Chapitre 2. (partie 3)

Par dcelian

Ressaisi, redressé, il se fige. Maintenant, quoi ?

Il est là où devaient se trouver les vérités, mais aucune ne semble vouloir venir à lui. Sa température corporelle se stabilise et il cesse de trembler. Maintenant, quoi ? Au-dessus de lui, il n'y a rien, plus de ciel, plus de lune, plus aucune étoile pour crier vengeance. Il n'y a que ces ténèbres opaques, et elles se gardent bien de lui montrer la voie.

Il est seul.

Maintenant, quoi ? Maintenant, il a la main sur le manche de son couteau et il se demande bien ce qu'il est venu faire ici. Tuer ? Peut-être, oui. Peut-être que c'est ça qu'il était venu faire. Mais tuer, ce n'est pas rien, tout de même. Peut-on vraiment tuer comme ça, prendre la vie d'une autre par pur caprice ? Ce serait s'abaisser au niveau de celle qu'il méprise. Pourtant, sa haine est forte, et chaque fois que le visage de ses parents renaît, il est accompagné de ces pulsions violentes qui demandent la mort.

Alors ? Maintenant, quoi ?

Maintenant, il voudrait savoir. Pourquoi ?

C'est alors qu'une lumière forte jaillit dans le couloir, l'éblouissant un instant, coupant court à ses réflexions. Ça vient de la porte, ça vient de la chambre, ça vient de la sorcière.

Elle émerge de son antre.

Soa s'habitue rapidement à la lueur nouvelle et recule aussitôt pour se fondre dans les ombres. Là, il examine Yana pendant que le temps s'arrête. Il ne se souvenait pas d'elle, mais son image renaît aussitôt dans sa mémoire lorsqu'il redécouvre son regard. C'est un regard de feu, un regard qui vous consume dans sa colère éternelle. Pourquoi cette colère, pourquoi ces flammes ?
Dedans, il y a cette lueur mauvaise, cette lueur qui dit, toi, tu es quelqu'un, mais peu importe, parce que bientôt tu seras mort.

Il s'étonne de trouver un certain charme à son visage, peut-être a-t-elle été belle avant de devenir monstrueuse. Soa se demande d'où vient cette étrange créature qui lui fait face, et il en est le premier surpris, mais la haine de la sorcière semble plus ardente que la sienne encore, elle l'a soufflée aussitôt. Il ne lui reste plus qu'une grande confusion.

Maintenant, quoi ?

"Alors gamin, t'en as pas eu assez la fois dernière ? J'aurais pas dû t'épargner, mais je vais y remédier."

Il aimerait lui dire qu'il ne sait pas vraiment, il aimerait lui demander pourquoi, pourquoi la mort de ses parents mais aussi pourquoi la colère, dans son regard, il aimerait lui demander quel mal la ronge, ce qui la fait tant souffrir, il aimerait comprendre.

Aucun mot ne franchit ses lèvres.

Et dans son dos, il y a cette impulsion étrange, comme si les Ombres avaient pris forme pour le pousser de leurs mains insaisissables, et il les voit presque qui dessinent la marche à suivre, qui lui montrent, l'espace d'un instant, le destin qui pourrait être le sien. Et tout est tellement plus simple, alors, il n'y a plus rien à faire que de se laisser porter.

Les acteurs sont en place, le gong a sonné et le rideau est levé.

La pièce peut commencer.

Soa s'efface pour laisser danser les Ombres.

Aussitôt, il se rue vers la sorcière.

Habile combattante, elle dégaine toutefois à temps son poignard pour bloquer celui de Soa, dirigé droit vers sa gorge. Elle saisit alors de son autre main le poignet du jeune homme, qui sent ses os protester sous l'emprise, et dirige sa lame droit vers le cœur de Soa, qui abat violemment son genou dans les côtes de la Sorcière, la forçant à interrompre son mouvement pour se recroqueviller sur elle-même dans un râle guttural.

Profitant de ce bref interlude, il recule de quelques pas et se tapit à nouveau dans l'obscurité.

Soudain, la Sorcière se redresse et projette sa dague vers lui avec une précision redoutable. Il inspire profondément, ferme les yeux et se rue à nouveau vers son adversaire, il court dans le noir, il court droit vers la lame, il s'en approche toujours plus, encore plus près, et lorsqu'il est suffisamment proche, il la saisit au vol. Porté par son élan, il continue sa course pour venir planter le poignard dans la cuisse de Yana.

