Chapitre 16 : Fort Royal

Par Mary

XVI

FORT ROYAL

 

 

 

 

Le Capitaine avança d’un pas.

— Nous sommes à trois jours de voyage de la Martinique. Le second et moi proposons une escale à Fort Royal pour vendre nos acquisitions et ravitailler le navire. Je sais que ça faisait longtemps que nous n’avions pas été jusqu’à Cuba, à cause des assauts répétés des Anglais sur la Floride, mais c’est pas comme si nous étions attendus. Nous pouvons nous permettre trois ou quatre jours de délai.

— Peut-on demander pourquoi ? clama une voix forte. Avons-nous quelque chose de particulier à y faire ?

Alban se retourna et découvrit Martial adossé au bastingage. Il ne semblait pas particulièrement contrarié, mais une expression étrange lui passa sur le visage lorsqu’il se redressa.

— Pourquoi s’arrêter si tôt ? Ce n’est pas comme si nous allions manquer de vivres. Poursuivons notre route, nous n’avons croisé qu’un seul navire. Nous trouverons certainement mieux que quelques pains de sucre et des caissettes de tabac. Cette escale ne me paraît pas vitale. Je demande donc s’il y aurait quelque chose de particulier qui justifierait une escale à Fort-Royal.

            On entendait presque plus un bruit sur le pont et les regards se tournèrent vers Martial. Son statut de maître d’équipage légitimait sa demande, néanmoins le ton employé risquait de déplaire au Capitaine.

— Quand bien même on aurait une raison, tu n’aurais pas forcément besoin de la connaître, ronchonna Killian.

— Commencez pas, vous deux, tempéra La Bombarde. Un peu plus tôt ou un peu plus tard, Martial, qu’est-ce que ça change ? Ça fait déjà un mois et demi qu’on est partis, et c’est pas vraiment la saison où tout le monde voyage. Nous ne rencontrons presque personne, c’est pas si étonnant que ça.

— Allons les chercher, alors ! Il n’y a pas de saisons dans les Caraïbes, on le sait !

— Avec tout le respect que je te dois, Martial, t’es à cran ces derniers temps. Va boire un coup chez Madame Frisamour, ça te détendra un peu.

Un des jumeaux s’interposa.

— Un peu de vacances ne font de mal à personne. Et puis, y’a pire que Fort Royal pour débarquer à l’improviste, pas vrai ? fit Thibault en adressant un clin d’œil à son frère.

— C’est que pour quelques jours, ajouta Miguel. Moi je vote pour !

Les uns après les autres, les hommes du Lotus noir se mirent d’accord. On leur proposait de retrouver la terre ferme plus tôt que prévu, ils n’allaient pas s’en plaindre. « La démocratie corsaire à l’œuvre », songea Alban. Voilà ce à quoi ça ressemblait. Personnellement, peu lui importait qu’ils jettent l’ancre à Fort-Royal ou à Cuba, ou ailleurs. Les questions qu’il poserait ne changeraient pas. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de penser que le Capitaine s’était étrangement comporté ces derniers jours. Elle avait longuement discuté avec Hector et Killian après l’avoir congédié et n’avait guère quitté son bureau ensuite. Martial avait-il raison ? Que pouvait donc cacher cette escale ? Un port en valait bien un autre, non ?

— Puisque vous cautionnez tous, je n’ai plus qu’à m’incliner. Va pour Fort-Royal, bougonna Martial.

— Parfait ! conclut le Capitaine. Reprenez vos postes, ce sera tout. Hector, la barre à trente degrés ouest, puis cap au sud. Nous longerons la côte intérieure. Les gabiers, attrapez-moi cet alizé et je vous promets que dans deux nuits, nous dormirons sur la baie.

— Plus vite que ça, cria Maugis, vous avez entendu ? Sinon le dernier en haut prendra mon premier quart !

Les hommes s’élancèrent dans le gréement, vifs et agile. Le Lotus noir bifurqua sur bâbord, direction les eaux claires de la mer des Caraïbes.

Alban entendit un long soupir derrière lui.

