Chapitre 23 : Le lien

Par Isapass
Notes de l’auteur : Cher.e lecteur.rice, prépare tes mirettes, il y a beaucoup d'italique. Je m'en excuse car je sais que c'est moyennasse pour le confort de lecture, mais en termes de cohérence, je n'ai pas trouvé comment faire autrement. Si tu as des idées, n'hésite pas à m'en faire part !

Chapitre 23 : Le lien

 

 

Venzald

 

– Tu peux m’entendre ?

– 

– Venzald ?

– Oui ! Comment… Tu es guéri ? Tu peux parler sans avoir mal ?

– Iselmar a préparé une potion qui me permet d’utiliser mon pouvoir. Pas très longtemps, car mon cœur donne vite des signes de faiblesse, mais je vais pouvoir te raconter ce qui se passe ici !

– Oh mon frère, quel bonheur d’entendre ta voix ! Iselmar, dis-tu ? Ça alors…

– Oui, figure-toi qu’après avoir presque succombé aux appels du Haut-Savoir, il veut maintenant se racheter. Il pense que pour perfectionner son remède, il aurait besoin d’Ensgarde.

– Raconte-moi tout ! Depuis quand es-tu réveillé ? Comment vont Elvire et Flore ?

– Attends. Avant tout, tu dois me rendre un service urgent. Peux-tu demander à Albérac s’il connaît un nommé Lancel de Kelm ? Et si c’est le cas, qu’est-ce qu’il sait sur lui ? Quant aux sœurs de Hénan, justement, j’ai une… nouvelle à t’apprendre.

 

***

 

– Mariés ? s’écria Alix qui en lâcha son bol avant d’éclater de rire. Je n’y avais jamais pensé, mais finalement, c’est parfait ! Ils vont si bien ensemble !

– Comme Flore s’était absentée, si j’ai bien compris, ils ont demandé à un petit valet de leur servir de témoin et c’est Abzal qui les a mariés. En revanche, je ne crois pas que ça se soit décidé parce qu’ils étaient bien assortis, tempéra Venzald avec une grimace.

Il rapporta à ses compagnons une version atténuée de ce que Themerid lui avait raconté, par égard pour la sensibilité d’Alix et pour la pudeur d’Elvire. Il avait aussi senti son frère réticent à s’étendre sur le sujet, même s’il ne comprenait pas clairement pourquoi. Il aurait pourtant dû se montrer fier de son dévouement, bien que la jeune mariée soit loin de représenter un sacrifice. Le temps où elle leur confisquait si souvent la victoire de leurs jeux était bien révolu ; elle s’était déjà adoucie lorsqu’elle venait lui tenir compagnie aux Cimiantes, pour l’empêcher de devenir fou, cloué au lit par le sommeil de Themerid.

Il leur raconta également tout ce dont Themerid avait pu lui parler avant que son cœur donne des signes de protestation.

– Conrad de Bran, vivant ! termina-t-il. Ça, c’est une nouvelle précieuse pour Cazalyne !

– Je me souviens de ce petit Bréol, intervint Ensgarde, les yeux dans le vague. J’avais d’ailleurs mis en garde Albérac contre lui après qu’il m’ait interdit l’accès au château, le jour de la mort du roi.

Le nom du précepteur jeta un silence sur la conversation. Quand ils étaient partis de Rizia, cinq jours auparavant, il avait suivi son idée pour se diriger vers Teleria après de brefs adieux. Depuis, son absence planait au-dessus d’eux comme un nuage d’orage menaçant d’éclater. Pique-Cerle, magnanime, avait bien essayé de le défendre en disant qu’il aurait probablement pris la même décision s’il s’était agi de retrouver sa femme, la mère de la reine Almena, qu’il chérissait. Cependant, il semblait lui-même si étonné par le choix de l’aventurier que personne ne fut convaincu. À chaque apparition de son nom dans la conversation, les visages se renfrognaient, Alix pestait avec virulence, Venzald sentait son ventre se contracter sous la colère. Il avait beau se répéter que chacun était libre de sa vie, qu’Albérac avait bien droit au bonheur après avoir consacré tant d’années à l’instruction des princes, il restait persuadé que le précepteur se trompait et qu’il le regretterait. Il aurait voulu en discuter avec Ensgarde qu’il estimait bonne juge de l’âme humaine, mais préférait laisser passer du temps pour s’apaiser.

– Je vais réfléchir à une médication pour Themerid, déclara la guérisseuse. Iselmar a dû bien s’améliorer s’il admet avoir besoin d’aide.

La remarque fit sourire le prince et allégea l’atmosphère. Alix retrouva de l’entrain ; elle disserta tout le reste de la soirée sur le mariage de sa sœur et de Themerid qui l’enthousiasmait. Sa bonne humeur contamina les autres, d’autant que, inspirée par leur récent passage sur les lieux, elle finit par mimer les exploits que Venzald avait accomplis à l’allée dans le désert des vagues rouges, sous l’effet de l’herbe-à-voler.

Le garçon s’endormit en espérant que dès le lendemain, il pourrait de nouveau échanger avec son frère.

