Chapitre 2 - Koryu (fin)

Notes de l’auteur : Bonjour tout le monde !

Nous voici en présence d'un chapitre un brin cracra. Si vous craignez notamment tout ce qui touche aux yeux, avancez avec prudence :D

Bonne lecture !

Cette réponse n’était de toute évidence pas celle qu’attendait Mitsuhisa, dont les traits se déformèrent de rage.

 

— Prends une arme, siffla-t-il, les dents serrées.

 

Shiroemon resta un instant immobile, comme s’il essayait de comprendre ce qu’on venait de lui demander, puis se dirigea à son tour vers le râtelier. Bokken en main, il revint face à son adversaire et le salua. Derrière Chinnosuke, un disciple plus âgé déglutit bruyamment. Quand il se tourna vers lui, le jeune homme constata que son aîné gardait les dents serrées et les yeux fixés dans le vide. De toute évidence, il n’avait aucune envie de voir ce qui était sur le point de se passer, mais ne pouvait s’offrir le luxe de détourner le regard. Chinnosuke lui aussi restait immobile, les mains crispées sur son hakama. Jamais encore il n’avait vu Shiroemon en plein combat. Les guerriers valeureux ne manquaient pas parmi les élèves de Gokuden, Chinnosuke avait ramené à la maison assez de bleus pour en attester. Si cet homme mince, qui semblait répugner à être remarqué les supplantait tous, il devait être exceptionnel.

 

L’assaut ne dura qu’un instant. D’ordinaire, on aimait jouer avec les ambitieux qui se croyaient assez doués pour croire qu’ils avaient la moindre chance. Il était clair que Shiroemon n’en avait aucune envie.

 

Mitsuhisa s’élança le premier, lame de bois levée, dans un grand cri qui emplit tout le dōjō. Le temps qu’il franchisse les quelques pas qui le séparait de Shiroemon, ce dernier avait eu le temps de ranger son arme à sa ceinture et s’était avancé lui aussi. Seulement, de son côté, pas de charge sauvage dans laquelle il aurait mis toute sa force. Il leva à peine le pied, basculant le corps en avant tandis que le rōnin fondait sur lui.

 

Assis comme il l’était, Chinnosuke avait une vue imprenable sur leur jeu de jambes. Fasciné par la délicatesse des mouvements de Shiroemon, il le vit à peine dévier le coup de bokken avec son avant-bras et saisir le poignet de Mitsuhisa. On dirait qu’il danse, songea-t-il, hypnotisé par le ballet qui se déroulait sous ses yeux.

 

Un craquement sinistre le força à relever la tête. Ce n’était pas la première fois qu’il entendait ce bruit, qui lui rappelait un pied écrasant une brindille sèche. Un accident arrivait si vite à l’entraînement. Il ne comptait plus le nombre de nez et de doigts cassés qu’il avait fallu remettre en place à la hâte pour éviter les dégâts à long terme.

 

Cette fois-ci, un bras venait de se briser. Sous la manche, que Mitsuhisa avait relevée juste avant de s’élancer, poignait un os d’un blanc sale au milieu d’un flot de rouge vibrant. D’un coup de talon, Shiroemon fit ployer le genou à son adversaire qui, terrassé par la douleur, ne songea même pas à résister. En un instant, ils se retrouvèrent face à face. Chinnosuke, le cœur battant, le ventre tordu et rempli de frissons, contemplait le visage de son condisciple. Aucune émotion ne transparaissait sur le visage de Shiroemon. À peine essoufflé, il ne riait, ni ne grimaçait. Pourtant, Chinnosuke voyait, à la lueur qui dansait dans ses yeux et grossissait de seconde en seconde, comme un incendie naît de la flamme d’une bougie, qu’il prenait du plaisir à cet affrontement. Non, mieux : il s’amusait.

