- Chapitre 2 - La fleurs du Diable


L'automne laissait choir ses premières feuilles, jaunies par le soleil estival. L'air offrait des senteurs bien différentes qu'il n'y avait encore que quelques jours. Fini les odeurs de fleurs, ou le sentiment de réconfort que prodiguaient les immenses draps, lessivés, étendus par les lavandières ci et là dans les jardins. Terminé les fragrances de soleil, brûlant la peau, et de toutes les crèmes dont se paraient les femmes pour ne pas abîmer leurs peaux laiteuses, maladives, à l'image de la tuberculose, si romantique aux yeux de bons nombres d'humains.

Aiden était le seul de la fratrie à ne pas encore être rentré de Londres. Son devoir à la chambre des Lord lui avait pris un temps considérable, d'autant plus qu'il serait amené à y retourner bien souvent cette année. La guerre de l'opium en cours contre la Chine, ne laissait aucune place au repos pour quelqu'un ayant des devoirs politiques. Ainsi effectua-t-il le chemin du retour alors même que la saison mondaine était terminée depuis plusieurs semaines. Accoudé à la fenêtre de sa berline hippomobile, le menton posé sur le revers de sa main, l'aîné de la famille savourait enfin le retour vers ses terres natales. La puanteur de Londres laissait enfin du répit à ses narines, détrônées par les effluves d'herbes fraîches, mélangées à celles des premiers champignons.

La voiture subissait la cohue de la route, et les chevaux tirant l'attirail ne ralentirent leur course à aucun moment. Aiden détestait les longues heures de route. Son dos ne tolérait que trop peu les mouvements chaotiques de l'habitacle. Ses jambes, de par leur taille imposante, se crispaient sans relâche sur toute la durée des trajets, lui provoquant des courbatures pouvant rester plusieurs jours. Sans parler de son inconfort dans les petits endroits. L'homme leva les yeux au ciel. Le temps, bien que grisâtre, était encore lumineux et les nuages ne menaçaient nullement de déverser un torrent sur leur tête.

Aiden soupira. Il était encore bien trop près des habitations pour se permettre de prendre la voie des airs. Rester discret. Telle était l'une des devises de la famille VonCriskony. Le faste et le luxe dont jouissaient les héritiers VonCriskony était de notoriété publique. Plusieurs fois désignés comme des partis idéaux, Aide, Kylian et Jonathan étaient cependant reconnus pour leur solitude ainsi que le manque d'activité sociale. Encore plus depuis la disparition de leur sœur. L'image qu'ils avaient auprès de la haute société n'était pas des plus banales. Tantôt craint pour leur puissance, tantôt enviés pour leurs richesses, personne ne se doutait vraiment du secret qu'abritait la famille du Manoir d'en Haut.

Aiden ferma les yeux pour tenter d'éloigner la nausée qui lui tordait les boyaux. A force d'être chahuté de part et d'autre dans la berline son estomac commençait à se rebeller. Il avait hâte de retrouver son manoir, ses vieilles habitudes. Son quotidien morose était une zone de confort dont il n'aimait que trop peu s'éloigner. Échanger sur la politique du Royaume lui avait rappelé à quel point il appréciait le calme de Sword's Head. Bien qu'il trouvait toujours bon nombre d'amis et de connaissances à la chambre des Lord, l'aîné des VonCriskony savourait davantage la compagnie de sa famille que celle de ses pairs. Il lui était plus agréable de respirer l'air dénué de fumée et de miasmes de sa campagne, que le surplus de parfum dont se paraient les coquets et coquettes. Son cœur se souleva quand il pensa à tous ses éventails dans les bals, créant des brises de sent-bon en tout genre,cache-misère de l'hygiène bancale des londoniens. Le mélange de tous ses arômes ravageait à chaque saison ses narines. Quand son odorat n'était pas maltraité par les fragrances de l'aristocratie, Aiden subissait les affres des cigares qui enfumaient les boudoirs dédiés à ces messieurs, lors des discussions dont le beau sexe était inapte à participer. Encore des fadaises que l'homme ne comprenait que très peu. Et pour cause. L'éducation qu'Amanda et Peter avaient décerné à leurs enfants était aux antipodes de ce que la royauté attendait d'eux.

