Chapitre 19 : Sous le saule

Notes de l’auteur : Bonne lecture ^^

Abasourdie, Mathilde regarda le Katchynien s’en aller, sans un coup d’œil en arrière dominant de près d’une tête les courtisans qui l’entouraient. Droit comme un i, il fendait les vagues de brocart et de soieries qui s’écartaient prestement devant ses grandes enjambées, glougloutant en frissons et railleries à peine masqués. Les Nobles n’avaient pas apprécié se faire reprendre par le Chambellan par sa faute, et ils n’étaient pas prêts à le lui pardonner. Néanmoins, ils n’auraient pu trouver cible plus indifférente à leurs quolibets. Rok paraissait évoluer dans une dimension différente de la leur, déconnecté de leurs jeux d’influence et de pouvoir.

Mathilde grimaça, serrant ses bras contre elle-même. Brusquement, elle se sentit submergée par tout ce qui venait de lui arriver : sa rencontre chaotique avec le géant balafré, son humiliation cuisante face aux Imperiens, le silence surnaturel imposé par le Sylphe du Chambellan. Elle avait également échappé de peu à l’étouffement dans une foule de courtisans !

C’était un peu trop intense à son goût pour une première expérience au sein de la Cour impériale. Elle en avait le cœur au bord des lèvres. Elle se renversa contre son dossier, la tête penchée en arrière. Elle perdit son regard trop clair dans les jeux de lumière matinale qui éclaboussaient le feuillage. Cette ambiance oppressante, cette accélération des événements, tout cela la brouillait. Tant de nouveauté dans son existence lui donnait le tournis.

Elle se sentait un peu honteuse aussi, envers Rok. Sa cicatrice l’avait tellement choquée qu’elle avait été incapable de la plus élémentaire des politesses. Son comportement avait dû lui renvoyer sa balafre à la figure, lui rappeler sa laideur, combien elle lui ravageait la peau. Et ça à deux reprises ! Comme s’il n’avait pas été assez humilié lui-même par les moqueries de la foule… D’eux deux, c’était sûrement lui qui avait subi la pire. Il faudrait qu’elle trouve un moyen de s’excuser sans tarder.

Pourtant, rien que de penser à cette cicatrice la faisait frissonner. Elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer ce qui avait bien pu lui arriver. Lui avait-on aspergé le visage avec de l’eau bouillante ou de l’acide ? Avait-il affronté un monstre dans les forêts Katchyniennes ? Ou pire, lui avait-on arraché la peau ?

Elle se secoua, se reprit. Ce genre de pensée ne l’amènerait à rien. Son regard revint sur la foule, qui gravitait toujours en rondes hypnotiques autour des souverains. Une silhouette familière s’en extirpa, les mains sur les hanches, cherchant son souffle. C’était Ariette. Tout échevelée, elle semblait avoir perdu ses compagnons et étudiait nerveusement les alentours. Ce faisant, elle repéra Mathilde et marcha dans sa direction. Arrivée à son niveau, elle la prit dans ses bras avec effusion.

— Je suis désolée que la Cérémonie se soit passée si mal. Tu devais être morte de honte !

Mathilde grimaça et se dégagea maladroitement de son étreinte.

— Ce n’était pas très agréable. Cela dit, c’est de ma faute si je suis accoutrée ainsi.

Ariette haussa les épaules et se laissa tomber sur une chaise voisine.

— Il t’aurait suffi d’avoir les bons vêtements pour être acceptée… Moi, même avec tous les bijoux du monde, ils ne voudront jamais oublier que je suis née Roturière.

Mathilde aurait souhaité pouvoir la rassurer, mais elle gardait encore bien en tête les commentaires de Fineas sur le Chambellan. Celui-ci avait beau occuper l’un des plus hauts postes de la Cour, posséder un Sylphe, la confiance de l’Empereur, il n’échappait pas aux critiques sur son origine populaire. Ariette avait au moins le privilège d’être jolie. De plus, Petra semblait déterminée à la protéger des persiflages de Fineas.

— En devenant Filleuls, nous obtenons un statut particulier. Ces Nobles peuvent dire ce qu’ils veulent, tu ne leur es pas inférieure, remarqua-t-elle en adoptant son ton le plus réconfortant. D’ailleurs, tu t’es tout de même trouvé des amis assez rapidement, et ils n’ont pas l’air de se soucier de ton rang.