 

Ce ne fut qu’ensuite que le garçon baissa le regard et vit que Shiroemon tenait, entre son pouce et son index, l’œil droit du rōnin. Le globe, toujours accroché à son propriétaire par un épais nerf rose, faisait couler sur les tatamis du dōjō un liquide épais et translucide. Chinnosuke pensa d’abord qu’il s’agissait de larmes, avant de remarquer que l’ongle du pouce de Shiroemon, planté dans l’œil de sa victime, y avait ouvert une plaie dont s’échappait l’humeur vitrée.


 

Dans un souci de préserver la paix, un édit datant de quelques années auparavant interdisait que les disciples d’école de sabre en tuent d’autres lors de duels comme celui-ci. Cependant, il restait permis de blesser, amputer ou défigurer son adversaire. On s’en accomodait bien. Au fil du temps, les maîtres de koryū s’étaient rendus compte qu’il n’existait pas de meilleur hommage à la puissance de leur style qu’une balafre se baladant de ville en ville, de province en province, gravée à jamais sur le visage du perdant. Disposez de votre adversaire et on ne le verra que le temps qu’il faudra aux serviteurs de préparer son bûcher crématoire ; un homme vivant, lui, parlerait de vous sans le vouloir pendant encore bien des années.

 

Shiroemon, debout face à son adversaire, demeurait immobile, à l'exception de son pouce qui pénétrait toujours un peu plus sa prise. Le gargouillis humide qui en résultait envahissait chaque recoin de la pièce.

 

— L’homme sans armure est comme un crabe sans carapace, dit-il d’un ton neutre, sans la moindre trace d’émotion. La chair molle est si facile à déchirer.

 

La voix de Shiroemon résonna dans le silence glacé du dōjō, tandis qu’il enfonçait d’autant plus son ongle dans l’œil de Mitsuhisa. Le plus discrètement qu’il put, Chinnosuke pressa son poing fermé contre son ventre, dans l’espoir de faire taire les vagues qui s’y agitaient. Il sentait dans tout son visage une chaleur intense, comme après un coup de soleil, et pria pour que personne d’autre ne l'ait remarqué. À chaque geignement de douleur de Mitsuhisa, son trouble augmentait, le brûlant de l’intérieur. Il s’imagina à sa place, à genoux, le bras brisé, incapable du moindre mouvement tandis que Shiroemon passait ses longs doigts sous sa paupière pour en extraire l’œil. Il ne se lassait pas d’observer sa main, de laquelle l’humeur gouttait avant de s’écraser, mêlée de sang, sur le tatami. Tout autour de lui, le monde disparaissait dans des contours flous. Il ne restait plus que lui, Chinnosuke, assis immobile, le corps empli d’une délicieuse tension laissant le feu le consumer, et devant lui, Shiroemon ceint d’une glace tirée des plus froids mois d’hiver. Il n’avait qu’à tendre le bras pour l’atteindre. Un simple geste.

 

Tendre le bras.

 

— Allons, il suffit, déclara le maître, et sa voix sonna aux oreilles de Chinnosuke comme le chant du coq qui éclate la bulle des rêves. 

 

La magie du moment était brisée, la fleur fanée à peine éclose. Chinnosuke laissa tomber sur ses genoux la main qu’il avait commencé à lever. Shiroemon lâcha l’œil, qui vint rebondir contre la joue de son propriétaire, et recula d’un pas. L’autre rōnin qui était venu avec lui prit Mitsuhisa par l’épaule et le traîna tant bien que mal vers la sortie. Jusqu’à l’instant où il disparut derrière les grandes portes du dōjō, il ne cessa de darder des regards nerveux par-dessus son épaule, de peur sans doute que Shiroemon ne décide de terminer ce qu’il avait commencé.

 

— Nous poursuivrons l’entraînement sur l’aire de duel à l’extérieur, continua Norikuni, sans prêter la moindre attention aux importuns qui s’en allaient.

 

Il se tourna vers Shiroemon, à qui il tendit un mouchoir qu’il avait tiré de sa manche.

 

— Va donc te purifier et te changer. Tu nous rejoindras dès que tu seras plus présentable.

