Chapitre 15

Par Cerise

L’impression de passer ce dimanche dans l’œil du cyclone ne la quitta pas de la journée. Quelle que soit la direction dans laquelle elle regardait, elle ne devinait que des ennuis se profiler à l’horizon. Même Esté lui fit comprendre qu’il ne lui avait qu’à moitié pardonné lorsqu’il refusa de passer chez elle. « Dans la semaine, on verra... », avait-il répondu évasivement.

Elle se concentrait sur ses recherches, qui avançaient trop lentement. Elle hésita à acheter un nouvel ouvrage sur les chimères, réputé pour être le plus exhaustif, le plus abouti et le plus à jour sur l’entièreté des sous-espèces connues, mais y renonça. Elle s’était fait piéger par le passé par ces chants de sirènes, et elle savait d’expérience que dans ce domaine, au plus le résumé s’ornait de superlatifs pompeux, au plus les quelque 500 et quelques pages sonneraient creux. La vraie méthode pour accroître ses connaissances, la seule, l’unique, restait celle des doigts en compote et des yeux qui pleurent : parcourir encore et encore les forums, les sites obscurs, tenus et alimentés par ceux-là mêmes qu’elle cherchait à percer à jour.

Elle y tua sa journée, chassant momentanément sa grosse bévue ricanant sur son épaule en s'activant. Et pourtant, plus elle progressait, et plus elle devait se rendre à l’évidence : Gwen avait certainement raison, le djinn n’en était pas un. Nulle part n’était fait mention d’une force surhumaine chez les membres de cette sous-espèce. Et puis, plus elle creusait, plus ressortait qu’un djinn développait généralement une inclination marquée à soit répandre de bonnes actions autour de lui, soit au contraire se laisser aller à la pire des malveillances. Effarée, elle était entrée par hasard dans un réseau de pseudo-psychologues guérisseurs promettant aux djinns se sentant glisser vers le côté obscur de la force de contrer définitivement ce penchant contre des sommes exorbitantes. Or, si sweat à capuche s’avérait bien le meurtrier de Cadaral, et qu’il était un djinn, il ne pouvait qu’être un Sith. Alors, comment dans ce cas expliquer son empressement à s’excuser après ses mauvais traitements ? Pourquoi ne pas se débarrasser d’elle mais se contenter d’une mise en garde ratée ? Cela ne collait pas avec ce qu’elle lisait.

Elle pinaillait sans doute, mais ces détails ne la lâchaient pas. Elle ne parvenait cependant pas à comprendre quelle autre sous-espèce pouvait à ce point détenir les mêmes capacités que les djinns sans en être. Lasse, elle abandonna sa tablette pour fouiner dans son frigo tout en guettant l’heure. À la pensée du menu du soir chez les chimères, elle laissa de côté le pot de rillettes entamé pour se tourner vers un reste de taboulé en barquette. Même pas besoin d’assiette : c’était parfait !

Ce fut là la première émission qui, vraiment, la déçut. Elle suivait les commentaires sur les applis officielles et officieuses, et les récriminations pleuvaient plus drues que les giboulées de mars. Mais à quoi s’attendaient-ils ? Cela faisait une semaine que le suspense montait à propos du repas de la goule, que chacun spéculait sur si oui ou non de la chair humaine se retrouverait sur la table de la Villa, tandis que les teasers cryptiques, mais aguicheurs laissaient penser que l’émission allait basculer dans le franchement gore. Au lieu de cela, on leur servit du singe.

« Une race spéciale, proche du macaque, traditionnellement consommé en plat de fête en Chine ! », se justifia la prod, tentant de se raccrocher aux branches. Ils n’auraient pu choisir pire solution : les deux clans s’opposant depuis le début de la semaine, les pour et les contre, s’unirent : ceux qui se sentirent floués, et ceux qui se récrièrent contre le sort de la pauvre bête. Mila ne regretta pas ses rillettes.