Ariette reprit des couleurs à cette seule pensée. Un sourire rêveur s’étala sur ses lèvres.

— C’est vrai… ils sont tellement distingués, raffinés et même attentionnés envers moi !

Elle en avait les yeux brillants. Mathilde sourit à son tour, rassurée.

— Je suis contente pour toi. Petra semble… une fille sur qui l’on peut compter.

La Roturière acquiesça, faisant rebondir ses boucles brunes. Elle saisit les mains de Mathilde dans les siennes avec un élan passionné.

— Elle m’apprend tant de choses sur la Cour, les usages des Mauves… Elle a grandi ici, tu sais ? Elle connaît personnellement toutes les familles puissantes rassemblées auprès de l’Empereur ! Et ce n’est pas tout, elle m’a aussi…

Sans reprendre son souffle, Ariette se lança dans une longue tirade sur toutes les valeurs et vertus de ses nouveaux amis, et Mathilde ne put réprimer un léger pincement au cœur. Pourquoi ne pouvait-elle pas partager son enthousiasme ? Pourquoi se sentait-elle soudain très seule, tout à coup ?

Ariette était émerveillée, intarissable. Mais elle ne lui parlait pas vraiment. Elle lui chantait leurs louanges comme elle l’aurait fait devant n’importe qui d’autre. Peut-être n’était-ce encore qu’une paranoïa déraisonnable de sa part, cependant elle ne put s’empêcher de noter qu’Ariette ne quittait pas la foule du regard.

Soudain, elle lui lâcha les mains et se leva si brusquement que Mathilde tressauta. Ariette poussa une exclamation de soulagement.

— Ah ! Les voilà !

En effet, à quelques tables de là, les trois Mauves se séparaient de l’attroupement pour aller piocher dans les mets qui y étaient disposés. Ariette rajusta ses gants et plia nerveusement les phalanges. Puis elle se tourna vers Mathilde et lui adressa un sourire d’excuse désarmant.

— Désolée, il faut que j’y aille. Ils doivent me chercher.

Elle dut lire la déception dans le regard de Mathilde, car elle ajouta sur un ton encore plus contrit.

— Tu dois me comprendre… je t’aime bien, mais… j’aimerais pouvoir être avec des personnes influentes. Tu ne m’en veux pas ?

Mathilde était blanche. Enfin, plus que d’habitude. Toutes ses articulations s’étaient verrouillées. Pendant de longues secondes, il lui fut impossible de parler, ni même de réfléchir.

Des personnes influentes, hein ?

Elle avait dit cela d’une voix si douce, presque tendre… L’amertume remonta dans sa gorge, pour envahir sa bouche, aigrir ses pensées. Lui en vouloir ? Pourquoi ? Elles ne se connaissaient pas vraiment. Elles ne se devaient rien, n’avaient aucune obligation l’une envers l’autre.

Quelque part, elle était à blâmer : Mathilde s’était imaginé une amitié sans considérer les attentes d’Ariette. Alors comme ça elle préférait les personnes puissantes, solaires, de celles qui attirent l’attention, en sont le centre en permanence ? Mathilde était loin de pouvoir combler cette attente. Elle en était le parfait opposé. C’était normal qu’Ariette lui préfère les Mauves, logique même.

Elle contracta ses muscles et réussit à expulser une phrase, la plus neutre possible.

— Je comprends.

Ariette l’enlaça de nouveau de ses bras avec une mine soulagée.

— Ouf ! J’ai cru que tu allais te fâcher. Restons amies, veux-tu ?

Sans lui laisser le temps de répondre, elle lui claqua une bise sonore sur la joue et s’en alla gaiement rejoindre ses nouveaux amis, lui lançant un dernier « Amuse-toi bien ! » par-dessus son épaule.

Mathilde avait le tournis. C’en était trop ! Trop d’émotions, trop de catastrophes en si peu de temps. Cette première matinée à la Capitale virait au calvaire. Elle tira sur le col de sa chemise. Elle étouffait. Et tous ces gens qui se pressaient se bousculaient autour des souverains dans un brouhaha incessant… Elle n’en pouvait plus. Si elle restait ici plus longtemps, elle allait fondre en larmes.

