Chapitre 22 : le kiosque aux mimosas

Notes de l’auteur : Comme la période des partiels approche, il est possible que le chapitre de la semaine prochaine ait un peu de retard (samedi plutôt que vendredi). Merci pour votre compréhension et bonne lecture ! ^^

Mathilde rejoignit ses quartiers le plus rapidement possible. Elle se faufila furtivement dans les escaliers sans croiser personne d’autre que des domestiques. Ils lui jetèrent des coups d’œil étonnés, mais ne lui adressèrent pas la parole. En retrouvant l’espace clos et accueillant de sa chambre, elle envoya valser ses bottes d’un bout à l’autre de la pièce, s’effondra sur son lit et se roula dans ses couvertures, tout habillée.

Elle darda un regard assassin à la robe d’uniforme, qui l’attendait toujours, pliée sur la table basse. Il aurait vraiment fallu être aveugle pour la manquer… ou pressée. Elle enfouit son nez dans son oreiller et ferma les yeux, laissant l’odeur de lavande l’envahir, l’apaiser, la rassurer.

Son ventre gargouilla, bruyant dans le silence de la pièce. Elle rit, nerveusement. La Cérémonie était passée, enfin. Il devait être une heure de l’après-midi et elle n’avait rien mangé. Avec toute cette agitation, elle avait oublié. Elle devrait se résoudre à attendre le dîner.

Blottie au fond de son lit, Mathilde se laissa fondre dans un sommeil visqueux, qui l’aspira comme des sables mouvants, la paralysant peu à peu jusqu’à l’engloutir tout à fait dans l’inconscience. La fatigue de la matinée la garda endormie plusieurs heures avant de lui permettre d’émerger, courbaturée et les vêtements froissés. Elle se leva péniblement et se dirigea vers la salle d’eau. Il avait beau être seize heures, elle avait envie d’un bain, de se sentir fraîche et renouvelée.

Elle ouvrit les robinets au-dessus de la bassine de cuivre et se débarrassa de sa tenue avec une immense satisfaction. Elle lui avait tant causé de tort aujourd’hui… Mathilde prit plaisir à la jeter contre le mur en mosaïque bleu et blanc de sa salle de bain. Puis, après avoir peigné ses longs cheveux emmêlés par sa sieste, elle se plongea entièrement dans l’eau fumante, presque trop chaude pour être agréable.

La baignoire était si large et profonde qu’elle pouvait s’y laisser flotter complètement. Elle ferma les yeux, savourant cette sensation d’apesanteur, la température délassant ses muscles crispés. Avec un effort, elle aurait pu s’imaginer chez elle, dans son manoir, mais à la réflexion, c’était trop douloureux. Si elle continuait à se morfondre sur ce qu’elle avait perdu, elle ne pourrait jamais faire face à ce qui l’attendait.

Elle s’ébroua, et tout en se savonnant, elle imita son père et fit la liste de tout ce qui était positif dans sa situation. Premier point : elle avait son violon. Elle pourrait toujours revenir à la musique lorsqu’elle serait à bout de nerfs. Deuxièmement, peu importe combien elle se sentait trahie par Ariette, elle n’était pas sa seule option : Galis serait son coéquipier. Il ne tenait qu’à elle d’apprendre à le connaître. Troisièmement, son Tuteur, aussi terrifiante que soit son allure, avait un bon fond.

Il avait beau l’effrayer, il s’était montré très prévenant envers le petit Prince, et envers elle. Jusque-là, il s’était servi de son Sylphe uniquement pour protéger ses élèves, d’abord Rok des moqueries de la Cour, puis elle du charisme incontrôlé de Berlioz. Son dégoût du mensonge pourrait même être un avantage, si cela le poussait à toujours dire la vérité. À terme, elle avait davantage envie de lui faire confiance plutôt qu’à Lady Tymphos.

