Chapitre 16 - Le Maître des Remèdes

La paume tendue en avant, Ysaë ouvrit d’autres tunnels, et ils le suivirent plus profondément encore dans la montagne.

Sous la peau du maegis, les marques de corruption tourbillonnaient. Leurs mélodies étaient aiguës et tranchantes, comme des sifflements d’eau bouillante qui s’échappaient d’une théière. Plus elle l’observait, moins Muse était certaine du bien-fondé de sa décision de le suivre - même si, contrairement à Cadra et ses complices, lui au moins avait été poli. Et peut-être qu’ils auraient effectivement des réponses … 

Ou encore plus d’ennuis.

Le dernier tunnel s’ouvrit sur une caverne, à moitié remplie d’un lac souterrain. Au bord de ce dernier était installée une petite cabane, entourée d’un potager gorgé de lourdes plantes lumineuses. Le maegis avait l’air de s’être planqué là depuis longtemps, bien plus que les quatre archéologues … 

Quel genre de paria préférait vivre sous terre tout seul comme ça ? Muse n’avait même pas passé deux semaines dans les tunnels qu’elle avait déjà envie de ne plus jamais revenir, elle !

Drk poussa un hululement joyeux, les naseaux frémissants, et les doubla pour se jeter à l’eau. L’amahzyle était nettement plus à l’aise ici, et en présence du maegis, qu’elle ne l’avait été avec les archéologues - et puisqu’elle avait eu raison de s’en méfier dès le début, la voir détendue rassura un peu Muse. Mais pas assez pour qu’elle baisse totalement sa garde. 

— Il y a rien de dangereux, là-dedans ? demanda-t-elle avec méfiance.

— Rien qui ne posera problème à une amahzyle, non, assura Ysaë. 

Il tourna ses yeux blancs sans pupilles vers la grande gamine, et l’observa avec une douceur qui surprit Muse. Elle ne savait décidément pas quoi penser de ce type … et Gulliver n’avait pas l’air de vouloir lui laisser le temps d’y réfléchir. Il souffla entre ses naseaux et frappa le sol de ses sabots, les oreilles plaquées en arrière.

— Où est Fanom ? attaqua le poney.

— Je n’en suis pas certain, répondit Ysaë. Si vous êtes d’accord, nous pouvons aller à l’intérieur pour parler. J’ai de quoi manger.

Gulliver ouvrit la bouche pour protester, puis la referma aussitôt. 

— Quoi à manger ? finit-il par demander, après quelques intenses secondes de débats intérieurs probablement houleux.

— Des fruits de la surface qui devraient convenir à un poney, et plusieurs pâtisseries qui devraient être comestibles pour une gnome.

Il n’en fallut pas plus pour les convaincre. Malgré la méfiance générale, ils lui emboîtèrent le pas, direction la cabane. Seul Feï gardait encore ses distances - mais n’avait pas non plus prit la fuite - et Muse l’encouragea d’un geste de la main à rester près d’eux.

L’intérieur de la cabane était aussi douillet que l’extérieur. Des coussins recouvraient tous les sièges, et des étoffes étaient étalées sur toutes les surfaces qui ne servaient pas à entreposer des objets, d’une manière similaire à ce qu’elle avait déjà vu dans d’autres habitats de Maegis - pas qu’elle y ait passé énormément de temps non plus. La différence principale qui lui sauta aux yeux était l’omniprésence de bibelots parcourus de magie en mouvement. L’un d’eux, un sablier particulièrement imposant, laissait passer par son goulot des arcs électriques qui remontaient autant qu’ils descendaient. Aucune chance que ce truc serve à mesurer le temps d’une façon honnête. 

Une chose était sûre : soit Ysaë avait usé et abusé de plusieurs sortilèges pour créer les objets dont il avait besoin, soit c’était un voleur bien plus talentueux que Feï.

Les marques de corruption sur la peau d’Ysaë dansèrent, et sans qu’il n’ait touché quoi que ce soit, la table se dressa d’elle-même, avec un tabouret adapté à la taille de Muse, et de la place pour que Gulliver s’installe aussi. Il ajouta deux chaises identiques, une pour lui-même et une autre pour Feï, mais l’Ombre resta debout à la porte, les bras croisés et déterminé à ne plus bouger davantage. Le maegis ne s’en formalisa pas : il fit le service, toujours sans rien toucher avec ses mains. Elles glissaient dans l’air au rythme des pulsations magiques sous sa peau, et son sortilège installa sur la table de quoi manger pour Muse et Gulliver. Depuis la porte ouverte, ils entendirent  les hululements joyeux de Drk, suivis de gros splash, qui indiquèrent que l’ahmazyle était toujours vivante et particulièrement peu préoccupée de leur sort. Une bonne nouvelle pour elle.