Blessée, la sorcière pousse un hurlement strident et commence alors à psalmodier dans une langue étrangère en tendant la main dans sa direction. Une fois de plus, ses yeux semblent habités d'une colère insondable.

Le temps semble se figer, et lorsqu'il réagit enfin, c'est déjà trop tard : un éclair éblouissant surgit de la paume tendue droit vers le jeune homme qui, pris de surprise, n'a pas de parade à opposer.

Il ferme les yeux.

Alors que le sort se fraie un chemin dans l'obscurité vers lui, Soa renaît. L'espace d'un bref instant, tout est mis en exergue, multiplié au centuple, tout s'éclaire et prend un sens nouveau, un sens dont il n'avait jamais eu idée.

Il se sent engourdi, il n'est plus bien sûr de savoir ni où il se trouve ni ce qu'il fait réellement, comme s'il n'était plus aux commandes, comme si quelqu'un d'autre que lui avait pris possession de son être. Il n'est pas certain que c'est ce qu'il souhaitait, mais que souhaitait-il, déjà, et de quoi est-il seulement question ?

Tout est flou, il ne comprend plus rien et se replie derrière les images qui apparaissent sur ses paupières closes. Là, il y a des visages familiers, Grégor le premier, et une peine profonde le serre de l'intérieur alors qu'il songe qu'il ne lui a rien dit de rien, rien dit du tout.

Curieusement, il sent la mort qui approche, et il ne s'en affole pas. Il ignore pourquoi au juste, mais il sent sa chaleur douce lui caresser le visage, et il se dit que, finalement, ce n'est peut-être pas si mal. Serein, il laisse sa conscience s'échapper à nouveau dans les brumes claires.
Mais la mort ne vient pas, et les brumes claires s'assombrissent : les ténèbres surgissent à nouveau. Une fois de plus, il les sent qui le poussent, qui le tirent, il les sent qui l'enveloppent peu à peu. Il se laisse happer et disparaît à nouveau.

Lorsqu'il rouvre les yeux, l'obscurité autour de lui est devenue plus épaisse, presque tangible, tellement opaque qu'elle semble avaler le sortilège de la Sorcière, dont les yeux désormais écarquillés lui donnent un air dément.

Les Ombres se rassemblent alors en une masse informe autour de Yana, l'écrasant presque, et Soa sent qu'elle suffoque peu à peu, il sait que c'est lui qui provoque ce phénomène, il en est convaincu, mais il ne sait ni comment l'arrêter ni comment le maîtriser, il n'agit pas à proprement parler, ce sont les Ombres qui agissent pour lui, à travers lui, il ne fait que les regarder.

Sur le visage de la sorcière, il est étonné de constater que la colère s'est volatilisée. A la place, ni peur ni tristesse, même, simplement la plus absolue des stupeurs. Et alors il voudrait qu'elle meure, parce que c'est tout ce qu'elle mérite, mais il voudrait aussi tout faire cesser, d'un autre côté, il voudrait lui demander pourquoi ce regard, pourquoi cet étonnement si fort qu'il couvre même la douleur ?

Intérieurement, elle rumine cette question qu'elle ne parvient pas à exprimer, qui la démange, qui la ronge, et qui meurt sur ses lèvres alors que son corps s'éteint enfin :
"Que fais-tu ici, enfant des Ombres ?"

Alors tout s'évapore et Soa revient pleinement à lui. Pour autant, il ne fait pas un pas, il ne prononce pas un mot. Il est ancré dans ce sol inconfortable, il est figé entre ces murs étroits, pétrifié dans la torpeur la plus absolue alors qu'il prend la mesure de ce qui vient de se produire.

Il est là, bras ballants, bouche sèche mais front en nage, interdit, noyé sous un choc qu'il n'est pas sûr de pouvoir évacuer un jour. Il est au milieu du noir, au milieu des Ombres, au milieu de la nuit, et il a l'horrible sensation de ne plus s'appartenir complètement, de n'être qu'à-moitié lui.

Impossible de dire combien de secondes, de minutes, d'heures peut-être, sont passées tandis qu'il reste ainsi, sans bouger un muscle, l'incertitude transpirant par chacun des pores de sa peau.
Tout autour de lui, l'obscurité est ponctuée d'étranges lueurs qui flottent dans l'air, comme des centaines de lucioles qui dansent au rythme de la nuit, bercées par les ténèbres. Le jeune homme les remarque à peine.

