Chapitre 2

Après nous être remisent de notre fou rire, j'avais fini de me préparer. En descendant les escaliers, j'entendis ma grand-mère rire aux éclats. À tous les coups, Chloé avait dû lui raconter ce qui s'était passé.

Qu'elle peste celle-là !

— Ce n'est pas étonnant, elle a toujours été étourdie quand elle n'a pas son quota de sommeil. Elle a encore dû travailler toute la nuit sur l'un de ces articles.

— Mamie !!! râlai-je en franchissant la porte de la salle à manger.

À mon arrivée, ma grand-mère était accoudée sur son journal, tandis que mon amie déguster un grand bol de café noir à ces côtés. Ce qui me faisait penser que j'en avais également besoin de la dose de caféine. Sinon, aujourd'hui, je ne serai bonne à rien. Vous pouvez me croire.

— Bah quoi, ce n'est pas des « mentiries », répondit-elle avec son petit sourire taquin que je connaissais par cœur ?

Mais avant même que je puisse répliquer quoi que ce soit, une notification sur mon téléphone m'indiqua qu'une « Flash Info » sur TF1 venait tout juste de commencer.

Que voulez-vous ? Dimanche ou pas, une bonne journaliste devait toujours se tenir au courant de tous les évènements.

Sans perdre un instant, j'allumai la télévision du salon. Anne-Claire Coudray était déjà en train d'annoncer les gros titres.

« ... L'insaisissable Voleur de Musée a encore frappé nuit dernière. Mais cette fois, ce n'est pas pour dérober un tableau, mais "La Rose de la Nuit", le plus célèbre diamant du monde. Cependant, il n'aurait pas réussi son coup et se serai fait surprendre par une employée du Louvre. Qui malheureusement n'aura pas survécu à cette rencontre. Retrouvons sur place, nos envoyés spéciaux : Isabelle Vergeoise et Nathan Pralino. »

Le présentateur avait à peine prononcé ces mots que l'image bascula en duplex sur une journaliste qui devait avoir, à peu près le même âge que moi. Blonde platine. Les yeux d'un bleu très clair. À se demander si elle n'avait pas mis des lentilles de contact pour avoir cet effet. Et niveau maquillage, je ne vous dis pas. Un vrai pot de peinture. Cette Isabelle n'avait visiblement pas peur du ridicule.

« Comme vous venez de le signaler Anne, le meurtre de Claire Delomprez a bel et bien commis la nuit dernière dans l'enceinte du Louvre. Le corps de la jeune femme a été retrouver ce matin, par l'un des gardiens durant sa ronde. La mort aurait eu lieu en Minuit et une heure. Selon ces dires, le système de sécurité ne se serait pas déclenché. Il aurait même été pirater. Et les caméras de détourner en diffusant des images en boucle. Ce qui expliquerait qu'il n'aurait rien remarqué pendant sa garde.

Les agents Brigade Criminelle et Scientifique sont déjà sur place. Mais pour eux, il n'y a aucun doute. Le Voleur de Musée serait pour eux, le seul et unique coupable. Une de ses cartes visites retrouver sur le corps de la victime. »

En écoutant ce flash, mon instinct de journaliste se mit en éveil. Cette histoire de vol de bijou n'avait aucun sens. Quelque chose clocher, je n'avais aucun doute là-dessus.

— Ils basent leurs soupçons sur une simple carte ? Ce n'est pas très lourd comme preuve.

Chloé avait raison.

Pourquoi se contentait de ce seul et unique fait ? À moins que les flics charger de ces enquêtes aient récolté d'autres indices et n'en avaient pas fait part à la presse. Ce qui était tout à fait leur genre. D'ordinaire, ils n'aimaient pas trop qu'on mette le nez dans leurs affaires.

Cependant cette histoire de meurtre ne ressemblait pas au « Voleur de Musée » que je connaissais. Et sur qui j'avais rédigé plusieurs articles.

Vous vous demandez sans doute, qui est cet individu dont on vous rabâche les oreilles depuis quelques minutes ? C'est tout simplement, le Voleur le plus célèbre de France. Un « Arsène Lupin » des temps modernes qui dérobe des Œuvres d'Art et les remplacer par de parfaite copie. Et tout ça, au nez et à la barbe de leurs gardiens. Et à chaque passage, il laissait derrière lui une petite carte de visite noire avec un œil dorée en son centre. Et un « joli mot » de remerciement à l'arrière

C'était, en quelques sortes, sa signature.

— Vas-y ! déclara soudainement Mamie.

Pendant que mon cerveau fonctionnait à plein régime, cette dernière était en train de m'observer du coin de l'œil. Elle avait tout de suite compris ce que j'avais en tête. Seulement voilà, ce matin-là, j'avais autre chose de prévu.

— Mais, et ton départ en Espagne ? Je ne peux pas le manquer !

Pour tous vous dire, Chloé devait repartir aujourd'hui. Et comme on savait toutes les deux que ma grand-mère avait toujours rêvé de retourner dans son pays natal. Elle lui avait proposé, à ma demande, de l'emmener quelques jours à Madrid. Ce qu'elle avait accepté avec joie.

— Ton père avait le même regard quand il sentait qu'un scoop pointé le bout de son nez. Pour ça, tu lui ressembles beaucoup. Mais contrairement à toi, il ne le laissait jamais filer entre ces doigts. Il faisait tout pour le dénicher avant les autres. Alors, qu'est-ce que tu attends pour foncer ?

Émue par ce qu'elle venait de me dire, je la serrai très fort dans mes bras. Elle savait à quel point, il était important pour moi de marcher sur les traces de mon père. Tout en prouvant une nouvelle fois, à tous ceux qui en douter encore que la réputation de ce dernier ne m'avait pas servi de passe-droit.

Et que je méritai ma place parmi eux.

 

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