En fin de compte, l’ersatz d’homo sapiens, amené déjà dépecé à la Villa, repartit intact plus tôt que prévue. Plus ou moins secoués, les candidats se rabattirent sur des chips, tandis que Mila un peu nauséeuse abandonna son écran allumé avant la fin de l’émission.

Elle se brossait les dents avant de se coucher lorsque la grosse bévue revint lui susurrer à l’oreille « Tic tac ! Le week-end est passé ! Demain tu devras lui dire, et tu n’as toujours rien préparé... » Elle ne s’endormit que tardivement, d’un sommeil agité, pour rêver d’une table immense sur laquelle dansaient des chimpanzés buvant un liquide rouge sombre dans des verres étincelants.


 

Les singes tournaient de plus en plus vite. Leurs verres s’entrechoquaient, le liquide rouge sombre — du vin, se répétait-elle, alors qu’elle savait bien que ce n’en était pas — se répandait sur la nappe. Le cristal explosait, mais les primates n’en avaient cure, d’autres verres apparaissaient dans leurs mains anthropoïdes, verres qu’ils jetaient à nouveau dans un fracas sonore, encore, et encore, et encore…

Mila émergea brusquement au son de son téléphone. Une petite boule dure se forma dans sa trachée. En temps normal, elle n’aimait pas les lundis, surtout ceux où elle devait travailler au bureau. Or celui devant elle menaçait de s’achever en fiasco.

Elle résista à l’envie de snoozer, se leva à contrecœur, et enclencha le pilote automatique jusqu’au décollage de son appartement.

Le premier missile la percuta plus tôt que prévu, tandis qu’elle se dirigeait vers la machine à café en début d’après-midi. Un petit attroupement se formait, pingouins s’agglutinant les uns aux autres, exposants leurs dos pour protéger leurs écrans du monde extérieur tout en échangeant des jacasseries. Intriguée, elle amorça une approche, mais une tête se redressa au-dessus des autres et lui adressa un sourire qui lui glaça la nuque. Tiago, le bellâtre de Clémentine :

– Hé, Miss Scoop, tu prends ta retraite ? Ou bien tu t’organises discrétos un transfert chez TDM28 ?

Dès les premiers mots, les autres visages s’étaient tournés vers elle. Elle ne savait pas de quoi parlait Tiago, mais elle avait peur d’en deviner la teneur. À la droite du lance-missile, on largua :

– Clémentine va être teeeeeellement déçue que tu te vendes à la concurrence ! Avoue, combien ils t’ont payé ?

Mila releva la tête haut au-dessus du nid persifleur, et coupa :

– On n’achète pas ma loyauté. Surtout pas pour ces ragoteurs de TDM28.

Elle engloba du regard la demi-douzaine de visages. Certaines ne semblaient pas trop hostiles, Héloïse notamment. Elle pourrait toujours revenir la voir pour des explications. Pour l’instant, partir, vite.

Elle glissa son badge sur la machine à café, se retenant de ne pas tambouriner dessus dans l’espoir de faire tomber son jus plus rapidement. Elle sentait sur sa nuque les regards, tandis que les chuchotements, trop étouffés pour être distincts, reprenaient. Tentant de conserver un air à la fois détaché et professionnel, elle se saisit enfin de son gobelet en bambou recyclé et lança à la cantonade :

– Qu’est-ce que vous faites encore là ? Les scoops, ça ne se fabrique pas tout seul ! Au boulot les mecs !

Et s’éclipsa.

Elle parvint à garder la tête haute pour passer la porte de la salle de pause. Ensuite, ses pas s’accélérèrent jusqu’à son bureau, où elle déposa à la va-vite son café tandis que de nouveaux regards curieux émergeaient au-dessus des cloisons séparatrices. Sans leur prêter attention, elle déverrouilla son poste, et lança internet. Un mot clef suffit : « chimeraffairs » pour qu’elle comprenne aux titres des premiers articles qu’Amalia avait tout dit. Elle cliqua sur le plus proche de son pointeur et lu la première phrase : « Le suspens prend fin ce jour ! Après à peine deux semaines de jeu, et alors que ce qui a commencé comme une télé-réalité amusante a pris une ampleur insoupçonnée à la suite du décès — toujours non élucidé — de son créateur, les dix chimères restantes voient leurs identités révélées ce matin par une source gardée anonyme se présentant comme proche de la production. Cette jeune femme, Elora*, a en effet dévoilé... »