— Okay, grogna Gulliver. C’est très mignon, ces pâtisseries, mais je veux ma réponse. Qu’est-ce que t’as fait à ma maîtresse, espèce de traître à ta race ?

Ysaë le dévisagea avec une surprise qui ne dura que quelques secondes, puis s’assit en leur faisant signe de l’imiter. Muse n’était pas fâchée de poser ses fesses sur un siège rembourrée, s’il fallait être tout à fait honnête, ce qui rajoutait des points en faveur du maegis.

— Tu es Gulliver, n’est-ce pas ? Je connais déjà Feï, et j’imagine qu’il vous a déjà dit qui j’étais, si vous n’êtes pas si surpris de me voir … mais je n’ai aucune idée de qui tu es, ni l’amahzyle, continua-t-il en se tournant vers Muse.

Gulliver ravala sa frustration avec un hennissement outré, et la gnome détourna son attention des pâtisseries juste assez longtemps pour lui répondre.

— Muse. Et la gamine dehors, c’est Drk. Pas besoin d’en savoir plus sur nous, le sac-à-puces a l’air pressé.

Ysaë soupira, et leva ses yeux blancs sans pupilles vers le plafond, les mains croisées sur la table comme s’il rassemblait ses pensées, avant de redresser le regard vers le poney.

— J’ai rencontré Fanom ici même, alors qu’elle explorait les tunnels. Elle était curieuse de savoir ce qu’un autre maegis faisait, installé seul dans un endroit aussi reculé.

— Et qu’est-ce tu fous là ?

— Je ne suis bienvenu nulle part, admit Ysaë en montrant les marques de corruption sur sa peau. Je viens du nord, et le peu d’entre nous qui a survécu n’a pas intérêt à refaire surface si vite … je n’ai pas non plus d’intérêt personnel à rester avec mes anciens confrères. Alors je suis venu ici, seul. 

— Okay, abrège le passé torturé, on s’en tape, grogna Gulliver. Pourquoi tu t’es battu avec ma maîtresse ? On t’as vu, alors fait pas genre !

Le maegis les observa l’un après l’autre avec surprise, alors Muse lui montra son tambour en guise d’explication.

— Magie temporelle. J’ai ramené quelques souvenirs à la surface.

Il hocha la tête, et appuya une main sur sa joue, le coude sur la table, avant de commencer son récit.

— Elle est restée ici un long moment, parce que … parce que nous nous entendions bien, tout simplement. Elle n’avait pas passé de temps avec un autre maegis depuis longtemps, et moi non plus. Je me doutais qu’elle n’était pas ordinaire, ni vraiment d’ici, mais je ne l’ai pas pressée. Si elle voulait garder ses secrets, c’était tout à son honneur, parce que je lui en ai caché aussi … mais j’ai partagé avec elle les recherches que je faisais ici. Il existe une maladie, très dangereuse, qui va s’abattre sur les maegis et sera fatale pour nous, si personne ne s’y prépare. Il reste encore du temps, mais plus tôt ce sera fait …

Ses yeux se perdirent dans le vide, alors que les marques sous sa peau s’agitèrent dangereusement, sans que Muse ne sente aucun sortilège en préparation au bout de ses doigts. Elle attrapa une des cuillères posées sur la table, et lui donna un coup sur le front avec pour le ramener à la réalité. Il se redressa avec surprise, puis lui adressa un sourire désolé en se frottant là où elle avait frappé.

— Où en étais-je … Elle connaissait la maladie en question, et elle savait déjà comment s’en prémunir. Pas de façon radicale, mais d’une façon assez confortable pour continuer à vivre le plus normalement possible. Pour les maegis de chez elle, c’est une connaissance commune, alors je l’ai suppliée de m’expliquer comment aider les miens à mon tour. Mais elle a refusé.

Gulliver plissa les yeux, et mâchonna ses fruits en silence - il semblait surpris, mais surtout un peu gêné. Quel merdier le poney cachait encore sous son fichu sortilège de silence ?

