Chapitre 2 - narrateur 3

   Mon casque vissé sur les oreilles, je marche vers la salle d'entraînement. Ma mère m'y attend, probablement déjà en train de s'échauffer. Même pendant les vacances, nous gardons le rythme d'un entraînement quotidien. Je ne m'en plains pas, c'est mon moment préféré de la journée. Je m'entraîne même le jour de mon anniversaire.

   Je traverse le long couloir de notre appartement, puis descends les sept étages de l’immeuble en courant avant de traverser la cour pour rejoindre le bâtiment d'en face qui appartient à mes parents et que nous avons toujours appelé la salle d'entraînement. Comme prévu, j'y trouve ma mère avec un bâton de combat en main. Il ne s’agit pas de son arme favorite, son chouchou est un sabre qui me donne froid dans le dos, mais elle aime varier pour que je puisse pratiquer contre différents types d'armes. « Ne pense jamais tout savoir de ton ennemi », me répète-elle souvent. Ses leçons morales s’avèrent aussi importantes que ses leçons physiques. Sans elles, je ne serais pas celui que je suis aujourd'hui.

   Je salue ma mère silencieusement, pose mon casque dans un coin et saisis mon arme, celle que j'ai choisie et qui est devenue mon arme de prédilection : un nunchaku aux manches en cuir noir qui commence à s'user, mais qui est toujours en état, surtout lorsqu'il se trouve entre mes mains. J'enlève mes chaussures et viens me placer en face de ma mère sur le tapis. Nous nous saluons les mains jointes, puis nous mettons en position de combat.

   Je la laisse prendre le dessus pendant les premières minutes, ou en tout cas je lui en laisse l'impression, puis d'une seule main, alors qu'elle me maintient le bras gauche contre la poitrine, j'enroule mon nunchaku autour de son bâton et lui arrache des mains. Le bâton est projeté contre la porte d'entrée juste au moment où elle s'ouvre. Ma mère et moi nous tournons tous les deux vers les cris.

   - Aïe ! Ah ! C'est pas possible ! Je ne suis même pas rentré !, s'écrit un homme en anglais.

   Il se tient dans l'embrasure de la porte et se frotte l'épaule gauche en grognant. Le bruit du bâton qui tombe sur le sol résonne dans toute la pièce. Ma mère s'approche de la porte d’un pas résolu.

   - Qui êtes-vous ?, lui demande-t-elle en adoptant elle aussi l'anglais.

   - Vous avez une drôle de manière d'accueillir les gens. Paul Carson. Je suis là pour voir votre fils, lui répond-t-il en regardant dans ma direction par-dessus l'épaule de ma mère.

   Elle n'a pas l'air d’être très surprise. J'ai l'impression qu'elle a reconnu le nom. Moi, ça ne me dit rien. Elle s'excuse pour l’attaque involontaire et invite l'homme à attendre quelques instants que nous prenions nos affaires pour remonter à l'appartement.

   Mes parents m'ont toujours appris à me méfier de quiconque et, mon nunchaku en main, je garde un œil sur le type pendant que ma mère remet ses chaussures et range son bâton. Elle me rassure en me disant qu'il ne nous veut rien de mal et me demande de poser mon arme. Je m'exécute et rassemble mes affaires. Elle ferme la porte derrière nous et nous partons vers l'appartement. Le trajet me paraît bien plus long qu'il ne l'est. Personne ne parle et je sens une sorte de tension s'échapper de notre visiteur imprévu. Je remarque qu'il boite légèrement. Il grimace en montant les escaliers et nous ralentissons pour ne pas le laisser derrière. Ma mère quant à elle paraît bien calme.

   Après ce qui me semble être une éternité, nous entrons dans l'appartement et ma mère prend enfin la parole. Elle demande à l'étranger s'il veut du thé. Ce dernier accepte et lui et moi prenons place dans le salon tandis qu'elle va dans la cuisine. Je scrute le type sans savoir quoi lui dire. Il prend la parole le premier.

