Chapitre 2 : Une ligne tendue

Par Isapass

2 – Une ligne tendue

 

Le manteau bleu

 

Il rangea la missive dans la poche de son manteau bleu nuit tandis qu’un sourire satisfait étirait ses lèvres. Il n’y avait plus qu’à attendre. Les pélégris avaient enfin localisé les fugitifs, remontant la côte vers le nord dans leur ridicule petite barque. Il ne restait que quelques jours avant qu’ils passent la frontière d’Ostreterre où il serait plus difficile de les intercepter, pourtant il avait bon espoir qu’ils seraient arrêtés d’ici là. Il fixerait alors le sort du prince, mais quoi qu’il en soit, il aurait la garantie de pouvoir maintenir le régent sur le trône aussi longtemps que nécessaire.

Le régent… il aurait juré qu’Abzal constituait l’élément le plus faible du plan. Il craignait que le bâtard de Blanche ne finisse par ruer dans les brancards, par refuser de légitimer le déploiement du nouveau régime. Sans se sacrifier pour autant, non, il était bien incapable de ça. Il l’avait d’ailleurs choisi pour sa lâcheté, mais celle-ci dépassait largement ses espérances, à tel point qu’Abzal ne protestait même plus. Il ratifiait tous les décrets, sans ciller. Son visage revêtait un masque impénétrable lorsqu’il apposait son sceau sur une lettre d’ordre. Le même que celui de son frère, tiens…

Alors, le régent était-il guidé par sa veulerie, ou avait-il pris goût au pouvoir ? Dans ce dernier cas, il risquait de tomber de haut quand ils auraient enfin retrouvé la piste du disparu.

 

***

 

Abzal

 

Le régent avait perdu le sommeil depuis bien longtemps. Après deux ou trois heures d’un assoupissement agité, il s’éveillait invariablement au milieu de la nuit, un goût amer dans la bouche et les dents si serrées que sa mâchoire en était douloureuse. Lorsqu’il n’en pouvait plus de fixer l’obscurité, il parcourait les couloirs du château pour se réfugier dans le cabinet royal. L’image d’Einold assis à sa table de travail l’attendait dès qu’il passait la porte. Sur le visage de son frère ne s’affichait ni reproche ni haine, juste l’expression indéchiffrable qu’il portait de son vivant. Pourtant, même sans jugement, son souvenir suffisait à attiser la culpabilité d’Abzal. Il s’asseyait à la place où trônait le roi avec une grimace, s’obligeant à chasser son fantôme. À l’écarter un peu, du moins.

Cette nuit n’avait pas fait exception : bien avant l’aube, il s’était absorbé dans la lecture de rapports fastidieux à la lueur d’une bougie. Une tache claire attira son regard ; la vision troublée par la flamme, il s’en approcha pour trouver d’où elle venait. La faible lumière aurorale se concentrait dans un petit miroir posé sur une console. L’objet avait dû être déplacé par un valet, car il ne l’avait jamais vu. La finesse du métal ouvragé, orné de fleurs, évoquait un nécessaire de toilette féminin. Sur la poignée, un nom était gravé : Almena. Le visage du régent se refléta sur la surface argentée lorsqu’il s’en saisit. Il entraperçut les cernes noirs, les traits tirés et les paupières lourdes de honte avant de le reposer brutalement sur le meuble, le tain tourné vers le bois.

Même les éléments de cette pièce se retournaient contre lui. C’était pourtant le dernier endroit où il se sentait en sécurité — encore que cette fouine de Bréol y entre maintenant avec des airs de propriétaire. Il n’avait plus d’alliés nulle part, seulement des ennemis. Ici, il pouvait se remémorer celui qu’il était il y a des années, avant de trahir son frère ; avant de trahir le royaume.

Il se posta devant la fenêtre au vitrail clair pour contempler la brume qui reculait en révélant la ville niveau après niveau. La grande cour prenait vie traversée par les serviteurs et les palefreniers. Une silhouette attira son attention : la démarche rapide et déliée, elle paraissait familière. En regardant mieux, il reconnut Elvire, vêtue d’un bouffetin sans fioriture et d’une simple tunique de lin blanc, comme un jeune garçon. L’idée arracha un sourire au régent. Réflexion faite, aucune chance qu’on la prenne pour un homme ! Le balancement des hanches menues, les petits seins pointus sous l’étoffe légère, le cou fin, la grâce qui émanait malgré elle de chacun de ses pas décidés… Ciel, qu’elle était jolie ! Tout autant que sa sœur. Le spectacle lui remit du baume au cœur. Peut-être devrait-il convoquer l’une ou l’autre plus souvent ?

Il continua à la suivre des yeux. La jeune fille marchait furtivement, jetant autour d’elle des regards inquiets tandis qu’elle se dirigeait vers le fond de la cour. Son manège l’intrigua. Où pouvait-elle se rendre en s’efforçant ainsi de ne pas être vue ? Lorsqu’elle disparut au coin de la caserne, il fut tenté de percer ce mystère.

 

***

 

Elvire

 

La salle d’armes, déserte et sombre, résonnait du claquement des bottillons souples d’Elvire et des soupirs qui lui échappaient parfois dans l’effort. À l’aube, les troupes de jour prenaient leur poste tandis que celles de la nuit rentraient dans leur casernement, au fond de l’enceinte des Cimiantes. Depuis qu’elle avait remarqué que personne ne s’entraînait à cette heure-ci, la jeune fille se faufilait chaque matin pour répéter ses passes et ses enchaînements à l’épée — la seule sortie qu’elle s’autorisait quotidiennement. Elle se défendait fort bien à l’arc dont elle s’était toujours servie, mais, faute de pratique, le maniement des longues bâtardes ne lui était pas naturel. Or, depuis que Themerid était mort, elle ressentait plus que jamais le besoin de maîtriser les armes et l’art du combat. Défendre ses proches contre tous les dangers qui peuplaient Terce, le château, le royaume entier, cela tournait à l’obsession, elle le savait, mais c’était la seule chose qui la poussait en avant. Comme si une volonté supérieure à la sienne — le ciel, le destin ? — l’avait investie de cette mission, sous peine de se vider de toute utilité.

Elle s’acharnait depuis une heure sur le mannequin qui la narguait de son impassibilité, abattant son arme d’exercice en bois sur le cuir dont il était recouvert, quand le tremblement de son bras droit la contraignit à s’arrêter. Elle posa l’épée sur un banc et agita la toile de sa tunique de lin qui lui collait à la peau en tâchant de retrouver son souffle. Elle s’autorisa même à soulever le vêtement d’un ou deux pouces pour que l’air refroidisse son ventre et son dos. Puis, ramassant la bâtarde, elle céda à un geste de colère puérile en menaçant le mannequin. Pour faire bonne mesure, elle brandit aussi le poing vers l’oriflamme brodé des armoiries du Haut-Savoir qui ornait un mur de la salle depuis que la garde royale avait été chassée de la garnison des Cimiantes au profit des pélégris. On croisait maintenant des uniformes vert sombre dans l’enceinte des remparts et à l’intérieur même du château.