— Qu’y a-t-il, Maugis ?

Le regard du marin se posa sur Martial qui vérifiait la tension du grand foc sur le gaillard avant, l’air morose.

— Ah, petit ! Ce n’est ni la première ni la dernière fois que ces deux-là se cherchent des noises, mais j’ai peur qu’un jour tout ça ne devienne sérieux.

— Que voulez-vous dire ?

— Martial et Killian ont parfois du mal à s’accorder. Ça dure depuis des années. Pourtant, c’est des bons gars, montés à bord quand le Capitaine a pris la tête du Lotus. C’est délicat, l’équilibre des forces sur un navire, et un second qui ne s’entend pas avec son maître d’équipage, ça peut vite tourner au vinaigre. Pour le moment, il s’agit juste de petits accrochages sans importance, mais il ne faudrait pas que…

Maugis ne termina pas sa phrase, mais cela n’augurait rien de bon.

 

            Le Lotus noir arriva en vue de Fort Royal comme le Capitaine l’avait prédit, deux jours et demi plus tard. Ils jetèrent l’ancre dans les eaux turquoise de la baie à la fin de l’après-midi. À Saint-Malo, le ciel colorait la mer d’un bleu presque gris et si sombre par mauvais temps qu’on aurait dit que les abysses du large n’attendaient que vous. Ici, l’onde était claire, limpide et lumineuse. En détachant le bout de la grand-voile pour que les gabiers puissent la ferler, Alban vit Killian monter dans une chaloupe pour aller porter le document de la prise au port. L’usage voulait que ce soit le capitaine qui se charge des relations avec les autorités maritimes. Le Lotus Noir était l’exception. Non seulement Erin n’avait que peu d’intérêt pour les tâches administratives, mais il valait mieux rester discret sur sa véritable identité. Capitaine ou non, compétente ou pas, elle ne serait jamais rien de plus qu’une femme pour la plupart des gens.

            Killian revint environ deux heures plus tard. L’équipage passa la soirée sur le pont, tout impatient de pouvoir mettre pied à terre. L’attente se révéla pénible. Alban avait hâte de débarquer. Au-delà du simple fait de se dégourdir les jambes et de mener ses recherches, il désirait plus que tout voir de ses propres yeux ce que les marins lui avaient raconté des îles.

            Ils reçurent l’authentification de la prise le lendemain matin. Le soleil arrivait à son zénith lorsqu’ils amarrèrent le Lotus à un quai disponible, à l’écart des appontements principaux. Prochaine étape, décharger. Alban regarda les ouvriers du port descendre les paquets qu’il leur tendait sans un mot et s’amusa un peu du retournement de situation. Il n’y a pas si longtemps, il avait été à la place de ces hommes et se revoyait tout intimidé face à une telle austérité. Une fois le butin du Crimson homologué par un émissaire léthargique de la Compagnie et envoyé au Tribunal des Prises, les débardeurs s’occupèrent des tonneaux et des caisses de vivres vides. L’équipage ne tenait plus en place et on tira à la courte paille pour déterminer qui monterait la garde à bord pendant que les autres auraient quartier libre. Philippe et Ronan passèrent donc leur tour pour ce soir, mais étaient garantis de leur permission du lendemain et se retrouvaient dispensés de ravitaillement.

Pour la première fois depuis des semaines, Alban posa le pied sur un sol qui ne tanguait pas. La sensation donnait étrangement le tournis. Le ciel s’assombrissait et un lever de lune pâle se reflétait à la surface de l’eau. Même sous ces latitudes, la nuit tombait vite en approche de l’hiver, mais le fond de l’air gardait une étonnante douceur. Là où il serait gelé à Saint-Malo, Alban se promenait ici en simple chemise. Une brise délicieusement tiède agitait les feuilles des arbres. Il retrouva tant bien que mal son équilibre et s’engagea avec ses compagnons sur le chemin qui s’avançait vers la ville. Il sentait que cet endroit n’avait rien de commun avec tout ce qu’il avait jamais pu voir de sa vie. Il devinait ce monde inconnu, aux couleurs et aux parfums si nouveaux. Ils croisaient désormais des habitations, et des effluves de cuisine épicés chatouillaient ses narines. D’autres, plus humides, provenant des hautes fougères qui poussaient le long du sentier, rappelaient la forêt mouillée après un orage d’été.

