Chapitre 15 - La grande Purge Divine (partie 1)

Notes de l’auteur : Les deux derniers chapitres étant plus longs que d'ordinaire, j'ai préféré les couper en deux pour une lecture plus agréable

La porte s’ouvrit sur une infirmière en blouse et collants blancs.

            Etel se tenait dans un coin de la cellule capitonnée, les jambes remontées contre son torse et le dos collé au mur, pour qu’on ne puisse pas voir que ses mains étaient détachées.

            L’infirmière ne le considéra même pas. Elle entra et posa le plateau sur le sol de manière lente et saccadée. Etel trouva son regard voilé, comme si elle fût morte à l’intérieur. Peut-être n’était-elle pas humaine ? Depuis la fuite de Venzio et Etel, le laboratoire avait sans doute progressivement remplacé ses employées de chair et d’os par des robots.

            Etel ne se posa pas plus longtemps la question de savoir s’il se tenait face à une vraie personne ou pas et se jeta sur elle. En une fraction de seconde, il se retrouva avec son crâne habillé de belles boucles blondes entre ses mains et lui brisa la nuque. L’infirmière tomba au sol, inerte. Etel passa la tête par l’entrebâillement de la porte mais ne vit personne. Il referma la cellule derrière lui et tourna au hasard.

            Il se fit le plus silencieux possible et rasa les murs. Cependant, impossible de se faire discret quand vous étiez affublé de vêtements de civils dans un grand complexe gouvernemental. Il lui fallait un déguisement.

            Etel croisa deux autres infirmières et se cacha juste à temps pour qu’elles ne puissent pas le voir. Il n’y avait dont pas d’infirmiers ? Cela aurait été plus simple de leur voler leurs uniformes.

            La chance finit cependant par se présenter au bout d’un couloir désert.

Il tomba sur un scientifique qui, le nez plongé dans sa tablette holographique, ne fit pas attention à l’homme qui passa près de lui et plaqua sa main sur sa bouche, passa derrière lui et lui ôta la vie à son tour. Etel lui vola sa blouse et l’enfila, avant de cacher le cadavre dans un placard à ménage. 

Si Venzio pouvait parler, il serait sans aucun doute en train de hurler et de supplier le démon de cesser sa tuerie inutile. Seulement, Etel se fichait pas mal de l’avis de Venzio. Ces salauds n’avaient que ce qu’ils méritaient. Etel les feraient sortir d’ici, peu importe le nombre de personnes qu’il lui faudrait tuer pour y parvenir.   

Il devait maintenant trouver la sortie. Le fuyard essaya de faire coïncider son environnement avec ses souvenirs, mais ne trouva aucun repère susceptible de l’orienter. Il allait devoir se débrouiller. Ses pas le conduisirent sur une large mezzanine, qui donnait directement sur l’immense hall d’entrée entièrement recouvert de larges fenêtres. Etel put ainsi constater que le jour déclinait lentement.

Des voix résonnèrent soudain à sa gauche. Trois scientifiques en blouses blanches avançaient dans sa direction, plongés dans un débat visiblement animé. Le démon devait paraitre normal. Il avançait le dos droit, le regard fixé devant lui, avec l’air de celui qui savait quoi faire et ou se rendre. Les scientifiques ne firent même attention à lui.

Etel descendit les escaliers jusqu’au rez-de-chaussée, puis s’engouffra dans un petit couloir obscur. Pas de question de sortir par la grande porte. Celle-ci était gardée par deux vigiles en costume, dont l’un était celui qui avait fait entrer Venzio dans le bâtiment.

            Etel fût soudain frappé d’une impression de déjà-vu. Il aurait reconnu ce couloir entre milles autres. Ses néons projetant une lumière crue et ses murs blafards lui hurlaient qu’il les connaissait. Le démon y vit une opportunité. Une seconde chance même. Quitte à être coincé sur un autre continent, peut-être pour toujours, autant accomplir ce qui n’a pu être fait il y a vingt ans. Il remonta le couloir et descendit un escalier.

            Deux caméras flottaient près du mur, à quelques pas d’une large porte en métal. Etel lança ses sabres sur les deux appareils avant que ceux-ci n’aient eu le temps de se tourner vers lui.

            La sécurité avait probablement déjà été alertée. Il n’avait que quelques minutes pour franchir l’épaisse porte qui le narguait de toute sa hauteur, protégée par un scan oculaire.

            Un premier vigile se présenta pile au bon moment. Il leva son arme, mais Etel fût plus rapide. Il glissa sur le sol pour faire trébucher l’homme, l’attrapa par les cheveux et lui frappa le tête contre le mur par trois fois. Le vigile, s’écroula, défiguré et probablement mort. Etel se fichait pas mal de son sort. Il prit l’un de ses sabres, et retira l’un des yeux de sa victime de son orbite, avant de le passer devant le scan. La porte s’ouvrit. Etel jeta l’œil au sol et s’engouffra dans la grande salle.

