Chapitre 2 - La cité des Os

Par Soah
Notes de l’auteur : Bonjour à tous et à toutes, voici le deuxième chapitre de La Reine des Corbeaux, j'espère qu'il vous plaira !

Pour moi qui n'avais jamais vraiment quitté mon village, ce voyage avait une saveur particulière. Il semblait réveiller en moi une petite étincelle, une soif de connaissances et de découvertes. J'avais sans doute hérité ça de ma mère. Ainsi, pendant les premiers jours du trajet, j'avais posé beaucoup – sans doute trop, de questions à Yda. Les sujets de discussion étaient multiples : avait-elle déjà été la capitale ? Non ; comment s'appelait cette plante étrange et très jolie ? Elle ne savait pas ; pensait-elle que j'allais manquer à ma mère ? Sûrement ; est-ce que tous les autres villages étaient comme le nôtre ? Je ne devrais pas penser à ce genre de choses et me concentrer sur l'avenir.

Au tout début de notre périple, je pouvais aisément voir qu'elle n'avait pas l'esprit tranquille, un rien la faisait sursauter. Avec le recul, je ne pouvais que la comprendre : pour elle aussi, il s'agissait de sa première expérience loin du village. Bien que les routes du pays étaient sûres, grâce aux lois sévères qui régissaient le royaume – chose que je n'appris que bien plus tard, le fait que nous soyons deux femmes sur les routes n'était pas usuel. Quelques regards interrogateurs glissaient parfois sur nous. Mais le bracelet sombre à mon poignet gauche semblait répondre à toutes les questions que ces inconnus se posaient. 

De ce fait, après la deuxième semaine de trajet, Yda se détendit. Elle était plus souriante, plus ouverte aux questions, mais aussi aux bavardages. Je n'avais ni frère, ni sœur et Yda aussi était fille unique, un point commun assez rare dans notre village. Ses parents étaient décédés lorsqu'elle était encore jeune et la vieille chamane avait alors pris la responsabilité de l’éduquer, de ce fait, elle n'avait guère eut l'occasion de se mêler aux restes des enfants. Elle était mon aînée de quelques années seulement ; notre rapprochement se fit tout naturellement au fil des kilomètres. Ainsi, lorsque les premiers remparts de la capitale se dessinèrent au loin, j'éprouvai une sorte de tristesse un peu amère. Je savais que ce voyage ne pourrait pas durer éternellement, mais j'avais espéré qu'il puisse continuer encore un peu. 

Nous franchîmes les premières portes de la ville un peu avant midi. La capitale était loin d'être le lieu sale, gris et terne que j'avais imaginé. Les abords proches de la cité étaient composés de grands champs qui s'étalaient à perte de vue dans les maigres collines de la vallée. Puis, les cultures se faisaient plus rares, laissant place à la Lande et sa bruyère sauvage. La ville en elle-même paraissait gracieuse avec ses nombreuses tours et beffrois. Yda me confia que la capitale avait été construite à l'endroit exacte où les trois plus importantes rivières du royaume confluaient : le premier roi en avait décidé ainsi, pour qu'en cas de guerre, le sang des défunts - à défaut de leurs os, puissent toujours rejoindre ceux qui pourraient honorer leurs mémoires.  

Le brouhaha de la vie bourdonnait déjà dans mes oreilles alors que nous étions à peine plus loin que les grandes portes extérieures. Les gardes nous considérèrent pendant quelques instants, avant de remarquer mon bracelet. Aussitôt, ils ouvrirent en grand le passage avec déférence. Yda leur adressa un signe de la tête poli, quant à moi, j'étais bien trop occupée à observer le moindre détail qui se présentait, pour me plier à quelconque règle de politesse. Un frisson d'excitation mêlé à de la peur me traversa. Je regardai tout, ne cessant de me retourner sur le dos de mon pauvre âne qui faisait avec mes caprices. Les remparts, mais aussi les habitations à l'intérieur des murs étaient fait de pierres régulières, blanches et lisses. C'était peut-être à cause de cette couleur ivoire que la cité était surnommée 'La cité des Os'.

— Qu'est-ce qu'on fait maintenant, Yda ? demandai-je en talonnant légèrement ma monture pour me replacer au même niveau que celle mon interlocutrice.

— Je suppose que nous pourrions trouver un endroit pour déjeuner, puis en début d'après-midi nous nous rendrons au palais, répondit-elle pragmatiquement comme à son habitude. 

— Déjà ?! Je pensais que l'on pourrait visiter un peu la ville avant d'y aller. 

— La chamane a dû envoyer un oiseau pour prévenir que tu arrivais, si nous sommes en retard, cela pourrait jouer en ta défaveur. Et puis, tu auras tout le temps d'explorer la capitale après.

— Je suis sûre qu'il y en a plein, des filles comme moi... Si j'arrive aujourd'hui ou demain, ça ne change pas grand chose, bougonnai-je, déçue.

 — Tu te trompes Nayla, peu de gens dans ce monde ont la chance d'avoir un destin comme le tiens. Tu ne seras probablement pas la seule jeune femme à être présentée cette après-midi, mais si vous êtes une dizaine, je serais vraiment surprise. 