— Pourquoi elle voulait pas ? demanda-t-elle.

— Parce que ce n’était pas son rôle. Seul le « Maître des remèdes » peut le transmettre. Et même si je peux comprendre le besoin de respecter une tradition … elle n’a pas voulu non plus m’amener à ce maître. Ni l’amener ici. C’était trop compliqué …

— Alors t’as essayé de la forcer à te le dire quand même ? pesta Gulliver.

Ysaë détourna le regard, et serra ses mains l’une contre l’autre.

— Je ne suis pas fier de la tournure que la conversation a prise. Nous étions tous les deux très énervés, contrairement à ce que ma façon de raconter peut laisser penser … » Il soupira, et redressa le regard. « Mais nous ne nous sommes pas battus longtemps, et personne n’a vraiment été blessé. J’ai laissé tomber, et elle est restée encore deux jours ici. Ensuite, elle a reçu un message urgent, et elle est partie. Elle m’a dit qu’elle rentrait chez elle, et que je ne la reverrais sans doute plus jamais … »

Muse grommela. Ysaë avait l’air sincère, et elle avait du mal à imaginer pourquoi il mentirait … mais d’un autre côté, elle n’aurait jamais deviné que les archéo-fanatiques avaient des projets de fin du monde, alors tout était possible. Gulliver fixait encore le maegis avec suspicion, la mine boudeuse.

— J’te crois pas, affirma-t-il. Elle serait jamais partie comme ça. 

— A vrai dire, elle n’est pas partie sans rien laisser, admit-il avec une légère grimace. Elle avait enregistré un message à ton intention, Gulliver, mais …

Mais ? insista le poney, ses oreilles plaquées en arrière.

— Une des créatures qui vit ici m’a prit l’insecte mécanique qui contient le message. Comme je ne savais pas si tu viendrais jusqu’ici, je n’ai pas cherché à le récupérer, pour le moment … mais il devrait être encore intact.

Muse avait un très mauvais pressentiment. Le genre qu’il valait mieux confirmer ou infirmer au plus vite.

— La créature, elle crache du magma ou de l’acide ? demanda-t-elle.

— Oh, hum … du magma. 

Elle aurait préféré ne pas avoir de bons instincts, sur ce coup-ci.

— C’est une blague ? s’indigna Gulliver. Et comment on peut reprendre le bourdon, alors ?

— C’est pas nécessaire de le reprendre, non ? espéra Muse. Si ta maîtresse s’est barrée …

— Elle ne serait pas partie sans moi sans une bonne raison. Et je dois savoir pourquoi. 

Le poney était au bord des larmes - et même si elle faisait tout pour ne pas laisser la bestiole l’attendrir, c’était apparemment suffisant pour la faire céder. Qu’est-ce qui était arrivé à son coeur de pierre ?

— Nous pouvons réfléchir ensemble à des stratégies pour récupérer le bourdon. Mais … j’ai besoin d’un peu de repos. Ouvrir des tunnels n’est pas si facile que ça a en l’air, admit Ysaë avec un sourire désolé. Vous pouvez vous installez où vous le voulez, en attendant. L’ensemble de la caverne est sûre.

Gulliver le dévisagea d’un oeil morne, avant d’attraper du bout des lèvres un nouveau fruit à croquer, qu’il mâchonna les yeux toujours rivés sur le maegis. Ysaë se leva pour se rendre dans une autre pièce, et par la porte entrouverte, Muse vit qu’il s’agissait d’une chambre, aussi douillettement équipée que le reste de la cabane. Pas trop de doute sur le fait qu’il allait donc vraiment roupiller un moment.

— Je vais prendre l’air, annonça soudain Gulliver.

Du bout du museau, il leur fit signe de le suivre dehors, alors Muse et Feï lui emboîtèrent le pas. 

— On peut lui faire confiance ? demanda aussitôt le poney à Feï. C’est vraiment un gentil ?

L’Ombre n’avait pas bougé ni prononcé un mot de tout l’entretien avec le maegis, et semblait clairement dépassé par la situation. Mais il haussa néanmoins les épaules.

— Ce n’est pas un gentil. Mais on peut le croire, assura Feï.

— T’es sûr ?

Il observa brièvement la paisible petite cabane, puis le lac où Drk jouait toujours, en faisant jaillir des jets d’eaux par magie - puis il acquiesça en silence. Gulliver ne semblait pas parfaitement convaincu, mais il soupira par les naseaux, résigné.