            La machine ronronnait comme il y a vingt ans. Il se dirigea vers elle. En passant, il aperçut la conduite d’aération par laquelle lui et Venzio – ou plutôt, le « garçon » – s’étaient introduits dans cette salle. Etel remarqua que la grille avait été soudée pour devenir impossible à enlever. Il s’aperçut également que le tableau de contrôle de la machine était désormais protégé par une cage électrifiée.

Etel esquissa un sourire narquois. Les mesures de sécurités avaient été renforcées. Sans doute Adler avait-il enfin compris que son ego ne suffisait pas à protéger l’Interface. Etel avisa le tableau de contrôle. Grillage ou pas, il passerait, même s’il lui fallait abimer un peu le corps de Venzio au passage. Et cette fois-ci, il détruirait cette maudite chose.

…el !

Etel envisagea d’aller récupérer l’œil du garde pour voir s’il pouvait offrir la grille.

– Etel ! Arrête !

Ce dernier soupira.

– Qu’est-ce qu’il y a, Venzio ? Même dans cette situation, tu vas trouver le moyen de me reprocher mes méthodes ?

Où est Athéna ? Pourquoi tu ne t’enfuis avec elle ? Plutôt que d’être obsédé par l’idée de détruire l’Interface ! Et cet homme… Bon sang ! Tu n’avais pas besoin de le massacrer !

– Si je ne l’avais pas massacré j’aurai dû trainer son corps jusqu’au scanner, ce qui, vu son poids, aurait pris un temps trop long. Il faut savoir mettre les mains dans la merde quand c’est nécessaire. Pour ce qui est d’Athéna, je ne sais pas où elle est et, très franchement, je n’en ai rien à foutre. Maintenant, excuse-moi, mais j’ai une vengeance à accomplir.

Etel revint en arrière et chercha l’œil du vigile. Il le trouva près du mur. Malheureusement, le choc de son lancer avait déformé l’œil. Pas sûr que le scanner accepte de le lire.

– Tout ça ne te mènera à rien. Tu es aveuglé par la vengeance ! Rends-moi mon corps et partons !

– Comme tu dis si bien : je suis dans ce corps, je décide. Tu peux toujours courir, je lâcherai pas l’affaire.

Dépité, Etel laissa retomber l’œil. Il allait devoir improviser. Peut-être qu’en…

Une douleur fulgurante s’empara de son crâne. 

Etel s’effondra à genoux. Il enserra sa tête dans ses mains, enfonçant ses ongles profondément dans sa chair jusqu’au sang. Il hurlait de douleur.

– Qu’est-ce que tu branles ?!

– Je reprends le contrôle.

Etel luttait pour garder son emprise intacte, mais se faisait sans cesse repousser par Venzio. Ce dernier ne lui laissait qu’une petite marge uniquement parce qu’il ignorait tout du moyen employé par Etel pour s’emparer d’un corps. Mais il trouverait.

Etel/Venzio se tordait de douleur sur le sol. Il était incapable de savoir qui était qui. Il était à la fois avec et sans corps, et avec et sans esprit.

Etel/Venzio se releva et marcha maladroitement vers le tableau de contrôle.

– Arrête ! On perd du temps avec ces conneries ! Je veux juste… détruire… !

Etel/Venzio retomba coup à coup au sol.

– Et moi, nous sauver !

– Nous sauver ? Et qu’est-ce que t’en sais de la manière dont on sauve quelqu’un ! C’est pas toi qui t’es sacrifié pour que l’autre vive ! Pour qu’il puisse repartir de zéro !

Etel/Venzio grattait le sol de ses ongles. Deux d’entre eux s’arrachèrent.

– Te sacrifier ? Et à quel moment ? Tu aurais parfaitement pu prendre le corps d’un autre ! Mais tu n’as rien dit !

Etel/Venzio se frappa le front contre le sol. Faisant ça, il se mordit violemment la langue.

– J’aurai buté un gosse innocent en faisant ça !

– C’est une blague ? Depuis quand la vie des autres a-t-elle de l’importance pour toi ! Tu es prêt à laisser Athéna ici !

L’ouragan s’apaisa aussi vite qu’il était venu. Venzio reposait sur le sol, reprenant son souffle du mieux qu’il le pouvait. Le marteau lui battait aux tempes et ses sens étaient encore engourdis.

Peut-être que je me soucis plus des autres que tu ne le penses.

– Qu’est-ce que…

Tu te souviens de ce que tu m’as demandé il y a des années ? Si j’étais comme ça parce que j’avais peur. Et bien oui. J’ai la trouille, même. La trouille de voir mourir la seule personne pour qui j’ai jamais compté ! La seule personne qui a essayé de me sauver ! C’est pour ça que j’ai aucune pitié envers les autres. J’ai juré que je t’aiderai toujours, même si je dois raser le monde entier pour ça. Et à l’heure actuelle, tout raser signifie détruire cette putain d’Interface qui nous a pourri la vie ! Si on la laisse, ça n’en finira jamais.