            Ils se séparèrent près de l’église Saint-Louis. Killian et le Capitaine, dissimulée entièrement sous une longue cape, leur avaient faussé compagnie quelque part entre le quai et les premiers quartiers résidentiels. Hector avait suivi la troupe à bonne distance avant de disparaitre à son tour et Martial devait déjà être en train de siroter un mauvais rhum dans une gargote des petites rues. Maugis partit également de son côté et Noël annonça qu’il ne saurait faire attendre plus longtemps sa douce Mañuela avec un air rêveur. Enfin, Oliver et John, leurs nez guidés par une puissante odeur de fermentation, décidèrent de tester une brasserie et d’assouvir leur passion des boissons houblonnées. Tous se séparèrent naturellement ; sur un bateau, l’intimité était chose rare. Ne restèrent bientôt plus qu’Alban, Samuel, La Bombarde, Miguel et les jumeaux, qui proposèrent un verre au Perroquet Menteur, une taverne non loin de là.

            À moitié à ciel ouvert, l’établissement s’étalait sur la grande plage. Le comptoir de bois clair s’étendait le long d’un mur entier et des branchages séchés, entre le chaume et la paille, recouvraient le toit. Probablement une variété locale. Plusieurs tables étaient occupées, mais le groupe en dénicha une de libre légèrement à l’écart après avoir commandé une tournée. Ils s’assirent et sirotèrent leurs boissons, seulement éclairés par une lampe-tempête posée près d’eux. Alban se trouvait abrité sous un arbre à la ramure gigantesque et derrière Paul poussait une espèce de volumineux buisson touffu de couleur bleu-vert, aux tiges souples et aux feuilles longues et pointues. On entendait les vagues se fracasser contre des rochers en grondements successifs, et le vent leur amenait une mélodie lointaine mais joyeuse.

— Qui est Mañuela ? s’interrogea Miguel, rompant enfin le silence. Je savais pas que Noël avait une femme.

— Il n’en a pas, répondit La Bombarde doucement. Il n’en a plus, du moins. Mañuela est une jeune fille du coin. Ils ne sont pas ensemble, elle lui rappelle seulement ses fantômes.

— En Argentine, on raconte que ce sont les fantômes qui te rendent visite, pas l’inverse, fit Miguel en caressant distraitement le tatouage qu’il avait sur l’avant-bras. Il faudrait que je rentre chez moi, un jour. Ma famille doit se faire du souci.

— J’aimerais bien rencontrer une femme, moi, soupira le canonnier d’un ton rêveur. Il serait temps que je m’installe, pas vrai ?

— Toi ? Tu tiendrais pas un an avant de reprendre la mer ! plaisanta Paul. Nous, dès qu’on a assez d’argent, on met les voiles. On achète un petit coin d’île, et on passe le reste de notre vie à se prélasser sur la plage en galante compagnie.

— Haha, à ce compte-là, autant acheter une maison sur l’île de la Tortue !

— Moque-toi mais tu verras, continua Thibault en le condamnant du doigt. Un jour, ça arrivera et tu seras bien content de venir nous rendre visite. Et toi, Sam ? Qu’est-ce que tu veux faire après ?

— Je ne sais pas, finit-il par répondre sombrement. Je n’y pense pas, je suis déjà bien content d’être encore en vie. Le reste n’a pas d’importance.

Alban s’était toujours plus ou moins douté que Samuel avait été esclave à un moment de sa vie, mais il ne pouvait qu’imaginer cette réalité-là. C’était pour cette raison qu’en-dehors du navire, son compagnon s’enveloppait la tête dans un large foulard qui camouflait son visage. Une seule fois, le jeune homme avait aperçu les cicatrices profondes dans son dos, et rien que cette vision lui avait donné des frissons.

