Chapitre 15 : Une histoire de bonne soeur et de couvent

Quelques heures plus tôt...

Lorsqu'Amadeus ouvrit les yeux au petit matin, les souvenirs affluèrent. Tout lui revint, depuis le combat contre Carmen, son étrange transformation, Inare et enfin le message de Titania. Le souffle coupé, il demeura un instant coi, dans son lit, à espérer que tout cela n'ait été qu'un cauchemar. Malheureusement, l'état de ses baskets, encore trempées, ainsi que les trous dans sa tenue détruisirent son espoir. Il se trouvait dans une merde noire, et n'avait aucune idée de comment ils pourraient bien s'en sortir.

L'adolescent se passa la main dans les cheveux et ouvrit son placard. Alors qu'il se changeait, songeur, sans prêter attention à la rumeur du rangement au rez-de-chaussée, il faisait redéfiler la soirée. Sans doute un indice se logeait-il quelque part. Son portable était mort, encore mouillé de neige. Dégoûté, il le balança sur le bureau et jeta un bref coup d'oeil au tas de papier.

C'est alors qu'une parole de Carmen lui revint à l'esprit. La Vampire avait mentionné un Couvent de Lazare ainsi qu'un Léopold. Où avait-il déjà entendu cela ?

Le souvenir le frappa sous forme d'un flash. Aussitôt, l'adolescent se précipita vers ses tiroirs. Il avait vu ce mot dans la lettre adressée à Estelle lorsqu'ils revenaient d'un entraînement. Sur conseil de Camille, il n'y avait pas prêté plus attention : une brève recherche Internet avait indiqué une bonne centaine d'Associations de Gourmet dans le monde. Inutile donc de prendre le risque de trahir son secret à lui en confrontant sa soeur. Sauf que cette fois, il en était certain. Le papier en main, avec l'inscription du nom de Léopold et les mentions des Gourmets ainsi que du couvent de Lazare...

Blême, il recula et se laissa retomber sur son lit.

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Il lui fallut un moment pour rassembler le courage d'aller affronter Estelle et ce fut ainsi que ses trois amies le trouvèrent.

— Répète-leur encore une fois ce que tu m'as dit, cracha Amadeus. Elles ont le droit de savoir à quel point tu t'es moquée de nous.

— Je suis une Chasseuse, grimaça Estelle. Sous les ordres de Léopold. Je fais partie du Couvent de Lazare. Tu es content comme ça ?

Na bégaya. Elle tituba un instant et se laissa tomber sur la chaise du bureau. Valentine et Camille ne dirent rien, manière pour elle d'inviter Estelle à poursuivre ses explications.

— Léopold m'a repérée à une compétition de boxe, soupira la grande soeur. Il m'a approché car il avait besoin d'une combattante pour traquer une Magicienne. J'ai refusé en pensant qu'il se moquait de moi. Il a insisté, puis devant l'argent proposé, j'ai accepté pour faire plaisir à ce fou. Première mission en équipe peu de temps après, et elle fut assez atroce pour que je ne doute plus jamais de ce qu'il m'avait raconté.

Estelle recula un peu plus sur son lit pour s'adosser contre le mur et reprit.

— J'intervenais souvent en déplacement, poursuivit-elle. À Sainte-Marie, je surveillais simplement Claude et Mehdi de loin. Puis Suihei est arrivé ici, les Vampires avec, et un Magicien s'en est mêlé. À partir de là, la surveillance est devenue une mission à part entière : faire tomber l'antenne régionale des Gourmets de la Nature. Ce qu'Amadeus tient dans ses mains, c'est le montant de ma rémunération pour ça. Je me demandais où le papier était passé.

— Alors, balbutia Na, ça veut dire tu sais comment Suihei va ? Où il est ?

Estelle fronça les sourcils.