Rassérénée, elle finit son bain et piocha dans les vêtements que lui avait choisis Claudia, une robe légère vert tendre, au tissu fluide qui lui tombait au mollet et marquait sa taille d’un ruban de mousseline noir. Elle laissa ses cheveux encore un peu humides flotter dans son dos. En chaussant ses lunettes, elle aperçut son reflet dans le miroir en pied, incrusté dans la porte de son armoire. Cette couleur sur son corps gracile lui donnait des allures de dryade, il ne lui manquait qu’une couronne de feuilles et de fleurs pour terminer le tableau.

« Ce n’est probablement pas très à la mode, » se dit-elle en songeant aux crinolines qu’elle avait vues ce matin, « mais tant pis. Je me sens bien ainsi, et c’est toujours mieux qu’être en pantalon. »

Son étui à violon en bandoulière, elle sortit de sa chambre. Il faisait bon dehors, le soleil brillait dans le ciel, pourquoi ne pas profiter de ce dernier répit pour prendre un peu de temps pour elle ? Suivant les indications d’une domestique, elle se dirigea vers les jardins situés de part et d’autre de l’allée centrale, à l’avant du Collegium et sur ses côtés. L’arrière était interdit d’accès par un haut mur où grimpait une glycine en fleurs, qui marquait probablement le début du terrain d’entraînement.

Elle traversa une sorte de labyrinthe désert, fait de haies et de buissons taillés en arabesques invraisemblables. D’après la servante, une partie des Filleuls s’était réunie dans le salon où ils avaient pris une collation la veille. Mathilde n’avait ni le cœur ni l’humeur propice à ce genre de mondanité. La matinée lui avait amplement suffi. Au détour d’un bosquet, elle trouva un kiosque de métal au toit pointu recouvert de tuiles rouges. Quatre mimosas enroulaient autour du bâtiment leurs branches chargées de fleurs jaune vif à l’odeur entêtante. L’endroit respirait le calme et la quiétude printanière.

Mathilde fit quelques pas sous le pavillon, admirant l’élégante courbe de l’acier peint couleur bronze qui se tordait en motifs géométriques. À l’ombre des arbres, à l’abri des regards, elle sortit son violon. D’un geste assuré, elle mit l’instrument sous son menton, pinçant les cordes du bout des doigts pour en vérifier la justesse. Elle rectifia la position de sa mentonnière et du coussin sur son épaule, et ferma les yeux pour accorder son instrument, glissant doucement son archet sur les cordes. Enfin, un son pur et clair vibra sous ses doigts.

Gardant les yeux clos, elle choisit le morceau que lui inspirait le plus cette journée, une sérénade huppée qui lui semblait mimer le ridicule air hautain des courtisans. Elle l’entama, avec un archet plus sautillant que nécessaire, rajoutant ici et là des pizzicati qui donnaient une voix piquante aux notes. C’était elle qui se moquait à présent, avec son propre langage. La sérénade prit un arrière-goût amer, sarcastique.

Le résultat était plus technique que beau, une caricature de son original, mais Mathilde y trouva une certaine catharsis. Elle finit sur un crescendo trop appuyé qui fit crisser la dernière note. Elle grimaça et abaissa dramatiquement son archet, tel le fleuret fend l’air au terme d’une joute.

— Piètre performance, dit quelqu’un dans son dos.

Mathilde sursauta et se retourna d’un bloc. Il n’y avait personne autour du kiosque.

— Là-haut, fit à nouveau la voix que Mathilde commençait à reconnaître. Lève les yeux.

Elle s’exécuta et découvrit Galis, perché dans l’un des mimosas. Il était allongé entre deux branches, en simple chemise à manches bouffantes, pantalon roulé aux chevilles et bretelles. Pieds nus, ses souliers coincés dans un embranchement, il avait un livre entre les mains et ses cheveux blonds lâchés sur ses épaules brillaient là où des taches de soleil trouvaient leur chemin entre les feuilles. Il lui lançait un regard moqueur à travers sa frange.