— Et toi, Alban ? Raconte. Comment tu t’es retrouvé avec nous ? demanda Miguel. On n’a su que la veille de ton arrivée qu’on avait une nouvelle recrue. Tu faisais quoi avant que Martial te trouve ?

— Je travaillais au port, mais seulement depuis un mois, répondit Alban. Avant, j’étais apprenti tailleur.  

— Tu cherchais déjà ton oncle ? C’est pour ça que tu es là, non ? Ça a un rapport avec ton bras ?

Il hocha la tête, mais n’ajouta rien.

— Fais pas le timide, dis-nous tout. Y aura-t-il une fille qui t’attendra à notre retour à Saint-Malo ? demanda Thibault l’œil pétillant de malice.  

Alban ne put réprimer le sourire qui remonta jusqu’à ses oreilles. Dans cette atmosphère si paisible et détendue, les langues se déliaient facilement. Et pourquoi cacher ce sentiment qui le rendait tellement heureux ?

— Hoho, mais c’est qu’il y en a une ! s’exclama Paul.

— Voilà qui éveille notre curiosité, sourit la Bombarde en levant son verre vers lui. Tu nous racontes ?

— Eh bien… elle s’appelle Nora. Je l’ai rencontrée le jour de mon arrivée en ville.

— Eeeet ? l’encouragea Miguel.

— Et elle est charmante, intrépide, elle a un sacré caractère, des cheveux doux… et elle sent bon.

Les jumeaux s’esclaffèrent.

— Oula, t’as sérieusement mordu à l’hameçon toi.

— T’es complètement foutu, mon gars !

Alban les laissa dire ; ils avaient raison. La Bombarde reprit :

— En attendant, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu d’apprenti. Ronan est là depuis plusieurs années et n’a plus grand-chose à apprendre. Tu comptes rester ? T’es plutôt à l’aise sur un bateau.

À l’aise ? Première nouvelle.

— Je ne sais pas encore. Cela dépendra de ce que j’arriverais à trouver, je suppose.

— Demande sur le marché quand tu iras demain. Le Lotus est assez connu des gens du coin. P’tet que ton oncle leur reviendra. Fort-Royal n’est pas une si grande ville, tout le monde se connaît et les nouvelles vont vite.

— Je pourrais jamais habiter en ville, déclara Paul. Il y a beaucoup trop de gens, tous à s’espionner les uns les autres.

— S’espionner ? s’étonna Alban. D’où tu sors ça ?

— On raconte des choses. J’ai entendu dire que si tu t’adresses aux bonnes personnes, tu peux savoir tout ce qui se passe à Saint-Malo.  

— J’ai entendu cette histoire aussi, à propos d’une sorte d’organisation secrète, mais franchement j’y crois pas un seul instant, lança Samuel. À quoi ça pourrait bien leur servir ?

Le nez coincé au fond de son verre, Alban jugea bon de ne pas intervenir et préféra garder pour lui le potentiel comique de la situation.

— Bien utilisée, une information peut sauver des vies, les interrompit La Bombarde. Bref, pour en revenir à notre sujet initial et pas à des légendes de bonne femme, Alban, tu te débrouilles bien à bord. À croire que t’es taillé pour ça. Et le Capitaine a l’air de t’avoir pris en affection. Ton épaule va mieux ?

— Oui, beaucoup mieux. Je peux maintenant travailler comme avant, en faisant attention.

— T’as pas dû rigoler, avec les cartes. Jamais vu un foutoir pareil.  

— J’aime bien les regarder. J’espérais tomber sur une carte au trésor, mais en fait non, ajouta-t-il en plaisantant.

La Bombarde lui adressa soudain un regard énigmatique.

— Tous les trésors ne sont pas d’or et d’argent, petit. Et les plus beaux ne sont sur aucune carte.

Il se tut. Devant tant de solennité, chacun resta plongé dans ses pensées quelques minutes, puis les jumeaux finirent leurs verres avant de se lever.

— Messieurs, nous allons vous fausser compagnie.

— Nous allons trouver quelques demoiselles à charmer avant de repartir.

— Et que le plus beau gagne ! plaisanta Thibault en serrant la main de son frère.

