CHAPITRE 2

Par Aramis

L'auberge du gisant élevait ses murs de grès au centre d'une petite place chaleureuse et frappée de soleil. Pour quiconque vivait à Sobelle, si proche de Valadolide et de ses fastes, cette petite place, pas plus que le fronton de l'auberge, n'avaient rien de remarquable. Tous deux ressemblaient à bons nombres de maisons de repos de Sobelle, ainsi qu'à bon nombres de places similaires. Elles surgissaient soudain d'entre deux rues étroites, comme des points d'exclamations venues ponctuer le désordre urbain propre à la ville et si elles accueillaient certes plus de passage qu'à l'accoutumé, occupées par les insulaires venus chercher la brise et les plaisirs dispensés par les cérémonies, rien dans l'architecture où les parures festives des maisons ne dénotait du costume généralement revêtue par la ville en cette période de fête. Personne d'ailleurs n'y faisait vraiment attention ; on passait sans affecte le long des venelles, on traversait la place en lançant des saluts, on occupait les tables poussées le long des auvent pour boire et se rafraichir, mais personne ne s'arrêtait pour lever le nez et contempler, étourdis, les hautes maisons en colombages d'acier.


Personne hormis Fortin et Fedrik qui vivaient au-delà des Murs et pour qui cette vision était un choc. Ils s'étaient immobilisés à l'ombre d'une tonnelle et observaient autour d'eux avec une attention surprise, les toitures rouges et les fenêtres où battaient doucement des fantômes, agités par l'air lointain de l'océan.     
Ce n'était pas la première ville qu'ils traversaient et qui les saisissait tous deux, Fedrik dans le confort pudique de son silence, Fortin dans les exclamations outrées qu'il prononçait tout haut. Ce n'était pas la première fois non plus qu'ils voyageaient au-delà du Mur : la Célébration conservait cette tradition, durant les trois jours de ses célébrations, d'ouvrir grand les portes habituellement closes et de laisser se mélanger les populations d'Ariocastel. Mais jamais ils n'avaient dépassé la limite de Génépie pour s'aventurer si loin du Pomerium, l'au-delà des murs. Et si les êtres qui peuplaient Sobelle et se mêlaient aux autres habitants des villes frontalières ne semblaient prêter d'attention à une architecture somme toute habituelle pour eux, ils ne manquaient pas de noter la présence incongrue de ces deux hommes sombres vêtus d'uniformes et d'écussons qui indiquaient leur qualité de Miniers Royaux. Fortin sentait peser sur eux ces regards lestés de mépris et d'inquiétude, mais ne s'en étonnait pas. Il y répondait par des sourires enjôleur et laissait à Fedrik le soin d'y échapper en baissant les yeux.
– Est-ce qu'on rentre ? » Demanda Fortin en se tournant vers son compagnon. On était à la mi-journée et le soleil ne tarderait pas à descendre vers l'horizon. Déjà, les ciel s'assombrissait derrière les toits et enveloppait d'une douceur autrement vespéral les contours des sculptures de bronze qui sertissaient l'arête des toits. Fedrik hocha la tête, le regard toujours attaché à une imposante girouette dont l'oeil d'émeraude jetait des reflets de lumières vers l'horizon.     
Ils sortirent de l'ombre pour s'approcher de la porte de l'auberge. Au moment où Fortin s'apprêtait à la pousser, elle pivota sur ses gonds et il dût faire un écart pour laisser sortir un groupe de jeunes gens qui riaient et s'interpellaient avec familiarité. Le Minier se laissa bousculer.   

 – Mes excuses également, » fit-il avec une pointe d'ironie.

On lui jeta à peine un regard d'abord, mais les coups d'oeil revinrent sur lui puis sur Fedrik et cette fois les rires se tarirent. Le groupe recula comme pour mettre de la distance et l'un d'eux fronça explicitement le nez tandis que celui qui avait bousculé Fortin essuyait son pourpoint du revers de la main. Fortin tendit la main vers l'habit : « laissez-moi le faire pour vous.   

 – Ne touche pas ! le nobliau avait bondit en arrière en protégeant son flanc.
– Ho, ho. Doucement, dit Fortin, je voulais juste rendre service.
– Rends service en gardant tes sales mains chez toi.
– Il est nerveux, votre compagnon, remarqua le Minier en prenant a partie une jeune femme plus proche de lui. Elle lui décocha un regard d'un vert pénétrant.
– Qu'est-ce que des gens comme vous font aussi loin des murs ?   