« MILA ! MAINTENANT ! »

La porte du bureau de Clémentine claqua violemment à la suite de l’aboiement, faisant vibrer la cloison vitrée adjacente et s’envoler les feuilles abandonnées sur la photocopieuse. Mila ferma les yeux et attendit une ou deux secondes que le rythme de son cœur revienne à la normale, ou du moins en dessous des 150 battements par minutes. La dernière fois que Clémentine avait beuglé ainsi, le malheureux appelé n’avait même pas eu le temps de vider son bureau avant de se faire expédier vers la sortie.

Hors de question qu’il en soit de même pour elle. Après tout, le pauvre Matthis ? Mathieu ? Matt ? n’était là que depuis trois semaines, cela faisait bientôt deux ans qu’elle faisait partie de l’équipe ! Clémentine ne pouvait pas lui faire ça…

Attrapant par réflexe un stylo et un cahier à spirale — vide, elle ne notait jamais rien pendant les réunions — elle louvoya entre les espaces de travail serrés et les regards narquois ou compatissants de ses collègues.

Elle l’attendait, debout, les mains à plat sur son bureau en caricature de chef de guerre — comparaison que Mila ne goûtait guère.

– Assieds-toi.

Elle hésita à rétorquer qu’elle préférait rester debout, mais choisit la complaisance et s’exécuta. Clémentine fit de même, et cela la rasséréna un peu. Cette dernière poursuivit :

– Je suppose que tu as vu la bombe lâchée par nos confrères ?

Elle murmura son assentiment.

– Et tu n’as rien à me dire ?

Mila prit son air de blonde. Celui qui l’avait tiré d’affaire bien des fois ; avec son (ex — ) garagiste, sa banquière, il lui permettait d’en savoir un peu plus en prétendant n'être au courant de rien. Elle nia, ses grands yeux dans ceux de sa cheffe. Sauf qu’on n’apprend pas à une vieille guenon à faire des grimaces :

– Te fous pas de moi ! Depuis deux semaines, tu nous ponds la bouche en cœur des articles explosifs sur Chimeraffairs, et tu veux me faire croire que celui-là, tu l’as pas vu venir ?

Clémentine la pointa du doigt, se redressant tant qu’elle finit presque debout :

– Je veux pas savoir avec qui tu couches pour savoir tout ça…

Mila ouvrit la bouche et protesta :

– Je couche avec perso…

– Je m’en fous, on l’a tous fait, tous ceux qui sont en haut. Par contre, tes articles, ils sont pour nous ! Ou bien c’est dehors !

Mila croisa les bras, serrant les dents afin de ne pas prononcer de paroles irrécupérables. Ne pas répéter les mêmes erreurs... Clémentine continua de cracher :

– Je vais me renseigner. Si j’apprends que tu as quoi que ce soit à voir là-dedans, et que tu essaies de nous doubler…

Elle redescendit d’un ton, se rasseyant du même coup :

– Sache que des articles comme ça, ça se monnaye. Même en interne. Tu viens me voir, on en discute. Mais tu ne pars pas chez les autres ! C’est clair ?

Fermer sa bouche. Ne pas cligner des yeux. Ravaler tout ce qui pourrait sortir ; insultes, larmes, argumentation en toc. Juste marcher, tenir bon, jusqu’à son tiers de bureau. Son tiers de chaise, son tiers d’écran, sa plante verte en plastoc sur son tiers de tablette dévolue à la déco. Et lire, relire les articles, jusqu’à s’en faire exploser la rétine.

