Chapitre 2 (nouvelle version)

Par Gabhany
Notes de l’auteur : Bienvenue ! Voilà le deuxième chapitre, où l'on découvre une grande partie des proches de Kiaraan et où l'on en apprend plus sur le Conseil et surtout sur la Mue ! Bonne lecture !

Alors que la stupeur maintenait immobiles les Humans présents, Bazil s’était déjà rué en avant vers le jeune homme, dont les cris faiblissaient. Il s’agenouilla dans la terre rougie de sang et posa ses mains de chaque côté de la tête du garçon, à quelques millimètres de sa peau. Le jeune homme frissonna et ses yeux se fermèrent. Une expression détendue passa sur son visage tandis que le GuériSage faisait aller et venir ses mains juste au-dessus de son corps. Il s’immobilisa un instant au niveau des estafilades sanglantes qui déchiraient son côté gauche, de l’épaule au plexus solaire. Là, Bazil secoua la tête brièvement, puis il reprit le visage du garçon entre ses mains. Il approcha alors son visage du sien, et délicatement, il accorda son souffle à celui du garçon, inspirant et expirant à contretemps, comme s’il voulait donner son propre souffle, sa propre énergie au jeune blessé.

Deux longues minutes plus tard, l’effort tirait les traits de Bazil, et il se sentait faiblir. Il se détourna alors du blessé et regarda autour de lui.

  • Kiaraan ! appela-t-il d’un ton pressant, descends de là et viens m’aider !

L’intéressée s’ébroua pour reprendre ses esprits. Elle était tellement secouée qu’elle se laissa tout bonnement tomber à bas du toit et qu’elle resta un moment immobile, un genou en terre, avec l’impression de ne plus savoir comment bouger ni même respirer.

Une main secourable finit par l’aider à se relever. C’était Oksa, sa meilleure amie. Elles échangèrent un pauvre sourire puis Kiaraan s’apprêta à rejoindre Bazil qui poussait des soupirs irrités.

  • C’est Lohim, lui annonça alors Oksa. Il avait disparu depuis une semaine… c’est bon signe qu’il soit revenu si vite, non ?
  • Oui… mais que lui est-il arrivé ?

Oksa haussa les épaules, se détourna et disparut entre les maisons. Kiaraan rejoignit le GuériSage qui l’accueillit d’un regard exaspéré.

  • Place-toi de l’autre côté, lui ordonna-t-il, et aide-moi à le transporter jusqu’à mon office.

Kiaraan s’exécuta, et le jeune blessé fut bientôt étendu sur un lit à l’intérieur de l’office de soins. Kiaraan le veilla un moment, pendant que le GuériSage préparait un cataplasme ?.

  • Tu peux rentrer, Kiaraan, lui dit-il quand il revint près de Lohim. Tu m’as bien assisté.

La jeune fille s’éclipsa sans demander son reste. Sur le seuil, elle croisa une femme éplorée, soutenue par un homme, qui devait être son mari, et par Oksa. Le visage crispé, les yeux pleins de larmes et les lèvres étroitement serrées, celle-ci ne vit son amie qu’au moment où Kiaraan glissa sa main dans la sienne et la pressa brièvement.

 

Quand Kiaraan revint chez son oncle, celui-ci était déjà parti rejoindre les autres membres du Conseil. Quand elle entra dans la pièce de vie, elle entendit une exclamation de surprise, un soupir de soulagement. Elle se sentit alors serrée dans les bras tremblants de sa tante, qui l’écrasa contre elle dans une étreinte à lui briser le cœur. Dans le dos d’Ilsa, Kiaraan serrait les poings tellement fort que ses ongles traçaient des marques sanglantes dans ses paumes. Sans la lâcher, sa tante la fit asseoir sur le banc de la cuisine et elles restèrent un long moment enlacées. L’angoisse sourde qui enserrait Kiaraan reflua, elle se sentit à nouveau respirer. Elle entendit sa tante libérer un soupir discret et elle la serra plus étroitement contre elle. En cet instant, elles se comprenaient. Leurs angoisses, leurs failles communiaient enfin.

Quand elles se séparèrent, Ilsa garda les mains de Kiaraan dans les siennes et entreprit de soigner les plaies de ses paumes. Intriguée, Kiaraan sentit  trembler les mains de sa tante, d’ordinaires si sûres d’elles. Tout en gardant les yeux consciencieusement baissés, Ilsa se mit à parler.

  • Tu sais, Kiaraan, ton oncle m’a révélé que tu ne te sentais pas chez toi ici. Je sais que tu te méfies de moi, tu sais que ta mère et moi, nous ne nous entendions pas. Si tu le veux bien, j’aimerais t’expliquer… ce que j’ai ressenti…pourquoi je ne vous ai pas accueillies comme j’aurais dû quand vous êtes arrivées ici.

Interloquée, Kiaraan garda le silence, si longtemps qu’Ilsa finit par relever la tête. Un sourire sans joie répondit à l’étonnement mêlé de courroux qui habillait le regard de la jeune fille.

  • Je … je ne comprends pas, finit par répondre Kiaraan. Pourquoi me parler maintenant ?
  • Parce que je suis responsable de toi. Et de Diorann. Je ne l’ai pas voulu, mais c’est ainsi. Je ne voulais voir que votre mère en vous deux, je ne voyais que la vie de ma famille qui allait être bouleversée par la faute de Silène, et je vous en ai voulu. C’était vain et cruel. Je t’en parle aujourd’hui car j’ai eu peur que tu disparaisses avant d’avoir pu te demander pardon.

Kiaraan resta un long moment silencieuse, les yeux pleins d’un sombre ressentiment braqués sur sa tante. Celle-ci, pour la première fois, ne se déroba pas et prolongea le contact. Le repentir dans ses prunelles paraissait sincère. De cet échange de regards jaillit un autre échange, celui d’une compréhension mutuelle. D’un seul coup, la rancune que Kiaraan nourrissait depuis son arrivée ici disparut, ne lui laissant que l’amertume familière de l’absence.

Ce fut la main qu’Ilsa posa sur la sienne, à ce moment précis, qui la persuada de laisser ouverte la brèche qu’elle venait de créer. D’un signe de tête, elle lui fit signe qu’elle était d’accord. Elles parleraient.

*

  • Maxel et Diorann sont en haut, déclara sa tante d’une voix faussement détendue, quelques minutes plus tard. Ils allaient partir travailler, mais, par la grâce de la Mère, Arnen les a interceptés à temps… Ce pauvre Lohim…

Elle termina son bandage sur la main gauche de Kiaraan et prépara un plateau de nourriture léger.

− Tu vas laisser le cataplasme faire effet quelques minutes, puis tu pourras les rejoindre, ajouta-t-elle en posant le plateau à côté de Kiaraan. Ne bouge surtout pas tes mains. Je me rends au Puits pour l’eau – non, Kiaraan, ne bouge pas ! – ensuite je rejoindrai ton oncle directement à la salle du Conseil. Nous vous attendons là-bas dans une heure.

Quelques minutes plus tard, celle-ci s’éclipsa. Quand le bruit de ses pas se fut estompé, Kiaraan empoigna le plateau en grimaçant et monta l’escalier raide et étroit qui menait à l’étage.

Le palier desservait trois chambres. Celle de son oncle et de sa tante était la première sur la droite, la plus grande. Kiaraan et sa sœur occupaient la deuxième à droite, celle d’Azel, le frère aîné de Maxel, parti étudier à la capitale. La troisième était la chambre de Maxel, en face de celle de Kiaraan et Diorann.

Elle poussa du pied la porte de sa chambre, pour n’y découvrir que le vide. Kiaraan fronça les sourcils. Elle entra dans la pièce déserte, posa le plateau sur un lit et ressortit immédiatement. Un pas de plus, et poussa la porte de la chambre de Maxel.

Ce qu’elle y découvrit confirma ce qu’elle soupçonnait depuis un moment déjà.

