Chapitre 2 : Arriver à un nouveau départ

Cette matinée d'automne brillait par une chaleur d'été indien. Les rayons glissaient à travers les carreaux de verre coloré et découpaient les trois sacs de voyage de Na. La jeune fille, assise sur le lit, les regardait avec détachement. Elle n'avait aucune envie de s'atteler à son installation, comme si animer la chambre vide serait un sacrilège à la mémoire de son frère disparu. Sur les étagères, quelques romans prenaient la poussière et les affiches de rock sur les murs avaient jauni. Elle s'approcha du bureau tout juste nettoyé pour l'examiner. Claude et Mehdi avaient beau lui assurer qu'ils ignoraient tout du sort de son frère, elle soupçonnait ses oncles de lui dissimuler des choses, sous prétexte de la protéger. 

 

Et cela horripilait Na.

 

La jeune fille savait se protéger et surtout aimait à protéger autrui. Elle souhaitait sauver son frère, quelque soit les conditions de sa disparition, pas être traitée comme un bibelot fragile. Elle ouvrit une nouvelle fois les tiroirs vidés avant son arrivée et se promit d'en toucher un mot à Claude et Mehdi. Ou plutôt, de coincer Mehdi après sa bière du vendredi soir, quand sa vigilance serait la plus relâchée. Impossible de jouer à la plus maligne avec Claude, alors elle allait devoir s'adapter.

 

— Le petit-déjeuner est servi ! hurla Mehdi depuis le rez-de-chaussée. Dépêche-toi ou Claude aura tout débarrassé avant !

 

Na rajusta sa jupe et ouvrit la porte pour se précipiter à table. Effectivement, Claude venait de finir son repas et s'attaquait déjà à retirer les confitures et la brioche. Mehdi jeta un clin d'oeil amusé à l'adolescente et retourna à la lecture de son essai sur les variétés de champignons des sous-bois napolitains. 

 

Des bouquets de plantes séchaient, accrochés aux poutres basses de la bergerie. Na fourra ses pieds nus dans les tapis doux qui recouvraient le sol de la pièce dès l'automne arrivé. Elle tapa dans la main de Mehdi, recroquevillé sur une persienne de velours, et s'attabla. L'adolescente réussit à sauver la baguette, le beurre et le jus d'orange de la rafle orchestré par Claude et fit glisser une assiette et des couverts sur le bois grossier. Puis, toujours en silence, elle se prépara ses tartines et fixa le coin cuisine d'un air morne. 

 

— Tu comptes faire quoi aujourd'hui ? lui demanda Claude avec son visage si semblable à celui de sa nièce. Ça serait bien que tu ranges tes affaires. 

 

— Laisse la un peu respirer, intervint son mari depuis son tas de coussins. Elle vient d'arriver. Ne l'écoute pas, Na. C'est un vieux ronchon.

 

Claude ne répondit pas, néanmoins sa bouche se tordit en un pli amer. Na le remarqua, mais préféra ne pas y faire allusion : inutile de mettre les feux aux poudres alors même qu'elle n'avait pas fini de manger. 

 

— N'empêche, poursuivit Mehdi sans se soucier de Claude, il n'a pas tort non plus. La zone n'est pas très sûre en ce moment. Tu as déjà de la chance que ta mère ait accepté que tu viennes. 

 

— Comment ça ? marmonna Na en se retournant à moitié. Parce que Suihei a disparu pendant son séjour ici ? 

 

Claude laissa retomber sèchement une vaisselle dans l'évier. Il lui présentait le dos, mais Na pouvait voir ses épaules se contracter sous sa chemise de là où elle se trouvait.

 

— Pas que, grogna Claude. Des Chasseurs sont installés dans la région, et pas pour des raisons pacifiques. Ils veulent du sang, et même si nous ne sommes pas leur proie, je préfère que tu ne t'éloignes pas trop du village.

 

Na haussa des épaules et croqua dans le pain. Une fournée de miettes tomba en pluie sur son assiette et elle retira un peu de beurre de sa joue. Des Chasseurs, il y en avait toujours eu dans le monde, ce n'était pas nouveau et jamais ils ne s'étaient pris à Claude ou à Mehdi. Alors quel était le problème ? Claude dut sentir son trouble, car il se retourna et se frotta le front, comme à chaque fois qu'il devait chercher ses mots. Mehdi l'encouragea à se lancer d'un geste du menton et après un énième soupir, son oncle avoua : 

 

— On a aussi repéré des choses peu fréquentables, en plus des Chasseurs. Choses qui sont apparues peu avant la disparition de Suihei. Les deux ne sont pas nécessairement liées, mais voilà.