Au bout d’une demi-heure, estimant l’attention de l’open-space suffisamment retombée, elle s’éclipsa vers les commodités. Elle s’attendait plus ou moins à s’effondrer, d’une manière ou d’une autre, mais non. Son esprit semblait développer d’incroyables capacités à s’adapter aux situations de stress. Après tout, elle s’était fait agresser il y a quoi ? Dix jours ? À côté de ça, se faire passer un savon par sa cheffe, ça comptait pour des cacahuètes. Elle ne l’avait même pas virée.

Par contre, Amalia… Elle, elle risquait de passer un mauvais quart d’heure.

Et Sylvestre ! Elle n’avait pas eu le temps de lui parler, de lui expliquer, peut-être aurait-il pu amorcer quelque chose ? Pourquoi n’avait-elle pas insisté pour le voir plus tôt ! Elle avait reculé devant l’échéance, et le résultat la pétrifiait : l’émission n’aurait plus de raison d’être quand on se rendrait compte que les informations dans l’article s’avéraient correctes. Les responsables de Chimeraffairs accuseraient d'emblée les forces de l’ordre en général, et leur commandant en particulier, ils l’avaient déjà dans le collimateur. Quant à elle-même… Ce serait déjà bien si Sylvestre acceptait de la voir.

Elle revint à la hâte à son bureau où elle avait oublié son téléphone, le déverrouilla, et constata qu'aucun nouveau message de lui ne l'attendait. Seuls deux d’Esté, un d’Ibrahim, un autre de Tayana. Rien d’important. Elle les ignora, et relut le fil de discussion avec Sylvestre. Elle espérait un peu que son smartphone se trompe, qu’un nouveau message apparaisse une fois l’écran rafraîchi, lui confirmant que, oui, elle aurait tout le loisir d’essayer de se justifier ce soir, mais rien. Seulement les quelques mots de la veille, indiquant l’heure et le lieu du rendrez-vous :

[On se retrouve à La tablée bigarrée, rue des petits carreaux dans le 2e. 20 h, si ça te va ? À demain :) ]

Un message amical, presque chaleureux. Avec un smiley, venant de Sylvestre ! Mais qu'avait-elle fait…

Le reste de la journée s’écoula à un rythme défiant toute logique. Elle consultait l’heure trop souvent pour sa santé mentale, parfois quelques minutes à peine s’étaient écoulées, parfois des pans entiers de la journée s’envolèrent sans qu’elle puisse dire comment elle les avait occupés. Elle s’attendait à tout instant à être reconvoquée chez Miss Acid, ou à recevoir un appel destructeur du commandant. Finalement, un peu avant 18 h, elle rangea ses affaires dans son tiroir du bureau et décampa. Elle voulait passer chez elle avant de retrouver Sylvestre, remettre de l’ordre dans ses idées et dans sa tenue. Elle se sentait idiote : pourquoi est-ce qu’elle cherchait tant à se rendre plus présentable ? Elle se ferait jeter comme une chaussette solitaire dès lors qu’il poserait les yeux sur elle.

Elle le fit pourtant, et choisit avec un soin masochiste une robe pimpante et seyante. Une paire de talons hauts plus tard, elle cavalait en direction du métro, faisant et défaisant dans sa tête un discours qui, l’espérait-elle, lui éviterait la disgrâce.

Elle arriva la première, un peu en avance. L’atmosphère chaleureuse du restaurant lui aurait immédiatement plu dans d’autres circonstances. Au lieu de ça, elle passa les minutes suivantes le regard rivé à la porte d’entrée. Et c’est au moment où elle se décidait à consulter la carte qu’un mouvement proche lui fit relever d’instinct la tête.

Les canaux sous ses yeux prenaient l’ampleur de douves. Et pourtant, il le lui avait dit, il n’avait pas besoin de beaucoup de sommeil. Ses traits creusés accentuaient son air fermé, et immédiatement elle sut qu’il lui faudrait se battre pour gagner la partie.