   - Tu n'as pas à te méfier de moi, Yi. Je ne te veux aucun mal.

   - Comment connaissez-vous mon prénom ?

   - Je connais ta mère et je connais votre histoire. Et ton destin. Je suis de la génération de ta mère.

   Tout s'explique. Surtout l’absence de surprise de la part de ma mère. Cet homme est venu me chercher. C'est l'heure, c'est ce pourquoi je me suis entraîné toute ma vie. Et je suis prêt. Prêt à aller sauver le monde.

   L'Assemblée existe depuis des siècles, depuis toujours d'après ce que j'en ai entendu. Dans ma famille, l’histoire est importante et m'a été transmise dès mon plus jeune âge. Mon grand-père me racontait leurs exploits le soir pour m'endormir, puis ma mère a pris le relai en se chargeant de mon entraînement. Tous les jours, nous pratiquons des techniques de combat pendant deux heures. Parfois mon père se joint à nous. Cependant, lorsqu'il s'agit de pratiquer mon pouvoir, seule ma mère reste à mes côtés. Tout comme elle et comme son père avant elle, je maîtrise le feu, un élément fort et sacré, qui peut faire toute la différence face à un ennemi.

   Ce pouvoir s'est manifesté alors que j'avais quatorze ans. Dans la cour du collège, un autre élève s’amusait à me provoquer. Il savait que je pratiquais les arts martiaux et voulait tester mes capacités. J'étais encore petit à l'époque, mais déjà très souple. Les poings serrés, je restais en face de lui sans lui répondre. Mes parents m'avaient rappelé plus d'une fois que je ne devais pas me battre à l'école et je n'avais pas envie de les décevoir. Je me retenais et je sentais mon sang bouillir à travers tout mon corps. L'autre se tenait juste devant moi, ses pieds presque collés aux miens. Plus grand, il me regardait d'en haut et je fixais sa poitrine. Et c'est là que c'est arrivé. Alors que j’avais les yeux figés sur son torse, sa chemise a pris feu. D'un seul coup, le tissu est parti en flammes et l'autre a commencé à courir dans tous les sens en hurlant. Je ne sais pas s'il a raconté à qui que ce soit ce qui s'était passé, mais en tout cas il ne m'a plus jamais provoqué après cela. Depuis ce jour, ma mère m'enseigne l'art de maîtriser le feu et je pense qu'aujourd'hui je suis en pleine possession de ce pouvoir. Bien sûr, je l'utilise toujours avec précaution. Je n'ai jamais mis le feu à l'école.

   Alors comme ça, ce Paul Carson est là pour me voir. Aurait-il besoin de moi ? Chercherait-il à nous réunir ? Est-ce que les démons reprennent du pouvoir ? J'ai une tonne de questions à lui poser. Je m’apprête à ouvrir la bouche lorsque ma mère revient dans la pièce et je sais pertinemment qu'elle va vouloir lui parler avant que je le fasse. Elle sert le thé.

   - Paul, pourquoi êtes-vous venu voir mon fils ?

   - J'ai besoin de lui. Ou plutôt, le monde a besoin de lui.

   Elle ne répond pas et se contente lui adresser un signe de tête pour l'encourager à continuer. Il a l'air rassuré qu'elle aille dans son sens.

   - Des démons sont en train de se regrouper. Ils sont déjà nombreux, on s'en est rendu compte trop tard. On ne sait pas où ils sont mais on sait ce qu'ils veulent : en bref, se venger et détruire le monde. L'Assemblée doit se réunir pour agir. J'ai été contacté par la Voix et j'ai ordre de réunir nos enfants.

   - Pourquoi êtes-vous seul ? Où sont les autres ?, lui demande ma mère.

   - Yi est le premier que je viens chercher. Je sais où sont les autres. J'ai commencé ici parce que j'ai vu que Yi connaissait son destin et j'ai donc pensé que la tâche serait plus simple. Malheureusement, tous les parents n'ont pas fait les mêmes choix que vous.