 

— On ne l'a pas dit au Village, ajouta Mehdi. Ils nous auraient demandé de rentrer et de quitter notre maison pour nous protéger. 

 

— C'est pour ça, conclut Claude, que nous t'accueillons avec plaisir, mais je ne me remettrai pas de perdre ma nièce après mon neveu. 

 

Na fronça les sourcils et reposa sa tasse de lait.

 

— Suihei est pas mort, dit-elle. Nous l'aurions su sinon. 

 

Mehdi marmonna alors depuis son coin : 

 

— Il y a des choses pires que la mort, petite.

 

Tous trois se turent, malgré le pépiement d'un passereau de l'autre côté de la fenêtre. Enfin, Na prit la décision de se lever après avoir avalé son dernier morceau de tartine, rangea la table toujours sans desserrer les dents et disparut un instant à l'étage. 

 

Quand elle revint, elle s'était équipée de son ombrelle pour se protéger du soleil et annonça :

 

— Je vais me promener. 

 

— Tu vas où ? demanda Claude. Ne t'éloigne pas trop. Tu prends bien Amaterasu avec toi ?

 

— Sinon on lui achète un portable, suggéra Mehdi.

 

Son compagnon le foudroya du regard et aussitôt, Mehdi retourna à sa lecture pour mieux éviter l'orage. Na avait déjà vu ces appareils pour appeler et envoyer des messages, mais n'était pas certaine de comprendre la répugnance de Claude à lui en confier un. Une histoire de prédateurs en ligne qui traqueraient les jeunes filles, si elle avait bien saisi. 

 

— Je vais vers les prés un peu plus haut, dit-elle en toute simplicité. Et j'ai Amaterasu pas loin, il est dans mon sac.

 

Claude hocha la tête et retourna à la vaisselle. 

 

— Très bien, fit-il. Tu as une heure maximum, et pas plus jeune fille.

 

Na serra les dents pour mieux masquer sa sourde irritation et claqua la porte. Dehors, un contraste de fraîcheur des sous-bois et de chaleur l'accueillit. Elle avança de quelques pas hors de l'ombre afin de savourer le soleil et déploya son ombrelle de dentelle. 

 

Une fois hors de vue de la bergerie, après le virage qui y menait, l'adolescente attrapa son sac rigide et fit tinter les perles cousues en le déclipsant. Elle en tira un étui percé et l'ouvrit avec délicatesse pour mieux réveiller Amaterasu. 

 

— Debout, chuchota-t-elle. On part se promener. 

 

La créature s'étira avec lenteur. Des petites griffes éthérées émergèrent de la flamme et se plantèrent dans le cuir. Puis, Amaterasu écarquilla un oeil unique, fait d'un feu bleu donnant sur la partie la plus chaude de son être et se laissa glisser. Il tomba sur la terre en un flosh et aussitôt, une mare de flammes s'étala de chaque côté pour récupérer des brindilles et des feuilles mortes capables de lui faire regagner une taille respectable. Chaque séjour dans l'étui le réduisait en effet à peau de chagrin et ne devait pas s'éterniser sans quoi Amaterasu, comme tout Esprit du feu, risquerait de s'éteindre pour de bon. 

 

— Tu mangeras en chemin, fit Na. Mais sois discret.

 

— Et pourquoi ? crépita Amaterasu. Je sssuis sssi bissssarre pour tessss amis ?

 

— Nous ne sommes plus à Brocéliande. Nous sommes chez les humains, et il y a peut-être des Chasseurs. Ils ne doivent pas nous repérer.

 

Alors, l'Esprit dessina deux traits embrasés en guise de jambe et modela un crâne de cyclope déformée en un simulacre d'humain.

 

— Et là ? siffla-t-il. Je sssuis disscret ? 

 

Na secoua la tête en signe de dénégation. Amaterasu s'effondra en un ruban brûlant et tournoya autour d'elle, toujours avec son oeil bleu grand ouvert.

 

— Un jour, moi aussssi je sssserai humain, dit l'Esprit. Je veux des ssssentiments et un corps, comme toi.