 

***

 

– Mort ? Est-ce qu’il aurait été assassiné ?

– Même pas. Il semble qu’il se soit éteint tout à coup, le nez dans un manuscrit. C’est que le bonhomme cumulait les années ! Il donnait l’impression d’approcher les cent ans. Pour tout te dire, je préfère ça : je craignais qu’il ne se fasse repérer et qu’il soit emprisonné pour manquement à son serment de Maître-Juriste.

– Mais alors, il n’y a plus personne pour effectuer ces recherches sur les héritiers à la couronne ?

– Eh bien, il se trouve qu’Elvire a tenté de reprendre le flambeau une première fois, sans succès. Depuis, je suis retourné aux archives avec elle. Nous nous disons qu’à deux, nous aurons plus de chances de comprendre la Loi Régalienne et la généalogie du royaume.

– Vous avez trouvé quelque chose ?

– Sur la succession, pas tellement, mais en consultant d’anciens jugements du Conseil légaliste, je suis tombé sur le nom d’Erkven Deryn.

– Le père d’Abzal !

– Exactement. J’y ai découvert qu’il était d’origine marmanienne. Quand j’ai poussé plus loin mes recherches, j’ai compris que son départ de la cour coïncidait avec une période de troubles entre Cazalyne et Marmane. Tu sais que les relations ont toujours été tendues entre les deux royaumes. Il a sans doute été soupçonné d’espionnage ou de coalition avec l’ennemi.

– Bien sûr ! Ça expliquerait sa disparition si brutale !

 

***

 

– Est-ce que la distribution a commencé ?

– Oui, tous les jours, de pleins chariots de yérélithe quittent Nerfer vers les quatre coins du royaume. Nous avons de la chance : le prévôt est un vieil Érudit doté d’un sérieux penchant pour le vin d’ajonc et Polmus, le gouverneur, collabore pleinement avec nous. Nous suivons les voies mises en place pour l’albrui. J’espère que l’antidote sera efficace. À Terce, la disette produit un peu moins de ravages, mais dans les provinces, le peuple est affamé, les bûchers funéraires se comptent par milliers chaque lune.

– Même depuis que Godmert est responsable de la distribution de blé ?

– Il a raconté à Elvire qu’il avait commencé à augmenter les rations dès sa nomination. Au début, ça a bien fonctionné, mais Bréol s’en est aperçu et lui a demandé des comptes. Il a dû faire marche arrière, malheureusement, sous peine de perdre son poste. Il a préféré obéir pour rester ministre, en se disant qu’il pourrait être utile autrement.

– Godmert, obéir ? Ça a dû lui coûter !

– J’aurais bien voulu voir la scène ! Je crois qu’il s’est consolé en lui annonçant qu’Elvire était mariée. Apparemment, Bréol a failli s’étouffer !

– Et lui, et Mélie, comment ont-ils réagi ?

– Mélie se trouve à Arc-Ansange ; nous n’avons pas encore reçu de nouvelles. Quant à Godmert, il nous a dévisagés avec des yeux ronds, en devenant tout rouge…

– Je visualise très bien !

– … avant d’éclater de rire en se demandant comment il avait pu ne pas penser lui-même à cette solution !

 

***

 

– Et les visions ? Moi, je n’y parviens pas, sauf une seule fois alors que j’ignorais que nous étions des devineurs. Je t’ai vu toi et c’est comme ça que j’ai compris.

– Eh bien, je suis arrivé à en provoquer quand j’en ai eu besoin, mais c’est très fatigant. Et puis surtout, ça me rend vulnérable, car je suis totalement coupé de la réalité dans laquelle je me trouve. En outre, comme je vois par les yeux de quelqu’un d’autre sans qu’il le sache, je pense que c’est très indiscret. Pas autant que de lire dans l’esprit de quelqu’un sans son consentement — ça, c’est vraiment interdit —, mais presque.

– 

– Non, tu n’as pas fait ça, tout de même !

– Si, sur Elvire, une fois. Heureusement, il semble qu’elle m’ait pardonné. Et plus récemment, j’ai failli tuer ce pauvre Iselmar. Parce que ce n’est pas seulement très discutable, c’est aussi mortel !

– Je savais que c’était dangereux, en effet. Je trouve ça très bien, d’ailleurs, ça évite les tentations.

– Crois-moi, je ne recommencerai pas !

 

***

 

– Alors, le… le mariage, c’est comment ?

– Tu sais, ça n’en est pas vraiment un. Enfin, nous faisons ce qu’il faut pour que tout le monde le croie, mais…

– Ce qu’il faut ?

– Le soir même, elle a dormi dans mes appartements, pour que personne ne puisse douter que nous avions… consommé. Comme il n’y avait qu’un lit, j’ai couché sur une banquette. Depuis, nous en avons fait ajouter un second, comme il sied à une chambre matrimoniale et elle a emménagé là. Même les résistants pensent que nous sommes amoureux. Le seigneur Warin m’a gentiment reproché d’avoir mené les choses si discrètement. Une grande célébration aurait donné de l’espoir au peuple, m’a-t-il dit.

