Chapitre 2 - La Fuite

Notes de l’auteur : chapitre mis à jour le 21/04

Plus tard, dans la matinée, je traînai des pieds jusqu'au marché des docks. Mes sombres pensées sur ma nuit passée en prison m'avait rappelée qu'aujourd'hui, on allait pendre le pirate au chapeau à plumes. Mon instinct m'ordonna de me rendre sur la place de l'échafaud. Sans lui, ma nuit à la tour de Londres aurait été encore plus terrible et il me paraissait nécessaire de lui rendre la pareille. S'il me reconnaissait parmi la foule, je pourrais l'accompagner dans ces derniers instants, comme le ferait une amie. Je ne sais pas d'où me venait une telle sympathie, gamine. Il faut croire que cette nuit passée dans un cachot m'avait changée pour toujours.

La pendaison des pirates se déroulait toujours sur la place du marché des docks. Des marchands venus des quatre coins du monde vendaient alors sur leurs étals des denrées provenant des colonies anglaises. Des épices, des fruits exotiques, des fourrures, des poissons des mers de l'ouest… toutes ces odeurs se mélangeaient et transportaient les clients loin des moisissures londoniennes.

Sur la place, le bourreau était déjà présent, assis sur l'estrade, en train de préparer la corde. Il m'avait toujours terrifiée, lui et son gibet.

Les jours de pendaisons, la foule qui se rassemblait sur la place était si excitée par le spectacle à venir que les spectateurs ne prenaient plus garde à leurs bourses bien garnies. Pour nous, les enfants des rues, c'était l'endroit rêvé pour débourser. D'ailleurs, même si cette fois j'étais venue pour une raison précise, je ne me privai pas. Je me faufilai discrètement dans l'assemblée qui se formait et dérobai discrètement l'argent que les hommes pendaient à leur ceinture. À l'évidence, le plan de Sawney Bean pour me dissuader de voler n'avait pas fonctionné.

Ce dernier apparu soudain sur la place et, quand je le vis, je cessai immédiatement mes activités. Je me cachai dans les derniers rangs pour ne pas être repérée. Puis ce fut au tour du pirate d'entrer en scène, les mains liées, son chapeau à plume vissée sur son crâne. Il monta les marches de l'échafaud d'un pas assuré. Le bourreau, qui attendait sur l'estrade depuis un moment en préparant le nœud coulant, se leva et fixa la corde sur la grande poutre du gibet. La foule commença alors à s'agiter, à jeter des fruits pourris et à l'injurier :

« Assassin ! Criminel ! Suppôt de Satan ! Monstre ! Mange-merde ! »

C'est drôle, maintenant que j'y pense : leurs insultes étaient les mêmes que celles des prisonniers à l'attention de Sawney Bean.

Mais le pirate restait particulièrement calme et digne. Le bourreau enleva son grand chapeau à plume, révélant le regard résolu du condamné. Comment pouvait-on rester aussi calme avant sa propre exécution ? Le forban se tenait droit, fier, ses yeux glaçants rivés sur la foule. Face à son expression impassible, l'assemblée cessa de jeter leurs ordures. Elle devint muette, gardant ses projectiles dans ses besaces.

Je l'observai attentivement, fascinée. Il me parut très différents de l'homme que j'avais rencontré à la tour de Londres. Dans l'obscurité, je n'avais pas remarqué à quel point il était vieux pour un pilleur des mers. Aux vues des risques du métier, c'était plutôt rare.

Alors que je l'observais, je constatai que ses yeux allaient d'un point précis à un autre de la place. Je suivis son regard et tombai maintes fois sur des hommes tatoués, balafrés et armés. C'était le genre de types que l'on voyait rarement par ici et, quand on les croisait parfois sur le port, on les évitait, car on savait qu'ils préparaient un coup fourré. Tous gardaient leurs attentions rivées sur le condamné. Qu'attendaient-ils, exactement ? Disséminés soit dans la foule, soit entre les étals, ces hommes gardaient discrètement une main sur leurs fourreaux ou sur leurs pistolets. Les tuniques rouges, rassemblés en masse pour l'occasion, ne firent pas attention à eux. Mais au bout d'un moment, certains d'entre eux se raidirent après les avoir repérés. Et moi, je ne pus empêcher de sourire.

Cette racaille n'avait nullement envie de mourir !