— Franchement, après ce que tu m’as dit hier, je m’attendais à mieux.

Mathilde fit la moue. Elle n’était pas d’humeur à défendre son orgueil de musicienne, d’autant qu’elle admettait elle-même avoir massacré son morceau. Elle était trop tendue pour laisser couler librement la mélodie le long de ses doigts. Galis, qui s’était préparé à une répartie, s’étonna de la voir seulement hausser les épaules. Il ferma son livre, le coinça avec ses chaussures et sauta au bas de l’arbre.

— Que s’est-il passé ce matin ? demanda-t-il en s’approchant. Tu avais disparu. Nous avons même déjeuné sans toi.

Mathilde remit son violon en place sous son menton, feignant l’indifférence.

— Je suppose que Lady Tymphos a fait des commentaires ?

— Elle ne s’en est pas privée, non. Je suis d’ailleurs surpris de te voir en un seul morceau.

Son ton était ironique, mais dépourvu d’agressivité. Il la taquinait. Mathilde avait assez fréquenté ses frères pour ne pas s’en offusquer. Au contraire, il utilisait un langage qui lui était familier.

— Elle ne m’aime pas, j’ai gâché sa belle cérémonie.

— Disons plutôt que tu as enfreint une de ses règles sacro-saintes : la ponctualité. Attends-toi à un terrible châtiment !

Son accent ilarnais roula les « r » de « terrible » avec une sonorité exagérée, comique, et Mathilde sourit. Galis poussa un soupire satisfait.

— Enfin ! J’ai cru que tu ne te dériderais jamais ! Qui serais-je si je ne parvenais pas à distraire ma cousine de ses soucis ?

Il accompagna son ton grandiloquent d’une révérence ridicule. Mathilde pouffa de nouveau.

— Quel intérêt à me faire rire ?

Il lui lança un regard accusateur.

— Voyons. Nous sommes dans la même promotion, la même équipe et, au-delà de cela, de la même famille. Il est de mon devoir de m’inquiéter lorsque quelque chose ne va pas.

Elle le scruta, cherchant la moquerie dans ses mots. Il ne pouvait pas être sérieux, si ?

— Qui te dit que ça ne va pas ?

— Ta musique ? Et si tu ne m’estimes pas assez mélomane pour en juger, je dirais ta manière de te tenir, de marcher, de me parler… est-ce suffisant ?

Mathilde céda et posa son violon, désarmée par cette sollicitude inattendue. Avec ses façons nonchalantes, elle avait tendance à oublier qu’il était Noble, et donc entraîné à lire ceux qui l’entouraient d’un seul coup d’œil. Galis semblait même particulièrement doué à cet exercice.

— Tu as gagné. Ça ne va pas fort, mais rien de dramatique non plus.

— Alors qu’est-ce qui te tracasse ?

— Le mal du pays, je crois.

Il s’assit sur l’un des bancs du kiosque et secoua ses cheveux blonds.

— Penses-tu vraiment que je me contenterais de cette réponse ? C’est mal me connaître.

Mathilde prit place sur le banc en face de lui avec un rictus désabusé.

— Je ne te connais pas.

Il prit un air blessé, posant théâtralement sa main sur sa poitrine, sans perdre son sourire en coin.

— Ouch ! Touché… Alors, sache une chose : je suis curieux et je n’aime pas que mes questions restent sans réponses. Pourquoi as-tu disparu ce matin ?

Que répondre à cela ? Mathilde avait promis à Artag de garder le secret à propos du Prince. Peut-être pouvait-elle se contenter d’une partie des faits…

— Je n’étais pas très à l’aise à cette collation. C’était un peu trop pour moi, alors je me suis isolée et j’ai perdu la notion du temps. Lorsqu’on est venu me chercher, il était déjà trop tard pour le déjeuner.

Galis pencha la tête sur le côté, les sourcils levés.