Venzio observa la machine et ses nombreux voyants qui clignotaient. Il mesurait la portée des paroles d’Etel. Il avait raison. En détruisant cette machine, ils pouvaient anéantir Concordium toute entière. Ils pouvaient mettre fin à des siècles de guerre. Il réalisa soudain qu’il ignorait tous des origines de cette rivalité. Les deux nations étaient ennemies, mais pourquoi ? Elles étaient si différentes. En quoi détruire l’une pouvait être bénéfique à l’autre ?

– Pourquoi se battent-ils ? murmura Venzio pour lui-même.

            – Voilà une excellente question, jeune homme !

            Venzio se redressa sur les coudes pour faire face au directeur Ross.

            – Ha là là… J’ai comme une impression de déjà-vu. Pas toi ? C’est fou comme cela ne me rajeunit pas.

            Adler s’assit sur l’un des gros tuyaux qui sortait de la machine. Il regarda Venzio et soupira.

            – Je ne sais pas quoi penser de vous deux. J’aurai cru que la première fois vous aurez servie de leçon. Et aussi que vous sachiez ce pourquoi vous vous battez réellement ! (Il fit une moue avec ses lèvres) Tant d’ignorance me chagrine. Il est de mon devoir d’y remédier.

            – Dites plutôt que vous aimez vous écouter parler, répliqua Venzio.

            Adler eut un rire moqueur.

            – Ha, Venzio ! J’ai hâte de te tuer une fois tes secrets volés.

 

*

 

            – Je dois reconnaitre… que vous vous êtes bien jouée de moi très chère.

            Virgil regardait la jeune femme avec un sourire crispé. Ou plutôt, il regardait la manchette de métal qui ornait son avant-bras. L’épée levée mais les jambes tournées vers la direction opposée à Carminia, il semblait hésiter entre la fuite ou la confrontation.

            – Ainsi dont, le voleur de magie n’était autre que Sergio. J’ai toujours trouvé que votre serviteur était louche. Le renvoyer aurait surement été une de mes premières bonnes actions de roi.

            – Bonnes actions ? ricana Carminia. Dites plutôt que vous vouliez me faire surveiller par vos propres domestiques.

            Elle remarqua l’air peu amène du roi et sourit à son tour :

            – Et bien, Virgil ? Avez-vous peur de m’affronter ? Moi, une simple femme ?

            Blessé dans son orgueil, le roi réagit de manière prévisible. Il adopta une posture de combat. Le bracelet de la jeune femme s’illumina. Il fit adopter à l’énergie verte la forme d’une lame. Elle aurait pu écraser Virgil facilement, mais elle mourrait d’envie de le battre à son propre jeu. Sans doute cet élan de prétention la perdrait-il, mais au moins aurait-elle lutté jusqu’au bout contre son oppresseur. 

            Le visage de Virgil se fendit d’un sourire moqueur.

            – Vous n’êtes pas sérieuse ? Pensez-vous vraiment pouvoir me battre à l’escrime ?

            La jeune femme ne répondit pas.

            Virgil s’élança.

            Le fer rencontra l’énergie, produisant un bruit l’électricité statique et de légers flashs de lumière verte. Virgil ne donnait que de faibles coups, testant d’abord la résistance de son adversaire. Il dût reconnaitre qu’elle se défendait bien, parant chacune de ses attaques avec souplesse. Aurait-elle pris quelques cours en cachette ?

            Au bout de plusieurs minutes de ce manège interminable, Virgil décida qu’il était temps de prouver sa supériorité. Il enchainait les coups, visant les nombreuses ouvertures que laissait Carminia. Il la toucha de nombreuses fois, mais sans pour autant la blesser mortellement, afin de faire durer le plaisir. Les vêtements blancs de la jeune femme se teintèrent progressivement de rouge à mesure que les entailles plus ou moins profondes se multipliaient sur son corps. Son souffle se faisait de plus en plus court et sa défense de plus en plus hasardeuse.

            Virgil ne s’arrêta pas au harcèlement physique.

– Vous êtes tombée bien bas Carminia, pour avoir ouvert les portes de notre palais à ces… misérables ! Vous êtes donc si avide à l’idée d’être reine que vous en venez à collaborer avec ces gredins ? Mais que croyez-vous qu’il va se passer ? Qu’ils vont faire de vous leur reine ? Vous êtes d’une naïveté ! Ils vont vous couper la tête, ma chère, comme les autres !

– Je croyais que vous pensiez leur réussite impossible ?