Il l'a fait. Il l'a tuée. C'est ce qu'il voulait, non ? Les étoiles sont vengées, et alors tout est mieux, parce que tout devait aller ainsi, parce que c'était son souhait originel, non ? Non. Non, parce que ce n'était pas elle. Il l'a su tout de suite, il l'a su à l'instant même où elle s'est éteinte : elle n'a pas tué ses parents.

Yana n'a pas tué ses parents.

Il ignore tout, mais de cela il est certain.

Soudain, il est pris d'un violent haut-le-cœur et son corps se remet alors en marche pour vomir sur le côté. Soa reste là, plié en deux, l'odeur de ses tripes envahissant les lieux et collant à sa peau, comme une vague de dégoût, un dégoût profond qui l'encercle, qui l'enserre et qui lui retourne l'estomac. C'est ça. Il se dégoûte.
Il tend ses mains devant lui, il les regarde trembler à la faible lueur des mystérieuses lucioles. Ce soir, elles ont tué.

Non.

C'est lui, qui a tué.

Il frissonne.

Vraiment ? Est-ce que c'est vraiment lui, ça ?

Et maintenant ? Et maintenant, quelle suite, quel avenir, quel destin ? Si Yana n'était pas la responsable, qui d'autre ? Faut-il vraiment s'infliger ça, encore et encore ? En sera-t-il seulement capable ?

Il ne sait pas. Il ne veut pas savoir.

Mais il va bien falloir.

Il tente d'apaiser son souffle, il tente de remettre à plus tard, de remettre à plus loin, il enfouit ses ressentis profondément au creux de son être, il les enterre pour un temps. Il scelle cette partie de lui qui se refuse à accomplir son destin, il la scelle à double tour, il tâche de l'enfermer à jamais.

Pourtant, aussi certainement que la pluie drue frappera toujours le sol sec, les émotions finissent par jaillir à nouveau.
Elles ne meurent jamais que temporairement.

Dans un ultime effort, au milieu des Ombres clignotantes, Soa fait un pas, puis un deuxième. Autour, il jette de rapide coups d'œil mais aucun doute n'est permis : plus une trace de la sorcière. Engloutie. Nouveau frisson.

Un pied après l'autre, il parvient à faire demi-tour et à lentement revenir sur ses traces, revenir d'où il vient, de la nuit fraîche et des grands arbres rougeoyants, là où tout était plus simple.

Il traverse le long couloir dans un état second, et il en vient à bout sans s'en rendre compte. Le voilà, face à la meurtrière, face au vide et à la forêt, au loin. Il sent son regard sur lui, plein de désapprobation et de mépris, et là-haut, la lune le toise froidement aussi. C'est comme si tous savaient, mais savaient quoi, au juste ? Lui-même ne sait rien. Il est à quelques mètres du sol, à quelques mètres de la nuit.
Elle lui sourit.
Il s'en approche d'un pas mal assuré.

En passant sa tête à l'extérieur, il est frappé par le contact glacé du dehors. Il frissonne tandis que la brise le refroidit, tandis qu'elle balaie la plaine en contrebas, tandis qu'elle lui caresse le visage.
Il inspire un grand coup, puis, après un bref regard en contrebas qui lui révèle les quelques mètres qui le séparent du sol, il saute, porté par un élan mystérieux.

C'est grisant, la vitesse de la chute, le temps d'un instant, se sentir voler, se sentir loin de toutes les questions qui nous assaillent. Puis il atterrit, le choc de la réalité qui finit toujours par nous rattraper, mais sans douleur, pourtant. Il ne saurait dire pourquoi, mais il sent que son corps en sait bien plus que lui sur ses capacités réelles.

A pas vifs, il traverse la plaine à nouveau, mais en sens inverse, cette fois, et cette position n'est étrangement pas plus confortable. Le poids qui le pèse alourdit sa marche, il lui semble s'enfoncer lentement dans le sol.

Lorsqu'il atteint la lisière de la forêt, il jette un dernier regard derrière lui. La plaine, le château, la sorcière, le poignard. La pièce est terminée, maintenant, c'était la dernière représentation.
Il n'est pas certain d'en avoir apprécié la fin. Pourtant c'est de son sang que s'est écrit le scénario.
Alors pourquoi cette amertume étrange, pourquoi ce dégoût monstrueux qui ne le délaisse plus ? Le rideau tombe tandis qu'il reprend sa route, et la nuit n'applaudira pas une fois.