Assis côte à côte sur le lit de Maxel, le bras de celui-ci enroulé autour de la taille de Diorann, les deux jeunes gens s’embrassaient à perdre haleine. Kiaraan décela dans ce baiser, que son irruption n’avait même pas interrompu, un abandon total, insouciant jusqu’à la douleur.

Debout dans la pièce, les poings crispés, Kiaraan dut attendre que Maxel pose un dernier baiser sur les lèvres de sa sœur pour qu’ils daignent la remarquer. Avec une lenteur délibérée, Diorann se tourna vers elle. La posture de son corps suintait le défi et l’embarras. Elle entrelaça les doigts de Maxel et les siens avant de s’adresser à Kiaraan.

  • Tu aurais pu frapper…

Sans répondre, Kiaraan les scruta attentivement.

  • Kiaraan. C’est inconvenant d’entrer comme ça chez les autres, insista Diorann.
  • Et embrasser son cousin, ce n’est pas inconvenant ?, répliqua Kiaraan d’un ton mordant.
  • Tu n’étais pas censée voir ça. Tu n’aurais pas dû entrer !
  • Je rêve ! La seule chose qui te gêne, c’est que je vous aie surpris ! C’est ton cousin, Dio, le même sang !
  • Oh, ça va Kiaraan ! Je suis au courant !
  • Ah, tu es sûre ? Ce n’est pas l’impression que ça donnait il y a deux minutes !

Deux regards noirs et courroucés s’affrontèrent. Comme toujours face à sa petite sœur, Kiaraan sentit sa colère faiblir. Mais pas question pour autant de cautionner ce qu’elle venait de voir. Cela faisait un moment que Kiaraan avait perçu un changement dans la relation qu’entretenaient sa sœur et Maxel. Elle avait décelé les regards appuyés, les sourires gênés, elle avait remarqué les tête-à-tête qui se prolongeaient, les visages béats au retour. La jeune femme avait d’abord préféré croire à la simple légèreté d’un flirt innocent, mais visiblement, elle avait été trop naïve. Depuis la disparition de leur mère, elle avait la sensation que sa sœur, son sang, son double, lui échappait. Elles étaient encore proches, mais Kiaraan ne parvenait pas toujours à comprendre les réactions de Diorann. Pour autant, dans ce cas précis, l’explication était simple.

  • Je sais ce que tu penses, reprit Diorann comme en écho aux pensées de sa sœur. Ce n’est pas… ce n’est pas à cause de maman.

Elle s’empourpra sous le regard soupçonneux de Kiaraan, et reprit d’une voix altérée.

  • Enfin, pas seulement.

Maxel et elle échangèrent un sourire complice, et brusquement Kiaraan se sentit indésirable. La tendresse contenue dans ce sourire n’était pas feinte. Kiaraan connaissait trop sa sœur pour ne pas voir qu’ils étaient sincères. Face à cette vérité, qui était-elle pour les juger ? Elle ne voulait que le bonheur de sa sœur.

En poussant un grand soupir, elle se laissa tomber sur la chaise derrière elle. Kiaraan s’efforça de faire taire ce sentiment maternel, plus que sororal, qui s’indignait, et s’obligea à offrir un sourire à Diorann.

L’atmosphère de la chambre s’allégea d’un coup, et Diorann se mit à rire, accompagnée par Maxel. Elle se leva et vint s’accroupir devant Kiaraan en lui prenant la main.

  • Je sais que tu désapprouves et que tu t’inquiètes, chuchota-t-elle droit dans ses yeux. On a essayé de… il s’est éloigné… mais je n’ai pas pu.

Du coin de l’œil, Kiaraan vit que Maxel s’éclipsait discrètement. Elle se promit tout de même d’avoir une discussion avec lui sous peu.

  • C’est sérieux ?
  • Oui.
  • Quelqu’un d’autre est au courant ?
  • Oui. Ilsa. Mais elle a promis de ne rien dire à Arnen. Elle nous a dit que… que les relations entre cousins ne sont pas prohibées. Mal vues, oui, mais pas interdites. On ne brise aucune loi. Et ce n’est pas… enfin, il y en a d’autres comme nous. A chaque fois, les gens sont choqués, et puis ça passe, ils oublient.

Kiaraan devina que Diorann monologuait ainsi pour la rassurer autant que pour se rasséréner elle-même. Ce qui, curieusement, la tranquillisa plus que tout le reste. Elle avait craint que sa sœur ne se soit engouffrée tête baissée dans cette relation pour le réconfort procuré par une paire de bras aimants drapés autour de sa peine. Mais l’angoisse qu’elle tentait de masquer sous son bavardage était authentique. Il n’en aurait pas été ainsi si elle n’avait pas été sincère.

Kiaraan la laissa donc pépier tel un moineau hyperactif et savoura ces confidences, promesses d’une proximité renouvelée avec la seule famille qui lui restait.

Un peu plus tard, Maxel vint les chercher pour se rendre au Conseil. Il avait l’air tendu et marchait sur des œufs. Il évita consciencieusement le regard de Kiaraan pendant qu’ils revêtaient tous trois des tuniques couleur de sable. Avec ses mains expertes, Diorann aida les deux autres à nouer convenablement à la taille la ceinture compliquée de leurs larés, l’habit traditionnel de leur Clan. C’étaient de simples pans de tissu teint, descendant jusqu’aux pieds, dont les pans non fermés flottaient librement autour des chevilles. La couleur dépendait du statut du porteur : beige pour les jeunes n’ayant pas encore mué, vert pour les adultes ayant passé leur première Mue.

 

*

Une chaleur humide, étouffante, régnait dans la salle du Conseil. La quasi-totalité du village était présente, et le bourdonnement des conversations semblait tournoyer autour du même sujet comme un frelon agressif. De nombreux visages arboraient la même expression soucieuse, effrayée, et plusieurs hommes étaient venus armés. Oh, c’étaient souvent de simples couteaux de cuisine en pierre polie, voire des javelots de bois, mais les regards des hommes et des femmes qui les portaient étaient animés de la même détermination fataliste.

Au brouhaha des conversations répondaient les cris de joie des enfants qui se poursuivaient, profitant de l’inattention momentanée de leurs parents. Les quelques ordres donnés d’une voix molle n’y faisaient rien. Tous les esprits étaient ailleurs.

Même parmi les jeunes, tous regroupés dans un coin de la salle, l’ambiance était tendue. Les conversations s’effilochaient aussitôt amorcées. Comme tous ses camarades, Kiaraan était douloureusement consciente que c’était l’un des leurs. Qu’elle aurait pu, qu’elle pourrait peut-être se retrouver dans la même situation que ce pauvre Lohim.

Non loin d’elle, Maxel et Diorann se tenaient côte à côte, le bras de Maxel autour des épaules de Diorann, adossés à la paroi de pierre de l’édifice. La salle du Conseil, comme tous les bâtiments importants du village, était construite en quarill gris. L’exploitation des mines de quarill des montagnes environnantes constituait l’activité principale du village, de l’extraction du minerai à des profondeurs abyssales, jusqu’à son utilisation dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. Le quarill servait aussi bien à la construction de bâtiments qu’à la fabrication d’armes, de meubles, et même de bijoux. Même leur monnaie était faite de quarill. La couleur dominante de la pierre signalait son utilisation : gris pour les constructions, vert pour les armes, et noir pour les quars, leur monnaie . Les mines étaient tellement riches qu’ils vendaient une partie de leur production aux autres Clans. C’était grâce à eux que la monnaie officielle du pays était devenue le quar. Des émissaires de tous les clans environnants venaient jusqu’à eux pour se procurer le quarill. Même à Dézdirim, la capitale, pourtant séparée d’eux par de nombreux jours de voyage, ils réclamaient le quarill du clan des Ursi de la chaîne de montagnes d’Uzum.

Kiaraan s’étonna que Maxel et Diorann se dévoilent ainsi aux yeux de tous. Leur proximité en cet instant pouvait passer pour du réconfort, du soutien normal entre membres d’une même famille, mais n’importe qui d’un peu observateur pouvait voir toutes les promesses que recelait cette affinité.