— Bon, j’ai encore la dalle, et j’vais pas faire semblant que ses fruits sont dégueux. Au cas où il nous tend un piège, j’aurais au moins vidé ses placards, annonça-t-il avant de retourner à l’intérieur. 

Muse était à moitié tentée de le suivre, mais après un bref coup d’oeil dans la direction de l’Ombre, elle savait qu’elle ne pouvait pas laisser le petit là tout seul.

— Ça va, gamin ? demanda-t-elle.

Feï la regarda avec surprise, ses yeux électriques instables pendant quelques secondes. Puis il acquiesça - un peu trop rapidement. Comme il n’avait pas l’air décidé à parler, c’était à Muse de s’y coller.

— Je sais pas exactement comment ça fonctionne, ce qu’il se passe quant tu touches des gens … » Sous l’armure de métal, Muse sentit l’essence magique de Feï se tendre dangereusement, ce qui l’encouragea à aller à l’essentiel. « … mais j’ai vu un bout de ton passé, ce coup-ci. »

La tension se changea en surprise, et ses yeux s’illuminèrent d’une nouvelle lueur, plus intriguée que totalement craintive.

— Pas de ton futur ?

Muse secoua la tête. 

— T’étais juste une petite boule dans une cage, et un sale type voulait faire de toi un tueur. 

— Nilaü, expliqua Feï. Mon créateur.

— Ton créateur ?

— Comme Fanom pour Gulliver. 

Alors Feï était bien un Oranaï, comme l’avait supposé le poney. Et maintenant que Muse avait vu de ses propres yeux le papa - et sentit dans son essence la terreur du petit - elle n’était pas étonnée que le pauvre gosse soit autant traumatisé.

— Il est où, maintenant ?

— Je l’ai tué. 

— Oh. 

Ça … elle ne s’y attendait pas, et elle ne pouvait pas prétendre qu’elle soutenait l’initiative, même si elle détestait les maegis dans leur ensemble. Un meurtre de connard restait un meurtre. Il lui manquait quand même le contexte, avant de pouvoir vraiment juger le petit sur ce qu’il avait fait - mais avant qu’elle ne puisse lui demander quoi que ce soit, il continua sur sa lancée.

— L’un des archéologues est mort, après que je l’ai touché. Je ne l’ai pas voulu, mais il est mort.

Un seul aperçu de ses petits yeux craintifs suffit à lui faire comprendre que le gamin s’attendait à ce qu’elle le réprimande - voulait qu’elle le réprimande, peut-être. Mais bien sûr, elle ne pouvait pas l’engueuler, parce que là, elle avait le contexte. Elle ne pouvait pas le féliciter non plus, pour autant ... A vrai dire, elle ne savait plus trop sur quel pied danser, ce qui était un comble pour une barde.

— Tu en es sûr ? demanda-t-elle alors.

Il acquiesça, et Muse tourna son regard vers le lac, dont la surface était remuée par les multiples sauts et plongées de l’inlassable Drk. Tout ce qu’elle pouvait dire au gamin risquait de le renvoyer droit dans la poubelle d’où il sortait, et ce n’était pas ce qu’elle cherchait. Elle n’avait définitivement aucun entraînement pour aider qui que ce soit - et depuis quand elle voulait aider autant quelqu’un, hein ? Elle avait pas d’autres priorités, comme ne pas mourir trop vite, par exemple ? Elle réprima un grognement. Elle savait raconter des histoires, elle, c’était tout. Mais il n’y en avait aucune qui lui paraissait adéquate pour faire avancer sa situation. Si elle voulait aider Feï, elle devait d’abord trier ses propres déchets. 

— Tu ne parles plus, constata l’Ombre, la voix serrée. Est-ce que je te fais peur ?

Muse secoua aussitôt la tête et lui adressa un demi-sourire, avant de s’approcher pour lui tapoter le bras.

— Nah. Je n’ai pas peur de toi, assura-t-elle. Juste trop de merdier à gérer dans ma petite tête de gnome. Mais va falloir qu’on fasse quelque chose au sujet de ta manie d’exploser de la fumée sur les gens, okay ?

Il la fixa quelques secondes, puis hocha la tête timidement.

— … Je ne veux plus faire de mal, murmura-t-il. A qui que ce soit. Et j’avais réussi, pendant un moment …

— En restant caché dans ta grotte à trésor ?