— Et qui t’a raccompagnée ?

— Artag Novinkov, notre Tuteur.

Ce nom provoqua une surprise sincère sur le visage du garçon.

— Artag ? répéta-t-il. Pourquoi ?

Mathilde agita les mains en signe d’impuissance.

— Qu’est-ce que j’en sais ? Il était là, c’est tout. Probablement devait-il de toute manière se rendre au Collegium.

— Il est ici ?

— Oui. Sa présence doit être nécessaire pour le début de l’entraînement, demain.

Galis croisa ses bras sur sa poitrine en soupirant.

— Eh bien ! J’aurais aimé tomber sur lui. J’ai des questions à lui poser, grommela-t-il. Avec sa petite performance à la cérémonie…

Mathilde cilla et laissa courir ses doigts sur le cuir de son étui à violon. C’était étrange de voir l’Ilarnais adopter des traits sérieux, presque déconcertant. Il oscillait si vite d’une expression à l’autre qu’il lui donnait un sentiment d’inconstance, d’instabilité. Discuter avec lui revenait un peu à regarder une girouette tourner depuis l’intérieur d’une maison : impossible de savoir d’où vient le vent. Ainsi, en un battement de cils, il avait retrouvé sa mine narquoise.

— … Enfin bref, j’aimerais ton avis. Comment l’as-tu trouvé ?

Mathilde prit un moment de réflexion avant de répondre, tâchant de synthétiser son expérience avec le Chambellan.

— Bourru, je crois, finit-elle par dire. Il a l’air d’attacher beaucoup d’importance à notre confiance… et a une sainte horreur du mensonge.

C’était peut-être une manière un peu floue de parler de la capacité d’Artag à identifier le mensonge aussitôt prononcé, mais Mathilde ne savait pas très bien ce qu’elle avait ou non le droit de révéler de leur entretien. Au pire, leur Tuteur pourrait toujours l’apprendre à Galis lui-même.

— Malgré le fait qu’il me terrifie, ajouta-t-elle par acquit de conscience, je ne le pense pas une mauvaise personne.

Galis hocha la tête.

— Il est intrigant, c’est sûr, tout comme cette histoire de Sylphe. C’est une chose d’en entendre parler, et une tout autre d’en voir un à l’œuvre.

Il s’allongea négligemment sur le banc, bras croisés sous la nuque, ses pieds nus en éventail. Il ferma les yeux un moment et soupira d’aise.

— Nous allons obtenir l’un des secrets les plus importants de l’Empire. N’est-ce pas excitant ?

Mathilde aurait aimé être aussi détendue que lui en songeant à son avenir. Il n’avait l’air de se soucier de rien, pleinement à l’anticipation de l’entraînement qui les attendait. Cela le rendait heureux. Comme elle l’enviait ! D’une certaine manière, ils avaient en commun cette curiosité sur les Sylphes. Cette pensée ramena son esprit au souvenir des iris brûlants du Chambellan et, frissonnant, elle changea de sujet sans lui répondre.

— As-tu eu l’occasion de faire connaissance avec les autres ?

— À peine. Ce n’est pas facile de tisser des liens en seulement deux jours… hormis, bien sûr, lorsqu’on est de la même famille, ajouta-t-il avec son sourire en coin.

Mathilde leva les yeux au ciel, mais elle ne pouvait nier que le savoir son cousin lui avait simplifié la tâche. Il en était peut-être de même de son côté. Même si leur parenté était si lointaine qu’ils ne partageaient pas leur sang, les origines suffisaient à provoquer un sujet de conversation, un sentiment d’appartenance. Mathilde avait un physique qui rappelait son île à Galis, et il ne la regardait pas avec la perplexité agaçante que déclenchait son métissage. Ils y trouvaient chacun leur avantage. Et puis, il fallait bien l’avouer, le caractère avenant de Galis fluidifiait leurs échanges.