Il fallait que je me protège si je voulais me divertir du spectacle jusqu'au bout. Après être sortie de la foule, je me dirigeai derrière les stands de poissons, là où une taverne faisait son meilleur chiffre d'affaires de la semaine. Je grimpai jusqu'au toit en m'aidant des tonneaux vides qui se trouvaient dehors, puis m'assis confortablement sur les ardoises sales. Ainsi, même si cela venait à dégénérer sérieusement, je pouvais toujours fuir par les toits, sans que personne ne puisse s'en apercevoir.

Pendant que je grimpai, Sawney Bean aida le vieux juge, qui venait de faire son entrée, à gravir les marches de sa propre estrade. Il déroula le rouleau qu'il tenait entre ses mains et lut les chefs d'accusation : vols, meurtres, brigandages, propos blasphématoires, fornications... La liste était longue. Pendant son discours, l'Ogre des tuniques rouges surveillait la foule, la main sur son épée, comme s'il savait que quelque chose se tramait. Mais le condamné, de son côté, se fichait de ce qu'il se passait autour de lui. Ses yeux continuaient d'aller d'un homme balafré à l'autre. Alors que le juge rendait sa sentence, le regard du condamné envers ceux qui se cachaient dans la foule fut de plus en plus insistant. Quand ses camarades allaient-ils agir ? Il fallait trouver le moment opportun, ni trop tôt, ni trop tard.

Du haut de mon perchoir, j'avais déjà tout compris : celui qu'on allait pendre, c'était un capitaine pirate, et ceux qui patientaient dans l'ombre, c'était les membres de son équipage. Alors, de toute évidence, la pendaison allait se transformer d'un moment à l'autre en évasion. Dans le port de Londres ? Oui, à moi aussi, cela me paraissait impossible.

Le juge prononça sa sentence :

« Je vous condamne à être pendu haut et court jusqu'à ce que mort s'ensuive. »

Et le signal fut donné.

Tous l'équipage se précipita vers la potence, prêt à en découdre. Les forbans se confrontèrent aux soldats et les soldats affrontèrent les forbans, tirant leurs épées et dégainant leurs pistolets. L'un d'eux tira sur le bourreau, qui s'écroula, formant une marre de sang sur l'estrade. Plus de bourreau, plus de pendaison. Les spectateurs fuirent la grande place et même les marchands quittèrent leurs étals, effrayés par la tournure des événements. Très vite, l'odeur de poudre envahit les lieux. Les coups de feux, les épées qui s'entrechoquaient, le sang qui coulaient, l'agitation qui régnait me firent frissonner d'excitation.

Un pirate arriva soudain à monter sur la potence pour s'approcher du cadavre du bourreau. Il détacha le trousseau de clé qui tenait à sa ceinture et le donna à son chef pour qu'il se libère de ses chaînes. Quand celui-ci y parvint, il se débarrassa de la corde qui emprisonnait son cou. Le pirate qui venait de le libérer lui prêta l'une de ses armes, et tous deux descendirent de la potence pour aider leurs camarades. Beaucoup d'hommes, dans les deux camps, s'étaient déjà écroulé à terre, les yeux grands ouverts vers notre Père qui est aux cieux. Les soldats avaient cependant toujours l'avantage. Comment les pirates allaient-ils fuir ? Perchée sur le toit, cela me semblait toujours impossible.

Mais dès que le capitaine prit le commandement des opérations, tout bascula. Le vieux marin aboya des ordres de tous les côté, ravivant la vigueur de son équipage. Il me plaisait bien, ce pirate au chapeau à plumes ! Il combattait avec panache, provoquant ouvertement son adversaire. À la fois agressif et rigoureux, il ne perdit que peu de sang. L'aura qu'il dégageait ne cessa de me surprendre. Pour un criminel sanguinaire sans foi ni loi, il me parut presque aussi noble que les soldats anglais qui luttaient face à lui.

Tous les forbans se rassemblèrent et firent de lourdes pertes à leurs opposants. Bientôt, des brèches apparurent dans les rangs des tuniques rouges, permettant aux pirates de se disperser dans les différentes artères du port, divisant ainsi les forces adverses. Mais le capitaine s'engagea seul dans une ruelle, poursuivit par quatre soldats anglais. Parmi eux, Sawney Bean. Tel un chien enragé, il s'engagea dans la ruelle, brandissant son épée avec férocité.

Du haut de mon perchoir, je me levai brusquement. Cette ruelle était une impasse !. Voir Sawney Bean lui courir après avec la certitude de reprendre le contrôle de la situation réveilla mon animosité : jamais je ne le laisserai assouvir ses penchants sanguinaires mal placés, parole de Saoirse !