 

Shiroemon hocha la tête et sortit. Chinnosuke le suivit du coin de l’œil, mais dut vite s’arracher à sa contemplation pour rejoindre les autres. Tandis que des eta, seule caste assez impure pour pouvoir toucher le sang, s’appliquaient à nettoyer les tatamis de leur souillure, les disciples se mirent en route pour la piste située au nord du domaine. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait vu la mort et ne servait plus guère qu’à des duels amicaux ou des combats d’entraînements entre disciples de l’école. Les daimyos, avides de paix, préféraient que l’on règle les conflits entre au fil de la plume plutôt qu’à celui du sabre. Ils n’autorisaient les duels qu’au compte-gouttes, dans des circonstances exceptionnelles. Ces jours-ci, plus personne ne comprenait la valeur du sang.

 

Les affrontements s’enchaînèrent, sous l’œil attentif du maître,  comme si rien ne s’était passé. Les disciples ne pipaient mot, tous se focalisaient sur le duel en cours, notaient forces et faiblesses de chacun pour ensuite pouvoir s’en servir à son propre avantage. Tous les novices y passèrent, ainsi que quelques élèves plus confirmés, que le combat auquel ils venaient d’assister avait échauffés. Quand vint enfin son tour, Chinnosuke s’avança et attendit celui qui lui ferait face. Voyant que Shiroemon venait de refaire son apparition, il espéra un bref instant qu’il venait de trouver son adversaire. Mais à la place, ce fut le maître en personne qui se plaça quelques pas devant lui sur la piste.  

 

— Mets-toi en position, mon garçon. 

 

Un instant interloqué, Chinnosuke finit par obtempérer et lança l’assaut dès le signal donné. Norikuni Gokuden avait beau se trouver plus proche de la tombe que du berceau, l’adolescent savait qu’il n’avait aucune chance de le vaincre. Sa maigre année d’entraînements faisait bien pâle figure à côté des décennies d’expérience du fondateur de l’école Gokuden. Il ne s’agissait pas de gagner, puisque c’était impossible, mais simplement de faire montre de ses talents et de sa maîtrise.

 

Chinnosuke ne parvint même pas à bloquer le premier coup. Il voyait, juste à la bordure de son champ de vision, une silhouette incertaine, à la présence écrasante, dont il n’arrivait à se détacher. Il aurait voulu se tourner vers Shiroemon, le contempler de face pour pouvoir le comparer au samouraï de peinture qu’il admirait le soir. Que lui importait le sabre quand l’ombre de la mort planait là, à quelques mètres de lui, l’appelait, l’envoûtait ? 

 

Le bokken s’écrasa sur son épaule, dans un choc si puissant qu’il le fit basculer en arrière. Quand il se redressa, le vieux maître le toisait de toute sa hauteur, la mine sévère.

 

— Quelle déception.

 

Un silence complet régnait dans l’assemblée. Chinnosuke, déjà honteux d’une telle défaite, sentit l’embarras redoubler quand il se rendit compte qu’aucun des autres élèves de l’école n’avait manqué une miette de cette humiliation.

 

— J’avais placé de grands espoirs en toi, dit Norikuni d’une voix glaciale, mais depuis que tu es là, je ne constate aucun progrès. Tu te comportes comme une petite brute et si, pour le moment, ta hargne seule te permet de remporter une poignée de victoires, tu arriveras bien vite au bout de ce qu’elle peut t’offrir.

 

Le visage baissé, Chinnosuke encaissa chaque mot de cette remontrance. Il préférait encore fixer le sable de la piste que d’affronter les regards impitoyables de son instructeur et de ses camarades.

 

— Tout n’est pas perdu, cependant. Nous verrons dans un an, jour pour jour, si tu auras pu te diriger sur la bonne voie. Si oui, l’école continuera à t’enseigner ses techniques. Si non… 

 

Il laissa sa phrase en suspens, sans doute car il aurait été grossier de la terminer. Il laissa Chinnosuke se redresser et passa à la suite sans autre forme de procès.