Je ne répondis rien à son argumentaire, bien que je savais qu'elle avait raison j'avais plus envie de bouder que d'être raisonnable. Yda le remarqua et poussa un petit soupir avant de continuer sa route. Ma monture suivie docilement la sienne au travers des rues. Les premiers bâtiments que nous croisâmes étaient des garnisons et des tavernes qui n'ouvraient qu'une fois la nuit tombée. Il nous fallut attendre que les routes se recoupent pour former de grandes artères pour voir quelques auberges, hôtels et échoppes émergés d'entre les maisons serrées. Dans ces rues, les badauds étaient bien plus nombreux et bien sûr, beaucoup plus bruyants. Moi qui jusqu'alors, trouvai le marché de mon village effervescent et tapageur... Je devais revoir ma définition personnelle de ces mots. La capitale ressemblait à un essaim d'abeilles, chaque habitant semblait avoir sa tâche, sa place et menait sa vie accordement à cela. 

— Arrêtons-nous ici, déclara Yda en descendant de son âne.

 Avec délicatesse, elle mena l'animal jusqu'à un petit anneau en ferraille incrusté dans le mur de l'auberge qu'elle avait choisit. Je considérai silencieusement le bâtiment. Ce n'était pas l'endroit le plus coquet de la rue, mais l'établissement semblait être accueillant avec sa devanture en bois brut. Yda monta les quelques marches en pierre qui surélevait l'auberge de la rue et m'attendit au seuil de la porte. Je mis pied à terre et attachai ma monture avant de la rejoindre avec empressement à l'intérieur. 

— Le bonjour mam'zelles ! Que puis-je pour vous ? 

Je me tournai vers la grosse voix qui venait de résonner dans la pièce. Derrière son comptoir rustique, le tenancier nous offrait un sourire avenant tout en essuyant quelques chopines. Il n'y avait presque pas de clients dans la pièce, mais le peu qui était présent leva le nez distraitement vers nous avant de se replonger dans leur verre, indifférent. Yda bomba légèrement le torse et ouvrit la marche vers la réception. 

— Bonjour, est-il encore possible de déjeuner ? demanda-t-elle d'une voix assurée.

— Pour sûr, mais c'est menu unique à cette heure-ci, allez vous installer et je vous apporte ça ! répondit l'aubergiste avec un sourire bienveillant.

— Oh et, j'aimerais réserver une chambre pour ce soir si vous avez encore de la place. 

— Une chambre pour deux, attendez que je consulte le registre... 

— Non, pour une personne.

 — Ah. 

Le tenancier m'adressa un sourire plein de sympathie, puis il se pencha sous le comptoir pour ressortir un épais livre aux pages gondolées et jaunies. Il chaussa la paire de demi-lune qui lui pendait autour de la gorge avant d'ouvrir le registre. L'odeur du vieux papier se mélangea aux autres parfums qui emplissaient la pièce. 

— Il me reste une place dans le dortoir des femmes, c'est dix pièces d'argent plus cinq autres si vous voulez un petit-déjeuner. Il me reste aussi une chambre seule, mais c'est un peu plus cher : vingt-cinq pièces d'argent la nuit. 

— Je prendrai la place en dortoir s'il vous plaît. 

— Très bien mam'zelle. Votre nom juste ici pour le registre, s'il vous plaît. 

Il tourna le livre avant de le glisser vers nous. Il trempa une plume à écrire dans de l'encre, essuya le trop-plein, puis la tendit à Yda qui signa. En tant qu’apprentie chamane, elle avait la chance d'avoir appris à écrire. Dans le village, hormis les fils et filles de personnes importantes, personne ne savait le faire. Personne ne savait lire non plus. 

— Vous souhaitez régler votre note tout de suite ? demanda l'aubergiste. 

— Si ça ne vous dérange pas, oui. Va t’asseoir Nayla, j'arrive tout de suite, dit-elle en se retournant vers moi à la fin de sa phrase. 

Je hochai les épaules avant d'aller chercher une place dans la salle. J'entendis le patron faire une remarque plaisante à mon propos, comme quoi j'étais une petite sœur timide mais adorable. Yda se contenta de le remercier, elle n'avait probablement pas envie d'expliquer plus en avant notre situation et je la compris parfaitement. 

J'avais réussi à obtenir une petite table près de la cheminée ; même s'il faisait moins froid que chez nous et que le printemps arrivait, l'air été encore frais. Et puis comme le disait ma mère « une bonne flambée ça change un repas ». Yda s'installa à côté de moi et sous l'effet de la chaleur, elle commença à faire le dos rond avant de pousser un soupir. Je souris, ravie de sa réaction.

Peu de temps après que nous nous soyons installées, une fille d'environ mon âge arriva avec un plateau dans les bras. Sans rien dire, elle déposa devant nous deux bols de ragoûts fumants ainsi qu'une miche de pain dorée. Elle retourna les gobelets en bois qui se trouvaient sur la table et les remplit d'eau. Yda la remercia et toujours dans le silence le plus complet, la serveuse prit congé. Je plongeai ma cuillère dans mon bol. La sauce ambrée, épaisse et onctueuse se colla immédiatement contre le bois. Quelques légumes de fin d'hiver barbotaient avec des tubercules, mais surtout, il y avait de gros morceaux de viande. Dans notre village, le bétail était une ressource précieuse qu'il fallait économiser. Ma mère troquait beaucoup de laine contre de la venaison au cœur de l'hiver, lorsque nous venions à en manquer. J'avalai ma salive plusieurs fois avant de me décider à enfin manger. Je me brûlai presque la langue et me mis à mâcher avec la bouche presque grande ouverte pour refroidir ma bouchée. Il était hors de question que je recrache la moindre portion de ce plat. Yda me regarda avec un air amusé sur le visage.

 — Souffle dessus avant de manger, conseilla-t-elle tardivement. 