Promenant son regard autour de la salle, la jeune femme remarqua que de nombreux couples se tenaient enlacés, sans parler des familles qui préféraient s’entasser les uns sur les autres dans un coin plutôt que de laisser un de leurs membres s’éloigner. Les mères cherchaient leurs enfants dans la salle pour les ramener près d’elles. Tout, plutôt que les laisser s’éloigner.

Parmi tous ces couples, nombreux seraient ceux qui demanderaient l’appariage dans les jours à venir, se dit Kiaraan. Comme si se déclarer mutuellement leur flamme et s’engager pouvait conjurer le poids du sort implacable qui venait de se rappeler à eux. Avec le visage de sa sœur en tête, Kiaraan se mit à espérer de toutes ses forces que ce fut vrai.

 

Quelques instants plus tard, le brouhaha ambiant s’éteignit au fur et à mesure qu’un homme s’avançait jusqu’au centre de la salle, où se dressait une petite estrade en bois. Arnen, l’oncle de Kiaraan, le Sage du Conseil, y grimpa et se tourna face à la foule. Deux autres personnes le rejoignirent et se tinrent un peu en retrait. Un silence tendu s’installa, uniquement troublé par les respirations qui s’accéléraient. Une petite femme aux cheveux noirs qui se tordait les mains, se tenait tout au bord du cercle des spectateurs, et Kiaraan la reconnut immédiatement. C’était Kaya, la mère de Lohim. Des larmes, qu’elle ne paraissait pas sentir, coulaient sur ses joues creuses et pâles. Ses voisins tentaient de lui parler, lui posaient des questions, mais son regard voilé était obstinément braqué sur les trois membres du Conseil qui se préparaient à parler.

L’attente se fit fébrile, bien plus qu’à l’ordinaire dans ce genre de réunions, et plusieurs personnes interpellèrent Arnen et ses compagnons. Celui-ci leva une main, et tous se turent.

  • Lohim vivra, déclara Arnen, dédaignant les formules rituelles. Notre GuériSage Bazil est en ce moment à ses côtés, et d’après lui, Lohim a de bonnes chances de récupérer l’usage total de son bras.

Un soupir collectif détendit tous les visages, et des applaudissements retentirent.

  •  Merci pour lui, et pour sa mère Kaya qui a pris la peine de nous rejoindre pour ce Conseil en laissant son fils à la garde de Bazil. Elle a voulu me transmettre de toute urgence les paroles de Lohim à son réveil.

Le Sage fit une pause, laissant à ses paroles le temps de pénétrer les esprits.

  • Lohim affirme avoir été attaqué durant sa Mue, ce qui peut nous arriver à tous, j’en conviens. Il dit avoir été attaqué par un autre animal, mais ses souvenirs ne sont pas fiables.

Des éclats de voix retentirent.

  • Ce n’est pas possible ! cria un homme au fond de la salle. Les Purs ne nous attaquent jamais.
  • Lohim a du se tromper, enfin ! renchérit une femme non loin de Kiaraan
  • Silence ! intima Arnen.

Il laissa passer quelques secondes, s’assurant que l’attention de tous lui était acquise. Il prit deux grandes inspirations et se pencha légèrement en avant, avant de reprendre la parole.

  • Sachez que j’ai personnellement interrogé Bazil et qu’il assure que Lohim est sincère. Il a examiné les blessures du garçon et confirme qu’il n’a pas pu se faire ça lui-même. Ce n’est ni une chute, ni une cause extérieure neutre qui a causé les profondes estafilades que nous avons tous vu. Il a donc bien été attaqué, et il me paraît improbable que ce soit un simple animal. Je suis donc obligé d’envisager que Lohim dit la vérité, et qu’il a été agressé par…
  • Mon fils a été agressé par un Lupus ! Dis-le, Arnen ! Nos voisins soi-disant pacifiques ! Ils ont failli tuer mon fils, reconnais-le ! Leur territoire est trop proche du nôtre, tu l’as toi-même dit au dernier Conseil !
  • Qu’il a été attaqué par un Human sous sa forme animale. Mais Lohim lui-même ne sait pas par quel animal précisément.
  • Allons, Arnen ! Les Lupus sont les seuls assez proches de nous pour être en mesure de nous attaquer ! Qui d’autre? Les Felids ? Ils ne descendent jamais de leurs hauteurs.
  • Pour le moment, rien ne me permet de savoir ce qui s’est passé.
  • C’est pourtant évident ! Vous n’êtes pas d’accord, vous autres ?
  • Kaya ! Non !

Un indescriptible fracas de voix retentit. Chacun y allait de son avis, le hurlant au milieu de la mêlée de cris. Kaya, la mère de Lohim, continuait à vitupérer contre Arnen qui se tenait coi, immobile, son regard fixé sans crainte sur elle. Il ne paraissait pas prendre garde à l’avalanche de reproches de Kaya. Seule Kiaraan décelait l’effort magistral qu’il s’infligeait pour garder cette froide maîtrise de sa personne.

Les deux autres membres du Conseil échangeaient des regards alarmés dans le dos d’Arnen. Ils ne savaient pas quoi faire, ne pouvant interrompre aucun des esprits échaudés qui projetaient leurs voix contre leur chef. On ne pouvait pas interrompre celui qui avait la parole, c’était la règle. Arnen seul aurait pu essayer d’apaiser l’indignation qui électrisait l’atmosphère, mais il n’en faisait rien, car plus personne ne l’écoutait.

La cohue augmentait, assourdissant les oreilles de Kiaraan. Plusieurs personnes s’étaient réfugiées le long des murs pour échapper aux empoignades et à la poussée de la foule vers l’avant. Quand un homme a l’air particulièrement belliqueux essaya de grimper sur l’estrade, les membres du Conseil se crurent perdus.

Un chant s’éleva alors, une voix pure et cristalline comme un ciel d’été. A peine plus audible qu’un murmure, sa puissance éclatait pourtant au sein même de chaque esprit exposé à son envoûtement, submergeant sans effort le tumulte. Peu à peu, le calme revint, et on vit fleurir sur les visages des sourires béats. Les yeux dans le vague, Kiaraan, comme tous les autres, écoutait la mélopée lente et chaude qui semblait provenir de l’intérieur même de son être. Rien n’aurait pu l’arracher à cet enchantement. C’était si beau que les larmes affleurèrent ses paupières. La voix avait complètement pris possession de sa volonté et irradiait son corps d’une bienheureuse et oublieuse plénitude.

Quand la voix se tut, il y eut un ballet de clignements de paupières et d’ébrouements de toutes parts. Certains s’appliquèrent des tapes plus ou moins fortes pour se sortir de la léthargie dans lequel les avait plongés le chant et regardaient autour d’eux, étonnés de se retrouver là. Arnen lui-même secouait la tête comme pour en chasser les dernières brumes. Une incroyable sensation de paix s’était imposée à tous.

Au beau milieu de la foule. Diorann tremblait encore de l’effort qu’elle venait de faire. Les personnes les plus proches d’elle paraissaient dormir debout. Immobiles, les paupières closes, une expression de béatitude proche de l’absurde figeait leurs visages.

Rougissant sous la multitude des regards braqués sur elle, la jeune fille cacha sa tête entre ses mains. Jamais encore elle n’avait fait un tel étalage de son pouvoir. Elle commençait tout juste son entraînement, mais s’en servir aujourd’hui avait été totalement spontané. Sa voix s’était déployée avec une force telle qu’elle en était elle-même enivrée.

Perdue dans cette grisante sensation de puissance, elle n’entendit même pas Arnen reprendre le fil de son discours. Elle ne revint à la réalité que lorsqu’une voix murmura à son oreille :

  • Dio. Reviens parmi nous, petite sœur, la secouait gentiment Kiaraan.

Celle-ci pressa un peu plus fort l’avant-bras de Diorann et lui sourit quand elle vit son regard s’éclaircir.

  • Tu es bien partie pour devenir ChantÂme, toi aussi, poursuivit Kiaraan.

La fierté qui baignait son regard ne suffisait pas à gommer la tristesse de sa voix. Jusqu’à sa disparition, leur mère avait été la ChantÂme de Long’Ombre, la plus aimée, la plus douée.