– Il ignorait la situation.

– Mais… rien n’a changé entre nous. Nous sommes bons amis. Très bons amis, même. C’est Elvire, tu vois, celle que nous connaissons depuis toujours.

– 

– 

– Themerid ?

– Oui, quoi ?

– Je suis désolé. Un jour, elle viendra peut-être vers toi ? Moi j’y crois.

 

***

 

– On compte maintenant huit Érudits tués, tu imagines ? Dont cinq assassinés dans l’enceinte même des Cimiantes !

– Et personne ne sait qui est l’auteur de ces meurtres ?

– Non. Moi je n’en ai aucune idée. Je soupçonne Lancel de Kelm. Il en a les capacités et cela expliquerait qu’il puisse les approcher sans qu’ils se méfient.

– Tu commences donc à penser qu’il est bien de notre côté ?

– En fait, je suis perdu. J’ai envie de le croire, mais c’est loin de suffire. Quel dommage qu’Albérac n’ait pas continué avec vous !

– Je ne te le fais pas dire !

– Cependant, il faut reconnaître que le sort de ses semblables prouve ce qu’il t’a raconté. D’après Dame Renaude, les invertis ont toujours été mal lotis, mais aujourd’hui, ils constituent la nouvelle cible de l’Ordre et je t’assure que leurs dépouilles font peur à voir.

– 

– Et ça ne s’arrête pas là, les exactions s’aggravent. Tous ceux qui possèdent la moindre différence par rapport à la majorité des habitants de Cazalyne sont molestés, emprisonnés, voire pire. La peau plus foncée, une malformation, l’esprit un peu léger, la cécité, le mutisme… Tout est prétexte à être enfermé dans d’épouvantables conditions ou même pendu.

– Quelle horreur !

– Conrad et ses groupes armés multiplient les attaques pour libérer les prisonniers, mais ça ne suffit pas. En plus, nous avons perdu des hommes au cours d’un assaut qui a mal tourné.

– Ils sont morts ?

– Nous en avons la certitude. Les pélégris les ont arrêtés. L’un d’eux s’est échappé et nous a raconté que le prévôt de Tercebrune, Keil Fadom — un bourreau-né, celui-là ! — les avait passés à la question. Le Haut-Savoir est sur les dents à cause des meurtres et de nos actions, alors nous nous y attendions. Iselmar fournit à nos combattants des petites doses de poison.

– Pourquoi ?

– Eh bien… pour qu’ils n’aient pas à supporter la torture.

– Ils se donnent la mort ? Et ils épargnent ainsi le réseau… Quel courage !

– J’ai honte, souvent, de ne pas prendre part à cette guerre plus activement. Elvire et le seigneur Conrad ont beau me dire que me mettre en danger ne servirait à rien, parfois je me méprise moi-même… Pourtant, je ne serais guère utile ; je sais à peine tenir une épée, je suis faible.

 

***

 

– Elvire voudrait des nouvelles de sa sœur. Comment va-t-elle ? Est-ce qu’elle n’est pas trop éprouvée par votre expédition ?

– Pas du tout ! On la dirait taillée pour cette vie ! C’est une aventurière !

– Notre petite Alix ? Celle qui tapait du pied quand elle perdait aux jeux ?

– Vous ne la reconnaîtrez pas quand nous reviendrons. Elle déborde d’entrain, elle est vive, volontaire. C’est elle qui nous nourrit, en chassant avec son arc !

– C’est vrai que je ne l’ai pas vu depuis plus d’une année, elle a dû bien changer.

– Je ne sais pas, elle est comme ça depuis le début du voyage. En fait, si nous ne l’avions pas, je crois que plus d’une fois nous aurions sombré dans le découragement. Le hasard a bien fait les choses en l’entraînant dans ce voyage ! Je ne suis pas le seul à le penser, d’ailleurs. Notre grand-père l’adore et elle parvient même à dérider Ensgarde !

– Je suis si impatient de vous revoir, tous !

– Et Flore, tu ne m’as raconté grand-chose à propos d’elle. Elle prend part aux actions de la résistance, elle aussi ? Est-ce qu’elle… parle de moi, de temps en temps ?

– 

– Qu’y a-t-il ? Quelque chose que tu ne me dis pas ?

– Oui, c’est vrai. J’ai voulu vous épargner, Alix et toi, tant que nous n’étions pas très sûrs, mais elle a disparu.

– Vous ne savez pas où elle se trouve ?

– Non. Au début, ça nous a plutôt soulagés, parce que quand Bréol a appris notre mariage, il était fou de rage et nous avons craint qu’il s’en prenne à elle, comme il en avait menacé Elvire. Avec ses yeux, il serait facile de la faire pendre pour mange-pensée.

– Ne dis pas ça !

– Seulement, elle ne s’est montrée ni au château ni au quartier général du réseau depuis dix jours maintenant. Or, elle est partie après une réprimande de ma part… Nous sommes très inquiets.