Miguel se redressa à son tour.

— Je vais vous suivre.

            Alors qu’ils s’éloignaient, un coup de vent balaya la baie et malgré les températures clémentes, Alban frissonna. Samuel cria quelque chose en créole au tavernier. Ce dernier fit signe au jeune homme de s’approcher avant de disparaitre dans l’arrière-boutique. Les bottes s’enfonçant dans le sable, Alban rejoignit le comptoir et attendit. Au-dessus d’une étagère trônait une plaque en métal qui ressemblait étrangement à une enseigne qu’on aurait décrochée d’un linteau. Une hermine bondissante prenait la pose devant une herse, et tenait un rouleau de papier en travers de sa gueule. L’Hermine et la Herse. Exactement comme à Saint-Malo. « Ça ne peut pas être une coïncidence », réfléchit Alban. Il se rappela les paroles que Milo avait eues avant son départ. Si tu devais avoir besoin d’un service, tu peux envoyer un message via un navire qui rentrerait avant toi. Voilà donc comment ils faisaient circuler les informations. Quelle organisation ! Quel sens du secret ! Si seulement Roger n’était pas resté si mystérieux. L’aubergiste avait promis de lui raconter toute l’histoire, mais en attendant, il avait embarqué Alban dans ses affaires et le jeune homme se demandait encore pourquoi.

Le cœur d’Alban s’emballa. Il pourrait écrire à Nora ! Lui dire que tout allait bien pour lui, mais qu’il n’avait aucune idée de quand il reviendrait. Non, à la réflexion, elle risquait de s’inquiéter. Lui dire juste qu’il pensait à elle. Rien que ça.   

Le tavernier reparut avec une pièce de tissu épais qu’Alban étendit sur ses épaules. Il regagna sa place. Il vidait ce qui restait de son verre quand La Bombarde et Samuel décidèrent de se lancer dans une partie de dés. Ils hélèrent donc le patron pour qu’on apporte un plateau de jeu, ainsi qu’une tournée supplémentaire par acquit de conscience. Ils proposèrent de participer à Alban qui déclina.

            Maintenant qu’il s’était un peu réchauffé, il se sentait d’humeur à une promenade sur la plage. Il s’avança vers le bar pour rendre la couverture au propriétaire, mais celui-ci lui répondit avec un accent à couper au couteau qu’il pouvait la garder jusqu’au lendemain, s’il s’engageait à la rapporter. Alban le remercia. Tout paraissait tellement simple, une soirée avec des amis, une couverture, l’océan et un vent tiède. Il y avait vraiment quelque chose de différent ici, la texture même de l’air semblait changée. Ou était-ce lui qui avait changé ?

            En partant marcher sur la jetée, il laissa ses yeux dériver sur toute la surface de la baie. Si on lui avait dit qu’il finirait corsaire et qu’il boirait un verre avec d’anciens pirates à l’autre bout du monde ! Néanmoins, toujours pas la moindre piste concernant Yann le Guirec ou l’homme à l’étoile. Sa vieille angoisse de ne jamais les retrouver se réveilla mais il se força à respirer profondément pour la neutraliser. Il ne voulait pas se gâcher la soirée. Son enquête ne perdait rien pour attendre, il n’abandonnait pas. Le lendemain, il était chargé de préparer le ravitaillement avec Maugis, John et Oliver. Il verrait l’animation de la ville et pourrait entamer ses recherches. Pour le moment, cette soirée était à lui.

            Il remonta la plage, bercé par le bruit des vagues qui venaient dérouler leur écume sur le sable fin. Éclairé par la lune, il contourna des cocotiers de toutes les tailles, suivit un chemin bordé d’arbres encore verts qui étendaient leurs branches en une multitude de bras protecteurs, et passa sous des plantes aussi grandes que lui, garnies d’énormes feuilles épaisses et ondulées. Il tomba sur un hamac isolé tendu entre deux palmiers, comme une invitation. Alban s’enroula dans sa couverture et s’installa, suspendu entre ciel et terre. Il finit par s’endormir au son du frémissement paisible de la végétation environnante.   