D’un même mouvement, leurs mains se joignirent et s’arrimèrent l’une à l’autre comme à un rocher au milieu de la mer.

Devant elles, Arnen continuait son discours.

  • … décidé de deux choses : la première, c’est que dorénavant, toute relation avec les Lupus, qu’elle soit commerciale, professionnelle ou personnelle, sera prohibée. Un couvre-feu sera également mis en place pour les jeunes. Ils devront être rentrés chez eux au coucher du soleil, sous peine d’être enfermés à résidence. Cela pour leur propre sécurité.

Il laissa tomber un regard soucieux sur ses nièces accotées l’une à l’autre en face de lui.

  • J’ai également décidé, pour faire toute la lumière sur cette triste histoire, d’envoyer un émissaire au clan des Lupus, mais aussi à tous les autres clans alentour. Je souhaite que l’un de nous aille observer, enquêter, interroger afin de découvrir toute la vérité sur la mésaventure de Lohim. Mais également sur les récentes et troublantes disparitions que nous avons eu à déplorer.

Au fond de la salle, quelqu’un étouffa une exclamation.

  • Lexa, et tous ceux qui ont disparu dans les trois derniers mois seront activement recherchés, continua Arnen. Et s’il s’avère que les Lupus sont responsables de tous les malheurs qui nous abîment, je vous promets, mes frères, la vengeance !

Des acclamations résonnèrent, louant le Conseil et conspuant le clan ennemi à parts égales.

Une dernière fois, Arnen leva la main pour réclamer le silence.

  • Une dernière chose avant de clore ce Conseil. Vous le savez, ce n’est pas, hélas, la première fois que l’un de nous disparaît. Cette fois, cependant, cela me touche particulièrement. J’ai longtemps hésité, mais nos règles sont claires, comme certains n’ont pas manqué de me le rappeler.

Il s’interrompit pour prendre une grande inspiration, et se racla la gorge avant de reprendre, les yeux fixés sur un point en hauteur, au dessus des regards.

Kiaraan sentit son cœur battre contre ses côtes, à lui faire mal. Une vague d’angoisse vint fourmiller jusqu'au bout de ses doigts, lui coupant la respiration et enserrant ses entrailles dans son étau glacé. Elle sentit la main de Diorann broyer la sienne.

  • Ma sœur Silène a disparu pendant une Mue depuis plus de six mois, maintenant.

Arnen fit signe à ses compères de s’avancer et s’appuya sur l’épaule de Vikash. Il l’empoigna avec une telle force que son acolyte ne put retenir une exclamation de douleur, mais ce fut avec une voix raffermie qu’il reprit :

  • Je déclare donc Silène Ursi officiellement disparue sans espoir de retour. Ses filles vivront avec moi jusqu’à leur entrée dans la vie d’adulte. Ceci est la fin du Conseil.

Les trois hommes descendirent alors de l’estrade et sortirent de la salle d’un pas lourd, sous les regards attristés de l’ensemble des citoyens.

Pendant quelques secondes régna un silence assourdissant. Diorann se mit à trembler. Comme guidées par une force supérieure, ses mains montèrent jusqu’à son visage et ses ongles se plantèrent dans ses joues sans même un tressaillement. Ses genoux cédèrent et elle s’effondra au sol. Maxel fut instantanément près d’elle. Il s’assura qu’elle ne s’était pas fait mal, et s’employa à la relever et à la soutenir pour la ramener chez elle.

Il tourna la tête, s’inquiétant de Kiaraan, et ce qu’il vit le fit blêmir.
Contrairement à sa sœur, Kiaraanrestait sans réaction. Les poings crispés, agitée de convulsions incoercibles, elle semblait incapable de faire un geste, ou même de parler.

Autour d’elle, les gens commençaient à s’apercevoir que quelque chose n’allait pas et s’éloignaient d’elle. Elle ne tourna même pas la tête, concentrée sur un unique point : le visage de sa sœur. Elle ne devait pas perdre le contrôle alors que Diorann était si proche d’elle. Elle ne devait pas blesser Diorann.

Au prix d’un immense effort, elle réussit à bouger ses bras. Elle parvint à grand peine à les enrouler autour de son torse. Elle était sur le point de perdre le contrôle. Elle ne parvenait plus à contenir l’incroyable puissance, l’instinct primaire irrépressible qui s’emparait d’elle.

Alors qu’elle écartait les bras pour se laisser submerger, Maxel hurla :

  • MUE !

Tandis que la foule paniquée s’enfuyait à grands renforts de cris et de bousculades, quelqu’un heurta Kiaraan de plein fouet. Les tremblements atteignaient leur paroxysme, la silhouette de la jeune fille devint floue et sembla grandir. Un grondement animal, primitif, jaillit de sa gorge tandis que plusieurs bras l’empoignaient et la portaient à l’extérieur. Ils l’avaient à peine lâchée qu’elle s’enfuyait déjà à toutes jambes vers la forêt, laissant derrière elle sa peau d’humane.

 

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Stella
Posté le 16/09/2019
Re coucou. Bon si je garde ma logique les lupus sont les loups. Des ours contre des loups cool ! Par contre pourquoi avoir choisi un mot pluriel pour les ours et singulier pour les loups ?
J'aime bien le concept de Chantame prometteur.
La fin de chapitre est pleine de suspence comme pour le précédent.
Je n'ai qu'une remarque. Le début de chapitre entre le transport du blessé et l'enchaînement de la discussion avec la tante n'a pas marché sur moi. La discussion est bien ce n'est qu'une histoire de placement. Comme Kiarran je n'ai pas vraiment compris pourquoi sa tante lui parlait de ça maintenant. Elles devraient être focalisée sur l'accident du puits non ? Ça s'aditionne  au fait qu'on a une attaque et que Kiaaran rentre chez elle entre temps.

Peccadilles
Une petite répétition de souffle
un genou en terre : un genou à terre
préparait un cataplasme ?. : double ponctuation
ses ongles traçaient des marques sanglantes dans ses paumes : je crois que ça fait répétition avec le premier chapitre.
*elle poussa la porte de la chambre de Maxel.
La mise en page est bizarre mais ce doit être à cause de la migration. 🤔
Des bisous étoilés
Gabhany
Posté le 16/09/2019
Coucou à nouveau Stella <3 merci beaucoup d'avoir poursuivi ta lecture, ça me fait chaud au cœur !
Heu alors pour tout te dire, Ursi au singulier et Lupus au pluriel ce n'est pas fait exprès, mais je devrais peut-être modifier ça tu as raison ! Je note pour la discussion entre K et sa tante, tu n'es pas la première et je modifierai surement le placement. En fait pour moi, Ilsa lui parle maintenant car l'attaque de Lohim lui a fait prendre conscience qu'elle peut perdre K à tout moment, elle ne veut pas laisser des non-dits entre elles.
Merci encore pour tes remarques <3 Plein de bisous
Stella
Posté le 16/09/2019
De rien de rien. Merci à toi pour ce super univers. J'ai médité la question du dialogue au boulot cette après-midi 😅. Tu peux peut-être ajouter une réplique avant la première :
"Tu sais, Kiaraan, ton oncle m’a révélé que tu ne te sentais pas chez toi ici."
Où sa tante lui dit qu'elle est rassuré qu'elle n'ait pas été blessée ou autre. Comme ça le dialogue ne démarre pas à froid sur leur relation sans avoir à le bouger.
Joke
Posté le 15/09/2019
Woaaa ton univers est vraiment d'une grande richesse. Le quarill, les noms des différents peuples, la Mue, leurs coutumes…

Pour l'instant certaines choses restent encore floues pour moi mais comme on sent que c'est voulu, ça passe bien, tu maîtrises bien l'implicite.

J'ai beaucoup aimé le moment avec la Chantâme. La relation entre Dio et Kia est très belle et tu y mets beaucoup de finesse.

On est aussi déstabilisés que Kia quand elle découvre sa soeur et son cousin!

