Chapitre 19 - Une Ombre de cauchemar contre une danseuse d'étoiles

Après autant de temps passé sous terre, Muse aurait pensé qu’il se serait habitué aux tunnels humides, où seuls la peau luminescente de Drk - et désormais celle d’Ysaë - et les yeux de Feï éclairaient leur route. 

Mais non. Le gnome détestait toujours autant ces trous infâmes, et retourner sur le dos de Gulliver pour aller plus vite n’améliorait en rien son humeur. Pour la énième fois du trajet, il lâcha un grognement de douleur en l’honneur de son postérieur meurtri, et le poney souffla avec exaspération.

— Tu devrais monter sur Drk, si je ne suis pas assez douillet pour tes petites fesses, grogna-t-il. Ou sur les épaules de la boite de conserve.

— Non, trancha aussitôt Feï.

Ce ne serait confortable pour personne, et je suis trop grande, petit quadrupède, hulula Drk.

— Si t’es pressé, va falloir qu’on fasse comme ça, conclut Muse. Et moi j’ai pas envie de passer ma vie dans ces tunnels de merde donc t’as intérêt à être pressé aussi !

Le poney souffla de nouveau, mais céda pendant une dizaine de minutes, avant de se remettre à râler. Au moins, ses plaintes n’étaient pas totalement inutiles. Elles étaient efficaces pour distraire Muse du bon gros plan de merde qui s’était enlisé de plus en plus dans l’absurde à mesure qu’ils l’avaient développé. Les raisons qui l’avaient amené à accepter un truc pareil étaient totalement hors de sa compréhension, à présent. Le gnome était définitivement proche de la sénilité, c’était la seule explication.

Devant eux, Ysaë tissait un sortilège avec l’aide de Drk, pour tracer leur chemin le plus rapidement possible. Le gnome était plutôt satisfait que le maegis ait tout de suite proposé de travailler avec l’amahzyle plutôt qu’avec lui. S’il avait eu à l’aider en amplifiant sa magie, il n’aurait pas fait le fier … 

Muse détestait toujours les maegis, dans le fond. Et même si celui là était aimable, il restait un magos. Et en plus, un magos qui avait fait des sales trucs dans sa vie. Pas vraiment la personne avec qui Muse accepterait de mélanger sa magie sans hésitation. Le gnome était bien plus à l’aise à l’idée de le faire avec Feï, comme ils l’avaient déjà fait en chanson, ou avec Drk. Même Gulliver paraissait un choix plus raisonnable.

Mélanger sa magie avec quelqu’un pouvait paraître anodin, pourtant - et ça l’était, la plupart du temps. Un peu comme chanter un duo, ou pousser un chariot dans la même direction. Mais même deux choses aussi banales que ces dernières pouvaient devenir compliquées, lorsqu’on n’aimait pas son associé, ou qu’on était persuadé qu’iel était un incompétent.

Et dans le cas d’Ysaë, Muse ne lui faisait tout simplement pas assez confiance pour penser qu’il était capable de s’accorder sur son tempo. Il ne l’appréciait pas assez pour vouloir faire l’effort de se caler sur le sien, non plus. Pas comme avec le gamin - là, le gnome pouvait lui donner un coup de pouce. C’était toujours plus facile de pardonner les imperfections d’un enfant, et même d’y trouver une certaine nostalgie... 

Oh, comme ils avaient peinés à faire leurs premiers duos, Coquelicot et Musaraigne, au tout début ! Mais ils en avaient été fiers, et leur maître Merle aussi.

— Nous y sommes, annonça Ysaë.

Les ruines de la cité humaine souterraine se tenaient toujours imperturbables dans la vaste caverne, recouvertes de son inquiétant silence magique. Muse n’entendait pas encore la musique pesante du Saraëko, contrairement à la première fois qu’ils avaient visité l’endroit, mais il savait que cette confortable absence ne durerait pas longtemps. 

