Chapitre 21 : La pluie et les souterrains

— Qui pour un tàilgo ? lança Algon en brandissant une sacoche de cuir.

La question fit lever plusieurs mains parmi les Dejclans assis le long de la table ; celle de Caraghon en était.

— J’ai pris juste assez de pièces pour deux joueurs, précisa le soldat en vidant le contenu de la sacoche sur la table. En m’y comptant d’office, évidemment… Alors ? Ouvrons les enchères.

Aussitôt, Pelion s’approcha en lui faisant les yeux doux.

— Mon tendre Algon, je peux te donner tout ce que tu veux en échange, et mieux que n’importe qui, s’exclama-t-il, les mains en coupe comme un mendiant.

Il reçut en réponse un haussement de sourcil peu convaincu qui fit ricaner les rangs.

— Tu ne veux pas jouer, Askaos ? chuchota Caraghon à son ami qui n’avait pas levé la main.

— Je n’aime pas jouer avec d’autres pièces que les miennes, répondit celui-ci avec une petite grimace.

Comme eux tous, songea le jeune homme. Mais la plupart, dont lui, avaient préféré laisser leurs pions de tàilgo chez eux, de peur de les égarer, bien qu’ils soient conscients que ce voyage en Eälagon serait long. Heureusement, Algon avait eu la prévenance d’emporter avec lui des pions neutres, de simples cercles sculptés dans du bois verni que seule la couleur différenciait sur le plateau ; ils étaient utilisés par ceux qui n’avaient pas les moyens de sculpter leurs propres pièces, ou ceux qui, comme eux, ne les avaient pas à disposition.

La pluie qui tombait depuis la veille n’avait pas décru. Les Dejclans s’étaient rassemblés à l’abri de la salle d’arme du palais, où les Eälagoniens les avaient laissés se faire une place, sans animosité, mais sans chaleur. Caraghon avait décidé de rejoindre ses frères d’arme afin de distraire son impatience de voir arriver la fin de la matinée, et avec elle des nouvelles de Tyeltaran. La conversation tournait autour des combats de l’avant-veille, du temps de chien, de la longueur de leur séjour, et il l’écoutait distraitement sans vraiment y prendre part ; aussi la distraction d’un tàilgo lui apparaissait tout à fait bienvenu.

Le regard d’Algon, qui parcourait la tablée avec un dédain feint, s’arrêta sur lui.

— En l’honneur de la raclée que tu as mise au prince héritier avant-hier, je veux bien t’accorder la première manche, déclara-t-il en souriant.

— Avec plaisir, s’exclama Caraghon en riant.

— Et moi alors ? protesta aussitôt Pelion, opiniâtre.

— Toi, tu as été battu à plate couture par une femme, rappela posément Algon sans même le regarder, soulevant une nouvelle vague de rires.

Il avait déployé le damier, tissé dans une natte de joncs pour être plus facilement transportable. Caraghon s’installa en face de lui, disposant les pions sans pouvoir s’empêcher de lui jeter des regards nerveux. Algon était sans le conteste le meilleur joueur de tàilgo de la garde, et face à lui, la partie serait rude.

Alors que la manche allait commencer, il remarqua que l’attention de leurs camarades se portait sur quelque chose derrière lui. Intrigué, il se retourna sur son banc.

Il fut moins étonné de l’apparition de Laedion que de l’état de celui-ci. L’une de ses joues portait la trace d’un bleu violacé, un impressionnant cocard semblait dessiner un maladroit trait de khôl autour de son œil droit, et sa paupière gonflée rehaussait l’éclat furieux qui luisait dans son regard.

— Tiens, te revoilà, Laedion, l’accueillit Askaos avec un sourire mielleux dégoulinant de sarcasme. Nous nous inquiétions de ne pas te voir ces jours-ci. Mais dis-moi, comment as-tu réussi à te mettre dans un tel état ?

— Est-ce que ça te concerne ? grommela Laedion en le foudroyant du regard.

Il alla s’asseoir en bout de table avec l’expression boudeuse d’un enfant vexé. Quelques-uns se fendirent d’un regard compatissant, mais la plupart se retenaient à grand-peine de rire.

— Je ne sais pas qui lui a fait ça, murmura Askaos en lorgnant son cocard, mais je comprends mieux pourquoi il s’est caché pendant trois jours entiers…

Dissimulant son sourire derrière son poing, Caraghon acquiesça.

Pelion, assis près de lui, se pencha en avant avec un air conspirateur.

— Eh bien moi, je sais.

— Quoi ? s’exclama Askaos en tournant vers lui un regard avide. Qui est-ce ? Raconte !

Mais leur camarade se contenta d’un haussement de sourcil :

— Oh, je ne sais pas s’il est sage de vous le dire. Que le bruit se répande ne fera pas plaisir à ce cher Laedion.

— Essaye de nous faire croire que cela t’importe, ricana Caraghon. Tu le déteste presque autant que moi.

Pelion le gratifia d’un rictus mystérieux, mais il mourrait visiblement d’envie de parler ; il ne lui fallut qu’une poignée de secondes pour se décider à révéler à voix basse :

— C’est la rouquine. Celle qui m’a battu l’autre jour en duel.

— Celle qui t’a massacré comme un débutant, corrigea Algon en toussotant derrière son poing.