Mathilde sauta sur ses pieds et quitta en trombe la clairière où la Noblesse s’était rassemblée. Sans un regard en arrière, elle plongea sous les rameaux d’un des grands saules pleureurs, qui balayaient le sol à la manière d’un épais rideau végétal. Elle désertait la scène ! Elle n’en pouvait plus. Elle accueillit avec soulagement la fraîcheur de l’ombre absinthe qui capitonnait ce cocon de verdure. Ici, personne ne pouvait la voir craquer.

 L’endroit était joli. Le tronc large et noueux se tordait au-dessus d’un petit bassin frangé d’iris d’eau jaune en fleurs et de rochers blancs et ronds. Ses branches formaient comme un écrin de sérénité au milieu du chaos. On entendait encore les courtisans, mais on était hors de portée de leurs regards, et de leurs langues acérées. À l’abri.

Elle s’assit à même l’herbe, au bord de la mare, le dos contre l’écorce. L’odeur de la mousse et le discret parfum des iris l’enveloppèrent comme une couverture, trop froide, mais rassurante. Mathilde ramena ses genoux sous son menton, entoura ses jambes de ses bras et libéra des larmes qu’elle avait trop longtemps retenues.

Elles dévalèrent ses joues, trempèrent les verres de ses lunettes et glissèrent jusque dans son cou. Impossible de les arrêter, mais Mathilde n’en avait aucune envie. Pour une fois qu’elle avait un moment d’intimité, où on n’attendait rien d’elle… Elle pouvait pleurer en paix sa déception, sa frustration, son humiliation. Elle était de nouveau seule. Mais depuis son départ, n’avait-elle jamais cessé de l’être ?

Dans un accès de rage, elle jeta un galet dans l’étang, s’éclaboussant par la même occasion. Elle avait été trop bête. Bien sûr qu’Ariette préférait la compagnie des Mauves ! Elle le lui avait dit sur le bateau : elle admirait les Nobles depuis toujours. Alors qui de plus Noble que des Mauves ? Pour qu’Ariette n’ait pas à choisir, il aurait fallu que Mathilde fasse un effort pour mettre sa peur des Mauves de côté… Elle ferma les yeux, ses longs cils blonds humides se collant à ses joues. Sa famille lui manquait.

— Eh ! qu’est-ce que tu fais là ? lança une voix contrariée.

Mathilde sursauta et releva la tête. Elle se tourna pour apercevoir son interlocuteur, mais ne vit personne. Le ton lui avait paru haut perché, comme celui d’une femme.

— C’est ma cachette ! Trouve-t’en une autre.

La voix semblait venir d’en haut. Mathilde se tordit le cou et découvrit qui l’interpellait. Un petit garçon se tenait blotti dans le creux des branches, enveloppé dans une couverture de laine et des biscuits secs dans les mains et les poches. Ses cheveux noirs et raides tombaient devant ses yeux mauve pâle, coupés droit, formant comme un casque soyeux autour de sa tête. Ses joues pleines étaient constellées de miettes et sa peau ambrée sentait le soleil. Il la regardait comme si elle avait pénétré dans sa propriété privée. Il n’avait pas l’air d’avoir plus de neuf ans, peut-être moins.

— Je suis désolée, murmura Mathilde en tentant de reprendre contenance, je ne savais pas que c’était ton endroit.

Il la décortiqua de ses yeux violets, pleins de curiosité. Puis il croqua dans un de ses biscuits secs.

— Tu pleures ? Pourquoi ?

Mathilde essuya ses joues d’un revers de manche.

— Tu n’es pas le seul à vouloir te cacher.

— Pourquoi ? Toi aussi, on veut t’attraper ?

— Disons que je n’aime pas la foule. Je préfère ma liberté de mouvement.

Le gamin hocha la tête, mastiquant son gâteau avec un air rassuré.

— Alors tu es comme moi : un pirate.

Mathilde écarquilla les yeux, surprise du tour de conversation qu’avait adopté l’enfant.

— Pardon ?

— Tu aimes la liberté, et des méchants veulent te capturer. Tu es un pirate.