Troublé, il s'efface lentement et les arbres reprennent place.
Eternels.

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Ayunna
Posté le 30/07/2022
Hey !!

J’ai plein de choses à dire sur ce chapitre alors je me lance.
D’abord, j’adore cette connexion de Soa avec les Ombres, ce que tu décris est très chamanique (j’ai eu la chance de rencontrer de véritable chamanes Péruviens et Amérindiens, et ce que j’ai vu est complètement extraordinaire, cela dépasse l’entendement). La façon dont tu abordes le lien entre Soa et les ombres fait vraiment penser à une collaboration avec les esprits. C’est tout à fait ça !
Au départ, la récurrence du questionnement « Alors ? Maintenant, quoi ? » et l’explication de ses changements d’état est peut-être un peu lourd. Je pense qu’il est possible « d’affiner » le passage, en conservant l’introspection du personnage, le fait qu’il se rende compte de ce qu’il est en train de faire, et de ce que l’acte de tuer peut engendrer. Comment dire, il est possible de donner de la finesse à ce début, car ce que tu veux retransmettre est important. Toute la psychologie du personnage.
J’ai beaucoup aimé cette phrase, et la symbolique qu’elle implique : « mais la haine de la sorcière semble plus ardente que la sienne encore, elle l'a soufflée aussitôt. Il ne lui reste plus qu'une grande confusion. » Bravo, c’est poétique ! J’adore !
Le passage du combat est clair et très bien écrit. Encore une fois tu parviens à retranscrire parfaitement la précipitation, la vitesse, et c’est vraiment plaisant car on est plongé dans l’action. Cela rend le passage concret, très crédible
Très sympa ton intrigue, Soa maîtrises les Ombres, on ne sait pas encore ce que ça implique d’être un enfant des ombres et j’ai hâte d’en savoir plus.
C’est bien fait aussi le passage où Soa se rend compte de ce qu’il a fait à Yana, de son dégout pour lui-même et toute sa torpeur. (Pauvre Yana ! Elle n’avait même pas tué ses parents, je m’en doutais je ne sais pas pourquoi)
Je me questionne sur Cléa, on l’a entraperçue puis plus rien, Soa ne l’évoque plus, elle l’a aidé et son fantôme disparaît ?
Et je ne comprends pas, pourquoi les gardes du début, qu’il devait éviter, n’arrivent jamais, ne le surprennent pas ? Comment peut-il sortir si facilement du château, reprendre le couloir sans aucune sentinelle ? Tu parlais beaucoup des allers-retours des soldats, c’était même un passage long, donc où sont-ils tout d’un coup ? si c’est le charme magique qui les fait disparaître, il faut au moins mentionner quelque chose, une hypothèse du personnage, car là, c’est moins crédible.
Et du coup Soa n’a plus besoin de Cléa pour le chemin en sens inverse ?
Voilà, j’espère que tu vois ce que je veux dire par rapport à mes questionnements, les petits trucs à préciser. (Et là tu peux constater que je fais une lecture pointue, j’essaie de prendre tous les éléments en compte ^^)

…… Au fait, comment ça va ? :D ^^
dcelian
Posté le 31/07/2022
Coucou ! ça va super et toi ? Merci pour ton retour :D

Chouette que tu perçoives cette connexion entre Soa et les Ombres comme quelque chose d'intrigant et de chamanique, ça me fait très plaisir :)

Je note ce que tu dis sur le passage du début, pour le moment je fais un peu l'aveugle et je continue à avancer en me disant que peut-être (par magie? qui sait) ces premiers chapitres s'amélioreront tout seuls (hah ^^') Mais je finis par me dire que c'est pas le cas... Alors il va bien falloir que je me penche dessus à un moment où à un autre !

Pour les gardes et tout le tralala, ce que tu dis est juste, le passage manque de clarté. Je préciserai bien qu'il ne voit pas une trace de ces gens-là, pour que le lecteur comprenne plus facilement que c'était probablement une illusion.
Pour l'aide de Cléa : même chose, je clarifierai ça quand je le réécrirai. Au final, je pense qu'elle ne l'aidera même pas, elle apparaîtra seulement pour le soutenir moralement, donc voilà pourquoi il n'a pas besoin de son aide au retour ;)

Merci beaucoup pour la poésie et le combat, c'est vraiment TOP que t'aies réussi à te projeter là-dedans et que ça t'ait plu :)
Merci infiniment (et bravo!!) pour ton commentaire trop cool, tu vois que t'as carrément des trucs à dire, et des trucs super intéressants avec ça !