Sans prendre le temps de réfléchir, je me mis à bondir de toit en toit pour le rattraper. Si je n'arrivais pas à temps, il était foutu ! Je me mis à courir de plus en plus vite. Je trébuchai maintes fois, mais jamais je ne m'arrêtai. Quand je parvins enfin à la hauteur du capitaine en fuite, celui-ci venait de se figer, stoppé par un immense mur de brique infranchissable. S'il avait réussi à légèrement devancer l'Ogre et ses sbires, nous n'avions que peu de temps.

Je portai mes doigts à la bouche et sifflai le plus fort que je pus pour attirer son attention. Le pirate releva la tête et, surpris, poussa un « Nom de Dieu ! » quand il me vit.

« Vous ne devez pas rester là, ils arrivent ! Montez par la gouttière, vite ! »

Le forban s’exécuta sans poser de question. Alors qu'il grimpait pour me rejoindre, les tuniques rouges apparurent. Je sortis alors ma fronde de ma petite besace et tira sur l'un d'eux. À peine venait-il de s'écrouler que j'en visais déjà un deuxième à la tête. Puis se fut le tour de Sawney Bean. Surtout, ne rate pas ton coup !

Je visai son œil droit avec le plus de justesse possible, puis laissai le projectile faire le travail. Avec la vitesse, le petit caillou s'écrasa violemment sur sa paupière. Le choc lui fit pauser un genou à terre et son sang s'écoula abondamment. Je ne pus retenir un ricanement mauvais. Enfin la justice !

Sawney Bean blessé, tous les autres soldats arrêtèrent leur course, prêt à venir en aide à leur supérieur. Le capitaine finit par me rejoindre après son ascension laborieuse. Sans attendre, je le tirai par le bras et le guidait sur les toits.

« Où devez-vous aller pour rejoindre les autres ?

— À l'extérieur de la ville, dans la forêt qui longe la Tamise.

— Alors suivez-moi ! »

Je guidai le capitaine sur les toits de Londres, semant toutes les patrouilles qui étaient à nos trousses. Difficile pour eux de nous traquer en restant dans le labyrinthe des rues londoniennes ! Bientôt, nous rejoignîmes les rives de la Tamise et nous retrouvâmes deux membres de l'équipage qui tenaient deux chevaux par leurs brides. Je descendis la première des hauteurs en glissant par une gouttière. Le capitaine me suivit avec précaution. Pour lui, il était plus facile de descendre d'un mât ! Nous courûmes jusqu'à la cavalerie. Le pirate échangea quelques mots avec ses confrères, puis se hissa sur l'une des deux montures.

Je soupirai, soulagée : maintenant qu'il avait rejoint ses hommes, je pouvais me retirer. Il valait mieux que l'on ne me voit pas en leur compagnie. Il me faudrait sûrement rester cachée dans les profondeurs des docks, le temps que les tuniques rouges m'oublient.

Mais tu t'en doutes, gamine, les choses ne se passèrent pas ainsi.

Alors que je tournais les talons, la voix du condamné s'éleva dans mon dos :

« Rattrapez-la, faut pas la laisser partir ! Si jamais les tuniques rouges mettent la main dessus, elle pourrait leur dire par où nous sommes partis. »

L'un des pirates m'attrapa donc par le bras et me hissa sur le cheval du capitaine. Je me débattis, bien entendu, mais sans succès. Je voulais crier jusqu'à ce que qu'on me laisse descendre, mais au loin, à l'autre bout de la rue, des soldats déboulèrent, près à nous viser avec leurs mousquets. Des cavaliers arrivèrent derrière eux, prêt à nous prendre en chasse.

Pas le temps pour les négociations.

Les deux autres pirates se hissèrent sur la deuxième monture et nous nous élançâmes pour sortir de la ville. Heureusement, nos chevaux étaient frais, donc nous les semâmes. Mais cela ne pouvait durer, nous le savions tous. Les coursiers de l'armée britannique étaient entraînés pour tenir les longues distances.