Malgré elle, un sourire revint sur les lèvres de Mathilde. Mauve ou pas, c’était un enfant avant tout, avec son univers et ses rêves. Croisant les bras sur sa poitrine, elle se prit au jeu.

— Tu as raison. Je suis un pirate. On m’a enlevée à ma terre natale, et maintenant je dois trouver un moyen de m’échapper.

Les yeux mauves de l’enfant étincelèrent et un sourire immense fit le tour de sa figure.

— Alors tu cherches une cachette secrète ?

— C’est ça.

— Mais c’est moi le chef de cette base. Tu dois avoir ma permission.

Mathilde s’inclina bien bas, le cœur de plus en plus chaud. Ce jeu lui rappelait ceux qu’elle faisait avec George, il n’y avait pas si longtemps encore.

— Alors je demande très humblement votre consentement pour pénétrer en votre domaine.

L’enfant glapit de joie.

— Je veux bien ! Mais tu dois promettre de ne parler de cette cachette à personne et me jurer fidélité.

Mathilde plia gracieusement un genou à terre et posa son poing refermé sur son cœur.

— Je vous le jure, sur mon honneur de pirate.

Il lui tendit une main couverte de miettes et de beurre pour sceller leur alliance. Mathilde grimpa sur les nœuds du tronc pour l’atteindre, puis s’assit sur une branche à côté de lui avec le sentiment d’avoir enfin trouvé une personne sincère à qui s’adresser.

— Et comment dois-je vous appeler, chef ?

L’enfant rajusta son pourpoint bleu nuit d’un air à la fois digne et joueur.

— Je suis le capitaine Berlioz ! Le plus grand de tous les pirates.

— Le roi ?

— L’empereur !

Mathilde éclata de rire.

— Un empereur des mers alors ? Très bien, capitaine Berlioz, je suis à votre service.

Le garçonnet sortit un biscuit de sa poche et le lui tendit. Mathilde croqua dedans sans sourciller. Ce petit la remplissait de nostalgie. Il était si décalé avec ce monde guindé. À se demander ce qu’il faisait là… Mathilde lui était reconnaissante de l’avoir distraite de sa tristesse. S’il pouvait lui apporter un peu de gaieté, elle était prête à jouer avec lui.

Elle l’observait tandis qu’ils grignotaient les provisions que l’enfant avait amassées. En y regardant de plus près, son pourpoint de velours à col montant et à manches bouffantes était d’excellente facture. Il devait coûter une fortune. Berlioz portait également une sorte de pectoral en or avec la forme d’une étoile à quatre branches, gravée aux armoiries impériales.

Il était sûrement le fils d’un haut notable de la Cour. À l’entendre, il avait échappé à ses gardiens, et c’était loin d’être la première fois. Mathilde balançait ses jambes dans le vide. Elle n’avait pas envie de penser à la Cour, ses intrigues, ses jeux de pouvoir. Elle voulait se croire dans sa forêt d’enfance, en compagnie d’un des gamins du village voisin. Elle n’était plus Filleule, il n’était plus Mauve, ils n’étaient que deux âmes en peine de liberté.

Elle s’adossa contre une branche et se tourna vers lui, son corps relâchant peu à peu la pression accumulée.

— Dites-moi, Capitaine Berlioz, avez-vous un équipage pour vous accompagner en mer ?

— J’en avais un ! s’exclama-t-il d’un ton grandiloquent. Il était plus grand que la plus grande des armadas !

Il étira ses bras pour se donner l’air impressionnant, les joues rouges d’excitation. Il attendit qu’elle hoche la tête avec un sourire admiratif pour ensuite se courber et prendre un masque tragique sur ses traits d’enfant, comme dans une représentation de théâtre.

— Hélas ! Continua-t-il, se drapant dans sa couverture, une tempête les a engloutis et je suis seul au monde maintenant.

— C’est triste.

— Mais je suis courageux !

Il se frappa la poitrine du poing, la défiant du regard comme s’il craignait qu’elle le contredise. Mathilde avait plutôt envie de rire. Il était adorable. Elle imita sa posture et lui fit un clin d’œil.

— Et si je devenais votre second ? Vous ne seriez plus un capitaine sans équipage.

— Tu voudrais ? Je veux dire… Oui, je veux bien t’accepter, mais à condition que tu ne parles à personne de notre équipage. C’est un secret pour les grandes personnes.