La fin du chapitre est très très impressionnante (notamment le fait qu'il est dit qu'elle "laisse sa peau d'humane".

A très vite pour la suite!
Gabhany
Posté le 16/09/2019
Ooooh merci Joke, c'est gentil ! Je suis heureuse que ça t'ait plu <3 A bientôt, bises !
Luru
Posté le 02/09/2019
J'ai moins apprécié ce chapitre car la première partie est tirée en longueur et que l'intrigue reprends réellement vers la moitié. Tu t'attardes trop sur les émotions et ça ralentit la narration, du coup il n'y a pas grand chose qui se passe. Après c'est un avis subjectif, je te dis juste mon ressenti. Je sais que certaines personnes adorent quand on appuie beaucoup sur les sentiments. :p

Quelques dialogues sonnent faux ou plutôt me semblent peu réaliste. Ils ne sont pas très naturels. En relisant à voix haute, je pense que tu sauras les discerner et les rendre plus vivant.

Sinon, j'ai aimé la seconde partie où les événements devenaient enfin intéressants, la trame dramatique reprenait et encore une fois, le chapitre finit bien sur du suspense qui nous pousse à vouloir connaître la suite !
Gabhany
Posté le 02/09/2019
Hey Luru ! Alors de mon point de vue, si, plein de choses passent et se passent dans ce chapitre ;) penses-tu que les deux scènes du début (avec sa tante/avec sa sœur et son cousin) sont trop longues ou est-ce que c'est l'enchaînement des deux qui te donne cette sensation de longueur ?
TU aurais un exemple d'un dialogue qui te paraît irréaliste ?
Il faut que je précise aussi que je suis en pleines corrections de mes premiers chapitres et que celui-ci a subi pas mal de remaniements. La scène avec la tante est moins longue notamment =P
je suis contente si tu as quand même envie de lire la suite ! MErci de ta lecture !
Renarde
Posté le 31/07/2019
"Leurs angoisses, leurs failles communiaient enfin." J'aime beaucoup, c'est à la fois poétique et très clair. J'ai noté d'autres phrases du même acabit, avant de me rendre compte qu'il y en avait beaucoup. Tu as vraiment une très belle écriture ! Subtile et parlante.
Le concept de ChantÂme est génial ! Est-ce qu'il y a d'autres pouvoirs ? Est-ce que chacun a un don particulier ? Ce sont les questions que je me pose à ce niveau de l'histoire. 
Quant à la mue... Cela m'a l'air particulièrement violent ! Vivement le prochain chapitre ! 
 