A bientôt :D
Ayunna
Posté le 31/07/2022
Merci pour tes encouragements, c'est la "Célian" thérapie et oui, ça va très bien aussi ^^
Louison-
Posté le 20/02/2022
Coucou :D Et me revoilou :D

J’ai lu la partie précédente et j’avais prévu de la commenter, puis j’ai été happée par ton récit et j’ai continué alors me voici ici, ce sera donc un commentaire sur la partie 2 et 3 de ton chapitre ;-)


Et quelle course, wow ! On se sent vraiment embarqué avec ton personnage, que ce soit à travers ses actions ou ses pensées. Beaucoup de questions se posent dans la tête et c’est tout bénéf, parce que forcément on a envie de savoir alors on continue vite vite ;) En tout cas, je redis une chose que j’avais déjà relevé dans un com’ précédent : j’aime vraiment beaucoup que tu exploites autant l’intériorité de ton personnage. On le voit pas seulement bouger mais penser, et j’ai toujours éprouvée plus de compassion pour les personnages dont on prend le temps de décrire ce qu’ils ressentent à l’intérieur. Ça les épaissit de ouf alors bravo pour ça :)

Sinon, sa course du début : super bien décrite. C’est vraiment un plaisir de suivre ta plume. Quelques pépites que j’ai relevées :

« Les troubles s'effacent et les arbres reprennent place, éternels. » >> Alors ça c’est beau. La rime « s’effacent » et « place » ouiiii.

Et surtout, tout ton paragraphe qui commence par : « Le vent lui fouette le visage, ou peut-être son visage fouette-t-il le vent (…) s'effondrer au sol à l'instant où les secondes achèvent leur défilement affolé. » Alors là, vraiment incroyable. C’est fluide, c’est haletant, c’est rythmé, je lisais et je me disais : ouiouiouiouiouiouioui. *-*

Ensuite (désolée c’est un peu bric-brac mes pensées mais je te laisse ce qui me vient à l’esprit spontanément sans structurer) : c’est vraiment intriguant ces deux mondes que tu opposes, celui des Sorcières et des Ombres ! D’autant plus intriguant qu’on pourrait se dire : les Ombres sont de toute façon avec les Sorcières, et puis là on découvre que les Ombres viennent en aide à Soa. Donc c’est pas aussi tranché qu’on se l’imagine, c’est cool ça !

J’ai aussi aimé le fait que Soa sente que ce soit un piège, et que pourtant il y va quand même. Ça demande un certain courage et ça en dit beaucoup sur ton personnage : c’est quelqu’un de déterminé (et de très chagrin pour vouloir se venger ainsi après la mort de ses parents).

« Des gouttes glacées parcourent son dos, et c'est décidé : il préfère encore affronter le réel à ses souvenirs. » >> ça m’a touchée ça !

« Il est là où devaient se trouver les vérités, mais aucune ne semble vouloir venir à lui. » >> Là aussi, incroyable <3

« Maintenant, quoi ? » >> Là c’est la même chose que la fois où tu as répété à plusieurs reprises quelque chose comme « Oui ? Oui. » (je crois ?) Ce procédé de remettre « Maintenant, quoi ? » je trouve que ça fonctionne très bien, ça donne effet d’angoisse, le personnage qui est très perdu, qui s’en pose des questions sur la marche à suivre. Enfin voilà je trouve vraiment chouette :)

« Soa s'efface pour laisser danser les Ombres. » >> la phrase est d’une telle simplicité et d’une telle élégance.

