Chapitre 15 - La lettre

Par Gabhany
Notes de l’auteur : Où Kiaraan retrouve les traces de son passé ... Bonne lecture !

Hébétée, Kiaraan fixait Lyria sans même penser à refermer la bouche. Entendre le nom de son père dans des circonstances aussi inattendues était tout bonnement stupéfiant.

− Comment … comment … vous connaissiez mon père ? balbutia-t-elle au bout de quelques instants.

− Je le connaissais.

− Mais comment … ma mère est venue ici, c’est ça ? Elle vous a parlé de lui ? Où est-elle ?

Mais tout en parlant, Kiaraan réalisa qu’il était très peu probable que Silène ait parlé de son père à une totale inconnue. Même à ses filles, elle n’en parlait pas. Depuis sa disparition, dix ans auparavant, elle était incapable de prononcer son nom sans se mettre à pleurer.

− Non, ta mère n’est pas venue ici. C’est plus compliqué que cela. Je dois te parler, à toi seule. Tu vas venir avec nous.

− Quoi ? Non, je n’ai pas de secrets pour …

− Ce que j’ai à te dire n’est destiné qu’à toi. Ensuite, tu en feras ce que tu voudras.

Sans laisser à Kiaraan le temps de protester, Lyria fit un signe à Largo et sortit d’un bond de la cabane. Largo s’approcha d’elle et lui tendit la main. Sans la prendre, Kiaraan la considéra d’un œil méfiant.

− Nous n’allons pas descendre avec le harnais cette fois. Soit tu prends ma main, soit tu nous suis, si tu peux … lui dit-il en l’observant d’un air amusé.

Kiaraan tourna la tête et consulta Oksa du regard. Celle-ci lui offrit un visage effrayé et perplexe. Kiaraan lisait dans ses yeux qu’elle n’y croyait pas. Mais pourquoi une telle mise en scène, si Lyria n’avait rien à lui dire au final ? Pour la piéger ? Mais pourquoi ? Elle ne représentait un danger pour personne, dans sa situation.

En un éclair, Kiaraan prit sa décision. Elle tentait sa chance. Elle prit la main de Largo d’un geste rapide, brusque, comme pour s’empêcher de revenir en arrière. Largo fit un pas en arrière, Kiaraan suivit le mouvement, la peau frissonnante d’exaltation et d’appréhension mêlées.

− Pourquoi ne puis-je pas descendre avec le harnais ?, demanda-t-elle à Largo.

− Nous devons être au moins trois pour te faire descendre. Mais comme ma mère souhaite que cette entrevue reste secrète, je ne peux pas faire appel à mes hommes.

Il détacha une corde de sa ceinture et la montra à Kiaraan.

− Je vais descendre le premier, car nous n’irons pas jusqu’en bas. Je t’arrêterai quand il le faudra, et tu devras me suivre quand nous serons sur les branches.

− Sur les branches ?, s’alarma Kiaraan. Mais je … je ne pourrai pas !

− Si, tu pourras, affirma-t-il d’une voix énigmatique.

Sans laisser à Kiaraan le temps de répliquer, le jeune homme bondit en dehors de la cabane, et Kiaraan le vit attacher solidement la corde autour de la branche qui les surplombait. Le ventre noué, mais les dents serrées, elle le regarda faire en tentant de se convaincre qu’elle ne se trompait pas. Elle n’avait plus que quelques secondes, aussi elle se tourna vers Oksa et Lexa qui la fixaient avec une angoisse non dissimulée.

− Il faut que j’y aille, vous comprenez ? Je dois savoir …

− Kiaraan !, l’appela Largo au-dehors.

Elle sursauta et se détourna des deux filles.

− Tu ferais mieux de bien regarder ce que je fais si tu veux pouvoir me suivre …

− Mais comment dois-je faire pour atteindre la corde ?

Elle se doutait de la réponse, mais elle sentit tout de même son corps tout entier se pétrifier quand il répondit :

− Saute ! N’hésite pas, et … ne la rate pas !

Kiaraan n’eut pas besoin de distinguer son visage pour deviner que la situation l’amusait beaucoup. Ce fut cela qui la décida. Elle fléchit légèrement ses genoux et banda ses muscles. Elle fixa son regard sur la corde, à deux mètres d’elle, et elle sauta, les mains en avant.

Bien plus vite qu’elle ne l’aurait pensé, celles-ci se refermèrent sur la corde. Elle avait mis tant de force dans son saut que la corde se balança un long moment, pendant lequel la cadence de son cœur lui fit presque tourner la tête.