Gabhany
Posté le 31/07/2019
Oh merci  de ton passage et de tes compliments Renarde <3 ALors oui il y a d'autres pouvoirs, mais ils ne sont pas présents chez tout le monde ^^ Oui la Mue est un phénomène qui peut être violent et déstabilisant 
Elga
Posté le 15/05/2019
Coucou!!
 Alors me revoilà mais je laisse un commentaire longtemps après avoir lu ton chapitre que je viens de reparcourir pour me rappeler ce que je voulais te dire.
J'aime beaucoup ce chapitre où on en apprend pas mal. Déjà je trouve le dialogue entre Kiaraan et sa tante très bien mené, tout en nuance alors que les sentiments n'étaient pas faciles à exprimer. Tu les abordes tout en finesse.
Je n'ai pas trop compris l'usage que tu fais de la première * étoile puisqu'en réalité, il ne me semble pas y avoir d'ellipse, tout se passe à la suite. ça m'a un peu bloqué au début, je croyais qu'on avait changé soit de perso soit de lieu ou de temps or ça se suit. C'est un détail.
Pour l'intervention de la mère de Lohim, j'ai été un peu déroutée par le fait qu'elle dise que son fils a été attaqué par un Human et que tu dises ensuite que c'est par un Lupus: dans ce cas, doit-on comprendre que les Humans se divisent en sortes de tribus dont les Lupus? J'ai peut-être loupé une info...
Et quelle fin! superbe! ça me donne envie de lire la suite!
BIsous
Gaëlle/Elga 
Gabhany
Posté le 15/05/2019
Hello Elgaëlle ! Merciiiii beaucoup pour tes commentaires qui ont illuminé une journée bien pourrie !! Je suis heureuse que tu aies aimé le chapitre et surtout que le dialogue entre Kiaraan et sa tante t'ait plu, c'est un rajout post relecture (merci Eulalie) donc je suis contente que ça fonctionne.
La première étoile c'était pour signifier un changement de lieu et de scène, mais en effet elle est peut-être superflue. Merci de la remarque.
Et pour l'intervention de Kaya, eh bien tu as compris quelque chose d'essentiel, en effet les Ursi et les Lupus sont tous des Humans, mais de tribus différentes !
Bisous et merci encore pour ta lecture !
Gab 
Eulalie
Posté le 06/05/2019
Salut Gab,
 j'adore ce changement au début de ton chapitre 2 ! J'ai eu beaucoup de plaisir à plonger plus étroitement dans la relation de Kiaraan à sa tante. Le passage me semble très doux et authentique. Ma frustration est satisfaite ;-)
J'ai relevé deux éléments qui me paraissent en décalage :
- dans le dialogue, tes personnages utilisent des tournures de phrases littéraires, des incises,des éléments qui relèvent du style soutenu. Et en même temps, elles disent "ça" au lieu de "cela" et "pour m'enfonçer" qui ne me semblent pas appartenir au genre.
- tu écris : "Ses pupilles humides et repentantes trahissaient sa sincérité." Je pense que ton choix de mots n'est pas des plus heureux ici. Je suis confuse de voir la sincérité trahie par des yeux sincères.
Gabhany
Posté le 06/05/2019
Hello Eulalie !
Ah je suis heureuse que ce passage te plaise ;)
- En effet, ça ne va pas, j'ai modifié les "ça" en "cela", et il faut que je trouve un autre tournure pour "m'enfonçer"
- Déjà en l'écrivant, cette phrase, je sentais que quelque chose n'allait pas. Pour toi "repentantes" signifie forcément "sincère" ? J'ai modifié du coup en "Le repentir dans ses prunelles paraissait sincère". QU'en penses-tu ? 
Eulalie
Posté le 02/04/2019
Holala Gab', j'en suis retournée ! Quel chapitre.
J'aime toujours autant ta façon de décrire les émotions. J'admire particulièrement ta façon de passer d'un personnage à l'autre dans ta narration. C'est fluide et clair et ça ne me laisse pas sur ma faim. 
Ce huis clos de la salle du Conseil, un peu opressant par moment, respirait le Clan au sens le plus primitif du terme. Bravo !
J'étais toute bouleversée de lire les émotions de Diorann et Kiaraan au sujet de leur mère. Celle d'Arnen, lourde et refoulée, qui me laisse imaginer une blessure toute aussi profonde. 
A la deuxième lecture, la scène entre Kiaraan et sa tante me semble mériter un peu plus d'étoffe. Quelques détails plus profonds sur leur relation. J'ai l'impression qu'elles ont du mal à tisser du lien, est-ce le cas ?
Je trouve la relation entre Diorann et Maxel assez bien amenée (voir plus bas pour les détails) et abordée très simplement. 
Je retrouve dans ta façon d'écrire la volonté d'un vocabulaire riche. C'est un trait qui nous unit :-). Certain choix de mots me troublent pourtant.
J'en viens donc à la partie "forme" de mon commentaire :
1- Quand Kiaraan revint chez son oncle, après l’ours, celui-ci était déjà parti =>j'ai cru que tu parlais de l'ours, j'ai ensuite compris que c'était l'oncle.
2- Sa tante Ilsa n’eut pas un regard pour les seaux vides qu’elle ramenait, elle la prit dans ses bras => un point au lieu d'une virgule donnerait plus de respiration à cette scène qui aspire au calme.
3- une étreinte à lui briser le cœur => le coeur ou les côtes ? Briser le coeur est une expression assez consacrée à l'expression d'un sentiment violent...
4- serra contre elle [...]. Kiaraan serrait => répétition
5- Kiaraan serrait les poings tellement fort que ses ongles avaient tracé => J'ai un souci avec la concordance des temps ici. Soit elle serrait encore les poings au moment où elle rentre et donc ses ongles traçaient, soit elle avait serré les poings et ses ongles avaient tracé. Qu'en penses-tu ?
6- des arcs sanglants dans ses paumes => je pense trop à une arme pour réussir à voir autre chose dans ces "arcs sanglants", est-ce que "marque" pourrait suffire ?
7- sa tante la fit s’asseoir => pour moi le "s'" est de trop.
8- L’angoisse latente qui enserrait Kiaraan => "latente" implique que l'angoisse existe mais n'est pas perceptible. Il me semble que ce n'est pas le cas et qu'elle est au contraire manifeste.
9- Le manque et la panique de l’une, l’angoisse de l’avenir de l’autre, leurs failles communiaient enfin. => Cette phrase n'est pas complètement claire à la première lecture. Je comprends que tu parles des personnalités des deux femmes et du fait que leurs émotions se rejoignent, mais il m'a fallu relire la phrase pour cela. Et je reste un peu sur ma faim, j'ai envie d'en savoir plus sur la personnalité de sa tante et sur sa relation avec Kiaraan qui à l'air un peu distante.
10- Quand elles se séparèrent, Ilsa garda les mains => j'ai l'impression d'une contradiction : elles se séparent ou elles gardent leurs mains jointes ?
11- w22; => Tu as un souci avec la typo des dialogues quand tu publies sur FPA. Est-ce que tu connais un peu le langage html ?
12- grâce au ciel => c'est une expression très chrétienne qui me fait bizarre dans ton histoire. A qui rendent-ils grâce, à la Mère ?
13- Elle délaissa un instant => elle s'en va juste après, c'est pas un instant, c'est qu'elle s'arrête tout court non ?
14- son ouvrage => pour moi ce mot est lié à la fabrication minutieuse (couture, reliure, assemblage de petites pièces mécaniques) et ne convient pas au soin.
15- Kiaraan empoigna le plateau en grimaçant => elle est censée ne pas bouger les mains non ?
16- Elle poussa du pied la porte de droite, la sienne => tu viens de dire qu’il y a deux portes à droite, je trouve cette indication topographique maladroite.
17- Aïe. => pourquoi aïe ? Elle est blessée ? Elle craint quelque chose ? Pourquoi ce retour à la ligne ensuite ?
18- ressortit illico => ce mot est familier et me semble dénoter dans ton style.
19- insouciant jusqu’à la douleur. => pas clair. Veux-tu dire qu’ils ne se soucient de rien, pas même de la douleur ? Ou que seule la douleur pourrait les faire se soucier de quelque chose ?
20- les bras ballants mais les poings crispés, => j’ai essayé, je n’y arrive pas. Les bras ballants (donc assez souples pour pouvoir se balancer) et les poings crispés ça ne me paraît pas anatomique. 21- son corps suintait le défi et l’embarras => beurk, avec tout ces trucs bizarre que fait la nature dans ton roman, j’ai vraiment cru que son corps suintait...
22- Tu n’aurais pas du entrer ! => dû
23- dans la relation qu’entretenaient sa sœur et Maxel => "relation" au singulier et "entretenaient" ensuite donne vraiment l’impression que la relation amoureuse les unissait depuis longtemps. Puis-je suggérer "les relations entre" ?
24- Pour autant, dans ce cas précis, pour Kiaraan, => répétition
25- Pour autant, dans ce cas précis, pour Kiaraan, l’explication était simple. => cette phrase est trop hachée à mon goût.
26- aux pensées de sa sœur. ce n’est pas… => majuscule
27- Kiaraan s’efforça de faire taire ce sentiment maternel plutôt que sororal qui s’indignait => je trouve la tournure un peu lourde. Puis-je suggérer "ce sentiment plus maternel que sororal" ?
28- tout de même d’avoir => double espace
29- A => accent
30- que sa sœur se soit => "ne se soit" permettrait de casser l’allitération sifflante
31- pour oublier, pour le réconfort => la deuxième partie de cette phrase est un peu longue pour moi, j’ai besoin d’une pause quelque part.
32- sous ses jacassements => je ne suis pas sûre qu’il s’agit ici de jacassement (ça agace les jacassements).
33- Il n’en aurait pas été ainsi si elle n’avait pas été sincère. => le "si si" manque de musicalité
34- qu’il lui restait. => qu’il lui restait ou qui lui restait ?
35- il sembla se ratatiner jusqu’à ce que => virgule après ratatiner ?
36- La quasi-totalité du village était présente, et le bourdonnement des conversations semblait tournoyer comme un frelon autour du même sujet. => je vois un problème de syntaxe ici. J’aime ta métaphore du frelon mais peut-être faudrait-il la mettre entre virgules ou alors l’étoffer un peu (exemple : tournoyer autour du même sujet comme un frelon résolu à piquer)
37- A la cacophonie => accent
38- la cacophonie ambiante => cet adjectif me fait bizarre pour une cacophonie. Pour moi l’ambiance c’est uniforme et la cacophonie ne l’est pas.
39- répondaient les cris de joie => je ne sais pas si on peut répondre à une cacophonie : ne serait-ce pas juste ajouter à la cacophonie ?
40- l’ambiance était tendue, les conversations s’effilochant aussitôt amorcées. => un point plutôt qu’une virgule ?
41- à des profondeurs abyssales jusqu’à son utilisation => virgule entre abyssales et jusqu’à ? J’aime bien la façon dont tu amènes le quarill en glissant de Diorann aux murs, des murs au quarill et du quarill à Diorann de nouveau.
42- Le quarill servait aussi bien à la construction => pour moi il faudrait préciser "de bâtiments"
43- Les mères en étaient réduites à suivre leurs enfants à la trace dans la salle. => je n’aime pas trop ce terme de "réduites", après tout elles pourraient choisir de garder leurs enfants à la main ou dans leur bras. J’ai l’impression qu’elles sont assujetties aux désirs de leurs enfants. Et ça les empêche de participer aux conversations en plus non ?
44- Deux autres personnes => pourquoi ne pas nous dire qui ? Vikash doit être l’un des deux non?45- en retrait du premier. => "du premier" est une précision inutile pour moi. Et elle est un peu confondante dans sa désignation d’Arnen.
46- Une petite femme aux cheveux noirs, qui se tordait les mains => virgule superflue
47- ce qui a pu nous arriver à tous => aurait ? Ils n’ont pas tous vécu une Mue si ?
48- Silence ! aboya Arnen. => "aboya" suggère qu’il est fâché. Je pensais qu’il était plus préoccupé qu’en colère.
49- j’ai personnellement interrogé Tiernan => Bazil
50- Il ne paraissait pas prendre garde à l’avalanche de reproches de Kaya. => "prendre garde" c’est pour un danger. Peut-être "s’intéresser" ou "écouter" ?
51- Seule Kiaraan décelait l’effort magistral qu’il s’infligeait pour garder cette froide maîtrise de sa personne. => j’aime cette plongée dans la personnalité d’Arnen.
52- A peine plus audible => accent
53- Tu es bien partie pour devenir ChantÂme, toi aussi, poursuivit Kiaraan. => deux espaces. Je suis de plus en plus intriguée par la magie que pratique les Humans. Et j’ai adoré ce retournement de situation. Mais pourquoi Arnen ne faisait-il rien ? Il a l’air d’un homme modéré, pourquoi laisser la situation s’envenimer au point d’avoir recours à une ChantÂme ? J’ai l’impression que c’était un moyen pour toi d’introduite le pouvoir de Diorann mais je ne suis pas sûre que ce soit complètement subtil.
54- Cette fois, cependant, me touche particulièrement. => j’aurais ajouté "cela" avant "me" pour plus de clarté ?
55- Ses filles vivront avec moi => deux espaces
56- ce qu’il vit le fit blêmir. Contrairement => deux espaces
Voilà, c’est la fin de ma tartine. Je ne suis pas très sûre d’avoir été exhaustive, surtout sur la fin car j’étais prise par le rythme et le suspens du récit. J’ai fait de mon mieux. Merci pour cette évasion dans ton monde. Je serais au rendez-vous pour la suite.
Eulalie
Gabhany
Posté le 02/04/2019
Hello Eulalie !
Merci beaucoup d'être passée lire ce chapitre si vite, ça me fait plaisir !
AU sujet de la scène entre Kiaraan et Ilsa, oui elle mériterait d'être un peu plus fouillée, au moment où je l'ai écrite le personnage d'Ilsa n'était pas encore bien clair pour moi, j'y ai réfléchi et je vais essayer de modifier ça.
Je vais répondre à tes autres remarques par mail ça sera plus pratique ;)
MErci encore de ta lecture ! 
Aliceetlescrayons
Posté le 07/04/2019
Hello!
alors j’ai beaucoup aimé les développements des rapports entre les membres de la famille de Kiaraan. On est de plus en plus impliquée dans son histoire intime et c’est passionnant.
Par contre, j’ai été un peu frustrée par le début du chapitre. Je m’explique : au chapitre précédent, on a un ours qui ravage tout sur son passage et qui se retransforme en jeune homme. Méga suspens. Et au début de ce chapitre... Ben, Kiaraan rentre chez elle. J’avoue que j’ai manqué d’explications sur ce qui s’est passé entre les deux scènes :D 
De la même façon, le conseil m’a un peu étonnée, dans le sens où j’ai eu l’impression d’arriver au milieu d’un conflit politique (avec les Lupus) déjà bien établi, sans avoir toutes les infos.
Ceci étant, il ne me manque qu’un peu d’explications et mes réflexions n’enlèvent rien au fait que ton histoire est originale et super intéressante ^^ 
Gabhany
Posté le 07/04/2019
Hello Alice !
Merci beaucoup d'être passée !! C'est vrai que vu comme ça, ça doit être assez frustrant ^^ c'est une réflexion intéressante que tu soulèves par rapport à la fin du chap 1, il va falloir que je réfléchisse à comment donner un peu plus d'infos sans trop en dire non plus =D
Merci beaucoup pour ton commentaire, je suis heureuse que ça te plaise :)
A bientôt 
 