– Mais pourquoi l’as-tu réprimandée ? Tu es fou ! Flore ne ferait jamais rien de mal !

– Je ne l’ai pas fait de gaieté de cœur, crois-moi. Tu ne sais pas, elle… elle a changé, ces derniers temps, même Elvire le reconnaît. Peut-être a-t-elle vu la mort de trop près.

– 

– Nous continuons à la chercher, ne t’inquiète pas. Marden, par exemple, le devineur dont je t’ai parlé, il retourne la ville pour la trouver. Je suis sûr qu’il y parviendra.

– Flore

 

***

 

Après douze jours de chevauchée, les voyageurs abordèrent un vaste plateau boisé, seule étape de l’allée qui leur avait causé quelques sueurs froides. La forêt, tapissée de fourrés inextricables entre de gigantesques feuillus aux troncs sombres, abritait en effet une faune moins pacifique que sur le reste du trajet. Ils reconnurent rapidement les rugissements des pouligres, ces massifs félins blancs aux oreilles aussi rondes que leurs crocs étaient longs et pointus, dont ils avaient aperçu plusieurs représentants lors du premier passage. Albérac leur avait également signalé que des urus dorés habitaient la région. Ils étaient certes plus petits que les urus-crâne d’Hiverine, mais pour autant, il valait mieux éviter les rencontres.

Ils établirent le premier campement au centre d’une clairière, adossé à la face nord d’un rocher d’une cinquantaine de pieds de haut. Pendant que Venzald et Ensgarde déchargeaient les chevaux, Alix et Pique-Cerle s’employèrent à ramasser le plus de bois possible, pour pouvoir alimenter un feu toute la nuit afin de maintenir les bêtes à distance respectable. Après le souper et une courte veillée, Venzald prit le premier tour de garde. Il s’assit confortablement contre le rocher, son épée à portée de main, et laissa dériver ses pensées en regardant ses compagnons tomber peu à peu dans le sommeil. Pour le moment, Pique-Cerle ne ronflait pas trop, ce qui lui permettait de percevoir les sons de l’environnement sylvestre. Le prince hésita à contacter son frère, mais préféra s’abstenir pour rester concentré. C’était pourtant tentant ! Il avait eu quelques instants de crainte quand Themerid lui avait parlé : et s’ils se comprenaient moins bien qu’avant ? Si toutes ces lunes éloignées l’un de l’autre avaient coupé le lien entre eux ? Celui-ci résidait peut-être dans les quelques pouces de peau qui les attachaient physiquement ? L’angoisse n’avait pas duré, cependant. C’était étrange de ne pas vivre la même chose, pourtant, bien que séparés par des milliers de lieues, il ressentait toujours aussi instinctivement ce qui animait son jumeau. Qu’est-ce que ce serait lorsqu’ils seraient réunis !

Soudain, il entendit des craquements à moins d’une trentaine de pas. Un animal avançait à pas lents vers le camp. Il se rendit compte que le rocher gênait sa perception. L’écran qu’il formait l’empêchait de savoir de quel côté venait le danger. Il sauta sur ses pieds, la poignée de l’épée bien serrée dans sa main, et attendit, immobile, que l’origine du bruit se précise. À nouveau, des claquements de bois brisé retentirent dans le calme, depuis l’ouest. Du coin de l’œil, Venzald aperçut Alix qui se levait en armant son arc. En s’écartant du feu qui perturbait sa vue, elle scrutait le même point obscur que lui, ce qui le rassura sur sa perception. Les sons se rapprochèrent encore. Le fauve allait apparaître. L’ombre se densifia entre deux arbres, juste à l’endroit où le feu n’éclairait plus. Le prince se laissa le temps d’un battement de cœur pour distinguer à quoi il avait à faire, mais pas Alix. Elle décocha sa flèche qui fusa dans la nuit au moment où l’ennemi entrait dans la lumière et atteignit sa cible avec un choc mou, suivi immédiatement d’un gémissement contenu.

– Albérac ! s’écria Venzald en reconnaissant l’intrus, alors qu’Alix poussait un cri strident qui réveilla les dormeurs.

Les deux jeunes gens se précipitèrent sur le précepteur qui s’était écroulé sous le ventre de son cheval, le projectile fiché dans le bras gauche.

 

Une heure plus tard, Ensgarde terminait les sutures en grommelant que la prochaine fois, ils seraient priés de pratiquer leurs tentatives d’assassinat en plein jour afin qu’elle évite de se crever les yeux à la lueur du feu pour réparer leurs bêtises. Albérac était couvert de sueur, blanc comme un linge et secoué de tremblements, mais ils avaient réussi à extraire la pointe métallique. Pour ne pas arracher les chairs sur les angles aigus des ailerons, ils avaient dû pousser la flèche à travers le muscle pour la faire sortir par l’arrière du bras avant de la couper. L’opération avait tiré au blessé des hurlements qui les mettaient sûrement à l’abri de tous les prédateurs jusqu’à l’aube, malgré la décoction de pavot dont la guérisseuse l’avait abondamment abreuvé. Il finit par perdre conscience entre deux passages d’aiguille. Le camp s’endormit sous la garde d’Alix qui sanglotait toujours sous le poids de son erreur.