Mathilde jura, amusée qu’il ne la considère pas comme une des « grandes personnes ». Elle n’avait probablement pas l’air assez adulte pour l’effrayer.

— C’est quoi ton nom ? demanda-t-il.

— Mathilde Eth’Arken.

— Pas ça, ton nom de pirate.

Elle n’eut pas à chercher loin pour en trouver un.

— Je serais la Ménestrel Mathilde, second du Capitaine Berlioz.

L’enfant rayonnait de joie et il entreprit de lui expliquer toutes les aventures qu’il avait eues avant de devenir empereur des mers, pour qu’elle puisse accomplir sa tâche de second au mieux. Il était question de batailles épiques et de quêtes mythiques qui n’étaient pas sans rappeler les contes populaires de l’Archipel. Berlioz semblait avoir mélangé ses préférés pour créer sa propre épopée.

Son discours était en somme assez brouillon, mais terriblement attachant. Mathilde renchérit un peu, puisant dans ses connaissances et son inspiration personnelle, qui le mettait aux anges. Ils s’enfoncèrent tant dans leur monde imaginaire qu’elle en oublia ses déceptions, ses peurs, ses tristesses, et s’abandonna complètement à ces jeux enfantins. Elle ne vit pas le temps passer.

Aussi le retour à la réalité fut-il particulièrement brutal lorsqu’une voix caverneuse retentit sous le saule pleureur.

— Mon Prince ! Pour la énième fois, que faites-vous dans cet arbre ?

 

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Prudence
Posté le 08/04/2021
Bonjour Emmy !
Je laisse un petit commentaire par-ici ^^

"Mathilde grimaça, serrant ses bras contre elle-même. Brusquement, elle se sentit submergée par tout ce qui venait de lui arriver : sa rencontre chaotique avec le géant balafré, son humiliation cuisante face aux Imperiens, le silence surnaturel imposé par le Sylphe du Chambellan. Elle avait également échappé de peu à l’étouffement dans une foule de courtisans !

C’était un peu trop intense à son goût pour une première expérience au sein de la Cour impériale. Elle en avait le cœur au bord des lèvres. Elle se renversa contre son dossier, la tête penchée en arrière. Elle perdit son regard trop clair dans les jeux de lumière matinale qui éclaboussaient le feuillage. Cette ambiance oppressante, cette accélération des événements, tout cela la brouillait. Tant de nouveauté dans son existence lui donnait le tournis."

J'ai une remarque à faire sur ce passage. Je trouve que tu insistes beaucoup sur le malaise de Mathilde. Tu nous montres son malaise par ses réactions physiques puis tu nous l'expliques sans vraiment apporter d'informations nouvelles. Je pense qu'en tant que lecteurs, on comprendra qu'elle ne se sente pas très bien après tant de péripéties xD De plus, je pense que les deux dernières phrases sont "mal placées" par rapport au reste de ce passage, car lorsqu'elle penche la tête en arrière, j'ai l'impression qu'elle se soulage d'un poids... Mais elle le retrouve quelques secondes plus tard dans ses pensées. Et justement la petite description de la lumière matinale insiste sur son soulagement, et c'est assez "contrariant?" de retrouver cette atmosphère oppressante dans la phrase suivante. Si je ne suis pas assez claire, n'hésite pas à me poser des questions, hein ^^'

"Pourquoi se sentait-elle soudain très seule, tout à coup ?"

J'enlèverais soit "soudain" soit "tout à coup" ^^

Autrement, je m'attendais ce revirement de situation avec Ariette, et je trouve ça hyper intéressant. Je me demande ce qu'il va se passer entre elles.
J'ai hâte d'en savoir plus sur Rok. C'est un personnage qui me fait penser à Thorn de la PM, et je me demande s'il ressemble vraiment à Thorn ou si son caractère est complètement à l'opposé.
Et puis, j'ai tout simplement adoré la scène finale avec Berlioz. Le petit garçon ne tombe pas trop dans le cliché des "petits garçons" que je retrouve dans les livres que je lis ; il a de l'esprit, il pense vraiment par lui-même, et j'aime ça <3

(Petit spoil pour les autres lecteurs : D'ailleurs, j'ai continué à lire la suite, et j'étais persuadée que c'était la gouvernante de Berlioz à l'origine de la dernière réplique. J'imaginais déjà une voix de femme très en colère et ladite femme en question faire irruption rouge comme une tomate... xD Du coup, j'ai été surprise, j'ai adoré ;-))
Emmy Plume
Posté le 22/04/2021
Hello Prudence !