Le serveur l’accompagnant présenta diligemment une seconde carte à Sylvestre, mais celui-ci l’ignora avec une incivilité qui ne lui ressemblait guère. Avisant le jus de pastèque qu’elle venait de commander, il se tourna à demi vers le garçon et demanda froidement :

– Pouvez-vous simplement m’amener une eau gazeuse ? Nous vous appellerons pour la carte.

Mila observa le serveur, qui s’éclipsa discrètement et se faufila à travers la salle qui se remplissait peu à peu. Lorsqu’il eut bifurqué à l’angle des cuisines, elle n’eut d’autre choix que de revenir à son voisin de table.

Sylvestre la dévisageait, sourcils tordus, lèvres pincées. Des rides disgracieuses plissaient les coins de sa bouche et fronçaient son front. Ses yeux ne la lâchaient pas. Elle ne savait si c’était l’éclairage tamisé, sa nature profonde qui ressurgissait ou son imagination affolée, mais ses iris s’étaient assombris du vert prairie aux forêts sibériennes. Elle déglutit malgré elle, et se jeta à l’eau :

– Sylvestre, je sais que la situation ne joue pas en ma faveur, mais j’ai une explication à te fournir…

Il ferma les paupières douloureusement, grimaçant presque, et elle interrompit par réflexe sa tirade. Il sembla souffrir physiquement l’espace d’un battement de cœur, mais tout aussi vite rouvrit les yeux. Elle ne se trompait pas : ils prenaient désormais la couleur des cendres.

– Alors c’est bien toi.

– Non ! ne put-elle s’empêcher de se récrier, enfin, pas directement, c’est une amie, une ex-amie maintenant, même avant c’était plus une connaissance, et encore, une amie d’ami en fait, d’Esté, c’était son anniversaire et…

Le serveur déposa prestement un verre et fondit pour décapsuler la bouteille avec une rapidité de martin-pêcheur avant de repartir. Sylvestre ne le regarda même pas, ses yeux ne quittaient pas Mila. Elle ne savait comment continuer, elle ouvrit la bouche, pour la refermer aussitôt, attendant qu’il dise quelque chose, n’importe quoi, qu’elle puisse contrer et expliquer. En l’état, elle ne voyait pas comment tourner les faits pour ne pas paraître trop coupable. C'était bien plus simple de nier, argumenter, repréciser, lorsqu’il l’accuserait. Il pouvait même lui faire une scène si cela lui chantait, elle supporterait, du moment qu’il lui pardonne à la fin.

Mais il ne dit rien. Il se contenta de la dévisager, immobile, et froid, et distant, tellement distant. À nouveau le temps se joua d’elle, et après ce qui lui sembla durer de longues minutes, il souffla, baissant la tête en un imperceptible signe de dénégation :

– Si tu savais comme je regrette…

Sans autre parole, il se leva, laissant sa bouteille intouchée, et rassembla ses affaires. Sans plus porter d’attention à elle, il déposa un billet sur la table, et repris le chemin vers la sortie.

C’est le moment que choisit la grosse bévue pour émerger de derrière son épaule, et lui susurrer langoureusement : « Bien joué ma belle ! »