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Jowie
Posté le 22/03/2020
Oh, voilà un chapitre tout tranquille, mais dépaysant et exotique :) On voit qu'Alban s'est bien intégré à l'équipe (c'était très touchant de le voir s'ouvrir et parler de Nora à l'équipage). J'ai apprécié connaître le fonctionnement de l'équipage lors de leur arrivée au port. On avait jusque-là l'habitude de voir ça depuis l'extérieur et maintenant on comprend mieux comment ils s'organisent ^^
Aha... donc l'auberge de L'Hermine et la Herse de St-Malo et celle de Fort-Royal sont liées par une sorte de compagnie secrète qui échange de l'information ? Intéressant ! Vu comme Nora "épiait" pour l'aubergiste, à mon avis, elle est aussi impliquée !
Mary
Posté le 22/03/2020
C'est le calme avant la tempête, héhéhé. Oui, il est de plus en plus intégré au fur et à mesure (et il s'implique lui-même un peu plus chaque fois)
Tu verras pour l'Hermine et la Herse !
Elia
Posté le 07/09/2019
Me revoilà ! Le rythme du chapitre est bon, j'accroche de plus en plus avec Alban qui s'ouvre peu à peu.
Le point qui me titille, pour une lectrice aussi irrégulière que moi, c'est à propos du système d'informations. Autant je m'étais concentrée sur la quête d'Alban à propos de son oncle ainsi que son évolution sur le bateau, autant j'ai peiné à me souvenir de cette intrigue là.
À très vite !
Mary
Posté le 08/09/2019
Coucou !
Merci beaucoup. Oui les informations sur le réseau sont très distillées, et puis c'est une intrigue secondaire hein. Je verrai aux corrections ;) Merci de ton retour !
Isapass
Posté le 19/07/2019
A partir de là, mes commentaires ne vont pas être très utiles parce que j'aime tout ! 
Alban qui se décoince enfin un peu, la façon dont il se rapproche du Capitaine, à moitié grâce à sa blessure, à moitié pour son propre mérite comme on le sait plus tard. C'est crédible et bien mené. Et on sait qu'il est instruit alors ce n'est pas étonnant qu'elle lui apprenne la navigation. En plus, tout ce que tu racontes sur les cartes est très intéressant. 
J'aime aussi beaucoup l'arrivée à Fort Royal et la description de l'atmosphère particulière des tropiques (j'imagine que tu as été aux antilles ? Moi oui et j'ai retrouvé des sensations en te lisant !)
Je suis un tout petit peu plus réservé sur l'histoire de l'hermine et la herse, les messages et tout. Je pense que c'est parce que je ne vois pas du tout où cet arc nous mène (le réseau de renseignements, etc...) et qu'il est distillé par petites touches très éparses dans l'histoire. Mais je me raviserai probablement quand j'en saurai plus, car je n'ai aucun doute que tu sais très bien où tu vas avec ça ;) Je me demande juste pourquoi Nora et son père n'ont pas été plus explicites, plutôt que de lui donner des infos aussi énigmatiques. 
Mary
Posté le 19/07/2019
Aah je suis contente que le chapitre avec le Capitaine te paraisse vraisemblable. Dans les premières versions, ils rangeait bien les cartes mais au final, ça ne menait à rien de crédible ni de vraiment naturel. C'est beaucoup mieux dans cette version-ci et c'est plus utile. 
Eh bien...en fait non, je ne suis jamais allée aux Antilles, mais j'adorerais ! Par contre, je cuisine beaucoup et j'adore la cuisine du monde, donc pour le marché ça a pas été trop dur. J'ai lu beaucoup aussi de récit et/ou fiction de pirates et de corsaires. Pour le climat et la végétation, j'ai emprunté un bouquin sur la faune et la flore, j'ai regardé quelques cartes sur internet, et l'empathie a fait le reste. Tant mieux si ça marche ! :D 
 C'est un arc très secondaire, celui des renseignements, mais qui a une grande utilité au final. Je n'en dis pas plus :p  
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