Je trouve enfin une pause dans mes partiels pour te répondre (oui, il était temps, je suis désolée ^^').

Merci pour ces remarques constructives sur mon chapitre. Je les prends précieusement en note pour lorsque j'aborderais la réécriture ^^

Je suis contente que les interactions entre personnages te plaisent. J'ai moi aussi tellement hâte de vous faire découvrir en profondeur mes personnages que je dois me retenir de tout lâcher d'un coup et me forcer à y aller petit à petit.
Ca me surprend que tu associes Rok à Thorn, même si j'avoue qu'ils ont le côté taciturne et les cicatrices en commun. Dans ma tête, ils sont très distinct, donc ça me fait bizarre XD. Enfin, je vous laisserais juge à l'avenir de leurs ressemblances et leurs différences, (les lecteurs sont libres, non mais! XD).

J'aime bien l'image de la gouvernante que tu t'es imaginée. Elle est très drôle ! Mais bon, comme tu as pu le découvrir, ce n'est pas tout à fait ça... XD

Encore un grand merci pour ton commentaire ! Je te dis à bientôt. =^v^=

Emmy
Pétrichor
Posté le 06/04/2021
Un de tes chapitres les plus touchants, je pense.
Bravo pour la manière dont tu racontes la douleur de Mathilde... J'avais vraiment gros cœur, elle m'a fait beaucoup de peine. On aurait juste envie de lui faire un gros câlin.

Par contre je suis vraiment en colère contre Ariette. Dès le début, je l'avais pas senti, cette fille là. La façon qu'elle avait de tout faire pour passer pour noble... Et je pense que le pire, c'est sa dernière phrase : restons amies, veux-tu ?
Mais à mon avis c'est loin d'être fini cette histoire là... Parce qu'il faudra bien un jour qu'elle assume d'être une roturière. Elle ne pourra pas jouer à ce jeu là indéfiniment. Ça ne m'étonnerait pas qu'elle se rende compte que ses "amis" la considèrent comme une roturière, et qu'elle revienne ensuite vers Mathilde... À voir...

La scène avec le capitaine Berlioz est vraiment très belle ! Je trouve super chouette qu'ils jouent précisément aux pirates ! Tu nous ramènes a des moments magiques, qui nous rendent nostalgiques. Mathilde faisant danser tout l'équipage sur le pont d'un navire....

J'avoue j'avais pas du tout grillé que c'était le fils de l'empereur ! Je pensais que c'était assez anecdotique, mais pas du tout !
(Je suis juste débile en fait, j'avais mal lu : "Berlioz portait également une sorte de pectoral en or avec la forme d’une étoile à quatre branches, gravée aux armoiries impériales." )
J'ai trop envie de savoir comment ça va évoluer, tout ça... C'est évident que Berlioz va vouloir revoir Mathilde, avec qui il joue il si bien... Et donc que Mathilde va peut-être se rapprocher du couple impérial... Donc encore plus s'attirer les foudres de la cour.

J'ai hâte de voir aussi comment ça va évoluer avec Rok ! Il est ce que j'appellerais un personnage énigmatique...

Un immense bravo pour ce chapitre, dont je n'ai même pas vu passer la lecture, et à très bientôt !


Pétrichor.
Emmy Plume
Posté le 22/04/2021
Rebonjour !

Je relis ton commentaire avec autant de plaisir que la première fois !

Tu m'impressionnes avec tes analyses de personnages ! En tant qu'écrivain, je n'écris pas de phrases par hasard, et on peut dire que tu as l’œil ! Je n'irais pas jusqu'à dire ce qui est vrai ou faux dans tes suppositions (parce que... spoil, my friend, spoil ;) mais j'aime beaucoup lorsque tu me partages tes réflexions de lecteur attentif. Un régal !