 – Hormis profaner la purification ? Fortin souriait.   

 – Vous en avez conscience.
– Ho, même au-delà des Murs on sait ce qui se dit ici, parfois.
Elle ouvrait la bouche pour répondre, sûrement cinglante, supposa Fortin, mais un remous près de la porte suspendit sa voix. Une femme, les cheveux tressés, la peau d'un mate solaire que creusait deux yeux bruns, s'était extirpée de l'auberge et faisait des gestes pour dissiper le groupe. Elle portait une robe dont elle avait coincé un pan dans la ceinture, laissant ainsi voir des choses et une paire de soulier sans prétention.
– Que se passe-t-il ? Interpella-t-elle en s'interposant entre les groupes.   

 – Des Miniers, Mad', ça porte malchance.
– Ça va, je connais les traditions, répondit Maggie en se tournant vers les deux hommes.
 

Elle les dévisagea avec une lente application, comme on détaillerai une peinture. Fortin chercha instinctivement dans ce regard l'indication d'une inquiétude, d'un mépris, tout au moins d'une incertitude vouée à grandir et s'exprimer en les condamnant à partir, comme s'avait déjà été le cas par trois fois depuis qu'ils avaient atteint Sobelle. Mais il ne trouva rien de plus qu'une étonnante résolution teintée de curiosité et, peut-être, d'un peu d'excitation. Fortin soutint la confrontation sans ciller, avec au coin des lèvres la même ombre de sourire qui ne semblait jamais le quitter totalement. Il avait conscience désormais des yeux de Maggie, de leur manière de glisser sur lui. Elle notait les aspérités, pensa t-il, la barbe clairsemée de ses joues et celle, plus épaisse, de Fedrik. La tâche de naissance brune au coin de sa mâchoire. Le désordre chaotique de ses cheveux courts. Et l'uniforme, bien sûr, toujours l'uniforme. Derrière lui Fedrik pliait sous le poids de ce regard, les épaules rentrées comme s'il pouvait, en escamotant sa silhouette, se soustraire à l'étude qu'on faisait de lui
– Juré, nos mains sont propres, » dit Fortin en tendant ses paumes ouvertes à la tenancière. Cette fois ses yeux avaient cessé de rire, malgré son attitude et la douceur de sa voix.

« Nous n'avons pas touché la terre depuis des heures. »   

 – La trace ne disparaît pas comme ça, répliqua l'un des jeunes gens. Cette fois Fortin se tendit.
– On se purifie au Pomerium, dit une voix. Elle avait sonné comme un murmure mais grave, vibrante, impossible à ignorer. Derrière Fortin, Fedrik avait relevé la tête et soutenait désormais les regards, les mains dans le dos. Fortin apprécia le silence qu'il imposait en parlant bas et cette force rentrée qu'il retenait en lui comme une excuse.     

– Je vous demande pardon…?
– On se purifie au pomerium, répéta Fedrik avec patience, on peut pas passer les portes sans être purifié, vous avez rien n'à craindre.
– Peuh, cracha l'un des garçons, une vie de servitude à se salir dans la boue ne disparaît pas en trois rituels et le passage d'une porte.
– Ho, par les dieux ! s'exclama Fortin, voulez-vous que je vous colle ma main dans la gueule pour que vous puissiez me dire si elle est assez propre ? Recule, Fedrik.
D'un bond uni les deux adversaires se firent face. Fortin serra les poings, d'un geste le garçon jeta sa veste à l'un de ses camarades. Maggie ouvrit la bouche, Fedrik esquissa un pas de côté. Un cri s'éleva, une clameur et les deux adversaires se percutèrent.   

 Régna soudain une grande confusion.

À la seconde où les attitudes avaient changé, Maggie avait voulu s'interposer d'abord par la voix, puis par le corps. Sans hésitation elle s'était jetée entre les adversaires qui s'empoignaient. Déjà le sang de Fortin se répandait sur sa veste et giclait sur la chemise de son assaillant, qui lui avait décoché dans le nez un coup auquel il avait répondu aussitôt avec la jointure de ses poings, dans la mâchoire. Ils en étaient à l'empoignade, fronts collés, dents serrées, lorsque la tenancière força entre eux son corps épais en leur jurant dessus une pelletée d'insultes qui fit rougir jusqu'à Fedrik.   