   - Et votre enfant ?, je lui demande subitement, me rendant compte trop tard de mon manque de tact.

   - J'ai perdu ma fille. Je pense que c'est pour cette raison que j'ai été choisi par la Voix. Je suis le seul de notre génération à n'avoir aucune attache. Je peux m'occuper des jeunes. Les aider, les former, les guider.

   Ma mère regarde Paul Carson très attentivement. Je vois qu'elle réfléchit, je ne sais pas ce qu'elle pense, mais je sais qu'elle ne refusera pas que je parte. Je crois apercevoir de la compassion dans son regard, puis une détermination sans faille.

   - Mon fils sait tout ce qu'il doit savoir. Il est prêt.

   Paul Carson lui sourit et se tourne vers moi.

   - Dans ce cas, tu ferais bien d'aller faire ta valise. Il va y en avoir pour un bout de temps.

   Je hoche la tête et me dirige vers ma chambre, où je sors un sac à dos et entreprends d’y mettre quelques vêtements, ne prêtant pas vraiment attention à ce que j'attrape. J'entends les voix de ma mère et de Paul dans le salon. Ils discutent probablement de mes capacités à sauver le monde. Je ne réalise pas bien ce qui est en train de se passer. Est-il possible d'être trop prêt ? J'ai l'impression d'avoir tellement attendu que mon tour vienne que maintenant que ça arrive, ça me semble irréel. En moins de cinq minutes, j’ai bouclé mon sac et je rejoins le salon sans même un regard pour ma chambre. J'ai appris à ne pas m'attacher aux choses.

   Paul Carson est debout, prêt à partir, et un sourire se dessine sur son visage lorsqu'il me voit. Ma mère s'approche et me serre rapidement dans ses bras. Elle me dit qu'elle est fière de moi. Puis elle me demande de passer voir mon père avant de partir. En sortant de l'appartement, Paul me met une main sur l'épaule.

   - Ta mère est courageuse. Je suis sûr que tu l'es aussi. Ne t'inquiète pas, je vais bien m'occuper de vous. Je te le promets.

   Je le regarde mais je ne sais pas quoi lui répondre, alors je lui souris à moitié et je me dirige vers la cage d'escalier.

   - Ça t'embête si on prend l'ascenseur ?, me demande-t-il en montrant sa cheville du doigt, j'ai été blessé par une de tes collègues récemment.

   Je l’observe en haussant un sourcil et appuis sur le bouton de l'ascenseur.

   - Je croyais que j'étais le premier que vous veniez voir ?

   - Disons que j'ai essayé avec une autre, mais que ça n'a pas très bien fonctionné. C'est là qu'on retourne maintenant. J'ai pensé qu'avec un peu d'aide, ce serait plus simple de lui faire entendre raison.

   Les portes de l'ascenseur s’ouvrent. Je ne sais pas où nous allons, mais on dirait bien qu'il va y avoir de l'action. Parfait. C'est bien le signe que c'est là où je dois aller. Nous sortons de l'immeuble et rejoignons à pied les rues plus animées du quartier d’affaires où se situent les bureaux dans lesquels travaille mon père, à une dizaine de minutes de chez nous. Paul me parle un peu plus de notre destination. Nous allons en France, je n'y ai jamais mis les pieds.

   Mon père nous reçoit sans montrer aucune surprise. Ma mère a dû l'appeler entre temps. Il me serre dans ses bras et comme ma mère, me dit qu'il est fier de moi. Il serre la main de Paul mais ne perd pas de temps dans les présentations. Nous avons autre chose à faire.

   Une fois redescendus dans la rue, Paul scrute les alentours, il semble chercher son chemin. Je lui demande ce qu'il cherche.

   - Un endroit discret.

   - Pour quoi ?

   - Pour nous téléporter.

   - Pardon ?

   - Pour nous téléporter.