Pelion lui décocha un regard furieux :

— Qu’est-ce que tu viens écouter les conversations des autres, toi ?

Et il reporta son attention sur Caraghon et Askaos pour expliquer d’une voix hilare qu’il avait du mal à contrôler :

— Vous vous souvenez du soir du banquet, quand Laedion s’est éclipsé en avance ? Son but était de filer le train à une jolie demoiselle qui quittait la table. Avec son charme et sa délicatesse habituels, lui a fait part de ses intentions… mais comme vous pouvez le constater, elle n’a pas apprécié ses avances.

Un irrépressible sourire monta aux lèvres de Caraghon, à la fois incrédule et terriblement satisfait.

Voilà en tout cas qui mettait son détestable camarade hors de cause quant à l’agression de Lün. Il ignorait s’il en était soulagé ou déçu.

— Bien, si le quart d’heure commérage est terminé… intervint de nouveau Algon en claquant des doigts sous le nez du jeune soldat. Je te rappelle que nous avons un tàilgo a jouer.

Celui-ci pivota sur le banc pour se placer face au damier, soudain concentré.

Autour d’eux, les autres se turent pour les observer alors que la partie commençait. Le brouhaha des voix des Eälagoniens de l’autre côté de la salle résonnait sous les voûtes, mais Caraghon avait appris à faire abstraction de tout ce qui pourrait le distraire. Il n’y avait plus que lui et les pions dansant leur étrange chorégraphie sur la natte carrelée. Malgré lui, cependant, ses pensées s’évadaient vers une autre partie de tàilgo qu’il avait menée quelques semaines auparavant ; les pièces étaient d’or et d’onyx, et face à lui, il y avait un jeune homme qui portait le titre de prince. Troublé par ces réminiscences qui venaient envahir ses calculs, il commit plusieurs erreurs qui lui ravirent pion après pion. Algon arborait une expression grave et concentrée, bien que la victoire lui soit déjà acquise, et chacun de ses coups claquait implacablement.

Ka reär tàilgo, annonça-t-il en arrachant la dernière pièce du jeu de Caraghon. Tu perds la bataille.

Celui-ci releva la tête et offrit un sourire un peu contraint à son adversaire. Il n’était pas mauvais perdant et savait que cette partie avait été médiocre. Mais il savait aussi pourquoi, et cela l’irritait intérieurement.

— Je t’aurai proposé une revanche, mais j’en connais quelques-uns qui risquent de s’impatienter, reprit le champion du tàilgo en adressant un clin d’œil à Pelion.

— Nous aurons bien une autre occasion de remettre ça, répondit le jeune soldat en cédant sa place à son camarade.

Les portes de la salle de garde s’ouvrirent sur un soldat Eälagonien qu’il reconnut comme l’officier Caldan. Sa livrée était ornée d’un arc d’or bandé sur fond rouge, qu’il déduisit être l’emblème du Daneimion. Il marchait droit vers un groupe de soldats dont la livrée portait les mêmes couleurs.

— J’ai les derniers ordres du prince Tyeltaran.

Caraghon tendit aussitôt l’oreille. Malgré la distance et le fait que l’officier parle en eälagan, il parvint à saisir à la volée le nom d’Alàtar, suivi de « garde », « compte-rendu » et « fin du conseil des magistrats ». Son cœur tressauta. Il rongeait son frein depuis la veille et son impatience l’irritait comme une démangeaison à laquelle il ne pouvait pas toucher. Si le conseil auquel était censé assister Alàtar s’était achevé, Tyeltaran devait avoir réussi à approcher son frère, et il ne tarderait pas à savoir s’il était promu ou non protecteur personnel de Lün.

— Où fuis-tu comme ça ? lui demanda Askaos quand il se leva.

— Il faut que je parte.

— Comme ça, sans explication ? insista son ami d’un air intrigué.

— Il ne me semble pas avoir de comptes à te rendre, répliqua-t-il avec irritation.

Il ignora les murmures de ses camarades qu’il abandonna derrière lui, et quitta la salle de garde à grands pas. A force de fréquenter l’aile ouest, réservée aux factions militaires, il avait fini par se familiariser avec ses multiples couloirs, et retrouver son chemin n’était plus un problème. Poussé par son empressement, il parvint rapidement à ses appartements.

Il pénétra dans l’antichambre à l’instant où Axat surgissait de la pièce attenante, les bras chargés de piles de draps neufs.

— Ah, messire. Vous tombez bien, j’ai reçu ceci pour vous.

Il désigna du menton le morceau de parchemin roulé posé sur le guéridon.

— Il y a longtemps ? interrogea Caraghon en s’en emparant, le cœur battant à tout rompre.

— Non messire, quelques minutes à peine.

Caraghon prit à peine le temps de le remercier avant de se réfugier dans sa chambre.

Adossé à la porte close, il déroula fébrilement le feuillet. Le message était très court, et ne comportait aucune signature, mais il reconnut immédiatement l’écriture élancée de Tyeltaran.

 

Le sanctuaire de Janyde, dès que vous recevrez ceci.

 

Il le lut plusieurs fois, comme à la recherche d’indices cachés dans ces quelques mots. Mais ils n’évoquaient rien de plus que ce qu’ils disaient.