Le lendemain matin, le maître d’étude avait déjà repris des couleurs. Il expliqua qu’il avait distingué la lueur de leur feu en arrivant depuis le sud-est, puis il l’avait perdu de vue à cause du rocher. Se sachant tout proche d’eux, il avait préféré continuer au jugé pour les rejoindre, sans se rappeler que dans cette zone, ils seraient susceptibles de le prendre pour un urus ou un pouligre.

– J’espérais que vous nous suivriez, lui glissa Venzald entre deux siestes provoquées par les drogues, mais je n’y croyais plus.

Bien qu’il déplore sa blessure, le prince éprouvait un intense soulagement devant le revirement de l’aventurier. Il savait que c’était en partie égoïste — il retrouvait son ami et son guide dont la valeur n’était plus à prouver —, mais son instinct lui soufflait que c’était également le meilleur choix pour lequel Albérac pouvait opter pour son propre bonheur.

– J’ai mis trois jours à comprendre que je regretterais bien vite de ne pas avoir assisté à la fin de l’histoire, murmura celui-ci. Liaran est quelqu’un de très bien, pourtant je l’ai déjà quitté il y a neuf ans pour revenir en Cazalyne ; j’ai pressenti qu’il ne me retiendra pas cette fois-ci non plus. Et il y a autre chose à quoi je n’avais pas pensé, alors que c’est évident. Je sais que lorsque votre frère et vous régnerez sur Cazalyne, vous ferez en sorte que le royaume devienne une terre où les gens comme moi pourront vivre au grand jour. Je vous connais assez pour parier mon bras indemne là-dessus. Je n’aurais jamais dû en douter. Et je veux le voir de mes yeux.

La gorge de Venzald se serra de fierté et de reconnaissance sous le regard vitreux du maître d’étude. La foi d’Albérac alourdissait la charge qui pesait sur ses épaules d’un poids supplémentaire qu’il acceptait volontiers de porter.

– Avant que vous vous rendormiez, pouvez-vous me dire si vous connaissez un certain Lancel de Kelm ?

– Oui, depuis très longtemps. Dites à Themerid qu’il peut se fier à lui, j’en réponds.

 

***

 

– Alors, il est revenu ?

– Oui, et il confirme que tu peux donner ta confiance à de Kelm.

– Je ne sais pas

– Quoi ?

– Avec tous les événements, Elvire avait oublié ce qu’elle avait découvert aux archives. Ensuite, c’est moi qui ai hésité à t’en parler puisqu’il ne se trouvait plus avec vous.

– Qu’est-ce qu’elle a découvert ?

– Que la famille Albérac n’existe pas. Le nom ne figure nulle part dans les registres de Cazalyne. Excepté…

– Excepté pour désigner un village d’Orityne.

– Comment sais-tu ?

– Ensgarde avait des soupçons depuis un moment. Qui peut-il être, alors ?

– Justement, je me suis rappelé qu’il parlait couramment le marmanien. C’est bien ce que tu m’as rapporté, n’est-ce pas ?

– En effet, je le tiens d’Alix qui l’a entendu. Pourquoi ?

– Je crois qu’il pourrait être lié avec Erkven Deryn, le père d’Abzal, qui venait de Marmane. Et de son propre aveu, Albérac a grandi là-bas. Il est plus jeune que notre oncle, c’est peut-être le fils d’une autre union, après la reine Blanche.

– 

– Il aurait changé de nom parce qu’il espère demander réparation pour la disgrâce de son père ou simplement se venger. Le problème c’est que ça remet en question également la loyauté de Lancel de Kelm.

– Non ! Je… je ne veux pas croire qu’Albérac, enfin… quelle que soit sa véritable identité, complote contre nous ! Il doit avoir une bonne raison pour cacher son nom !

– 

– Il nous a voué sa vie depuis des années !

– Soit, je fais confiance à ton jugement, mais… reste prudent, Venzald. Il existe des ennemis très patients.

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Notsil
Posté le 27/06/2020
L'italique ne m'a pas dérangé, j'ai aimé ce "rattrapage", on sent qu'ils étaient impatients de se parler, de renouer leur lien...

"– Je ne l’ai pas fait de gaieté de cœur, crois-moi. Tu ne sais pas, elle… elle a changé, ces derniers temps, même Elvire le reconnaît. Peut-être a-t-elle vu la mort de trop près."
-> Flore, je m'inquiète pour toi. Et je me demande si tu ne gardes pas un dernier souvenir de Johan... ça serait peut-être mieux qu'un enlèvement / torture :(

"Je sais que lorsque votre frère et vous régnerez sur Cazalyne, vous ferez en sorte que le royaume devienne une terre où les gens comme moi pourront vivre au grand jour."
-> Cette preuve de confiance ! Mais revient-il seulement pour les jumeaux, ou pour son droit de gouverner ?? Son revirement soudain me pose question.
Et Alix, on ne tire pas si on n'a pas identifié la cible, voyons ^^ Bon, même si dans la panique...