   - J'avais bien entendu, mais comment vous comptez faire ça ?

   - C'est bien ce qui me semblait. Tu ne sais pas que tu peux te téléporter. Ce n'est pas grave, je t'apprendrai. Pour le moment, je vais nous téléporter tous les deux.

   - Je peux me téléporter ??

   - Oui. Enfin, pas encore apparemment. Mais tu le pourras bientôt.

   - Trop bien !

   Je n'ai pas réussi à retenir mon enthousiasme. Déjà, maîtriser le feu, je trouve ça très cool, mais alors se téléporter, c'est plus que cool. Je le suis dans une impasse et il me prépare au voyage entre deux bennes à ordures.

   - Accroche bien ton sac sur tes épaules et tu vas me tenir le bras avec tes deux mains. Ça fait bien longtemps que je n'ai pas téléporté quelqu'un avec moi, il faut que je m'assure qu'on arrive au même endroit.

   Je l'interroge du regard.

   - Oui, si tu me tiens mal et que tu me lâches à un moment, tu pourrais te retrouver ailleurs. Tiens-toi bien et ça n'arrivera pas.

   Je ne suis pas trop rassuré, mais je n'ai pas vraiment le choix. Et je déborde aussi d’enthousiasme à l'idée de me téléporter pour la première fois de ma vie. Je remonte mon sac sur mes épaules et m'accroche à Paul à deux mains.

   - Prêt ?

   - Prêt.

   - Alors c'est parti ! Direction la France !

 

   Nous arrivons dans un jardin, derrière un énorme sapin. Je mets quelques secondes à m’habituer au changement de décor. Je lève la tête et ce sapin juste devant moi me donne plus le vertige que les gratte-ciels que nous venons de quitter. Nous passons discrètement par-dessus la clôture pour rejoindre la rue. Apparemment, nous ne sommes pas arrivés dans le bon jardin.

   Le quartier est résidentiel. Les maisons bordent les deux côtés de la rue. Elles sont toutes entourées d'un petit jardin identique à celui dans lequel nous avons atterri. Paul m'explique que nous nous sommes téléportés à quelques rues de là où nous allons pour ne pas risquer d’attirer les démons exactement là où se trouve Marina. C'est le nom de la fille que nous venons chercher. Nous marchons en direction de sa maison. Elle se situe quatre rues plus loin à l'extrémité de la zone résidentielle, le long de la forêt. Paul marmonne quelque chose dans sa barbe au fur et à mesure que nous approchons. Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il dit. Son regard se tourne régulièrement vers les bois.

   Nous remontons l'allée vers la maison et il respire un grand coup avant de frapper à la porte. Quelques secondes plus tard, une petite femme brune nous ouvre. Paul s'adresse à elle en français.

   - Bonjour Sandrine.

   - Paul ??

   - Lui-même. Est-ce que Jonathan est là ?

   - Je n'y crois pas ! Paul ! Viens, entre ! Je vais chercher Jonathan.

   La femme s'en va dans la maison et nous restons à moitié sur le pas de la porte. Paul lorgne vers l'intérieur, mais on dirait qu'il n'ose pas entrer. Je reste silencieux, ne saisissant pas très bien la situation. Soudain, Sandrine revient accompagnée d'un homme, brun lui aussi, et bien plus grand qu’elle. Celui-ci a l'air surpris en nous voyant. Il me détaille de la tête aux pieds.

   - Jonathan ! Heureux de te revoir, mais...

   - Paul !, l'interrompt l'homme d’un ton un peu sec avant d’adopter tout de suite l’anglais, qu'est-ce que tu fais là ?

   - Je cherche ta fille.

   C'était la phrase à ne pas dire. L'autre n'avait déjà pas l'air très enchanté de voir Paul, mais alors là, on dirait qu'il va carrément lui claquer la porte au nez. Je me recule d'un pas pour que Paul puisse faire de même et évite de se prendre la porte. Mais Jonathan ne fait rien. Sa main est posée sur le montant de la porte et il la serre très fort mais il la laisse ouverte. Les deux hommes se toisent. Ils mesurent presque exactement la même taille et le visage de Jonathan est comme le reflet de celui de Paul dans un miroir : fermé et impassible.