 

Chinnosuke attendit que la plupart des disciples soient partis pour s’accroupir près du puits et puiser un peu d’eau au creux de ses mains. Il y plongea le visage, dans l’espoir que la fraîcheur l’aide à remettre ses idées en place. Lui qu’on considérait comme l’un des novices les plus prometteurs de l’école, à en croire le jeune maître Nobutoshi, venait d’essuyer l’un des échecs les plus cuisants de sa vie. Il n’avait fallu qu’un instant, qu’un bref échange de regard, qu’un seul combat de quelques secondes, pour que son esprit n’arrive plus à se focaliser que sur Shiroemon. Il se repassa l’affrontement en boucle, revit comme s’il y était l’œil tout juste sorti de son orbite, remarqua de nouveau la lueur de plaisir dans le regard de Shiroemon, sentit encore la chaleur naître au creux de son ventre.

 

Il plongea de nouveau dans l’eau glacée, tentant en vain de chasser ses pensées obsédantes. Mochi choisit — bien mal — ce moment pour surgir dans son dos et s’accroupir à côté de lui.

 

— Allez, t’en fais pas, va… Le vieux maître a toujours été comme ça. S’il m’avait jeté dehors à chaque fois qu’il avait promis de le faire…

 

Mochi s’interrompit pour compter sur ses doigts, laissant sa phrase en suspens. Chinnosuke, lui, haussa les épaules. Un peu d’eau avait trempé la mèche sur son front ; il en coulait des gouttes lourdes, mêlées à la transpiration. Par habitude, il la lissa du plat de la main et la plaça proprement sous son chignon.

 

Mochi voulut ajouter quelque chose, mais à peine eut-il prononcé la première syllabe du premier mot qu’un cri de stupeur lui échappa. Chinnosuke se tourna vers lui et comprit tout de suite la cause de sa surprise. À côté d’eux se tenait Shiroemon, un camélia à la main. Il venait sans doute de le cueillir dans l’un des nombreux buissons qui fleurissaient sur le domaine. Ignorant Mochi, il s’accroupit près de Chinnosuke et lui tendit ce présent. Ses lèvres s’étiraient en ce qu’il devait vouloir être un sourire mais qui, sur son visage d’habitude inexpressif, ressemblait davantage à une grimace.

 

— Tu as fait preuve de combativité, mais cela ne fait pas tout. Un guerrier doit allier la férocité du tigre à la délicatesse du camélia. L’un sans l’autre ne sert à rien.

 

En de toutes autres circonstances, Chinnosuke se serait agacé de ce jeu de mots sur son nom, mais cette fois, cela ne lui vint même pas à l’esprit. Il se contenta de hocher la tête et accepta la fleur que Shiroemon lui tendait. Il songea, en effleurant le bout de ses doigts, qu’à peine une heure auparavant, ces mains s’appliquait à infliger un tourment d’une violence inouïe. Les phalanges remplies de picotements, il observa l’homme qui lui faisait face, et qui était si proche qu’il pouvait saisir tous les détails de sa physionomie, de son grain de peau à l’implantation de ses sourcils. De l’extérieur, Shiroemon semblait toujours aussi ordinaire, du genre d’homme qu’on aurait pu confondre avec mille autres. Mais Chinnosuke se sentait en sa présence comme devant un tigre, aux crocs acérés sous une souplesse toute féline.

 

Shiroemon ne s’attarda pas. Une fois qu’il eut donné la fleur, il se leva et partit vers les quartiers des disciples, où il vivait. Mochi attendit qu’il ait disparu derrière un bâtiment pour pousser un long soupir de soulagement.

 

— Oh là… ricana-t-il. Je crois que tu as une touche… 

 

Chinnosuke aurait pu croire à une moquerie bon enfant si la voix de Mochi n’avait pas autant tremblé. Il plongea le regard au cœur du camélia, dont les étamines jaunes étaient couvertes de pollen. Ichirō aurait sans doute eu quelque chose de fort intelligent à dire à son sujet, peut-être un haïku improvisé par sa symbolique dans le langage des fleurs, ou une anecdote qu’il aurait lu dans un livre.