— Il opère avec les Gourmets. Je n'en sais pas plus pour le moment. Ma théorie est que l'association vise le Magicien présent dans la zone pour absorber ses pouvoirs. C'est puissant, un Magicien, c'est le seul être capable de commander à la Nature, en échange d'un lourd prix. Ils espèrent en l'absorbant retrouver le contact avec la Nature et redevenir Sorciers. Mais qu'est-ce qu'un Sorcier déchu y gagne à les aider ? Je l'ignore. Il ne peut rien faire d'un Magicien. Sauf s'il est devenu Vampire. Une hypothèse à ne pas exclure.

Na cacha son visage dans ses mains, effondrée. Valentine se retourna pour lui tapoter l'épaule.

— Tu nous surveillais depuis quand ? éructa Amadeus. Alors tu étais où quand on a failli mourir ?

Sa soeur grimaça et attrapa un coussin qu'elle serra contre elle. La question ne la mettait clairement pas à l'aise. Camille se rapprocha d'Amadeus afin de le soutenir. Elle aussi voulait savoir.

— Depuis un moment, admit-elle, mais de loin. Na n'est pas ma cible. Et je ne peux pas me téléporter non plus. Je dois lutter avec des moyens humains.

— Sauf qu'un Chasseur, ça chasse quoi ? demanda Valentine d'une voix rauque. Comment vous choisissez vos cibles ? Une Sorcière ne peut pas en être une ?

— En théorie, oui, répondit Estelle. Tout être susceptible de mettre en danger les humains l'est. C'est le point de vue de Léopold, mais pas le mien. Il est à Istanbul, trop loin pour tout contrôler. Donc je fais à ma sauce. Pour moi, les Sorciers de la bergerie ne sont pas une menace.

Un long silence s'installa sur la pièce, à peine brisé par les éclats de Bob l'Éponge en bas. Chacun prenait le temps de digérer ce qu'il avait appris.

— Alors tu ne sais pas ce qu'il s'est passé hier ? fit Camille après un moment. Amadeus ne t'a pas raconté ?

Estelle se mordit la lèvre :

— Non. Mais puisque vous l'évoquez, allez-y. J'ai aperçu de la lumière dans les bois, mais le temps que j'arrive, tout était déserté. J'ignorais que vous y étiez mêlés. Je pensais que les Vampires avaient fini par coincer le Magicien.

Amadeus froissa le papier et le jeta à terre. Après un coup d'oeil échangé avec Camille et malgré sa rancoeur envers sa soeur pour ses mensonges, ils n'avaient pas le choix. Inare se trouvait en danger et toute aide était bonne à prendre.

Il leur fallut une grosse demi-heure pour tout raconter, entre les précisions de Camille et les interruptions de Valentine. De temps à autre, Estelle posait une question, mais cela se raréfia et elle finit par ne plus arborer qu'un air de tueuse. Quelqu'un avait touché à son frère et à ses amies, et Amadeus pouvait parier qu'elle n'aurait de cesse de traquer les coupables.

— Je comprends mieux, marmonna-t-elle une fois qu'ils eurent terminé. Bien, j'ai trop laissé le problème des Gourmets traîner. Fini la mission sur l'antenne régionale. On va aller régler ça directement à la source.

— "On" ? fit Na avec un sursaut d'espoir. On t'accompagne ?

— Hors de question, répliqua aussitôt Estelle. C'est un boulot pour des Chasseurs confirmés, pas pour des lycéens. Traquer un Vampire est déjà assez risqué comme ça, alors s'attaquer aux Gourmets... Vous restez en sécurité ici. 

 Na bondit de sa chaise : 

— Mon frère est là-bas ! dit-elle. Je dois venir avec vous ! Il faut que je lui parle !

— Et puis, souffla Valentine, tu nous as entraînés au combat. Tu nous dois bien ça après nous avoir menti. 

L'adolescente arborait un air grave, à mille lieues de son impertinence habituelle. De larges cernes noirs creusaient ses orbites et son regard meurtrier aurait pu pulvériser les pierres. Elle serra les poings contre ses cuisses, comme prête à passer à l'attaque si nécessaire.