Il était temps de regagner la tour de la Lune après avoir remis l’arme au râtelier, songea Elvire en se tournant vers la porte. Elle se figea aussitôt et fit vivement retomber sa tunique sur ses hanches : un homme se tenait là, immobile, la main posée sur le quillon de son épée. La jeune fille sentit la honte rougir ses joues. C’était si ridicule de se laisser surprendre ainsi ! Elle savait pourtant qu’elle devait rester discrète. En outre, l’intrus avait dû voir ses simagrées d’enfant face aux couleurs de l’Ordre. Pour couronner le tout, elle avait donné sa peau nue en pâture à cet individu. Pourvu qu’il n’ait pas cru qu’elle avait volontairement levé sa chemise dans le but de l’aguicher… Elle imaginait avec dégoût les regards chargés de convoitise qu’il poserait sur le vêtement au niveau de son nombril, là où ils avaient déjà mordu la chair.

Pourtant, lorsqu’il s’avança vers elle tandis qu’elle s’efforçait de recouvrer sa dignité, les yeux de l’inconnu ne se détournèrent pas de son visage. Il lui adressa un sourire poli dans lequel elle ne lut ni moquerie ni la moindre trace de lubricité, s’arrêta à quelques pas d’elle et s’inclina courtoisement.

– Demoiselle, salua-t-il simplement.

Qui était cet homme ? Vêtu d’une chemise blanche de drap léger et d’un bouffetin noir, il portait courts ses cheveux châtains. Elvire le situa dans le milieu de la trentaine. L’absence d’uniforme, sa diction et ses manières excluaient un pélégri même si sa posture droite reflétait quelque chose de martial. Alors, un nouveau ministre ? Un seigneur récemment installé à Terce ? Elle pensait ne jamais l’avoir croisé auparavant, pourtant ses traits produisaient sur Elvire un sentiment rassurant. Elle allait lui demander son nom, quand il reprit :

– Quel dommage que vous deviez partir, j’espérais trouver un équipier d’entraînement. 

Elvire hésita. Après une lune à s’exercer en solitaire, ses muscles avaient durci, elle avait gagné en souplesse et en agilité, mais que valait-elle dans un véritable affrontement ? Sûrement pas très cher. Il avait cependant été hors de question de s’enquérir d’un professeur ou d’un partenaire : si l’Ordre interdisait aux femmes de lire et de s’instruire, il y avait peu de chances pour qu’il leur permette le maniement des armes. Or, l’arrivant semblait indifférent au sexe de son adversaire.

Elle vérifia l’heure d’après la lumière qui traversait les fenêtres en hauteur de la salle, lança un dernier regard vers l’inconnu, puis, tranquillisée par son attitude franche, décida de saisir l’opportunité.

– Je peux vous accorder quelques instants, mais je dois vous prévenir que je débute.

– J’en tiendrai compte, assura-t-il.

 

Une demi-heure plus tard, Elvire déclara forfait et se laissa tomber sur un banc, essoufflée mais ravie. Elle avait plus appris en une matinée que pendant la lune écoulée. Elle n’avait pas seulement trouvé un partenaire d’exercice en chair et en os, mais aussi un professeur patient et pédagogue. Il avait corrigé sa position tout en adaptant sa vitesse et sa force à la sienne, il l’avait conseillée sans la ménager, toujours souriant et aimable.

– Merci pour cette leçon ! lança Elvire avec enthousiasme.

– Que diriez-vous de poursuivre demain ? demanda l’homme. Peut-être même pourrions-nous profiter de la tranquillité qui règne à cette heure-ci pour nous entraîner régulièrement ?

Encore une fois, la jeune fille pesa sa réponse. Entre les pélégris, les Érudits du Haut-Savoir qui remplaçaient peu à peu les ministres au Conseil, le régent, Iselmar… les hommes qu’elle croisait aux Cimiantes ne lui inspiraient plus confiance depuis longtemps. Pourtant, celui-ci paraissait dépourvu de calcul ou de vice. Elle ne connaissait toujours pas son nom, se rappela-t-elle, mais il n’avait pas demandé le sien non plus. Sans doute se moquait-il des convenances puisqu’il acceptait de se battre contre elle. Et sa progression à l’épée valait le risque.

– Volontiers, répondit-elle, toujours assise sur son banc.

Il s’inclina pour sceller l’arrangement, puis s’éloigna vers la porte. Avant de la franchir, il ramassa son manteau qu’il avait déposé sur un tabouret. Tandis qu’il l’enfilait, un rayon de soleil passa les remparts et tomba sur l’inconnu par l’une des étroites ouvertures de la salle d’armes. Le noir du bouffetin se changea en vert sombre sous les yeux écarquillés d’Elvire qui reconnut alors dans la longue veste en cuir l’uniforme des Érudits de l’Ordre.

– Mais vous êtes… souffla-t-elle.

– Le nouveau commandant des troupes de Terce, termina-t-il d’un ton léger. À demain, Demoiselle.

Il sortit sur un dernier salut, laissant Elvire abasourdie.

 

La jeune fille regagna les appartements qu’elle partageait avec Flore en passant par l’escalier de la tour de la Lune. Le temps que dura son ascension ne devait rien à la fatigue de l’exercice ; perdue dans ses pensées, elle revivait sa rencontre avec l’Érudit, en cherchant à savoir si elle s’était laissé berner ou si les événements étaient aussi fortuits qu’ils lui avaient d’abord parus. Certes, l’homme appartenait à l’Ordre et cela aurait pu suffire à le classer immédiatement parmi les gens qu’elle préférait à tout prix éviter. Elle n’aurait d’ailleurs pas hésité à quitter la salle d’armes si elle avait vu son uniforme. Pourtant, elle n’avait pas décelé sur ses traits ni dans son comportement une once de duplicité. Voulait-elle se convaincre elle-même qu’il n’y avait rien à craindre pour se dédouaner de son ingénuité ? Ou pour se pardonner d’avoir pris tant de plaisir à cet entraînement ? Elle imaginait déjà les réactions de Flore et de Dame Renaude si elle leur racontait la scène ; elles la trouveraient bien naïve… Elle songeait cependant avec impatience au rendez-vous du lendemain ; l’occasion de progresser se présentait enfin ! Allait-elle y venir ? Car c’était là la véritable question : aujourd’hui, son ignorance pouvait l’excuser, mais si elle le rencontrait de nouveau maintenant qu’elle savait qu’il n’était rien moins que le commandant des pélégris de Terce, cela revenait à pactiser avec l’ennemi, non ? Il lui restait jusqu’au lendemain pour se décider. Et puis, rien ne l’obligeait à relater cette rencontre tout de suite. Ni la prochaine…

 

Lorsqu’elle pénétra dans l’antichambre, elle tomba nez à nez avec Flore qui lui adressa un grand sourire en rosissant légèrement. Le propre trouble d’Elvire l’empêcha d’abord de remarquer l’affectation de son salut ; elles s’étaient quittées deux heures seulement auparavant, le retour d’Elvire ne justifiait sans doute pas un tel enthousiasme. Savait-elle quelque chose à propos de l’Érudit ?