S’avançant vers la cheminée allumée, il y jeta le parchemin. Même s’il ne révélait fondamentalement rien, ni nom, ni date, ni raison, il préférait ne pas laisser de traces susceptibles de faire remonter quiconque à leur secret. Il ne se décida à bouger que lorsqu’il fut entièrement dévoré par les flammes. Puis, après avoir machinalement vérifié la présence de sa dague à sa ceinture, il sortit.

Dans l’antichambre, Axat avait déposé les draps sur le dossier du fauteuil pour les plier. Caraghon hésita, se demandant si sa question n’allait pas éveiller la curiosité du garçon ; mais après tout, il n’avait pas le choix.

— Savez-vous où se situe le sanctuaire de Janyde ?

Comme il l’avait pressenti, Axat haussa les sourcils, mais répondit néanmoins :

— Oui, messire. Souhaitez-vous que je vous y guide ?

— Non. Contentez-vous de m’expliquer le chemin.

— Dans la galerie des temples, messire, indiqua le jeune valet tout en pliant les draps. Elle est située dans l’aile est, entre les bâtiments administratifs et la haute cour. Vous pouvez la rejoindre par les grands escaliers, elle est adjacente aux Halles du roi.

Caraghon se mordilla la lèvre en songeant que ce n’était pas l’itinéraire le plus discret qu’il puisse effectuer à travers le palais. Pourquoi Tyeltaran tenait-il tant à ce qu’il se rende là-bas ?

— Sinon, ajouta Axat en levant les yeux vers lui, y’a l’escalier de la coursive, derrière les quartiers princiers. La porte est derrière la grande tapisserie de l’Aigle. C’est plus rapide.

Puis il baissa de nouveau la tête pour s’occuper de ses draps.

— Merci, lança vivement Caraghon avant de sortir.

 

Après avoir consciencieusement maudit tous les dieux qu’il connaissait et pesté sur l’architecture décidément trop compliquée du palais avec une exemplaire mauvaise foi (en comparaison au labyrinthe qu’était l’Acropole de Makeos, Eäran avait des allures des plus rustiques), Caraghon parvint à trouver l’escalier dont Axat avait parlé. La porte était bel et bien dissimulée derrière une vaste fameuse tapisserie arborant l’aigle rouge d’Eälagon, si bien qu’il aurait pu très bien passer devant sans la voir s’il ne l’avait pas précisément cherchée. La coursive étant déserte, il se dépêcha de l’ouvrir et de s’y glisser avant que quiconque, sentinelle ou serviteur, ne le voie. Ce n’était pas le moment d’être remarqué par un comportement inhabituel.

L’escalier était étroit, glissant et plongé dans l’obscurité. Il descendit avec prudence, une main appuyée contre le mur de pierre pour s’assurer de ne pas perdre l’équilibre, et faillit entrer en collision avec la porte qui l’attendait en bas des marches. Il ignorait s’il s’agissait d’un escalier de service désaffecté ou d’autre chose, mais ce passage ne semblait guère fréquenté – sans doute était-ce dû au fait que ses deux accès étaient dissimulés sous des tapisseries, supposa-t-il en soulevant la lourde étoffe tissée pour s’extirper du passage.

Le couloir dans lequel il déboucha était heureusement désert. Sur sa gauche, il apercevait le marbre blanc qui carrelait les Halls du roi, à l’angle où se trouvait le grand escalier, et sur sa droite s’ouvrait une vaste galerie brodée d’arcades. Après avoir hésité une seconde, il s’engagea de ce côté, en s’efforçant de paraître affairé et sûr de lui, au cas où quelqu’un surviendrait – bien qu’en vérité il ignore totalement où il était censé se rendre. De part et d’autre de son chemin, les proches ciselés qui s’ouvraient à intervalle régulier ressemblaient aux multiples entrées d’un labyrinthe, dans lesquelles il n’osait s’aventurer.

— Enfin, vous êtes là.

Tyeltaran venait de surgir devant lui. Ses yeux bleus semblaient assombris sous ses sourcils froncés. Caraghon l’avait rarement vu aussi sérieux. Son visage avait même quelque chose de sinistre.

— J’ai eu un peu de mal à trouver, avoua le jeune soldat mal à l’aise. J’ai fait aussi vite que j’ai pu.

Le prince se contenta d’un regard agacé, avant de faire mine de lisser un pli imaginaire sur sa cotte. Il était vêtu avec une étonnante simplicité, remarqua Caraghon en avisant l’étoffe unie aux teintes grises, qui aurait mieux convenu à Alàtar. Puis il détourna rapidement les yeux vers le porche surplombé de voûtes qui s’ouvrait juste à leur droite, probablement de là d’où Tyeltaran était sorti.

Au fond d’une petite galerie s’ouvrait une pièce carrée au plafond bas gravé d’arabesques. Au centre trônait une fontaine de marbre blanc que les torches fixées aux murs faisaient luire de reflets rosés ; une statue de pierre surplombait le bassin, représentant une femme drapée d’une voile, le visage baissé et les mains jointes. A ne pas en douter, il s’agissait du fameux sanctuaire.

— Pourquoi m’avez-vous demandé de venir ici ? demanda-t-il en vérifiant du coin de l’œil que personne n’arrivait.

— Venez ici un instant, fut la seule réponse.