Ils étaient revenus ici parce que, bien que le maegis n’ait aucune idée de pourquoi la créature aimait tant ce cimetière à ciel ouvert, il l’y avait très souvent aperçue. Est-ce qu’un ossuaire dans une caverne pouvait vraiment être à ciel ouvert, ceci dit ? Débattable. Muse préférait penser que oui - si la réponse était non, cela signifiait qu’ils se promenaient à l’intérieur même d’une tombe. Déjà que les cimetières des créatures dont le corps ne disparaissaient pas d’eux-mêmes après leur mort étaient glauques, alors l’intérieur du cercueil … 

Il prit une grande inspiration, et marmonna du bout des lèvres une mélodie entraînante pour oublier son malaise.

— Ici, ce sera l’idéal, indiqua Ysaë. La vue est assez large, et s’il faut battre en retraite, il y a plusieurs options.

— Oui, ça paraît parfait pour dignement prendre la fuite, confirma Gulliver.

Ils s’étaient arrêtés sur un plateau surélevé, où seule la carcasse d’une porte en métal se tenait encore debout, assez haute pour les cacher le temps que le monstre ne fasse son apparition. A portée de jambes, trois tunnels descendaient hors de la caverne, et un autre remontait jusqu’à ce qui aurait pu être un balcon, s’ils avaient été dans une ville encore digne de ce nom.

Ysaë posa sa machine à terre, juste devant la porte, et balaya la troupe du regard.

— Est-ce qu’il y a besoin de revoir le plan une dernière fois ? demanda le maegis.

— Et bien, j’ai une question … où est-ce que je m’installe pour voir au mieux notre gnome préféré s’infiltrer dans les fesses du géant ? pouffa Gulliver.

— Tu restes ici. Il ne faudrait pas que le Saraëko te prenne pour un en-cas, rappela Ysaë.

— C’est une possibilité ? demanda Muse avec espoir.

— Prépare-toi pour ton trou, toi, grommela le poney.

Le plan, tel qu’Ysaë l’avait conçu, était de la simplicité de tous les plans destinés à un formidable succès, ou à un échec désastreux.

La machine, activée par les magies combinées du maegis et de l’amahzyle, produirait un siphon de magie puissant et appétissant pour attirer l’attention de la bête, et l’endormir assez longtemps pour que Muse se glisse à l’intérieur et cherche le bourdon messager. Pour le trouver, le gnome serait guidé par le pendentif en forme de flèche de Fanom, qu’il avait toujours autour du cou, et qu’Ysaë avait ensorcelé pour l’occasion avec un nouveau sort de traçage. 

En cas de problème - et seulement si c’était absolument nécessaire - Feï se tiendrait prêt à intervenir, en surveillant avec attention l’avancée de Muse grâce à l’écho du sortilège attaché à la flèche, qui renvoyait un signal directement sur l’un des gants de son armure.

Ils avaient vraiment pensé à tout, et si Muse se dépêchait, il n’y avait aucune raison qu’il se retrouve coincé à l’intérieur, ou écrasé par la roche endormie de la bête. Simple, non ? 

Mais s’il allait trop lentement, ou que quelque chose réveillait le Saraëko …

Muse n’avait pas vraiment envie de découvrir ce que sentait un gnome grillé.

— Muse, tu es prête ? demanda Ysaë.

— Non, je ne suis pas prête, ni prêt non plus. Mais c’est trop tard pour abandonner, hein ?

— Je serais là, rappela doucement Feï.

Le gnome lui tapota le bras avec un sourire. 

— Je sais, gamin. Aller, il faut qu’on se mette en position.

Ils se glissèrent tous les deux en contrebas du plateau, assez à l’écart pour ne pas se faire écraser par le monstre de magma, mais assez proche pour que Muse n’ait pas longtemps à courir pour le rejoindre. Muse frappa son tambour deux fois pour signaler qu’ils étaient en position. Quelques secondes plus tard, une mélodie diffuse lui répondit, un mélange de la magie mélancolique de Drk, et de celle coriace et instable d’Ysaë, mixée par l’appareil. 