Puis, la jeune fille avisa la tenue que Flore avait revêtue et comprit aussitôt que le comportement de son aînée n’avait rien à voir avec elle. À la place de ses habituelles tuniques brodées, elle portait une chemise et une veste d’homme ; le chapeau à large bord qu’elle cachait derrière elle pouvait contenir sa chevelure et dissimuler en partie son visage.

– Tu vas encore sortir du château ? demanda-t-elle précipitamment tandis qu’un frisson d’appréhension courait le long de son dos.

Flore baissa les yeux.

– Oui.

Elvire s’empara des mains de sa sœur.

– Je sais que tu te morfonds, ici, mais tu sors tous les jours à présent. Pourquoi joues-tu ainsi avec le feu ? demanda-t-elle, suppliante. Il suffirait qu’un pélégri croise ton regard pour que tu te retrouves pendue à un échafaud ! Un passant mal intentionné pourrait même te faire arrêter. Ça n’en vaut pas la peine. Va marcher dans la cour !

– Je ne fais pas cela pour prendre l’air, répliqua Flore en relevant le menton. J’essaie de trouver les bouchevreux qui se cachent pour leur venir en aide. Le sort de ces gens me bouleverse. Et je ne sors pas seul : Johan m’accompagne maintenant.

– Alors tu devrais penser à lui aussi : tu vas lui faire perdre sa place, ou bien pire ! Et puis tu ne trouves pas étrange qu’un valet prenne de tels risques pour toi ? Qu’est-ce qu’il te veut ?

– Rien, voyons ! s’indigna Flore. Il n’accepte pas l’injustice, comme moi. Je dois d’ailleurs partir, il m’attend.

Elle essaya de soustraire ses mains à la poigne de la cadette, mais cette dernière l’en empêcha et se plaqua contre la porte pour en interdire l’accès. D’implorant, son visage affichait à présent la colère.

– Je ne te permettrai pas de te faire pendre ! Cesse de jouer les bienfaitrices et sois raisonnable !

– Tu n’es qu’une tête de mule ! s’énerva Flore. Laisse-moi agir comme je le veux. Est-ce que je te reproche ce que tu fais de tes journées, moi ? Ce n’est pourtant pas très bon non plus, que je sache, d’aller t’enfermer dans la chambre des jumeaux ! Mais moi je ne dis rien parce que j’estime que si tu y perds ton temps, c’est que tu en as besoin.

– Je ne fais de mal à personne, moi ! répondit Elvire, vexée.

– Moi non plus ! Alors, profitons-en avant le prochain séjour de Père. Quand il sera là, nous reprendrons sagement notre broderie pour qu’il ne nous enferme pas lui-même à double tour, mais en attendant, laisse-moi sortir !

Elles s’affrontèrent du regard un instant, puis la cadette, vaincue, dégagea le passage.

Lorsque les pas de sa sœur se furent atténués, la colère retomba et elle sentit à nouveau la lame de la peur qui fouillait ses entrailles, assortie du chagrin que lui laissaient toujours leurs rares querelles. La fatigue s’abattit sur ses épaules quand elle se déshabilla pour faire sa toilette.

Flore avait vu juste : aujourd’hui encore, elle se rendrait dans la chambre des princes et n’en partirait qu’à la nuit.

 

***

 

Toc

Elvire remua doucement sur sa chaise, le dos douloureux à force d’immobilité. Elle n’avait pas bougé depuis plusieurs heures. Son père aurait fait trembler les murs de rage s’il l’avait trouvée là, prostrée dans la pénombre.

Ses parents… elle ne les avait pas vus depuis des lunes. Et depuis que l’usage de la plume avait été restreint aux seuls hommes de la noblesse, sa mère n’écrivait plus. Godmert se chargeait d’envoyer des nouvelles dans son style laconique qui ne s’encombrait pas de sentiments. Les lettres étaient adressées à l’intendant du château qui en donnait lecture à Flore et à Elvire. Le brave vieillard rédigeait sous leur dictée des réponses impersonnelles et creuses.

La jeune fille aurait payé très cher pour que Mélie se trouve près d’elle en cet instant, pour la réconforter de sa voix douce et de ses caresses tendres.

Toc

Encore un coup.

Pourtant, ni son père ni sa mère n’auraient compris ; personne ne comprenait pourquoi elle s’infligeait cela. Seule Dame Renaude devinait ce qui la maintenait jour après jour dans cette chambre silencieuse. Elle tentait tout de même de la raisonner, de la persuader de sortir, mais n’insistait jamais beaucoup. Flore, quant à elle, avait laissé entendre le matin même que c’était dénué de sens — formule adoucie pour ne pas dire « morbide ».

Toc

C’était sans doute vrai : d’une manière ou d’une autre, elle se punissait. Elle supportait l’inconfort et l’isolement pour ne pas les avoir endurés suffisamment auparavant. Combien de fois s’était-elle promis de protéger les jumeaux ? Pourtant, elle s’était trop éloignée, son inconstance lui avait sauté au visage et l’échec avait failli la tuer le jour où Themerid était mort.

S’il vous plaît, encore un.

Toc

Elle frissonna. De honte et de terreur rétrospective. La nuque courbée, elle serra les paupières pour chasser les images qui l’assaillaient, mais déjà, elle se revit figée devant la porte, regardant avec effroi le prince qui criait le nom de son frère avant de retomber comme une masse inerte. Elle avait couru vers le lit comme on chute d’une falaise : conscient que l’arrivée sera fatale. Quand elle avait cherché le pouls sous la chemise, elle savait déjà qu’elle ne le trouverait pas.

Toc

Elle s’était enfoncée dans une eau sombre, glacée. Son corps était resté à la même place, sa main encore posée sur le torse sans vie de Themerid, mais son esprit n’avait saisi que de très loin les mouvements frénétiques de Renaude, les cris de Flore qui appelait à l’aide. Elle avait à peine tourné les yeux quand un valet — peut-être Johan ? — s’était montré pour repartir aussitôt à la recherche d’Iselmar de Lans. Engourdie, presque indifférente, elle considérait sans ciller les visages effarés de sa sœur et de la vieille nourrice. Elle se rappelait avoir reconnu la colère sur les traits de Flore sans comprendre ce qui la contrariait.

Toc

De même à l’arrivée du médecin, elle n’avait pas réagi lorsqu’il l’avait poussée pour accéder au corps. Elle avait vaguement envisagé de lui laisser la place, mais elle ne pouvait pas bouger. Sa paume était comme soudée à la poitrine du prince. Iselmar à son tour avait guetté les battements, en vain. Il avait tapoté les joues du garçon avec de plus en plus d’intensité, tenté quelques manipulations en marchant à demi sur Elvire qui le gênait. Les yeux du médecin s’écarquillaient, son teint devenait gris, sa respiration semblait pénible. Elvire avait réussi à ne pas rire quand l’idée qu’il avait un os de poulet en travers de la gorge lui avait traversé l’esprit.