 

Son amie aquiesça en silence et reprit son chemin vers les pâturages, habitué à la rengaine d'Amaterasu. Ce fut d'ailleurs la raison pour laquelle une amitié s'était liée entre eux, chose exceptionnelle pour les Esprits non animaux. D'ordinaire, leur conscience était si différente des Sorciers, comme Na, et même des humains, que la moindre interaction était coûteuse. Amaterasu était un excentrique parmi ses paires, imitant les humains et échangeant avec les Sorciers dans l'espoir de se rapprocher d'eux. 

 

Na manqua de glisser sur une pierre. Son mocassin ripa et elle se rattrapa in extremis en s'accrochant à un piquet. Cela lui apprendrait à se perdre dans ses réflexions. 

 

Elle tira un grand coup sur sa jupe à panier et épousseta la terre qui maculait ses mitaines de dentelle. 

 

— Tu es trop étourdie, fit Amaterasu en rongeant un bout de bois. Toujours dans tes pensssées... D'ailleurs, tes oncles ont ssssuggéré quelque chossse pour ton frère ? 

 

— Rien, admit Na. Je ne sais même pas par où commencer. 

 

L'image d'un jeune garçon pris dans les phares la veille au soir traversa son esprit. Ses cheveux bouclés, ses traits pleins et ronds, avec sa bouche dessinée en arc doux, avec des commissures moqueuses. La Sorcière saisit son ombrelle à terre et repartit d'un pas décidé dans sa promenade sur le chemin vicinal, suivie par Amaterasu. L'adolescent pourrait être la renseigner, après tout Suihei vivait dans ce village quelques semaines auparavant. Il fallait qu'elle le retrouve.

 

— Claude et Mehdi ne vont pas m'aider, ajouta-t-elle. Ils vont vouloir me protéger.

 

Dans le même temps, ils dépassèrent une motte herbeuse d'où pointaient colchiques et pissenlits. Les toitures de Sainte-Marie se dessinaient, mais c'était les sommets des glaciers qui attiraient le regard de la jeune fille. Les crocs blancs se plantaient dans le ciel avec une majesté indifférente.

 

— En même temps, dit Amaterasu, ils ssssont ta famille. Cccc'est leur rôle, non ? Ils t'aiment, tu sssssais. 

 

— Je sais. Et je sais que c'est atroce à dire, mais à des moments, je voudrais être moins aimée. 

 

— Tu es difficcccccile. Quand ils te sssssoutiennent, ccccce n'est pas assssez. Quand ils ne te sssssoutiennent pas, tu sssssouhaiterais qu'ils ne sssssoient pas là. Est-ccccce là cccce que vous appelez "ressssspect du libre arbitre" chez les humains ?

 

Na secoua la main pour dégager la flamme, irritée de ne pas trouver de soutien de ce côté non plus. Certes, partir à la recherche de Suihei était une entreprise périlleuse et heureusement qu'elle avait sa majorité de Sorcière, sans quoi ses parents auraient fait obstruction, quitte à faire appel aux Députés de la Rotonde pour la retenir à Brocéliande. Mais une majorité de Sorcière n'était qu'une demi-majorité tant qu'elle n'obtenait pas non plus l'âge légal chez les humains. 

 

Mais justement, sa famille devrait lui être reconnaissante de prendre ce risque au lieu de faire comme le reste du Village et de se lamenter dans un coin. Amaterasu bondissait à ses côtés, muet le temps que son amie se calmât.

 

Une brise plus tiède que les autres la ramena délicatement à sa balade. Elle plissa un instant les yeux vers un torrent qui coulait sur le flanc de la montagne voisine et avisa une poignée de hêtres et de noisetiers en amont lorsqu'elle tourna la tête vers sa droite. Les quelques arbres dominaient un pré jouxtant Sainte-Marie. En y allant lentement, elle ne prendrait sans doute pas dix minutes à atteindre le carré d'herbe et de colchiques. Na ne mit qu'une fraction de seconde à se décider à aller examiner l'endroit.

 

Une fois dans le sentier poussiéreux qui y menait, elle longea les piquets garnis de fil de fer et parvint à un portail vermoulu. La jeune fille tenta de voir si le propriétaire se trouvait à l'intérieur puis, ignorant tout des usages de la campagne, poussa le loquet et entra sur le terrain. Aucune bête ne semblait y demeurer. 

 

Amaterasu se faufila à sa suite en prenant soin de ne pas effleurer le bois de la clôture. Il ne faudrait pas y laisser une trace de brûlis par mégarde. 

 

— Toujours cloissssonner, depuis toujours. Et la terre ne comprend pas pourquoi. 