— Ça commence, grommela le gnome.

Feï plissa les yeux, et les rouvrit lorsqu’il entendit à son tour la mélodie produite par les remous du sortilège. Le gamin avait encore besoin d’entraînement, s’il fallait qu’on lui signale quand écouter … mais ce n’était pas un mauvais début. 

Muse espéra pendant environ une trentaine de secondes que la machine ne fonctionnerait pas comme prévu, et qu’ils soient forcés - tragiquement, bien entendu - de devoir raisonnablement abandonner cette idée de merde. 

Malheureusement pour lui, la réponse du Saraëko arriva bien plus vite qu’ils ne l’avaient envisagé.

Le sol trembla, et avec lui grondèrent les parois de la vaste caverne et le squelette de la ville souterraine. Au milieu de ce qui avait pu être une place, lorsque les murs tenaient encore debout, un monticule de terre s’éleva de plus en plus. La tête charbonnée du monstre en sortit, suivie du long cou hérissé de roches escarpées, et de ses pattes plus larges qu’aucune colonne qui ait jamais été bâtie de mémoire de gnome. A chacun de ses coups de griffes, la roche fondait pour le laisser passer, puis refroidissait aussitôt qu’il avançait. Même à une distance respectable de la créature, Muse sentait la chaleur du magma lui brûler les yeux et couvrir sa peau de sueur.

Si le monstre ne pouvait pas sentir sa peur, il allait bientôt pouvoir sentir sa crasse.

C’était vraiment, indéniablement, impossiblement, la pire idée possible dans l’histoire des idées de merde.

— La machine fonctionne, murmura Feï. 

Le Saraëko s’était approché du plateau où Ysaë et Drk activaient le sortilège, ses pas lents mais déterminés. Le monstre descendit sa tête au niveau de la machine, minuscule pour lui, puis s’allongea devant avec un air béat, déjà à demi assoupi. 

C’était bien trop efficace pour être honnête. Comme si le monde entier voulait faire entrer un gnome dans un orifice de géant souterrain.

Muse soupira. Il échangea un regard avec Feï, qui hocha brièvement la tête pour confirmer qu’il était prêt. Muse vérifia une dernière fois les sangles de son tambour sur son dos, et l’attache du pendentif autour de son cou.

Plus de temps à perdre, à présent.

Il courut d’un pas léger jusqu’au Saraëko, et sauta tête la première dans le premier orifice qui croisa sa route.

Ce n’était pas vraiment différent d’un tunnel, comme l’avait prédit Ysaë - juste plus étroit, plus chaud, et secoué d’une vibration régulière, semblable au vrombissement d’un insecte géant.

Muse avança, guidé par la flèche autour de son cou. Elle pointa en avant dès qu’il en pinça les plumes pour la réveiller, et éclaira la route.

Sans interruption, et pendant un très long moment, il rampa.

Mais la chaleur augmentait constamment, et les aspérités de l’étroit tunnel lui éraflaient les mains et les genoux. A mesure qu’il progressait à l’intérieur de la bête, il avait de plus en plus de confirmations que la supposition d’Ysaë n’était pas aussi absurde qu’il n’y paraissait. Il croisait des débris en provenance des ruines ou d’ailleurs, des chapeaux de voyageurs, des épées courtes et des pistolets mécaniques encore intact, et même quelques bouquets de champignons qui poussaient là, comme au coeur d’une véritable montagne en miniature.

S’il pouvait y avoir tout ça, alors peut-être que le bourdon de Gulliver était encore en bon état …

Le pendentif retomba mollement vers le sol, et Muse eut peur que le sortilège se soit brusquement stoppé - mais un coup d’oeil en avant lui indiqua qu’il était simplement enfin, et contre toute attente, arrivé à destination. A quelques mètres de là, à l’embranchement de deux autres tunnels, un insecte doré en métal de la taille de son poing, avec des ailes brisées, était incrusté entre les troncs de champignons calcifiés. Le gnome soupira avec soulagement.