— Avec qui as-tu pu parler ?

— Un peu tout le monde. Les Mauves sont assez casse-pieds, toujours sur leurs grands chevaux, mais Tycho est sympathique, pris à part. Hans et Kaleb aussi, quoi qu’ils soient un peu les deux extrêmes du spectre : l’un se laisse trop marcher dessus tandis que l’autre prend la mouche pour un rien. Enfin, ils s’entendent bien. Je n’ai pas eu de véritable échange avec les filles pour l’instant, mais ça ne saurait tarder.

Mathilde eut un petit pincement au cœur. Galis était typiquement le genre qu’Ariette appelait une « personne influente ». La relation n’était pas un sujet d’angoisse pour un extraverti comme lui.

— Artag a recommandé l’unité au sein des équipes, remarqua-t-elle. J’espère que nous aurons d’autres occasions d’apprendre à nous connaître.

Galis eut l’air ennuyé et se redressa sur son séant.

— Dans ce cas, nous allons avoir du mal. J’ai parlé avec le géant, pour sympathiser, mais il est… difficile à cerner.

Dans sa bouche, cette affirmation sonnait comme une absurdité. Lui, Galis, n’avait pas réussi à établir une relation avec quelqu’un ? Lui-même en paraissait étonné. Pourtant, Mathilde comprenait ce qu’il voulait dire. En plus de sa cicatrice distrayante, le Katchynien était froid et distant. Si même Galis, avec son talent pour mettre les gens à l’aise, n’était pas parvenu à l’adoucir, la communication au sein de leur équipe s’annonçait compliquée.

— Qu’as-tu appris ? s’enquit-elle, curieuse malgré elle.

Il esquissa un vague mouvement de main.

— Pas grand-chose. Avant le Test, il était bûcheron et trappeur dans les grandes forêts australes de Katchyn. Sa terre lui manque, mais il estime de son devoir d’être ici — ne me demande pas pourquoi… Ah ! Et il n’aime pas les Nobles.

Le rictus de Galis s’élargit, comme s’il trouvait ce dernier détail particulièrement drôle.

— Il n’a pas de chance, ajouta-t-il, sarcastique. Cette année, il n’y a que quatre Roturiers sur l’ensemble des Filleuls.

Mathilde songea à son énorme fortune et à celle que l’Ilarnais devait posséder.

— Il ne va pas être très à l’aise avec nous.

— Ne t’en fais donc pas. Il n’a l’air d’aimer personne. Nous ne sommes pas à sa hauteur.

Mathilde hésita entre rire et lui lancer une poignée de graviers en guise de réponse pour sa plaisanterie décalée. Quelque chose lui disait que la grande taille du Katchynien n’avait pas fini de divertir Galis.

— Un rien t’amuse, hein ?

— Si j’étais sérieux, il n’y aurait plus personne pour te dérider, et le monde serait triste.

Elle l’observa, affalé sur son banc comme un chat au soleil, ronronnant presque de satisfaction. Il donnait l’air de ne se soucier de rien. Mathilde enroula une mèche de cheveux autour de son doigt, pensive. Dans quelle atmosphère avait-il grandi ? À quoi ressemblait la Cour Ilarnaise ? Tous les jeunes Nobles se comportaient-ils de la sorte là-bas ? Si c’était le cas, il devait y régner un joyeux chaos.

Ce qui était paradoxal était que Galis disposait d’une éducation irréprochable et savait manier l’étiquette à la perfection lorsqu’il le fallait. Pourtant, dès qu’il voyait une occasion, il s’en écartait ou la déformait de façon à ridiculiser les normes. Mieux : il y prenait plaisir. Non, peut-être n’était-ce que son caractère, Mathilde ne pouvait imaginer une Cour entière avec des mœurs aussi relâchées. Elle considéra le garçon qui se prélassait dans la chaleur de l’après-midi avec insouciance, les yeux clos et son fidèle sourire en coin pendu aux lèvres.