Quand elle se fut un peu reprise, Kiaraan se rendit compte qu’elle n’entendait plus Largo. Elle entendait le chant du vent à travers les branches, le doux frottement des feuilles entre elles, les grincements de l’écorce. La jeune fille y trouva la beauté et la pureté d’une symphonie. C’était la mélodie de la nature, l’empreinte de la Mère. Son cœur lui martelait la poitrine, mais ce n’était plus de peur. Pleine d’une confiance nouvelle, elle se laissa prudemment descendre le long de la corde, par à-coups au début, puis de plus en plus facilement. L’exercice physique, s’il ne lui était pas familier, ne lui semblait pas non plus difficile, et elle s’autorisa à regarder autour d’elle, le temps de la descente. Elle devinait plus qu’elle ne distinguait les rebords des feuilles autour d’elle, mais elle sentait tout autour d’elle leur parfum piquant, boisé, entêtant. Là, au milieu des airs, sans rien autour d’elle pour l’atténuer, l’odeur des arbres lui parvenait dans toute sa puissance, saturant son odorat des senteurs épicées de la sève et de l’écorce, de celles plus humides de champignons et d’humus. Enivrée, Kiaraan inspira à fond. Le mélange des essences en créait une autre, harmonieuse, et unique, se dit Kiaraan. Elle n’avait jamais rien senti de pareil, et elle se fit la réflexion que c’était l’essence même de Nevadis qu’elle avait l’occasion de sentir.

Une secousse sur la corde finit par la ramener à la réalité. Où était Largo ? Quand devait-elle s’arrêter ? Etait-elle descendue trop bas ? Kiaraan regarda nerveusement autour d’elle, au-dessus et en dessous, mais elle ne distingua rien dans la pénombre épaisse. Cette partie de l’arbre était moins éclairée, et Kiaraan se sentit soudain oppressée. Elle ouvrit la bouche pour appeler. Avant qu’elle n’ait pu proférer un son, un bras l’attrapa solidement par la taille et elle se sentit emportée dans les airs. Elle atterrit sur une branche sortie de nulle part, toujours maintenue fermement par Largo qui était maintenant en face d’elle. Elle était sur le point de protester, mais elle se retint quand elle se sentit vaciller. Instinctivement, elle s’agrippa à la première chose qu’elle trouva, son épaule. Elle commit l’erreur de regarder en bas, et en resta pétrifiée. Le sol était encore si loin !

− Ca va ?, lui demanda Largo à mi-voix, l’air parfaitement dans son élément.

− Mmmmh. C’est haut.

Dans l’obscurité, Kiaraan vit briller une rangée de dents blanches, et elle sentit un rire silencieux secouer l’épaule qu’elle tenait toujours.

− Il va falloir qu’on marche un peu sur la branche, ensuite encore un peu de corde, et on sera arrivés. Tu me suis toujours ?

La jeune fille leva les yeux et considéra un instant son vis-à-vis. Le dévisager ainsi était plus facile dans l’obscurité, où elle ne distinguait que les arêtes de son visage. Elle sentait son corps fourmiller, et un sourire impatient s’était glissé sur ses lèvres. Le sourire de Kiaraan s’agrandit et elle hocha simplement la tête. Cette fois, la rangée de dents fut nettement plus visible.

Elle sentit Largo se détacher d’elle et se détourner. Il se mit à avancer à pas lents d’abord, puis plus rapidement. Kiaraan, en le suivant, ne ressentait plus qu’une pointe d’appréhension qui se dissipa bien vite, chassée par une concentration exaltée. Au bout d’une minute ou deux, Largo jeta un regard par-dessus son épaule. Sur un sourire appréciateur, il accéléra le pas. Kiaraan se retrouva à courir presque derrière lui. Elle voyait défiler les branches autour d’elle, les feuilles lui fouettaient les bras et les jambes, l’idée de perdre l’équilibre et de chuter ne la quittait pas. Mais cela ne faisait que l’électriser encore plus. Quand Largo s’immobilisa devant elle, son corps fourmillait, ses joues la brûlaient et elle sentait sur ses lèvres un sourire joyeux, incontrôlable.

− On s’arrête déjà ?

Pour toute réponse, Largo lui lança un regard amusé.

− Encore une descente le long de la corde et nous serons arrivés, en effet.