   - Pourquoi ?, demande-t-il en brisant le silence.

   - Elle ne t'a rien dit ?, lui répond Paul d'un air étonné.

   Jonathan lui demande de quoi il parle et il s'explique. La tension est palpable entre les deux hommes. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais ils ont visiblement un passé commun. Jonathan fait clairement partie de la génération de Paul et de ma mère. Je suis surpris qu'ils se soient connus alors que les autres de leur génération ne se connaissent pas et ne sont pas censés se connaître. Paul lui explique qu'il est venu rendre visite à sa fille, Marina, la semaine dernière et que la rencontre a été quelque peu chaotique. Avec un sourire en coin, il dit avoir bien reconnu la fille de son père. L’autre ne sourit pas.

   - Pourquoi ne pas être venu me voir comme tu le fais aujourd'hui ?

   - Parce que j'ai entendu du bruit en arrivant et je me suis dit que j'allais passer par le jardin, voir qui était là. Sauf que ta fille ne m’a pas reconnu et elle a visiblement appris à se défendre contre les étrangers. Même si elle ne sait rien. Je me trompe?

   Seul le silence fait écho à la question de Paul, qui semble avoir touché un nerf sensible chez son interlocuteur. Ce dernier soupire. Derrière lui, Sandrine a l'air soucieux et son regard passe de Paul à moi puis à son mari. Jonathan finit par répondre.

   - Elle n'est pas là. Et elle ne partira pas avec toi. Elle ne sera pas là les prochaines fois si tu essayes de l'approcher à nouveau.

   - Jonathan... Où est-elle ? J'ai besoin d'elle. Le monde a besoin d'elle.

   - Arrête avec toutes ces conneries, Paul ! Et laisse ma fille en dehors de tout ça.

   Cette fois-ci, il claque la porte. Paul a à peine le temps de reculer. Il se la prend dans le genou et grogne en reprenant l'allée vers la rue.

   - Ok. On va opter pour une autre solution.

   - Laquelle ?

   - La grand-mère.

   Nous marchons vers les bois, Paul boitille à mes côtés, se baissant de temps en temps pour se frotter le genou. Il n'arrête pas de marmonner quelque chose, mais je ne comprends toujours pas.

   - Qu'est-ce que vous dites depuis tout à l'heure ?

   - Hein ? Satanée famille ! Voilà ce que je dis. Des têtes de mule de père en fille. Et arrête avec la politesse, on est partis pour passer un bout de temps ensemble, tu peux me tutoyer.

   Je me contente de le suivre en silence, le laissant grogner dans sa barbe. Une fois que nous sommes suffisamment enfoncés dans les bois, je m'accroche de nouveau à lui et nous nous téléportons à quelques mètres de chez la grand-mère de Marina, dans un cadre plus campagnard. Une grande femme aux cheveux tout blancs nous ouvre la porte en s’essuyant les mains sur son tablier à fleurs. Elle sourit en voyant Paul, c'est bon signe.

   - Désolé de vous déranger, Paulette. Je cherche Marina et Jonathan ne veut rien entendre.

   La vieille femme semble véritablement heureuse de le voir et serre Paul dans ses bras avant de nous inviter à entrer. Nous nous installons dans la cuisine. Ça sent bon la confiture. La marmite se trouve encore sur le feu et les pots attendent d’être remplis. Paulette veut nous offrir quelque chose à boire, mais Paul refuse en s'excusant et lui explique que la situation est assez urgente.

   - Marina est en vacances au bord de la mer. Avec des amis, lui explique-t-elle. Elle revient à la fin de la semaine.

   - Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps. Il faut que nous allions la trouver maintenant.