— Comment peux-tu être à ce point détendu ? Tu n’as pas peur pour demain ?

— Peur ou pas, demain viendra, et avec lui les réponses que j’attends. Je n’ai pas à m’angoisser… Pas plus que toi.

Mathilde serra son étui à violon contre sa poitrine, inspirant profondément l’odeur réconfortante de cuir et de colophane, mélangée au parfum des mimosas. Galis avait raison, pourquoi se faire du souci sur ce qu’on ne maîtrise pas ? Après tout, lorsqu’elle avait disparu, il y avait au moins une personne qui s’était inquiétée.

Elle n’était peut-être pas aussi seule qu’elle l’avait cru.

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Hastur
Posté le 10/04/2021
Hello !

Tout d'abord bon courage pour les révisions et les partiels ! Si jamais un sujet tombe sur les Sylphes, je suis certain que tu vas tout déchirer hu hu hu ! :D

Un chapitre plus reposant pour Mathilde, moins riche en émotion, elle peut enfin lever le pied et par Galis, le sentiment de solitude commence même à s'estomper semble-t-il.

D'ailleurs on y découvre davantage ce lointain cousin qui semble virevolter entre le comique et le sérieux en un clin d'œil. On va certainement bien rigoler à l'avenir hu hu hu !

"Galis avait raison, pourquoi se faire du souci sur ce qu’on ne maîtrise pas ?"
Ne serait-ce pas un embryon de sagesse Stoïcienne qui s'invite ici ? :D

A très vite pour la suite! :)
Emmy Plume
Posté le 22/04/2021
Hello Hasur !

Désolée pour cette réponse si tardive, mes partiels me prennent beaucoup de temps ^^'
Enfin, tu as raison, ils n'ont qu'à venir avec des questions sur les Sylphes, je les accueillerais avec plaisir ! ^^

Mathilde peut en effet "lever le pied" dans ce chapitre, après une suite d'événements plutôt mouvementé. c'est donc l'occasion pour Galis et elle d'apprendre un peu mieux à se connaitre, sans avoir la pression des convenances. ^^

oups! Sagesse stoïcienne, en effet... il semblerait que mes cours se soient invité par mégarde dans mon texte... la faute aux révisions XD

Je te dis à très bientôt dans un nouveau commentaire (je rattrape mon retard!) =^v^=

Emmy
Brétie
Posté le 09/04/2021
Coucou Emmy
Quel plaisir de retrouver Mathilde!
Après tout les stress qu'elle rencontre ces derniers chapitres, on prend une pause avec elle.
Tu décris si bien l'ambiance qu'il nous semble être une petite souris dans cette ambiance cosy, puis cette robe fluide loin des carcans du protocole semble lui convenir tellement mieux! (Peut-être une prochaine illustration sur ton compte insta?)
J'ai beaucoup aimé la description du mimosa dont les effluves semblent venir jusqu'à moi. La passion que met Mathilde à "massacrer" son morceau au violon nous montre son besoin d'évacuer les tensions.
Il semblerait qu'elle partage avec Galis cette nécessité de prendre un temps à part puisque lui aussi s'est réfugié dans le mimosa, ainsi ils peuvent discuter avec plus de liberté et partager leurs impressions.
En tous les cas bravo pour ces chapitres qui m'enchantent chaque semaine. Bon courage pour tes futurs partiels!
A bientôt de te lire.
Emmy Plume
Posté le 22/04/2021
Coucou Brétie ^^

Je me réjouie que ce chapitre t'ai touché. Il semble que tu as tout à fait saisi où je voulais en venir ;)

Ce chapitre nous laisse souffler, et apprécier un moment le Collegium et son cadre idyllique. Mathilde et Galis partagent un moment qui enrichie leur amitié, et nous donne plus à voir de ce cousin Ilarnais inattendu.