— J'avais trop faim ! déclarai-je après avoir bu d'une traite mon verre d'eau pour calmer le feu sur ma langue

.Le repas se déroula dans une ambiance bonne enfant et nos discussions étaient surtout centrées sur ce que nous mangions. Si je prenais ce ragoût comme mesure étalon, alors, ici les gens mangeaient plus épicé que là d'où je venais. Sans doute pour mieux conserver la viande, m'avait dit Yda. Dans mon village au nord, la mer était notre garde-manger, ainsi si on avait les moyens de payer, on pouvait manger du poisson frais tous les jours. Si on était assez courageux, on pouvait descendre dans certaines criques pour aller ramasser des coquillages une fois la marée descendue. Lorsque le printemps arrivait, quelques cervidés venaient profiter de l'herbe riche et grasse de nos terres pour prendre des forces avant la saison des amours. Nous adaptions nos menus à la nature et ce qu'elle nous offrait. Ici, les choses étaient probablement différentes, à cause du nombre d'habitants.

— Si tu as fini, nous devons y aller, suggéra Yda avec un petit sourire lugubre. 

— Tu connais déjà mon opinion sur la question, répondis-je en détournant le regard. 

— Nayla... 

Elle poussa un soupir avant de ranger nos couverts avec soin. Puis, elle se leva et quitta l'établissement après avoir salué poliment l'aubergiste. Je la suivis en traînant des pieds. Une fois sur le boulevard, a ma grande surprise, Yda ne détacha pas son âne. Je compris alors que c'était une proposition de compromis : nous irions au château à pied, pour retarder un peu l'échéance, sans pour autant la dépasser. Un sourire naquit sur mon visage, tandis que je restai collée sur ses talons, comme un poussin avec sa mère.

 Nous traversâmes une nouvelle série de grandes portes, de nouvelles artères se formèrent et les bâtiments s'anoblirent aussi. Çà et là, des crieurs de rues aux voix lourdes proclamaient les dernières informations et quelques ragots croustillants. Des groupes de femmes étaient sporadiquement rassemblées près des portes des maisons, caquetants vivement et riant à gorge déployée. D'autres s'affairaient près des fontaines, avec des pains de savon, profitant d'un éclat de soleil bienfaiteur pour le linge et le bavardage. Les hommes, plus discrets travaillaient en économisant leurs paroles. Parmi toutes les échoppes les forges et leurs étincelles attiraient spécifiquement mon regard. La capitale était riche de couleurs, d'odeurs et de promesses. 

Parfois, il nous arrivait de croiser des gens de l'extérieur, des étrangers. Je le savais car outre le fait qu'ils ne parlaient pas notre langue, la plupart portait des costumes bien différent des nôtres. Notre peuple s'habillait simplement, dans des couleurs ternes et nous portions peu de bijoux ou breloques. Nos bracelets de majorité pour les femmes et les tatouages aux encres bleutés pour les hommes, étaient bien suffisants comme ornements. Les étrangers, eux, semblaient avoir le goût pour les vêtements colorés, assumant avec fierté et exubérance des couleurs vives comme le rouge, l'orange ou le bleu. Plusieurs portaient sur eux des odeurs artificielles, puissantes et entêtantes. 

— Viens Nayla, on ne doit pas traîner ! 

Yda tira légèrement sur ma manche, détournant mon attention d'un marchand à la longue barbe blanche, soigneusement huilée et ourlée de petits rubans. Le vendeur amusé, m'envoya un clin d'œil taquin. Je rougis comme un coquelicot sauvage en reprenant ma marche juste derrière Yda, un peu honteuse de ne pas avoir été plus discrète dans mes observations.

— Yda, il venait d'où, le vendeur ? demandai-je après quelques pas. 

— Je ne sais pas vraiment... Je ne connais pas grand chose au monde, tu sais. Mais la chamane m'a déjà parlé de personnes venant d'un lointain sud. Elle veut que j'achète quelques plantes venues de là-bas, d'ailleurs.

— Le sud... répétai-je avec fascination, je crois que Mamma m'en a déjà parlé ! Mais je pensais que c'était une fable... 

— Peut-être que tu auras la chance d'y aller un jour ! déclara Yda.

— Tu crois ? 

— Pourquoi pas, après tout, on dit que les corbeaux sont dispersées partout dans le monde. Il est possible que l'on t'envoie dans un pays du sud. 

Je baissai le regard, pinçant les lèvres, le cerveau en pleine ébullition. Avant, 'partout dans le monde' avait une autre signification pour moi. Bêtement, je pensais que le monde se limitait à mon pays, aux différentes régions qui le composaient et qu'il s'arrêtait là, le monde. J'ignorais même le nom de ma propre patrie, le nom de mon village natal : après tout, je n'avais jamais eu besoin de savoir ces choses. Cette terre était celle de mes ancêtres, celle de mon sang, à l'époque, je n'avais pas besoin de plus.

— Nayla, regarde !

 La voix d'Yda perça à nouveau mes songes et je relevai le nez vers elle. Pour une fois, son visage n'était pas plongé dans un masque neutre. Un grand sourire bourgeonnait sur ses lèvres tandis qu'elle pointait du doigt le panorama. Nous avions gravi une petite colline et depuis celle-ci, nous avions une superbe vue sur le château. Aussi blanc que le reste de la ville, il s'élançait depuis ses murailles vers le ciel à l'aide de hautes tours, aussi effilées que des canines. Une grand-place animée et joyeuse s'étalait juste devant le palais. Cette vision était peut-être ce que j'avais vu de plus beau, mais aussi de plus terrifiant de toute ma courte vie. 