 – Venez m'aider, culs de truelles, enfants de thons ! Hurlait-elle à l'intention du groupe qui regardait les combattants sans intervenir, sur la vie de vos rentes je vous jure que je vous noie dans l'huile un par un si vous ne réagissez pas tout de suite !     Ses menaces n'empêchaient pas Fortin et son adversaire, cols serrés dans leurs poigne respectif, de tenter de nouvelles blessures.
– Et vous ! Bande de gamins mal dégrossis, arrêtez-moi ça ! Qu'est-ce-que vous avez dans la cervelle pour faire couler le sang par un jour pareil, vous voulez attirer les typhons, ou quoi !? Elle poussa un cri et calma l'ardeur des combattants en leur infligeant une série de claques qui les firent reculer. Fedrik tirait Fortin, les compagnons du garçon en faisaient de même avec leur héros, et les deux belliqueux finirent par se séparer dans un rugissement de cris.
Fortin ahanait.
– Ha vous, sacrés races de pendus vous… aïe. Aïe ! Maggie venait de lui coller à l'arrière du crâne deux gifles bien appliquées.
– Fermez là, à la fin, ordonna-t-elle et elle pointa un doigt qu'un maître d'école n'aurait pas envié sur le groupe de jeunes nobles. Vous devriez avoir honte. Tapez-vous dessus comme des imbéciles toute l'année si cela vous chante, mais initier des querelles pareilles en pleins jours de *** c'est à vous dégoûter les dieux ! Allez commettre de bonnes actions pour réparer vos sales attitudes, allez, fichez-moi le camp ! » Elle les poussa de ses deux mains avec lesquelles elle faisait de grands gestes pour les chasser.     

– Tu rigoles Maggie ? Tu vas les laisser dormir là ?
– Et puis quoi encore, t'as prévu de payer pour deux clients que t'es en train de me faire perdre ?
– Tu en perdra peut-être plus que ça à l'avenir si tu…
– Allez, va, la coupa-t-elle. On se reverra après le jeûne. » Elle se tourna vers Fedrik et Fortin. « Vous voulez toujours entrer ? »   

 – Sûr, répondit Fedrik. Fortin massait son nez, rouge, et qui avait dégorgé sur sa veste une rivière de sang carmin. Elle les poussa vers l'entrée, sans plus d'attention pour le groupe qui s'éloignait avec des coups d'oeil. « Merci de... commença-t-il.   

 – De rien du tout, le coupa t-elle. C'est pas comme si le jeûne qui arrive me donne le luxe de pas compter sur votre argent. À l'intérieur ou à l'extérieur des murs, il a la même couleur, pas vrai ?   

 – Je crois bien, confirma Fortin, le menton maculé.
– Vous, on va vous nettoyer. Je veux plus d'esclandre. Si vous restez là, c'est à condition de vous faire discrets.
Les deux miniers opinèrent aussitôt et ils suivirent Maggie qui poussait devant eux la porte de son auberge. Ils y pénétrèrent la tête basse, avec la résolution, pour Fedrik, de ne croiser aucun regard.

La chambre allouée par Maggie n'avait pour elle ni grandeur ni ostentation, mais elle possédait un charme particulier, une odeur parfumée de pierre d'été et quelques décorations en bois de rose, très rares et qui, se dissimulant dans le grès des murs, ressemblaient à de petits joyaux. Pour Fedrik et Fortin cependant, cette chambre avait tout d'une luxueuse parade qui les laissa un moment interdit. Fortin avait le tremblement facile ; comme un résidu de violence la colère bousculait l'agilité de son esprit. Ces petits grains de bois luxueux, il aurait voulu les arracher de ses ongles et les tapisser de sang. Cela aurait fait plus vrai.
Bien sûr, le bois faisait toujours moins mal que les pierres. Voir au coin des bâtiments, dans les niches des autels, dressés ces petits monceaux de quartz et de cristaux lui serrait le coeur. Il était si étrange de voir toutes ces matières collectés à l'extérieur des murs prendre soudain des formes de rues, de maisons, de tables, de lits… De décorations.     Il prenait soin de dissimuler ses affects, par soucis d'orgueil. Alors que Fedrik s'approchait des incrustations de bois pour en caresser les reliefs, Fortin se laisse tomber sur le lit d'un geste négligent et retira l'un après l'autre ses bottes qu'il jeta dans un coin de la pièce.   