− Je m’attendais à plus difficile que cela, plaisanta Kiaraan.

− Tu as peut-être certaines prédispositions…

− Que veux-tu dire ?, fit Kiaraan ahurie

− Tu verras bien. Allez, tu passes la première, il faut que je récupère la corde.

− Mais … comment vas-tu faire pour descendre ?

− Je sauterai, évidemment, répondit-il en levant les yeux au ciel.

Il s’écarta pour laisser le passage à Kiaraan. La jeune fille descendit, l’esprit accaparé par la remarque de Largo. Elle ne comprenait pas. Pourquoi donc aurait-elle des prédispositions à se déplacer dans les arbres ? C’était à n’y rien comprendre. Cela étant, l’exercice s’était effectivement révélé plus facile qu’elle ne l’aurait cru. De nouveau assaillie par l’appréhension, elle fronça les sourcils et se dépêcha de descendre. Elle était tellement plongée dans ses réflexions qu’elle ne réagit même pas quand Largo atterrit souplement à côté d’elle.

− Suis-moi. Nous ne sommes plus très loin, l’interpella-t-il.

Kiaraan le suivit sans mot dire. Un malaise insidieux glaçait ses entrailles. Au devant de quoi allait-elle ? Elle n’avait presque pas de souvenirs de son père. Au fil des années, elle l’avait tellement imaginé, tellement idéalisé, qu’elle avait fini par refuser de parler de lui, ne voulant pas risque d’écorner l’image de héros qu’elle s’était forgée. Entendre parler de lui ici, dans ces circonstances, l’effrayait. Elle n’était pas sûre de pouvoir encaisser la vérité à son sujet. Son seul repère avait toujours été cette représentation parfaite du héros disparu, et Kiaraan n’était pas certaine d’être prête à la jeter aux orties.

Quand Largo et elle arrivèrent devant la porte d’une hutte, elle se mit à trembler. C’était l’heure de vérité. Largo ouvrit la porte, s’effaça pour la laisser entrer et referma derrière eux. L’intérieur de la cabane était agencé avec un ordre proche de la maniaquerie. Rien ne déparait  la pièce principale, aucun désordre d’aucune sorte. Les murs étaient nus, mais le mobilier était de bonne facture et richement décoré. Il n’y avait là rien d’extraordinaire ou d’ostentatoire, ce qui étonna Kiaraan. Cette hutte aurait pu être celle de n’importe qui. La jeune fille ne put s’empêcher de faire le parallèle avec la maison qu’elle habitait à Long’Ombre, où tout, justement, était fait pour souligner la position de son propriétaire. Ici, rien de cette sorte. Sa propriétaire non plus ne se différenciait pas des autres, se dit Kiaraan en voyant Lyria apparaître dans l’embrasure d’une porte, au fond de la salle.

− Merci, Largo, tu peux nous laisser, déclara le chef des Lupus à mi-voix.

Le jeune homme inclina brièvement la tête, tourna les talons et sortit. Kiaraan le regarda partir en plissant les yeux de dépit. Il était le seul repère qu’elle possédait dans cet environnement inconnu. Elle garda les yeux fixés sur la porte quelques instants, puis rassembla tout son courage et se retourna vers Lyria. Celle-ci la contemplait d’un air songeur, et Kiaraan la vit examiner les traits de son visage avec intensité. 

− Comment ne l’ai-je pas vu plus tôt ?, marmonna Lyria pour elle-même.

Elle dévisagea Kiaraan quelques instants encore, et la jeune fille crut déceler dans ses yeux une nostalgie heureuse, poignante.

− Tu ressembles à ton père de façon incroyable, déclara Lyria à mi-voix. Maintenant que je sais qui tu es, cela saute aux yeux. L’as-tu connu ?

− Oui. J’avais six ans quand il a disparu. J’étais juste assez âgée pour qu’il me manque.

− Mais pas assez pour qu’il te dise qui il était réellement, j’imagine. Voilà pourquoi il …

− Qu’est-ce que ça signifie, qui il était réellement ? J’en ai assez de ces mystères ! Comment connaissez-vous mon père ? Dites-moi la vérité !

− Doucement, jeune fille ! Oui, je connaissais ton père. Je le connaissais même très bien. Je le retrouve en toi, à tel point que c’en est presque effrayant. Ton père était un homme bien, et un ami. Malgré la situation actuelle entre ton clan et le mien, je suis honorée de te connaître.