Je suis frappée de voir à quel point cette scène sur le bateau vous a marqués ! Je ne pensais pas que vous y seriez aussi sensibles (moi et la musique, ça a toujours été une grande histoire d'amour, mais je peux comprendre que ce n'est pas le cas de tout le monde ^^).

En tout cas, ça me réjouit que Berlioz te plaise autant! Encore une fois, c'est amusant de voir où va ton esprit en lisant cette scène, merci de me le partager (et non, je ne répondrais pas ;p ).

J'espère que mes chapitres continueront à autant te plaire ! A bientôt dans un autre commentaire ! =^v^=

Emmy
Blanche Koltien
Posté le 22/03/2021
Ahah trop drôle!! Je me doutais un peu que ce serait le fils de l'empereur, et quelque chose me dit que son attachement naissant à Mathilde comptera pour la suite de l'histoire!
A part ça, on a vraiment mal pour Mathilde quand Ariette lui fait comprendre que par intérêt elle préfère les Mauves... J'espère pour elle qu'elle n'aura pas à le regretter!
Mais sinon, je suis toujours aussi contente de lire ton histoire, elle est vraiment top! (Et les dessins des personnages sur ton compte insta aide encore mieux à visualiser les scènes! ^^)

A très bientôt!

Blanche
Emmy Plume
Posté le 23/03/2021
Coucou Blanche ^^

Hé oui, l'identité secrète du petit Berlioz n'a pas fait long feu, et il n'était finalement pas si loin d'être empereur que ça... XD
L'échange avec Ariette est effectivement un passage difficile pour Mathilde, car elle se l'était vraiment représentée comme une amie. Mais parfois on se fourvoie en amitié et les personnes se révèlent être différentes de la manière dont on se les était représentées ^^'

Je suis contente que mon histoire te plaise autant, ainsi que mes illustrations (pour moi, le dessin fait souvent la paire avec l'écriture pour élaborer une histoire ;). ça me fait trop plaisir que tu sois allée voir mes dessins !!

Merci encore pour ton commentaire et tes encouragements! A bientôt pour la suite =^v^=

Emmy
Hastur
Posté le 20/03/2021
Ah ah ! Je le suspectais d'entrée de jeu ! Et quand tu as décrit le pectoral, je me suis dit, c'est certain ! C'est le fils impérial !

Un chapitre très touchant. La "trahison", ou plutôt la violence de sa phrase "j’aimerais pouvoir être avec des personnes influentes" est tellement papable. On en sent le poids tout du long jusqu'à la rencontre avec ce cher Capitaine Berlioz où l'on retrouve la même légèreté que sur le navire quand Mathilde se mêlait à l'équipage :).

Concernant Rok, Mathilde est persuadé qu'elle lui fait affront en fixant ses cicatrices etc... Je me suis dit, peut-être que dans la culture de Rok, avoir des cicatrices aussi terribles, est quelque chose d'extrêmement positif socialement parlant et fait de lui quelque d'apportant, par preuve de courage au combat ou quelque chose du genre. Et du coup, fixer les cicatrices de cette manière qui parait déplacé, ne le serait pas, bien au contraire, se serait reconnaître la valeur de la personne. Je suis curieux de savoir si je me fourvoies complètement ! La suite me le dirait !

En tout cas, toujours un immense plaisir de te lire !

Bon courage pour la suite ! A bientôt :).
Emmy Plume
Posté le 23/03/2021
Rebonjour !

Oui, ce n'était pas un grand mystère que ce petit garçon aux vêtements siiiii luxueux était quelqu'un d'important XD

C'était un chapitre assez difficile pour Mathilde, en même temps que d'être un soulagement. Le passage avec Ariette est un peu le coup dure en plus auquel Mathilde ne s'attendait pas. Heureusement que le Capitaine Berlioz est là pour rattraper les pots cassés ! On a souvent besoin d'être distrait de nos malheurs pour aller mieux et se changer les idées. ;)

Quant à Rok... Que dire? je ne pense pas vraiment que tu veuilles une réponse ;) Comme tu l'as si bien dit : "la suitre te le dira"
En tout cas c'est super de te voir élaborer des théories et spéculer sur mes personnages, ça me montre à quel point mon histoire t’intéresse ! XD

Merci encore pour ces commentaires que tu m'offres à chaque chapitre! A bientôt. =^v^=

Emmy
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