiment très touchant ce chapitre. J'ai beaucoup aimé qu'Alban ne dise rien, qu'il intériorise tout, à la fois parce qu'il doit gérer cette espèce de frustration mêlée de chagrin et à la fois par respect pour les autres membres de l'équipage et Erin surtout. C'est vrai qu'elle prend la chose avec une sacrée résistance, même si on se doute qu'elle essaye seulement de garder la face devant ses hommes et qu'en privé elle s'autorise peut-être à se laisser aller (ce qui ne lui donnerait pas l'air moins forte à mon avis).

Je commence de plus en plus à me demander s'il n'y a pas quelque chose entre elle et Killian, d'ailleurs...

J'ai encore adoré les descriptions, la façon dont elles servent l'histoire, tout ce que ça évoque, les fleurs pour accompagner le corps, les oiseaux qui pleurent... C'était vraiment très riche et très touchant, pour un homme qu'on ne connaissait finalement pas...

Si je devais émettre une toute petite réserve, c'est sur la présence de deux chansons dans ce chapitre ; la première a eu un énorme effet sur moi, j'ai trouvé que ça tordait encore plus le cœur, mais du coup, la deuxième, pour moi, ça ressemblait à de l'acharnement x'D Je comprends qu'à la première ils étaient en petit comité et que le reste des hommes veuille rendre leurs hommages, mais j'ai eu la sensation que t'avais déjà épuisé le "truc", utilisé la tactique une fois, alors ça m'a moins convaincue la deuxième. Évidemment c'est seulement un avis très très personnel hein ! Ça ne m'a pas du tout empêchée d'apprécier ce chapitre à sa juste valeur ♥

A bientôt pour la suite !
Mary
Posté le 27/08/2019
Aaah merci pour les chansons. Je vais voir ce que ça donne avec les autres plumes, mais je me suis demandée à un moment si ça ne faisait pas trop. J'enlèverai la deuxième sans problème (ou je la recaserai ailleurs, parce que je l'aime bien quand même).
Erin arrive à se laisser aller en privé, oui, mais son conditionnement pour arriver à sa place actuelle, et la garder, fait qu'elle s'est construit une carapace assez résistante.
Pour les fleurs, figure-toi que c'est une tradition en fait. Si les marins avaient des fleurs à portée de main, ils les lançaient par-dessus bord. La chanson "Frères du port" de Soldat Louis en parle très bien, je trouve.
Je t'envoie un MP pour le reste ;)
Dan Administratrice
Posté le 28/08/2019
Non effectivement ce serait trop dommage de la supprimer complètement, la deuxième chanson ! Si tu peux la caser ailleurs ça serait chouette, dans l'optique où tu déciderais de l'enlever d'ici évidemment.

Je trouve ça vraiment beau comme tradition, et puis ça m'étonne pas que ça existe parce que ton histoire a l'air extrêmement bien documentée !
Mary
Posté le 28/08/2019
J'ai essayé de faire au mieux :D Au besoin j'arrange un peu, mais normalement, y'a pas d'aberration haha
Renarde
Posté le 26/08/2019
Punaise, cela ne m'a pas réussi de lire l'histoire de Léthé avant... C'est triste, c'est émouvant, et moi tout ce qui m'importe c'est de savoir ce qu'il y a dans le carnet XD
Je vire curieuse insensible... Ou j'imagine que je n'étais pas attachée personnellement au Naufrageur, du coup je suis plus loin des émotions des personnages (qui sont très bien décrites au passage). Cela aurait été un membre de l'équipage, j'aurais été sans doute plus affectée. Là, ce sont les mystères en suspens qui me titillent.
Les chansons sont de toi ?
Mary
Posté le 26/08/2019
Je ne suis pas cruelle au point de tuer mes persos. C'est un cap que je ne me sens pas encore prête à franchir. Mon but était pas de vous faire un chapitre où verser toutes les larmes de votre corps. Alban est plus désespéré par le timing et la mise en échec de ses projets que par un réel lien affectif avec le Naufrageur. Il lui a sauvé la vie, ce n'est pas rien, mais il n'a pas de *souvenir* avec lui.
Non, pour les chansons, j'avais pensé les créer sur mesure, mais j'ai préféré prendre des chansons traditionnelles de marin. Quitte à faire dans l'historique, autant jouer le jeu à fond !
Gabhany
Posté le 26/08/2019
Je l'ai trouvé très emouvant, ce chapitre. Les émotions d'Alban sont bien écrites, bien montrées, je dirais même ;) le pauvre, il touchait presque au but … et pauvre Erin aussi… ah, j'espère que les choses vont s'améliorer pour eux !! Et d'abord, qui donc a assassiné le Naufrageur ?
Ah et, je ne sais pas si je l'ai déjà dit, mais je les vois bien ensemble Alban et le Capitaine XD je sais bien qu'il y a Nora et tout, mais bon ^^
Mary
Posté le 26/08/2019
Aaah, je ne peux pas répondre à cette question XD
Merci pour ta remarque sur les émotions, c'est d'autant plus apprécié que c'est un chapitre où Alban ne parle pas, je devais donc faire passer beaucoup de choses d'une autre manière.
Oui, tu me l'as déjà dit, mais non, décidément non haha XD En plus.... bon j'aurais bien un truc à dire, mais faut que tu acceptes un mini-spoil (vraiment mini, car on le devine, je n'en parle jamais explicitement. Il n'y en a qu'une qui a trouvé pour le moment !)
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