 

*

 

Mon estomac semblait se tordre dans tous les sens et de plus en plus fort à mesure que nous nous rapprochions du château. Sur la grand-place, des artistes de rue et marchands interpellaient les passants avec audace. Les rires et les chants se confondaient dans une mélopée joyeuse tandis que l'odeur des stands de nourritures parfumait l'air de gloutonnerie. Soudainement, Yda s'arrêta et je manquai de me cogner contre elle. À la fois curieuse et inquiète, je la débordai un peu pour savoir ce qui l'avait poussée à demeurer immobile. Devant nous, la longue montée des marches qui menaient vers notre objectif se déroula. Ma gorge se serra avec force et l'envie de vomir me vint. Mes dents se mirent à pétrir ma lèvre inférieure avec vigueur, le goût ferrugineux du sang me vint en bouche. 

— Nous y sommes, murmura Yda. 

Elle semblait réaliser que la montée de ces marches signifiait la fin de notre voyage. Une fois les marches avalées, il n'y aurait aucun moyen de revenir en arrière. Moi-même, j'avais du mal à le croire et les larmes commençaient à me piquer les yeux. Toute la magie qu'offrait la capitale se retira de mon esprit, qui se mit alors a imaginer le pire pour la suite.

— Je vais t'accompagner, enfin, je présume que j'ai le droit de le faire, souffla-t-elle juste avant de poser son pied sur la première marche et de me tendre la main. 

L’ascension se fit dans le silence. Parfois, je me retournai pour regarder le paysage, dans le vain espoir de pouvoir observer une dernière fois mon village. Mais il était bien trop loin d'ici pour que je puisse ne serait-ce que l'apercevoir. Le regard des gardes se fixa sur nous bien avant que nous ayons atteint la dernière marche tant et si bien que lorsque nous y arrivâmes, ils étaient déjà prêts à nous accueillir. Leurs visages étaient dissimulés par le métal de leur casque, sauf la ligne de leurs mâchoires. Je détaillai avec soin leurs armures, ornées de runes et de motif qui rappelaient des os.

— Halte ! Veuillez formuler le motif de votre venue, déclama avec aplomb le plus jeune des deux hommes.

— Ma protégée, ici présente, est porteuse du sang sombre. Nous venons du village Sessrùn, je pense que nous sommes attendues, répondit Yda avec confiance.

— Qu'elle montre son bracelet, ordonna le deuxième garde.

— Nayla, montre leur s'il te plaît. 

Je hochai la tête avant de m'avancer vers les deux gardes, puis remontait ma manche avec soin. Le bracelet sombre baguenauda le long de mon bras avant de redescendre sur mon poignet maigre. Les deux gardes examinèrent ma torque avec attention avant de s'écarter du passage. 

— Vous êtes en avance, c'est bien. Ça fera plaisir à lady Noïra, commenta un des gardes. 

— Je vais vous accompagner jusqu'à son office, ajouta le second. 

— Merci, c'est très aimable à vous, conclut Yda. 

Le jeune garde lui décocha un sourire aimable avant de tourner les talons et d'ouvrir la marche. Avant d'entrer dans l'enceinte du château, nous longeâmes un grand jardin à l'apparence savamment négligé bordait les remparts intérieurs. Une seule route menait à la porte principale nous informa le garde, il ajouta que c'était grâce à cette architecture défensive que le castel était imprenable depuis des siècles. Les détails militaires ne m'intéressaient pas, mais Yda eut la politesse de ponctuer pour nous deux les dires de notre escorte de petites marques d'attention.

La porte d'entrée de la forteresse était grande ouverte et étaient sous la surveillance de quatre autres gardes qui nous saluèrent d'un signe de la tête. Notre accompagnateur échangea quelques mots avec ses paires. Leurs regards se posèrent rapidement sur moi, puis sur Yda et enfin, ils nous laissèrent entrer sans faire le moindre commentaire.L'atmosphère à l'intérieur du château était bien plus fraîche qu'a l'extérieur. De grandes tentures aux armoiries de la famille royale – un loup stylisé dansant devant un cœur percé d'un os, décoraient le hall d'entrée. L'odeur printanière des bouquets de fleurs sauvages se mélangeait avec celle de la pierre des murs. Aussitôt, l'endroit m'apparut familier comme si ce décorum avait toujours été le mien. Ma gorge se serra un peu lorsque le souvenir de ma petite maison tordue me revint en mémoire. Je me sentis idiote de ressentir autant de fascination pour le grand hall. 

— Nayla, tu rêves ?

 La voix d'Yda me sortit de mes songes, elle avait déjà gravi la moitié du premier palier du grand escalier central. Notre guide était sans doute déjà bien plus loin, car je ne le trouvai pas du regard. Je gravis les marches quatre à quatre, essayant de ne pas me laisser ni distraire ou distancée cette fois. Plus nous montions dans les étages et plus la décoration se faisait raffinée, mais aussi plus sporadique ; peut-être que le faste des premiers étages était uniquement là pour plaire aux invités, à ceux qui n'auraient jamais à grimper plus hauts. Nous nous arrêtâmes au cinquième étage. Le corridor, tout en largeur, était bien éclairé grâce aux grandes fenêtres qui trouaient les murs. De grands vitraux déposaient leurs couleurs fantômes un peu partout, tâchant les cloisons ivoire. 

— Je ne peux pas aller plus loin, déclara le garde en se tournant vers Yda, mais vous n'avez qu'a frapper à la porte tout au fond.

 — Je vous remercie, répondit-elle en se tournant vers la direction qu'il pointait du doigt.