« Les Ombres se rassemblent alors en une masse informe autour de Yana, l'écrasant presque, et Soa sent qu'elle suffoque peu à peu, il sait que c'est lui qui provoque ce phénomène, il en est convaincu, mais il ne sait ni comment l'arrêter ni comment le maîtriser, il n'agit pas à proprement parler, ce sont les Ombres qui agissent pour lui, à travers lui, il ne fait que les regarder. » >> Oui alors comme je te le disais précédemment, ça je trouve cool que les Ombres prennent la défense de Soa ! Le combat avec Yana me semblait bien inégal, comme elle use de la magie toussa toussa, donc on sentait ton personnage Soa plus « faible » et pourtant il parvient à tuer Yana grâce aux Ombres, ça montre qu’il possède un certain pouvoir qui nous échappe encore en tant que lecteur, mais qu’on se réjouit de découvrir. Surtout que Yana elle-même est prise par surprise, donc forcément ça interroge ! On se doute bien que Soa possède des facultés bien particulières ;))

"Que fais-tu ici, enfant des Ombres ?" >> Ahaha ça fait toujours son effet quand quelque chose renvoie au titre pour la première fois. On se sent soudain tout concerné et on a envie d’en savoir pluuuus ;-D

Enfin voilà Célian ! Les choses s’accélèrent, l’intrigue part d’un bon pied. Et pendant que j’y pense (oui, c’est foutoir mon commentaire) : j’ai aimé aussi que Soa regrette son geste après avoir tué Yana. Non seulement parce qu’il a tué, mais parce qu’il est convaincu que ce n’est pas elle qui a tué ses parents. Ça fait de lui un personnage tout torturé, qui se pose mille questions, c’est cool :) Juste petite réserve peut-être : je me suis juste demandée comment il pouvoir savoir avec certitude que 1) Yana lui tendait un piège et 2) qu’elle n’avait pas tué ses parents. Peut-être ce serait cool d’un peu plus expliciter ça ? Est-ce que c’est lié à son pouvoir ou je sais pas ? Bon, peut-être vas-tu expliquer cela par la suite, donc à toi de voir ; je relève juste le fait avoir été un peu surprise de ce niveau de prescience tout en questionnant le « pourquoi en prendre conscience maintenant précisément » ? Enfin dans le sens : manifestement, c’est la mort de Yana qui fait qu’il réalise que ce n’est pas elle qui a tué ses parents. Mais pourquoi c’est sa mort et pas autre chose ? Ou encore, c’est quand il se trouve devant le piège qu’il se dit que c’est un piège. Mais pourquoi cet instant-là ? Qu’ont ces deux instants de particulier ? Est-ce le hasard ou parce que Soa vit une émotion particulièrement forte ?
Bon voilà, ce sont des questionnements qui m’ont traversée, je te les laisse en me disant que, peut-être, ça peut t’être utile :)

Voilouille ! Mais outre ça, j’ai bien sûr beaucoup apprécié ma lecture. Je me réjouis d’en découvrir plus et te dis à tout bientôt ! <3 :D
dcelian
Posté le 25/02/2022
COUCOU !
GRRRR désolé pour cette attente punez, je m'en veux tellement de pas répondre plus vite à tes commentaires trop sympa à chaque fois....
Je suis dans une période un peu chargée donc j'ai zéro temps pour mon histoire (:c), donc en évitant PA je peux faire comme si "QUOI ? MAIS QUELLE HISTOIRE VOYONS ???"
hahaha...

^^'

GROS NAZE QUE JE SUIS

Et je sais que tu vas me dire que c'est pas grave, que c'est mon histoire, que je prends mon temps, que je fais comme je veux, mais NON. Je m'étais engagé à répondre rapidement, alors maintenant je dois assumer et tenir mon engagement !

Bref (hah quel début chaotique), désolé pour ça !!
Maintenant : ton commentaire :D

Déjà, c'est tellement chouette que tu aies été prise dedans et que tu n'aies même pas pris le temps de laisser un commentaire pour la 2e partie, ça me dit notamment que les chapitres sont bien coupés et que dans un livre papier je pourrais sans problème recoller les différentes parties !

Merci pour tous tes compliments sur l'introspection, c'est vraiment l'un des aspects que j'aime le plus, et c'est probablement aussi ce que je préfère écrire. Je trouve ça tellement génial d'essayer de se glisser dans la tête des personnages pour comprendre leurs émotions et ressentis ET pour les retranscrire correctement sur le papier. Tant mieux si tu aimes ces passages !!!

Merci pour toutes les autres "pépites" que t'as relevé, je vais pas tout citer par souci d'égo mais ça me fait HYPER plaisir. Vraiment.