− Mais enfin, comment pouvait-il être votre ami ? Comment avez-vous-même pu le rencontrer, en n’étant pas du même Clan !

− Tu touches le point essentiel, Kiaraan. Ton père était un Lupus qui a mué en ours.

Kiaraan en resta bouche bée. Elle fixait sur Lyria un regard écarquillé, incrédule. Elle avait l’impression de ne plus savoir comment parler, ni même respirer.

− Je…ne…non, c’est … impossible, finit-elle par bredouiller d’une voix rauque.

− Tu sais que c’est possible, que ça existe. Lexa en est la preuve.

− Mais … pourquoi ….

− Pourquoi il ne vous a jamais rien dit ?

Kiaraan ne put que hocher la tête.

− D’abord parce que, en quittant Nevadis, il a juré de ne jamais nous trahir, quel que soit l’endroit où il déciderait d’aller. Iarn était quelqu’un de loyal, je sais qu’il a tenu sa promesse. Ensuite, parce que… tout comme Lexa, qui l’aurait cru ?

− Mais quand il est arrivé chez nous … s’il n’était pas de Long’Ombre, on a bien du lui poser des questions ? Lui demander d’où il venait ?

− Je présume, oui. Après son départ, je n’ai plus entendu parler de lui pendant presque dix ans. Et puis un jour, il est revenu ici, de façon totalement inattendue.

Quelque chose dans le ton de Lyria titilla Kiaraan. Elle secoua la tête pour essayer de se reprendre et concentra toute son attention sur la femme en face d’elle. Il y avait dans son regard voilé par l’ombre des souvenirs une lueur chaleureuse. 

− Vous disiez que vous le connaissiez bien … à quel point étiez-vous proches ?

− Ton père et moi nous avons grandi ensemble. C’était mon ami et … 

Elle s’interrompit, inspira profondément et fixa sur Kiaraan un regard flamboyant. Tout en bouillant de curiosité, Kiaraan se força à rester silencieuse. Il ne fallait pas briser l’élan fragile de la confession de Lyria. Celle-ci avait détourné le regard. L’effort qu’elle s’imposait pour remonter le fil de ses souvenirs plissait son front et crispait sa mâchoire.

− Non. Iarn était plus qu’un ami. Il était mon double, presque mon frère.

Le masque impassible qui revêtait le visage de Lyria comme une seconde peau s’effaça fugitivement. Elle se reprit presque immédiatement mais Kiaraan avait eu le temps d’entrevoir sur ses traits la mélancolie d’une douleur ancienne.

− Je n’ai plus eu de nouvelles de lui pendant dix ans.

− Pourquoi ? demanda Kiaraan. Pourquoi n’êtes-vous pas restés en contact ?

− Nous l’avons fait, au début. Mais ce n’était plus pareil. Ce n’était plus vraiment l’homme que je connaissais. J’ai préféré couper tous les liens, c’était plus facile ainsi. Et puis, déjà à l’époque, les relations entre les clans n’étaient pas très bien vues.

− Et ensuite ? Vous disiez qu’il était revenu ici ? Pourquoi ? Quand ?

− Juste avant de partir pour Dézdirim.

− Juste avant qu’il disparaisse, donc… 

− En effet. Avant que tu poses la question, il était bien vivant quand il est reparti. 

− Vous auriez pu vouloir vous venger, par jalousie par exemple.

− Je ne l’aimais pas de cette façon-là. Et quand bien même, je n’aurais pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Il est venu me voir moi, et m’a remis quelque chose, avant de repartir aussi vite.

Le champ de vision de Kiaraan sembla se rétrécir sous la concentration et la surprise. Le cœur battant, frémissante, elle vit Lyria se détourner pour attraper quelque chose sur une petite table derrière elle. Elle lui tendit un morceau de cuir d’hénéas beige très fin, enveloppé d’une bandelette soigneusement nouée. Le nœud était encore sécurisé par un sceau de cire ocre, gravé d’une simple lettre. Un I.

D’une main tremblante, Kiaraan attrapa l’objet. Elle le tint dans ses deux mains jointes un long moment, incapable de le quitter des yeux mais incapable de l’ouvrir. La lettre gravée sur le sceau l’hypnotisait. Les mains de son père l’avaient tracée. Il avait tenu l’objet dans ses mains. D'un geste instinctif, Kiaraan le serra tout contre sa poitrine et proféra d’une voix blanche :

− Qu’est-ce que c’est ?