"– Oui, depuis très longtemps. Dites à Themerid qu’il peut se fier à lui, j’en réponds."
-> tiens tiens tiens tiens.... soit grosse trahison en vue, soit grosse preuve de confiance.
On va voir ça ^^
Isapass
Posté le 29/06/2020
Ah tant mieux pour l'italique, mais c'est vrai que c'est moins gênant sur le site que sous word.
Normal que tu t'inquiètes pour Flore, j'ai tout fait pour :P Mais bon, tu as lu la suite, il n'y a plus de suspense ! Y compris pour le "souvenir de Johan" : j'avoue que j'ai pas osé aller sur ce terrain-là. Flore a un autre destin ;)
Ah ah ! Je vois que vraiment, tu n'as plus du tout confiance dans Albérac !
Oui, Alix a un peu paniqué, avec sa flèche... ou alors c'est un acte manqué ? Je laisse l'interprétation aux lecteurs.trices...
Tac
Posté le 13/05/2020
Yo !
C’est un chapitre vraiment très gentil, très tranquille. Comme je marche beaucoup avec l’émotion et que dernièrement tu y allais à fond, le chapitre m’a paru en comparaison un peu mou du genou, mais comme je suis complètement biaisée par ça je ne pense pas que cela signifie que le chapitre l’est vraiment. Ça m’a fait surtout bizarre en fait, d’avoir un chapitre aussi pépère, je me demandais quand est-ce que la couille allait arriver. En soit tout est intéressant, le petit twist à la fin de « lancel est fiable mais en fait c’est albérac en qui on n’a plus confiance » est sympa. Ça s’enchaîne bien, c’est fluide pas de souci.
Mais je sais pas. je sais pas si c’est le fait, comme je le disais, qu’il y ait moins d’émotions par rapport à avant, mais quand même. Je suis pas entièrement satisfaite. Je crois que c’est la construction du chapitre qui me laisse dubitative. (Tu vas me détester de faire ce deuxième commentaire ultra vague de « mmmmoui mais non » ) Quand les princes échangeaient entre eux je me demandais s’il n’y avait pas une manière autre de restransmettre les informations, ou de les faire plus au compte-goutte. Ça fait beaucoup de dialogue et en fait quitte à en faire autant, autant le faire jusqu’au bout : virer tout ce qui n’est pas de la discussion télépathique entre les princes. Finalement l’ effet elliptique induit par chaque conversation est très cool, je trouve, et qu’il y ai parfois des relents de scènes « réelles » je trouve que ça coupait vraiment quelque chose, voire ça le sabotait. Et vraiment j’adore le moment où Albérac revient et où il se prend une flèche, ‘est très bien écrit, mais je pense que le chapitre serait plus rythmé si cette scène disparaissait au profit d’un récit raconté (avec moins de détails, du coup) entre les princes.
D’ailleurs à aucun moment ils ne reparlent de la potion fortifiante, pourquoi est-ce qu’ils ne s’échangent pas la recette d’Iselmar pour qu’Ensgarde y réfléchisse, qu’ensuite venzald transmette les ingrédients à Themerid ? sans en faire six tonnes, mais juste une petite phrase ici et là assurerait du continuum : « Ensgarde suggère d’incorporer des feuilles de XXX » et puis conversation suivante « D’ailleurs ça fonctionne je me sens beaucoup mieux tu remercieras Ensgarde ». Ou alors y a un truc que j’ai zappé ce qui encore une fois ne serait pas la première fois !
Ça ne m’étonne pas du tout que les gens croient qu’Elvire et Themerid s’iament : ils ont grandi ensemble, dans tous les romans c’est la base de la relation amoureuse entre les gens. Mais du coup c’est cool que ça soit crédible. D’ailleurs leur mariage au fond c’est une soirée pyjama continue.
Plein de bisous !
Tac
Posté le 13/05/2020
Ah et pour l'italique ç ne m'a pas gênée. En alernative tu peux employer une autre police que celle que tu emploies d'habitude, mais je n'ai pas pensé à autre chose. Y a fainelement souvent de l'italique dans les livres. J'ai aussi le souvenir d'un certain nombre de livres jeunesse/YA qui abusent des rêves et qui les mettent en italique, donc bon. Y a pire que toi ;)
Isapass
Posté le 13/05/2020
Je te réponds en réfléchissant en même temps alors ça ne va peut-être pas paraître très cohérent...