 

— Fais attention, ajouta Mochi, plus sérieux que jamais. Je sais que tu arrives à l’âge de ce genre de choses et que tu leur fais tous tourner la tête avec ta petite tronche pleine de boutons. Mais lui, le laisse pas te conter fleurette et le laisse encore moins penser qu’il a une chance. Il est dangereux. 

 

Constatant que Chinnosuke ne lui rendait qu’un regard perplexe, Mochi lui raconta le peu qu’il savait de Shiroemon.

 

C’était un ashigaru, un combattant de basse classe à peine plus haut dans l’échelle sociale qu’un simple paysan. Le daimyō de la province, progressiste dans l’âme et soucieux de récompenser au juste prix ses troupes, leur accordait un peu plus de droits que dans le reste du Japon, mais il n’avait rien d’un samouraï. Dans le grand ordre des choses, il était plus proche d’un chien qu’il ne l’était de Chinnosuke.

 

Sa réputation lui venait de la bataille de Sekigahara, à laquelle il avait participé quinze ans plus tôt, dans le camp des vainqueurs. Le seigneur de leurs terres, dans un éclat de lucidité sans doute, avait retourné sa veste à l’aube de la bataille, pour rejoindre les forces des Tokugawa. C’était sans doute cette allégeance de dernière minute qui avait épargné sa famille, et permis à tous ses samouraïs de conserver leur tête sur leurs épaules et leurs tripes à leur place une fois Ieyasu arrivé au pouvoir. Shiroemon, à ce moment, était bien loin de ce genre de considérations. Dans les bas rangs, entouré de péons de son espèce, il tuait qui on lui disait de tuer, sans poser la moindre question.

 

Lors des mêlées, lorsque les ashigarus venaient, par mégarde, à briser la longue hampe au bout de laquelle était fixée la pointe de métal qui leur servait à briser les lignes ennemies, les pauvres hères n’avaient d’autre choix que de sortir leur sabre et de se jeter au corps à corps sur l’adversaire. Bien souvent, ils n’étaient mus que par l’énergie du désespoir, car ils savaient que dans le meilleur des cas, ils emporteraient un autre combattant dans la tombe.

 

Shiroemon, lui, s’était fait une spécialité de ces combats rapprochés. Il se jetait sur l’adversaire, toutes griffes dehors, prêt à en découdre, même face à un samouraï bien mieux armé que lui. Malgré les nombreuses blessures qu’il avait subies au fil des années, il semblait toujours aussi terrible, toujours aussi incoercible. Les récits des batailles auxquelles il avait participé évoquaient un démon sanguinaire, que rien ne semblait arrêter, ni les sabres, ni les armures, ni les balles. Mochi raconta, la voix basse, comme s’il craignait qu’on ne l’écoute, toutes les rumeurs qui couraient à son sujet. Il parla de victimes lacérées à coups de poignard court, par une main qui n’avait pas son pareil pour trouver la moindre petite parcelle de gorge découverte, de crânes écrasés d’un coup de talons, de membres tranchés et de hurlements d’agonie. Chinnosuke écouta toutes ces histoires, captivé. Il ressentait dans les mots de Mochi le tumulte de la bataille, le tintement des armes qui s’entrechoquent, l’odeur de la chair à vif et de la poudre, puis, au milieu du charnier, un homme aux allures de monstre campé fièrement sur ses jambes, à la recherche de sa prochaine proie. Son cœur battait contre ses côtes. Comme il aurait aimé s’y trouver… 

 

— On raconte qu’une fois, ajouta Mochi, comme un samouraï l’avait désarmé et que ses bras étaient trop blessés pour continuer le combat, il s’est jeté sur lui, l’a mordu au cou et l’a regardé se vider de son sang, la bouche toute peinte en rouge comme un démon.