− Une lettre. Je l’ai vu l’écrire, mais je ne l’ai pas lue.

− Que … comment … ?

− Il m’a seulement confié qu’il se savait surveillé. Il pressentait qu’un danger rôdait autour de lui et de sa famille. Avant de se mettre en route, il tenait à léguer à sa femme et ses enfants au cas où il lui arriverait quelque chose. Il m’a fait confiance et je ne l’ai jamais trahi. Aujourd’hui cette lettre te revient. Je vais te laisser la lire seule. Largo reviendra dans quelques minutes pour te ramener auprès de tes amies.

Lyria se dirigea vers la porte, passa à côté de Kiaraan et posa brièvement une main sur son bras. Kiaraan se sentit étrangement réconfortée par ce contact fugace. Quelques instants plus tard, elle entendit la porte se refermer, et le silence l’enveloppa. Comme elle aurait aimé que Diorann soit là en cet instant ! 

Les doigts gourds, tremblants, Kiaraan fit sauter le sceau et déroula délicatement la lettre.

 

Silène, 

Je pars et j’ai l’impression de laisser ma vie derrière moi. Je ne veux pas vous quitter toi et les filles, mais il faut que je découvre pourquoi on me surveille et que j’écarte de vous les dangers. J’emporte avec moi vos visages dans ma tête et dans mon cœur. Fais bien attention à toi et aux petites, je t’en prie. Je sais que tu pourras les protéger, mais je connais ton tempérament, ma douce. Je ne veux pas qu’il vous arrive quoi que ce soit. Si je pars c’est pour vous protéger, car c’est à moi qu’ils en veulent.

Je remets cette lettre à une vieille amie, en espérant pouvoir la lui reprendre à mon retour. Au cas où je ne reviendrais pas, j’espère qu’elle te parviendra, ma douce. Je vais tenter de mener mon enquête à Dézdirim à propos de ceux qui nous suivent. Si je ne reviens pas, je laisserai des indications sur mes découvertes dans un endroit que toi seule pourra retrouver, pour que tu puisses reprendre mes recherches. Quoi que tu en penses, c’est le seul moyen de garantir notre sécurité. Si je ne le fais pas, les choses ne feront qu’empirer.

Dis à mes filles que je les aime. Dis à Kiaraan qu’elle doit continuer à s’entraîner afin de se discipliner. Son tempérament emporté sera sa plus grande faille. Et à Diorann, dis-lui que son don, le même que le tien, sera son unique moyen de résistance. Il est essentiel qu’elles apprennent à garder le contrôle d’elles-mêmes, le plus tôt possible, comme je l’ai appris moi aussi un jour. Je prie la Mère d’avoir la chance de leur transmettre en personne le pouvoir de résistance.

Je prie la Mère de vous retrouver rapidement, vous et notre avenir tous les quatre.

Je vous aime, 

 

Iarn

 

Sans lâcher la lettre, Kiaraan se laissa tomber à genoux, plaqua une main sur sa bouche et se mit à sangloter.

Au-dehors, juste derrière la porte, des voix s’élevèrent soudain.

− Alors ? fit la voix de Lyria.

− Tout est prêt, répondit Largo. Ils ne pourront pas s’échapper.

 

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Arabella
Posté le 29/02/2020
ahhhh ! un long et délicieux chapitre ! Tu nous fais un cadeau là ! Du Kiaraan/largo et des révélations !

Alors déjà, j'adore la description toujours de la nature chez toi ! c'est toujours très bien fait (peut-être cependant que le récit n'est pas en adéquation avec la rapidité de la scène...je ne sais pas si c'est clair, mais après tout, elle est sur une corde, donc ça doit se faire rapidement, non?)

En tout cas top, et puis cette relation Kiaraan et Largo qui se construit tout doucement...hihih un régale. Elle sonne juste d'ailleurs cette relation. j'aime beaucoup le côté effronté de Kiaraan (d'ailleurs visible dans la lettre), ce côté, fonceur, qui lui donne un vrai caractère ! Largo est super cool ! *'j'ai les yeux qui brillent*

J'ai deviné que son père était un lupus une minute avant que tu ne délivres l'info et je trouve ça top. Ca signifie qu'on ne s'en doutait pas, mais que tout d'un coup, le lien se fait ! Bravo, cela rend super bien.
Ici je trouve Lyria plus douce et justement je trouve que son personnage a l'air plus vrai que dans le précédent chapitre. (voir la fin du com).
Pour les révélations, je trouve cela chouette, un vrai moment de nostalgie. J'imagine que bientôt, Kiaraan va partir sur les traces de son père. j'ai vraiment hâte de voir ça.