Toc

Elle avait quand même ressenti un poids qui tombait sur elle quand le guérisseur, d’une drôle voix aiguë et la bouche tordue — par la peur ? Le chagrin ? Non, pas Iselmar… —, avait prononcé l’évidence :

– Il est mort.

Toc

Un nouveau coup.

Chacun d’eux lui insufflait une petite douleur, juste assez pour que son cerveau reste alerte. Pour que plus jamais elle ne sombre, comme elle avait sombré ce jour-là. Elle n’avait plus le droit d’être inutile. Tout valait mieux que l’indifférence, même la souffrance ou la tristesse ; même la colère, une rage telle que celle qui s’était emparée de Flore en entendant les paroles du médecin, ce jour-là. Sous les yeux éteints d’Elvire, ses lèvres s’étaient retroussées comme celles d’un animal prêt à l’attaque ; ses poings s’étaient changés en projectiles ; son corps s’était tendu. Elle avait fondu sur le cadavre de Themerid.

Toc

Merci.

La surprise, c’était tout ce qu’Elvire ressentait en regardant sa sœur marteler la poitrine du garçon, à genou sur le lit. Au passage, elle frappait la main et le poignet de sa cadette qui ne bougeait toujours pas. Iselmar, choqué, n’avait pas esquissé un geste pour la retenir. Seule Renaude essayait de la tirer en arrière, tandis que Flore hurlait dans le visage du mort qu’il ne pouvait pas faire ça à Venzald, qu’il ne pouvait pas leur faire ça. Mais la nourrice n’avait pas assez de force pour contenir cette furie. Il avait fallu qu’un garde fasse irruption et se jette dans la mêlée pour ceinturer la jeune fille, non sans qu’elle ait pu asséner un dernier coup de poing sur les côtes du prince.

Un autre, pitié.

Toc

Oui, chaque nouveau coup la meurtrissait, mais leur succession la tenait aussi en vie, comme une ligne tendue, un espoir. Comme la corde imaginaire qui l’avait ramenée vers la réalité au moment où le silence s’était abattu sur la chambre, troublé uniquement par la respiration haletante de Flore encore contractée par la rage entre les bras du soldat. Elle avait émergé hors de sa torpeur, son esprit avait crevé la surface, tous les sens à nouveau aiguisés — ainsi qu’elle s’était juré de rester, depuis. Car dans ce silence, discret, presque imperceptible sous ses doigts, elle avait senti un sursaut : toc

Themerid avait ressuscité sous les poings de Flore. Elle ne le laisserait plus repartir, dût-elle guetter éternellement les battements de son cœur.

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Jowie
Posté le 18/01/2020
Le manteau bleu est le "Il" du tome 1 ! Aaaaah je veux savoir qui c'est !!
Euh attends mais c'est moi ou Abzal est un gros pervers??? Abzal, tu n'as pas intérêt, fous-le-camp ! Ahh il me met trop mal à l'aise et là, c'est décidé, je me méfierai toujours de ce gars ! Et il pense à Flore aussi! Non mais au secours ! *met du sucre supplémentaire dans son thé*
Attends, Themerid est mort? O.O (En lisant les commentaires des autres plus tard, j'ai vu que je n'étais pas la seule à penser ça xD)

J'ai très envie d'apprécier le commandant. S'il s'est comporté de façon si respectueuse envers Elvire, même si c'était contre les principes du Haut-Savoir, je me dis que c'est plutôt positif, non ? Il est mystérieux et moi j'ai très envie de le revoir, tout comme Elvire ! ça m'a rassurée que tu aies dit que ses vêtements étaient verts, pendant un instant j'ai cru que c'était... MANTEAU BLEU O.O En fait, est-ce qu'Abzal les as vus ?
D'ailleurs, je me demandais: quel âge a Elvire ?
"Pourquoi joues-tu ainsi avec le feu?" dit Madame-je-fraternise-avec-le-commandant-du-Haut-Savoir xD
Je me demandais ce qu'étaient ces tocs ! Je ne suis pas encore sûre de savoir mais le "Merci" et le "un autre, encore", sont les pensées à qui? à Themerid ?
Je suis super contente qu'il ne soit pas mort ! Je trouve ça d'ailleurs réalise qu'il soit "mort" pendant un moment, avant de revenir; j'ai entendu plusieurs histoires de personnes à qui c'était arrivé. Est-ce que cette "mort* aura des conséquences sur sa santé, à savoir son cerveau? à voir. Dans tous les cas, c'est super qu'il soit revenu grâce à Flore. J'espère qu'il pourra être maintenu en vie, car son état de santé semble fragile...
Bref, je suis scotchée et très contente d'avoir repris ton histoire; je me réjouis de découvrir la suite !
à ploutsch !
Isapass
Posté le 18/01/2020
Oui, le manteau bleu est le "il" de la version du tome 1 que tu as lue. Depuis, je lui ai donné un petit nom parce que c'était difficile à manipuler, ce pronom tout seul. Et du coup, j'en ai profité pour ajouté systématiquement le nom du point de vue en début de chapitre ou de paragraphe. Je ne suis pas très sûre de moi, mais si un éditeur veut bien me prendre ce manuscrit, il sera temps d'ajuster.
Ah ah, Abzal est-il un gros pervers ? C'est bien la question que je voulais qu'on se pose ;) La suite le dira...
Et en effet, je me suis fait plaisir avec cette phrase lapidaire sur la mort de Themerid. Je suis sadique, on ne se refait pas. Avec mes persos ET mes lecteurs... mais je vois que tu n'as pas été inquiète très longtemps :)
Le commandant, tout le monde le trouve sympa... Je ne dirai rien, bien sûr. Elvire à 15 ans, ou presque (Flore en a environ 16, puisqu'elle a quelques "lunes" de moins que les princes) et pendant que j'y suis, Alix a 12 ans.
J'étais très fière de ma dernière scène, mais finalement, tout le monde n'a pas compris du premier coup XD. Enfin tu as quand même compris que Themerid était vivant, c'est le principal. Les "toc", ce sont les battements de coeur du prince qu'Elvire guette tout au long de la scène. Mais on ne le comprend qu'avec le dernier qui lui est dans le flashback. Les pensées (merci, un autre pitié...) ce sont celles d'Elvire, qui "prie" pour sentir le prochain battement parce qu'elle vit dans la peur que le coeur de Themerid s'arrête à nouveau.
Pour ce qui est des conséquences, je te laisserai découvrir.
Merci beaucoup pour ta lecture et ton double commentaire !
Renarde
Posté le 06/10/2019
Abzal, il vire traître pédophile ou quoi ? Mais je l'aimais bien ce perso T_T

Mais le pire, cela reste cette petite phrase "depuis que Themerid était mort". Là, j'étais en mode WTF... En plus, je sais que tu peux tuer tes persos, du coup je ne savais plus que penser. Je me disais que son frère aurait su. Que du coup, c'était impossible. Mais tu m'as mis le doute. Et quand Flore a commencé à le frapper, j'ai compris et j'étais soulagée.