 - C'est splendide, dit Fedrik pour lui-même. Maggie, qui les avait suivis pour leur présenter la chambre, les draps chargés de bras, hocha la tête en s'approchant pour regarder par-dessus son épaule.
- Pas vrai ? C'était déjà là quand mes arrières-grands parents ont racheté la maison. À l'époque y avait une double paroie et quand on l'a fait sauter, on a découvert ça derrière.     - Alors, vous savez pas quels artisans on fait ça…
- Mais si, on a trouvé le poinçon, regardez. C'est une vieille famille d'ébénistes. 

Fortin se laissa tomber en arrière et ponctua son geste avec un râle.
- Ho non, non, non, s'exclama Maggie en se précipitant vers lui. Depuis sa position allongée, il lui adressa un sourire carnassier. « Levez-vous je veux pas de votre sang partout sur les draps. »
- ho. Il jeta un coup d'œil flegmatique sur son torse maculé. Son menton, qu'il avait vaguement essuyé d'une main, était toujours maculé de traces épaisses.
Fedrik n'avait pas modifié sa concentration et continuait à observer, absorbé, les motifs du mur.
- Allez, intima Maggie. Enlevez cette veste.
- En fait, j'en n'ai pas d'autre.
- Ça fait rien je veux juste retirer ces horribles tâches, avec la chaleur qu'il fait vous l'aurez dans trente minutes. De toutes façons vous comptiez pas aller vous promener dans cet état ? » Fortin dût reconnaître que non. « Bon alors, enlevez là. »     

- Heu... » Maggie tendit le bras devant elle et agita la main. « D'accord, d'accord. »
Avec un brun de pudeur qu'il ignorait avoir, Fortin ouvrit le col de la veste. Le lin avait absorbé le sang et se faisait rêche et solide sous ses doigts. Il sentit sur sa pulpe des restes humides. Le tissu griffa sa peau lorsqu'il s'en dévêtit complètement.     

Il n'avait pas honte de sa nudité et n'imaginait pas les réactions que pourrait produire la vue de sa chaire meurtrie par les frictions de la roche poreuse.
On les lui avait fais au pomerium.

D'abord, ils avaient franchi, Fedrik et lui, la première porte. Une porte en fonte massive de plusieurs tonnes dont les deux battants fermés avaient des allures de gueule d'enfer, ouverts celles d'un couloir de paradis. Le pomerium était là, juste après le linteau de la première muraille. Car le mur n'était pas un mur mais deux murs parallèles, qui formaient en se longeant ainsi un couloir entourant les villes et de ce fait, faisait le tour de l'île.
Puis, ils avaient dût se dévêtir entièrement. Nu, on les avait laissé attendre aux vus de tous, vulnérables et silencieux en compagnie d'un groupe, pendant qu'on nettoyaient leurs effets en les frottant avec du vinaigre et du citron.   

 On avait ensuite frotté leurs peaux avec des pierres ponces grises et dures, enduites d'une huile qui n'avait pas protégé leur épiderme tant on l'avait laminée, puis de la même huile on avait enduit leur cheveux. Ils s'étaient laissés faire, jusqu'à ce que leur peau à vif perle du sang. On avait ensuite passé sur eux une éponge qui leur paru douce d'abord, puis horriblement douloureuse car enduite du même vinaigre qui avait purifié leurs effets. On leur avait fait manger des fruits acides, puis boire de grandes rasades d'alcool fort. Enfin, on les avait rincés à l'eau claire. Ils avaient pu se rhabiller, en serrant les dents au contact du tissu qui irritaient leurs plaies.   

 Enfin, on les avait laissé entrer dans Génépie.