Elle leva le bras pour parer une attaque, mais au dernier moment, le duc fit un mouvement sur la gauche et la toucha à son épaule déjà blessée. Carminia grimaça.

– D’autant que vous vous trompez mon cher. Je ne souhaite plus être reine ! Je veux vivre ma vie comme je l’entends ! Loin des règles, de l’hypocrisie, et de la magie ! Et si pour cela je dois les aider à couper des têtes, ou tout autre membre, je le ferai sans hésiter !

            Cette tirade sembla redonner de l’élan à la jeune femme. Elle évita les attaques de son adversaire, et parvint même à le toucher à la joue. Une profonde balafre fumante marqua la peau du roi, tandis qu’il hurlait de douleur.

            – GARCE !

            Ses yeux n’étaient plus que deux miroirs de haine profonde. Il se jeta de nouveau sur la reine, mais aveuglé par la rage dans son état le plus pur, il enchaînait les coups sans vraiment réfléchir. Carminia ne put cependant pas lutter très longtemps. Il la harcelait de coups rapides et puissants, si bien qu’au final, la jeune femme se retrouva à terre, une blessure lui ouvrant tout le côté gauche du flan.

            Gémissant et pleurant, elle enfonça ses doigts dans le pavé et le racla, s’arrachant plusieurs ongles au passage. Virgil s’approcha d’elle avec un sourire triomphant.

            – Vous avez toujours été stupide, Carminia. Mais je ne pensais pas que c’était au point de vous laisser tuer aussi facilement.

            Il posa sa lame contre la gorge de la reine.

            – Je vais vous envoyer en Enfer, là où les Dieux se chargeront de vous juger.

            Carminia réfléchissait à un moyen de s’échapper, mais la lame était si serrée contre sa gorge que le moindre mouvement risquerait de la décapiter.

            Soudain, son visage se retrouva éclaboussé de sang chaud, tandis qu’elle reculait, surprise de voir une lame sortir du torse de Virgil. Celui-ci ouvrit de grands yeux ronds vers l’épée qui le transperçait. Il hoqueta et un flot de liquide vital s’échappa de sa bouche. La pression sur la gorge de Carminia diminua, puis l’arme du roi tomba à terre dans un bruit de ferraille.

            Finalement, Virgil lui-même s’écroula, l’arme qui lui avait ôté la vie toujours fichée dans sa poitrine. Ses yeux morts encore remplis de haine ne lâchèrent pas Carminia, qui détourna la tête, écœurée.

            Son regard rencontra une silhouette de femme aux mains rougies par le sang du roi. Ses cheveux blonds et sales lui collaient au visage, mais ne masquaient en rien la couleur de ses yeux.

Bleus comme l’océan.

            Ils se fixèrent sur Carminia.

            – Il avait raison, tu sais. Ton attitude était stupide. Tu aurais pu y rester. Ne refais jamais ça !

            La reine se jeta au cou d’Elsa. Cette dernière en oublia instantanément toute colère et serra son amante dans ses bras. Les deux femmes s’étreignirent en versant des larmes de joie. Carminia recula et prit le visage de la femme qu’elle aimait entre ses mains, avant de déposer un baiser passionné sur ses lèvres.

            Elles se séparèrent finalement, mais restèrent dans les bras l’une de l’autre. La reine regarda son amante, puis avisa le cadavre du roi et le palais, qui se découpait loin derrière elle.

            – Partons, dit-elle.

            – Où veux-tu que nous allions ? La ville est sous un dôme, on peut s’éloigner de cette rue mais on finira par retomber sur quelqu’un.

            Carminia secoua vivement la tête.

            – Non. Partons d’ici. Il y a des tunnels sous la ville, qui servent en cas de fuite de la famille royale, ils nous mèneront dehors ! Puis quittons Pont-Rouge sans nous retourner, mais aussi Aquilion ! Laissons cette vie derrière nous ! Soyons libre !

            Elsa écarquilla les yeux.

            – Tu veux… fuir ? Mais pourquoi ?

            – Mais parce que rien ne nous retient ici ! Si les nobles gagnent, ils vont nous pourchasser et nous tuer, quelle que soit la distance entre eux et nous ! Et si les rebelles viennent à vaincre, jamais nous ne pourrons nous intégrer. A leurs yeux, nous serons toujours des Magisnias, peu importe ce que nous ferons pour prouver notre confiance.

            » Nous n’avons plus notre place ici. Notre temps est révolu. Et pour ce qui est de ta famille, je suis désolée, mais ils sont probablement morts à l’heure qu’il est.

            Aucune tristesse ne passa dans les yeux d’Elsa. La jeune fille n’avait jamais vraiment été proche de ses parents. Ils restaient des étrangers pour elle. Finalement, elle hocha la tête.

            Les deux femmes s’embrassèrent à nouveau, puis coururent vers leur avenir sans jamais se retourner.

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