Chapitre 15

Par Flammy

Une semaine après la mort du Kaiken traître, je termine un entraînement avec Érika au niveau 0, cernée par les misturs. Le contrôle de la mistergie est toujours un peu compliqué, mais je progresse plus vite qu’avec Nick. Bon, je récolte plus de beignes aussi, mais c’est qu’un détail. Je me frotte les côtes, sans parvenir à retenir une grimace. Là, je crois qu’elle y a été un peu fort et qu’elle m’en a fêlée une. Va falloir s’arrêter pour aujourd’hui. Érika secoue la tête, agacée par le contretemps.

 

— Je ne te pensais pas si fragile.

 

Je relève pas. Je sais que les reproches sont surtout dirigés contre elle. Elle est censée m’aider à progresser, pas m’handicaper. Je souffle un peu avant de repartir. Le retour à l’appartement s'annonce folklo là. Érika s’assoit à mes côtés, sur des décombres. La connaissant, elle ne dira rien, mais elle me suivra de loin pour être certaine que je rencontre aucun problème d’ici à chez moi. On ne croirait pas, mais elle est pas mal mère poule dans le fond. Bon, faut juste creuser assez pour s’en rendre compte.

 

Je profite du silence pour poser les questions qui me trottent en tête depuis pas mal de temps.

 

— Érika, dans toutes les modifications provoquées par l’utilisation de la mistergie, est-ce qu’il y en a encore dont personne ne m'a parlé ?

 

Elle me scrute du regard, songeuse. Je pense que n’importe quel autre Tanto l'aurait interrogée, il se serait prix une correction, mais elle a appris à se méfier de moi et des prouesses dont je ne suis pas censée être capable.

 

— Qu’est-ce qui t’arrive cette fois-ci ?

— Je… Depuis quelque temps, l’eau a un goût bizarre. Je…

 

Au début, j’ai juste cru que Lumi préparait mal ses cocktails. Mais lui ne sent rien. Et vu que c’est de plus en plus prononcé…

 

— On dirait un goût de sang.

 

Érika me fixe sans rien répondre. Elle se détourne un moment et pianote sur sa montre. Est-ce pour prévenir quelqu’un ? Chercher des infos ? Je sais pas. Quand elle revient, elle secoue la tête.

 

— Ce n’est pas normal. Si cela continue, nous t’organiserons une rencontre avec un médecin.

 

Rha. Toujours la même solution. C’est si compliqué d’admettre que je ne suis pas malade ? Qu’il y a juste un nouveau truc bizarre avec moi ? Pour le moment, cela reste supportable, mais j’espère que le goût ne s’intensifiera pas plus, sinon, je ne sais pas comment je vais faire.

 

Érika m’adresse un signe de la main pour m’indiquer que je peux partir, que l’entraînement est bien fini, mais je n’esquisse pas le moindre mouvement. Elle fronce les sourcils, consciente que je n’en ai pas terminé avec mes questions. Ça l’emmerde, mais le fait qu’elle me chasse pas me prouve que je peux continuer.

 

— Dis, on est d’accord, même si les Kaikens sont pas au courant, les Lames de Sang œuvrent en réalité pour protéger Néo-Knossos dans l’ombre ?

 

Érika ne prend pas la peine de répondre, tellement c'est évident. Elle me coule quand même un regard de travers, m’invitant à poursuivre. Elle a bien compris que c’est que le début. On apprend aux novices à ne pas poser de questions, mais la règle est plus laxiste avec les Tantos. J’ai bien capté que je ne devais pas aborder certains sujets, mais celui-là semble ok.

 

— Jusqu’à maintenant, j’ai vu pas mal de trucs qui aidaient la ville. Jamais de manière légale et souvent de façon détournée, mais on s’en fiche. Mais du coup, je comprends pas… Pourquoi, quand j’étais petite, vous avez attaqué un entrepôt de culture ? S’il avait été abîmé, ça aurait provoqué une famine.

 

Cette idée me travaille depuis un moment. Érika se tourne vers moi pour me dévisager, une expression sombre sur le visage. Elle hésite à me répondre. Est-ce qu’elle me juge indigne de savoir ? Après un interminable silence, elle se détourne et fixe les misturs devant elle.