Maggie fixait les plaies, le poing fermé sur la tunique, immobile et l'air intransigeant et surpris de quelqu'un qui découvre une réalité qu'elle n'accepte pas. Fortin ne comprit pas immédiatement. Il était d'usage, hors les murs, de porter sur sois les cicatrices de son métier et s'il n'avait pu oublier la sensation du lin frottant contre sa peau au cors du voyage, l'aspect de sa chaire lui était sortie de l'esprit. Quand il comprit, il releva la tête en souriant et écartant les bras, fataliste, dit :   

 - Vous voyez bien : purifiés.
Il saisit le regard de la tenancière, le conserva dans le sien un moment. Elle y échappa sans rien dire, se contentant, gênée, de lui tendre un mouchoir de coton immaculé.
- Il y a une salle de bain à l'étage. Prenez un bain, et rincez vous la figure. »
Et avant qu'ils n'aient pu demander la raison de cette incongrue générosité, la porte de la chambre claqua sur elle.
 
           
           

 

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JeannieC.
Posté le 17/10/2022
Hey coucou =) Me revoilà !

Quelques bricoles au fil de la lecture avant d'aller au global :
>> "auberge du gisant élevait ses murs de grès au centre d'une petite place chaleureuse et frappée de soleil. Pour quiconque vivait à Sobelle, si proche de Valadolide et de ses fastes, cette petite place, pas plus que le fronton de l'auberge, n'avaient rien de remarquable." > répétition sur auberge > "fronton de l'établissement" ?
>> "on passait sans affecte le long des venelles" > sans affect
>> " – Mes excuses également" > ahah, Fortin me fait rire, grande gueule xD
>> "comme on détaillerai une peinture" > détaillerait
>> "- C'est splendide, dit Fedrik pour lui-même. Maggie, qui les avait suivis pour leur présenter la chambre, les draps chargés de bras, hocha la tête en s'approchant pour regarder par-dessus son épaule." > je ferais un retour à la ligne là, avant Maggie. J'avoue j'ai bugué et puis ça confusionne les répliques.

Sinon, j'ai eu un coup de coeur pour ce chapitre. <3 Déjà parce que les ambiances de rue, le pittoresque, les gargotes, ça me parle direct. J'ai adoré aussi faire connaissance des deux lurons que semblent être Fedrik et Fortin. Ils se complètent très bien, leurs caractères sont directement esquissés - l'un plein d'ironie et du genre grande gueule, l'autre plus en retrait. Ils sont hauts en couleurs et j'ai direct envie de les suivre. :D
Super, le moment de bagarre, quand bien même c'est un peu attendu le coup du heurt dans la taverne ahah. Blague à part, ça passe très bien et ça illustre le mépris qu'essuient les gens comme Fortin et Fedrik de la part des classes plus élevées. Grmf ! x)
Attention peut-être aux répétitions qui traînent encore ici et là, et au côté fouillis que peuvent parfois avoir l'enchaînement dialogues / narrations. Mais sinon, super ! J'ai pris plaisir à m'engager dans ces rues en cette plaisante compagnie.
Bonne soirée, au plaisir <3
Tac
Posté le 06/10/2022
Yo !
Je me souvenais plus très bien du début, j'avais l'impression de mélanger deux histoires, mais en fait ce qui s'était dissocié dans mon esprit faisait bien partie de ton univers^^ (ah les aléas de suivre une histoire au rythme de sa publication !)
Anywayyy. Deux nouveaux oiseaux qui nous font découvrir une ville ; au début je me suis demandé si c'était la même ville que celle du premier chapitre, mais je me souviens que tu voulais la faire troglodyte, donc est-ce parce que tu n'as pas encore fait la modif? En tout cas j'aime beaucoup les colombages donc j'étais content d'en voir, même en métal !
J'ai trouvé ton chapitre relativement fouilli ; au début il y a des phrases très longues (l'une fait 6 lignes!) et tu ne vas pas à la ligne là où il faudrait. Je pense aux dialogues, dans le passage de la dispute ça m'a rendu la lecture confuse, je trouve que c'est dommage car c'est de la forme pure qui est corrigeable rapidement.
Y a des petites répétitions, certaines m'ont bien fait marrer ("désordre urbain propre à la ville" ; "la Célébration conservait cette tradition, durant les trois jours de ses célébrations,") mais elles m'ont questionné : j'ai l'impression que tu cherches encore ton style, le rythme de l'histoire. Pour le moment j'ai la sensation que tu t'emberlificotes plus dans les mots que tu ne trouves la mesure de l'histoire - mais je me trompe peut-être, c'est juste une hypothèse que je dresse suite à mon ressenti !
Je dois avouer que j'ai du mal à comprendre la géographie. Entre Génépie, Pomerium, Ariocastel, Sobelle... ça va mieuxavec les explications sur le Pomerium à la fin, mais j'avoue qu'à la première mention de tout ça j'ai eu un petit geste de recul (enfin façon de parler).
Y a aussi maddie qui devient Maggie en cours de route, et pourquoi des astérisques à "en pleins jours de" ?
Je trouve intriguant cette scission hors les murs / à l'intérieur, je suis très curieux de voir comment tu vas exploiter ça, quels en sont les enjeux... maisclairement la "purification" ça a l'air peu sympathique et je me demande dans quelle mesure c'est du BS superstitieux et ça fait rager que celleux qui sont à l'intérieur ont l'air de se la couler douce sur le dos des autres.
Plein de bisous !
Aramis
Posté le 06/10/2022
Coucouuu Tac'
Alors avant toute chose vraiment DESOLEE pour cette mise en page toute éclatée au sol, je ne m'en étais pas aperçue car dans mon fichier scrivener tout était tout beau tout propre TT du coup ça ne m'est pas venu à l'esprit que le portage allait tout faire exploser... Et je me retrouve avec des trucs ingérables genre des sauts de lignes qui, même corrigés, ont des écartements pas du tout normaux. Je vais devoir refaire une passe de mise en page en vérifiant cette fois que le c/c ne casse pas tout. Bref, ça a dû rendre la lecture fastidieuse et j'en suis désolée parce que vraiment je l'ai pas du tout écris comme ça hahaha (ouin) (idem il m'a retiré des retours à la ligne et remplacé par de joli triples espaces pour une raison que je ne saurais expliquer.)