Je suis contente que les odeurs estivales aient traversé le texte pour venir te rejoindre, j'aurais moi-même du mal à me représenter cette scène sans la senteur si douce des mimosas. ^^

Merci encore pour ce joli commentaire, et à bientôt. =^v^=

Emmy
Pétrichor
Posté le 09/04/2021
Zut, j'espérais commenter en premier...

Je suis admiratif du rythme que tu arrives à tenir ! Un chapitre par semaine, c'est vraiment incroyable, bravo ! Surtout si tu as tes partiels en plus, j'arrive même pas à comprendre comment tu fais.
Enfin je vais pas me plaindre ^^ Les lectures de tes chapitres (en musique évidemment) occupent mes trajets en train ! Je prends bien le temps de les lire et c'est toujours un plaisir.

Bon, parlons du chapitre !
Tes descriptions sont toujours aussi belles, très lumineuses et poétiques.
J'étais heureux qu'elle puisse jouer a nouveau du violon ! Même si j'avoue que j'ai grinçé des dents aussi sur la dernière note, visiblement elle avait besoin d'extérioriser :D

C'est amusant, niveau mode, tu mélanges pas mal de choses et d'époques ! J'ai souri en voyant que Galis portait des bretelles alors que le matin ils étaient habillés a la mode de la cour royale.

Tiens, en parlant de Galis. Vraiment, il me perturbe. Il est sympa et rigolo, mais je le trouve hyper intrusif envers Mathilde.

Par exemple :
"Alors, sache une chose : je suis curieux et je n’aime pas que mes questions restent sans réponses. Pourquoi as-tu disparu ce matin ?"

Après c'est peut-être simplement qu'il se soucie vraiment d'elle, mais ils se connaissent à peine.
Je n'aime vraiment pas la manière qu'il a de passer d'une humeur à l'autre, d'un sourire moqueur à un ton sérieux. Ça sonne pas hyper franc et moi ça me met un peu mal à l'aise.

Mais, d'un autre côté, la manière qu'il a de se jouer des étiquettes me réjouit fortement...

En fait c'est typiquement le genre de personne qui donne l'impression de jouer un personnage ! On ne sait même pas ce qu'il pense profondément, ou qui il est réellement.

"ses pieds nus en éventail"
J'aime trop cette expression, je la trouve géniale !

Très sympa, comme chapitre ! Transitoire et reposant... J'ai inspiré profondément cette odeur de mimosa avec Mathilde, parce que je sens arriver des jours plus difficiles, et le début de leurs cours...

Mais surtout, le terrrrrrible châtiment de Lady Tymphos !!! ;D

À très bientôt !


Pétrichor
Emmy Plume
Posté le 22/04/2021
Coucou Pétrichor ^^

Que dire, que dire... tu analyses toujours les personnage avec autant d'acuité. Galis est assez complexe, car il est très doué socialement parlant, et aime mettre les gens à l'aise, faire la conversation, et caetera.
Seulement, tu l'as sentis, il est assez dur de savoir ce qu'il pense vraiment, ce qui peut mettre mal à l'aise. Si tu prends ce qu'on sait du Chambellan, il serait assez à l'opposé. Mais bon, je n'en dis pas plus cette fois-ci ;)

Ce chapitre est en effet une pause appréciable après les chapitres précédents, riches en émotions. C'est parfois une bonne idée de simplement s'asseoir et respirer les fleurs pour laisser les ennuis s'éloigner (et pourquoi pas comme Galis, avec un bon livre ? XD).