— Je ne vous dois rien, répondit Estelle. Rien du tout. Au contraire, c'est moi qui devrais être énervée. Vous vous mettez dans des situations dangereuses sans en parler à des adultes. Et si vous étiez blessés ? Mutilés ? Ou même tués ? 

— Je m'en fous, bougonna Na en se laissant retomber sur la chaise. Je connais les risques. 

— Parlons des risques, poursuivit Estelle. Amadeus, Camille et Valentine sont tes amis. Comment tu peux les mettre en danger comme ça ? C'est un comportement de gamine immature qui traîne ses camarades avec elle dans les abysses plutôt que d'affronter seule ses choix. 

— C'est faux, intervint Amadeus. Tais-toi, tu racontes n'importe quoi !

Na tituba. Ses lèvres se mirent à trembler et pendant une fraction de seconde, elle sembla sur le point de fondre de nouveau en larme. Finalement, la Sorcière déglutit et releva le menton pour fixer Estelle droit dans les yeux. 

— Je ne leur cache rien, fit Na. Ils ont le droit de venir s'ils le veulent. 

Valentine grimaça et Camille toussota un poil. La notion de choix s'avérait quand même à chaque fois toute relative, mais aucune des deux ne protesta. Pas parce que Na avait raison ou tort, mais plutôt car elles ne voulaient pas voir Estelle les écarter pour de bon de la traque. 

— Je ne suis pas là pour débattre avec une Sorcière, conclut la grande soeur d'Amadeus. Je sais que vous ne jouez qu'avec vos propres règles de jeu. Donnez-moi la carte de visite dont vous m'avez parlé, celle d'Adèle, puis allez en bas. Il reste de la pizza, reposez-vous et je vous tiens au courant du résultat de la chasse. 

Valentine voulut protester de plus belle, mais Camille croisa son regard et hocha la tête en douceur. Le message passa entre les deux filles. Amadeus comprit que Camille essayait de gagner du temps pour se débarrasser d'Estelle. Plus vite cette dernière partirait, et plus vite ils pourraient chercher une solution pour la prendre de vitesse et se rendre eux-mêmes au QG des Gourmets afin de libérer Inare et convaincre Suihei de rentrer. 

— Vous... bégaya Na, vous ne ferez rien à mon frère ? 

Estelle tira sur la carte de visite entre les doigts de Valentine et lut les informations d'Adèle en diagonale. Puis, elle rangea le carton dans la poche de sa veste en laine. 

— Je ne peux rien promettre, dit-elle d'un ton grave. S'il refuse de m'écouter, je vais devoir m'assurer qu'il ne puisse plus blesser personne. 

Choquée, Na voulut protester, mais une pression chaude de la main d'Amadeus sur son poignet lui fit sentir que ce n'était pas la peine. Alors, la Sorcière se laissa glisser contre le dossier du fauteuil tandis qu'Estelle enfilait ses rangers ainsi qu'un bonnet et son manteau. 

— Tant mieux si tu es raisonnable, dit Estelle en emmitouflant ses mains dans des gants de cuir. Je vais passer faire un crochet chez Léopold pour le tenir informé de la situation, et aussi récupérer les résultats de son enquête. 

— Il n'y a pas de Léopold ici, fit remarquer Amadeus. Comment tu veux aller voir quelqu'un qui vit ailleurs ? Tu vas à Piquelles ? Tu risques de ne pas arriver à temps pour Inare. 

Sa soeur achevait ses préparatifs avec un sac à dos taille réduite et blindé de balles, d'armes et d'objets de survie en tous genres. Amadeus le savait, car elle venait de l'ouvrir pour y ajouter quelques petites choses qui pourraient lui manquer. Voir un tel arsenal dans les mains de sa soeur le fit hoqueter. Il ne savait plus où donner de la tête.