Dans tous les cas, ce tome 2 m'a l'air bien parti, c'est top !
Isapass
Posté le 06/10/2019
Va savoir pour Abzal ;) Je lui ai déjà attribué plein de vices, alors je ne suis plus à ça près ! Ah tu l'aimais bien ? Tu dois être une des dernières, alors : tout le monde le déteste :D

Oui, j'ai été très vilaine avec ma petite phrase, j'avoue. Mais je sais que vous me pardonnerai :P
Et en effet, je me disais qu'on pouvait voir venir le truc quand Flore lui tape dessus, bien joué !

Le tome deux est parti : je peaufine le plan de la troisième partie, et ensuite, je n'aurai "plus qu'à" dérouler !

Merci pour ta lecture et ton commentaire !
Tac
Posté le 05/10/2019
Yo !
Peut-être que Léthé a déteint sur moi, MAIS le petit passage où Abzal mate Elvire par la fenêtre, j'ai vriament pensé à un prédateur sexuel. Surtout quand tu ajoutes peut-être quil devrait l'inviter plus souvent, elle ou sa soeur, heu.... alerte pédophilie ? :')
"Or, depuis que Themerid était mort" et tu lâches ça comme çaaaaa *cri indéterminé se perdant dans le lointain * (mais je sais qu'il n'est pas mort, je le sens)
J'aime bien comme Elvire fait des remarques à Flore sur sa tenue mais comme Flore n'en fait absolument pas sur celle d'Elvire alors qu'elle même est en tenue d'homme. Flore n'a-t-elle pas remarqué que sa soeur s'en va la nuit ? D'ailleurs, quand dort-elle ? Entre les journées auprès de Themerid et les nuits à se battre, nulle part il n'est précisé qu'lle grapille des heures de sommeiL..
Et j'avais raison Themerid n'est pas mort ! c'est très bien amené ces petits Toc (quoique pendant un instant je me suis demandé si elle ne se frappait pas elle-même cette pauvre elvire). Mais il y a un truc qui est bizarre : si ça fait des jours que Themerid est mort, pourquoi ils ne l'ont pas embaumé, enterré, je ne sais quoi ? Puis personne ne s'étonne que les muscles de Themerid ne se soient pas détendus, entraînant la délivrance de toutes les matières corporelles du genre le caca ? (les détails glamours de la mort, en somme ;) ) Bref, je crois qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la crédulité des personnes pensant que T est mort...
En tout cas je valide l'empouvoirement de tes figures féminines en construction !
AH si je sais je me souviens d'un autre détail (le commentaire en vrac bonsoir) : la scène avec le commandant des pélégris. (un pressentiment me fait dire que c'est l'un des cousins machins, là, m'enfin c'est pas important pour le moment pour ce que je veux dire). Je me demande si tu ne fais pas trop de mystères sur lui (le passage où elvire se dit qu'il n'est pas un pélégris parce que raison 1 et 2 et 3 puis en fait trois lignes en dessous on apprend que c'en est un, j'ai trouvé ça un chouilla gros sabots ou un peu maladroit, je sais pas exactement ce qui ne va pas mais un truc me fait dire que tu peux mieux faire (oui je t'aide beaucoup, je sais, mes excuses). Je pense aussi qu'il y a une incohérence dans le raisonnement d'lvire quand elle pense que le mec ne connait pas son nom : de fait, s'il est commandant des armées et à fortiori un type haut placé du haut savoir, il connait la noblesse, et donc il sait qui est Elvire, d'autant plus qu'elle a grandi avec les princes et qu'elle réside au château. C'st le propre du haut savoir que de tout savoir : donc pour moi ce n'est pas logique qu'Elvire s'estime en "sécurité" parce qu'elle n'a pas dit son nom, puisque c'est pour moi évident que le type en face sache qui elle est.
Voilàààààà deux très beaux chapitres, j'espère avoir la suite bientôt !
Isapass
Posté le 06/10/2019
Normal que tu aies pensé à un prédateur sexuel : c'était l'effet voulu :) Reste à voir si c'est vrai ou pas...

Je sais, j'ai un peu abusé avec ma phrase qui tue sur la mort de Themerid... j'assume (et je suis même assez fière de moi :P)

Elvire ne passe pas toute la nuit à s'entraîner, elle y va à l'aube, quand il n'y a personne. Et elle, elle s'habille comme ça pour être plus à l'aise (c'est ça tenue de sport ;) ), pas pour se faire passer pour un garçon. Et puis elle fait la remarque à Flore parce que ça signifie que Flore va sortir du château (sinon elle s'en fout un peu de ce que porte sa sœur en fait).

Bon, pour la dernière scène, ça ne va pas du tout : tu n'as pas compris comme je le voulais. En fait, le "toc" qui marque la résurrection de Themerid (le dernier dans l'ordre de lecture), il est dans le flashback. Donc quelques minutes après que Iselmar l'ait déclaré mort. Les autres "toc", ce sont ceux que sent Elvire dans le présent de l'histoire, alors qu'elle se remémore le flashback. Il n'est resté mort que quelques instants, et depuis, elle reste avec lui pour vérifier qu'elle sent toujours son cœur. Du coup, c'est clair pour tout le monde qu'il est vivant mais toujours dans le coma (donc ils ne vont pas l'embaumer, ça serait gore). Bref, il va falloir que je clarifie parce qu'apparemment, ce n'est pas évident.

Pour la rencontre avec le commandant, je ne commenterai évidemment pas tes pressentiments :P
La contradiction entre "c'est pas un pélégri" et "en fait c'en est un" n'en est pas vraiment une : ce n'est pas un simple pélégri, c'est un Érudit. Or, dans l'Ordre (et Elvire le sait, maintenant, vu que l'Ordre est assez représenté au château), les Érudits sont des nobles, et les pélégris sont des pauvres paysans enrôles sous le prétexte de les éduquer. Mais je vois ce que tu veux dire et je vais y réfléchir. D'ailleurs, j'envisage de dire son nom, il faut d'abord que je réfléchisse aux impacts.
D'autre part, comme elle est certaine de ne jamais l'avoir vu, elle pense qu'il est nouveau dans le coin, ce qui explique qu'il peut ne pas connaître son nom à elle. Mais je note aussi et je peux préciser. Et il est clair qu'Elvire cherche des prétextes pour se sentir en sécurité, parce qu'elle tient tellement à s'améliorer à l'épée qu'elle se ment à elle-même. Sinon, c'est bien vu : il y a peu de chance pour que l'homme ne sache pas qui elle est ;)

