Chapitre 2 : Comédie

Par Taranee

Juste après le meurtre.

 

    Les engrenages de mon esprit se mettent à tourner allègrement. Je trouve presque immédiatement la solution : Faire passer ça pour un suicide. Au fond, c'est comme si j'avais toujours sû quoi faire. Je pars dans la chambre de mon père et j'y prends sa vieille paire de gants. Quand je reourne dans la cuisine, j'attrape l'arme du crime et j'essuie mes empreintes avant de la déposer dans la main droite de mon géniteur.Je brise sa bouteille de bière sur le sol et je place méthodiquement les morceaux près de sa main gauche. Je me relève et j'admire le résultat. Mon père n'a plus été tué par sa propore fille. Non. Maintenant, il s'est suicidé au couteau après une nuit de beuverie.

    Je souris, satisfaite de ma supercherie. Je hurle le plus fort possible. Bientôt, Mme. Martin, la vieille voisine déboule dans la pièce, affolée. Elle me voit d'abord, moi, qui pleure. Puis elle découvre le cadavre. Elle se retient de crier et sort son téléphone pour appeler la police. Quelques minutes plus tard, l'appartement est investi de policiers. L'un d'eux vient me voir pour m'interroger sur ce que j'ai vu.

- Bonjour, je m'appelle Luc. Toi tu es Gwenaëlle c'est ça ?

Je hoche la tête.

- Pourrais-tu m'indiquer ce qu tu as vu et entendu s'il te plaît ? C'est très important que je comprenne ce qu'il se passe pour reconstituer les faits.

C'est alors qu'avec un jeu d'acteur que je ne me soupçonnais pas je fonds en larme.

- Je savais pas ! Je savais pas qu'il allait faire ça !! Je savais pas...

L'agent semble confus. Il me tapote doucement l'épaule puis me redemande patiemment ce qu'il s'est passé. Je prends une inspiration et, avec une voix faible, je raconte :

- J'étais dans ma chambre, il était... Il devait être 22 heures, pas loin... J'entends la porte s'ouvrir. C'était mon père, je le savais, qui rentrait du bar.

- Du bar ? s'étonne l'agent de police : Ton père va au bar et laisse sa fille toute seule à la maison ?

- Oui... Il est rentré dans l'appartement. D'habitude, d'habitude il vient dans ma chambre et... je soupire et fais mine d'être accablée : Peu importe. Cette fois-ci il n'est pas venu. J'ai entendu des pas puis plus rien pendant plusieurs secondes. Et puis j'ai entendu un Boum. Puis de nouveau le silence... Je suis sortie de ma chambre et je l'ai appelé mais il a pas répondu.

Je fais une pause dramatique de mon récit, je verse une larme. Je pourrais remporter un oscar. Puis, après une dernière inspiration, je reprends :

- Je l'ai cherché dans sa chambre et dans la salle de bain mais il n'y était pas. Alors je suis allée dans la cuisine. Et là... Et là...

Ma voix se casse, de nouvelles larmes sortent. Je ne termine pas mon récit. L'agent Luc se gratte l'arrière du crâne.

- Ton père te battait. N'est-ce pas ? me demande-t-il.

Bien qu'interloquée par cette question, je reste dans mon personnage de petite fille fragile. J'acquiesce imperceptiblement.

- Ecoute-moi bien, Gwenaëlle. Je vais te trouver une famille d'accueil et à partir d'aujourd'hui tu vivras heureuse. Tu n'as pas à regretter la mort de ton père, il t'a fait du mal ! Ce soir, tu vas dormir chez moi parce qu'il est trop tard pour aller autre part. Et demain, je verrais comment m'arranger hein ?

J'affirme d'un signe de tête.

- Bien. Viens avec moi alors.

Nous nous levons. Je vais dans ma chambre et je fais un sac avec quelques affaires. Je peux à peine contenir mon rire. Jamais. Jamais il ne découvriront la vérité ! Et moi, je vais mener ma petite vie bien tranquille. Tu peux bien crever papa, je te déteste.

    Quand je reviens, l'agent Luc me prend par l'épaule et m'amène à sa voiture. En route, il me jette de fréquents coups d'oeils. Bientôt, nous arrivons en vue de son lieu de résidence. Cette une charmante maisonette faite de bois. On se croirait dans un film. Luc m'aide à sortir de la voiture et ouvre la porte de la maison. Nous arrivons dans un salon accueillant où attendent une femme et un petit garçon. A notre arrivée, tout deux se précipitent vers l'agent.