Enfin, la fin (liée à Lyria) j'ai un peu peur de cette fin. Je trouve que tout d'un coup elle devient dure ici. Ca fait un peu double personnalité. J'espère ne pas être trop dure à son égard. Cette fin laisse-t-elle présager que les lupus vont tuer leurs prisonniers? ce serait contradictoire par rapport à ce qui a été dit avant non? Je me demande où le récit nous emmène, ici. J'ai peur pour la troupe et j'espère que cela ne se fera pas. Surtout que Kiaraan est en partie l'une des leurs !

Des bisous Gabhany ! Hâte de lire la suite !
Gabhany
Posté le 01/03/2020
Hihi c'est l'effet retraite ;) heureuse qu'il t'ait plu ! Le passage dans les arbres ne t'a pas paru trop long ?
Ah je suis RAVIE que tu me dises que la mise en place de la relation entre K et L fonctionne !! Tu ne peux pas savoir combien de nœuds au cerveau je me suis fait en l'imaginant. Je voulais que ça soit naturel, pas forcé, donc là je suis joie :)
Je suis soulagée si la révélation fonctionne :) tu imagines bien par rapport à Kiaraan, j'ai hâte de vous montrer ce que je prépare.
Et la fin … ce que tu dis à propos de Lyria est vrai, elle est un peu obligée de se montrer dure, mais c'est quelqu'un de bien, simplement, elle poursuit ses propres objectifs … =D
Merci pour tes commentaires Arabella, plein de bisous !
Joke
Posté le 29/02/2020
Et voilà je suis à jour!

Alors anecdote: j'ai fait un parcours d'accro-branche récemment avec mon chéri (ça faisait suuuuper longtemps que j'en avais plus fait) et du coup, quand tu décris les sensations de Kia et Largo dans la descente de l'arbre, j'y étais :)
Bref j'ai beaucoup aimé ce moment.

Je le sens bien ce Largo, je pense qu'il ne laisse pas Kia indifférente :)

Bon ça c'était pour le côté "léger"
Le reste maintenant...
C'est tellement triste la lettre du père, le pauvre, il pensait les protéger et ensuite les retrouver rapidement, ça m'a fait trop de peine quand il dit "vous retrouver, vous et retrouver notre avenir tous les quatre", c'est hyper poignant, et c'est tellement ça.
J'ai trouvé cette phrase magnifique et très juste.
On leur a volé toutes les années qu'ils avaient à vivre ensemble, c'est horrible.

C'est un truc que je ressens vachement, je trouve que c'est ça qui est toujours violent dans le décès d'un proche: ce qui te fait horriblement mal, c'est toutes les choses qui restaient encore à vivre ensemble, et qui n'arriveront jamais.

Bref ,un chapitre émouvant, et comme tu le vois, ton intrigue est prenante car j'ai tout lu d'affilée alors que j'avais absolument pas prévu ça!