 Le garde enleva son casque, dévoilant un visage aux traits irréguliers. Son nez était étrangement tordu, un peu aplatit, comme s'il avait été cassé. Son faciès était à l'image de sa voix, légèrement enrouée, grave, mais avec une chaleur indéniable. Comme Yda, il avait la peau pâle et les cheveux blonds.

— Bonne chance petite, me dit-il avec un sourire chaleureux, si jamais tu as besoin de quelque chose à l'avenir, une fois que ta sœur sera partie, n'hésite pas à demander mon aide. Mon nom est Bromn. 

— Merci... soufflai-je en baissant un peu la tête. 

Il replaça son heaume sur sa tête, puis descendit l'escalier d'un pas pressé. Yda et moi, nous regardâmes en silence, mais je crois bien qu'il n'y avait pas besoin de mots en cet instant. Alors que d'ordinaire, elle était toujours celle qui prenait les devants, cette fois-ci, je m'avançai en premier vers la grande porte. Mon cœur battait à tout rompre, faisant vibrer toute ma peau. Yda agrippa ma main et je la serrai avec force en retour. La lumière des vitraux tombait avec grâce sur elle, lui donnant un aspect presque mystique et miséricordieux. 

— Tu sais, on peut toujours... commença-t-elle à voix basse.

— Tu sais bien que non, répondis-je avec un sourire que je voulais le plus rassurant possible. 

— Très bien. 

Yda toqua à la porte, trois petits coups légers et discrets. Personne ne répondit, mais un bruissement de tissus s'approcha de l'entrée. Tous mes sens étaient concentrés sur ce qui se passaient derrière cette frontière de bois. Il y eut le frottement métallique d'un judas que l'on glisse, puis le son d'une clef tournant dans son verrou qui précéda le cliquettement de la poignée. La porte s'ouvrit enfin.

La silhouette de lady Noïra se dessina devant moi. Sa simple présence me fit manquer un battement de cœur. Je m'étais imaginé une vieille personne sévère, ridée et fanée, mais je m'étais fourvoyée. La femme devant moi était resplendissante de beauté, malgré le début de sa maturescence. Sa longue chevelure blonde vénitienne tombait en cascade sur ses épaules et dégringolait jusqu'à ses hanches. La robe noire qu'elle portait était pourvue de multiples détails et de broderies élégantes. Ce qui me fascinait le plus, était la broche qu'elle avait épinglée sur sa poitrine : un crâne d'oiseau portant une couronne d'épines ; une lune noire avait été peinte sur l'os pile entre les deux yeux vides. Je compris immédiatement pourquoi ma mère évoquait chez les corbeaux, un pouvoir d'attraction presque magique : même moi qui étais à peine faite femme, je ne pouvais détourner mon regard d'elle.

— Bonjour, que puis-je pour vous ? demanda-t-elle avec un sourire aimable.

 — Je... Nous... Hum, pardon, bafouilla Yda, visiblement aussi impressionnée que moi. 

— Prenez votre temps, je vous en prie. 

Le sourire bienveillant de notre hôte s’agrandit encore un peu plus, faisant bouger les légers sillons qui marquaient le coin de sa bouche. Un grain de beauté juste sous sa pommette suivit la même danse. Mon regard glissa vers Yda, qui poussa un soupir, repoussant le rouge de ses joues. Elle bomba légèrement le torse et se racla discrètement la gorge.

 — Nous venons du village de Sessrùn, nous avons été envoyées ici par notre chamane. Nayla est porteuse du sang sombre, madame. 

— Je vois, venez dans mon office, nous serons plus à l'aise pour converser de ces choses-là, voulez-vous ? Après tout, les hommes ne sont pas supposés connaître les secrets des femmes, sauf ceux que l'on choisit de leur donner, répondit-elle avec malice.

Lady Noïra s'écarta du chambranle de la porte et nous laissa entrer à l'intérieur. Le bureau qu'elle occupait était à l'image du reste de l'étage : sobre et élégant, mais avec des détails que l'on ne pouvait ignorer. La dame noire s'avança vers son bureau et désigna deux fauteuils pour que nous nous y installions. Mon regard balayait toute la pièce, avide de la moindre chose nouvelle qu'il pouvait croiser.

— Tu es curieuse, c'est bien, déclara mon hôte avec un sourire. 

Je rougis aussitôt et replaçai mon attention sur elle, gênée d'avoir été prise sur le fait. Lady Noïra se tourna vers un coin de la pièce et appela une jeune fille qui était là – je ne l'aurais probablement pas remarquée si elle n'avait pas été hélée. Elle quitta immédiatement son pupitre, son encrier et sa plume pour s’avancer vers le bureau. La torque à son poignet était aussi sombre que la robe qu'elle portait. 

— Peux-tu nous préparer un peu de thé ? 

— Bien, madame. Cela sera tout ? 

— Oui, je te remercie. 

La jeune fille quitta la pièce d'un pas pressé sous le regard de lady Noïra. Notre hôte s'installa ensuite derrière son bureau et croisa les mains devant elle, sur le bois précieux. Mon cœur, qui s'était assagit, recommença à tambouriner de plus belle dans ma poitrine. Une sensation sèche se déposa sur ma langue ainsi que dans le reste de ma gorge. J'étais à la croisée des chemins. De mon chemin.