Plus que quelques pas, et il pourrait faire demi-tour et sortir d’ici.

Muse se dépêcha de parcourir le peu de distance qui restait entre le bourdon et lui. Il secoua l’un des champignons pour l’en déloger, sans succès, et s’assit inconfortablement sur ses genoux pour libérer sa main d’appui. Puis -

KRA-BOOM.

Il se cogna contre le plafond.

KRA-BOOM.

Puis contre les parois sur sa droite.

KRA-BOOM.

Puis sur sa gauche.

Le souffle court, Muse se prépara à un quatrième impact …

Et le tunnel se redressa brusquement à la verticale, assez vite pour qu’il glisse jusqu’au précédent embranchement. La paroi l’empêcha de tomber plus loin, mais le choc lui tordit les chevilles, et ses avant-bras s’étaient ouverts dans la descente.

S’il réussissait à basculer sur le côté, peut-être qu’il pouvait faire demi-tour …

Il posa une main sur la paroi et la retira aussitôt. Elle était brûlante, et la chaleur autour de lui ne cessait d’augmenter.

Plus aucun doute, à présent.

Le Saraëko s’était réveillé.

Muse déglutit, sa vue de plus en plus trouble. Si la température continuait de monter …

Il allait très certainement perdre connaissance ici, et mourir cuit comme une brochette de sabots-d’or caramélisés. 

— Muse !

La voix de Feï fut aussitôt noyée dans les ténèbres. 

Muse sentit la magie cauchemardesque de l’ombre l’envelopper, et aperçut derrière ses paupières closes le Saraëko les vomir dans un torrent de flammes. Alors qu’il était en chute libre vers le sol, il vit les archéologues faire irruption dans la caverne, juchés sur l’escargot géant - et juste avant de finir sa trajectoire en bouillie dans les ruines, les parois de la caverne tremblèrent pour les ensevelir pour toujours, sans aucun espoir de survie pour le gnome.

Très réaliste, ce cauchemar. Mais la situation n’était pas si dramatique, et Muse le savait très bien.

Oh non, le petit bipède est tout déchiré ! hulula Drk.

— Gulliver, tu peux le porter ? demanda Feï avec une note de panique.

Muse se sentit atterrir sur un dos familier, et la terreur provoquée par l’ombre se dissipa. Elle emporta avec elle les dernières images cauchemardesques qu’elle avait provoquée, ne laissant plus que sa panique naturelle accélérer son rythme cardiaque. Il serra ses doigts sur la crinière du poney, qui partit au galop dans les tunnels derrière Drk. Muse devinait péniblement sa silhouette luminescente entre ses paupières collées de sueur.

Lorsque Gulliver s’arrêta enfin, le gnome relâcha sa prise et glissa au sol, mais deux paires de bras l’empêchèrent de s’écraser sur la roche.

— Muse, comment tu t’en sens ? demanda Ysaë.

— Comme si je sortais d’un trou de cul, gémit-il.

— Il est vulgaire, c’est plutôt bon signe, constata Gulliver.

— Drk, je vais avoir besoin de ton aide, indiqua le maegis.

Les deux mages s’approchèrent de lui. Ysaë appliqua sur ses blessures un baume, dont la froideur le fit reculer malgré lui. Muse serra les dents, et très vite, le maegis et l’amahzyle combinèrent de nouveau leur magie, cette fois-ci pour activer les sortilèges de soin contenus dans la mixture. La respiration du gnome se calma, et il réussit à ouvrir davantage ses yeux - assez pour voir qu’il n’était pas encore totalement sorti d’affaire. Ses chevilles étaient hideusement gonflées, et il aurait besoin d’un ou deux bains pour retirer toute la sueur et la poussière qui collait à sa peau et cachait peut-être d’autres plaies.

— J’ai des baumes plus efficaces dans ma cabane, annonça Ysaë. Ça ira si on te remets sur le dos de Gulliver, Muse ?