Tyeltaran l’entraîna à l’intérieur de la pièce. Le bassin de la fontaine était rempli d’une eau claire troublée de légers sillons sous les vibrations de leurs pas. Caraghon admira la finesse de la sculpture, qui lui conférait un étonnant réalisme. La femme de pierre semblait abîmée dans ses prières, et il s’attendait presque à ce qu’elle lève la tête à leur approche ; mais son immobilité était parfaite, à l’image du silence qui régnait tout autour d’eux.

— Est-ce votre mère ? demanda-t-il dans un murmure, comme par peur de déranger quelqu’un.

Le prince, les yeux perdus dans les jeux de lumière dans le bassin, secoua négativement la tête.

— Non. C’est la déesse Janyde, la maîtresse des rêves et la gardienne des prières.

Caraghon détourna le regard, avec l’inexplicable impression d’avoir violé la pudeur de la déesse de pierre. Les Dejclans ne représentaient jamais leurs divinités sous une forme charnelle, quelle qu’elle soit. Ils n’étaient pas assez proches d’eux pour leur donner un visage et un corps, en peinture comme en sculpture. En revanche, ils parlaient d’eux dans des chants, esquissaient par la voix des traits que l’imagination comblait, sans poser le carcan d’une seule vision à tous, car il y avait autant d’hommes en Dejclencie que de visages qu’ils donnaient aux Dieux dans leurs esprits.

Après un long moment d’immobilité, Tyeltaran détourna son regard de l’eau, et les traits de son visage semblèrent se détendre. De but en blanc, il annonça :

— Alàtar a donné son accord.

A l’entente de ces mots, Caraghon sentit un mélange de soulagement et d’anxiété couler dans ses veines.

— A présent, continuait le prince, je souhaiterais que nous nous rendions ensemble auprès de Lün pour l’informer de nos dispositions.

— Mais pourquoi venir ici ? insista le jeune soldat.

Tyeltaran se contenta de sourire.

— Vous vous rappelez peut-être que vous m’aviez demandé comment Lün faisait pour me rejoindre dans ma chambre.

— Oui, acquiesça Caraghon. Vous aviez dit qu’il n’y avait pas qu’une seule issue à cette tour.

Le sourire du prince s’accentua légèrement, mais quand ses yeux se plantèrent dans ceux du jeune soldat, ils étaient extrêmement sérieux.

— Ce que vous allez voir, personne, absolument personne, n’en a connaissance hormis moi.

Il contourna la fontaine à pas lents. Derrière elle s’ouvraient deux arches, chacune conduisant dans une galerie de colonnades éclairée de torches. Sans hésiter, Tyeltaran s’engagea dans celle de gauche. Un peu décontenancé, Caraghon suivit. La galerie les conduisit dans une seconde pièce, plus petite et circulaire, au fond de laquelle le mur s’incurvait en une sorte de niche. Peut-être avait-elle naguère accueilli une statue. Avant que le jeune soldat ait pu s’interroger davantage, Tyeltaran s’était agenouillé au sol devant la niche, les mains en appui contre le mur. L’air concentré, il palpa la pierre lisse. Caraghon allait lui demander s’il espérait vraiment desceller la dalle à la seule force de ses ongles, quand un crissement se fit entendre. Sous ses yeux écarquillés, la pierre bascula comme une trappe, révélant un passage pratiqué dans le mur.

— Par le Révéré, laissa échapper le jeune soldat ébahi.

Tyeltaran lui renvoya un sourire empreint de suffisance. Sans en tenir compte, Caraghon s’approcha pour mieux voir l’ouverture, juste assez grande pour qu’un homme s’y glisse en rampant, à la condition qu’il ne soit pas trop corpulent.

— Comment est-ce possible ?

— Allons, vous me pardonnerez de garder un peu de mystère dans cette histoire ? minauda Tyeltaran.

Caraghon s’apprêtait à l’accuser de vouloir dissimuler sa propre ignorance par la fanfaronnade, mais se retint à temps. Cela ne l’avancerait pas et il le savait. Autant le prince semblait, par instants, disposé à lui dire tout ce qu’il voulait savoir, autant à d’autres il se plaisait à cultiver l’incertitude, et Caraghon ne comptait pas lui donner le plaisir de laisser transparaitre sa frustration.

— Je vous laisse passer en premier, déclara Tyeltaran en désignant le trou de la main. Vous pourrez vous relever une fois de l’autre côté, le souterrain est assez haut.

Guère rassuré, quoique son ego lui ordonnât de ne surtout pas le trahir, le jeune soldat se mit à genoux à son tour pour scruter la trappe. Il n’y avait rien qu’une obscurité insondable.

— Faites vite, si vous le voulez bien, glissa le prince. Cette partie du sanctuaire est peu fréquentée, mais il serait fâcheux qu’on nous surprenne ainsi.

Alors, ravalant sa dignité, Caraghon se coucha à plat ventre pour se faufiler de son mieux dans l’étroit passage. En quelques contorsions, il fut sorti d’affaire, et s’empressa de se remettre sur ses pieds. Hormis la lumière venue du trou au niveau du sol, l’obscurité était totale, étouffante. Il sentit son cœur s’accélérer sous le coup de l’angoisse.

— Il fait noir, signala-t-il en maudissant la faiblesse de sa voix.