Quant aux jours difficiles, le temps de ce chapitre, on peut les oublier un peu... mais ils viendront, pas de doute là dessus. =^v^=

Emmy

Aryell84
Posté le 09/04/2021
Héhé pour une fois je suis la première à commenter ;)

Un chapitre de transition, donc moins palpitant, du coup j'hésite à te conseiller de condenser un peu, parce qu'il n'apporte pas beaucoup à l'intrigue: on n'apprend quasiment rien de nouveau sur Galis et le Katchynien (d'ailleurs, je crois que tu ne l'a quasiment jamais nommé par son nom dans le chapitre, si c'est voulu c'est très bien, ça dit bien que pour l'instant les personnages ne le connaissent pas en tant que personne, mais seulement par ce qu'ils savent de lui, son apparence et son origine, mais sinon, peut-être rajouter une fois son prénom pour familiariser le lecteur? la preuve: j'ai peur de me tromper en écrivant son nom ^^).
Le moment de musique est très bien, ça c'est à garder, pour le reste, je te laisse voir :)

Quelques remarques précises:
- « avec toute cette agitation, elle avait oublié » → je crois que c’est évoqué dans le chapitre précédent, qu’elle a faim, non ?
- « aussi terrifiante que soit son allure » → le présent du subjonctif est possible, mais là je pense que tu peux mettre l’imparfait du subjonctif sans passer pour une pédante → « que fût »
- « en songeant aux crinolines qu’elle avait vues ce matin » → le matin (ce matin relève du discours direct)
- « une caricature de son original » → soit une caricature du son original (si le son désigne le morceau qu’elle joue), soit une caricature de son originale
- « en plus de sa cicatrice distrayante » → je ne suis pas sûre que l’adjectif soit le plus adéquat, parce qu’il sous-entend que la cicatrice amuse, en quelques sortes.. peut-être dérangeante ?

Des bisous <3
Emmy Plume
Posté le 22/04/2021
Hello Aryell84

Merci pour ces remarques constructives.
Il me semble cependant que tu as manqué le but de ce chapitre ^^'. Mathilde prend une bouffée de liberté après une suite d'événements tendus et de confrontations compliqués. C'est un moment destiné à laisser respirer le lecteur, et à lui faire apprécier l'ambiance du Collegium.
De plus, c'est un chapitre où on apprend à découvrir un peu mieux le personnage de Galis, qui a un rôle assez important dans l'intrigue. ^^

Bien sûr, c'est un premier jet, donc il y a sûrement matière à retravailler et élaguer un peu. Mais je réserve cela à la réécriture. ;)

J'espère que ces quelques indications t'aideront à voir ce chapitre sous un autre jour. ^v^

En attendant, merci encore pour ton commentaire et à la prochaine fois. =^v^=

Emmy
Blanche Koltien
Posté le 09/04/2021
Oh vraiment trop chouette comme chapitre!!!! On croirait presque sentir l’odeur des mimosas quand on lit! Ce qui n'est pas pour me déplaire...
En tout cas, Mathilde s'affirme, et c'est vraiment intéressant de voir son caractère s'affermir face aux autres! Quand à Galis, il est vraiment sympathique, on espère que leur amitié va se consolider!

C'est marrant, mais tu as du faire du violon à un moment où un autre parce que les précisions comme "pizzicati" ou "colophane", il n'y a souvent que les musiciens qui les connaissent!

Enfin bref, vraiment toujours un plaisir de te lire!

A bientôt!

Blanche
Emmy Plume
Posté le 22/04/2021
Hello Blanche !

Contente que ce chapitre t'ai plu ! Si l'odeur des mimosas s'est échappé de mes lignes pour venir jusqu'à toi, alors j'ai gagné mon pari d'écrivain. ;)

Mathilde a enfin un peu de temps pour souffler et enrichir un peu ses relations avec Galis, un moment de repos plutôt bien mérité. XD

Et pour te répondre, je ne fais pas de violon, mais mon père en a fait, et la référence de l'odeur de la colophane est sans doute tirée de là.

J'ai aussi un grand amour de la musique en générale (avec une préférence pour le classique, le folklorique et la musique de film) donc ça ne m'étonne pas que ça se sente dans mes écrits ;)

Merci beaucoup pour ce commentaire! =^v^=

Emmy
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