J'ai corrigé cette chère Maddie qui en fait change de nom toutes les trente secondes car c'est un nom générique et la vérité je me souvient jamais des noms du coup voilà j'ai honte pardon (idem les *** c'est un cherchage (?) de nom en process.)

ENSUITE j'avais déjà eu un retour similaire sur la touuuute première passe concernant la géographie, j'espérais que ça se soit un peu amélioré mais j'ai pas l'impression que ce soit le cas TT Je crain un peu l'explication de but en blanc concernant la géographie de l'île, et c'est, normalement, un peu plus explicité dans un chapitre qui viendra plus tard. Si tu as toujours le courage de me lire et de me faire des retours, je veux bien ton avis à ce moment là pour savoir si tu l'as ressentis comme quelque chose de vraiment coinçant pour toi dans la narration, ou si comprendre au fur et à mesure comment c'est fichu (en espérant que les infos qui viendront rendront ça plus clair) convient.

Concernant le style je ne te cache pas que pour le moment je n'y réfléchis qu'en aparté. Je sais que je veux quelque chose d'un peu précieux, globalement, mais comme j'essai de ne pas trop m'arrêter sur mes phrases au risque de passer 40 minutes à corriger une formulation ou trouver les bon adjectif, ça souffre peut-être surtout d'un manque de retravaille ?
En fait je ne suis pas sure de comprendre ce que tu entends par mesure de l'histoire ? Une cohérence générale dans le ton ? Et si oui, qu'est ce qui t'as semblé si différent d'un passage à l'autre, si tu sais l'exprimer ?

en tout cas grand merci et des bisouuuus
Jupsy
Posté le 25/09/2022
Coucou !

Pour commencer, je vais aller sur les petits bémols.

Ton premier paragraphe contient des phrases longues. Je pense à la quatrième phrase du paragraphe : « Elles surgissaient soudain… en cette période de fête. »

En fait, je me suis perdu·e à partir du mot « occupées ». Les informations sont trop nombreuses et mal organisées. Du coup, je n’arrive pas à toutes les comprendre et je les perds en route. Je pense que tu gagnerais en compréhension en la redécoupant ou en la réordonnant. Bon, personnellement, j’ai envie de te conseiller de la couper car c’est beaucoup trop d’informations pour une seule phrase. Après tu peux tenter la réorganiser, mais Proust n’a plus forcément la côte, du coup le lecteurice n’a plus l’habitude de lire aussi long.