« Si on veut les semer, il faut nous disperser, déclara le capitaine. Séparons-nous dans la forêt et retrouvons-nous sur la plage d'ici quelques jours. »

Les autres approuvèrent ce plan. Je ne fis aucune objection, trop occupée à subir la douleur de ma première chevauchée. Je devais sans cesse serrer mes jambes pour maintenir mon équilibre, mais les secousses étaient telles que je m'agrippai avec fermeté aux vêtements du forban au chapeau à plumes. Ma sacoche glissait dangereusement, si bien que je fus contrainte de la décharger des petites bourses pleine qui constituaient mon butin. Nous nous engageâmes sur la digue, nos chevaux au triple galop sur les pavés. Les passants et les charrettes que l'on croisait durent s'écarter en catastrophe pour éviter les accidents.

Quand nous pénétrâmes dans la forêt, notre escorte prit une autre route. Avec le capitaine, nous nous enfonçâmes de plus en plus profondément dans les bois, jusqu'à quitter complètement les sentiers fréquentés. La végétation se fit plus dense. Alors, après avoir vérifié que nous n'étions pas suivis, le pirate décida que c'était le bon moment pour faire une halte. Après un coup d’œil attentif sur les alentours, il arrêta le cheval, descendit, puis m'aida à mettre pied à terre.

Il me fixa un moment, m'examinant de la tête au pied, s'arrêtant sur mon corps rachitique et mon regard hargneux. À l'évidence, il se demandait ce qu'il allait bien pouvoir faire de moi. Une morveuse dans mon genre n'avait rien à faire avec un équipage de pirate.

« Vous comptez m'abandonner ici ? » demandai-je.

Le forban ne répondit pas. Il s'approcha de moi pour me faire pivoter. Avec ses mains rugueuses, il parcourut ma poitrine, mes cheveux et mes fesses. Après examen, une expression satisfaite se dessina sur son visage.

« T'as pas encore un corps de femme, constata-t-il. Il suffit de couper ta tignasse et tu pourras embarquer sans problème.

— Attendez un peu, je n'ai aucune envie de vous suivre ! Je vous ai aidé à fuir, mais pas pour que vous m'embarquiez dans vos histoires ! Je dis pas qu'être une voleuse me convient, mais, pour sûr, embarquer sur un navire pour aller je ne sais où n'est sûrement pas la meilleure solution ! »

Le pirate écarquilla les yeux, désagréablement surpris par mon insolence de fille. Je frémis, regrettant amèrement ma témérité. Cependant, il garda son calme. Il posa un genou à terre pour se mettre à ma hauteur et me regarda droit dans les yeux. Ses prunelles de bois me glacèrent le sang.

« Écoute-moi bien, petite, si je t'avais laissé là-bas, que te serait-il arrivé, à ton avis ? Moi, je vais te le dire : ils t'auraient retrouvée, enfermée une nouvelle fois dans une cellule, puis ils n'auraient pas hésité à te torturer jusqu'à ce que tu dises par où tu nous as vu partir. Si je t'abandonne là, ce sera pareil, car ils se souviendront de toi. En plus, t'as assommé deux gardes avec ton lance-pierre et éborgné cette ordure de capitaine. Il est donc dans mon intérêt de t'emmener avec moi, comme ça je m'assure que tu ne parleras pas. Et ton intérêt à toi, c'est de me suivre, parce que crois-moi, avoir affaire à eux n'est vraiment pas la meilleure solution ! »

Je restai muette, incapable de lui donner tort. Il se releva et sortis son couteau, prêt à me couper les cheveux.

« Qu'est-ce qui vous fait croire que je leur dirais tout s'ils m'attrapaient ? Tentai-je une dernière fois.

— C'est simple, je sais ce que font ces lascars pour obtenir des informations. »

Il remonta alors son pantalon jusqu'aux genoux pour me montrer ses immondes cicatrices, le genre qu'un soldat ne fait pas sans un outil exclusivement approprié. Je déglutis. Pas besoin d'éclaircissements supplémentaires pour savoir de quoi il parlait exactement. Cela me rappela le petit Billy et sa main coupée.

Le pirate me montra le couteau. Il fallait me rendre à l'évidence : je n'avais pas le choix. Je hochai la tête en guise d'approbation. Il s'approcha de moi et empoigna mes cheveux comme s'il s'accrochait à la crinière d'un cheval.

« Comment tu t'appelles ?

— Saoirse Fowles.

— Quel nom à coucher dehors ! s'esclaffa-t-il. Va falloir t'appeler autrement une fois sur mon rafiot. Que dirais-tu de... Adrian Fowles ?

— Et c'est moi qui ai un nom à coucher dehors !

