Chapitre 2.0

- Je peux en avoir un morceau ? demanda Amaterasu, J'ai faim.

Na regarda la petite flamme au fond du Thermos vide dans lequel elle l'avait logé le temps de cette première journée de classe. De sa main libre, elle secoua les miettes de sandwich tombées sur sa robe de satin bleu.

- Je ne suis pas censée pouvoir te parler, chuchota-t-elle, Et c'est mon repas. Mehdi t'avait donné du charbon pour tenir.

- Mais je préfère la nourriture des hommes..., un semblant de visage humain apparut sur l'esprit dépité.

- C'est ton souci, Na ferma le thermos de manière à laisser un peu d'oxygène passer, Tu n'es pas humain, il est temps que tu te le fourres dans le crâne.

- Attention ! cria une voix féminine.

Na eut à peine le temps de relever la tête. Le ballon de foot éclata le reste de tomates du déjeuner de la nouvelle sur son corsage. Une élève, transpirante, courut le récupérer :

- Je suis vraiment désolée, dit-elle de ses grands yeux bleus contrits, Amadeus a frappé trop fort, il est vraiment naze pour le foot.

- Ce n'est pas grave, sourit Na, ce n'est qu'un vêtement.

Amadeus... Ce nom résonna dans l'esprit de la jeune fille. Pâle, elle leva la tête de la catastrophe pour tomber sur l'adolescent dégingandé qu'elle avait croisé lors de sa promenade. Il faisait moins le fier maintenant qu'il était en tort. A le voir se frotter les cheveux, rouge et embarrassé, elle se prit à sentir une petite bouffée de chaleur. Elle décida de détourner très vite le sujet :

- Je t'ai vue jouer, dit-elle à la collégienne, Tu n'as pas à t'excuser, tu n'y es pour rien. Tu es même très forte.

- Merci, c'est rare d'entendre des compliments dans une cour de récré, l'inconnue frotta son nez retroussé, Je m'appelle Valentine, et toi ? Tu es nouvelle non ?

- Ravie, Valentine, Na tendit sa petite main gantée, Je m'appelle Na.

- Bon, vous venez jouer ? s'impatienta la gardienne dans le but.

- On arrive ! cria Valentine avant de se tourner vers Na, Tu veux nous rejoindre ?

Na sirota du jus d'orange de sa brique, l'air profondément neutre et inintéressée.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, elle eut un sourire lointain, Je préfère vous regarder.

- Tu ne peux pas savoir avant d'avoir essayé, insista la joueuse, Tu peux prendre la place de Camille dans les buts si tu n'as pas assez confiance sur le terrain.

- Ce n'est pas ça.

- Bon, en tout cas, on t'accueille quand tu veux !

Et Valentine courut retourner sur le terrain, où la dénommée Camille s'étirait soigneusement. A côté des deux sportives, Amadeus semblait constamment perdu. Na regarda le match désastreux et pouffa. Il marchait sur les balles, tirait en dehors et se faisait constamment houspiller par ses deux meilleures amies. C'est le moment que choisit Amaterasu pour sortir un œil de sa cachette.

- Pourquoi tu ne voulais pas que nous arrêtions la balle? persifla-t-il, Tu n'aurais pas été tâchée.

Na sourit, gênée.

- Tu te souviens de l'accord qu'on a passé avec mes parents, dit-elle, Une histoire à cause de mes dons de Sorcière, et c'est le retour à la maison. Ce qui signifierait que je devrai renoncer à retrouver Suihei.

- Il n'empêche, bouda l'esprit, Tu n'as pas à subir ça. Pourquoi tu n'irais pas jouer avec les autres enfants ?

Une ombre passa sur le visage de porcelaine ambrée. Et dans la nuit de ses yeux, des paillettes de tristesse sous une voie lactée de regrets. Na se replia un peu plus, pour mettre la tête entre ses genoux.

- Il suffit qu'un esprit un peu jeune en fasse qu'à sa tête, marmonna-t-elle, Et qu'il veuille m'aider... Tout le monde en parlerait si des phénomènes bizarres se manifestaient ici.

- Ouais.

Amaterasu, dubitatif, retourna se nicher à l'intérieur. Ils avaient convenu de limiter les discussions pour éviter de se faire surprendre, comme avec ce garçon dans l'arbre, maintenant sur le terrain de foot. La Sorcière pencha la tête, songeuse. Amadeus... Il s'appelait Amadeus.

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Cathie
Posté le 17/01/2020
Je continue à lire avec grand plaisir.
Moi qui suis amatrice de sorcières et de magiciennes, je trouve cette petite N’a pleine de promesses.
J’attend La suite avec impatience.
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