 

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Yourisliva
Posté le 21/05/2020
Impressionnant le niveau d'écriture. Je croirais presque que c'est pas la V1 du texte. Les descriptions sont bien dosées, avec un vocabulaire varié, sans être trop complexe. On se fait entraîner par le récit.
Soah
Posté le 24/05/2020
Merci beaucoup ! :) Ca me fait très plaisir.
Zig
Posté le 14/04/2020
"Yda tira légèrement sur ma manche, détournant mon attention d'un marchand à la longue barbe blanche, soigneusement huilée et ourlée de petits rubans." : DUMBLEDORE ! Je t'ai reconnu petit canaillou ! Fais pas genre !

C'est hallucinant comme l'écriture est ultra propre, super bien gérée dans le rythme tout en ayant vraiment une âme, une griffe forte.
Je suis assez époustouflée par tout (bon ok... je l'ai déjà dit avant).
Même dans ce chapitre qui fait un peu transitoire, tu arrives à nous garder accroché, et tu conserve une précision dans le récit qui est géniale, le tout sans superflu.

WOW
Soah
Posté le 17/04/2020
Haha, ce coquinou de Dumbledore, toujours là où on ne l'attends pas :'D
Merci beaucoup pour tes gentils commentaires, ça me fait très plaisir ! Surtout que c'est encore et toujours la V1, un peu trash parce que pas corrigée... °//°
L.A Marin
Posté le 10/04/2020
L'histoire est vraiment prenante pour l'instant. Je me demande bien quelle sorte d'éducation va recevoir Nayla et les différents conflits dans lesquels elle devra intervenir. Hâte de lire la suite en tout cas !!
Soah
Posté le 11/04/2020
Coucou ! :)
Je suis contente que tu aimes mon histoire, ça me fait très plaisir ! J'ai déjà vu que tu avais lus jusqu'au bout - merci d'ailleurs :D, je répondrais à tous tes commentaires cela dit ^--^
Alice_Lath
Posté le 05/04/2020
Purée, la richesse de ton vocabulaire me colle vraiment une claque à chaque fois, c'est un régal. Je trouve que c'est toujours le bon mot au bon moment, assez fort et assez évocateur. En plus, je rentre parfaitement dans l'univers et j'apprécié beaucoup d'avoir tous les enjeux comme ça sous les yeux. Bref, je sens que je vais adorer cette Reine des Corbeaux haha, et c'est marrant ce sentiment de déjà-vu de Nayla... Quand je pense aussi que sa maman a beaucoup voyagé, je ne peux pas m'empêcher de faire un lien huhu
Soah
Posté le 07/04/2020
Coucou Alice :D
Merci beaucoup pour tes remarques sur mon vocabulaire. Moi je le trouve affreusement pauvre et mes écrits bourrés de tics x') Comme quoi, la sensibilité de chacun à son importance ^v^/
Un déjà-vu où ça ? :D Je serais curieuse de savoir !
Alice_Lath
Posté le 07/04/2020
on a l'impression qu'elle a un déjà-vu au niveau de son arrivée au palais huhu
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 28/03/2020
Hello Soah !

Un chapitre plus léger en termes d'action par rapport au précédent, pas de trigger warning (ouf pour moi :D) , juste une mise en place de l'intrigue et c'est très bien. Ca donne du ryhtme à ton récit :) Un peu de douceur après de fortes émotions est bienvenue :)
Les descriptions aussi sont plus légères par rapport au chapitre 1. J'ai trouvé que c'était juste ce qu'il faut.

A très bientôt sur la suite ;)
Soah
Posté le 29/03/2020
Coucou ! :D

Oui, l'histoire ne va pas comporter que ça ! :p Sinon, c'est éprouvant autant pour vous que pour moi.
Le chapitre 1 était vraiment là pour être le coup de fouet accrocheur du livre, les suivants sont beaucoup plus posés et place l'univers ! :) J'espère que ça te plairas !

A bientôt et merci ♥
Litchie
Posté le 19/02/2020
Hello hello !

D'autres l'ont déjà souligné avant moi, mais tu installes vraiment une chouette ambiance. Un peu sombre, adulte (malgré l'âge de la protagoniste) et plein de promesses. J'ai envie d'en savoir plus ;)

J'ai noté deux coquilles :
* "Je me brûlai presque la langue et me mis à mâcher avec la bouche presque grande ouverte pour refroidir ma bouchée." (Répétition bouche / bouchée)
* Notre accompagnateur échangea quelques mots avec ses paires. (je dirais pairs :D)

Une petite broutille également :
* "Notre peuple s'habillait simplement, dans des couleurs ternes et nous portions peu de bijoux ou breloques. "
--> le mot terne me paraît un peu bizarre. Pour moi il a une conotation négative, alors que si pour Nalya c'est la normalité, elle n'y voit pas quelque chose de mal je pense.

De manière générale, je trouve que c'est bien écrit, mais tu utilises souvent des constructions avec "qui" qui (ohoh justement) alourdissent les phrases à mon avis et tu pourrais gagner en fluidité sans ! J'ai aussi quelques doutes concernant des phrases qui mériteraient d'être coupées en deux (par exemple "La voix d'Yda me sortit de mes songes, elle avait déjà gravi la moitié du premier palier du grand escalier central. " il n'y a pas de lien entre la première partie et la seconde partie et du coup à mon avis [mais tu peux ne pas être d'accord] tu gagnerais soit à la couper en deux, soit en mettant un mot qui lierait les deux propositions (de conséquence, ou autre) :D
Soah
Posté le 20/02/2020
Coucou ! :D
Merci d'être encore là, ça me fait super plaisir ! Et tes compliments me vont droit au coeur.

