Chapitre 16

Le lendemain, Enola se réveilla de bonne heure, se prépara, sortit de sa chambre d’hôtel, et appela Thomas, qui dormait encore dans la sienne. Elle partit ensuite prendre son petit-déjeuner, bientôt rejointe par le garçon.

Peu après, ils partirent avant d’arriver devant le grand bâtiment d’un étage, rouge et noir, de briques fait, qui abritait le siège de l’Instituet Corporation. Enola et Thomas, qui arborait ce jour un tee-shirt blanc et un pantalon bleu nuit, entrèrent immédiatement. La jeune fille aurait juré voir quelqu’un l’observer, elle et Thomas, du haut des marches qui menaient à l’étage du bâtiment, et qui se trouvaient en face de l’entrée. Une illusion d’optique, sûrement ? Un homme les interpella :

« Hé ! Qu’est-ce que vous faites ici, tous les deux ? s'insurgea-t-il sur un ton méfiant. L’institut vient à peine d’ouvrir ses portes, il y a même pas deux minutes !

- Nous voulions savoir s’il était possible d'adopter des animaux. Que vous avez recueillis, soignés, et tout ce que vous voulez, improvisa Enola.

- Bien sûr, bien sûr, répondit l’homme, semblant rassuré. Premier étage, porte C. Si vous n’avez pas pris rendez-vous, c’est le numéro quatre.

- Numéro quatre ? »

L’homme soupira, ne répondit pas, murmura quelque chose dans sa barbe, et partit sans lâcher un seul autre regard aux deux adolescents.

Enola dit à Thomas d’une voix tranquille : « Il n’y a plus qu’à faire ce pour quoi on est censé être ici : l’escalier est là, puisque la porte C est au premier étage. »

Thomas comprit, acquiesça d’un hochement de tête.

Ils se dirigèrent vers l’escalier en face de l’entrée, en colimaçon, qui longeait le mur, avant d’entamer la montée des marches.

*

Elle était venue avec cet imbécile ! Que faisait-il ici ? Comment, pourquoi ? Comment avait-il pu venir, comment avait-on pu le laisser partir avec cette fille ? Et pourquoi était-il venu avec elle ? Pourquoi aider cette fille qu’il ne connaissait même pas ? Quelles étaient ses intentions ? Souhaitait-il contrecarrer ses plans ? Quel idiot… Si c’était cela, il n’avait pas de chance… Il fallait croire qu’il n’avait pas compris dans quel énorme problème il se fourrait.

Ce garçon avait vraiment cru qu’il pourrait aider cette fille ? Maintenant, il était surtout fichu, coincé, tout comme elle.

Ou peut-être venait-il pour une autre raison que celle de contrecarrer ses plans ? Peut-être avait-il une raison bien plus profonde, précise… originale ? Comment le savoir, après tout… Mais il s’en moquait éperdument.

Le plus important était que maintenant, il allait subir le même sort que la fille. Enola. Car le sort ne changerait pas, qu’elle soit seule… ou non !

 

Cependant, même si c’était des chances minimes, cette jeune fille avait maintenant beaucoup plus de chances de « contrecarrer » ses plans, pour reprendre ce mot.

 

Mais elle n’y arriverait pas.

C’était impossible.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Vous lisez