— Je sais, répondit celle, étouffée, de Tyeltaran de l’autre côté du mur.

Un instant plus tard, une torche surgissait par la trappe, tenue au bout d’un bras. Caraghon s’empressa de s’en emparer, et les flammes jetèrent leur lumière rougeâtre sur les parois de pierre irrégulière, chassant les ténèbres.

— J’arrive, le prévint le prince.

Le reste du corps suivit le bras dépassant de l’ouverture ; Caraghon eut le plaisir d’admirer Tyeltaran ramper et se tortiller comme un ver pour le rejoindre. Il crut comprendre pourquoi celui-ci s’était vêtu d’une simple cotte grise.

Peut-être masqua-t-il mal son amusement, car il récolta un regard noir qui lui fit détourner la tête. Levant sa torche pour y voir plus clair, il se retourna vers le tunnel étroit, aux murs suintant d’humidité et hérissés de stalactites, qui s’enfonçait en pente douce dans les entrailles de la terre.

— C’est donc cela.

Un léger écho reprit ses mots, le faisant frissonner malgré lui. Il n’avait jamais eu l’occasion de fréquenter ce genre d’endroits, et l’exiguïté du passage ne le rassurait pas franchement, bien qu’il ne l’avouerait jamais.

— Il mène tout droit à la tour sud, expliqua Tyeltaran en brossant ses habits d’un revers de main. Je vous accorde que ce n’est pas le chemin le plus évident, mais c’est le plus discret, et de mon point de vue, le plus sûr.

Puis, après que le prince ait refermé la trappe derrière eux, ils se mirent en route dans le tunnel, juste assez large pour leur permettre de marcher côte à côte. Caraghon tenait la torche levée pour éclairer leur chemin autant que possible. Leurs ombres déformées dansaient sur les parois luisantes au gré du mouvement des flammes, comme celles des monstres peuplant les histoires pour enfant. Le terrain s’inclinait au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient dans les profondeurs du sol ; leurs pas produisaient de légers bruits de succion sur le sol humide, et l’air était lourd et figé, chargé de particules de poussière et de relents de moisissure qui lui firent froncer le nez. De temps en temps, il sentait une goutte d’eau lui tomber sur le front, et l’essuyait avec agacement.

— Comment avez-vous découvert ce souterrain ? demanda-t-il, presque avec timidité.

— Ce n’est pas moi, c’est ma mère, expliqua Tyeltaran d’une voix qui résonna curieusement dans l’espace. Ses quartiers privés se trouvaient dans la tour sud. Un jour elle a trouvé l’entrée dans la cave par hasard, et exploré le tunnel jusqu’à l’alcôve du sanctuaire.

— Personne d’autre ne connaissait son existence ? s’étonna Caraghon.

— Non, il n’avait pas été emprunté depuis des années au vu de l’état des entrées. Il devait s’agir d’un passage dérobé que tout le monde avait oublié. Je doute d’ailleurs qu’il soit unique en son genre, mais c’est à l’heure actuelle le seul que je connaisse. Eäran est un ancien château, vous savez, et avant d’être un palais, c’était une forteresse. En quatre siècles, les plans originaux ont eu le temps de s’égarer à jamais. Quand ma mère a découvert ce tunnel, elle n’en a jamais parlé à personne. Avoir son secret dans un palais étranger lui plaisait, j’imagine.

Une ombre passa dans les prunelles de Tyeltaran, luisantes sous la lumière de la torche.

— Alors comment se fait-il que vous le connaissiez, vous ? questionna le jeune soldat avec curiosité.

Tout ce qui touchait à la reine l’intriguait plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Peut-être l’idée qu’une femme de son peuple ait vécu dans ce pays, une femme à laquelle il se sentait étrangement lié, une femme dont il ne savait que ce qu’en disaient les rumeurs, le poussait-il à la recherche d’une forme de souvenir véritable auprès de ceux qui l’avaient connue.

— En fait, commença le prince avec un sourire empreint de mélancolie, je l’ai espionnée. Je m’étonnais toujours de la voir apparaître dans la tour alors que je n’avais pas entendu la porte. Un jour, alors qu’elle repartait, je l’ai suivie dans le souterrain… vous vous en doutez, elle n’a pas mis longtemps avant de me surprendre.

Caraghon se demanda si c’était les reflets de la torche ou bien des larmes qui brillaient si fort dans ses yeux. Il ne dit rien, cependant, et attendit que Tyeltaran reprenne.

— La colère dans laquelle elle s’était mise en me surprenant en train de voler des gâteaux aux cuisines n’était rien, en comparaison.

Le jeune soldat sentit un sourire étirer ses propres lèvres, alors qu’en même temps son cœur s’emplissait de la même douceur amère qui vibrait dans la gorge du prince.

— Elle m’a laissé la suivre jusqu’à l’autre bout du souterrain avant de me faire promettre de garder le silence sur son existence. J’ai tenu parole. Jusqu’à aujourd’hui, en tout cas, ajouta-t-il en glissant un regard en coin à Caraghon.

Celui-ci sentit sa gorge se serrer. Il ouvrit la bouche, sans aucune idée de ce qu’il s’apprêtait à dire, mais Tyeltaran posa doucement une main sur son bras :

— Ce n’était pas un reproche. Si elle vous avait connu, je crois qu’elle ne m’en aurait pas tenu rigueur.