— Léopold vit à Istanbul, finit par répondre Estelle après de longues secondes. Je le retrouve dans son café au bord de l'eau et je le persuade qu'on doit tous se bouger. 

— J'avoue que désormais, dit Valentine, j'ai du mal à croire tes promesses. 

Estelle se figea une seconde sur un double noeud à une cordelette. Elle esquissa un sourire maladroit et parvint à réagir après un temps de latence : 

— Il n'y a pas d'autre choix, admit Estelle. Bien, maintenant que je suis prête, il manque le point le plus important : le moyen de locomotion. 

— Tu vas en Turquie ? interrogea Amadeus d'un air sceptique. Inare n'a pas beaucoup de temps devant lui et nous non plus. Pourquoi ne pas juste appeler Léopold dans ce cas ? Plutôt que de se déplacer ? 

Estelle se mordilla l'ongle avant de reprendre une contenance parfaitement enjouée : 

— Pas d'appel direct. C'est une règle. Et pour le retard, ce serait le cas pour l'avion, mais heureusement que nous avons eu un curieux visiteur sous notre toit cette nuit. 

— Comment ça, un curieux visiteur ? demanda Camille. Qu'est-ce que cela veut dire ? 

— C'est un Féal ? se risqua Na. Ou bien un nouvel Esprit ? 

— Ni l'un ni l'autre. 

Estelle ouvrit la porte de sa chambre et disparut dans le corridor. Puis, ils entendirent ses bruits de pas se rapprocher à nouveau. Estelle devait avoir oublié quelque chose.

Mais à la place, elle passa la tête dans l'embrasure et annonça : 

— Si ça vous amuse, suivez-moi en bas. Pour me faire pardonner, à défaut de vous prendre avec moi. 

Les lycéens se regardèrent. Autant faire mine d'accepter pour le moment, quitte à réfléchir à une autre solution ensuite. En effet, si Estelle tombait sur Suihei, elle pourrait bien le tuer. Ils devaient intervenir.

Na se décida la première et tous suivirent Estelle au rez-de-chaussée. Une fois dans le salon, Estelle se pencha sur Achille afin de lui murmurer quelques mots. Pendant ce temps, sur le canapé, une brochette de fêtards regardait les dessins animés entre deux bols de chips molles. La mine terreuse et les aisselles fétides, ils ne faisaient guère envie et Amadeus se promit de ne jamais au grand jamais terminer comme ça. 

Après un moment à chuchoter avec Achille, Estelle se redressa et leur fit signe de la suivre dans la cuisine. De là s'échappait le vrombissement d'un micro-ondes et le bruit de la bouilloire. Sans doute que la machine à café était également sollicitée pour mieux remédier aux séquelles dramatiques de la soirée. Un bol de lait froid à la main, le copain d'Achille fouillait dans le placard à la recherche du chocolat en poudre. 

— Au fond à droite, indiqua Estelle en s'appuyant sur le chambranle. C'est sympa de ta part de prendre les commandes de mon frère. 

— Ça ne me pose pas problème, répondit-il. Vous avez besoin que je vous réchauffe quelque chose aussi ? 

Dans le même temps, le jeune homme se retourna pour les dévisager de ses yeux bleus perçants. Amadeus fronça les sourcils. Il n'aimait pas l'attitude de ce type. Il les fixait de manière dérangeante déjà la veille au soir. Est-ce qu'il avait un problème ? 

— C'est qui ? fit Valentine. On se connaît ? 

— C'est Charles, répondit aussitôt Camille. Le copain d'Achille. On l'a rencontré hier quand vous étiez dehors. 

À la mention du nom, Na s'empourpra. Amadeus la fixa, étonné. Une veine battait la tempe de la Sorcière. Pourquoi réagissait-elle ainsi ?

— Je vois, fit la Sorcière en croisant les bras. C'est comme ça que tu comptes y aller, Chasseuse. 

Charles se figea un instant et plissa les yeux. Puis, d'un coup, il sourit de toutes ses dents et posa le bol sur la table dans un élan d'enthousiasme. 