Bien sûr, les quadruplés ne furent pas dispensés de cours de bienséance, de morale, et des autres leçons que suivaient les héritiers des grandes fortunes du royaume. Cependant, les parents VonCriskony mirent un point d'honneur à ne faire aucune différence entre leurs quatre chérubins. Ainsi, les garçons dansaient aussi bien qu'ils maniaient l'épée, et Rosaleen maniait aussi bien les armes que les éventails. Sa mère fut néanmoins bien plus stricte avec sa fille que ses frères. Et pour cause. Elle n'avait de cesse de répéter à sa fille à quel point le monde pouvait être impitoyable pour quelqu'un de leur sexe. Il fallut quand même préciser que les quadruplés n'étaient pas très proches de leurs parents. Ces derniers, bien qu'étant très aimants de leurs progénitures, ne s'étaient pas montrés très présents pour autant. Leur travail avait pris une place bien trop importante dans la vie du couple. Et le plus curieux, était, qu'aucun des quadruplés n'auraient pu dire, ou expliquer la profession de leurs géniteurs. Non pas par manque d'intérêt, ce n'était pas faute de leur avoir demandé plusieurs fois pourquoi leurs voyages duraient tant de temps, non. Il régnait simplement un grand secret autour de leur travail. Un secret qui les aura accompagnés jusque dans la tombe.

Aiden grogna quand les cheveux freinèrent brusquement, le cognant aux parois de l'habitacle. Un juron s'échappa de ses fines lèvres aussi pâle qu'un linceul, tandis qu'il ouvrit la porte de son carrosse.

" Tout va bien, Emmett ? s'enquit-il auprès de son cochet.

—  J'crois bien qu'vous d'vriez v'nir voir par vous-même My Lord."

L'homme retroussa son nez dans une expression méfiante. Le ton utilisé par son voiturin n'avait rien d'anodin. Bien que calme et serein, il n'en trahissait pas moins une forme d'avertissement. Las des bandits de grand chemin, l'héritier sortit, l'allure impeccable. Canne à la main, haut-de-forme vissé sur le crâne, le regard noir, Aiden descendit de sa voiture. Le ricanement d'Emmett lui indiqua que ses adversaires ne feraient pas le poids longtemps. C'était tout ce qu'il désirait, pressé de retrouver son confort.

Devant lui se tenaient cinq hommes. Peut-être quatre, il eut un doute sur la cinquième personne, dont le visage était dissimulé par une capuche bien trop grande, et une silhouette camouflée dans une cape tout aussi mal taillée. Les malandrins avaient tous la même apparence crasseuse. Celui du milieu, qu'Aiden devina être le leader, affichait fièrement une rangée de dents plus pourries les unes que les autres. On aurait presque pu sentir l'odeur fétide qui se dégageait de sa bouche en potentielle décomposition. Ce fut le premier à prendre la parole.

" Eh bien ! qu'avons-nous là. Un pisse-froid comme on n'en voit pas souvent dans la région. C'est un bel attelage que vous avez là ! Il serait dommage de ne pas en profiter. N'est-ce pas les amis !"

Sa bande se mit à rire, dévoilant une hygiène dentaire tout aussi sommaire que leur chef. Tous, sauf celui qui se cachait derrière ses amples habits. Un souffle exaspéré s'enfuit des nasaux d'un des cheveux. Aiden s'en approcha, glissa sa main sous sa mâchoire, le confortant d'une voix douce, tout en ignorant ses assaillants.

" Tout doux mon beau, on va bientôt rentrer à la maison ne t'inquiète pas."