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Fannie
Posté le 06/10/2020
Ce qui m’a le plus frappée, c’est la différence d’attitude de Sylvestre entre la communication du rendez-vous et la rencontre au restaurant. N’a-t-il découvert le pot aux roses qu’entre-temps ou a-t-il joué la comédie pour s’assurer qu’elle vienne ? Je comprends qu’après ce qu’elle a fait, il ait voulu la regarder dans les yeux en écoutant ses explications. Si elle se fait jeter, je suis désolée, mais c’est mérité.
Concernant le rêve, je suis d’accord avec Tac ; il faudrait modifier la dernière phrase du paragraphe précédent :
— Elle ne s’endormit que tardivement, d’un sommeil agité, pour rêver d’une table immense sur laquelle dansaient des chimpanzés buvant un liquide rouge sombre dans des verres étincelants. [Je propose quelque chose comme : « Elle ne s’endormit que tardivement, basculant dans un sommeil agité. » Puis tu peux commencer le paragraphe suivant avec quelque chose comme : « Sur une immense table dansaient des chimpanzés, tenant à la main des verres étincelants . Ils dansaient de plus en plus vite dans une folle ronde».] (Hein ? Dis que ça s’enchaîne bien.  :-)
Pour la viande de singe, c’est vrai que d’un côté, c’est immonde et ça risquait de révolter les défenseurs des animaux, mais d’un autre côté, vu que l’animal avait déjà été dépecé avant, c’est aussi choquant qu’on ait préparé et apporté cette viande pour finir par la jeter.
En tout cas Mila a de la chance de ne pas avoir été virée, parce qu’elle a commis une faute grave sur le plan professionnel. Quant à Sylvestre, elle l’a trahi de manière ignoble. Il aurait raison de ne pas lui pardonner cette faute, surtout amplifiée par l’attitude qu’elle a eue par la suite.
Coquilles et remarques :
— Elle s’était fait piéger par le passé par ces chants de sirènes, et elle savait d’expérience [dans le passé (pour éviter la répétition de « par ») / pas de virgule avant « et ».]
— que dans ce domaine, au plus le résumé s’ornait de superlatifs pompeux, au plus les quelque 500 et quelques pages sonneraient creux. [Il faut choisir entre « les quelque 500 pages » et « les 500 et quelques pages » / Je ne comprends pas ce « au plus (…), au plus ». Tu veux dire « plus (…), plus » ? Comme tu emploies encore deux fois « plus (…), plus » dans le passage qui suit, il faudrait varier les tournures. Par exemple : « les quelque 500 pages sonneraient d’autant plus creux que le résumé se bardait de superlatifs pompeux ».]
— Elle y tua sa journée, chassant momentanément sa grosse bévue ricanant sur son épaule en s'activant. [Ces trois participes présents ne passent pas ; je propose : « Elle y tua sa journée, chassant momentanément sa grosse bévue qui ricanait sur son épaule. » (La précision « en s’activant » est superflue.)]
— il ne pouvait qu’être un Sith. [La majuscule à « Sith » est justifiée s’il s’agit d’une ethnie ou d’un peuple. Si c’est une espèce, il faut mettre une minuscule.]
— et les récriminations pleuvaient plus drues que les giboulées de mars [plus dru ; ici, « dru » a une fonction d’adverbe]
— que chacun spéculait sur si oui ou non de la chair humaine se retrouverait sur la table de la Villa [Cette tournure est maladroite ; je propose : « que chacun spéculait sur l’éventuelle présence de chair humaine sur la table de la Villa ». Pour éviter d’avoir deux fois « sur », tu peux aussi mettre « dans son assiette » ou « au menu de la Villa ».]
— Une race spéciale, proche du macaque, traditionnellement consommé en plat de fête en Chine ! [La virgule après « macaque » et l’accord de « consommé » ne sont pas compatibles : « Une race spéciale, proche du macaque, traditionnellement consommée en plat de fête en Chine ! » veut dire que c’est cette race de singe qui est consommée en Chine, alors que « Une race spéciale, proche du macaque traditionnellement consommé en plat de fête en Chine ! » veut dire que c’est le macaque qui est consommé en Chine.]
— ceux qui se sentirent floués, et ceux qui se récrièrent contre le sort de la pauvre bête. [Je dirais plutôt « qui s’insurgèrent contre » ou qui « s’indignèrent contre ».]
— repartit intact plus tôt que prévue [que prévu]
— tandis que Mila un peu nauséeuse abandonna son écran [Il faudrait placer « un peu nauséeuse » entre deux virgules.]
— Elle résista à l’envie de snoozer, se leva à contrecœur [Tu ne devrais pas supposer que tous tes lecteurs comprennent le franglais. Il faudrait au moins mettre « snoozer » en italique, verbe que je ne comprends pas.]
— Un petit attroupement se formait, pingouins s’agglutinant les uns aux autres, exposants leurs dos pour protéger leurs écrans [exposant ; c’est un participe présent]
– Elle engloba du regard la demi-douzaine de visages. Certaines ne semblaient pas trop hostiles, Héloïse notamment. [Tu ne peux pas mettre « certaines » pour « visages ». Je propose : « Certains ne semblaient pas trop hostiles, celui d’Héloïse notamment ».]
— se retenant de ne pas tambouriner dessus [Là, tu dis le contraire de ce que tu veux ; il faut dire « se retenant de tambouriner » ou quelque chose comme « s’efforçant de ne pas tambouriner ».]
— Et s’éclipsa. [Il manque quelque chose comme : « Cela dit, elle s’éclipsa » ou « Sur ces mots, elle s’éclipsa ».]