 

— Pour s'organiser, répondit Na en fixant le bosquet de hêtres un peu plus haut. Nous avons besoin de tracer des limites pour comprendre nos responsabilités.

 

Amaterasu flamba un peu plus fort, comme à chaque fois qu'il découvrait quelque chose d'intéressant sur les humains. Na aurait pu parier qu'il n'allait pas tarder à lui demander son propre territoire dans la chambre afin de tenter d'imiter un peu plus ses modèles. La Sorcière lui jeta un regard indéchiffrable et remonta la pente vers le bosquet. 

 

La délimitation du champ tranchait le bois en deux et elle pouvait apercevoir de l'autre côté des fils de fer une marée rousse. Le tapis de feuilles mortes craquait sous ses mocassins alors qu'Amaterasu s'était ramassé sur son épaule avec un morceau de bois, par mesure de prudence. Il avait beau être gourmand comme tous les Esprits de feu, il n'aurait pas voulu fâcher Na en réduisant l'espace en cendres. 

 

Na s'avança un peu plus vers un piquet quand un pressentiment mit ses sens en alerte. Le coeur battant, elle se retourna pour examiner les bois du côté du pâturage, sans rien remarquer. Pourtant, la musique du vent jouait des accords d'avertissement et plongeait son corps dans une crispation trouble. Quelqu'un ou quelque chose était là. Sorcier ? Chasseur ? Autre chose ? 

 

Amaterasu dut percevoir sa nervosité, car il se ramassa en une boule, prêt à exploser pour défendre son amie si nécessaire. 

 

La jeune fille s'accrocha un peu plus fort la poignée de son ombrelle et glissa les doigts le long du mât pour frôler le coulant, afin de la replier et de s'en servir d'une arme au moindre problème. Dans le même temps, elle calma sa respiration et ses yeux rebondirent de tronc en tronc afin de débusquer la source de la menace. 

 

Le bois craquait et les murmures de la Nature s'enchevêtraient. Néanmoins, la brise décida une seconde fois de susurrer à son oreille pour l'aider et les sifflements tissèrent une compréhension ésotérique chez la Sorcière. Elle sut soudain, de manière inexplicable et intraduisible pour quiconque n'avait jamais fait l'expérience de communiquer avec le vent. 

 

Alors, elle ferma les yeux pour se concentrer sur le craquement du bois. L'odeur douceâtre des paquets de feuilles en décomposition emplit ses poumons. Elle sentait les racines et rhizomes courir dans la terre. Le voile d'humidité sur sa peau. 

 

Na sut quand elle frôla la formidable masse multiple et unie à la fois de la conscience de la Nature. Elle adressa son voeu aux arbres qui se mirent à frémir. Il fallait qu'ils la protègent pour que Claude et Mehdi ne souffrent pas d'une nouvelle perte. Sa prière sincère dut être entendue.

 

Une ramure secoua plus fort et un paquet tomba d'une branche avec fracas en hurlant.

 

— Alors on espionne ? demanda-t-elle en rajustant ses gants. Ou es-tu le châtelain des lieux ?

 

— J'espionnais pas, rétorqua le tas de feuilles. C'est le pré du père Baptiste, t'as rien à faire là.

 

Après un frisson, une paire de bras apparut suivie de deux grands yeux bruns. Na recula et entrouvrit la bouche de surprise : le garçon que Claude avait failli renverser la veille se trouvait face à elle. 

 

Impossible de le confondre avec un autre.

 

— Mais t'étais avec les fous d'hier, poursuivit l'adolescent visiblement aussi étonné qu'elle. Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu diras à tes amis dérangés de la bergerie qu'ils auraient pu me tuer.

 

— Tu connais Claude et Mehdi ? demanda Na du bout des lèvres. Ce sont tes amis ?

 

Le garçon ébouriffa ses cheveux pour chasser les brindilles et la terre qui s'y étaient nichées et attrapa son sac à dos dans le tas de feuilles afin d'essuyer la traînée de boue sur la toile. 

 

— C'est les amis de personne, bougonna le garçon. Ils parlent jamais aux gens du village. D'ailleurs...

 

Il redressa la tête et ses yeux s'étrécirent : 

 

— Tu parlais à du... feu ? J'ai mal vu ?

 

Na demeura une seconde coite, incertaine de la conduite à suivre. Amaterasu se recroquevilla un peu plus contre sa peau. Certes, rien ne lui interdisait de tout raconter à l'adolescent dans les règles des Sorciers, mais enfin, ce n'était pas non plus vraiment conseillé. Surtout quand des Chasseurs traquaient le moindre indice dans les environs.