Et Caraghon ferma la bouche, en priant pour que sa proximité avec la torche explique la soudaine rougeur qui avait envahie ses joues.

— Je ne compte rien dire à ce sujet, assura-t-il d’une voix qu’il espéra ferme, ni au sujet de Lün ou quoi que ce soit d’autre. Vous pouvez me faire confiance pour emporter ces secrets dans ma tombe.

Le prince sourit de nouveau ; la tristesse s’était évaporée de ses lèvres et de ses yeux. Les flammes qui dansaient entre eux sculptaient de leurs ombres les traits de son visage et embrasaient le bleu de ses yeux. Dans les ténèbres qui les entouraient, ses cheveux brillaient comme des fils d’or et d’argent mêlés dans un sublime tissage. Et Caraghon se fit la réflexion que le feu était un élément qui épousait à la perfection tout ce qu’était le prince.

— Regardez, souffla la voix de Tyeltaran.

S’arrachant à la contemplation de son visage, le jeune soldat suivit des yeux ce qu’il désignait du doigt. Il constata que la fin du souterrain approchait. Une porte basse, ancienne et délabrée, fermée par une barre de fer, les attendait tout au bout.

Et lui qui, en s’engouffrant dans la noirceur de la trappe, avait seulement souhaité en sortir, se trouva soudain déçu que leur marche dans les entrailles d’Eäran ne dure pas plus longtemps.

— Nous n’allons pas faire peur à Lün, en s’introduisant dans sa tour comme ça ? s’inquiéta-t-il en baissant la voix.

— Il sait déjà que nous sommes là, répondit tranquillement le prince. Il le sait toujours.

De près, l’état de la porte était encore plus pitoyable. Le bois était gonflé d’humidité, pourri et rongé par endroits. Caraghon songea avec ironie qu’effectivement, une telle antiquité devait produire en s’ouvrant un vacarme assez effroyable pour que Lün, où qu’il soit dans la tour, les entende entrer.

Tyeltaran lui fit signe de rapprocher la torche tandis qu’il délogeait la barre de fer et faisait jouer le loquet. Malgré la rouille qui recouvrait celui-ci, il joua sans difficulté ; et il ne fallut qu’une simple poussée pour que le battant pivote sur ses gonds sans un bruit.

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AliceH
Posté le 26/09/2020
Moi aussi, je suis de retour pour commenter ! Le souci c'est que j'ai rien de constructif à dire. Je dois avouer que le coup des passages secrets derrière les tapisseries m'ont rappelé le gameplay de Harry Potter 3 (oui, sur PS2...). Et je file vite lire la suite car tout ce mystère me titille !
UnePasseMiroir
Posté le 26/09/2020
Tkt je vais pas t'engueuler pour ça xD Ahah jamais testé aucun gameplay HP mais je pense que le coup des souterrains c'est pas des plus original ^^ bref heureuse que ça te plaise toujours !
Gwenifaere
Posté le 21/09/2020
Ouiii du tailgo de voyage ! Je suis joie.
Alors j'aime bien toutes les scènes où on voit les Dejclans un peu entre eux, c'est sympa de voir Caraghon avec ses collègues, tu rends bien la camaraderie entre eux je trouve, c'est chouette.

Imaginer Caraghon et Tyeltaran en train d'essayer de se faufiler dans le trou pour accéder au souterrain était drôle... peut-être presque un peu trop ? Le problème c'est qu'après je me suis mise à imaginer Lün et même la reine en train de s'extirper tant bien que mal du même endroit, et ça collait quand même un peu moins à leur #aesthetic si tu vois ce que je veux dire...

Bon d'un autre côté ça casse un peu les codes c'est sans doute pas plus mal.

J'ai beaucoup aimé en apprendre un peu plus sur la reine aussi ! La scène entre elle et Tyeltaran est bien rendue, je l'imagine sans problème XD

Bref, bon chapitre, désolée de ne pas être passée plus tôt, mais je suis ravie d'avoir enfin eu le temps de le lire ! Bon courage pour trouver le temps pour la suite, tu vas y arriver ^^
UnePasseMiroir
Posté le 21/09/2020
Hello toi ! Oui j'en ai profité pour appliquer tes remarques sur les absences de pièces authentiques xD sois fière de me donner des idées de scènes !
C'est vrai que c'est des scènes que j'aime bien écrire, donc heureuse qu'elles te plaisent !

Ohhh merde j'avais jamais vu les choses comme ça xD Non mais sérieux, Lün et Ancathia c'étaient les seuls personnages qui avaient encore un peu de classe et de mystère... tu viens de tout me bousiller.

J'ai l'impression que Tyel ne parle d'elle que pour dire à quel point elle passait son temps à l'engueuler en fait xD ça craint...

T'en fais pas, j'imagine très bien que je ne suis pas seule à ne plus trouver beaucoup de temps pour traîner sur PA ! Mais ça fait plaisir de te voir de retour ;)
Merci beaucoup ! J'essayerai de ne pas trop tarder à poster mais bon... je préfère rien dire en fait.
Natsunokaze
Posté le 20/09/2020
Coucou !