 

— Ce n’était pas nous.

— Mais…

— Tu l’as dit toi même. Cela aurait été contre-productif au possible. Nous avons enquêté. Nous pensions à une intervention d’une branche écologiste radicale, mais il ne s’agissait pas de cela non plus.

— Le bâtiment était juste âgé ?

 

Érika secoue la tête.

 

— Il était renforcé à la mistergie. Même si je l’attaquais moi-même, j’aurai du mal à provoquer une seule fissure. Alors briser les verrières…

 

Je ne sais pas quoi ajouter de plus, mais je me sens profondément mal à l’aise. Même si j’étais présent sur les lieux de l’incident, je ne m’en suis jamais inquiété, persuadée qu’il y avait une explication logique derrière. Je comprenais pas pourquoi les adultes s’affolaient autant, alors qu’il s’agissait juste d’un coup d'éclat des Lames de Sang, pas plus incohérent que les autres. Mais apprendre qu’en réalité, personne sait d’où ça venait… Avec des années de retard, l’angoisse me saisit à la gorge. À moins que ça ne soit la Corruption.

 

La discussion s’arrête là. Je prends plus de temps que d’habitude pour rentrer chez moi, les murmures des brumes tentant d’apaiser la douleur sans vraiment y parvenir. Heureusement, Lumi est présent, j’ai pas besoin de ressortir pour courir après une purification. Je me laisse tomber dans le canapé à ses côtés et il se met au travail sans poser de questions. Il a compris que j’étais pas d’humeur. Parfois, il est moins con qu’il en a l’air.

 

Qu’est-ce que je me sens claquée.

 

Lumi prend les choses en main. Il s’occupe de faire réchauffer le repas du soir et de me servir une assiette. Je le sens qui taupine, qu’il crève d’envie de parler et de me raconter quelque chose, mais il respecte mon besoin de calme. J’ai beau être morte, il semble tellement sur le point d’exploser que je finis par lui demander :

 

— Qu’est-ce qu’il y a ?

 

Il sursaute. Je crois que je lui ai fait peur et qu’il pense que c’est un reproche. Je secoue la tête et tente d’afficher une expression plus douce. Il me fixe avec des yeux ronds. Ok. Ça fait plaisir. J’ai à peine froncé les sourcils qu’il se reprend et se rend compte de sa gaffe.

 

— Je… Je voulais juste te remercier pour ton intervention de l’autre jour auprès des Palladiums.

— Ils t’ont encore emmerdé ?

 

Il se fige une fraction de seconde, presque surpris que je m’inquiète pour lui.

 

— Oui, mais… moins que d’habitude. Et je doute qu’ils se comportent de manière plus… respectueuse avec moi. Nos relations sont devenues neutres, c’est déjà beaucoup plus que ce que je pouvais espérer avant.

 

Je hoche la tête.

 

— Tu veux que… je discute encore un peu avec eux ?

 

Lumi comprend comment je compte parlementer. Il sourit avec tristesse et secoue la tête, projetant sa mèche blonde sur le côté.

 

— Cela envenimerait la situation. Nous ne pouvons guère escompter que ces… rustres traitent un jour correctement les clones. Ils les méprisent, tout en ayant conscience qu’ils ont tous au moins un clone dans leurs ascendants proches… Les Palladiums auraient disparu depuis longtemps sans les clones, mais… nous sommes quand même considérés comme des sous-êtres. Particulièrement moi.

 

Je termine mon plat sans un mot. Et dire qu’un peu plus tôt, Lumi paraissait excité et content, j’ai plombé l’ambiance en un temps record. La prochaine fois, j’éviterai de poser des questions. Putain, je sais toujours pas comment on fait pour réconforter des gens moi. Sérieusement, à qui je pourrai demander pour apprendre ça ? Du bout de la fourchette, Lumi maltraite sa nourriture sans plus manger.