Les bandits de grands chemins échangèrent un regard. Ils pensèrent que leur victime était un des ces folâtres qui estimaient avoir une chance de leur échapper. Les brigands commencèrent à encercler l'attelage d'Aiden, l'emprisonnant lentement, tandis que ce dernier portait sur eux une attention minutieuse.

Le chef était suivi de près par un homme petit, gras, dont le groin se rapprochait plus du cochon que de l'humain. Ses incessants reniflement aggravaient la comparaison avec les porcs, tout comme son énorme bedaine. L'aîné des VonCriskony apporta une analyse particulière à celui dont le sexe lui échappait. Plus petit que ses compères, plus fin aussi, il discerna dans ses mouvements une finesse et une élégance qui n'étaient pas vraiment habituelles pour quelqu'un de cette profession. Leurs yeux se croisèrent, des yeux de biche, ornés de grands cils noirs, une petite bouche en cœur, le tout camouflé par le capuchon d'une cape bien trop grande pour son porteur. Rapidement, Aiden analysa les deux derniers hommes. Rien d'anormal, mise à part leur manque apparent d'hygiène ne découlait d'eux.

" Je vous prierai messieurs de bien vouloir laisser mon cocher finir sa course, annonça l'héritier avec flegme.

—  C'est qu'il cause bien le freluquet dites donc ! railla le meneur de troupe.

—  Ô, je dirais surtout que je ne voudrais pas que votre vie se termine ici. Je suis si las d'emporter des âmes telles que les vôtres loin de ce monde, aussi infâmes soient-elles.

—  Et tu comptes faire comment pour nous soumettre Lord de la pissette ? Tu ressembles plus à un squelette qu'à un vivant, et nous sommes cinq. Tu devrais te rendre sur le champ."

Sourcil levé par l'affront, Aiden examina le porcelet qui lui avait adressé le conseil, ou plutôt l'avertissement. Il se tourna vers le cheval noir, dont l'agacement semblait monter en grade à chaque fois que l'un des malandrins ouvraient la gueule pour ricaner, menacer, ou se vanter du trésors qui les attendait dans la berline.

" Un squelette, dites-vous..." répéta l'albinos dont le regard venait de changer du tout au tout.

Mécaniquement, il pivota sur lui-même pour faire face aux bandits. Si ses yeux pouvaient tuer sur place, ils l'auraient fait. Pourtant, ils ne devinrent pas noirs contrairement à l'expression barbouillant son visage.

" Un squelette, redit Aiden avant de ricaner, comme c'est cocasse que tu aies choisi ce mot petit porcelet.

—  Comment tu m'as appelé l'allumette ! vociféra ce dernier, répète un peu pour qu'on voit ce que tu as dans le ventre !"

Tandis que le leader de la bande voulut prendre la défense de son sbire, le cheval noire à l'avant de l'attelage commença à cracher de la fumée de ses naseaux. Son cavalier, continuant de lui caresser la mâchoire, fixait à présent les malheureux avec des yeux d'un rouge profond, vifs, comme s'ils s'étaient gorgés de sang. Mais la terreur s'empara des voleurs lorsqu'ils virent le sourire sur le visage de leur proie se former. Ou plutôt, se déformer.

Au début, ils pensèrent que l'homme n'était qu'un aliéné parmi tant d'autres, encore dehors grâce à quelques pots-de-vin savamment versés. Mais bien vite, ils se rendirent compte de leur erreur de jugement. Les lèvres d'Aiden commencèrent à s'étirer, toujours plus, de manière peu orthodoxe, tandis que la fumée sortant des narines de son équidé se changea en une espèce de brouillard, aussi opaque que possible. Emmett, lui, ricassa du haut de sa diligence, accentuant l'aspect lugubre de ce petit bonhomme.

" Z'auriez pas dû énerver mon maître... Se contenta-t-il de dire entre ses dents jaunies et pointues.