— Sans leur prêter attention, elle déverrouilla son poste, et lança internet. [Pas de virgule avant « et ».]
— Un mot clef suffit : « chimeraffairs »[mot-clef]
— Elle cliqua sur le plus proche de son pointeur et lu la première phrase [lut]
— ce qui a commencé comme une télé-réalité amusante [téléréalité]
— ou du moins en dessous des 150 battements par minutes [par minute]
— Je suppose que tu as vu la bombe lâchée par nos confrères ? [Point ; ce n’est pas une question.]
— Celui qui l’avait tiré d’affaire bien des fois [tirée]
— avec son (ex — ) garagiste, sa banquière [« avec son ex-garagiste et sa banquière » (c’est son ancien garagiste) ou « avec son ex, garagiste, et sa banquière » (c’est son ex qui est accessoirement garagiste)]
— afin de ne pas prononcer de paroles irrécupérables. [Je dirais plutôt « irrémédiables », voire « irrémissibles ».]
— Après tout, elle s’était fait agresser il y a quoi ? [il y avait]
— Elle n’avait pas eu le temps de lui parler, de lui expliquer, peut-être aurait-il pu amorcer quelque chose ? [Point-virgule ou point après « expliquer ».]
— quand on se rendrait compte que les informations dans l’article s’avéraient correctes. [C’est doublement redondant : « s’avérer » veut dire se révéler vrai ; en plus, « se rendre compte » et « s’avérer » font double emploi. D’autre part, « correct » n’est pas un synonyme de « juste » ou « exact ». Je propose : « quand on se rendrait compte que les informations figurant dans l’article étaient exactes », « quand les informations figurant dans l’article se révéleraient exactes » ou « quand les informations figurant dans l’article s’avéreraient » (tout court).]
— son téléphone, le déverrouilla, et constata qu'aucun nouveau message / Elle les ignora, et relut le fil de discussion [Pas de virgule avant « et ».]
— indiquant l’heure et le lieu du rendrez-vous [rendez-vous]
— parfois quelques minutes à peine s’étaient écoulées, parfois des pans entiers de la journée s’envolèrent sans qu’elle puisse dire [s’étaient envolés]
— pourquoi est-ce qu’elle cherchait tant à se rendre plus présentable ? [« pourquoi cherchait-elle » aurait le mérite d’être plus fluide]
— Le serveur l’accompagnant présenta diligemment une seconde carte [qui l’accompagnait]
— mais ses iris s’étaient assombris du vert prairie aux forêts sibériennes. [Les forêts sibériennes ne sont pas une couleur. D’ailleurs, on les imaginerait plutôt couvertes de neige, non ?]
— Non ! ne put-elle s’empêcher de se récrier [C’est un peu lourd comme incise et ça annule la soudaineté de la réplique.]
— elle ouvrit la bouche, pour la refermer aussitôt [pas de virgule avant « pour »]
— C'était bien plus simple de nier, argumenter, repréciser, lorsqu’il l’accuserait. [Pas de virgule avant « lorsque ».]
— Il pouvait même lui faire une scène si cela lui chantait, elle supporterait, du moment qu’il lui pardonne à la fin [« du moment qu’il lui pardonnait » ou « pourvu qu’il lui pardonne ».]
— Sans plus porter d’attention à elle, il déposa un billet sur la table, et repris le chemin vers la sortie [reprit / pas de virgule avant « et »]
— Bien joué ma belle ! [Virgule avant « ma belle ».]
AudreyLys
Posté le 22/09/2019
Bouh >.< pas très joyeux ce chapitre, mais j'aime beaucoup ! Je me suis laissé absorbée par l'histoire, j'adore !
Et bien sûr, Amalia ne pouvait pas fermer sa... c'est je vraie... Bref ! Je me sens assez proche de Mila dans ces derniers chapitres, dans le sens que je pense que j'aurais réagi de la même manière qu'elle. Mais bon moi je suis pas en correspondance avec un beau dhampire (et c'est bien dommage).
J'ai pas grand chose à dire sinon que c'est vraiment super. Le scénario manque de structure, je trouve, mais ça n'enlève rien à l'histoire. Je te ferai un commentaire plus constructif un autre jour, là mon cerveau surchauffe, c'est mon huitième commentaire de la soirée XD De toutes façons j'ai lu la suite, donc je reviens vite !
Tac
Posté le 16/09/2019
Hola !
J'ai une remarque véritable à faire : lorsque tu racontes le rêve de Mila, tu commences par une phrase résumée du rêve, puis tu poursuis avec le rêve in medias res, ce qui est très redondant, je trouve. Je te conseille très très fortement de choisir entre cette phrase résumée en fin de paragraphe et le racontage du rêve plus "montré".
Sinon, je trouve que Mila s'est bien bien raté au niveau de ses explications. Elle est touchante et en meme temps je n'ai aucune sympathie pour elle, c'est bien fait pour sa poire ! Elle m'apparaît tellement exécrable ces derniers chapitres ! C'est super qu'elle ait ses failles, mais à mon niveau tout personnel, l'amitié et la confiance, c'est sacré, alors pour le coup je suis team #Sylvestrenepardonnepas (même si ça complique diablement les affaires de Mila haha). C'est intéressant ce stade de l'histoire parce que tout le monde tourne le dos à Mila ou est suspicieux à son égard, elle s'est trompée au niveau du djinn.. Je suis curieuse de voir ce que tu vas faire de ça !
Cerise
Posté le 18/09/2019
Arg, oui ce récit du rêve ne marche pas du tout, je l'ai tourné dans tous les sens sans trouver comment l'écrire. Je me demande même s'il est vraiment utile, mais c'est un moyen (facile) de se rendre compte à quel point Mila est chamboulée par les évènements. Il faut vraiment que je prenne deux minutes pour le réécrire.