Désolée pour les coquilles, je n'ai encore rien corrigé (histoire que vous fassiez tout le boulot pour moi :'D :D :D *je plaisante*) parce que je suis encore en phase d'écriture dessus ! c: Quand j'attaquerais mes corrections de la partie 1 - qui ne devrait pas tarder, j'éditerais tous les chapitres ^--^/
Et tu as raison pour le mot terne, mais je n'arrivais pas à trouver un autre terme. C'est vrai que c'est étrange d'être péjoratif sur les habitudes de son propre pays xD

Parfois j'ai peur de faire des phrases trop courtes et que ça brise le rythme. Il faut que je m'efforce de me taper sur les doigts pour arrêter de faire des phrases à rallonge ! x')
Promis, j'essayerais de me faire violence :'D
En tout cas, c'est vraiment adorable d'avoir prit le temps de me laisser ton avis, il me fera avancer dans ma quêeeeete ! :p

Des bisous <3
Litchie
Posté le 20/02/2020
Héhé ne t'excuses pas pour les coquilles, je fais exactement pareil :'D on balance tout et on corrigera plus tard xD je les notais juste au cas où :D

Sobre peut-être ? C'est le seul autre mot qui me vient aussi XD

Hahahahah je comprends TELLEMENT ce problème ! (Vive les phrases non-verbales :D).

J'attaquerai la suite très vite (j'ai enfin pris le temps de réduire ma PAL :'D) !
UnePasseMiroir
Posté le 05/01/2020
Ce deuxième chapitre est toujours aussi prenant ! Je l'ai déjà dit, mais il y a une vraie atmosphère qui se dégage de ton texte - différente du premier chapitre, puisque le cadre est différent... Tes descriptions me séduisent vraiment, les détails que tu donnes de la ville et des personnages sans qu'on soit submergé, mais pour qu'on puisse bien se représenter ce qui les entoure !
J'ai bien aimé la relation entre Yda et Nalya, ainsi que l’introduction de tes nouveaux personnages, comme Bromn et lady Noïra (cette-dernière m'intrigue beaucoup, elle a l'air très gentille, et juste pour ça j'ai envie de m'en méfier XD). La conclusion de la dernière phrase est très belle ! Là effectivement, nous sommes à une nouvelle étape de l'intrigue... j'ai hâte d'en savoir plus sur les Corbeaux !
Soah
Posté le 06/01/2020
Je suis très contente que ça te parle toujours ! Avec ce chapitre 2, il y avait beaucoup a planté en terme de lore, de decorum etc... Et c'est beaucoup moins dynamique. Du coup si tu continues a accrocher, je suis ravie :)

Oh pourquoi se méfier de lady Noïra ? X'))

Merci beaucoup quant a la conclusion :)
La reine des Corbeaux est un projet qui le tient très a coeur du coup j'essaie de faire de mon mieux pour faire les choses "bien"
Eresia
Posté le 18/10/2019
Salut Soah !

Des lustres après, je reviens enfin par ici et je dois dire que j'aime toujours autant.
Beaucoup d'infos sur l'univers dans ce chapitre ; on sent que tu installes tes pions tranquillement, ce qui moi en tant que lectrice me fascine : j'essaie de savoir ce qui va avoir son importance ou ce qui n'est "que" factuel. :p
J'ai relevé deux/trois petites choses au fil de ma lecture :

"avait-elle déjà été la capitale ?" > Il y a un souci, je suppose que la question n'est pas de savoir si Yda a été ou non une capitale mais si elle y est déjà allée ou non.
"Yda me confia que la capitale avait été construite à l'endroit exacte " > exact
"mon pauvre âne qui faisait avec mes caprices." > J'ai eu du mal à comprendre ce que tu voulais dire alors que je connais l'expression, du coup je pense qu'elle n'est pas assez claire pour le contexte.
"Je ne répondis rien à son argumentaire, bien que je savais qu'elle avait raison j'avais plus envie de bouder que d'être raisonnable." > Je remplacerais la virgule par les : et je collerais une virgule entre raison et j'avais.
"pour voir quelques auberges, hôtels et échoppes émergés d'entre les maisons serrées." > émerger
"le mur de l'auberge qu'elle avait choisit. " > choisi
"Avant d'entrer dans l'enceinte du château, nous longeâmes un grand jardin à l'apparence savamment négligé bordait les remparts intérieurs" > Il manque un qui ou il y a un soucis dans cette phrase.
" Notre accompagnateur échangea quelques mots avec ses paires" > pairs.
"Je gravis les marches quatre à quatre, essayant de ne pas me laisser ni distraire ou distancée cette fois. " > distancer
" Je vois, venez dans mon office, nous serons plus à l'aise pour converser de ces choses-là, voulez-vous ?" Je mettrais un point après "Je vois".

Voilà, c'est tout pour moi pour ce chapitre, à très vite pour la suite !
Soah
Posté le 07/11/2019
Coucou Eresia, je suis désolée de mon temps de réponse ; en ce moment je n'ai pas trop eut le temps de passer sur PA - à part pour lire et comme les notifications ne sont pas éternelles... Bref, mieux vaux tard que jamais, j'imagine :D

Je suis ravie que ça te plaise et que la mise en place de l'univers - qui va encore s'étaler un peu, te parle ! J'essaie en effet de distillé des informations utiles dans que ça ne soit trop visible, en espérant que ça fasse mouche plus tard ! x')