—  Laisse les Emmett, j'avais besoin de distraction, et une pause ne nous fera pas de mal. Les routes en berline me tendent. Ca ne me fera pas de mal de me dégourdir les muscles. As-tu faim mon ami ?

—  Vous savez bien m'sieur que j'ai toujours la panse qui réclame.

—  Dans ce cas..."

La voix d'Aiden n'avait plus rien à voir avec celle qu'il arborait quelques minutes plus tôt. A présent, elle paraissait bien plus gutturale, comme si sa voix se brisait sur du gravier, lui-même piégé dans sa gorge. Un rire, comme composé de plusieurs voix, émanait d'un sourire, qui se déformait de toujours plus. Bientôt, ses oreilles furent unies par une bouche béante, à l'image des navets de Samain.

Sa bouche n'était plus qu'une denture carnassière, droite, mortelle. L'atmosphère se métamorphosa, tout comme Aiden, qui se changea en une créature inhumaine, devant les yeux effarés de ses victimes.

" C'quoi encore ce bordel ! enragea le chef de la petite troupe prenant les armes.

—  J'en sais rien moi ! se défendit le petit porcelet.

—  On dirait... un Dullahan, s'étouffa une voix à l'arrière du groupe avec un vif intérêt.

—  C'est impossible ! ça n'existe pas ! Tu es aussi fou que lui petite vermine ! hurla de peur le chef sur l'encapuchonné."

L'homme, dont les deux côtés du visage étaient à présent fendus d'une hilarité malsaine, se tourna vers la personne ayant reconnu son espèce. Il s'agissait donc d'une femme à en croire sa voix. Pourtant, cette dernière ne semblait pas apeurée comme ses collaborateurs. Au contraire, elle transpirait la curiosité, ce qui étonna la tête de Citrouille. Mais pourquoi avait-il un sentiment de déjà vu face à l'individue ? Un grognement sortit de ses entrailles, tandis que son cheval fouettait le sol de son sabot, mêlant une poussière étouffante, à une purée de pois aride et aveuglante.

Les malfaisants ne comprirent que trop tard qu'ils n'avaient aucune chance de s'échapper. Tous paniquèrent, se hurlant dessus afin de rejeter la faute sur l'autre. L'environnement autour de l'hippomobile s'alourdit brusquement. La brume s'accumulait lentement, mais sûrement, cachant la scène à venir aux curieux qui auraient le malheur de passer par là. Malgré sa nature, Aiden avait su garder un certain libre arbitre, lui interdisant les dégâts inutiles. Aucun témoin, jamais. En revanche, supprimer de la surface de la terre des pourritures comme il en avait face à lui, ne lui procurait aucun sentiment de culpabilité. Bien au contraire. Même s'il préférait les guerres stratégiques au combat d'instinct, il prenait quand même un certain plaisir à remettre à leur place ceux qui avaient le malheur de le sous-estimer.

Dans un bruit de craquement d'os et de chairs déchirées, la créature retira sa tête de son socle. Un flux de sang abonda du cou de l'homme, qui n'était à ce moment qu'un simple trou béant. La figure, elle, continuait de rire, dardant sur ses victimes un regard enflammé. Emmett sauta à ce moment du fiacre pour se positionner aux côtés de son maître. Lui aussi avait troqué son apparence humaine, contre une apparence putride. Sa silhouette décharnée allait à présent de pair avec des griffes aussi acérées que meurtrières. Son dos voûté laissait apparaître des côtes et des vertèbres déformées, bossues, le maintenant dans une position animale. Tantôt accroupi, tantôt recroquevillé, il ne tenait plus sur ses deux jambes.

Le Sans-Tête observa la goule à ses côtés, avant de se mettre à grogner. Bientôt, des nuages d'un noir intense se formèrent au-dessus des malandrins. Un déluge commença à se déverser sur leur binette. Une pluie visqueuse, épaisse, répandant une odeur de fer tout autour de la berline. Le silence prit place à son tour. Brisé uniquement par le bruit sourd des gouttes sur la terre battue.