Quant à ses diverses maladresses et trahisons... Elle s'est laissée embarquée par l'affaire, et a un peu pris la grosse tête... et s'est bien ramassé! Bon, tu as lu la suite, donc tu sais maintenant ce qu'il se passe ;)
Aliceetlescrayons
Posté le 07/09/2019
Le coup des repas spécifiques aux chimères pour l'émission, je trouve que c'est vraiment une bonne idée! D'autant mieux tournée avec ce semi-foirage de la chair humaine!
C'est très révélateur des émissions de télé-réalité ou les couverture des tabloids qui font dans le sensationnel pour dégonfler complètement le truc au moment M.
Pauvre Sylvestre (oui, Mila, je dirais presque que c'est bien fait ;p)
Cerise
Posté le 08/09/2019
J'avais un peu peur pour le coup du repas des goules. Je me suis demandée jusqu'où pousser le bouchon, je suis soulagée si pour toi du moins, ça passe! Sachant que la consommation de singe est sujette à controverse (enfin, de singe vivant surtout oO, et non mort comme ici), j'ai vraiment hésité à mettre en pratique cette idée.
Aliceetlescrayons
Posté le 09/09/2019
Franchement, quand tu vois à quel point la télé peut être déjà une poubelle de nos jours, je ne serais malheureusement pas du tout étonnée qu'on en arrive à des trucs pareils...
Cerise
Posté le 09/09/2019
Ca doit être ça mon problème... Je ne regarde plus assez la télé (plus du tout en fait XD)
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