 

Chinnosuke tourna la tête vers les quartiers des disciples, dans l’espoir d’apercevoir Shiroemon. Tous ces avertissements ne parvenaient qu’à lui confirmer une chose : il venait de trouver son samouraï de peinture, un barbare assoiffé de violence, qui tuait comme on cueille une fleur. Celui qu’il attendait depuis si longtemps se trouvait là, à quelques mètres seulement. Il aurait voulu se lever et courir le chercher, lui poser mille questions sur ses exploits, mais à la simple idée de se trouver de nouveau près de lui, sachant ce qu’il avait fait par le passé, ses jambes se mettaient à trembler et il se trouvait incapable du moindre mouvement. Et puis, le soleil déclinait vers l’horizon. Il était temps de rentrer. 

 

En partant, Mochi le mit une dernière fois en garde, et de ce fait, l’encouragea encore davantage : 

 

— Ne t’approche pas de ce type. C’est une bête.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Alice_Lath
Posté le 05/06/2021
Je touche donc à la fin de toute ce qui a été publié hahaha je suis condamnée à attendre la suite, RIP pour moi :')
Sinon, contrairement aux commentaires du dessous, j'ai pas trouvé la scène de l'oeil si violente que ça si ça peut te rassurer haha je l'ai lu sans problème, ça s'enchaîne bien et c'est pas trop gore non plus
Pour Shiroemon, à voir ce que ça va donner haha je parie que Chinnosuke va vraiment essayer de le draguer, à voir s'il va réussir à surmonter son mépris de classe (perso, je pense qu'il y parviendra)
Y'a aussi la remontrance du maître qui est cool avec la deadline d'un an pour tout changer et perso j'y crois, je pense que Chinnosuke en est capable !
Bref, très cool ce début, j'accroche bien à l'histoire, je m'y plais et je suis ravie de pouvoir continuer ! Et si t'as besoin de retours plus détaillés sur des points X ou Y, hésite pas !
HarleyAWarren
Posté le 07/06/2021
Hellooo
Merci pour ce commentaire :)
Comme je dis dans une réponse plus bas, je pense que ce passage est dans les plus gores de l'histoire. En vrai, ce n'est pas une histoire tant horrible sur le plan physique que sur le plan psychologique, donc j'essaie d'y aller doucement avec les tripes et boyaux.
Quand à Chinnosuke et Shiroemon, j'en dis pas plus pour le moment, la suite arrive bientôt :D
Louis.W
Posté le 04/06/2021
Alors avec ce chapitre super graphique, tu viens de faire lâcher le livre à toutes les "moyennes nature" qui lisaient. L'arrachage d'oeil est tellement barbare, imagé et violent, que je t'avoue avoir frotté moi-même mes paupières quelques fois. Les lecteurs les plus "normaux" abandonneront tous à ce chapitre lol.

Sinon Shiroemon super intéressant comme personnage. C'est le début d'une spirale avec Chinnosuke et ça promet... J'espère cela dit que cela ne sera pas une "romance" même noire, et qu'on continuera a voir aussi le développement de Chinnosuke sur la guerre, ses combats, etc...

qu’il prenait du plaisir à cet affrontement. Non, mieux : il s’amusait. => Ça sonne un peu bizarre. Prendre du plaisir peut aussi vouloir dire s'amuser du coup...


— On raconte qu’une fois, ajouta Mochi, comme un samouraï l’avait désarmé et que ses bras étaient trop blessés pour continuer le combat, il s’est jeté sur lui, l’a mordu au cou et l’a regardé se vider de son sang, la bouche toute peinte en rouge comme un démon. => Image très graphique, très pittoresque, je dirais belle... mais je ne sais pas si le terme est approprié lol.

En tout cas j'attends la suite moi !
HarleyAWarren
Posté le 07/06/2021
"Tu viens de faire lâcher le livre à toutes les "moyennes nature" qui lisaient" > Et c'est tellement pas fini, si tu savais :D Bon, en vrai, il y aura peu de scènes vraiment gores d'un point de vue "physique" (de tête, comme ça, j'en compte deux qui seront un brin cracra et peut-être encore une pas bien ragoutante mais pas non plus exceptionnement crade). Donc question gore, le pire est passé :D
"J'espère cela dit que cela ne sera pas une "romance" même noire, et qu'on continuera a voir aussi le développement de Chinnosuke sur la guerre, ses combats, etc..." > Là, je dirais oui et non, parce que, sans trop en dire non plus, le rapport à la violence de Chinnosuke va beaucoup évoluer suite à cette rencontre
En tout cas, je suis contente que ça t'ait plu :D
Louis.W
Posté le 08/06/2021
Je voulais dire "juste une romance". En gros j'espère qu'on ne rentre pas a partir de maintenant dans une romance et que tout le reste perd son importance ahah.
Flammy
Posté le 02/06/2021
Coucou !