Rhooo merci pour les "deux très beaux chapitres" ♥ et merci pour ta lecture et ton commentaire.
Bisous !
Tac
Posté le 06/10/2019
Si tu savais le nombre d'insultes que j'ai proférées en lisant ta réponse xD (Mais elles sont dites avec amour ;) )
Pour les "tocs", j'avais un doute. Je me suis dit que ça devait être ce qu'elle avait entendu le jour de la "mort" de Themerid, mais je me suis posé plein de questions avant qu'on ait vraiment la réponse : j'ai imaginé que quelqu'un toquait régulièrement à la porte, qu'elvire toquait sa chaise régulièrement avec son poing, qu'elle toquait sur la poitrine de Themerid, qu'elle communiquait en morse avec Themerid, que Themerid cognait discretos de son poing le bois du lit.. Bref, j'ai un peu bugué (mais je ne suis pas la plus fiable là-dessus), ceci étant j'avais la sensation confuse que c'était en effet queqlue chose qui appartenait au flashback même si j'ai mis du temps à comprendre exactement ce que c'était. Donc je ne pense pas que tu aies grand chose à modifier, ça relève vraiment du microdétail.
Concernant le déni, peut-être que tu pourrais trouver un moyen de le suggérer un peu plus afin de bien effacer ce que j'ai pris pour des incohérences ?
Bonne continuation Isa !
Isapass
Posté le 11/10/2019
J'ai pas compris pourquoi, les insultes (même dites avec amour)
aranck
Posté le 05/10/2019
Ça va pas non, de nous faire croire que Thémérid est mort ???!!! Tu as intérêt à le garder TOUJOURS en vie maintenant, je te préviens !
Mis à part ça, c’est un très bon chapitre. Tu y fais le point sur Abzal, Flore et Elvire et c’est bien de savoir où ils en sont.
Je suis d’ailleurs ravie qu’Élvire et Flore soit aussi désobéissantes toutes les deux, mais je crains en permanence qu’elles ne se fassent surprendre. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Elvire, même si ce nouveau commandant semble avoir l’esprit plus ouvert (et s’il était le frère de celui qui a disparu et qui selon moi est en train d’accompagner Venzald sur le bateau. Hein ? Qu’est-ce que t’en penses ?)
Abzal a des remords, ah ouais ! C’est temps, nan ? Il m’énerve celui-là, surtout que je pensais qu’il jouait un double jeu parce qu’investi d’une mission encore plus importante et qu’il faisait semblant de trahir tout le monde, mais du coup, après cette scène, j’ai un doute (et d’ailleurs, comment peux-t-on laisser mourir son frère…). Donc même s’il poursuit un objectif qui justifie certaines choses, ça ne peut pas tout justifier. Il va falloir qu’il fasse fort pour se racheter celui-là ! Et quand je pense que je le trouvais charmant ! D’ailleurs, il faut qu’il arrête de regarder les jeunes filles de cette façon ! Non, mais ! C’est un vieux, il ne faut pas qu’il l’oublie !
Qui est donc ce mystérieux jeune homme qui trouve grâce aux yeux d’Elvire, ce commandant prêt à entraîner une femme ? Sincère ou pas ? Tu es tellement sadique que je doute de tout !
Quand à Flore, je suis ravie qu’elle continue de sauver les bouchevreux (surtout qu’elle aussi possède peut-être ce pouvoir). Ces deux nénettes (Flore et Elvire) sont vraiment très chouettes, et plus le temps passe, plus je m’attache à elles.
Et puis Flore qui fait des massages cardiaques à Thémérid sans le vouloir et qui le sauve, ça aussi c’est fort !
Seules deux petites choses me dérangent : les nombreux « toc » qui coupent beaucoup la lecture et déconcentrent (enfin ME déconcentre, mais je ne suis pas une référence de ce côté-là) et le fait qu’Elvire refuse de quitter Thémerid, mais n’hésite pas cependant à s’éloigner pour s’entraîner puis à prolonger cet entraînement quand le commandant lui propose. Peut-être que Thémérid est sous bonne garde à ce moment-là, mais dans ce cas, il faudrait peut-être le spécifier ?

En bref, j’adore toujours autant me plonger dans cette histoire et j’attends la suite avec impatience. Quant au style, il reste inchangé, je retrouve à chaque fois ta plume avec plaisir.

Ah, j’oubliais ! Un minuscule détail :

« de son manteau bleu nuit » en fait, à chaque fois que j’ai trop d’information et en particulier sur les vêtements, je perds le fil parce que je prends le temps de visualiser. Alors qu’un manteau tout court, sans couleur, sans précision je l’aurais mieux imaginé. À moins que la couleur ait une importance comme le cuir vert du Haut savoir.
Voili ! Merci et à bientôt !
Isapass
Posté le 06/10/2019
Je sais je suis sadique avec mes lecteurs ;) Désolée c'était trop tentant ! J'espérais que la fin du chapitre me ferait pardonner !
Intéressant ton raisonnement sur l'identité du commandant des pélégris qu'Elvire rencontre. Bien sûr, je ne vais ni confirmer ni infirmer pour le moment :)
Idem pour la "mission" d'Abzal, intéressant... Ceci dit, pour son frère, il ne l'a pas vraiment laissé mourir : il ne pouvait pas faire grand chose.
Flore et Elvire vont prendre beaucoup d'ampleur dans ce tome, tu devrais être contente, si tu les aimes bien ;)
Pour les "Toc", dans la scène de la fin... bon ben ça ne marche pas avec toi, apparemment, mais c'était justement le but, que ça entrecoupe le fil de ses pensées, que ça agace le lecteur qui doit se demander ce que c'est, et qu'on comprenne à la fin que ce sont les battements de cœur de Themerid qu'elle guette tout le temps depuis qu'il a ressuscité. C'était pour montrer qu'elle ne vivait justement que pour ces "toc".
Quant à ta remarque sur le fait qu'elle s'éloigne parfois... je t'avoue que j'espérais un peu que personne ne relève :D Je me suis posée la question aussi (elle s'autorise une heure par jour pour s'entrainer parce que ça lui tient à coeur aussi). C'est vrai que je pourrais dire que Renaude accepte de la remplacer, ne serait-ce que pour qu'elle sorte un peu.

Je note pour ta remarque sur les couleurs. En fait, je le fais surtout dans les pov du manteau bleu, justement pour qu'on se souvienne à chaque fois de qui il s'agit.