Enfin, je trouve le temps de passer ! J'avais hâte de pouvoir me pencher tranquillement sur ce chapitre >,<

Et je commence avec la réponse de Pelion aux enchères d'Algon qui sonne tellement perverse, en fait xD On a trop l'impression qu'il lui propose quelque chose de sexuel, ah ah ah ! Et en plus, ça ne fonctionne pas ! Pauvre de lui !

Le pauvre Pélion s'en prend plein la tronche, ah ah ah ! Mais comme il perd face à Caraghon, ça ne me dérange pas ! En même temps, qui ne choisirait pas Caraghon pour lui servir de partenaire de jeu, hum ? *regard lourds de sous-entendus pas du tout discrets* Heureusement que Tyel n'est pas là pour voir ça ou je suis certaine qu'il serait jaloux et qu'il s'empresserait d'aller inviter Caraghon à jouer avec son jeu à lui, dans ses appartements, bien entendu uh uh uh !

Ah. Laedion... franchement ? Il ne nous avait pas manqué ! J'aurais préféré qu'il croupisse dans le caniveaux pour le reste de sa vie que de le voir revenir, mais bon, il semble s'être pris une bonne raclée et rien que pour ça, ma journée s'annonce plus belle xD Je ne sais pas ce qu'il a fichu, le soir du banquet mais il s'est clairement attiré des ennuis. Est-ce qu'il aurait essayé un peu trop lourdement de dragué une femme qui, comme Kanska – si ce n'est pas Kanska elle-même – lui a fait comprendre avec ses poings qu'il n'était pas à la hauteur de la tâche ? J'aimerais bien, mouhahahah ! Ca lui ferait tellement les pieds de s'être fait battre pas une femme, surtout si elle était en robe de bal xDD

BOUHAHAHAHAHAHA ! J'avais raison ! Je suis pliée ! Merci aux commères de la garde, j'ai nommé Pelion, Caraghon et Askaos pour m'avoir offert ce délicieux petit moment de rigolade ! Franchement, Leadion le méritait fois cent ! J'espère qu'il a bien morflé et qu'il s'est fait ratatiner la face en public, tiens ! Ca lui fera les pieds et il apprendra la courtoisie que l'ont doit à une dame. Surtout une dame capable de se battre aussi bien que celles du royaume de Tyel x)

Askaos... j'ai un peu pitié pour lui (qu'il ne note, parce que ça n'arrivera pas tous les jours U,U) Le pauvre s'est fait envoyer bouler par Caraghon bien proprement. Mais bon, Caraghon a raison U,U Il n'a pas de compte à lui rendre et je le soutiens dans cette démarche ! Il est un homme libre U.U

Vu le temps que Caraghon a mis pour venir, j'imagine bien le pauvre Tyel en train de faire les cent par dans les souterrains en priant pour que Caraghon ne découvre pas son message dans la soirée xD Sinon, imagine l'attente, ah ah ah ! J'espère qu'il avait pris un bouquin avec lui, histoire de passer le temps x)

Caraghon, fait un effort xD Il t'a parlé d'un souterrain, tu trouves dans un souterrain... 1 + 1 = ? xD

Tyel ne va pas te révéler tous les secrets du mécanisme, faut pas abuser, Caraghon xD C'est déjà une énorme preuve de confiance qu'il te fait en te confiant la protection de son petit frère et en t'enseignant l'existence de ces passages secrets malgré le danger que ça pourrait devenir si tu décidais de le trahir. Ne sois pas trop gourmand xD

Je suis étonnée que Caraghon n'ait pas senti un regard insistant sur son derrière pendant qu'il rampait à plat ventre pour entrer dans le souterrain >,> Etrange... >,>

Ah ah ah ! Maman n'a pas apprécié que tu lui voles son secret xD Elle n'est pas très sympa quand même ! Elle devait bien se douter que ça arriverait et elle pouvait bien partager ce secret avec au moins l'un de ses fils x) Mais je note le secret qu'il partage avec Caraghon et qui es plus symbolique qu'on ne pourrait le croire ^.<

Lune-chou est de plus en plus mystérieux ! En vrai, c'est le plus classe de tous, je ne cesserai jamais de le dire U,U Il pourrait conquérir le monde s'il le voulait et s'il n'était pas aussi terrifié par ledit monde >,< Mais je suis contente que Caraghon et Tyel soient là pour le protéger et j'ai hâte de le voir pus souvent pour en savoir davantage sur lui et mieux le connaître =) Je suis certaine qu'il a plein de choses intéressantes à dire ^^

Sur ce, je te laisse ! Moi aussi, j'aurais bien aimé que cette balade collée/serrée entre Tyel et Caraghon dans les souterrain dure plus longtemps mais je suppose qu'il ne faut pas trop en demander en une seule fois xD J'ai vraiment hâte de lire la suite et comme d'hab, c'est toujours aussi bien écrit et prenant que toutes les autres fois ! Donc je te souhaite plein d'inspirations pour la suite et bon courage pour tes études =)

A tout bientôt !

Natsunokaze
UnePasseMiroir
Posté le 23/09/2020
Réponse un peu à la bourre mais breeef ! Bonjour déjà xD

"Et je commence avec la réponse de Pelion aux enchères d'Algon qui sonne tellement perverse, en fait xD On a trop l'impression qu'il lui propose quelque chose de sexuel, ah ah ah ! "
C'est possible en effet... xD Mais il s'est prit un gros vent donc tant pis mdr.