Je me demande si le chapitre ne paraît pas très "tranquille" justement parce qu'il y a beaucoup de dialogue. Du coup, je comprends bien ta suggestion de ne mettre QUE du dialogue (en fait j'y ai pensé en me disant que c'était intéressant de faire une cassure à ce moment-là au niveau du style, en termes d'effet de surprise, un peu comme le chapitre où Venzald est shooté à l'herbe-à-voler qui faisait une rupture "humour"), mais je crois que ça serait encore plus tranquille. Parce que quand ils sont en train de se parler, tu les imagines complètement inactifs et du coup, ça doit accroître l'effet mou du genou. Ou alors, il faudrait des points d'exclamation partout (pour raconter la scène où Alix tire sur Albérac, notamment) et je ne suis même pas sûre que ça marcherait.
Mais globalement, en correction, je verrai comment travailler sur l'arc de Venzald pour le rendre plus pêchu, parce que j'ai bien compris qu'il ne te passionne pas. Après, je pense qu'il y a aussi une question de goût : mon neveu par exemple, s'identifie plus facilement à Venzald qu'à Themerid et du coup je pense qu'il suit cet arc avec plus de plaisir que toi. Or, il n'a aucun souci avec l'intrigue de ce côté-là (je lui ai posé clairement la question du rythme et du potentiel manque d'adversité). Bref, faudra une réflexion de fond...
Je note ta suggestion pour mettre une suggestion d'Ensgarde pour la potion, c'est une bonne idée (et ça tient en une phrase !).
Pour l'italique, c'est vrai que ce n'est pas trop moche sur le site, c'est sur word en TNR que c'est un peu pénible à lire. Bon, ceci dit, j'ai des scrupules avec l'italique parce que je sors avec un dyslexique (le mien, il s'en fout, il ne lit pas, mais je ne voudrais pas décourager ceux qui le font). Or, l'italique est un obstacle supplémentaire pour eux. Mais comme tu vois, je me projette déjà un peu trop loin avec ça XD
Tac
Posté le 13/05/2020
Je comprends pour l'italique... sinon tu mets une version bis qui n'est pas en italique, spéciale mention pour qui ça abîme les yeux :D
En effet ma proposition de tout mettre en dialogue semble incohérente avec la question du rythme, mais en fait, je crois que si tu mets tout en dialogue, ça stimule l'imagination dula lecteurice qui doit combler les trous. Au départ il ne se passe pas grand-chose, les princes discutent globalement eux-mêmes de manière très tranquille (aussi en termes de fond, ça démarre lentement), ils ne font "que" connecter les points. je vais peutêtre paraître trash mais plus j'y réfléchis et pllus je me dis que la scène du retour d'albérac pourrait être largement coupée ; ce qui pour moi est un nouvel argument dans ma proposition de le passer en dialogue : ça prendrait moins de place, tu irais plus vite à l'essentiel. Dans cette scène, ce qui est finalement important c'est le retour d'Albérac, le pourquoi etc, mais tu t'es fait plaisir dans la mise en scène, et même si j'ai adoré ce passage, force m'est de constater qu'il ne manquerait pas l'histoire selon moi. Bref, je pense que j'ai eu une impression d'entre deux, comme si tu ne t'étais pas décidée entre les dialogues et la narration, à chaque dois que je passais de l'un à l'autre je me demandais si ce ne serait pas plus intéressant raconté d'une autre manière. En fait je crois que je préfèrerais n'avoir qu"un côté : soit le récit narratif qu'on a depuis le départ, soit le dialogue entre les princes. Ce dernier serait en plus selon encore plus intéressant qu'il permet de montrer la bulle entre les princes, ça donne l'impression de pouvoir palper leur lien, en tant que lecteurice, donc c'est chouette. Mais l'alternance m'a fait l'effet d'un soufflé qui retombe à chaque changement de type de narration, d'où mon encouragement à choisir pour l'un ou pour l'autre (sachant que j'ai ma préférence perosnnelle).
Bon encore une fois c'est ultra subjectif ! tu en fais ce que tu veux ! Et j'aime bien venzald &co mais c'est vrai que je m'identifie plus à Flore et Elvire donc fatalement mon coeur tend vers eux, et d'autnat plus que comme je marche à l'émotion, j'ai tendance à aller vers ce qui m'en fait ressentir le plus... Désolée Venzald !
Jowie
Posté le 10/05/2020
Je me demandais ce qu'Elvire avait trouvé dans les archives et quelle était l'importance du frère d'Abzal dans tout ça. Y aurait-il un lien entre le père d'Abzal et Albérac ? À voir !