— Tu feras avec. C'est déjà bien mieux que Tom, James ou Mark. J'en ai tellement dans mon équipage que je suis incapable de les distinguer ! »

Évidemment, cette remarque ne fit rire que lui.

L'idée de m'appeler autrement me plongea dans un profond mutisme. J'aimais mon nom. Pas parce qu'il était unique et imprononçable, mais parce qu'il m'apportait de rares certitudes concernant mes origines. Si mon nom de famille était purement anglais, mon prénom indiquait au contraire une ascendance irlandaise. Si l'Angleterre ne m'avait pas apporté de réponse, je me disais alors que l'Irlande le pourrait peut-être. C'est la raison pour laquelle je m'étais promis de m'y rendre un jour. Mais pour le moment, la Fortune avait décidé pour moi d'un tout autre cap.

Quand nous repartîmes, nous laissâmes derrière nous une grande quantité de ma tignasse. Alors que nous poursuivions notre route, mes mèches auburn se dispersèrent dans l'immensité de la forêt, comme si mon enfance s'évaporait subitement dans les airs.

« Vous ne m'avez pas dit comment vous vous appeliez, dis-je pour briser le silence.

— Ferguson. Mais une fois sur le rafiot, faudra m'appeler Capitaine Forbes, car maintenant, petit, tu fais partie de mon équipage ! »

*

Nous atteignîmes l'embouchure de la Tamise trois jours plus tard, à la nuit tombée, après une longue et prudente chevauchée. De là, nous gagnâmes la plage où une chaloupe et des hommes nous attendaient. Le capitaine, dès qu'il posa le pied à terre, les interrogea du regard :

« Est-ce que tous nos camarades sont revenus ?

— Non, capitaine. Devons-nous les attendre ? »

Cette réponse le contraria. Ceux qui nous avaient accompagnés pendant un moment manquaient à l'appel.

« On a plus le temps. »

Selon Ferguson, il fallait profiter de la nuit pour lever l'ancre, pour prendre de l'avance sur l'armée anglaise. « Manquerait plus d'être poursuivi par l'un de leurs maudits vaisseaux ! »

Alors que je montai dans la chaloupe, mon regard fut attiré par le navire qui mouillait au large. Je connaissais assez bien les bateaux du port pour l'identifier comme un ancien navire négrier que l'on avait chargé d'artillerie. Alors que notre chaloupe avançait vers lui, je pris conscience que ma vie venait de prendre un tournant décisif.

Tu vois, gamine, je ne suis pas vraiment devenue pirate parce que je le voulais. Je le suis devenue parce que je n'avais pas le choix.