Merci pour ta lecture et pour ton commentaire !
Bises
AudreyLys
Posté le 04/10/2019
Je plussoie Sorryf, ce chapitre est excellent !
Le premier POV è.é quel... je vais rien dire. Je vais rien dire mais je n'aime ce perso, ce qui est plutôt une bonne chose.
Abzal... mais quant va-t-il se réveiller ? XD En vrai j'aime bien ses POV mais ça commence à devenir répétitif (enfin là c'est pas gênant puisque ça fait max de temps que j'en ai pas lu)
Elvire qui s'entraîne, j'ai trouvé ça cool^^ Par contre j'avais pas compris que la scène d'entraînement se passe dans l'obscurité au point qu'elle ne puisse pas différencier le vert-sombre du noir, il faudrait peut-être insister dessus avant l'arrivée de notre bonhomme. Je t'avoue j'ai un peu bugué, moi je pensais qu'elle avait quelque chose sous sa tunique O.O j'ai pas trop compris, elle l'a remonté jusqu'au nombril ? Et ce fameux monsieur, je crois savoir qui c'est... même que j'en suis presque sûre :p
Et le coup "depuis la mort de Themerid" c'était violent, on a l'impression que tu glisses à ça en mode "ça va passer crème" bah non XD j'étais là "Naaaaaan, mais elle a pas fait ça. Le titre de la série c'est LES PrinceS LiéS"
Quant à la dernière scène, au début comme Sorryfounette j'ai cru que quelqu'un toquait et que Elvire répondait pas, mais ça pouvait pas être ça, alors pendant tout le reste de la scène je me demandais ce que c'était que ce maudit "toc". D'ailleurs j'ai pas vraiment saisi ce que c'était à la fin XD (#boulet) c'est le coeur de Themerid ?
Cette dernière scène va se placer directe dans mon top scènes préférés des PL c'est sûr, c'est maîtrisé, fluide, et le parallèle avec le flashback est très bien géré. Bref, bravo !
À quand la suite ?
Isapass
Posté le 06/10/2019
Rhooo merci pour tes compliments, ça me touche !
Oui, le manteau bleu, c'est normal que tu ne l'aimes pas, hein : a priori, tout le monde est censé le détester !

Tu as raison, les POV d'Abzal où il semble regretter sans vraiment regretter, je ne vais pas en abuser, je crois que maintenant, on a compris le principe ;) Mais comme c'est le début du tome, il fallait que je resitue les persos principaux, donc je me le suis autorisé.

Tu as raison, il faut peut-être que j'insiste sur le fait que la lumière n'est vraiment pas bonne dans la salle d'armes, pour rendre plus crédible le fait qu'elle ait pu prendre du vert foncé pour du noir, je le note !
Quant à sa tunique... MDR ! Elle est pas cul nu, hein ! Elle a un pantalon en dessous (un de mes fameux bouffetins, complètement inventés), donc on voit juste son ventre et son dos. Mais dans un univers médiéval, on peut imaginer que les femmes ne montrer pas beaucoup leur peau nue, et que c'est donc hautement choquant ;) A priori, ils n'étaient pas très habitués aux crop top !
Tu penses que c'est qui le commandant mystère ?

Pour la petite phrase sur la mort de Themerid... je sais, j'ai été très vilaine, mais j'ai pas pu résister :P
Oui, c'est ça, les "toc" c'est le cœur de Themerid (d'ailleurs j'ai modifié la dernière phrase pour rendre ça plus explicite après avoir lu ton commentaire.
Pour ce qui est de la suite, je ne promets rien parce que je recommence à bosser demain (autant te dire que je suis un chouia stressée, après deux ans à écrire à plein temps), du coup je ne sais pas quel rythme je vais trouver. Mais quoi qu'il en soit, mon plan commence à avoir pas mal de gueule, donc y a plus qu'à dérouler ! Fastoche...

Merci pour ta lecture et ton gentil commentaire ♥
AudreyLys
Posté le 06/10/2019
Bah oui mais bon moi j'ai jamais compris ce qu'était exactement un bouquetin donc j'avais le doute XD Je me doute bien que même le ventre au Moyen-âge on le montrait pas beaucoup. M'enfin, ça faisait bizarre quoi, la façon dont c'est dit XD Et puis après le coup de Abzal qui commence à avoir des vues sur des gamines j'étais conditionnée :P
Le frère d'un certain Albérac...

Ouf tu me rassures, j'ai eu l'impression d'être totalement à côté de la plaque avec mon interprétation (faut dire qu'un "toc" ça fait pas très cœur qui bat). Donc il est toujours plongé dans l'inconscience... je crois qu'il va exploser le record du héros qui dort pendant 25 chapitres XD

Va à ton rythme ;-) Moi j'ai toujours écrit en ayant un "boulot" je m'en sors, y a pas de raison que tu n'y arrives pas. Courge pour le travail !
Isapass
Posté le 06/10/2019
Ah mince, c'est vrai, tu n'avais pas compris ce qu'étaient les bouffetins ? Je pensais que c'était compréhensible... Bon, je me le note pour le tome 1, alors.
Et je note aussi que tu l'avais vue cul nu ;) Je vais peut-être préciser pour que ce soit plus clair !

Ah oui, alors, pour ton hyptothèse : "le frère d'Albérac"... en fait je sais que c'est très difficile, mais il faut que tu oublies qu'Albérac a un frère : dans la dernière version du tome 1, on ne le sait pas. On sait juste qu'il rencontre un gars qui s'appelle Lancel de Kelm quand il est prisonnier, et qu'ils ont l'air de se connaître, mais on ne sait pas comment ils se connaissent, ni ce qu'ils se disent. Mais bon, je sais que pour les lecteurs de la version que tu as lu, toi, il va y avoir tout un arc du tome deux qui sera tout spoilé parce qu'en effet, vous savez qu'Albérac à un frère qui s'appelle Lancel... Faudra faire abstraction ;)

Merci pour tes courges ;)
AudreyLys
Posté le 06/10/2019
Pour les bouquetins c'était des manches bouffantes (remarque, j'étais pas loin) x)

AH donc j'ai raison. Bon, bah oui mais je peux pas oublier ce que j'ai lu x) C'est pas très grave y a déjà bien assez de suspens comme ça (pitié ne l'appelle pas Lancel, renomme le !)

Je suis vendeuse de courges :D
Sorryf
Posté le 04/10/2019
Olalaaaaaa ! Je suis trop conteeeente ! Quel chapitre ! Tout était trop bien dedans!
-Abzal (un PLAISIR de revoir ce cher Abzal)(en vrai, je me rend compte qu'il m'avait manqué ce **** xD) m'a presque fait de la peine avec ses états d'âme... jusqu'à ce qu'il se mette à avoir des pensées semi-salaces (je lui laisse le bénéfice du doute) sur la petite Elvire et Flore qui sont... pas tout a fait des enfants mais pas vraiment encore des adultes non plus. Abzal, pas touche !

- Elvire, je te l'ai dit genre 10 fois que c'est ma préférée de la fratrie, et je pense même que c'est ma préférée du roman. Comme j'ai été heureuse de la voir prendre son futur en mains, s'entrainer ! je sens que d'ici quelques chapitres elle va tout défoncer ! Au nom de tous les enfants du milieu, je l'encourage de tout mon coeur xD!