— Eh bien, dit-il, si je pensais revoir la petite Sorcière de la forêt aussi tôt. Un plaisir de te voir en si bonne forme. 

Cette fois, ce fut Amadeus qui resta coi .Qu'est-ce que c'était que cette histoire encore ? Camille et Valentine cillèrent, mais ne dirent rien. Na avait déjà eu l'occasion de leur raconter le gros de son sauvetage sur le trottoir. 

— Ni moi un Magicien ici, persifla Na. Un plaisir de voir avec qui tu collabores. Des Chasseurs, vraiment ? 

— Je ne comprends pas, répondit aussitôt le jeune homme. De quoi tu parles ? 

— De moi. 

Estelle toqua sur le plan de travail du bout des doigts. De l'autre côté du mur montait la mélodie d'une vieille saison de la famille Pirate. 

— J'ai besoin de tes capacités de téléportation, expliqua-t-elle. Aide-moi à me rendre là où je veux, et je dis rien à Achille sur le fait que tu lui mentes sur ta vraie nature. 

— Et tu es une Chasseuse ? grogna Charles en mettant le bol chocolaté au micro-ondes. Qui me dit que tu me tueras pas ? Que c'est pas ta mission de me faire la peau ? J'ai déjà assez à faire de survivre entre les Vampires et les Sorciers, en plus des tiens. Je n'ai pas vraiment envie de me jeter dans la gueule du loup. 

— Attends une seconde dans ce cas. 

Estelle poussa Camille du bras et s'approcha de la porte de la cuisine. Elle s'assura de la fermer correctement puis lâcha son sac sur la table. Le bruit sourd fut couvert par les voix stridentes de la télé. Elle ouvrit la fermeture éclaire et posa un revolver de poing. Ramassée et noire, l'arme luisait à la lumière du matin. Amadeus, partagé entre fascination et répulsion, s'approcha. C'était la première fois qu'il voyait une vraie arme. Et c'était entre les mains de sa soeur. La nausée le prit de nouveau.

— Bien, je refais le deal, fit Estelle d'un calme olympien. Ou tu m'aides, et je te raye de ma liste de cibles de la région et tout va bien entre mon frère et moi. Ou je tire. 

— Tout le monde va entendre si tu fais ça, remarqua Charles. Et je peux m'échapper. 

— C'est triste, en effet, répondit la jeune femme. Mais voilà, au moins, j'aurais préservé mon frère de quelqu'un aussi peu fiable que toi. Si je te loupe, je pourrai de toute façon toujours lui raconter pourquoi tu as disparu du jour au lendemain de sa vie, quand t'auras pris la fuite. 

Le micro-ondes tinta. Charles se retourna, trempa le doigt dans le breuvage et esquissa une grimace de satisfaction. 

— OK, se rendit le Magicien. On a un marché. Je dois juste te téléporter ?

— Juste me téléporter. Pour après gagner une paix éternelle de la part des Chasseurs. 

Un léger silence flotta. 

— Très bien, dit Charles. Je vais apporter le lait à Achille, et on y va. Vers quelle direction ? 

— Istanbul, précisa Estelle. Au niveau de Ayaspaşa. Je te donnerai les détails sur place. 

— Je veux venir aussi ! réattaqua Na en sentant l'opportunité lui échapper. Je dois aller sauver mon frère ! 

Amadeus ne répondit pas. Na avait un tel désir de revoir Suihei qu'impossible pour la Nature de se laisser prendre par son désir égoïste. Aucune téléportation par son biais ne serait envisageable pour eux quatre. Inutile de compter sur la Sorcière de ce côté. 

— Je m'occupe de ton frère, j'ai dit, gronda Estelle. D'ici là, restez sage. Je devrais être de retour dans quelques heures. 

Puis, elle suivit Charles dans le salon. Laissés seuls, les amis se regardèrent, puis Na gémit de frustration et de haine mêlées. 