 

— C’est toute l’ironie de la chose… Les habitants de Néo-Knossos considèrent tous Yseult comme un héros, le fondateur de la ville. Les Palladiums le jugent comme un fou dangereux qui s’est permis d’oublier l’éthique pour s’adonner à l’expérimentation humaine. Ils… Ils ont peur que je finisse par me livrer aux mêmes horreurs…

— C’est complètement con.

 

Lumi m’adresse un pauvre sourire. Lui-même n’y croit pas. J’aimerais juste le secouer et lui dire d’ignorer ou de tabasser ceux qui l’emmerdent, mais c’est pas son style.

 

— Yseult devait pas être à ce point un enfoiré, la fin justifie les moyens.

— Pas pour les Palladiums. D’après les archives… les premiers tests qu’il a menés étaient… inhumains. Ce n’est pas sans raison si personne n’a poursuivi ses recherches. Son Tandem en particulier a beaucoup souffert…

 

Je me fige. Son Tandem, Yvanna, la fondatrice des Lames de Sang. Face aux vieux Palladiums, j’y avais pas fait gaffe, trop énervée pour m’y attarder. Mais là…

 

La conversation que j’ai eue avec l’écolo John me revient brutalement en tête. J’ai perdu mon calme sur le moment, mais je ne parviens pas à me départir d’un profond sentiment de malaise. Y a un truc qui cloche avec Yvanna. Est-ce qu’elle a vraiment aussi créé les écolos ? Si elle tenait tant que ça à libérer les Yokais, pourquoi fonder aussi les Lames de Sang ? Pourquoi se suicider avant d’y arriver ? Surtout qu’une immolation, c’est pas rien ! C’est presque… presque comme si elle avait tout fait pour qu’on puisse pas la cloner… C’était pour détruire toutes les traces des recherches d’Yseult ? Mais à ce moment-là, pourquoi ne pas juste tuer Yseult ? Et pourquoi créer les Lames de Sang, qui reposent sur ses travaux ?

 

Y a beaucoup trop de questions d’un coup. « Toujours obéir aux ordres, ne jamais poser de questions. » Jusqu’à maintenant, j’avais toujours réussi à m’y tenir, en évitant de trop penser aux sujets qui fâchent. Mais là, ça va trop loin. J’ai l’impression que tout Néo-Knossos s’efforce de me mettre ça sous le nez. Les Nodachis veulent tester ma capacité à respecter ces mantras coûte que coûte ?

 

C’est pas la première fois que je me sens comme un outil pour mes supérieurs. Mais là… Là il y a autre chose. Une incohérence dans la construction même de Néo-Knossos. Lumi me secoue le bras, de plus en plus inquiet.

 

— Je… Je vais te raconter un truc. Ça te plaira pas. Selon les écolos, Yvanna était pas qu’une Lame de Sang.

 

Je baisse les yeux, incertaine. Érika n’avait pas l’air surprise des paroles de John. Elle semblait au courant. Tout ce qu’on m’a caché et qu’on m’explique au dernier moment, quand c’est trop tard… Notre cérémonie du Lien avec Lumi qui s’est tout sauf passée normalement, le fait qu’Érika me traite à part des autres Tantos…

 

Au début, je pensais que c’était un privilège de vivre en hauteur, dans cet appart. Avec le temps, j’ai fini par remarquer que mes supérieurs étaient toujours tendus quand je m’approchais des bases souterraines. Surtout la trois. Pourquoi ? J’en ai marre de ne pas savoir, qu’on me cache des choses. Là, ça va trop loin.

 

Je redresse les yeux et fixe Lumi. Il attend, confiant. Si je commence à lui dire que je veux enquêter sur les Lames de Sang, il va me soutenir, c'est évident. Lui, il cherche ce qui est arrivé à Lilian, c’est pour ça qu’il est devenu Tandem. Depuis qu’il a appris que c’est moi qui aie volé la lettre, il sait que la disparition de Lilian est liée aux Lames de Sang. Jamais il m’aurait demandé de trahir, se doutant qu’il serait passé par la fenêtre en un temps record. Mais si c’est moi qui propose…

 

Je vais le foutre dans des emmerdes pas possibles.

