Chapitre 23

Le soleil venait de se coucher quand la femme ressortit de son bureau, bien moins souriante qu’auparavant. Elle semblait horrifiée par tout ce qu’elle venait de lire.

Tous les sentiments envisageables semblaient être passés en elle en quelques heures, de l’horreur à la peur, de la colère au dégoût, de la tristesse au sentiment de… trahison ?

Elle avait attaché ses cheveux, en faisant une couette unique.

Elle était fatiguée, cela n’en faisait aucun doute et c'était bien compréhensible. Retrouvant Enola dans la bibliothèque, en train de lire du Shakespeare, elle lui sourit, avant de demander d’une voix cassée, ailleurs :

« Le Médecin malgré lui ?

- Hamlet, madame. », répondit Enola tout en relevant les yeux de son livre. La grand-tante de Thomas semblait vraiment ailleurs, loin…

Jeanne acquiesça, sans un mot, puis sortit de la bibliothèque, sûrement pour discuter avec son petit-neveu.

Enola se replongea dans la lecture de sa pièce, mais elle n’était pas, ou, du moins, plus dedans.

Elle était bien plus loin, perdue dans ses pensées…

*

Il faisait presque nuit quand Enola entendit des pas, puis vit Thomas et sa grand-tante venir vers elle. Elle referma lentement son livre, les interrogeant du regard.

« Mon grand-père et son entreprise sont allés bien plus loin que ce que l’on pensait jusque-là, Enola. Bien plus loin…

- Qu’est-ce que vous voulez dire par « là » ? demanda Enola, interloquée, redoutant le pire.

- Nous pensons qu’il a des activités en rapport avec des barons de la drogue, de plus des activités illicites et expérimentales sur les animaux, ainsi que des rapports pas nets avec différentes sectes de timbrés. »

En effet, il était allé beaucoup trop loin… Enola réfléchit quelques dixièmes de secondes, avant de s'exclamer :

« Il nous suffit donc de nous appuyer sur ces rapports et de multiplier les preuves de ces activités pour prouver à la police qu’il est temps de démanteler cette entreprise et de le mettre en prison…

- Ce n’est pas si simple, expliqua Jeanne. On ne trouvera pas des preuves dans les choux, et il ne se laissera pas faire. Il y aura des problèmes si un jour il y a jugement, car il est âgé. Bref. Ce n’est pas si simple. »

Enola se remit à parler. Il fallait qu’ils trouvent un moyen.

Il discutèrent toute la nuit du « moyen qu’ils devaient trouver », si bien qu’aucun d’eux ne dormit plus d’une heure avant le lendemain.

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