Quant aux passages en italique, moi ça ne m'a pas du tout dérangée. D'ailleurs, comme ces passages consistent essentiellement de dialogues, ils sont très faciles à lire. Ils m'ont même paru “aérés” :) Themerid semble pouvoir parler beaucoup plus avec son frère: ses douleurs sont complètement parties ? Je croyais qu'il pouvait seulement “écouter” ce que Venzald avait à lui dire.

C'est déjà quoi les urus et urus-crâne ? Comme il n'y avait pas de description, je me suis dit que tu les avais sûrement déjà mentionnés auparavant ^^

Alix a sérieusement tiré sur Albérac ? *facepalm * Il ferait mieux de se tenir loin d'elle, elle est gentiment en train de devenir un danger public !

Au début des discussions entre Venzald et son frère, Themerid glisse une info à Venzald par rapport à l'origine du père d'Abzal. Du coup, ça donne l'impression que c'est ça la grande révélation trouvée par Elvire. Sur le moment, ça m'a un peu déconcertée parce que je m'attendais à un plus gros “scoop”. Puis, Themerid prétend qu'Elvire a “oublié” sa trouvaille. J'ai du mal à imaginer comment elle peut se souvenir de l'origine du père d'Abzal, mais pas de sa trouvaille principale ? Je suis désolée si mon explication est confuse xD J'ai essayé de rapporter mon ressenti le plus précisément possible ^^

En tout cas, j'adore comme tu nous as noué l'intrigue de façon à ce qu'au moment où l'on se dit “Je fais confiance à Albérac, donc, finalement, je peux faire confiance à Lancel”, mais en fait on est encore plus perdus qu'avant xD c'est génial ! La vérité semble beauuucoup plus complexe de ce que je pensais !! Super, maintenant, ce noeud pas possible va me travailler l'esprit xD

Remarques :

je ne l’ai pas vu → vue

à bientôt !
Isapass
Posté le 12/05/2020
Tant mieux si les passages en italique ne sont pas trop pénibles à lire. C'est vrai que la police du site rend l'italique moins moche que ma police word.
Au début du chapitre, Themerid dit qu'Iselmar lui a trouvé un remède. C'est grâce à ça que maintenant, il peut parler avec son frère. Mais il reste à le perfectionner.
Les urus sont (comme on peut s'en douter d'après le nom que j'ai choisi exprès) des espèces d'ours. Et en effet, on rencontre un urus-crâne dans le tome 1, qui attaque le roi Einold pendant qu'ils sont en visite à Hiverine. Je ne sais pas si tu t'en rappelles : Einold ne fuit pas, comme s'il voulait se suicider par ours interposé, ce qui lui vaut une belle réprimande de Venzald. L'urus-crâne s'appelle comme ça parce qu'en plus d'être gigantesque, il a une tête démesurée. Je verrai si ça gêne d'autres personnes, le retour de cette bestiole sans description.
Peut-être, en effet, que le tir malheureux d'Alix est un superbe acte manqué XD
Tu as raison, ce n'est peut-être pas super crédible qu'Elvire ait "oublié" ce qu'elle avait découvert. Mais j'en ai besoin, sinon Themerid le dirait direct à Venzald au début du chapitre, ce qui changerait la donne. Il faut que je trouve un autre moyen de le dire.
Pour la complexité, c'est qu'il me reste encore toute une partie avant la fin, alors je ne peux pas dénouer trop de choses maintenant ! Or, tu verras que dans le prochain chapitre, on a la solution d'une énigme assez importante. Donc, il faut qu'il me reste des mystères ;)
Merci pour tes trois commentaires et pour ta lecture assidue !
A bientôt (enfin, peut-être pas tout de suite sur les PL parce qu'il faut que je travaille le plan de la fin avant d'attaquer l'écriture).
Cocochoup
Posté le 10/05/2020
Ah je me sentais au tout début. Tout est relié au père d'abzal..
Un mec qui apparaît tout à coup pour seduire la reine et Bam il disparaît de manière mystérieuse.
Je me dis que ça peut pas être lui le manteau bleu Parcequ'il doit plus être tout jeune...
Mais peut être n'était il pas médecin mais un noble du royaume de marmane....
Et on dit que les jumeaux peuvent être récurents dans une famille.
Hummm si ça se trouve abzal à un frere jumeau ??
Bon je m'enflamme XD
En tout cas c'est trop bien on apprend beaucoup de chose.
Le retour d'alberac me semble louche et on se sait toujours pas comment il est sorti de prison la dernière fois. Je l'ai a l'œil.
Et la lecture en italique ne m'a pas du tout gèné.
Isapass
Posté le 12/05/2020
Oui, je me rappelle que tu t'étais posé plein de questions sur le père d'Abzal :) Comme tu as lu le chapitre suivant, je ne vais pas m'étendre sur son rôle, hein XD
Pour ce qui est des jumeaux, effectivement, j'ai tenu compte du caractère "familial" du phénomène, mais de l'autre côté : dans le tome 1, Pique-Cerle dit que sa femme, la mère d'Almena, avait une sœur jumelle ;) Bon, c'est juste pour l'anecdote, en vrai ça n'a aucune importance, mais ce serait vraiment trop de coincidences s'il y avait des jumeaux partout XD
Le retour d'Albérac... ah bon, il te semble louche ? Tu veux dire que ses arguments ne t'ont pas semblé convaincants ou c'est juste que tu te méfies de lui en général ? Quant à sa sortie de prison à la fin du tome 1, on sait quand même qu'il est tombé sur Lancel de Kelm, même si c'est vrai qu'on ne sait pas exactement ce qui s'est passé après... Ce qui confirme qu'ils se connaissent, et ce depuis longtemps.
C'est vrai que la lecture en italique n'est pas trop gênante sur FPA, la police fait un italique pas trop perturbant. Mais sur mon fichier word, j'écris en TNR et l'italique est très marqué alors j'avais un peu peur.
Merci pour ta lecture et ton retour ! Je suis vraiment ravie que ton histoire t'ait embarquée comme ça !
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