Miam, un chapitre charmant à lire juste après avoir mangé ='D

Bon, clairement, Shiroemon, non seulement il est très fort, mais encore en plus, c'est clairement pas un tendre x) Pour aller s'amuser à enlever un oeil et le crever, vala quoi ='D D'ailleurs, pour avoir déjà fait des dissection d'yeux (pour mes cours de bio hein, naturellement), une fois qu'un oeil est percé, ça se vide vraiment d'un coup et ça n'a plus trop de maintien, et ça ne fait pas trop de bruit. Dans l'esprit, c'est un peu comme un ballon de baudruche, une fois que c'est crevé, ça se vide d'un coup.

Enfin bon, là, clairement, le plus flippant de ce chapitre, c'est même pas Shiroemon (il a l'air un poil sadique sur les bords mais sait se comporter et visiblement, attaque pas les gens random), mais Chinnosuke qui est ultra attiré par ce genre de comportement, aimerait bien être à sa place, trouve ça sexy... Il devient de plus en plus inquiétant ce petit ='D

Enfin bon, la raclée mise par le maître lui a fait du bien, j'espère que ça va lui remettre les idées en place, mais bizarrement, je n'y crois pas x) Ces deux là sont plutôt partis pour aller dans une spirale destructrice, ça va pas être beau ='D En tout cas, je suis très curieuse de voir comment la relation entre ceux deux-là va évoluer parce que bon... On le sent venir que ça va pas donner des trucs glop ^^" Le pire, c'est qu'on voit autour tous les gens qui essaient de le protéger/de le mettre sur "le droit chemin", mais bon, ça va pas suffire ='D

Bon courage pour la suite !
HarleyAWarren
Posté le 02/06/2021
Je dois avouer que, la scène de l'oeil, je me suis basée sur mes vieuuuuux souvenirs de dissection en bio aussi. D'aussi loin que je m'en souvienne (même si ça va faire dix ans maintenant T^T), je me souviens que ça s'affaissait un peu mais que ça restait quand même à peu près solide mais à la réflexion, ça avait peut⁻être aussi à voir avec la façon dont ils étaient conservés avant la dissection. Faudrait que j'aille voir s'il y a pas des vidéos d'un oeil "frais" quelque part sur les internets pour voir la différence (le type de la NSA qui surveille mon activité internet va être ravi)
"attaque pas les gens random" > ( ͡° ͜ʖ ͡°)
En tout cas, je suis contente de lire ton ressenti, parce que c'est exactement ce que je voulais amener comme émotions/réfléxions, je suis ravie que tout fonctionne selon mon plan muahaha
Flammy
Posté le 02/06/2021
Pour la dissection de l'oeil, tu peux me croire pour le coup, je suis justement prof de bio et crois-moi, vu que les élèves osent en général jamais donner le premier coup de scalpel dans l'oeil, j'en ai planté des yeux ='D D'ailleurs, il a quand même de sacrés ongles le petit, parce que même avec un bon scalpel, faut forcer pour crever un oeil x)
Ce smiley qui veut tout dire xD
HarleyAWarren
Posté le 02/06/2021
Faudra que je repasse par la case charcutage un de ces quatre, alors, je dois mal me souvenir x) Pour être tout à fait honnête, je me souviens surtout des bagarres d'organes qui suivaient généralement ces cours-là xD (le bruit d'un coeur lancé d'un bout à l'autre de la classe et qui atterit sur la belle blouse toute blanche du petit camarade restera gravé à jamais dans ma mémoire)
Vous lisez