Soit dit en passant, la phrase suivante est longue, mais elle se lit bien mieux. Pourquoi ? Parce que les informations s’enchaînent bien. Elles nourrissent une seule idée, celle que personne ne prête attention à ce qui l’entoure. Le message ne s’éparpille pas, et c’est ce qui fait tenir ta phrase. D’ailleurs, la longueur d’une phrase, on s’en moque tant que le message qu’elle veut faire passer demeure clair. Or ton souci, c’est que le tien se perd souvent dans tes phrases longues.

A côté de cela, il y a une erreur avec le prénom de Maggie, qui se transforme en Maddie à un moment dans ton texte. Enfin, au début, c’est Maddie, puis ça devient Maggie, ce qui est un peu troublant. J’ai cru que c’était un autre personnage au changement de prénom avant d’avoir la confirmation que c’était bien la tenancière. Ensuite, je crois qu’il y a des retours à ligne dans les dialogues qui n’ont pas eu lieu. En tout cas la présentation des dialogues m’a perturbée. Est-ce que c’est moi qui suit pas à jour sur le sujet ? Ou est-ce que c’est la mise en page qui a eu un raté ? Je te laisserai juger, mais mea culpa si c’est moi.

Maintenant sur le contenu même du chapitre, j’ai aimé faire connaissance avec Fedrik et Fortin, dont les caractères diffèrent totalement. J’ai apprécié la manière dont c’est montré, et comment Fedrik intervient dans l’échange déplaisant avec les petits nobles. Je les aurais bien roulés dans la boue ceux-là. L’ensemble de la scène montre bien le mépris que les nobles ont envers les gens comme Fedrik et Fortin. J’ai apprécié aussi l’intervention de la tavernière pour mettre fin à la bagarre, puis sa façon de se cacher derrière le commerce. Oui, pour moi, elle se cache derrière son commerce pour être sympa. Elle aurait très bien pu ne pas les laisser rentrer vu que l’un d’eux à le sang chaud. Pourtant elle fait l’effort, puis elle offre la possibilité du bain à la fin. Bref je l’aime bien. (et si c’était juste intéressé… laisse moi dans le déni!)

J’aime aussi beaucoup un passage de la découverte de la chambre avec les pierres semi-précieuses. Ils connaissent le prix de leur extraction et on le sent bien chez Fortin, le fait qu’il veuille les arracher et les tapisser de sang. C’est un détail, mais cela renforce la crédibilité du personnage. Pour moi, c’est important parce qu’on y pense pas forcément. Or ce genre de scène, ça peut en dire tellement sur un personnage. Donc vraiment un plus à mes yeux. La scène de la purification est intéressante aussi puisqu’elle permet d’enrichir le lore de ton univers. Après avaient-ils besoin de les abîmer autant pour les purifier, je ne crois pas. Rien que de penser au vinaigre, j’ai mal pour elleux.

Donc au final, si on omet les quelques bémols relevés, j’ai passé un bon moment avec ce second chapitre. J’attends donc sagement la suite. (de pied ferme, mais pas trop pour t’éviter la pression!)
Cléo
Posté le 15/09/2022
Me revoici sur ce récit que j'aime toujours beaucoup ! Personnellement, je trouve ta plume très intéressante. Le rythme des phrases est organisé en longueur, sans pour autant perdre en clarté (je ne sais pas si je m'exprime clairement, moi, par contre xD). J'ai vraiment rigolé à cette réplique:

"– Ho, par les dieux ! s'exclama Fortin, voulez-vous que je vous colle ma main dans la gueule pour que vous puissiez me dire si elle est assez propre ? Recule, Fedrik."

On sent tout l'énervement du gars, et on comprend encore mieux quand on sait ensuite à quoi ressemble leur rituel de "purification" avant de rentrer dans la ville. Personnellement, je n'apprécierais pas non plus qu'on me sorte que je suis encore sale alors qu'on m'a littéralement arraché la moitié de la peau pour être sûr que ça ne soit pas le cas.

J'ai toujours autant envie de découvrir de quoi il retourne exactement : pourquoi cette aversion pour la terre, que s'est-il passé pour qu'il en soit ainsi... Je suivrais ce récit avec intérêt ^^
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