Je me demande où tu vas nous emmener avec tout ça, mais en tout cas, les choses s'affinent de plus en plus et on a hâte de comprendre.
Gabhany
Posté le 01/03/2020
Ah parfait si le moment dans les branches t'a paru cohérent ! Mes souvenirs d'accrobranche à moi sont assez lointains XD
Oui c'est tout à fait ça, on leur a volé leurs années de vie ensemble, si tu permets je réutiliserai peut-être cette formule ;) c'est tellement ça.
Je suis super émue que tu aies tout enchaîné comme ça <3
Tac
Posté le 27/02/2020
ça se corse ! Que d'informations, pour une explication il y a une nouvelle question qui jaillit, c'est génial.
Pendant un vague instant j'ai cru que Kiaraan allait aussi etre dans une sitaution comme celle de Lexa. C'est marrant parce qu'au début de ton histoire je me suis dit "oh ça serait marrant qu'il ya des couples interclans", et finalement on n'en est pas si loin, même si la réalisation dans ton histoire n'est pas exactement ce que j'avais imaginé, mais c'est encore plus original ce que tu as conçu !
Ce que Iarn recommande à son épouse à propos de leurs enfants, à savoir qu'elles apprennent à se maîtriser, je trouve que ça rejoint un peu la philosophie des lupus à savoir, ne pas subir la Mue comme le font les Ursis. Philosophie qui est bien plus intelligente, plutôt que subir sa Mue des siècles durant sans essayer de se l'approprier un minimum. J'aime vraiment beaucoup ces lupus, mais du coup ce cliffhanger de fin de chapitre me fait peur. Je n'ai pas envie que tu me les fasses détester !
Par rapport à Lexa, j'ai envie de dire, évidemment qu'elle peut se transformer en louve, son prénom commence par un L, comme la plupart de ceux des lupus !
A quand la suite ?
Plein de bisous !
Gabhany
Posté le 01/03/2020
Alors ce n'est pas dit qu'il n'y aura pas de couples interclans XD oui Iarn a gardé la philosophie des Lupus par rapport à la Mue.
Tiens c'est drôle je n'avais pas fait attention mais tu as raison, tous les Lupus, enfin les membres de la famille de Lyria ont des prénoms commençant par L !
Quant à la suite… joker XD
Merci pour ta lecture et tes commentaires ! Bisous !
Aliceetlescrayons
Posté le 26/02/2020
Bon alors merci le papa pour la lettre qui n'explique rien du tout!! :D
Blague à part, la révélation tombe au bon moment et fait rebondir l'action. Comme Isapass, j'ai eu un petit blanc par rapport à Dézdirim, ça mériterait un chouilla de remise dans le contexte.
En matière de rythme du chapitre, je suis partagée. D'un côté, j'ai beaucoup aimé les paragraphes descriptifs pendant la descente de Kiaraan et Largo, de l'autre, j'ai trouvé qu'ils ne tombaient pas à un moment opportun. Pour être franche, je les ai lu très rapidement parce que je savais qu'il y avait des révélations importantes ensuite XD Et c'est vraiment dommage parce qu'ils valaient le coup.
Gabhany
Posté le 18/03/2020
Encore désolée Alice pour mon délai de réponse ><
Ah oui Dézdirim c'est la capitale, j'en ai parlé au tout début du roman … je ferai gaffe à répréciser un peu ce que c'est.
Je note ton avis, je savais qu'il y avait un problème de rythme de toute façon. Je me suis un peu laissé emporter par le moment XD
Merci pour tous tes commentaires <3
Makara
Posté le 25/02/2020
Coucou ma belle gabhany :p
Alors je viens de terminer ma lecture ! Bon d'abord, quel coup de théâtre ! Kiarann a du sang de Lupus ! C'est passionnant ! Je ne sais pas si je te l'avais dis précédemment mais je trouve vraiment que c'est une bonne idée le fait que des Lupus ou des Ursi puissent prendre une autre forme que la leur, c'est vraiment très intriguant et ça montre concrètement qu'ils sont très proches en terme "d'espèce".
J'ai adoré la deuxième partie, dès que Kiarann discute avec Lyria, je crois que j'aime beaucoup ce nouveau personnage et je suis très curieuse de la relation de Lyria et du père de Kiarann. Toute cette histoire autour du père m'interpelle. Je pense qu'il est toujours vivant mais il doit être emprisonné dans cette cité, sinon, il serait revenu... Quel est donc ce nouvel endroit énigmatique, Desdérim? Mmm ça me donne envie de lire la suite tout de suite !! :p

Alors, je reviens par contre sur la première partie du chapitre qui mériterait d'être retravaillée selon moi. J'ai trouvé un manque de fluidité jusqu'à l'arrivée dans la cabane de Lyria et j'avais du mal à me repérer dans l'espace (où ils étaient à la base, où ils allaient...) En fait, je me demande, si cela ne serait pas plus judicieux de faire une petite éclipse. Tu pourrais peut-être commencer directement avec Kiarann qui est forcé de suivre Largo ? Tout le passage avec Oksa ne me semble pas nécessaire et n'apporte rien au récit... (après ça reste mon ressenti, tu en fais ce que tu veux :p). Par contre, j'ai apprécié la description de la forêt et des arômes <3

Pinaillages : Quelques répétitions
Quand elle se fut un peu reprise, Kiaraan se rendit compte qu’elle n’entendait plus Largo. Elle entendait (répétition entendre)
Largo d’un geste rapide, brusque, comme pour s’empêcher de revenir en arrière. Largo fit un pas en arrière, (répétition arrière)
Elle n’avait jamais rien senti de pareil, et elle se fit la réflexion que c’était l’essence même de Nevadis qu’elle avait l’occasion de sentir. (répétition sentir)