- J'ai eu si peur ! Quelle est cette convocation nocturne mon chérie ?! s'exclame la femme.

Le garçon m'observe d'un oeil circonspect avant de demander à son père qui je suis. Luc leur explique la situation sans trop de détails et bientôt, je suis installée sur un matelas, dans la chambre du garçon.

- T'as pas l'air triste pour ton père. me dit-il.

Je ne réponds pas. Ce serait une perte de temps et de sommeil que de lui expliquer que je n'ai jamais été triste.

- Eh oh ! J'te cause ! Tu pourrais au moin me répondre ! C'est bizarre quand même que tu sois pas triste ! continue-t-il.

Bon. S'il insiste. Je me lève de mon matelas et m'approche de lui jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de son visage.

- Ecoute. Si je n'ai pas l'air triste, c'est peut-être parce que je ne le suis pas. Et si je ne réponds pas, c'est peut-être parce que je n'en ai pas envie. Maintenant, si tu tiens vraiment à ce que je te répondes, je te dirais que peut-être, mon géniteur ne s'est pas suicidé et que tu ferais mieux de ne dormir que d'un seul oeil si tu ne veux pas qu'on retrouve ton cadavre demain.

Le garçon recule, son regard perd de l'assurance. Il bégaie :

-Q-Qu'est-ce que tu racontes ? Pa-Papa a dit qu-qu'il s'agissait d'un suicide ! A-Arrête de raconter n'importe-quoi !

- Ah ouai ? Et si "papa" se trompait ? Après tout j'étais la seule personne présente dans l'appartement au moment du crime. Je suis la seule à savoir vraiment ce qu'il s'est passé. Et je resterai la seule. Tu ferais mieux de faire attention et de garder tes distances avec moi. Il pourrait t'arriver malheur.

Je le vois perdre tout assurance, trembler. Il recule. Qu'est-ce que je m'amuse !

- N-ne t'approche pas de moi ! s'exclame-t-il.

J'ébauche un sourire satisfait.

- Bien. Sur ce, bonne nuit. Peut-être que d'ici demain tu seras encore en vie. Mais si tu dis quelque chose à ton père, je le saurai.

Un gémissement sort de sa bouche. Je pousse un ricanement moqueur et je retourne sur le matelas. Avant de fermer les yeux, je perçois dans l'obscurité ses yeux qui me regardent remplis d'effroi.

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Voltage
Posté le 26/02/2021
Salut ! Avant de faire de commentaire, laisse-moi te montrer des petites fautes d'inattention que j'ai relevées :
- "reourne" retourne
- "êtr" il manque le e
-"détèste" il n'y a pas d'accent grave au deuxième e
- "A" il manque l'accent
- "moin" il manque le s
J'en ai peut-être oublié, je ne suis pas une excellente correctrice orthographique...

Alors...Déjà, on en apprend beaucoup plus sur son caractère. Elle est très intelligente, rusée et fourbe pour son âge, mais ça ne nous empêche pas de nous intéresser et de nous attacher à elle. Elle a d'ailleurs un caractère qui me plaît bien. Il y a quand même un petit contraste entre la manière de parler du garçon et la sienne. Est-il plus jeune ? Cela laisse à penser que oui.
Si là elle a dix ans et qu'elle sait faire ça, mais que pourra-t-elle faire adulte ! C'est quand même impressionnant ! Son jeu d'actrice, la façon aisée avec laquelle elle a caché les preuves...C'est comme si c'était inné chez elle. Ce qui me fait réfléchir sur son passé. On en sait peu sur sa mère, seulement qu'elle a divorcé avec son père, sur ses origines...Aurait-elle une famille de meurtriers ? Ou alors elle est incontestablement douée pour le meurtre sans aucun facteur de son passé ?
Taranee
Posté le 26/02/2021
Merci de m'avoir indiqué les fautes ^^
Je me rappelle avoir écrit ce chapitre aux alentours de 23 heures alors tu imagines que j'avais un peu le cerveau embrouillé ! Je vais corriger ça tout de suite !
Pour ce qui est du meurtre... On en apprendra plus sur la famille de Gwen mais effectivement, la comédie de même que le meurtre, tout ça est innée ! Le fils du policier est bel et bien plus jeune...
Je suis contente que tu aimes mes histoires !
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