Les bandits comprirent enfin ce qui leur tombait dessus. Une averse de sang, aussi abondante que puante, rappelant l'haleine de la mort que libéraient les champs de batailles après les affrontements. Fragrance dont se délectait Aiden de par sa nature. Pour les hommes il n'était qu'une légende à l'instar des autres membres de son espèce. Pour la réalité, il était une créature unseelie perdue sur terre, se cachant des humains, tous comme le reste de ses frères et sœurs. Autant s'occuper comme il le pouvait pour s'octroyer la paix dont il se disait méritant. Le Gan Ceann -Sans Tête en irlandais- , n'avait plus pipé mot depuis sa métamorphose, tout comme la goule à ses côtés, reniflant l'air, appâtée par son futur festin. Et en moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, les brigands disparurent entre les dents mortelles du charognard.

Les hennissements du cheval noir couvrirent les beuglements de peur, de douleur, et d'agonie des truands. Le cavalier sans tête lui, riait, son crâne coincé sous son bras gauche, se délectant du spectacle. Les yeux de la trogne étaient semblables à des trous béants, obscurs, profonds. Le sourire s'accompagnait d'un profond sentiment de malaise quant à la cruauté qu'il renvoyait. Les épaules de l'unseelie se secouaient, comme s'il était pris d'un fou rire. Le bruit du cliquetis des harnais de l'attelage, accentuait l'impression d'être raillé par le dullahan. Pendant ce temps, Emmett, revenue à sa véritable nature de mangeur de chair fraîche ou de cadavre, ne laissa aucune chance à ses proies d'en réchapper. Il déchiquetait les chairs, rongeait les carcasses, se léchait les babines lorsque le sang de ses victimes maculait ses lèvres. Il ne suffit que d'un petit moment, pour que plus rien ne subsiste des malandrins.

Pourtant, l'air resta lourd, pesant, la purée de pois ne redescendit pas le moins du monde. Au contraire, un nuage de poussière commença à se soulever, provenant de la terre sale et battue par les sabots des chevaux, comme si ces derniers avertissaient d'un danger à l'approche. Le Sans-tête observa ses équidés, avant de se retourner vers son sbire. Emmett était sur le dos, la panse rassasiée, face au ciel, les quatre fers en l'air de bonheur.

La goule ronronnait, tandis qu'Aiden reprit son apparence humaine. Ce ne fut qu'à ce moment-là que les nuages noirs se retirèrent, laissant place au soleil faiblard de la fin de journée. Emmett se redressa difficilement. Son ventre était lourd, sa digestion compliquée, le ralentissant à retourner à une forme un peu plus normale. Bossu même sous sa forme humaine, il claudiqua jusqu'aux chevaux, auxquels il donna quelques pommes d'un rouge aussi vif que le sang dont il s'était délecté.

" J'compte sur vous les p'tits gars pour vite nous ramener à la maison !"

__________________

Bonjour à toi qui a lu jusque là !

J'espère que le début de cette histoire te plaît et te donne envie de continuer la suite qui arrive bientôt 👌
Le chapitre "La Fleur du Diable" étant d'une longueur non négligeable, il sera publié en 3 partie dans la semaine 😏
Ça fait trois fois plus de plaisir pour toi ❤️
N'hésite pas à voter et/ou commenter pour me donner ton retour
Toute critique est bonne à prendre
Sur ce, je retourne écrire 😌
À la prochaine !

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
EtoileLit
Posté le 25/12/2022
Le mépris qui transpire d’Aiden me rappel quelqu’un !! Cette histoire de Dullahan me fascine déjà j’ai tellement envie d’en savoir plus ! Déjà l’automne + le brouillard qui tombe d’un coup je me croirait dans un Burton !
Vous lisez