   Paulette nous indique le lieu exact où sa petite-fille passe ses vacances, puis elle nous explique rapidement que Marina ne sait rien. Qu'elle est capable de se battre un minimum, mais qu'elle ne sait rien. C'est bien ce que Paul suggérait tout à l'heure. Il serre la vieille dame dans ses bras en la remerciant et nous repartons.

   Cette troisième téléportation me secoue un peu plus et je mets un moment à m'ajuster au décor après l'atterrissage. Cette fois-ci, c'est la bonne. Le bruit des vagues. Nous sommes arrivés sur la plage, presque les pieds dans l'eau. Nous ne perdons pas de temps à admirer le paysage. Des coups de feu retentissent, suivis de cris. Paul me regarde et nous nous mettons à courir vers les dunes. Les démons ont trouvé Marina avant nous.

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annececile
Posté le 13/04/2020
Toujours interessant et on sent la tension monter ! Le personnage de Yi donne envie d'en savoir plus. Si il maitrise le feu, peut etre les autres vont maitriser un autre element, je verrais bien Marina avec l'air! Tu decris tres bien l'univers de Yi, j'etais surprise que ce ne soit pas en France, est-ce intentionnel de ne pas dire dans quel pays ils sont? Je me posais la question. Et maintenant je lis la suite, parce qu'on ne peut pas rester sur ce suspense!
Schumiorange
Posté le 13/04/2020
C'est bien intentionnel de ne pas toujours préciser où sont les personnages. Parfois, je donne beaucoup de détails sur un lieu, et parfois j'en donne volontairement très peu pour laisser le lecteur s'imaginer ce qu'il veut, tant que ça ne gêne pas l'intrigue.

Quant aux éléments que chacun maîtrise, je suis sûre que tu l'as vite découvert dans les chapitres suivants : )

Merci pour ton commentaire, et contente que le suspense fonctionne !
Renarde
Posté le 27/11/2019
Coucou Schumiorange,

Bon, au moins un qui est prêt dans le tas ! Parce qu'avec Marina, ce n'étais pas gagné... Cela va être sympa les interactions avec une bande aussi disparate !
Si Yi maîtrise le feu, je me demande le pouvoir des autres.

C'est également intéressant de voir que chaque parent réagit différemment. S'ils ne peuvent échapper à leur destin, je comprends mal le parti-pris Jonathan.

A suivre !
Schumiorange
Posté le 01/12/2019
Salut Renarde,

Merci pour ton commentaire, ça me fait plaisir que tu poursuives ta lecture !

Pour le choix du père, les explications arrivent : )
Et de fait, les interactions vont être intéressantes et parfois drôles, - je l'espère ! - entre ces jeunes aux caractères très différents.

En espérant que la suite te plaise autant !
Renarde
Posté le 01/12/2019
Coucou Schumiorange,

Je suis un peu débordée ces temps-ci (vive la vraie vie !), mais je compte bien poursuivre la lecture dès que mon emploi du temps sera un peu plus raisonnable.

Donc pas d'inquiétudes, je ne lâche pas ton histoire, j'ai envie de connaître la suite ;-)
Alice_Lath
Posté le 03/11/2019
Eh bien, ça bouge bien et ça, c'est très cool! Ton univers se met très vite en mouvement et avoir Yi comme personnage déjà au courant permet d'avancer et d'éviter de répéter les explications, ce qui est une très bonne idée. J'ai remarqué à nouveau quelques répétitions, mais c'est tout ce que j'ai à redire aussi bien sur le fond que sur la forme. Pour le moment, on saisit bien et les personnages et l'univers, qui ont des personnalités distinctes et attachantes!
Schumiorange
Posté le 03/11/2019
C'est un peu un soulagement de savoir que le fond et la forme sont lisibles ! En général, j'ai plutôt du mal avec les passages où ça bouge, j'ai l'impression que les actions ne sont pas toujours réalistes…
D'autres personnages arrivent, j'espère qu'ils te plairont aussi !
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