 

Et en même temps...

 

À voir sa lèvre un peu tombante trahir le doute, Na se prit à vouloir jouer un peu avec l'inconnu. Juste pour observer la crainte dans ces iris sombres, et puis la peau décolorer ce teint bistre. 

 

Elle tritura un instant la poignée de son ombrelle, incertaine de la réponse à apporter. L'idée que Claude puisse désapprouver ce type de comportement fit basculer la balance pour de bon.

 

— Tu veux voir ? dit-elle. Je peux te montrer.

 

L'adolescent s'approcha et son avancée se faisait au rythme des feuilles écrasées. 

 

— Tu es une cracheuse de feu ? fit-il avec méfiance. J'en ai déjà vu au cirque de Piquelles, y'a longtemps. 

 

Na sourit et surprit une lueur fugace embraser les oreilles et les pommettes du garçon, qui détourna la tête vers les bois. Amusée par son trouble, elle se tordit le bras pour récupérer Amaterasu encore dissimulé à l'arrière de son crâne.

 

— Disons, susurra-t-elle, que c'est un peu plus compliqué que cela. 

 

Puis, tout en douceur, elle écarta les doigts pour dévoiler les flammes bleues de son ami. Le garçon approcha le visage jusqu'à presque se brûler, recula, avec la mine d'un animal suspicieux devant sa gamelle.

 

Amaterasu décida à ce moment d'ouvrir son oeil.

 

— Merde ! s'exclama l'adolescent. C'est quoi ce foutoir ?! 

 

Il attrapa ses affaires et s'enfuit en courant vers le village. Laissée plantée là avec Amaterasu, Na baissa la tête, un rictus amusé aux lèvres. Pourtant, elle se sentait blessée sans trop comprendre pourquoi, comme si ce rejet venait de broyer son coeur.

 

Amaterasu la sortit de sa douleur en sifflant : 

 

— Quel malappris cccccelui-cccccci. Il a même oublié quelque chossssse.

 

Vexé, l'Esprit de feu alla bouder sur l'épaule de Na. De son côté, blême, la Sorcière s'approcha d'un étrange carnet. Ou plutôt, un cahier de cours à en juger l'intérieur. 

 

D'après l'étiquette, le garçon s'appelait donc Amadeus Labaky et, faute d'autres possibilités dans la région, allait sans doute dans la même école que Na. Elle referma le tout avec douceur et resta songeuse près d'une souche à l'idée de le revoir à la rentrée. Dire qu'elle avait manqué l'occasion de l'interroger sur Suihei... Elle se promit de trouver le courage de se rattraper. 

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Le Saltimbanque
Posté le 10/01/2021
J'ai bien plus apprécié ce chapitre que le précédent. C'est plus fluide déjà, et on apprend PLEIN de choses sur l'univers, les Sorciers, les Chasseurs... tout en restant dans le vague, ce qui fait que le mystère s'épaissit encore beaucoup. Et c'est super entrainant.

Les dialogues sont toujours très bons. On sent bien l'excentricité d'Amaterasu, le côté rebelle de Na ou le ton plus adulte de ses oncles. Bien sûr, c'est lié aux personnages, qui sont tous crédibles et attachants. Ça se lit très vite et bien.
Le premier contact entre Na et Amadeus est prometteur : j'ai hâte de voir comment Amadeus va réagir quant à la découverte de ce monde magique.
Alice_Lath
Posté le 13/01/2021
Tant mieux si les wagons sont bien raccrochés haha et les explications hahahaha, c'est toujours ma terreur, on verra si je réussirai à être claire
Parfait si ça se lit bien comme il faut, comme je prépare cette histoire pour un chtit concours jeunesse
Enfin, pour ça, faut que j'apprenne à réfréner mes pulsions meurtrières :/
Le Saltimbanque
Posté le 14/01/2021
oooooo un concours jeunesse ??? Lequel ??? Je te souhaite bonne chance ! Pourquoi ne pas tenter de présenter "L'apocalypse selon ta mère" ?? Tu y gagneras la mention "Audace" en tout cas.
Alice_Lath
Posté le 14/01/2021
Gallimard jeunesse et pour l'Apocalypse, jpense pas que ça rentre dans la catégorie "jeunes lecteurs" hahaha, mais merci, même si je sais pas encore ce que je ferai de l'Apocalypse une fois bouclée
Vous lisez