— Je les déteste, marmonna l'adolescente. Je les déteste tous. Je sais ce que je fais. Pourquoi ils veulent m'en empêcher ?

À ce moment, le téléphone de Camille sonna. 

— C'est Claude, dit-elle. Tu veux lui parler ? 

— C'est à Inare qu'il veut parler, pesta Na. Raccroche et tant pis. Je le rappellerai quand on aura réussi à le récupérer.  D'ici là, il va falloir qu'on trouve nous aussi un moyen de nous déplacer.

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Le Saltimbanque
Posté le 05/05/2021
"une brochette de fêtards regardait les dessins animés entre deux bols de chips molles. La mine terreuse et les aisselles fétides, ils ne faisaient guère envie et Amadeus se promit de ne jamais au grand jamais terminer comme ça." En tant que membre de l'Association des Ivrognes, je suis outré par ce passage et te reporte illico presto aux admins. Bim.

Mais quelle surprise ! Ce chapitre avait échappé à ma critique aiguisée et ma plume assassine ! Je vais corriger cela tout de suite.

Et.... je comprends pourquoi. C'est un bon chapitre, maitrisé, qui va droit au but. C'est surtout un chapitre de transition, donc sans grand plot point et twist à critiquer en détail.

"Valentine grimaça et Camille toussota un poil. La notion de choix s'avérait quand même à chaque fois toute relative, mais aucune des deux ne protesta. Pas parce que Na avait raison ou tort, mais plutôt car elles ne voulaient pas voir Estelle les écarter pour de bon de la traque."
Mais... pourquoi Valentine et Camille aident autant Na ? Si elles se crispent parce que Na ne leur laisse jamais le choix, et quand on sait que plus tard elles reprochent à Na son obsession pour Suihei... pourquoi sont-elles prêtes à autant se sacrifier ? La compassion a ses limites : j'ai l'impression qu'elles n'apprécient pas spécialement ni Inare ni Na !
Je trouve même qu'elles ont énormément de choix dans toute l'histoire : Amadeus et elles organisent le plan (foireux) de piéger Adèle à la fête après tout.

Aussi, je me demande comment Estelle a su si facilement que Charles était un Magicien. C'est quand même une sacrée chance qu'il y ait un téléporteur PILE dans la maison, et qu'elle ait un moyen de chantage sur celui-ci.

Sinon, je ne peux que pinailler. Je trouve que les dialogues d'Estelle sont un peu trop "éloquents" et sophistiqués pour le personnage. Par exemple : "Il a insisté, puis devant l'argent proposé, j'ai accepté pour faire plaisir à ce fou. Première mission en équipe peu de temps après, et elle fut assez atroce pour que je ne doute plus jamais de ce qu'il m'avait raconté."

Aussi, je suis assez dubitatif quant au retour en arrière du début du chapitre, qui fait très artificiel. Retourner dans le temps doit vraiment ajouter quelque chose : là, on apprend juste comment Amadeus a fait un lien basique entre sa soeur et les Gourmets... Autant qu'il le raconte dans un dialogue au présent, cela évitera la gymnastique temporelle qui, selon moi, doit normalement vraiment être justifiée par l'histoire (ce qui n'est pas le cas ici).

Chtite faute à "Cette fois, ce fut Amadeus qui resta coi .Qu'est-ce que"

Voili voilou
Alice_Lath
Posté le 06/05/2021
En tant qu'ivrogne aussi, j'pense qu'on peut se mettre d'accord sur le fait qu'on est pas au summum de notre glam quand on a trois grammes (avec des rimes et tout et tout"
Pour Camille et Valentine, j'ai en effet essayé de corriger le tir dans la correction, mais je pense que je vais aller plus loin
Je vais également retaper ces petits dialogues huhu
Et comme j'étais pas convaincue aussi par le saut dans le temps, au moins, ça me permettra de trancher
Cimer encore pour tout !
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