 

Mais en même temps… Est-ce que je peux encore rester dans l’inconnu ?

 

Pour la première fois depuis des années, j’ai l’impression d’entendre des notes de piano s’élever au loin. Un poids s’enlève de mes épaules.

 

C'est le moment de prendre ma vie en main.

 

~0~

 

Tandis que je descends de plus en plus bas dans la ville, les pièces du puzzle s’agencent petit à petit en place dans ma tête. J’ai aucune idée de ce à quoi ressemblera l’image finale, mais ça met en évidence les informations qu’on nous cache, les trucs louches. Déjà… Comment un simple écolo peut connaître la fondatrice des Lames de Sang et la première exterminatrice de Yokai ? Il a parlé de protéger les brumes et les Yokais. Même si ça m’a mis en rage… Quand j’avais bu, je m’en souviens mal, mais il me semble que les brumes m’avaient chuchoté quelque chose de similaire.

 

Et puis… J’aurais dû rester vivre dans une base, au moins jusqu’au grade de Tachi. Lumi aurait dû choisir sa Lame de Sang. Nous aurions dû être conscients pendant la cérémonie du Lien. Les autres Tantos en Tandem m’ont tous relaté leur cérémonie dans les moindres détails, toutes les étapes devant une stèle étrange, autant crainte que révérée par les Nodachis.

 

Pourquoi tant de différences pour Lumi et moi ? Pourquoi on a jamais pu voir cette foutue pierre ? Et pourquoi on m’en laisse la plus éloignée possible ? Y a un truc. On a hésité plusieurs jours avec Lumi, mais on a décidé de tirer ça au clair. Poser des questions frontalement, ça marchera jamais. Mais peut-être qu’en fouinant un peu…

 

Après tout, on ne m’a jamais dit que j’avais pas le droit d’aller aux bases terrestres des Lames de Sang, non ? On m’a juste incité à aller voir ailleurs.

 

C’est le moment de transgresser les règles. Lumi pouvait pas venir avec moi. Lui a clairement pas l'autorisation sauf situation exceptionnelle et, de toute façon, il aurait été qu’un poids mort pour moi. Mais grâce à un micro et à une caméra miniature, c’est comme s’il restait à mes côtés. J’ai ses commentaires à l’oreille. Vu ses exclamations et les cris qu’il ne peut pas retenir, il se promènera jamais en ville avec moi. Il n’arrête pas de me hurler de ne pas prendre de risque alors que j'emprunte un chemin paisible au milieu des hukas.

 

Au bout de plusieurs heures de désescalades où Lumi me détruit les tympans, je parviens enfin au niveau du sol. Lumi ne peut pas s’empêcher de tout commenter, la mistur plus compacte, la propreté des décombres, les quelques ruines. Je suis obligée de lui chuchoter d’un ton sec de se calmer. Il manquerait plus que quelqu’un l’entende.

 

Je cherche un moment le temps de trouver la plaque qui sert de serrure au repaire. Je finis par la dénicher par hasard, alors que je sais où se situe la porte. Ça commence bien.

 

Je pénètre à l’intérieur en essayant au maximum de donner l’impression que j’ai le droit d’être là. Les couloirs souterrains ressemblent à ceux de n’importe quelle autre base des Lames de Sang. Au début, je ne croise personne, même si, rapidement, cela m’inquiète. Si ça se trouve, on a oublié de me le dire mais ce repaire est interdit hors cérémonie. Si personne ne m’a prévenu, c’est pas de ma faute, non ? Je repense à la fois où j’ai osé poser une question à Érika sur son Tandem. Si je suis surprise là, je vais me faire défoncer.

 

Je ne suis pas venue depuis plus d’un an, mais je retrouve le chemin que j’avais parcouru pour sortir. Je rejoins la pièce où je m’étais réveillée, en compagnie d’Érika et de Lumi. J’ai toujours croisé personne. Certes, c’est le matin, en général la période la moins active de la journée, mais je ne peux pas m’empêcher de trouver ça bizarre. Il ne devrait pas y avoir au moins une personne pour surveiller l’entrée ?