Il acquiesça de nouveau, un peu plus honteux cette fois-ci.

— Je suis un peu perdue sur la question, admit Muse. Mais il y a une chose dont je suis sûre : se cacher de ses problèmes, ça marche pas.

Et elle avait des années d’expérience pour le prouver. Elle avait beau essayer de fuir l’inévitable fin de sa vie, celle-ci approchait de plus en plus, et se cacher ne l’avait pas aidée à se sentir mieux - si possible, même, peut-être qu’elle avait empiré la situation. Mais inutile de faire des conclusions hâtives.

— Tu n’es pas gentille avec les gens que tu rencontres, à part Drk, constata Feï. Pourquoi est-ce que tu m’aides, alors ?

La remarque lui arracha un léger rire, et elle haussa les épaules.

— Crois pas que ce soit de la charité. J’ai plus beaucoup de temps à vivre, mais Drk peut pas chanter de mots, et entre toi et Gulliver, t’es le meilleur candidat pour récupérer mes chansons et les transmettre à ma place. Alors j’ai tout intérêt à ce que tu ne restes pas planqué dans une cave loin du monde.

Elle eut la très nette impression que Feï n’était pas dupe, et savait, aussi sûrement qu’elle savait qu’il souffrait, qu’elle avait surtout commencé à s’attacher à lui autant qu’aux deux autres sales gosses. Il eu cependant la décence de ne pas essayer de la contredire. Et puis, l’idée semblait le réconforter, peut-être.

— Tu es fatiguée ? demanda-t-il.

— Pas au point de m’écrouler comme le magos. Tu veux continuer la leçon ?

Il acquiesça, et ils s’installèrent au bord du lac, pour chanter des histoires de poissons et de bateaux qui s’envolaient au bout du monde - chassés dans celui-ci par Drk qui nageait à la suite des illusions qu’ils conjuraient. Gulliver les rejoignit en cours de route, la bouche encore pleine du jus des fruits qu’il avait massacré dans la réserve du maegis. 

Ils restèrent éveillés encore longtemps, tous les quatre au bord de l’eau. Et malgré la journée de merde qu’ils avaient eu, Muse ne se souvenait pas de la dernière fois qu’elle s’était sentie aussi détendue, ni après, ni avant sa rencontre avec Gulliver.

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dcelian
Posté le 13/03/2021
Encore moi !
J'ai vraiment bien aimé ce chapitre, hyper chouette ! Ysaë est louche, tout de même, un personnage aussi honnête et sympa, j'ai presque envie de dire que ça ne colle pas à ton style... mais bon, on sait jamais !
Petite question : comment il s'est fait voler le bourdon messager si la grotte dans laquelle ils se trouvent est totalement sans danger ? Il aurait menti à ce sujet ? Ou alors, il se serait aventuré dehors avec le bourdon en sa possession ? ça cache quelque chose, je trouve....
La fin du chapitre m'a vraiment ému. C'était tout plein de mélancolie mais sans que ce soit excessif, juste bien, comme il faut, très touchant. C'est marrant parce que en lisant ça j'ai un peu réalisé tout ce qu'ils ont traversé, et mine de rien ils ont quand même déjà vécu une sacrée aventure.
J'ai vraiment hâte de voir où tu nous emmènes !!

Ma phrase préférée :
"A vrai dire, elle ne savait plus trop sur quel pied danser, ce qui était un comble pour une barde"
AnatoleJ
Posté le 15/03/2021
« Ysaë est louche, tout de même, un personnage aussi honnête et sympa, j'ai presque envie de dire que ça ne colle pas à ton style... »
Drk est absolument irréprochable, ça leur arrive bien de croiser (et garder) de sympathiques personnes ! (Bon après, Muse a commencé par Gulliver, c’était mal parti...)

La réponse sur le bourdon ne sera jamais donnée dans le texte, je peux te la donner (maintenant ou plus tard) ou te laisser imaginer ce que tu veux en fonction de ce que tu apprendras sur ce maegis suspect ^^

Et oui, ils ont sacrément fait de chemin depuis le moment où ils se seraient bien tous mutuellement poussés dans des précipices ou jetés dans le bas-côté x)
dcelian
Posté le 15/03/2021
C'est vrai que Drk fait un peu exception ! Mais ne dit-on pas que les exceptions confirment la règle... j'imagine que je verrai bien ;)
Et c'est gentil de proposer, mais du coup je préfère me faire ma propre idée pour le bourdon !
Mathilde Blue
Posté le 22/02/2021
Coucou !