- La je suis bien, mais depuis la fin du tome 1 je pouvais pas croire que Themerid était... était... T.T J'étais persuadée qu'il y allait avoir un truc, je savais pas quoi. Du coup quand t'as écrit OKLM "depuis la mort de Themerid" mon coeur a chuté comme une enclume. La violence T.T

- Tu le sais mieux que tout le monde je crois : j'ai un instinct tout pété. Dans ton histoire plus que partout ailleurs je crois (Renaude, je te surveille toujours xDD). Et ben je t'annonce en te regardant droit dans les yeux que ce perso qui a entrainé Elvire, et qui commande l'ordre, j'ai un EXCELLENT FEELING le concernant ! Il est gentil c'est sur lol ! un type aussi sympa ne peut pas être méchant, le fait qu'il commande l'armée ennemie ne signifie rien xDD !
Plus sérieusement... pour Elvire le mal est fait (il sait que c'est une meuf), donc autant qu'elle continue a s'entrainer avec, qu'elle en tire des enseignements, et qui sait si s'en faire un allié c'est pas la meilleur stratégie en ces temps troublés ? Go Elvire !
Pour finir sur ce perso : j'ai peur d'avoir raté un indice sur son identité ? Par rapport à la fin du tome 1 qui a changé, je sais pas.

Quand à la fin... j'ai envie de te dire merci <3 ! trop heureuse ! et pour répondre à la question de ton JdB, pour moi les toc toc c'était quelqu'un qui frappait a la porte, meme que ça me stressait je me disais "BON ELVIRE TU VAS OUVRIR OU BIEN ? A TOUT LES COUPS C'EST IMPORTANT è.é"
Donc c'est parfait ! l'effet est complètement réussi en ce qui me concerne ! Bravo !

Le seul truc négatif dans ce chapitre, c'est qu'il m'a donné tellement de courage et de foi que je me suis sentie suffisamment d'attaque pour aller lire le chapitre de Renarde, que j'avais prévu de boycotter préventivement parce qu'apparemment il se passe un truc affreux dedans... Je n'aurais jamais du T.T
Isapass
Posté le 04/10/2019
Ah cool si ça t'a plu : je le sentais mieux que le précédent, ce chapitre. D'ailleurs, je l'ai modifié le précédent, il est plus pêchu maintenant, et il s'arrête quand le bateau arrive donc on ne sait pas si ce sont des amis ou des ennemis. Sinon il n'y avait pas de cliffhanger.
Revenons à ce chapitre ! Alors, Abzal, gros pervers ? ;) Je suis ravie que tu te poses la question parce que je voulais justement que le doute s'installe...
Oui, je me rappelle qu'Elvire est ta chouchoute ! Dans ce tome, Elvire et Flore vont avoir beaucoup d'importance, ça devrait te plaire ;) Bon, moi en tant qu'autrice, ça me fait me demander si je ne me suis pas trompée de héros, à développer autant mes persos secondaires... Je me rassure en me disant que c'est ce que je voulais faire : un roman avec plein de persos (presque) aussi importants les uns que les autres.
Oui alors, je sais, j'ai été très vilaine avec ma phrase "depuis le jour où Themerid était mort" :) Mais bon, on se refait pas ;) En fait, je me suis tellement convaincue que PERSONNE ne pouvait croire que j'allais tuer un de mes deux héros au milieu de l'histoire, que j'ai voulu faire croire que si, j'en étais capable :D #auteursadique
Pareil : je n'avais pas oublié ta théorie "Renaude" ;) No comment !
Mais du coup, si ton instinct est tout pété et que tu as confiance dans le mec de la salle d'armes, on peut en déduire qu'il est forcément méchant, non ? ;)
Plus sérieusement, la question n'est pas qu'il sache ou non que c'est une meuf (elle ne le cache pas vraiment, elle est juste habillée simplement pour s'entraîner : elle a pas été chez décat pour s'acheter le petit survêt rose qui va bien). C'est plutôt de savoir ce qu'il lui veut, s'il lui veut quelque chose...
Et pour la fin : OUF ! J'ai fait la maligne, mais je me disais que si on comprenait dès le début de la scène, ça ferait juste inutilement théâtral. Je sais pas pourquoi, je la visualisais comme ça depuis longtemps, cette scène, mais j'étais pas sure d'arriver à l'écrire comme il faut. Du coup, tu as compris qu'elle était à côté de Themerid et qu'elle avait sa main sur sa poitrine à la fois dans le flashback de la mort ET dans le présent de la scène ? Parce qu'en fait je le dis pas explicitement.
Excellent le coup de la porte ! J'y avais pas pensé. Je me disais qu'on pouvait croire qu'elle se faisait donner le bâton, ou qu'elle se donner des coups à elle-même pour se punir, mais j'avais pas imaginé des coups à la porte :)

Oui, j'ai vu que Renarde faisait couler de l'encre :) Je n'ai pas lu son histoire mais je vois qu'elle a du succès, je vais peut-être me laisser tenter. Enfin, faut une boîte de kleenex si je comprends bien !

Merci pour ta lecture et ton retour !
Isapass
Posté le 04/10/2019
Ah oui j'ai oublié : non tu n'as rien raté sur l'identité du commandant des pélégris. Tu as les infos pour te faire une idée (ou pas), même avec l'ancienne version du T1 ;)
Sorryf
Posté le 04/10/2019
j'ai réfléchi entre temps et je soupçonne... Bréol ? Mais vraiment je suis pas sure, je me rappelle plus de son rôle exact. La dernière phrase du POV Abzal "il fut tenté de percer ce mystère" m'a beaucoup induite en erreur d'ailleurs, parce que j'ai d'abord cru que c'était Abzal ! mais Elvire l'aurait reconnu... je me rappelle que dans le tome 1 il va voir les princes chez les soeurs, et aussi il vont au marché ensemble si je me rappelle bien.
Flore est MEGA BADASS dans ce chapitre ! bon j'avoue ça me plait pas qu'elle sorte comme ça tous les jours (#teamElvire) mais a la fin du chap woaaaa !! et oui j'ai bien compris la situation, mais genre j'ai tout compris rétrospectivement à la dernière ligne, c'est vraiment super bien fait !

"Mais du coup, si ton instinct est tout pété et que tu as confiance dans le mec de la salle d'armes, on peut en déduire qu'il est forcément méchant, non ? ;)" oui T.T mais je peux pas m'empêcher d'y croire quand meme xD meme s'il s'agit de Bréol que je pouvais pas blairer, il remonte dans mon estime d'un coup xD
Isapass
Posté le 06/10/2019
Non, Bréol habite au château, donc Elvire l'aurait reconnu. Pour mémoire, Bréol est le nouveau grand prévôt du royaume, et il y a peu de chance pour qu'il accepte de se battre avec Elvire : c'est une vraie pourriture. Idem pour Abzal : Elvire le connait très bien, elle l'aurait reconnu.

Si tu trouves Flore badass dans ce chapitre, tu n'as pas fini de la trouver badass ;)
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