GueuleDeLoup
Posté le 19/06/2019
Hello Gaby (si je peux me permettre ^^ )
J'ai lu la suite hier, sans avoir le temps de commenter. Alors on comprend pas mal de choses sur ton univers dans ce chapitre, la mise en place est pas mal. 
Cependant j'ai trouvé que quelques éléments étaient un peu flous:
- L'arrivée de la mêlée me parait un peu rapide, du coup ça semble un peu artificilel.
De plus on aimerai comprendre un peu mieux le contexte général: sont-il dans un pays (tu évoques une capitale) ou bien est-ce un petit village isolé (il y a un conseil qui a l'air de prendre les décisions? du coup, on ne comprend pas bien si les lupus font partie mu même pays ou pas vraiment.
Bref, je pense que si toutes ces réponses apparaissent dans le ou les chapitres qui suivent ce n'est pas un soucis, je dis juste les choses comme elle me veinnent.
j'ai aussi un problème avec la corrégraphie de clignements de paupières. Avec le recul, je trouve que la phrase est très jolie, mais à la première lecture, j'ai trouvé ça très bizarre et ça m'a sortie de ma lecture.
Un remarque également à propos de la "voix qui s'élève" dquand la soeur de Kiaraan commence à chanter. A ta place je mettrai "un chant qui s'élève" car à la lecture je croyais que la voix disait quelque chose et je ne comprenais pas pourquoi tu ne nous disais pas quoi.
Voilà pour le petites remarques, je m'en vais lire la suite tranquillounettement :*
 
Gabhany
Posté le 19/06/2019
Hello Loup (je me permets ;) )
Merci beaucoup pour ta lecture attentive et ton commentaire !
Je vais revoir le passage de la mêlée. Alors pour le contexte général, c'est une question que je me suis beaucoup posée, à savoir comment donner les infos nécéssaires sans faire un pavé. En fait tes deux hypothèses sont justes car Cildara est un pays/continent, je ne sais pas bien encore, mais comme je le dis dans mon résumé, les Clans sont rassemblés en villages isolés les uns des autres. Les lupus sont dans le même pays mais leur village est éloigné de celui des Ursi. Je veux bien des idées pour clarifier tout ça si tu en as ;)
POur la chorégraphie, en relisant moi-même je me suis demandé ce qui m'avait pris ^^ et j'ai corrigé la phrase à propos du chant ;)
Merci encore pour ta lecture <3 
Makara
Posté le 04/05/2019
Recoucou Gabhany :)
Me revoilà pour la lecture du chapitre 2. C'est toujours aussi bien et toujours bien écrit :)
Cette fois-ci j'ai quelques remarques :
J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de personnages dans ce deuxième chapitre et qu'il était un poil long. Je m'interroge sur la scène entre les cousins, est-elle vraiment nécessaire dans le chapitre 2 ? Tu pourrais peut-être la mettre plus tard ? Car j'ai trouvé que cette scène ralentissait un peu le récit. 
Je pense qu'il faut aussi que tu retravailles le passage du conseil, il reste un peu confus : trop de choses s'y passe. 
La soeur ne peut-elle pas faire son chant avant dans le chapitre ? A la rigueur au moment des embrassades ??? :p Je sais que cela n'aura pas la même ampleur mais, je pense qu'il te faut davantage dilluer sur tout le chapitre ces évènements. Tu vois ce que je veux dire ? Pour qu'on puisse les assimiler petit à petit.
Même si je dis qu'il se passe beaucoup de choses, ce sont des éléments qui m'intriguent énormément ! Je perçois l'ampleur de ton monde et cela me plait ^^ J'ai hâte d'en savoir plus sur la mue, les humans, les lupus, les pures :D
Remarques et coquillettes :
Ce fut la main qu'Ilsa posa sur la sienne, à ce moment précis, qui emporta son pardon. => J'adore
Elle avait craint que sa sœur ne se soit engouffrée tête baissée dans cette relation pour le réconfort procuré par une paire de bras aimants drapés autour de sa peine. => J'adore encore plus <3
et le bourdonnement des conversations semblait tournoyer autour du même suje(t) comme un frelon agressif.
<br />Comme tous ses camarades, Kiaraan était douloureusement consciente que c'était l'un des leurs. => un peu maladroit, je propose : qu'il s'agissait d'un garçon de son âge
Parmi tous ces couples, nombreux seraient ceux qui demanderaient l'appariage dans les jours à venir, => qu'est-ce que c'est un appariage ?
Des larmes qu'elle ne paraissait pas sentir coulaient sur ses joues creuses et pâles.  => Il manque des virgules, très chère !=> Des larmes, qu'elle ne paraissait pas sentir, coulaient...
mais (n)os règles sont claires, comme certains n'ont pas manqué de me le rappeler.
 Voili voilou, à bientôt pour la suite ma petite gabhany <3
Gabhany
Posté le 04/05/2019
Hey Makara ! 
Merci ppur ton commentaire !  
J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de personnages dans ce deuxième chapitre et qu'il était un poil long. Je m'interroge sur la scène entre les cousins, est-elle vraiment nécessaire dans le chapitre 2 ? Tu pourrais peut-être la mettre plus tard ? Car j'ai trouvé que cette scène ralentissait un peu le récit. > Elle n'est pas nécéssaire mais je voulais quelques scènes pour qu'on découvre la famille de Kiaraan. Je vais réfléchir à un autre moment dans le récit où je pourrais la placer.
 