"c’est vraiment intriguant ces deux mondes que tu opposes, celui des Sorcières et des Ombres ! D’autant plus intriguant qu’on pourrait se dire : les Ombres sont de toute façon avec les Sorcières, et puis là on découvre que les Ombres viennent en aide à Soa. Donc c’est pas aussi tranché qu’on se l’imagine, c’est cool ça !"
>> Oui effectivement, j'essaie d'éviter les schémas trop binaires et bateaux autant que faire se peut. Et puis, en plus, ça permet d'étoffer l'intrigue, alors c'est vraiment tout bénef ! En fait j'essaie vraiment de réfléchir comme si rien n'était acquis, histoire de chercher les vraies raisons derrière tel ou tel phénomène. C'est assez long mais tellement intéressant à faire ! ça permet de déconstruire plein de trucs dans notre tête et donc dans notre histoire. hihi

"Ahaha ça fait toujours son effet quand quelque chose renvoie au titre pour la première fois. On se sent soudain tout concerné et on a envie d’en savoir pluuuus ;-D"
>> Hahaha, je dois dire que même moi ça m'a fait un peu bizarre de l'écrire comme ça, direct, bam !
Je suis pas encore tout à fait au clair là-dessus, mais je suis pas certain de garder mon titre. Pour l'instant je le laisse, mais je réfléchis parallèlement à autre chose. Je crois qu'il me satisfait pas à 100% (et pour cause, je l'ai choisi quand j'avais 12 ans, alors il a de la valeur affective mébon ;-;)

Pour tes remarques à la fin : oui, c'est carrément pertinent. La raison est assez inexplicable, mais je vais devoir + appuyer dessus. Je saurais pas trop comment te la décrire, c'est simplement le fait qu'en la tuant finalement il ne ressent pas ce sentiment d'accomplissement qui nous envahit quand on parvient enfin à faire quelque chose qui nous démangeait. C'est assez mystique, je ne le nierai pas, et y a aucune preuve tangible que c'est pas vraiment elle (c'était peut-être elle, qui sait? hihi), c'est simplement son ressenti intime et profond. Si ça fait sens. Mais je vais devoir mieux l'écrire par la suite !!

Rohlala merci beaucoup pour ta lecture en tout cas, merci pour ton enthousiasme et pour tous tes compliments, tout ça me touche très sincèrement. J'ai lu que tu avançais sur Les Portiers !!!! TROP BIEN BRAVO
J'ai archi hâte d'y remettre (à mon rythme, attention, hahaha) !

A bientôt <3
Louison-
Posté le 26/02/2022
COUCOU ET T'INQUIETE PAS AUCUN STRESS DANS TES REPONSES JE SUIS AUSSI TOUJOURS A LA BOURRE DANS TOUT ARGH APSFJASLDAéF TU NES PAS NAZE ARRETEEEEUH.

Cela dit, courage pour ta période chargée ! T'envoie plein de bonne énergie et une grosse dose de motivation <3 <3 <3 <3 (Pour aussi bien ton histoire que pour ces autres chouettes choses que tu fais (c'est quoi ces chouettes choses que tu fais ?) (On peut passer sur Insta si t'as pas envie de larguer ta vie privée dans les com' ? aha, woui j'ai vu que t'avais insta via le compte de Dodo ;) j'suis trop une stalkeuse kwa)

Sinon, pour rebondir à certains trucs, parce que c'est quand même le but de ma réponse : owi je vois qu'on partage un certain goût pour l'introspection des personnages hihi.

"Oui effectivement, j'essaie d'éviter les schémas trop binaires et bateaux autant que faire se peut." >> Woui ça se voit avec tes premiers chapitres et c'est trop chouette <3

Pour ton titre : Okay ! Si t'as d'autres idées qui te viennent, hésite pas à me les partager. C'est avec plaisir que je les découvrirai :D

Ca marche pour mes remarques finales ! En vrai je comprends le côté mystique, donc oui, si tu choisis de faire en sorte que l'acquis de conscience de Soa soit "mystique" je te conseillerais de + décrire ça, pour que le lecteur comprenne bien que ça a une part d' "irrationnel" et qu'il faut qu'il accepte ça :)

Vouilouille, sinon rien de plus à ajouter :) Me réjouis de lire la suite, ce swar ou demain hihi ^^

Bisooooou !

(oui ça avance à petits pas pour les Portiers ! Peut-être je poste mon premier chapitre de ma réécriture demain, mais. c'est. si. je. n'ai. pas. la flemme (oups) et quoiqu'il en soit toi de ton côté tu lis comme tu veux quand tu veux tu n'es même pas obligé de lire tout ça tout ça blopiblop très belle soirée à toi !)
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