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Poppy Bernard
Posté le 02/05/2022
Chapitre aussi chouette que les précédents, tu as un vrai talent pour décrire les actions !
J’ai lu dans tes réponses que Sawney Bean était un ajout par rapport à la première version ; je suis d’accord avec toi, il apporte du relief et il est bien amené, mais la haine que Saoirse lui porte me chiffonne un peu. Bon, le gars la flanque aux cachots sans ménagement et représente un impérialisme puant, c’est vrai, mais pour susciter une telle envie de vengeance, ne faudrait-il pas une rencontre un peu plus « musclée »entre les deux au moment de l’arrestation ? Ou un passif du genre « j’ai brûlé la tête de ton père et donné les entrailles de ta mère à mes chiens »?
C’est juste « histoire de dire », parce que ton texte est clairement de qualité et n’a aucun besoin de mes remarques ^^ et le coté grande fable épique, avec ses héros et son grand méchant fonctionne très bien comme ça !
Merci pour ton histoire, c’est un plaisir de la lire ! J’y reviendrai dés que possible. J’ai cru comprendre que tu étais en phase de réécriture, alors bon courage à toi :D
M. de Mont-Tombe
Posté le 02/05/2022
Merci beaucoup d'être passé et de me partager tes remarques, j'espère que tu reviendras vite ! :) Et oui, je suis en phase de réécriture, mais très légère, avant de publier la deuxième partie de l'histoire. J'essaie de raccorder le plus possible au fur et à mesure. À bientôt !
Yannick
Posté le 19/04/2022
Pfiou, un chapitre à toute allure ! C’est vraiment prenant dès le début, le suspense concernant l’exécution, la bataille, la fuite... Les différents points de vue de Saoirse sont supers, elle est dans son élément et comprend tout très vite : d’abord profiter de l’exécution pour quelques rapines, ensuite s’éloigner de la scène de bataille qu’elle entrevoit, puis rejoindre le pirate pour lui sauver la mise et égratigner les soldats au passage.
Un chapitre très vivant et très efficace. Bien aimé aussi les touches d’humours, comme les insultes identiques pour le pirate et le capitaine, ou le « Plus de bourreau, plus de pendaison ».
Je passe à la suite très prochainement !
M. de Mont-Tombe
Posté le 19/04/2022
Merci pour tes encouragements, ça me fait très plaisir ! :) Par contre, je t'invite à ne pas trop te précipiter pour lire la suite, car je commence des corrections sur cette première partie et certaines seront un peu drastiques. Mais promis, je fais au plus vite pour que tu puisses continuer ta lecture ! ( J'espère finir d'ici la fin de la semaine.)
JeannieC.
Posté le 01/04/2022
Coucou !
Eh bien, quel chapitre ! On retient son souffle, d'abord devant l'ambiance si oppressante et grinçante de l'exécution, puis avec tous les rebondissements de l'évasion. J'aime bien le cynisme de Saoirse qui, loin d'être dissuadée de voler par la vue de la potence, voit le cercle vicieux de tout ça...
On sent que sa rencontre avec Sawney Bean l'a sacrément marquée, même si le torchon brûle un petit moment entre eux ahah. Elle ne se laisse pas faire, elle a du cran quand bien même elle se laisse convaincre d'embarquer. Beaux développements de personnages <3
Juste une petite remarque de forme :
>> si je t'avais laissé là-bas, que t'aurait-il arrivée, > coquilles d'accord : "laissée" et "arrivé". Et je ne suis pas sûre, pour "t'aurait-il arrivé"... est-ce que ce serait pas plutôt "que te serait-il arrivé" non ?
Toujours un vrai plaisir à lire en tout cas !
A bientôt <3
M. de Mont-Tombe
Posté le 05/04/2022
Hello ! Merci pour les coquilles, je corrigerai ça un peu plus tard. :) Je suis assez fière de la tension entre Sawney Bean et Saoirse, surtout que dans la toute première version, il n'y avait pas de Sawney Bean, et que ce personnage apporte finalement beaucoup de relief à la première partie de l'histoire. :) Merci de me lire en tout cas, et à bientôt !
Etienne Ycart
Posté le 06/03/2022
hissez haut !
un seul bémol, le capitaine pirate devrait montrer un peu plus de considération à cette gamine, elle lui a sauvée la vie
un roman de cape et d'épée digne de ce nom
j'imagine Errol Flynn !
ou jack Sparrrow dans pirate des caraîbes
M. de Mont-Tombe
Posté le 06/03/2022
Oh, à ta place, je ne m'en ferais pas trop pour Saoirse. ;) Merci de me lire en tout cas!
Etienne Ycart
Posté le 06/03/2022
ah mais je ne m'en fais pas pour elle, elle parait débrouillarde, cest juste que quand tu sauve un homme il t'en est redevable
les pirates avaient un code de l'honneur il me semble, sauver une vie était un acte fort...il devrait au moins lui offrir une forte somme d'argent et l'assurance de sa protection
on ne plaisantait pas avec une dette de vie dans ce milieu!
sifriane
Posté le 19/02/2022
Salut,
J'ai lu ces deux chapitres d'une traite. L'histoire est intéressante, et promet de belles aventures.
La première remarque qui me vient c'est que tu pourrais les réduire à un seul chapitre, pour le rendre plus efficace. Tu pourrais aussi intégrer Agnès, pour rendre le texte plus dynamique. J'ai bien compris qu'elle n'était qu'un prétexte pour que Saoirse raconte son histoire, mais elle devrait être là tout le temps finalement, à moins que je me trompe Et les faire interagir pourrait apporter un plus.
petites coquilles :cerfs à la place de serres, et j'ai cru remarquer quelques fois des tous à la place de tout.
Hâte de lire la suite
A bientôt :)
M. de Mont-Tombe
Posté le 20/02/2022
Salut ! Merci pour ton commentaire. Je retiens ton idée de rassembler en un chapitre, je suis encore en recherche de dynamisme, surtout que la première partie du roman, qui consiste à l'initiation à la piraterie, est un peu longue à mon goût. Quant à Agnès, il y aura des fragments de sa conversation avec Saoirse ponctuellement, cela viendra un peu plus tard. Merci de me lire, ce soir je retourne lire dans ton histoire ! ^^
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