— Okay, mais on peut y aller plus doucement ? Parce que je vais gerber, sinon …

— Si tu vomis sur mes poils, je te laisse tomber, prévint Gulliver.

Muse grommela, et laissa Feï le porter sur le dos du poney - Ysaë n’osa pas, et ce n’était pas une mauvaise idée. L’humiliation de se faire soulever comme un jouet par un maegis aurait été trop grande. Ils reprirent la route à pas plus tranquille, cette fois-ci, et le gnome dû résister à la tentation de somnoler. S’il glissait, la douleur ne s’arrangerait clairement pas. 
Gulliver tourna la tête vers lui, le regard assez honteux pour que Muse devine ce qu’il s’apprêtait à lui demander.  

— Et, euh … tu as trouvé le bourdon ?

— Ouais, soupira le gnome. Mais trop tard, tout s’est mis à bouger avant que je l’attrape … désolé, sac-à-puces.

Feï s’avança à leur gauche, et écarta un pan de son armure. Un petit objet doré tomba dans sa main tendue, et il la ramena vers eux.

— Le bourdon ! Tu l’as eu ! se réjouit Gulliver.

Muse l’attrapa pour le glisser dans une de ses poches. Dès qu’il referma les doigts autour, il fut certain que quelque chose clochait avec le messager mécanique. Mais il avait bien trop la nausée pour y réfléchir, et ça pouvait attendre qu’ils arrivent.

Le poney reprit la route d’un pas un poil trop énergique, jusqu’à ce que les grognements de son cavalier et les hululements de réprimande de Drk ne le fasse ralentir. Malgré sa résolution, Muse somnola quand même - mais il rouvrit les yeux dès que leur colonne s’arrêta. 

Il n’avait pas dormi assez longtemps pour qu’ils soient déjà arrivés, si ?

Ses compagnons de route étaient tous sur leurs gardes, et le gnome entendit plusieurs voix dans la direction où ils devaient se rendre. Il les reconnut aussitôt : c’étaient celles des trois archéologues survivants.

— Je t’assure qu’il était dans les parages il y a quelques secondes à peine !

— Il ne peut pas avoir disparu comme ça, siffla Cadra. A moins que ce magos ne le cache… Il en serait capable, je ne sais même pas comment ce traître a réussi à nous faire croire qu’il avait quitté les montagnes pendant si longtemps…

Muse plissa les yeux. Juste devant Gulliver et lui, Drk et Ysaë s’étaient associés pour la troisième fois de la journée, avec de plus en plus d’aisance. Cette fois-ci, pour un sortilège de camouflage particulièrement impressionnant. Pas étonnant que les fanatiques ne les voyaient pas alors qu’ils étaient juste au bout du tunnel !

— Pourquoi il le cacherait ? C’est un signe de la fin du monde, la seule existence de cette chose est dangereuse pour lui aussi ! Une ombre de cauchemar contre une danseuse d’étoiles

— Par les Immortels, est-ce que tu vas réciter ça à chaque fois que le sujet revient ? Tu me les brises !

— Je sais que vous êtes stressés après ce qui est arrivé à Imo, mais il faut avancer, siffla Cadra. Il nous faut cette Ombre, et le gnome. 

— Ce sont de vrais divas, ceux-là, murmura Gulliver.

Muse soupira, et jeta un coup d’oeil vers Feï. Le pauvre gamin était très tendu et agité - qui ne le serait pas après avoir entendu être un signe de la fin du monde ? - alors le gnome tendit sa main vers la sienne, et la serra. Il tourna ses yeux électriques dans sa direction, et la tornade qui agitait son essence se calma un peu. Il pressa sa main en retour, avant de tourner de nouveau son regard vers les fanatiques, qui traversèrent le tunnel et disparurent dans les profondeurs sans les voir.

— Rentrons vite, murmura Ysaë. Si nous les recroisons, je ne sais pas si j’aurais l’énergie de nous cacher.

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