Bon, j'arrête de te torturer les méninges :p
J'attends la suite avec impatience ! J'ai hâte de voir ce que tu nous réserves !
Gabhany
Posté le 18/03/2020
Coucou Makara ! J'ai honte car je viens de me rendre compte que j'ai zappé de vous répondre à toi, Alice et Isa ! Désolée !
Héhé je suis ravie que tu aies aimé la révélation et les découvertes autour de la Mue ;) Dézdirim c'est la capitale, je l'ai mentionné au tout début je crois. Je suis contente que Lyria te plaise, j'avoue que je m'amuse beaucoup à écrire pour elle =D
Pour la première partie je savais en le publiant qu'il y avait un problème de rythme, vos retours m'aident à y voir plus clair.
Merci pour ton commentaire Super Makara ;)
Isapass
Posté le 25/02/2020
Je commente ce chapitre parce que j'avais trop envie de le lire, mais je reviendrai commenter les deux précédents plus tard;
Quelles révélations ! C'est du lourd ! Je n'ai pas bien compris ce qu'était Desdirim, par contre. Si tu en as déjà parlé, il faudrait faire un rappel, peut-être.
En tout cas, on sait maintenant que des gens en veulent à leur famille en particulier. Ceci dit, les bizarreries ont l'air plus vastes que ça... on verra bien.
En termes de rythme, j'ai trouvé la première partie du chapitre (la descente dans les branches) un peu longue. J'ai bien compris que tu voulais montrer que Kiaraan était à l'aise, ce qui est expliqué par son hérédité, et aussi il me semble qu'il y a anguille sous roche avec le beau Largo ;) mais quand même, j'ai trouvé que ça faisait beaucoup, alors que le "vrai" rebondissement se situe dans la seconde moitié. Bon, je pinaille, c'était de toute façon très sympa à lire !
"L’exercice physique, s’il ne lui était pas familier,... de celles plus humides de champignons et d’humus." : attention, dans ce passage tu as utilisé quatre ou cinq fois "autour d'elle" ;)
"D’abord parce que, en quittant Nevadis, il a juré de ne jamais nous trahir, quel que soit l’endroit où il déciderait d’aller." : je ne comprends pas qu'est-ce qu'il aurait pu trahir ? Un secret ? Ou tu veux dire qu'il ne serait jamais devenu leur ennemi ?
"Avant de se mettre en route, il tenait à léguer à sa femme et ses enfants au cas où il lui arriverait quelque chose." : léguer quoi ? Il me semble que léguer est transitif obligatoire, il te faut donc un complément ;)
A+
Gabhany
Posté le 18/03/2020
Coucou Isa ! Désolée pour mon délai de réponse !
Héhé je suis ravie de mon petit effet ^^ Dézdirim c'est la capitale de Cildara, je pense l'avoir mentionné au tout début du roman, mais je vérifierai. En termes de bizarrerie, ce n'est pas fini en effet =D
VOus êtes unanimes à propos du souci de rythme de la première partie, je verrai comment modifier ça, en sachant que j'ai déjà fait pas mal d'élagage avant de le publier XD mais c'est vrai que c'est un peu trop long et que l'info principale du chapitre est tout à la fin.
Oui je voulais dire que Pier ne serait jamais devenu leur ennemi ni n'aurait révélé leur façon de vivre, il n'aurait pas révélé tout ce qui se passe chez les Lupus.
AH oui on lègue quelque chose en effet, merci d'avoir relevé le coquillage XD
Merci encore pour ta lecture et tes commentaires !
Renarde
Posté le 22/02/2020
Coucou Gabhany,

Magnifique chapitre !

Je l'ai trouvé particulièrement bien écrit, immersif, touchant, plein de révélations, je crois que c'est celui que je préfère depuis le début de ton histoire !

Au début, je trouvais que Kiaraan s'en sortait un peu trop bien avec les hauteurs, mais au final tout s'explique : du sang de Lupus coule dans ses veines.

Et mon hypothèse de ship Kiaraan/Largo tient de plus en plus <3
Gabhany
Posté le 24/02/2020
Coucou Renarde !
Oh merci <3 je suis heureuse que ce chapitre t'ait plu ! Hé oui, Kiaraan a du sang de Lupus dans les veines, et c'est un détail qui aura des répercussions importantes par la suite.
Quant à Kiaraan et Largo, je les laisserai montrer par eux-mêmes si ton hypothèse est bonne <3
Merci pour ta lecture et ton commentaire rapide !
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