On change un peu d'ambiance dans ce chapitre, il y a quelque chose de très mélancolique... Mais ce fut instructif, notre quatuor obtient quelques réponses même s'il va leur falloir courir après le reste... Incluant le monstre de magma évidemment x) J'ai aussi beaucoup aimé tes descriptions autour de la magie, c'était très chouette !

Mes notes de lecture :

- « même si, contrairement à Cadra et ses complices, lui au moins avait été poli. »
Ça change tout du coup XD

- « Ou encore plus d’ennuis. »
C’est très probable qu’ils se retrouvent dans un nouveau merdier en effet, à plus ou moins court terme, au moins Muse est lucide ^^

- « Muse avait un très mauvais pressentiment. Le genre qu’il valait mieux confirmer ou infirmer au plus vite. »
C’est parfois dommage que Muse ait un si bon instinct…

- « Le poney était au bord des larmes »
J’imaginais si bien Gulliver avec des yeux de poney battu XD

- « Qu’est-ce qui était arrivé à son coeur de pierre ? »
Je pense que « Qu’était-il arrivé à son cœur de pierre ? » serait plus fluide.

- « — Je l’ai tué. »
Ça c’est fait… Bon, pour sa défense, je peux comprendre qu’il soit parvenu à une telle extrémité. L’autre maegis a un peu dû provoquer le destin quand même…

- « A vrai dire, elle ne savait plus trop sur quel pied danser, ce qui était un comble pour une barde. »
C’était très bien trouvé XD

- « — … Je ne veux plus faire de mal, murmura-t-il. A qui que ce soit. Et j’avais réussi, pendant un moment … »
Annnnw, Feï T_T Ça va aller choupinou.

- « Elle eut la très nette impression que Feï n’était pas dupe, et savait, aussi sûrement qu’elle savait qu’il souffrait, qu’elle avait surtout commencé à s’attacher à lui autant qu’aux deux autres sales gosses. »
C’est un peu la déprime là :’(

- « Muse ne se souvenait pas de la dernière fois qu’elle s’était sentie aussi détendue, ni après, ni avant sa rencontre avec Gulliver. »
Je dirais plutôt « la dernière fois où elle s’était sentie aussi détendue ».

Voilà voilà ^^ À bientôt :D
AnatoleJ
Posté le 27/02/2021
C’était impossible de laisser le monstre de magma tranquille, il faut bien les laisser prendre leur, euh, revanche ! Oui, revanche est le bon mot ... héhéhé ... ahem.

« Bon, pour sa défense, je peux comprendre qu’il soit parvenu à une telle extrémité. L’autre maegis a un peu dû provoquer le destin quand même… »
C’était mérité et de loin, Nilau est un résidu de pot de chambre ! (même si j’ai presque envie d’écrire une histoire sur lui aussi, rien que pour me faire du mal haha)

Merci encore pour tes notes, qui sont toujours aussi utiles en plus de me faire sourire :D

A bientôt !
Hastur
Posté le 14/02/2021
Re re re hello ! :)

Ah c'était fort sympathique du tout s'enchaîner ! L'idée était bonne hu hu :).

Une partie des réponses a été obtenue, mais finalement il va encore falloir courir après le reste ! J'aime beaucoup cette image de peau corrompue qui tourbillonne pour faire de la magie. C'est très mystique et tribal.

On souffle véritablement pour la première j'ai l'impression. On éprouve le même sentiment de vraie sécurité que les personnages. Petite pause avant de se relancer à la poursuite d'un mangeur de magma ! :D

Petites notes:
"Le maegis"
Faut-il une majuscule ? Celui d'au-dessus en comporte une.

"Qu’est-ce qui était arrivé à son coeur de pierre ?"
Exactement ce que je disais dans un commentaire précédent, hu hu :).

" Il eu cependant la décence"
Il eut

Bon courage pour la suite :).

A bientôt :).
AnatoleJ
Posté le 24/02/2021
Je suis content de voir que ça s’enchaine bien ^^

Evidemment qu’il faut encore courir, mais après la sieste ! Ma cruauté des limites, quand même héhé

Merci encore pour toutes tes notes très précieuses !

A bientôt :D
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