Merci beaucoup pour les coquilles et les fautes, comme je suis assez tête en l'air il m'arrive souvent de les louper ><"/, ça me sera très utile quand je ferais une passe de correction/relecture des premies chapitres !
El
Posté le 22/09/2019
J'aime beaucoup ces deux premiers chapitres ! L'univers s'expose doucement, on est pas submergé par les informations, l'ambiance se ressent assez facilement par les descriptions et le comportement des personnages... Mais la dame, elle me paraît clairement louche xD
Au début, j'ai été attiré justement par le titre (ayant moi-même dans mon imaginaire une "sorcière aux corbeaux") et je ne suis pas dessus. Le déroulement de l'histoire est lent, mais délicieusement lent. Calme, comme avant une tempête (il y a toujours une tempête).
Soah
Posté le 23/09/2019
Coucou ! :D
Merci de ton retour, il me fait très plaisir ! :) Comme il s'agit d'un roman de géopolitique etc, le rythme est assez lent - ça ne serait pas très crédible si tout se passait à 100 à l'heure je pense ! ^--^
Et c'est notamment pour ça qu'il y a des gens louches! xD

En tout cas merci beaucoup de m'avoir lue ! :D
El
Posté le 23/09/2019
Je viens de me rendre compte que j'vais dit ne pas être "dessus" xD ça c'est la fatigue....
En plus, une histoire qui ne va pas à 100 à l'heure peut être très agréable à lire quand c'est bien fait : Le Seigneur des Anneaux, c'est très long, mais c'est si savoureux à lire...
Elia
Posté le 08/09/2019
Ce second chapitre est plus calme et pose le décor ce qui est pas mal ! J'apprécie beaucoup Yda qui est très attachante. Quant à Nayla en revanche, je ressens moins ses réactions par rapport au premier chapitre. C'est subjectif mais je pense que c'est lié au fait qu'il y a beaucoup d'informations et que je me suis peut être plus focalisée sur la découverte de ton univers. Mais ça reste subjectif et ça me donne quand même envie de poursuivre !
La dame de la fin est très intrigante. Elle change des chamanes du début hahha. J'ai envie de lui faire confiance mais d'un autre côté je me dis aussi qu'il faut se méfier de tant de gentillesse :P
Soah
Posté le 09/09/2019
Toujours coucou ~
J'ai peut-être moins mis l'accent sur Nayla - j'avoue que je ne m'en rends pas bien compte, comme je voulais bien poser les bases de l'univers. J'espère que ça n'est pas trop dérangeant ><

Oui, les Corbeaux sont beaucoup plus... distinguées on va dire que les matrones des villages paumés du pays ! x')
Peut-être as-tu raison de te méfier ... :p La Reine des Corbeaux, à un rythme assez lent au final mais je pense qu'il faut se méfier des apparences ! :>
AudreyLys
Posté le 06/07/2019
Coucou^^
La douceur de ce chapitre constraste avec le début du chapitre précédent, et ce n'est pas désagréable. On découvre l'univers avec une certaine délicatesse ainsi que les relatiosn entre les personnages. J'aime bien l'affection qu'il y a entre Yda et Nayla, c'est touchant et ça rend leur séparation plus triste. On sent plus le fait que ton héroïne est coupée de son monde, c'est une bonne chsoe je trouve.
Une petite remarque : le quartier génréal (si je peux appeler ça comme ça) des Corbeaux se trouve dans le château royal ? Ce serait plus logique qu'elles aient leur propre bâtiment dans la capital. Ça me parait mieux en tout cas (ne me demande pas pourquoi c'est du feeling, c'est la seule chose qui m'a dérangée). Après c'est peut-être moi qui ai mal compris.
Je mettrai les coquillettes sur ton JdB.  
À bientôt pour le prochain chapitre ;-) 
Soah
Posté le 06/07/2019
Coucou ! :D<br />Contente que la transition entre les deux tons t'ait été agréable ! J'avais vraiment peur que ça soit dérangeant. <br /><br />Oui, les Corbeaux vivent dans le château :) <br />Elles disposent d'une partie de ce dernier, mais comme l'organisation des Corbeaux travaillent en véritable symbiose avec le roi, il était logique pour moi que leur "QG" fasse parti de cet endroit-là. <br /><br />Merci pour les coquillettes :p <br />A bientôt <3
Carvage
Posté le 03/07/2019
Le récit continue de nous immerger dans l'univers, les détails sont assez fournis sans en devenir éttouffant.
Rien de rocambolesque pour l'instant, mais cela laisse le temps de mieux connaitre les personnages.
Deux passages qui m'ont géné dans la lecture :
 " Ses parents étaient décédés lorsqu'elle était encore jeune et la vieille chamane avait alors pris la responsabilité de l’éduquer, de ce fait, elle n'avait guère eut l'occasion de se mêler aux restes des enfants."
Je rajouterai un point après "de l'éduquer", la phrase est trop longue.
"Je ne répondis rien à son argumentaire, bien que je savais qu'elle avait raison j'avais plus envie de bouder que d'être raisonnable"
Pareil, la phrase est trop longue, quelques virgules devrait suffire à changer cela.
 
Soah
Posté le 03/07/2019
Coucou ! <br />Merci pour tes retours et plus particulièrement ce qui t'a gêné ! Je corrigerais ça dés que j'aurais un peu de temps ^--^<br />
Sorryf
Posté le 25/06/2019
Joli chapitre, calme et un peu triste. On en découvre plus tout en douceur sur le monde. J'ai beaucoup aimé l'amitié entre les deux filles. Leur séparation me fait un peu de peine du coup <3
Soah
Posté le 25/06/2019
Coucou, <br />Je suis contente que tu aies apprécié ce chapitre même s'il est beaucoup moins punchy que le précédent ! ^-^<br />Merci de m'avoir lue, ça me fait très plaisir. 
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