Je pense qu'il faut aussi que tu retravailles le passage du conseil, il reste un peu confus : trop de choses s'y passe. 
La soeur ne peut-elle pas faire son chant avant dans le chapitre ? A la rigueur au moment des embrassades ??? :p Je sais que cela n'aura pas la même ampleur mais, je pense qu'il te faut davantage dilluer sur tout le chapitre ces évènements. Tu vois ce que je veux dire ? Pour qu'on puisse les assimiler petit à petit > La scène où Diorann chante est importante car elle permet de calmer les choses pendant le conseil, si je la déplace plus tôt dans le récit ça n'aura pas le même sens puisqu'on découvre son pouvoir. Je vais revoir le rythme de ce chapitre tout de même. A la limite je pourrais déplacer la scène entre Maxel et Diorann, à voir.
Comme tous ses camarades, Kiaraan était douloureusement consciente que c'était l'un des leurs. => un peu maladroit, je propose : qu'il s'agissait d'un garçon de son âge > c'est ce que je veux dire par 'l'un des leurs"
 Parmi tous ces couples, nombreux seraient ceux qui demanderaient l'appariage dans les jours à venir, => qu'est-ce que c'est un appariage ? > ça sera expliqué dans un prochain chapitre, mais en gros c'est le mariage chez les Humans.
 Des larmes qu'elle ne paraissait pas sentir coulaient sur ses joues creuses et pâles.  => Il manque des virgules, très chère !=> Des larmes, qu'elle ne paraissait pas sentir, coulaient...> en effet ça manquait de rythme !
Merci très chère pour toutes tes remarques précieuses et constructives !
A bientôt ! <3 
Makara
Posté le 07/09/2019
Re-coucou bichette :)
Alors je viens de relire et je trouve que c'est une bonne réécriture ! Toujours peut-être un peu longue mais cela nous permet de bien comprendre le monde de kiarann. Tu as rajouté des details au niveau des habits, et du fonctionnement de la société, non ? Je ne sais pas si tu as beaucoup retravaillé la scene du conseil mais je l'ai trouvé très bien menée et je n'ai pas eu cette impression de longueur comme lors de ma première lecture !
Bref, j'ai l'impression en fin de lecture que tu sais mieux où tu vas et que l'intrigue se dessine donc ça c'est top ! Bizous
Gabhany
Posté le 08/09/2019
Coucou <3 aaaah je suis contente de lire ça !! Oui j'ai rajouté quelques éléments sur le fonctionnement de leur société et de leurs vêtements. la scène du conseil par contre je n'y ai pas retouché ^^ je suis heureuse que vos commentaires à tous m'aient permis d'améliorer le texte <3
Liné
Posté le 22/06/2019
Hello again !
Décidément, elle a du rythme cette histoire :-D 
Et puis tu oses des thèmes transgressifs en les abordant (pour le moment du moins) avec un point de vue très ouvert : un inceste entre cousins qui puisse être toléré, je demande à voir où tu nous emmènes avec ça !
La notion de pouvoirs est également très intriguante, et je ne te pose pas plus de questions maintenant car je me doute qu'on en saura plus par la suite ;-)
Côté gestion d'informations, entre ce chapitre et le premier, pas de souci ! Tu introduis la notion de mue, de pouvoir, de clans... et tout est parfaitement compréhensible, avec du mystère, de l'intrigue, etc. Je ne regrette qu'une petite chose : que les personnages secondaires ne soient pas plus "raccordés" à l'histoire principale. Dans le début du 2e chapitre, l'échange/le pardon entre Kiaraan et sa tante ne m'a je crois pas autant touchée que cela aurait pu, car je n'ai pas suffisamment d'éléments de contexte (sur la tante notamment). Comme le pardon et les raisons du pardon arrivent en même temps, autour d'un personnage que je ne connais pas plus que cela, je ne me suis pas identifiée pleinement à ce que ressentait Kiaraan.
Ah et puis, un peu dans le même ordre d'idée : il s'agit peut-être d'une inattention de ma part mais... hormis le titre et le résumé, est-ce que dans ces deux premiers chapitres tu évoques clairement que Kiaraan et son entourage sont des Human(e)s ? J'ai eu un doute en lisant la dernière phrase du chapitre 2 (?). 
Dans le détail, quelques petites coquilles de rien du tout :
autour du même suje -> sujet<br />
voire même des javelots de bois -> c'est tombé dans le langage courant, mais de base "voire même" est un pléonasme je crois ^^<br />
"les profondes estafilades que nous avons tous vu" -> vues<br />
"Quand un homme a l’air" -> à
A très vite pour la suite !
Liné
Gabhany
Posté le 22/06/2019
Hello Liné :)
Merciii d'être repassée lire la suite ! Oui les deux premiers chapitres sont assez rythmés, enfin j'espère, il se passe pas mal de choses pour accrocher le lecteur !
Ah je suis contente que tu me fasses cette remarque sur la relation Diorann/Maxel, j'ai beaucoup hesité car même si dans ma tête je les vois ensemble, je ne veux pas "choquer". Il faut que je réfléchisse à la façon dont je vais faire évoluer cette relation. Est-ce qu'un chapitre qui traite plus en détail de la façon dont leur liaison est perçue et également de la relation Kiaraan/Ilsa et le reste de la famille te paraîtrait intéressant ? Je vois ce que tu veux dire par rapport à la scène Kiaraan/Ilsa, en fait je l'ai rajoutée suite à la suggestion d'une autre de mes lectrices de donner plus de contexte justement, notamment familial ^^ je vais voir comment je peux retravailler ce passage, peut-être en montrant juste dans le 2e chap leur différend, et le pardon viendrait plus tard, qu'en penses-tu ?
Hum oui je crois qu'il y a une phrase dans le 2e chap qui dit clairement qu'ils sont des Humans... mais tu me mets le doute, je vais vérifier ^^
Merci encore pour ta lecture <3
A bientôt ! 
Vagabonde
Posté le 12/04/2019
Bonjour Gabhany! 
Super ce premier chapitre! L'univers est très bien décrit et on se pose plein de questions qui donnent envie de lire la suite; qu'est-ce que la mue? qu'est-il arrivé aux disparues?
J'adore la phrase "Vikash promenait ses habits recherchés et son sourire suffisant partout dans le village", résumer et faire visualiser un personnage en une phrase c'est très très fort !
Chapitre 2: haaa l'histoire d'amour impossible qui, plutôt que de se conformer à (une partie) de la société, se laisse une chance; je dis oui oui oui! 
Et le chapitre 2, riche en action, maintenant j'ai envie de savoir en quoi elle s'est transformée ! ;) 
Gabhany
Posté le 12/04/2019
Hello Vagabonde !
Merci beaucoup de ton passage !! et merci pour tes remarques super positives, ça me fait chaud au coeur ! Je suis heureuse que ça t'ait plu :) A bientôt pour la suite alors ;) 
Arabella
Posté le 02/07/2019
Recoucou (ce fut bref héhé) : obligée de lire le 2ème chapitre !
 
La 1ère partie est vraiment très intense avec sa tante : on sent qu’il y a beaucoup de peur, de crainte, de souffrance. On sent que ce n’est pas un village où il faut bon vivre ahah.
 
Je trouve que l’univers a l’air toujours très intéressant : les chant’âmes, la mue, les Purs. On est un peu frustrés de ne pas en savoir plus, mais j’ai hâte hâte hâte de comprendre cet univers.
 
Je t’avoue que le côté relation amoureuse entre cousins me perturbe un peu. Est-ce autorisé parce qu’ils sont peu nombreux ? Je trouve que Kiaraan le prend vraiment très très bien ! je suis pas sûre que je ferais de même !
 
Ton écriture est très fluide et agréable, tu nous plonges dans l’univers et des le débuts l’intrigue est posée. J’aime bien, ainsi on sait qu’on avance, qu’il y a un vrai déroulé de l’histoire. On progresse, on sait que tu sais où tu vas et c’est agréable !
Gabhany
Posté le 02/07/2019
Recoucou Arabella i 
Non tu as raison, parfois il ne fait pas bon vivre à Long'Ombre, l'ambiance peut y être lourde, mais il s'y passe aussi de jolies choses ;)
Alors la relation DIorann/Maxel m'a fait beaucoup hésiter je t'avoue... tu as raison, c'est toléré parce qu'ils sont peu nombreux et  qu'à cause de la Mue, ils évitent d'empêcher des relations sincères.
Merciii beaucoup encore une fois pour ta lecture et tes compliments <3  
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