"En même temps, qui ne choisirait pas Caraghon pour lui servir de partenaire de jeu, hum ? *regard lourds de sous-entendus pas du tout discrets*"
Je ne vois pas ce que tu sous-entends 😇😇😇
Ahah grave Tyel serait jaloux à mort là xD C'est clair que ses jeux à lui sont meilleurs - surtout quand il ne confond pas la boîte de pions avec celle des sextoys... *o*

Il est revenu oui, mais avec des cocards et des bleus, donc ça passe xDD
Ah ben t'avais tout deviné xD et oui j'avoue qu'ils font un peu gang de commères, mais on les aime comme ça <3

Il note il note, ça le sidère un peu d'être objet de ta compassion xD Il se demande quelle grosse catastrophe cela cache...

Tkt il a pris son matériel de camping et des provisions pour être sûr.

1 + 1 = ... *deux heures de réflexion plus tard* 45 !
Excuse-le d'être un peu long à la détente, c'était pas forcément évident au premier abord xD

"Je suis étonnée que Caraghon n'ait pas senti un regard insistant sur son derrière pendant qu'il rampait à plat ventre pour entrer dans le souterrain >,> Etrange... >,>"
Il était occupé à faire un massage cardiaque à sa dignité, excuse-le xD

J'avoue mais je pense pas qu'elle faisait confiance à un gamin de cinq piges pour garder le secret x) l'avenir lui a montré qu'elle avait tord mais breeef !
Ahah oui tout est dans la symbolique, toujours la symbolique ;)

"Il pourrait conquérir le monde s'il le voulait et s'il n'était pas aussi terrifié par ledit monde >,<" Tu as bien résumé la situation ^^ par contre Tyel a tiqué quand tu vas dis que Lün était le plus classe de tous xD
Héhé ravie que ces mystères t'intéressent alors ! <333 Lün est tout stressé maintenant...

On aura l'occasion d'en voir plus tard des collé-serré en tout genre, tkt ;)

Merci beaucoup ! et bon courage à toi aussi !
Zoju
Posté le 07/09/2020
Salut ! Je rejoins Ludivinecrtx sur le fait que ce chapitre est davantage dans les descriptif. Toutefois, cela ne m'a pas spécialement dérangé. J'ai bien aimé les échanges entre Caraghon et ses collègues. Je trouve ces moments intéressants, car ils nous permettent de voir Caraghon d'une autre manière qu'avec Tyeltaran. On sait donc où était passé Laedion (comme souhaité, j'ai eu une amnésie passagère concernant certaine partie des précédents chapitres).

Pour le reste, la deuxième partie concerne surtout le passage secret. La partie sur la représentation de la déesse est intéressante et amène un peu plus d’élément sur les deux civilisations. Cela semble toujours douloureux à Tyeltaran de parler de sa mère. Caché dans ce souterrain, il peut se laisser aller à montrer davantage ses sentiments.

Quoi qu'il en soit, un bon chapitre que j'ai pris plaisir à lire. Curieuse de connaitre la suite ! :-)
UnePasseMiroir
Posté le 07/09/2020
Coucou toi ! Oui c'est vrai que c'est un chapitre de transition, donc le rythme est plus lent et descriptif.
Oui moi aussi je sentais qu'il fallait plus le remettre "dans son milieu naturel" on va dire xD Ahah et super pour l'amnésie ;)

Ahah j'avoue j'ai l'impression de passer plus de temps à installer le world building qu'à faire avancer l'intrigue, mais il le faut bien ^^ et c'est parfait si ça t'intéresse néanmoins !

"Caché dans ce souterrain, il peut se laisser aller à montrer davantage ses sentiments." J'aime beaucoup cette remarque ;)

En tout cas merci pour ton commentaire, comme toujours ! Bisous !
ludivinecrtx
Posté le 07/09/2020
Coucou bon bah voilà je suis venu ! Chapitre un peu court que j'ai trouvé très descriptive. Je sais qu'on découvre une autre partie du château et un secret d'architecture mais j'ai trouvé que ça manquait d'histoire... Après je ne suis pas fan des descriptions ahaha.

Sinon j'adore comment caraghon se voile la face a penser a Tyel sans cesse et s'en énervé mdr. C'est trop mignon !

Personnages j'aurai peut être confronté cara et laedion. Oui j'avais envie d'un peu de bagarre lol.

Sinon Tyel est toujours aussi mystérieux. On commence a voir les enjeux de ton histoire se dessiner a grands pas. Hâte de lire la suite
ludivinecrtx
Posté le 07/09/2020
Personnellement*** et bon personnage
UnePasseMiroir
Posté le 07/09/2020
"Un peu court" xD Oui c'est vrai il ne fait QUE 4.3k ! ^^ En revanche j'avoue qu'il se passe moins de trucs dedans, on se balade dans de nouvelles parties du château et je termine le chapitre au moment où ils arrivent enfin quelque part, mais bon x) le rythme ne sera pas trépidant non plus dans les chapitres à venir...

Ahah ben ouais là il commence à se dire que la mauvaise foi ne sert plus à rien et ça l'énerve xD

Ouais toi tu veux du sang... j'avoue que j'ai été tentée aussi, mais ça viendra plus tard ;)

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