 

J’hésite à présent sur la marche à suivre. J’aimerais examiner ces fameuses stèles qu’on a pas eu le droit de découvrir avec Lumi, mais je sais pas trop par où aller. Ça a l’air d’être un secret bien protégé. Vu la logique des Lames de Sang, ça doit être caché en profondeur. Je continue donc mon chemin en essayant à chaque fois de choisir les bifurcations qui me permettent de m’enfoncer le plus possible.

 

Après une demi-heure de marche dans un silence plus qu’oppressant, la température diminue progressivement. Les plaques métalliques laissent place à de la simple peinture sur les murs, puis à de la pierre nue. Le passage ressemble de plus en plus à un boyau creusé dans la roche. Bon. Clairement, j’ai pas le droit d’être ici, je pourrai pas jouer les innocents. Il n’y a aucune porte fermée, aucun panneau, mais tout dans ce couloir rustique crie qu’il ne faut pas l’emprunter à la légère. Je commence à courir. Quitte à être dans l’illégalité, autant le rester le moins longtemps possible.

 

Je finis par déboucher sur une immense pièce en étoile, avec une dizaine de galeries qui filent dans toutes les directions. Ça ne ressemble plus du tout à une construction à l’arrache, mais à une magnifique nef, comme dans les églises dans les livres anciens. J’avance lentement, l’écho de mes pas résonnant à l’infini. Le plafond est tellement haut… Je peux distinguer de délicates peintures et des symboles étranges. C’est perturbant de pouvoir détailler quelque chose de si loin sans être gêné par les brumes. Même Lumi trouve rien à dire. Je prends une direction au hasard.

 

J’arrive jusqu’à une autre salle, tout aussi majestueuse, mais plus petite. Une dalle de pierre gigantesque trône là. Elle semble presque scintiller dans l’obscurité. Je reste bouche bée, impressionnée par la taille du machin et par les dessins gravés qui la recouvrent.

 

« Ce… Je ne crois pas qu’il s’agit d’une langue morte, mais je pense avoir déjà vu ces symboles quelque part. Il faudrait que je fasse des recherches. »

 

Je hoche la tête même si Lumi ne peut pas le voir et je continue mon exploration. Je préfère ne pas rester proche de la stèle. Je saurais pas l’expliquer, mais j’ai autant envie de la toucher que de fuir en courant, persuadée que ma vie est en danger. Le monument crée en moi des sentiments contradictoires et me met mal à l’aise. Si je reste trop près, je vais finir par avoir la nausée.

 

Je trouve plusieurs salles du même type. C’est ici qu’ont eu lieu les cérémonies du Lien des autres Tantos, je les reconnais aux descriptions que j’ai eues. Pourquoi j’ai pas eu le droit de venir ? Je croise quelques couloirs dont les entrées sont écroulées. Je comprends pas trop pourquoi mais je continue de m’enfoncer, jusqu’à une cavité plus grande encore que la première.

 

Là, pas de stèle. Juste des décombres luisant qui gisent au sol et cinq machines, disposées en pentagone tout autour des restes. Je m’approche des étranges capsules. J’ai aucune putain d’idée de ce que ça peut être. Une vitre me permet de jeter un coup d’œil à l’intérieur. Un adolescent blond est endormi dedans, rachitique. Un Palladium. Son sommeil est perturbé, comme s’il cauchemardait.

 

« Regarde les autres ! me presse Lumi. »

 

Je sens autant de terreur que d’espoir dans sa voix. Je regarde le deuxième, puis le troisième.

 

« C’est Lilian ! Je savais qu’il n’était pas mort. Il… Il était là depuis le début… »

 

J’entends Lumi qui commence à pleurer dans son appartement, tout en haut de la ville. Qu’est-ce que je fais maintenant ? J’essaie de tirer Lilian de là et de le remonter ? Il a l’air tellement faible, je risque surtout de le tuer…

 

Derrière moi, le chuintement d’une épée qu’on sort de son fourreau.

 

— Tu aurais mieux fait de ne pas venir ici Ari.

 

Dans mon dos, la voix d’Érika est dénuée de toute émotion.

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